Société

[ COMMUNIQUÉ ] - Michèle Rivasi, sur les fichiers Monsanto, "Je porte plainte car l'impunité des lobbys doit cesser"

Créé le : 11/05/2019

Suite aux révélations dans le journal Le Monde et de France 2 de l'existence d'un « fichier Monsanto », contenant 200 noms de personnalités accompagnés d'une multitude de données mises en forme dans un tableau "faisant apparaitre les opinions politiques et philosophiques d'une personne sans son consentement", l'eurodéputée EELV Michèle Rivasi, à l'origine de la Commission PEST au Parlement Européen et citée dans ce fichier illicite aux cotés d'autres députés verts comme la française Karima Delli ou le belge Philippe Lamberts, va porter plainte contre X.

"Ceci est un parfait exemple des méfaits de Monsanto. Faut-il s'étonner de ce nouveau scandale ? Malheureusement non. Depuis les Monsanto Papers, les nombreuses enquêtes journalistiques dont cette entreprise a fait l'objet ont constamment montré sa volonté d'user de tous les moyens pour contrôler l'information et influencer les décideurs. Ses manigances "déloyales" ont été souligné le 11 aout 2018, lors du premier jugement du procès Monsanto aux Etats-Unis.
 
Fin 2016, au moment où le fichier Monsanto a été réalisé, nous sommes en Europe au coeur de l'intense campagne de lobbying menée par Monsanto et ses sbires pour obtenir la réautorisation du glyphosate dans l'Union Européenne et décrédibiliser l'avis du CIRC pour lequel le glyphosate est un "cancérigène probable".
 
Avec ce fichier manifestement illégal, Monsanto a été pris la main dans le sac. Nous pouvons tous être scandalisés devant cette prise en otage de l'information. Les lobbys ne respectent pas les lois car, au fond, ils se considèrent au-dessus des lois. Ces agissements illicites sapent notre démocratie. L'impunité des lobbys, des grandes entreprises et de leurs sous-traitants qui exécutent leurs basses besognes, doit cesser. De tels agissements sont inacceptables et sont à condamner avec la plus grande sévérité. Je porte plainte pour que les coupables soient identifiés et punis."

[ COMMUNIQUÉ ] - #NewRightsNow - " Des droits sociaux pour tous ! "

Créé le : 06/05/2019

A l’occasion de la Fête du Travail, le 1er mai 2019, une collecte de signatures en ligne a été lancée pour une initiative citoyenne européenne #NewRightsNow, visant à renforcer les droits sociaux des travailleurs dits « ubérisés ».

" A l’occasion de la Fête du Travail, le 1er mai 2019, nous avons le plaisir d’annoncer le lancement de la collecte de signatures en ligne pour notre initiative citoyenne européenne #NewRightsNow visant à renforcer les droits sociaux des travailleurs dits « ubérisés ».

Tout particulièrement, nous souhaitons créer, au niveau européen, une obligation pour les plateformes numériques de verser un revenu minimum garanti à l’ensemble de leurs travailleurs, y compris à celles et ceux ayant un statut d’indépendant ou d’auto-entrepreneur.

Le développement rapide des plateformes en ligne, proposant notamment des services de transport ou de livraison, a pris de court les pouvoirs publics européens. Ces multinationales 2.0 ont ainsi profité de l’existence de vides juridiques pour contourner les protections « traditionnelles » du droit du travail. Leurs travailleurs cumulent ainsi les inconvénients du salariat, et notamment le lien de dépendance vis-à-vis de l’entreprise, avec ceux des « véritables » travailleurs indépendants.

La question des droits des travailleurs des plateformes concerne toute l’Europe. Elle doit absolument être traitée au niveau européen afin d’éviter toute mise en concurrence des Etats-membres par les puissants lobbies des plateformes numériques. 

