Société

[ MUSTAPHA EL MIRI ] " L'intergenerationnel c'est le vivre-ensemble ! "

Créé le : 14/06/2019

Le forum des générations solidaires, organisé par la ville d'Aix-en-Provence le 11 juin dernier, en partenariat avec Sans transition !, a reuni une centaine d'acteurs engages du territoire. A cette occasion, nous avons rencontré le sociologue Mustapha El miri de l'universite de Provence.

Ce scientifique, qui est intervenu mardi dernier au Théâtre 108 à Aix-en-Provence, nous livre le fruits de ses travaux et réflexions sur l'intergenerationnel. Entretien audio.

[ ÉVÉNEMENT ] - L'Alliance des Territoires au service des transitions

Créé le : 13/06/2019

Un colloque dédié aux iniatives bretonnes en faveur des transitions écologiques, économiques et sociétales est organisé par le Pôle métropolitain Loire-Bretagne. Il donnera la parole aux acteurs, publics ou privés, urbains, périurbains ou ruraux du grand Ouest et d'ailleurs. Rendez-vous mardi 18 juin au couvent des Jacobins, Centre des congrès de Rennes Métropole.

A l'heure où nos territoires sont traversés par d'intenses débats, qui questionnent leur devenir et leur représentation dans une démocratie renouvelée, de nouvelles formes de relations entre métropoles, communautés urbaines, communautés d'agglomérations, territoires périurbains et ruraux sont à inventer.

Terre d'expérimentation en matière de coopérations entre collectivités à toutes les échelles, le Pôle métropolitain Loire-Bretagne (Angers, Brest, Nantes, Rennes et Saint-Nazaire) a pour ambition de donner le mardi 18 juin au Couvent des Jacobins à Rennes la parole aux acteurs, publics ou privés, urbains,  périurbains ou ruraux du grand Ouest et d'ailleurs qui inventent au quotidien des démarches partenariales, fondées sur la réciprocité, pour relever le défi des transitions écologiques, économiques et sociétales.

Afin d'apporter un éclairage scientifique aux débats, une table-ronde universitaire sera organisée le lundi 17 juin par l'Institut d'Études Politiques de Rennes, limitée à 150 participants.

> Infos et inscriptions.

« Au carrefour des générations »

Créé le : 06/06/2019
Sylvaine Di Caro, adjoint au maire d'Aix, en charge des séniors.

Le 11 juin prochain, à Aix-en-Provence, le service séniors de la Ville organise un Forum intergénérationnel avec l'ensemble des acteurs associatifs du territoire. Objectif : lutter contre l'isolement des séniors en tissant des liens avec les autres générations d’Aixois et faire émerger de nouvelles idées pour les accompagner sur le territoire. La parole à Mme Sylvaine Di Caro, adjoint au maire.

Pourquoi avoir souhaité organiser un forum intergénerationnel à Aix-en-Provence ?

Notre objectif est de mettre en liaison les associations du territoire et de faire connaître davantage les actions du service seniors de la ville. Nous espérons ainsi créer un réseau d'acteurs engagés dans l'intergénérationnel. Un réseau qui pourrait, dès à présent, faire émerger des nouveaux projets de solidarité à Aix. Nous sommes preneurs de ces idées neuves qui pourraient être partagées le 11 juin. Nous pourrons ensuite accompagner ces porteurs de projet dans leur réalisation.
 

Quelle action emblématique souhaitez-vous faire connaître davantage à l'occasion de ce forum ?

Pour lutter contre l'isolement des séniors, nous avons mis en place des formations à l'informatique pour les aînés. Des étudiants de l'IEP d'Aix ont accepté de participer à cette initiative intergénérationnelle, pour favoriser la passerelle entre les générations. En initiant les plus âgés aux réseaux sociaux, à l'informatique, ces derniers peuvent davantage communiquer avec leurs amis ou leur famille, parfois éloignée. En échange, certains seniors peuvent eux-aussi former les jeunes qui le souhaitent aux travaux de couture. C'est une forme de réseau d'échanges et de savoirs que nous avons amorcé. Autre action dont nous sommes fiers : accueillir les séniors isolés l'été, qui ne partent pas en vacances ; au sein du centre social La Provence, trois après-midi par semaine.


