Société

[ GÉNÉRATION DÉSOBÉISSANCE CITOYENNE ] Comment la désobéissance civile devient-elle un mode d'action politique ?

Créé le : 17/07/2019
Photo : Julien Helaine

Par Marie Lyan

Inspirée des grandes luttes, telles que celles menées par Gandhi en Inde, Martin Luther King aux États-Unis, en passant par les militantes du droit à l’avortement en France, la désobéissance civile signe son retour en force depuis quelques mois. Des mouvements sociaux, mais aussi environnementalistes ou antispécistes s’approprient désormais ce moyen de lutte et haussent le ton.

Inspirés par les actions des faucheurs volontaires d’OGM à travers l’Europe dans les années 2000, mais aussi par les intrusions au sein des centrales nucléaires réalisées par Greenpeace, plusieurs acteurs ont remis au goût du jour le principe de désobéissance civile, sur des modes d’actions toujours plus innovants. Avec comme exemples récents, l’aide apportée par Éducation sans frontières aux enfants de sans-papiers menacés d’expulsion, l’occupation du terrain du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou encore les décrochages de portraits du chef de l’État conduits par des militants d’Anv Cop 21 au sein des mairies, au nom de l’inaction du gouvernement sur la question climatique. Sans oublier les actions des collectifs antispécistes (« Boucherie Abolition », « 269 Life France » ou « Direct Action Everywhere France ») réalisées sous forme de d’actions, qu’ils surnomment des happenings, pour protester contre le commerce de la viande.

« Greenpeace a par exemple fait de la désobéissance civile dès le premier jour, lorsqu’on a mené les premières expéditions au large de l’Alaska sans autorisation pour s’opposer aux essais nucléaires en mer en 1971», se souvient Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Et de glisser : « Il était déjà stratégique d’aller sur place, même si l’on n’en avait pas le droit, car l’enjeu en valait la peine ».

Des influences diverses

L’ensemble de ces acteurs s’inspirent d’un concept théorisé en 1849 par l’américain Henry David Thoreau, qui justifiait dans son essai La Désobéissance civile son refus de s’acquitter d’une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique. D’autres figures ne cachent plus « la nécessité de désobéir » afin d’assurer le bon fonctionnement de notre démocratie, tel l’enseignant en permaculture britannique Rob Hopkins, initiateur du mouvement international des Villes en Transition et auteur du livre The Transition Handbook (2008).

Pour Albert Ogien, directeur de recherche au CNRS, qui a notamment étudié les mouvements de protestation politique extra-institutionnelle, nul doute que « la désobéissance civile ne peut s’exprimer qu’en démocratie, dans un cadre où la justice est indépendante. Car les régimes autoritaires ne permettent pas aux citoyens d’affirmer leurs opinions». Si la question de la justification de la désobéissance au sein d’un système démocratique peut être posée, «on peut en même temps considérer que celle-ci constitue, au contraire, un pilier de la démocratie, qui permet à la société d’avancer », contrecarre le sociologue, qui cite en exemple le cas des citoyens venus en aide aux migrants. « Ces personnes ont mis en évidence le fait que le délit de solidarité ne peut pas exister ». Un mode d’action qui peut aller jusqu’à gagner les représentants de l’État eux-mêmes, comme c’était le cas aux États-Unis, où des fonctionnaires ont refusé d’appliquer la loi sur le contrôle des migrants clandestins de Donald Trump. Avec, de plus en plus, des militants prêts à aller en prison pour défendre une cause, comme les militants d’Extinction Rebellion, ou encore d’Anv Cop 21, avec sa campagne de décrochage des portraits d’Emmanuel Macron. « Nous allons profiter des procès annoncés pour en faire un autre : celui de l’inaction du gouvernement », affiche Zoé Lavocat, porte-parole de l’équipe Alternatiba / ANV COP21.