Derrière les travailleurs des plateformes, ce n'est rien de moins que notre relation au travail et la précarité de l’ensemble des travailleurs qui sont en jeu ! Si aujourd’hui les travailleurs des plateformes sont en première ligne face aux nouvelles formes de précarité créées par l’ubérisation de l’économie, ce processus menace, en réalité, l’ensemble des travailleurs. Il est temps d’agir, au niveau européen, en adaptant notre droit du travail aux véritables enjeux du 21ème siècle !

A l’approche des élections européennes du 26 mai prochain, l’initiative citoyenne européenne #NewRightsNow est aussi la démonstration par les faits qu’une « Europe citoyenne » est possible. Aux lobbies des grandes firmes du numérique, #NewRightsNow souhaite en effet imposer un lobby citoyen pour mettre notre pied dans la porte et nous imposer à la table des négociations à Bruxelles ! L’Europe du XXIème siècle sera celle de l’appropriation citoyenne des grands débats… ou ne sera plus ! »

Afin d’être traitée par la Commission européenne, notre initiative doit rassembler 1 million de signatures venant d’au moins ¼ des Etats-membres. Nous comptons donc sur votre citoyen ! "

> Pour signer l'initiative

[DOSSIER] Reconnecter le citoyen à la démocratie

Créé le : 04/05/2019

Par Nicolas Troadec

De Kingersheim, dans la banlieue de Mulhouse, à Grenoble en passant par Rennes et Paris, les expériences de démocratie participative et locale se heurtent à une réalité difficile à transformer : dévoiement, manque de temps ou de motivation des citoyens… Mais le succès des budgets participatifs municipaux montre qu’une co-construction d’actions publiques entre habitants et représentants est possible.

 

Le mouvement des gilets jaunes, qui agite le pays depuis le mois d’octobre 2018, vient une nouvelle fois illustrer la crise de la démocratie représentative à la française. Au cœur des revendications, transparaît une volonté de prendre part aux grandes décisions, avec le référendum d’initiative citoyenne. Mais aussi de donner son avis hors des temps électoraux. De co-construire avec les élus. La démocratie participative, un mode de partage du pouvoir qui intègre les citoyens dans les prises des décisions, peut-elle remplir ce rôle ? Pour le sociologue Michel Fize, retraité du CNRS et auteur de L’individualisme démocratique : les défis de la démocratie participative (2010, L’Œuvre), « il faut opérer le mariage des deux démocraties, leur donner d’égales responsabilités, parce que c’est une attente des citoyens ».

Mais comment développer une démocratie participative qui en est encore à ses balbutiements à l’échelon local, au sein d’institutions inadaptées à sa pratique ? À Grenoble, la...

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PLACE PUBLIQUE : "Nous souhaitons constituer une nouvelle force citoyenne"

Créé le : 03/05/2019

Recueilli par Julien Dezécot

Militante écologiste de longue date, Claire Nouvian est cofondatrice de Place Publique, mouvement politique créé fin 2018, aux côtés du philosophe Raphaël Glucksmann, de l’économiste Thomas Porcher et de Jo Spiegel, maire de Kingersheim (68). Leur objectif : créer une liste d’union de la gauche pour les élections européennes de mai prochain.

Pouvez-vous nous présenter Place publique, le mouvement politique que vous avez cofondé cet automne, ainsi que ses objectifs ?

Place publique est un mouvement politique qui œuvre en faveur d’une action citoyenne, solidaire et écologique. Notre objectif à court terme est de rassembler la gauche au sein d’une liste opportuniste, à l’aune des élections européennes de mai prochain. Il s’agit pour nous d’éviter une nouvelle défaite. On ne demande pas une fusion à long terme. Car les divergences des partis, comme les socialistes, Generation. s, EELV, LFI... justifient l’existence d’appareils distincts. Mais, si l’on s’entend sur 80 % des sujets, alors je pense que nous ne devons pas prendre en otage les électeurs. À moyen et long terme, nous souhaitons constituer une nouvelle force citoyenne pour renouveler les codes de la politique, ancrée dans l’urgence écologique et citoyenne.