Comment faire la ville de demain, avec de plus en plus de seniors ?

Pour moi, il s'agit de favoriser l'intergénérationnel dans ce contexte d'une augmentation du nombre de séniors à l'avenir. Des seniors parrainent déjà des élèves dans les établissements scolaires. Ils participent à des sorties scolaires. Pour le futur, c'est le logement intergénérationnel qui va devenir un point clé. Une étude est d'ailleurs en cours, avec l'Agence d'Urbanisme du Pays d'Aix (AUPA), pour imaginer le logement intergénérationnel de demain. Un projet pilote pourrait être lancé dans un futur proche. D'autres idées peuvent aussi avoir du sens. J'ai suggéré qu'à chaque demande de permis de construire d'une maison de retraite, un pourcentage de logements au sein des maisons de retraite soit réservé aux étudiants. C'est à nous, avec l'ensemble des acteurs associatifs et institutionnels de faire preuve d'imagination pour créer des ponts entre les générations.


Plus d'infos 
www.aixenprovence.fr/Guide-des-Seniors-2017-2018

[ ENQUETE EN LIGNE ] Manger bio, bon et local à Brest ?

Créé le : 28/05/2019

Nous sommes tous des mangeurs. Mais pouvoir composer son assiette quotidienne avec des produits durables, locaux, de saison… n’est pas aisé pour tout le monde. Les inégalités d‘accès à une offre alimentaire durable existent et pas uniquement pour des raisons de pouvoir d’achat.

C’est pour faire le point sur la situation du territoire de Brest métropole l'association MADABREST réalise une enquête en ligne – EAT Equité Alimentaire Territoriale Manger bien, bio et local à Brest Métro.

[ ENTRETIEN ] Rob Hopkins exhorte le pouvoir de l’imagination

Créé le : 24/05/2019

Par Nicolas Troadec.

Enseignant en permaculture puis initiateur du mouvement des Villes en transition, Rob Hopkins a réalisé ce printemps un grand voyage, à travers toute la France, avec Sans transition ! Il a donné des conférences à Lyon, Nice, Montpellier, Marseille et Chartres-de-Bretagne, près de Rennes, où il a invité le public à imaginer, à ses côtés, des projets de transition.

Durant le cycle de conférences qui était organisé par Sans transition !, Vallée du Gapeau en transition et Actes Sud, en avril, Rob Hopkins a rappelé le puissant pouvoir de l’imagination, indispensable pour créer des villes en transition, concept dont il est l’initiateur. Voici de larges extraits de l’intervention de l’enseignant en permaculture, issu de Totnes, en Angleterre. Il donne ici des clés et des exemples pour un futur positif et joyeux qui reste à construire.

 

« Une étude a montré que l’imagination et le QI ont évolué de façon égale jusqu’au milieu des années 1990. Le QI a ensuite continué à augmenter, mais l’imagination, elle, a commencé à diminuer. Les résultats de cette étude ont fait beaucoup de bruit. Quelles pouvaient en être les conséquences pour la croissance économique, pour Hollywood ? Mais personne ne s’est demandé quelles pouvaient être les conséquences pour nous, qui luttons contre le dérèglement climatique et faisons des efforts pour la justice sociale.

En parallèle de ce déclin, nous avons assisté à un autre : celui du jeu libre et non structuré. Auparavant, on voyait des gamins jouer partout. Dans le cadre de ces jeux, ils apprenaient à coopérer et à gérer les conflits. Ils se créaient des univers, des langages codés, à l’insu des parents. Le problème, c’est que, maintenant, on s’inquiète du CV des enfants à partir de 4 ans. On élève des enfants qui vont devenir des adultes inaptes à prendre des risques, et c’est la dernière chose dont nous avons besoin.