Photo : Clément Tissot

« Tout l’enjeu est de montrer qu’il peut s’agir d’actions illégales, qui n’excluent pas la force ou la contrainte, mais qui se placent toujours dans le respect de l’adversaire. » Etienne Godinot, président de l'Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC)

Des formules chocs

Si l’on connaissait déjà les campagnes de « sit-in », qui consistent à s’asseoir sur la voie publique pour alerter l’opinion, ou de « die in », où les militants s’allongent par terre pour sensibiliser autour d’une cause (celle des malades du Sida pour des groupes comme Act up par exemple), l’arrivée des mouvements animalistes et de nouveaux acteurs comme Extinction Rebellion a fait passer le curseur à un autre stade. « En Angleterre, Extinction Rebellion n’hésite pas à faire emprisonner un maximum de ses membres pour congestionner le système judiciaire, et donc le mettre à l'arrêt. Mais en France, la stratégie de la police est différente, puisqu’elle ne privilégie pas l’enfermement mais plutôt l’usage de gaz lacrymogènes ou autres », avance Albert Ogien. Les stratégies des militants sont donc différentes.
Pour Étienne Godinot, président de l'Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC), il est cependant nécessaire de distinguer la force de la violence. « Tout l’enjeu est de montrer qu’il peut s’agir d’actions illégales, qui n’excluent pas la force ou la contrainte, mais qui se placent toujours dans le respect de l’adversaire. Car parfois, c’est l’usage d’un rapport de force qui oblige à négocier ou à céder ». Il cite en exemple le boycott des bus de Montgomery organisé par Martin Luther King, qui a pris fin lorsque les dirigeants de la compagnie de bus ont été acculés financièrement. Ou encore la marche du sel de Gandhi, interdite par les autorités, et qui a généré l’arrestation de 60 000 manifestants. « Le gouvernement a été obligé de négocier car il arrive un moment où le peuple devient le plus fort. Mais à chaque fois, c'est la reprise du dialogue qui est visée. Car il faudra inventer un vivre ensemble à l’avenir ».

Une frontière mouvante

Alors que plusieurs mouvements se disent issus de la désobéissance, la frontière demeure parfois mince : « La désobéissance implique qu’il y ait une loi ou un acte législatif qu’on décide de ne pas appliquer. Comme de planter des OGM par exemple. Cette action s’inscrit alors en complémentarité avec des modes d’actions plus traditionnels, tels que les marches, les manifestations, les appels à aller voter », rappelle Albert Ogien. Une idée que nuance Zoé l’Avocat : « On n’est pas obligés de se battre contre une loi en vigueur, comme l’ont montré les faucheurs OGM. Eux ont agi avant même qu’une loi ne passe car ils souhaitent l’absence de toute culture de ce type en France ».

Etienne Godinot se souvient également de la lutte du Larzac, où des paysans se sont rassemblés contre l’extension d’un camp militaire. Le conflit, qui a duré une dizaine d’années, a revêtu différentes formes, « comme le renvoi des livrets militaires, le refus de payer l’impôt pour le redistribuer aux paysans, l’occupation de terrains, l’organisation de marches ou l’envoi de moutons sous la tour Eiffel. À chaque fois, l’objectif des militants reste d’obtenir le soutien des médias et/ou de l’opinion publique », rappelle-t-il.

Qu’on les appelle donc des actes de désobéissance civile ou bien, plus largement, « des actions directes non-violentes », une chose est certaine : « Ces actions sont des indicateurs de la montée des revendications qui deviennent inacceptables pour les citoyens. Car il existe une augmentation du nombre de sujets qui ne sont pas traités par nos régimes démocratiques et qui semblent être des causes justes à leurs yeux », ajoute Albert Ogien.

Il en veut pour exemple les manifestations des gilets jaunes, qui ont secoué la France au cours des derniers mois, avec leurs blocages et manifestations non-déclarées : « Ces personnes avaient des revendications que les syndicats n’ont pas réussi à satisfaire au cours des 20 dernières années ». Qu’il s’agisse des questions d’inégalités, de droit des femmes, d’accès au logement... Tous les grands combats de société justifient, aux yeux des militants, des actions de désobéissance civile. « Le seul véritable frein à ces démarches est la capacité à se projeter et à prendre des risques soi-même », rapporte Jean-François Julliard, chez Greenpeace.  A bon entendeur !