Quelles sont les propositions de Place Publique ?

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[ CARLO PRETINI ] "Libérer la gastronomie d'un modèle élitiste"

Créé le : 02/05/2019

Pour Carlo Petrini, le fondateur du mouvement Slow Food, la gastronomie n'est pas seulement une histoire de recettes : c'est une démarche globale consistant aussi à produire des denrées en respectant l'environnement, la terre et de la dignité des paysans.

Retrouvez son interview.

Le réseau Slow Food était à l'honneur à Marseille, le 04 mai dernier, lors d'une conférence dédiée à l'alimentation, co-organisée par Sans transition ! et la bibliothèque l'Alcazar à Marseille, dans le cadre de Marseille-Provence, Capitale de la Gastronomie.

Plusieurs intervenants étaient présents :

> Denis Lairon, chercheur à l'INSERM et spécialiste de l'alimentation biologique ;
> Raoul Michel, coordinateur du réseau Slow Food Paca ;
> Nadia Sammut, restauratrice à l'auberge de la Fenière ;
> Luc Falco, producteur du réseau Slow Food en brousse du Rove.

A lire aussi : " Slow Food, il était une fois en Provence", reportage à Cucuron, dans la Petite Maison d'Eric Sapet.

GILLES NALBONE, "L’environnement chimique [...] contribue pour une part importante à la progression des maladies chroniques".

Créé le : 26/04/2019

Gilles Nalbone, est directeur de recherche émérite à l'Inserm et membre du Réseau Environnement Santé.

" La progression inquiétante des maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires, cancers hormono-dépendants, obésité, maladies neuro-développementales et neurodégénératives) depuis une trentaine d’années impose une identification claire des causes pour définir des stratégies de lutte efficaces et adaptées. Les données scientifiques s’accumulent montrant que l’environnement chimique dont font partie les perturbateurs endocriniens contribue pour une part importante à la progression des maladies chroniques. Les progrès remarquables de l’épigénétique permettent désormais de faire le lien entre l’environnement et la modification de l’expression des gènes dès la période prénatale, contribuant à la programmation in utero des maladies qui pourront se déclencher plus tard dans la vie.

L’enjeu sanitaire est donc d’éliminer radicalement les perturbateurs endocriniens de notre environnement. Seule une grande loi de santé environnementale permettra de doter la France des outils pour faire face à cette épidémie de maladies chroniques."

> Gilles Nalbone donnera une conférence sur le thème des perturbateurs endocriniens, dimanche 28 avril au Salon Bio des Alpes à Gap à 11h00.

[ SANTE ] Peut-on faire confiance aux robots ?

Créé le : 08/04/2019
Crédit photo : Pixabay

Automatisation de la médecine, robotisation de gestes médicaux ou de traitement … Les robots dotés d’intelligence artificielle interviennent de plus en plus dans tous les aspects de notre parcours de soins, médecine générale, chirurgie, examens médicaux et rééducation. Rencontre avec des scientifiques sur le vieux port à Marseille ...

Harmonie Mutuelle et la rédaction d’Essentiel Santé Magazine ont co-organisé le 28 mars dernier, la première Agora mutualiste à Marseille, gratuite et ouverte à tous, sur le thème « Santé : Peut-on faire confiance aux robots ? ».

L'occasion de s’informer, échanger, débattre en compagnie de professionnels autour de questions d’actualité ...

Sans transition ! était présent et donne la parole en audio à trois intervenants spécialistes de ces sujets.