Dans le cadre de mon travail de documentation pour l’un de mes livres, je suis allé à Bristol, une grande ville de transition. Une fois par semaine, on ferme une rue à la circulation pour permettre aux enfants de jouer. Une mère à l’origine du projet m’a expliqué que cette démarche n’est pas “anti-voiture”, mais “procommunauté”. Les rues devraient être pleines de gamins qui jouent. L’ancien maire de Bogotta dit que pour mesurer le bien-être d’une ville, il faut compter combien d’enfants jouent dans les rues. Mais le jeu est de plus en plus quelque chose qu’on achète, et pas qu’on fait. »

L’humour : un arme politique

(Rob Hopkins projette la photo d’un homme dans un costume de super-héro cousu main, ndlr) « Voici une photo de Antanas Mockus, le maire de Bogota. Et ça, c’est son costume de campagne avec lequel il a gagné les élections ! C’était un maire incroyable, qui a fait beaucoup de choses. Il a dit : “Les gens réagissent à l’humour quand il est bien utilisé. Dans la sphère politique, c’est l’outil le plus puissant pour opérer le changement.” Il a mis en place différentes mesures. Par exemple, il y avait beaucoup de morts sur les routes à Bogota, et la police qui faisait la circulation était particulièrement corrompue. Il a donc viré temporairement tous ces policiers et, à la place, a recruté 400 mimes. Ceux-ci réprimandaient les mauvais conducteurs et félicitaient ceux qui avaient un bon comportement. Les accidents ont baissé de 50 % ! Les jeux ne sont donc pas que pour les enfants ! (...)

Rob Hopkins devant son auditoire lyonnais, le 18 avril 2019

Voici maintenant John Muir, l’un des premiers écologistes. Il est ici en compagnie de Franklin Roosevelt, 32e président des États-Unis. Ce dernier adorait John Muir et tous ses ouvrages. Il lui a dit un jour qu’il aimerait faire une expédition de camping avec lui. Au début du siècle dernier, ils ont fait une expédition de trois jours dans ce qui est aujourd’hui le parc national du Yosémite, dans les montagnes de la Sierra Nevada. Ils ont fait des balades, ont longuement discuté autour du feu de camp... Et à l’issue de cette expédition, Roosevelt a créé les parcs nationaux. De façon générale, cette expédition a eu un fort impact sur le reste de sa vie. Et si c’était Emmanuel Macron et Pierre Rabhi qui allaient faire du camping pendant trois jours ? (…) »

« Nous pouvons rebâtir notre imagination »

« Nous vivons une époque où la biodiversité est en déclin. Cette situation ralentit de façon délétère notre imagination. Le biologiste René Dubos dit que, si nous vivions sur la lune, notre imagination serait aussi aride que sa surface. Le fait de savoir que la diversité du vivant diminue sur terre est particulièrement anxiogène. Mais nous pouvons rebâtir notre imagination. Un homme a cartographié la ville de Londres en ne faisant apparaître que les cours d’eau et les espaces verts. Ce qui correspond à 49,5 % de la surface de Londres. Il faudrait un demi pourcent de plus pour que Londres devienne un parc national ! Cela représente 1 m² par personne. Ce qui ouvre des perspectives incroyables : comment est-ce que chacun pourrait créer 1 m² de verdure ?

(Rob Hopkins montre une autre photo, ndlr) Voici l’une de mes héroïnes : Doria Robinson. Elle vit en Californie, à Richmond, où le taux de criminalité est très élevé. Elle a enseigné à des centaines de jeunes à faire pousser des fruits et des légumes. Ensemble, ils ont créé 13 fermes dans le quartier. Je lui ai dit : “C’est magnifique ce que tu fais, mais en quoi est-ce que cela fait évoluer l’imagination des jeunes ?” Elle m’a répondu que les jeunes de sa génération n’avaient qu’une idée en tête : quitter ce quartier. Mais, maintenant, de plus en plus de jeunes veulent vivre ici. Elle dit qu’elle rêve de tout un tas de choses, et qu’elle a l’impression qu’elles sont maintenant du domaine du possible ! (…) »

La hantise de l’ennui

(Rob Hopkins enchaîne sur l’emprise de la technologie sur notre imagination, ndlr) « Nous sommes à Arles en 1888, sur la place Lamartine, près d’une maison jaune. Imaginez-moi avec Van Gogh et un bouquet de tournesol. Il arrive dans la cuisine et les pose sur la table dans un vase. Il s’assoit, il sort son smartphone. Il va sur Instagram, puis Facebook, puis Twitter… A la fin il regarde des vidéos de chatons. Il ne se souvient même pas de ce qu’il s’est passé au cours des dernières heures. Si cela s’était passé ainsi, Les Tournesolsde Van Gogh, qui ont fait l’émerveillement de millions de personnes, n’auraient pas existé. Parce que l’imagination nécessite notre concentration. Einstein n’aurait pas eu les mêmes idées s’il avait joué à Candy Crush, au lieu de faire ses grandes balades à vélo. Le monde serait différent.