 

Plus d’infos : https://extinctionrebellion.fr/

https://anv-cop21.org/

https://www.greenpeace.fr/

https://www.actupparis.org/

[ POLLUTION DE L'AIR ] Les campagnes ne sont pas épargnées

Créé le : 15/07/2019
Photo : Ludovic Coutant

Par Virginie Jourdan

Pour bien respirer, mieux vaut se mettre au vert ? Pas si sûr. Les campagnes subissent elles aussi des pollutions liées à l'activité agricole. Et la mesure de leur nocivité ne fait que commencer.

A Parempuyre, en Gironde, le collectif des parents d'élèves du futur collège connaît un répit mais reste vigilant. En 2018, il s'est mobilisé contre la construction du nouvel établissement face à un vignoble traité aux pesticides de synthèse. « Nous nous y sommes opposés jusqu'à ce que le vigneron annonce vouloir passer en bio. Mais rien ne l'engage vraiment. Nous sommes inquiets pour la santé de nos enfants », explique Ludovic Coutant, parent d'élève. Pour le collectif, les recours légaux sont limités. A ce jour, l'épandage des pesticides est autorisé à proximité des écoles, crèches et parcs, s'il est fait à plus de 50 mètres des établissements et à condition que des aménagements, comme des haies, soient mis en place.

Réglementation floue

Outre les pesticides, deux autres polluants sont montrés du doigt dans les campagnes : l'ozone et l'ammoniac. Issu des rayonnements solaires, pour le premier, et des épandages et élevages pour le second, leur présence est mesurée et leur nocivité pour les écosystèmes et la santé humaine est connue : irritations des voies respiratoires et acidification des milieux. « L'air n'est pas forcément meilleur à la campagne », insiste Awa Traoré, d'Atmo France, la fédération des associations officielles de surveillance de la qualité de l'air. Côté pesticides, le flou demeure. Pour mieux connaître leur présence dans l'air, l'Anses a lancé une campagne nationale de mesure en 2018. La première du genre. Au total, 80 substances sont recherchées et mesurées sur 50 sites dans toute la France, dont la moitié situés en milieu rural. Fin 2018, Thierry Suaud, le président d'Atmo-Occitanie expliquait : « Le but n’est pas d’effrayer ou de stigmatiser mais d’engranger de la connaissance pour apaiser le débat avec des données objectives. Et pouvoir, à l’avenir, définir s’il est utile ou non de légiférer (1) ».Les premiers résultats sont annoncés début 2020.

(1) Le journal toulousain, 30/11/2018.

Découvrez le supplément dédié au lien existant entre réchauffement climatique et qualité de l'air en Paca, réalisé avec Atmosud :

Plus d'info

[ POLLUTION DE L'AIR ] Comment protéger nos enfants ?

Créé le : 15/07/2019

Par Virginie Jourdan

Aujourd'hui en France, plus de trois enfants sur quatre respirent un air pollué. Automobiles, chauffage, activités industrielles et agricoles, les sources de pollution atmosphérique sont connues et reconnues. Leurs effets sur la santé aussi. Sur le terrain, l'action des pouvoirs publics reste timide. En face, les associations se mobilisent. Dernière action en date : un die-in organisé par une centaine d'activistes devant le palais Bourbon le 4 juin, pour alerter sur le lien mobilité-pollution de l'air et exiger des engagements de l'Assemblée.

« L'heure n'est plus au constat mais à l'action. »En mars dernier, Unicef France a lancé un appel au gouvernement et aux collectivités. En ligne de mire, la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé des enfants. Dans un rapport publié en 2019, elle reprend les inquiétantes données de l'Organisation mondiale de la santé. Aujourd'hui en France, « trois enfants sur quatre respirent un air toxique ».Et les conséquences sont claires : « La pollution de l'air a des effets sur les fonctions respiratoires des enfants et sur leur développement pulmonaire »,explique la professeure Jocelyne Just, cheffe de service d’allergologie pédiatrique à l'hôpital Trousseau de Paris. Asthme, eczéma et bronchites sont principalement montrés du doigt. D'après l'Institut de veille sanitaire, vivre à proximité d’axes routiers au trafic automobile dense serait responsable de 15 à 30 % de nouveaux cas d’asthme chez les enfants.