Découvrez l'interview d'Agnès Leussier, psychologue clinicienne :

Découvrez l'interview du docteur Jean-François Moulin, oncologue, responsable de l’unité « Hors les murs » de l’IPC Marseille :

Découvrez l'interview du docteur Nicolas Leblanc, médecin du Groupe Vyv :

 

ROB HOPKINS, "La transition, une vision positive de l'avenir"

Créé le : 28/03/2019

Interview réalisée par Sans transition !, en mai 2016

L’enseignant en permaculture Rob hopkins est  le  fondateur  du  vaste  réseau  international  qui  dessine  le  mouvement  de  la  Transition. Né en 2006 en Grande-Bretagne dans  la  ville  de  Totnes,  ce  mouvement  a  été  initié  un  an  auparavant  à  Kinsale  en  Irlande par Rob Hopkins et ses étudiants. Aujourd’hui, on compte plus de 2000 initiatives  de  Transition  dans  44  pays,  dont  150 en France. Rencontre avec celui qui a impulsé cette dynamique vertueuse.

Il sera en tournée exceptionnelle en France, du 14 au 19 avril prochain !

Rob  Hopkins,  pouvez-vous  nous  expliquer  comment a germé ce projet à l’origine d’un tel mouvement d’ampleur dont vous êtes l’initiateur ? Quel a été l’élément déclencheur de la transition ?

En  2004,  j’ai  vu  un  film  qui  traitait  du  sujet  de  la  fin  de  l’âge  du  pétrole  et  de  ce  que  cela  impliquait.  Je  n’y   avais   jamais   vraiment   pensé   auparavant   aussi   consciemment  même  si  je  lisais  énormément  de  choses  sur le changement du climat. J’étais à l’époque professeur de design en permaculture et de design environnemental, je le suis toujours d’ailleurs, et je me rappelle m’être fait la  réflexion  suivante  :  «  l’échelle  du  défi  est  tellement  énorme et nous sommes si petits. comment mesurons-nous ce que nous faisons ? » Je me suis dit que la réponse était peut être de travailler tous ensemble et de faire quelque chose de positif, en restant concentrés sur les solutions et  non  sur  les  problèmes.  Cette  approche  rentrait  dans  le champ des nouvelles technologies sociales. C’était une idée  ambitieuse  qui  a  donné  naissance  au  mouvement  Transition.

Qu’est-ce qui définit concrètement la transition ? En quoi cela consiste-t-il ?

La  transition  est  basée  sur  de  simples  outils,  des  expériences  qui  permettent  que  nous  nous  mettions  en  marche  pour  nous  réveiller.  Il  s’agit  de  cultiver  un  réseau  d’apprentissage  au  sein  de  communautés  en  phase  de  création.  Et  on  le  voit  bien  avec  le  réseau  constitué  de  plus  de  quarante  pays,  c’est  un  puzzle  qui   peut   être   dupliqué   partout.   Ce   concept   peut   inspirer dans le travail, et à tous les niveaux dans nos communautés. Car notre approche n’est pas basée sur du lobbying ou quelque chose de ce genre. Le mouvement est d’ailleurs apolitique. Il s’agit plutôt d’un mouvement alternatif  basé  sur  une  vision  positive  de  l’avenir.  Car  nous portons un regard différent sur les crises, que nous voyons comme des occasions incroyables pour changer radicalement nos sociétés actuelles.

Effectivement, cette originalité de pensée semble à  la  source  du  succès  que  connaît  votre  mouvement.  Vous  vous  inspirez  d’ailleurs  de  théories  psychologiques comme la résilience, n’est-ce pas ?

Oui,   la   résilience   écologique   est   la   capacité   d’un   écosystème, d’un environnement, d’une espèce mais aussi d’une  population,  à  rebondir  après  des  perturbations  en  vue  de  retrouver  un  équilibre  dynamique.  Transition  invoque  la  résilience  pour  faire  face  au  double  défi  que  représentent  le  pic  pétrolier  et  le  dérèglement  climatique.   Nous   nous   sommes   aussi   inspirés   des   approches psychologiques. Elles traitent des dépendances toxicologiques,  pour  tenter  d’apporter  une  réponse  face  au  manque  d’espoir  consécutif  à  la  prise  de  conscience  de  notre  dépendance  au  pétrole.  Dans  ce  sens,  nous  incitons les villes en transition à l’éveil des consciences, grâce à une sensibilisation positive. Ceci dédramatise les mutations à venir en valorisant, autant que possible, les petites  victoires.  Cela  fournit  la  motivation  nécessaire  pour s’engager dans un profond processus de changement. Il se fait beaucoup au travers de conférences, de débats ou  de  projections  de  films.  Ensuite  sont  constitués  des  groupes  de  travail  à  partir  desquels  sont  rédigés  des  plans  d’action  de  décroissance  énergétique,  en  lien  avec  l’alimentation,  les  déchets,  l’énergie,  l’éducation,  la  jeunesse...  La  permaculture  influence  beaucoup  les  actions. Mais il n’y a pas de réponse toute faite. Chaque groupe de travail doit trouver ses propres solutions.