On a tous avec nous une prothèse de mémoire et de réflexion, notre smartphone, qui a un impact très négatif sur notre concentration et notre imagination. Même moi qui vous parle, je ne suis pas immunisé contre cette baisse de la concentration. Sherry Turkle, professeur d’études sociales en science et technologie au MIT, estime que nous sommes “à jamais ailleurs”. En réalité, notre pouvoir de concentration est valorisé par des grandes entreprises. Larry Rosen, chercheur en psychologie, affirme quant à lui que “notre concentration baisse de façon inversement proportionnelle au temps que nous passons sur nos smartphones”.
Nous vivons dans la hantise de l’ennui. Dans un ascenseur, au bout de dix secondes, tout le monde a sorti son téléphone. Mais cela nous prive de notre capacité à regarder par la fenêtre, à rêvasser
. »

« Toute institution publique doit avoir comme priorité de maximiser l’imagination »

« (…) Cet avenir que nous appelons de nos vœux, il faut savoir en raconter l’histoire (...)

La méthode consiste à poser des questions commençant par “et si ?”. C’est une compétence très importante, que l’on soit citoyen ou qu’on travaille dans une municipalité. Deux histoires illustrent cette méthode.

Il existe un quartier dans Londres qui est très commerçant et passant. Il n’a pas de place ou de verdure. Mais il y a à cet endroit, une espèce de grand rond, où des autobus attendent, le moteur allumé. Le groupe de transition local s’est demandé : “Et si c’était la place de notre village ?”. Et ils l’ont aménagé : il y ont mis de la musique, du gazon, des chaises... Et les gens y ont passé des heures entières comme si c’était la place d’un village. Personnellement j’y ai passé la journée.

Rob Hopkins et son interprète Xavier Combe, en visite au jardin des Mille Pas à Rennes, le 19 avril 2019

Deuxième histoire : il y a 5 ans, le groupe Liège en transition s’est posé une question : et si, dans une génération, au moins la moitié de la nourriture consommée à Liège venait de sa périphérie ? J’y suis retourné l’année dernière. Entre temps, 21 coopératives avaient été créées et 5 millions d’euros de fonds avaient été levés auprès de la population. J’ai rencontré Pascal, qui tenait un magasin qui commercialise les produits des petits producteurs. Il m’a dit : “Quand on aura 10 magasins comme celui-là, les supermarchés vont être fragilisés. Il ne s’agit pas de protester contre eux, mais de construire quelque chose de meilleur, qui répond mieux à nos besoins, à ceux du plus grand nombre.” Le maire de Liège nous a avoué qu’il y a 10 ans, il voulait que sa ville soit une Smart City. Maintenant, il souhaite que ce soit une ville en transition.

Et si nous élisions des gens qui mettaient en priorité l’imagination individuelle et collective, dans l’éducation, la politique, l’architecture ? (…) L’économie néolibérale n’est pas un modèle qui fonctionne. C’est un modèle qui a détruit la planète, pille les ressources et nous mène vers la catastrophe. Il nous faut donc une stratégie nationale de l’imagination. Toute institution publique ou structure démocratique devrait avoir comme priorité de maximiser l’imagination, de tout rendre possible.


Plus d’infos : www.entransition.fr

Photos : Sans transition !

[ ROB HOPKINS ] - " Il faut tout rebâtir "

Créé le : 20/05/2019

A l'occasion de son tour de France de la transition, co-organisé par la revue Sans transition !, le fondateur du mouvement des villes en transition nous a accordé un entretien exceptionnel.

Rob Hopkins nous parle de ses expériences et rencontres réalisées dans le cadre de sa tournée nationale qui a lieu en avril dernier, à l'invitation de Soùleu et de Sans transition !. Il évoque également la situation climatique et sociale désastreuse dans laquelle nous sommes et les solutions que nous avons à notre portée pour l'enrayer. Pour cet enseignant en permaculture, c'est en se servant de notre imagination que nous donnerons une chance aux générations futures d'hériter d'un monde en rémission.