« Un scandale sanitaire », dénonce l'association Respire qui sensibilise les citoyens et alerte les pouvoirs publics sur les risques de la pollution atmosphérique depuis 2011. En face, les actions gouvernementales restent limitées. Une inaction dont s'est émue l'Union européenne. A l'issue de trois années d'alerte, cette dernière a jugé que les actions entreprises par le gouvernement français pour limiter la pollution étaient insuffisantes. Depuis mai 2018, un contentieux est en cours pour des dépassements récurrents de dioxyde d'azote sur 14 territoires (1).  En mai dernier, une mère et sa fille ont également porté plainte pour inaction de l'Etat en la matière. Une première.

Les associations sonnent l'alerte

Etudiées depuis cinquante ans, les sources de polluants atmosphériques sont identifiées. Outre, le chauffage et les activités agricoles et industrielles, les moteurs à combustion produisent près de 60% des oxydes d'azote et 11% des particules fines type PM10. Pour alerter le public et peser sur la loi d'orientation des mobilités dont la lecture à l'Assemblée a débuté en juin, le réseau Action climat, Greenpeace et Respire est monté au créneau dès le mois de mars. A cette date, l'association parisienne Respire a mis en ligne une carte interactive qui dévoile les taux de pollution autour des établissements scolaires et crèches dans le Grand Paris (2). Résultat : des chiffres chocs ! « En 2017, sur les 12 520 établissements d'Île-de-France, 682 ont été exposés à des niveaux de pollution de l’air moyen dépassant les normes légales de dioxyde d’azote (NO2) », livre Olivier Blond, président de l’association Respire. Quant aux particules fines, le constat n'est pas meilleur. « Si l'on appliquait les seuils de l'Organisation mondiale de la santé sur les particules fines (10 microgrammes par m3 pour une moyenne annuelle, contre 25 microgrammes par m3 au niveau européen pour les PM2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 µm), 100% de ces écoles dépasseraient les valeurs limites », argue Olivier Blond. Pour montrer que Paris n'est pas une exception, l'association veut étendre cette carte à toute la France métropolitaine en septembre.

Les enfants se retrouvent confinés dans leur école, lors des épisodes de forte pollution. Photos : A Luylier/Pixabay

De son côté, Greenpeace a cartographié trois des plus grosses métropoles françaises : Marseille, Strasbourg et Lyon. Là aussi, les résultats sont édifiants. A Lyon 53% des crèches et des écoles sont situées à moins de 200 mètres de zones qui dépassaient les seuils limites de dioxyde d'azote sur l'année 2017. Dans la capitale phocéenne, ce chiffre monte à 58%. Pire, 22% des crèches et écoles y sont situées à moins de 50 mètres de ces zones de dépassement. Volatile, cette pollution se retrouve aussi à l'intérieur des écoles. Une campagne de mesure réalisée par Atmosud en 2016-2017 dans 64 classes marseillaises a ainsi révélé qu’un quart d'entre elles présentait des taux de polluants liés aux transports supérieurs aux préconisations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (3).

 « Il y a aujourd’hui une vigilance qui n’existait pas il y a 10 ans »,Frédéric Auffray, chargé de mission Santé et urbanisme à la métropole rennaise

Face au constat, les associations plaident pour des actions rapides. “Nous n’en poumons plus”, “Le fond de l’air effraie”, scandaient les activistes d'Alternatiba, Respiraction, Action Climat et Greenpeace le 4 juin devant l'Assemblée nationale. Alors que l'actuel projet de loi sur les mobilités table sur une interdiction des ventes de véhicules neufs diesel ou essence à partir de 2040, elles en exigent la sortie complète en 2030. De leur côté plusieurs municipalités françaises misent sur l'urbanisme pour lutter contre la pollution automobile à proximité des lieux accueillant des enfants. A Rennes, le futur plan local d'urbanisme local prévoit d'interdire la construction de nouvelles écoles, crèches, collèges ou lycées, à moins de 50 ou 100 mètres d'axes routiers d'importance. « Strasbourg et Toulouse expérimentent aussi des cours d'école protégées et des aménagements végétaux en hauteur pour retenir les particules. Il y a aujourd'hui une vigilance qui n'existait pas il y a 10 ans », juge Frédéric Auffray, chargé de mission Santé et urbanisme à la métropole rennaise. Faveur aux transports en commun, aux véhicules électriques, aux piétons et aux vélos, multiplication des zones limitées à 20 ou 30 kilomètres à l'heure : à ce jour, 13 villes françaises planchent sur des zones à faibles émissions de polluants dans leurs ceintures urbaines. Mais l'action est lente. En France, seules Paris et Grenoble ont annoncé en 2015 vouloir encourager les habitants à ne plus avoir de véhicules essence ou diesel d'ici 2020. Un petit répit pour reprendre son souffle.