D’ailleurs,  pouvez-vous  également  nous  rappeler  ce qu’est la permaculture ?

C’est  une  base  philosophique  qui  prend  pour  modèle  le  mode  de  fonctionnement  naturel  des  écosystèmes. Il n’y  a  pas  meilleur  modèle  pour  réduire  la  consommation  d’énergie   fossile,   reconstruire   une   économie   locale   vigoureuse  et  soutenable.  L’objectif  est  de  retrouver  un  bon degré de résilience par la relocalisation de ce qui peut l’être et acquérir les qualifications nécessaires.

N’est-ce pas difficile, voire contradictoire, d’avoir un  projet  sur  du  local  et  de  devoir  voyager  partout  pour  le  mouvement  devenu  désormais  international ?

C’est  vrai,  l’un  des  aspects  vraiment  étonnant  avec  Transition,  c’est  que  le  mouvement  s’est  répandu  dans  44  pays  très  rapidement.  Et  c’est  en  utilisant  l’Internet,  l’auto-organisation des réseaux, la vidéo, les conférences, etc, que je reste en lien avec les acteurs du mouvement... Je   visite   certains   endroits   bien   sûr   mais   j’y   vais   principalement  en  train  et  j’utilise  très  rarement  l’avion.  Il y a le projet Transition aux Philippines, ou dans d’autres pays de ce type, mais je n’ai pas besoin d’aller visiter ces contrées, ce sont les populations locales qui décident de ce qu’elles veulent mettre en place. Elles n’ont pas besoin de ma présence sur place.

Quel  regard  portez-vous  sur  la  france  et  sur  le  développement  durable  dans  notre  pays  ? Ne  sommes-nous pas à la traîne ?
En France, Transition a commencé plus lentement que dans d’autres  pays.  Il  faut  dire  que  culturellement,  l’idée  de  changement est organisée par le gouvernement. L’idée qu’il puisse  venir  directement  des  gens  a  plus  de  difficultés  à  prendre corps. D’autre part, peut être que les Français ont besoin de regarder le projet et d’y penser plus longtemps que  d’autres  pays.  Mais  quand  je  viens  parfois  en  France,  je  constate  qu’il  y  a  beaucoup  de  groupes  Transition  et  qu’un réseau national français se met en place. Je suis très optimiste quand je vois que des racines du projet s’installent dans le contexte français, c’est très excitant à voir naître. Je  crois  même  que  le  nouveau  livre  de  Transition  va  être  traduit en français pour une sortie prochaine.

Pouvez-vous nous citer un exemple d’une action qui a bien fonctionné en france ?
Je sais par exemple qu’à Rennes, l’association Jardins (ou)Verts  a  été  créée  afin  de  sensibiliser  les  habitants  de  la  ville à la protection de leur environnement et à la création de lien social entre  voisins. Un réseau d’acteurs a vu le jour au travers de jardins partagés répartis sur le territoire rennais. Un premier jardin est sorti de terre au printemps 2014. Et cette association a beaucoup d’autres projets très intéressants.