Interprète : Xavier Combe

Réalisation : Capture Video

[ COMMUNIQUÉ ] - Welfarm, "Le scandale du poulet ukrainien"

Créé le : 20/05/2019

Mercredi prochain, la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) s’apprête à octroyer 100 millions d’euros de prêt au géant du poulet ukrainien : MHP.

Ceci avec l’argent public du contribuable européen !

Or rien n’indique que les 300 000 millions de poulets détenus dans les fermes-usines de ce mastodonte de l’agroalimentaire respectent les normes européennes concernant le bien-être animal ! Au contraire tout nous pousse à envisager le pire pour les animaux lorsque l’on sait que MHP est déjà au cœur d’une sombre manoeuvre visant à s’exonérer de droit de douane.

WELFARM a donc adressé un courrier à Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, lui demandant de refuser l’octroi de prêt sans preuve de respect des normes européennes de protection animale.

Au-delà de ce cas particulier, WELFARM dénonce la nature de l’accord de libre-échange avec l’Ukraine sur le plan du bien-être animal. En effet, en contrepartie de l’ouverture au marché européen pour ses produits, Kiev s’était engagé à adopter une législation nationale répondant aux standards européens de protection des animaux d’élevage.

Elle ne l’a pas fait ! Des tonnes de viande ukrainienne inondent le marché européen depuis la signature de l’accord en 2016. En trois ans, les importations de viande de poulet sont ainsi passées de 35 529 à 105 173 tonnes. En France il est courant de retrouver ces produits dans les cantines.

Face à cette situation, nous pouvons tous agir :

  • En votant le 26 mai, aux élections européennes pour les candidats engagés pour le bien-être animal : plus d’infos sur Voteforanimals.

  • En étant vigilant à la provenance des aliments servis en restauration collective.

Nous sommes plus que jamais mobilisés pour mettre fin à la souffrance animale, où qu’elle soit. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer le combat.

> Plus d'infos

 

Philippe Bihouix : les low-tech "nécessaires" pour réussir la transition

Créé le : 11/05/2019
Philippe Bihouix

Recueilli par François Delotte

Philippe Bihouix est ingénieur diplômé de l’École Centrale. Il est coauteur de Quel futur pour les métaux ? (EDP sciences, 2010) et de L’âge des low-tech, vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, collection Anthropocène, 2014). Pour lui, il faut se méfier des fausses promesses du high-tech. Il faudrait au contraire davantage s’appuyer sur une moindre consommation de ressources minières et énergétiques pour relever le défi climatique.

Vous parlez de l’âge des low-tech. Celui des high-tech est-il en train de se terminer ?

Je ne pense pas. Le titre de mon livre est un peu provocateur. Il a un côté utopique. Comme le dit Thomas More, « je le souhaite plus que je ne l’espère ». Nous évoluons dans un monde très « high-tech » et on nous promet qu’il va le devenir de plus en plus. On nous parle de taxis autonomes, de voitures volantes... On évoque en même temps un monde de plus en plus dématérialisé, une société « post-industrielle ». Mais il est en fait toujours aussi matériel. Notre société est hyper-industrialisée. Mais la production s’est déplacée vers d’autres pays. Nous n’avons jamais autant émis de gaz à effet de serre. Notre empreinte écologique continue d’augmenter. Nous sommes plus que jamais dans l’âge des high-tech et la consommation de ressources n’a jamais été aussi importante, malgré les incantations à l’économie circulaire. D’un autre côté, on sent poindre quelque chose. Il existe une vague d’enthousiasme pour des initiatives qui naissent dans les territoires autour du « ...

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[ COMMUNIQUÉ ] - Michèle Rivasi, sur les fichiers Monsanto, "Je porte plainte car l'impunité des lobbys doit cesser"

Créé le : 11/05/2019

Suite aux révélations dans le journal Le Monde et de France 2 de l'existence d'un « fichier Monsanto », contenant 200 noms de personnalités accompagnés d'une multitude de données mises en forme dans un tableau "faisant apparaitre les opinions politiques et philosophiques d'une personne sans son consentement", l'eurodéputée EELV Michèle Rivasi, à l'origine de la Commission PEST au Parlement Européen et citée dans ce fichier illicite aux cotés d'autres députés verts comme la française Karima Delli ou le belge Philippe Lamberts, va porter plainte contre X.