  1. Ile-de-France, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, vallée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse et la Martinique.

  2. Avec les données officielles enregistrées par l'association agréée de surveillance de la qualité de l'air locale, AirParif, entre 2012 et 2017

  3. Depuis le 1er janvier 2018, la surveillance de la qualité de l'air intérieur est obligatoire dans les établissements accueillants des enfants de moins de 6 ans, les écoles maternelles et élémentaires. Elle le devient au 1er janvier 2020 pour les accueils de loisirs et les établissements d’enseignement ou de formation professionnelle du second degré et en 2023 pour les autres établissements recevant du public.

Découvrez le supplément dédié au lien existant entre réchauffement climatique et qualité de l'air en Paca, réalisé avec Atmosud :

Plus d'info

Respirez ! : Solutions pour lutter contre la pollution de l'air, Olivier Blond, Eyrolles, mars 2019, 16€.

Anses et pollutions extérieures : www.bitly.fr/cqj

Le rapport de l'Unicef France : www.bitly.fr/cqk

Les cartes de Greenpeace : www.greenpeace.fr

 

[ NADIA SAMMUT ] Une cuisine libre et engagée

Créé le : 12/07/2019
Photo : Gregoire Kalt

Dans sa cuisine méditerranéenne, Nadia Sammut, chef étoilée, pratique son art avec bienveillance. Elle cultive la liberté en cuisine, déploie toute sa créativité à travers des plats gourmands et très digestes pour amener le mangeur vers une « conscience éveillée » à l’encontre de la planète. Rencontre avec une femme « libre et engagée ».

Comment se caractérise votre cuisine « libre et engagée » ?

La Cuisine libre, C'est un projet qui a pour vocation d'amener le mangeur vers une conscience éveillée à l'encontre de la planète. C'est également une manière de penser la cuisine d'un point de vue sociétal, une philosophie d'une certaine manière, pour vivre libre et sans gluten ! A travers cette cuisine engagée, je cherche à me libérer des contraintes, pour libérer la créativité, favoriser le partage et la transmission à table.
La cuisine libre peut être interprétée par chacun, c'est l'idée d'une cuisine bonne, propre et juste, comme les valeurs du réseau international Slowfood avec lequel je milite régulièrement et donne des cours au sein de l'université en Italie.

Quelle place accordez-vous au local dans votre cuisine ?

Je prête particulièrement attention à la traçabilité de nos produits à l'Auberge de la Fenière dans le sud Vaucluse, en faisant appel à des ingrédients locaux, comme le pois chiche du Luberon par exemple.

Comprendre la semence de cette légumineuse, savoir comment...

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[ HABITAT DURABLE ] Comment adapter l'habitat au changement climatique ?

Créé le : 04/07/2019

A l'occasion du forum Bati'Frais, qui s'est tenu à Marseille ce jeudi 4 juillet, nous avons rencontré plusieurs professionnels engagés. Cette année, ce grand rendez-vous de professionnels était dédié à la question de l'adaptation de l'habitat au changement climatique.

Anastasia Kucherova, du bureau d'architecture Boeri, connu internationalement pour avoir intégré le végétal au coeur de l'architecture et largement développé l'habitat durable.

Chantal Larrouture, présidente de l'association EnvirobatBDM. Selon elle, il est primordial de revégétaliser les villes, seule solution pour rendre l'espace urbain vivable. Entretien.

Emile Lievremont, gérant de la Scop Exebois (membre du réseau Ecobâtissons), qui intègre les low-tech dans ses constructions.

Thomas Clapier, de l'association EnvirobatBDM, en charge du projet européen Impluse dédié à l'amélioration et à la rénovation de parcs de bâtiments publics.