Qu’aimez-vous  faire  parallèlement  à  votre  projet  ? Quelles sont vos passions dans la vie au-delà de ces questions?
Je  pense  que  l’une  de  mes  passions  est  ma  famille.  J’ai  quatre  garçons  qui, je pense, sont l’une des principales raisons pour lesquelles je fais tout ça.  Les  gens  parlent  de  plusieurs  générations  futures.  J’ai  rencontré  la  première et je suppose que la seconde n’est pas très loin et que tout a un sens. Ce qui me pousse à faire Transition ? C’est l’immense plaisir d’aller à des endroits qui font partie du projet, et d’entendre les histoires des gens, d’écouter leurs témoignages et à quel point ils se sentent en mesure d’agir, de rompre leur dépendance à la surconsommation et à ses dérives.  Les  gens  me  disent  :  «  j’ai  vécu  à  cet  endroit  pendant  plus  de  vingt  ans  et  les  deux  dernières  années  où  j’ai  participé  au  mouvement  m’ont  permis  de  mieux  connaître  ce  lieu,  de  me  sentir  connecté  et  de  connaître  tout le monde. c’est fantastique. et je commence à voir le changement s’effectuer ». À l’endroit même où j’habite, je peux marcher dans la rue et je peux voir les choses qui ont changé depuis le moment où nous avons commencé. C’est très addictif et excitant. Voilà ma passion !

 

> Infos supplémentaires

Pascal Brice : « Il faut dissocier politique de l’asile et politique migratoire »

Créé le : 22/03/2019

Des migrants en Hongrie durant la crise migratoire de 2015. © Gémes Sándor/SzomSzed

Recueilli par Nicolas Troadec

Pascal Brice a été pendant 6 ans le directeur de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Il a écrit un livre, Sur le fil de l’asile, édité chez Fayard, où il livre un témoignage de son expérience pour, dit-il « contribuer à la réflexion à travers le caractère exemplaire, inspirant, du réel et de l’action ». Il est également membre du comité d'accompagnement du projet Migrations en questions, qui vise à apporter des "réponses objectives" au questions liées aux migrations. A ce titre, le 23, 24 et 25 avril, auront lieu les Rencontres de Migrations en questions, desquelles Sans transition ! est partenaire, à Vaison-la-Romaine (84), Lunel-Viel (34) et Marseille (13).

 

Pourquoi avoir eu envie de raconter vos 6 années de mandat dans un livre ? Etait-ce un besoin, après une expérience particulièrement marquante ?

C’est à la fois parce que c’était marquant, mais aussi parce que j’ai été frappé, pendant ces six années, par ce que j’ai très vite ressenti comme un abîme, en ce qui concerne l’accueil des réfugiés, entre la réalité sociale du pays, qui est plus complexe et plus riche que ce que laissent penser les discours politiques, souvent simplistes. J’ai voulu livrer un témoignage et non un prêt-à-porter politique. C’est un récit. Parce que je crois beaucoup à l’idée que ce qui compte, dans l’action administrative et politique, c’est le réel. C’est donc d’abord le récit des multiples mobilisations (de fonctionnaires, de travailleurs sociaux, de bénévoles associatifs...), les portraits des demandeurs d’asile et des réfugiés, de ceux qui travaillent à leur accueil. Et aussi de ce qui traverse le tissu social, des doutes et des interrogations dans un moment de crise sociale et identitaire.

L’accueil des demandeurs d’asile est une question, je crois, vitale pour notre propre humanité : que serait une société qui n’accueillerait plus les persécutés ? Je crois que le débat public est simpliste, j’en suis même sûr. Et nous sommes dans des temps où il y a une déconnexion croissante entre le réel et le politique. Je souhaite que ce livre puisse contribuer à la réflexion à travers le caractère exemplaire, inspirant, du réel et de l’action.

Vous souhaitez aussi continuer de pourfendre l’idée de « submersion migratoire » ?

Oui bien sûr, ça fait partie de cette volonté de donner à voir le réel, face aux fantasmes : l’idée qu’on serait submergé ne correspond pas à la réalité. J’ai aussi voulu montrer que l’accueil des réfugiés n’est pas non plus un long fleuve tranquille. Et qu’on avance quand on fait cet accueil dans le strict respect du droit, de manière ordonnée, en faisant en sorte qu’il y ait la place pour tous les acteurs.