"Ceci est un parfait exemple des méfaits de Monsanto. Faut-il s'étonner de ce nouveau scandale ? Malheureusement non. Depuis les Monsanto Papers, les nombreuses enquêtes journalistiques dont cette entreprise a fait l'objet ont constamment montré sa volonté d'user de tous les moyens pour contrôler l'information et influencer les décideurs. Ses manigances "déloyales" ont été souligné le 11 aout 2018, lors du premier jugement du procès Monsanto aux Etats-Unis.
 
Fin 2016, au moment où le fichier Monsanto a été réalisé, nous sommes en Europe au coeur de l'intense campagne de lobbying menée par Monsanto et ses sbires pour obtenir la réautorisation du glyphosate dans l'Union Européenne et décrédibiliser l'avis du CIRC pour lequel le glyphosate est un "cancérigène probable".
 
Avec ce fichier manifestement illégal, Monsanto a été pris la main dans le sac. Nous pouvons tous être scandalisés devant cette prise en otage de l'information. Les lobbys ne respectent pas les lois car, au fond, ils se considèrent au-dessus des lois. Ces agissements illicites sapent notre démocratie. L'impunité des lobbys, des grandes entreprises et de leurs sous-traitants qui exécutent leurs basses besognes, doit cesser. De tels agissements sont inacceptables et sont à condamner avec la plus grande sévérité. Je porte plainte pour que les coupables soient identifiés et punis."

[ COMMUNIQUÉ ] - #NewRightsNow - " Des droits sociaux pour tous ! "

Créé le : 06/05/2019

A l’occasion de la Fête du Travail, le 1er mai 2019, une collecte de signatures en ligne a été lancée pour une initiative citoyenne européenne #NewRightsNow, visant à renforcer les droits sociaux des travailleurs dits « ubérisés ».

" A l’occasion de la Fête du Travail, le 1er mai 2019, nous avons le plaisir d’annoncer le lancement de la collecte de signatures en ligne pour notre initiative citoyenne européenne #NewRightsNow visant à renforcer les droits sociaux des travailleurs dits « ubérisés ».

Tout particulièrement, nous souhaitons créer, au niveau européen, une obligation pour les plateformes numériques de verser un revenu minimum garanti à l’ensemble de leurs travailleurs, y compris à celles et ceux ayant un statut d’indépendant ou d’auto-entrepreneur.

Le développement rapide des plateformes en ligne, proposant notamment des services de transport ou de livraison, a pris de court les pouvoirs publics européens. Ces multinationales 2.0 ont ainsi profité de l’existence de vides juridiques pour contourner les protections « traditionnelles » du droit du travail. Leurs travailleurs cumulent ainsi les inconvénients du salariat, et notamment le lien de dépendance vis-à-vis de l’entreprise, avec ceux des « véritables » travailleurs indépendants.

La question des droits des travailleurs des plateformes concerne toute l’Europe. Elle doit absolument être traitée au niveau européen afin d’éviter toute mise en concurrence des Etats-membres par les puissants lobbies des plateformes numériques. 

Derrière les travailleurs des plateformes, ce n'est rien de moins que notre relation au travail et la précarité de l’ensemble des travailleurs qui sont en jeu ! Si aujourd’hui les travailleurs des plateformes sont en première ligne face aux nouvelles formes de précarité créées par l’ubérisation de l’économie, ce processus menace, en réalité, l’ensemble des travailleurs. Il est temps d’agir, au niveau européen, en adaptant notre droit du travail aux véritables enjeux du 21ème siècle !

A l’approche des élections européennes du 26 mai prochain, l’initiative citoyenne européenne #NewRightsNow est aussi la démonstration par les faits qu’une « Europe citoyenne » est possible. Aux lobbies des grandes firmes du numérique, #NewRightsNow souhaite en effet imposer un lobby citoyen pour mettre notre pied dans la porte et nous imposer à la table des négociations à Bruxelles ! L’Europe du XXIème siècle sera celle de l’appropriation citoyenne des grands débats… ou ne sera plus ! »

Afin d’être traitée par la Commission européenne, notre initiative doit rassembler 1 million de signatures venant d’au moins ¼ des Etats-membres. Nous comptons donc sur votre citoyen ! "

> Pour signer l'initiative

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