[ POLLUTION DE L'AIR ] - Fort épisode de pollution photochimique en Paca

Créé le : 02/07/2019

Par Atmosud, le 28 juin 2019,

La région Paca est concernée par une pollution chronique issue des nombreuses activités humaines. En été, aux premiers rangs des activités émettrices, on retrouve le transport routier, l’industrie, et le transport maritime.

La canicule qui s’est installée sur notre région entraîne une dégradation de la qualité de l’air. Le soleil, la chaleur et les vents modérés provoquent la transformation des polluants dits « primaires » en une pollution secondaire, dite « photochimique ». Le traceur principal de cette pollution est l’ozone, mais il est accompagné d’autres polluants comme les particules ultra-fines (PUF). Cette pollution photochimique vient s’ajouter à la pollution locale habituellement présente. Poussée par les régimes de brises thermiques, cette pollution couvre de larges territoires, y compris des zones rurales éloignées des villes et pôles industriels. Les niveaux d’ozone les plus importants sont enregistrés au cours de l’après-midi.

L’épisode de pollution en cours est exceptionnel, par son ampleur et sa durée.

Il a débuté lundi et concerne aujourd’hui la majeure partie de la région. D’après les prévisions de Météo-France concernant la canicule, l’épisode de pollution devrait durer au moins jusqu’en milieu de semaine prochaine.

Afin de limiter l’exposition des populations à cette pollution, des mesures de restriction des activités polluantes ont été prises par les Préfets depuis mardi. Elles concernent aussi bien les activités industrielles que les transports.

Les effets sur la santé de cette pollution se traduisent par une aggravation des problèmes respiratoires et cardio-vasculaires.

Pour plus d’informations sur cet épisode exceptionnel de pollution à l’ozone,visionnez la vidéo Youtube

 Retrouvez cet été le dossier Sans transition : pollution de l'air, comment protéger nos enfants ? 

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[ JEAN JOUZEL ] " Le phénomène actuel de réchauffement climatique est inédit de part son ampleur et sa vitesse "

Créé le : 02/07/2019

Pour le climatologue ancien membre du Giec, nous sommes dans un scénario d'un réchauffement climatique entre 4 et 5 degrés d'ici la fin du siècle. Un phénomène actuel inédit dans l'histoire de notre planète, de part son ampleur et sa vitesse. Les conséquences n'en seront que plus dramatiques.

Il était présent, à l'événement #Onsymettous, organisé par la métropole lyonnaise, ce dimanche 30 juin. La table-ronde était organisée par Sans transition !

Découvrez l'interview accordée par Jean Jouzel à Sans transition !

 Et retrouvez dès cet été notre dossier : pollution de l'air, comment protéger nos enfants ?

[ SANTÉ ] - Leucémies infantiles et THT : Il est temps d'appliquer la réglementation existante !

Créé le : 27/06/2019

Communiqué de presse
25 juin 2019

Eviter la construction de crèches, d'écoles ou d'hôpitaux à moins de 50 mètre de lignes à haute tension ou l'installation de lignes au-dessus de tels bâtiments, surveiller les expositions professionnelles (en particulier pour les femmes enceintes), étendre la réglementation de valeur limite d'exposition à l'ensemble des sources de champs magnétiques basses fréquences, et prendre en compte les données scientifiques les plus récentes lors de la réévaluation des valeurs limites d'exposition et étendre cette réglementation à l'ensemble des sources de rayonnements... Telles sont les recommandations de l'ANSES dans son expertise sur les effets sanitaires liés à l'exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences rendus public le 21 juin dernier.
L'eurodéputée EELV Michèle Rivasi, agrégée de biologie et ancienne Présidente du Criirem (Centre de recherches et d'Informations sur les Rayonnements électromagnétiques) :

Cela fait bientôt cinquante ans que l'on dit la même chose et que les premières études pointant un lien entre les leucémies infantiles et l'exposition aux champs électrique basse fréquence du réseau électrique sont publiées. En juin 2001, à la suite de plusieurs dizaines d'études et revues d'études contradictoires,  le CIRC, le Centre international de recherche sur le cancer, a classé les champs magnétiques de basse fréquence dans la catégorie "peut-etre cancérogènes pour l'homme" d'après les études épidémiologiques réalisées sur la leucémie infantile. Comme l'ANSES l'a dit en 2010 et répété à nouveau cette année. 