Avec du recul, comment analysez-vous le fait que vous n’avez pas été reconduit à la tête de l’Ofpra ? Etait-ce une tentative du ministère de l’Intérieur de reprendre la main sur cet office ?

Je crois que j’ai touché aux limites, au bout de 6 ans, de ce que je pouvais faire à la tête de l’Ofpra, dans le système tel qu’il est organisé. Ce dernier a plusieurs caractéristiques. D’abord, la politique de l’asile est confiée aux mêmes autorités qui gèrent la politique migratoire, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur. Or, la politique migratoire est restrictive depuis plusieurs décennies et elle est toujours prioritaire. L’asile ne vient qu’en second rang des priorités. Elle devient même une variable d’ajustement lors des phases de tensions migratoires réelles ou supposées. En outre, ce ministère a une tendance naturelle à être dans des politiques de dissuasion : il ne faut pas que les conditions d’accueil soient trop bonnes, sinon ça fait un « appel d’air », à leurs yeux. Dernier élément : l’impensée de la politique migratoire. Il faut impérativement dissocier l’asile de la politique migratoire. J’ai voulu porter la politique de l’asile avec l’indépendance absolue de l’Ofpra, telle que la loi la prévoit. Mais, en l’absence de réelle politique migratoire, l’asile est sous pression. Au bout de 6 ans, j’ai sans doute atteint les limites, dans ce contexte. Il était donc logique que je passe la main. Il faudra changer ce système, dissocier la conduite de la politique de l’asile et de la politique migratoire, s’ouvrir à tous les acteurs, sur les territoires. Et dans l’attente, préserver l’acquis de l’indépendance de l’Ofpra.

Le règlement Dublin* doit-il évoluer ? Où en sont les travaux à ce sujet ?

Je ne suis pas très rassuré : nous sommes dans une situation étrange. A peu près tous le monde a pu comprendre que le règlement Dublin a des effets dévastateurs. On le voit en Italie, mais aussi en France, avec des demandeurs d’asile en attente, pour rien, pendant des mois. On sait que ça ne marche pas. Et, au niveau européen, les négociations conduites par les ministères de l’Intérieur (au sein du Conseil de l’Union européenne, ndlr) restent très axées sur ce règlement-là. Or, je montre dans le livre que nous avons contribué à mettre en œuvre des systèmes alternatifs : protéger les personnes dans les pays de transit pour les réinstaller en Europe ; instruire la demande d’asile à l’arrivée dans les ports européens, comme on l’a fait avec l’Aquarius... Il devrait s’y ajouter une agence européenne de l’asile, indépendante comme l’Ofpra. Mais tant qu’on est dans Dublin, on est dans des stratégies avec un manque de solidarité avec les pays d’arrivée, on provoque du désordre au détriment de tout le monde. Il y a urgence à évoluer au niveau européen, mais là on a un conservatisme très fort.

Êtes-vous familier des conditions d’accueil en Provence et comment les améliorer ?

Je connais la situation, j’ai pu en parler avec Cédric Herrou notamment ou avec les responsables de Forum réfugiés. Il y a une particularité à cette région, qui n’est pas celle qui accueille le plus durablement les demandeurs d’asile en France. C’est plutôt une région de passage. Mais comme partout, il faut pouvoir organiser cet accueil. Il faut que quiconque souhaite demander l’asile puisse le faire et puisse être hébergé dans de bonnes conditions, intégrer ceux qui sont reconnus réfugiés et que ceux qui n’ont pas le droit au séjour soient reconduits.

Une fois qu’un demandeur d’asile a obtenu le statut de réfugié, les conditions d’accueil s’améliorent-elles ?