+ 69 % DE LEUCEMIE INFANTILE A MOINS DE 200 M DES LIGNES THT

Les effets cancérigènes des lignes électriques, THT incluses, ont suscité un regain d'attention lors de la parution en Grande-Bretagne en 2005 d'une étude portant sur 60 000 enfants dont la moitié atteints d'un cancer. « Si l'on examine les tumeurs du cerveau et d'autres diagnostics, on constate que le risque de leucémie infantile est 69 % plus élevé que la moyenne pour les enfants habitant à moins de 200 mètres d'une ligne THT, et 23 % plus élevé lorsque cette distance se trouve comprise entre 200 et 600 mètres, » a expliqué alors l'épidémiologiste Gerald Draper, de l'Université d'Oxford.

UN DECRET EXISTE DEPUIS 2004, UTILISONS-LE !

En France, depuis 15 ans, nous  avons le décret n° 2004-835 du 19 août 2004 relatif aux servitudes d'utilité publique qui fixe autour des lignes THT des servitudes allant de 10 à 40 m, appliquées à la discrétion du préfet. Utilisons cette servitude pour l'opposer aux expositions existantes ou à d'éventuels projets de construction. Appliquer ce décret permettait de réduire le risque pour les 40 000 enfants de moins de 15 ans exposés à leur domicile à un champ magnétique supérieur à 0,4 microTesla, seuil d'exposition à partir duquel le risque de tumeur infantile devient statistiquement significatif, du seul fait de la proximité d'une ligne à très haute tension. Appliquer ce décret implique aussi que les lignes déjà existantes soient déplacées à la charge de RTE.
 
Les risques pour les enfants sont malheureusement connus et les recommandations des agences sanitaires unanimes. Cessons de tergiverser et appliquons les corridors de sécurité prévus par la loi. Nous pourrons alors porter tous nos efforts et notre attention sur la santé des travailleurs exposés à ces pollutions électromagnétiques insidieuses, toutes sources confondues.

[ ALIMENTATION ] Cuisinez biologique, végétarien et zéro déchet !

Créé le : 21/06/2019

Difficile de trouver des recettes dont une grande partie des ingrédients ne remplissent pas nos poubelles d'emballages et d'épluchures. C'est le défi que s'est lancée Delphine Pocard dans Ma cuisine Bio Zéro déchet. Elle y parvient haut la main en nous délivrant « 58 recettes végétariennes pour cuisiner responsable et mieux se nourrir ».

En effet, ce livre est très intéressant car il allie cuisine biologique, végétarienne et zéro déchet. Ainsi fanes, graines, pain rassi et eau de cuisson sont mis à l'honneur. Pour autant, les recettes sont simples et rapide à réaliser car le/la cuisinier(e) est guidé(é) pas à pas. Elles sont également variées et originales: le velouté aux parures de chou-fleur est un exemple parmi d'autres. Chaque réalisation est mise en scène par des photos qui font saliver et qui ravissent nos pupilles avant de charmer nos papilles. Et il y en a pour tous les goûts: soupes, tartines, tourtes, croquettes. D'autres recettes plus gourmandes permettent de renouveler nos habitudes culinaires comme le brownie chocolat noir meringué aux pois chiches.

Enfin, une partie est dédiée aux « condiments antigaspi » dans laquelle lait caillé, carottes abimées ou encore tomates trop mûres deviendront de précieuses denrées.Voici un livre dans l'air du temps qui permet de contribuer à une alimentation saine et de qualité avec des fruits et des légumes bio tout en évitant le gaspillage.

Delphine Pocard, Ma cuisine Bio zéro déchet, Rue de l'échiquier ed., 2019,124 pages, 13, 90 euros.

 

[ LOI MOBILITÉ ] Accélérations écologiques au ralenti

Créé le : 19/06/2019

Par le Réseau Action Climat et Unicef France

Une semaine après les promesses du Premier ministre « d’accélérer la transition écologique », l’Assemblée nationale adoptera aujourd’hui, en première lecture, un projet de loi qui annonce une transition au ralenti.

 

Pour le Réseau Action Climat, ses associations membres et UNICEF France, le constat est clair : faute de mesures de court terme et prescriptives, ce projet de loi marque des avancées sans donner le coup d’accélérateur nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l‘air des transports. Seul un regain d’ambition et de courage politique pourra garantir la capacité de tous à se déplacer mieux en polluant moins et à respirer un air sain.

Les avancées du projet de loi Mobilités

Plusieurs dispositions vont dans le bon sens mais avec une ambition et des moyens limités:

Le déploiement d’ici à fin 2020 de zones à faibles émissions dans les grandes agglomérations pour lutter contre la pollution de l’air, en prenant en compte la nécessité de réduire la pollution de l’air au niveau des établissements accueillant des publics sensibles, est une bonne nouvelle. Il manque toutefois des garanties pour l’efficacité des plans d’actions à réduire la pollution de l’air. Nos organisations suivront avec intérêt leur déploiement dans les territoires, pour s’assurer de la sortie progressive et équitable du diesel et de l’essence.

Le lancement d’un plan vélo doté d’un fonds national pour accompagner les projets de territoires pour devenir plus cyclables est une grande avancée, mais les montants sont encore trop faibles par rapport  aux besoins constatés pour rattraper le retard de la France. La mesure favorable à l’apprentissage du vélo à l’école revue par l’Assemblée nationale n’apporte pas toutes les garanties de sa généralisation.

La compatibilité entre le plan climat et les plans de mobilité, entérinée par la loi, pourra renforcer le lien entre l’organisation de la mobilité dans les territoires et  les engagements climatiques.

Des insuffisances et des contradictions

Dans son ensemble, le projet de loi Mobilités n’est pas à la hauteur des enjeux sanitaires et climatiques. Le caractère facultatif d’un grand nombre de mesures ressemble fort à un abandon des législateurs et des responsables politiques face aux intérêts de certains acteurs privés, alors que leur rôle est justement d’entériner des mesures qui s’appliquent à toutes et à tous pour protéger l’intérêt général.

Ainsi, la mesure phare défendue par les ONG, le forfait mobilité durable, visant à encourager l’usage du vélo et du covoiturage sur les trajets domicile-travail, reste optionnel et son cumul avec le remboursement des transports commun est trop restrictif. A travers la non-généralisation de cette prime, le Gouvernement et les députés ont raté l’opportunité de montrer qu’une politique de mobilités plus durable permettrait de réconcilier les enjeux sociaux, économiques et écologiques.

Le projet de loi fixe un objectif de décarbonation du secteur des transports terrestres à un horizon 2050, mais le projet de loi ne se donne pas les moyens d’y parvenir. En effet, la France se fixe pour objectif de mettre fin à la vente des véhicules légers (dont utilitaires) neufs consommant des énergies fossiles d’ici à 2040, alors que la fin de vente de ce type de véhicules devrait être entérinée à l’horizon 2030, pour respecter l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C. Le verdissement des flottes privées de véhicules est enclenché mais à un rythme trop lent, les objectifs pour les plateformes de taxis et VTC étant renvoyés à un décret.

Par ailleurs, les avantages fiscaux dont bénéficient les transports les plus polluants que sont le fret routier de marchandises et le transport aérien ne sont pas remis en cause. Pourtant, la contribution de ces secteurs permettrait de dégager des moyens financiers qui font défaut dans le projet de loi actuel.

Enfin, le projet de loi n’a pas permis de mettre un coup d’arrêt aux projets routiers, incompatibles avec l’accord de Paris en raison de la hausse de trafic qu’ils engendrent.

Le respect des engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris ne sera effectif que si le Gouvernement et les parlementaires adoptent de nouvelles mesures concrètes pour sortir du tout-routier et des énergies fossiles, réduire le trafic aérien, en développant les alternatives de mobilité plus durables.

Une seconde chance d’entendre le message des mobilisations sur le climat et de traduire les promesses du Premier ministre leur est donnée avec la commission mixte paritaire qui réunira des sénateurs et des députés autour du projet de loi Mobilités et le futur projet de loi de finances. La saisiront-t-elle pour passer à la vitesse supérieure?

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