C’est l’un des grands enjeux. Je pense qu’on a beaucoup progressé sur la phase Ofpra en termes de protection et les délais d’instruction se sont réduits à 3 mois. Mais des difficultés demeurent, dont l’accès à la procédure, lié à Dublin et aux délais dans les préfectures. Et puis il y a tout le problème de l’intégration des personnes reconnues réfugiés : on s’est depuis longtemps basé sur l’idée que l’intégration se faisait toute seule. Mais on a de vraies difficultés, et la nécessité d’avoir une intervention des politiques et des citoyens. C’est là que l’état devrait intervenir, en termes de logement, d’apprentissage linguistique, de formation professionnelle, de partage des valeurs républicaines.

Attendez-vous quelque chose des élections européennes sur la question des politiques migratoires ?

Ce que j’aimerais, c’est que ces élections nous évitent l’énième répétition des approches simplistes : le déni des difficultés, ou l’hystérie sur la peur de la submersion, voire à l’inverse, l’idée qu’il faut accueillir la terre entière, dans le désordre. Ces discours-là ne correspondent pas à la réalité et desservent la capacité de l’Europe à mettre en place des politiques migratoires et respecter le droit d’asile. Des solutions existent, nous les avons pratiquées. C’est notamment pour cela que j’ai écrit ce livre.

On parle de centaine de millions de réfugiés climatiques dans les décennies à venir, est-ce que les gouvernements des pays riches en ont pris pleinement conscience et s’y préparent-ils ?

Je pense qu’il faut faire attention aux annonces prophétiques : elles sont rarement confirmées. Ce qui me paraît vrai, c’est qu’il y a le réchauffement climatique et des déplacements à venir. Il est très probable que cela ait déjà lieu. Le risque est que cela s’amplifie, et donc il faut qu’on s’y prépare au niveau international et européen, y compris sur le plan de l’évolution du droit. Il faut donc engager une réflexion sur notre capacité à accueillir des déplacés sur une politique distincte du droit d’asile – ne touchons surtout pas dans le contexte international actuel à la Convention de Genève. Construire du droit international , européen et national pour répondre à ce défi, comme d’ailleurs de la migration économique légale, fait partie des enjeux d’avenir.

*Selon ce règlement européen, en pratique, le pays d'entrée dans l'Union européenne est responsable de l'instruction de la demande d’asile et rendra la décision finale. Voir aussi la vidéo explicative de Migrations en questions.


Plus d'infos :

www.migrationsenquestions.fr

Voir la vidéo de Pascal Brice sur le site de Migrations en questions, qui donne les chiffres de l'asile en France.

 

[DOSSIER] LES LOW-TECH, des technologies de transition

Créé le : 15/03/2019

Par François Delotte

Sus à l’obsolescence programmée et à la surconsommation des ressources ! Les low-tech — technologies simples, solides et sobres en énergie — proposent de répondre à une multitude de nos besoins de base, tout en réduisant nos impacts environnementaux. Plus que des objets, une véritable culture. 

Méthaniseur pour produire son propre gaz avec ses déchets organiques, eau de pluie rendue potable grâce à un filtre à sable et charbon, chauffage solaire et poêle à bois ultra-performant. Le tout autoconçu. La tiny-house réalisée début 2019 par le Low-Tech Lab est un véritable condensé de low-tech, pour « basse technologie ». « Nous voulons en faire un démonstrateur des solutions low-tech. Que tout le monde puisse l’essayer. La maison ira à la rencontre de son public. Nous la mettrons à la disposition d’associations. L’idée  : que tout le monde copie ses équipements et s’approprie ce qui l’intéresse ! », s’enthousiasme Clément Chabot. Il supervise la construction de la maison avec son compère, Pierre-Alain Lévêque. Tous deux sont membres de l’équipe du Low-Tech Lab, projet porté par l’association Gold of Bengal et hébergé à Concarneau (29) par le fonds de dotation Explore, du navigateur Roland Jourdain. Ce laboratoire des technologies simples, mais efficaces, s’est fixé un objectif : « Trouver des solutions accessibles au plus grand nombre pour réduire l’empreinte...

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