Société

"La Terre en questions" au 15e Festival Photo de La Gacilly (56)

Créé le : 28/03/2018

Le Festival Photo La Gacilly a 15 ans et s’est imposé dans le paysage photographique français et international. Son credo, plus que jamais d’actualité, est d’exprimer, grâce au regard des photographes, les grands enjeux environnementaux et sociétaux liés à la mondialisation.

Du 2 juin au 30 septembre, le Festival invite en effet résidents et touristes à vivre en famille, entre amis, une véritable expérience partagée de qualité sur fond de convivialité, d’authenticité et de sens.

Il y a 15 ans, le Festival Photo La Gacilly était créé pour faire prendre conscience, par la force de l’image, de la beauté si fragile de notre planète, malmenée par une industrialisation effrénée, bouleversée par l’urbanisation, appauvrie par l’exploitation des sols. Les yeux des photographes se sont posés, en douceur ou en révolte, pour magnifier, documenter, interpeller, ou tout simplement mettre en évidence ce lien vital qui unit les hommes à la nature. Les plus grandes signatures de la photographie contemporaine ont accompagnés tout au long de ces années : ils sont, à leur manière, des gardiens protecteurs de notre Terre. Sans leurs clichés, sans leur volonté de faire savoir, sans leur sensibilité, sans leur implacable vision de notre société en devenir, nous n’aurions pas cette même faculté d’émerveillement face au spectacle de la faune sauvage, des dernières forêts millénaires encore inviolées, ou du miracle de la vie. Nous n’aurions pas non plus cette connaissance des tragédies qui se jouent, de ces villes inhumaines où s’entassent des populations toujours plus nombreuses, de ces grands travaux qui détruisent parfois tout un écosystème, de ces pollutions qui mettent en danger notre patrimoine commun. Certains d’entre eux sont devenus des habitués du Festival : Brent Stirton, Pascal Maitre, Michael Nichols, Pierre de Vallombreuse, Sophie Zénon, ou Nick Brandt,

Cette 15e édition, se voudrait être la célébration d’une Terre revitaminée, objet de toutes les attentions d’une humanité enfin soucieuse de son avenir. Malgré cela le temps s’est accéléré, les états n’en finissent pas de se réunir au chevet d’un monde malade et il est urgent d’agir pour ne pas assister à notre propre ruine. Refuser de se voiler la face en assumant de montrer les empreintes irréversibles que nous laissons derrière nous, mais aussi montrer ces ferments de progrès comme des leçons d’espoir, c’est la mission que s’est donné le Festival de La Gacilly. Pour cette édition 2018, il a voulu rassembler les plus belles écritures photographiques, qu’elles soient documentaires, photo-journalistiques ou artistiques, qui allient prise de conscience, mais aussi enchantement ou beauté du monde. On pourra y voir notamment les images de Thomas Pesquet, Spike Walker, Philippe Bourseiller, Jean Gaumy, Olaf Otto Becker, Matthieu Ricard, William Albert Allard, Michael Nichols, Karen Knorr ou Jan C. Schlegel.


Un engagement


Le Festival de La Gacilly ne se contente pas d’être le réceptacle des grands ambassadeurs de la photographie mais se veut un soutien actif de la cause environnementale. Les États ont un rôle à jouer, les entreprises aussi. D’ici 2020, la Fondation Yves Rocher s’est engagée à planter 100 millions d’arbres et finance des projets photographiques pour sensibiliser le public à cette déforestation massive. Les travaux réalisés sur ce thème par Brent Stirton en Ethiopie, Emanuele Scorcelletti en Inde et Phil Moore en France seront dévoilé en exclusivité.


D'autres thèmes chers au Festival seront aussi présentés : les méfaits de la surconsommation, les ensembles d'habitation surpeuplés en Inde ou en Chine, les ravages qu’une politique de grands travaux peut engendrer sur les populations locales, la protection des populations indigènes, l'exploitation du lithium... mais aussi ces habitats qui font la diversité de notre territoire breton ainsi qu'une exposition sur la jeunesse galicienne.

Cette 15e édition est également le symbole du développement international du Festival puisque sera inaugurée en Autriche à Baden, la 1re édition du « Festival Photo La Gacilly- Baden ». La preuve par l’image que la culture est source de développement et de fraternité entre les peuples.

 

Plus d'infos sur : www.festivalphoto-lagacilly.com

La vie des gens demain, en Bretagne

Créé le : 20/03/2018

Un comité d'organisation, porté entre autres par l'ancien ministre Pierre Méhaignerie, le maire de Langouet Daniel Cueff ou Jean Ollivro, Président de Bretagne Prospective, souhaite affirmer clairement l’originalité bretonne d’aujourd’hui et aider à la construire pour demain.

Les premiers membres de ce Comité d’organisation, issus de toutes les sensibilités politiques, associatives et professionnelles, souhaitent affirmer clairement que la Bretagne est riche de tous ses territoires et que la valorisation effective de cette diversité est une réelle opportunité pour demain. C'est pourquoi ils donnent rendez-vous à tous, citoyens, associations, entreprises, collectivités, le 19 avril prochain, de 9h30 à 13h30 à la Salle de la Maillette, Rue des Vénètes à Locminé (56).

Sans opposer les territoires, l’avenir va être fondé sur les dynamiques de qualité bien au-delà des seules logiques de chiffre ou de nombre. Il existe autour du mot BRETAGNE une convergence d’intérêt qui doit être bénéfique à tous, que ce soit pour les habitants des grandes villes (pour réduire les risques de segmentation financière, foncière, de prix de logement, de pollution, de temps de transport, d’encombrements…), les habitants des villes, petites et moyennes, les zones parfois stigmatisées comme « isolées » ou « rurales » (risque de déclin, des laissés pour compte de la croissance économique…) alors que la Bretagne s’organise précisément à partir d’une pluralité atypique de ses pays et bassins de vie.

 

Une volonté de convaincre

La Ville de Toulouse a vu sa population croître de 150 000 habitants. La vie des gens s’est-elle améliorée ? Inversement, certaines des villes périphériques et des zones rurales ont vu leur population et leurs emplois parfois décroître. Cette région prend aujourd’hui conscience de cette situation.
D’autres régions en Europe sont parvenues à un meilleur équilibre,
L’étude de l’ODIS (Observatoire du Dialogue et de l’Intelligence Sociale) a analysé les 21 régions françaises à partir de 30 critères de performance économique et performance sociale. Sur les critères de performance économique, l’Ile-de-France est première mais seulement 20ème sur les critères de performance sociale.
Sur les 30 critères de l’ODIS, les Pays de Loire arrivent en tête suivie de la Bretagne. Pour cette étude, la force de ces deux régions tient dans leur réseau de villes moyennes et petites bien liées à leur tissu rural, qui favorisent les capacités d’initiatives, de responsabilité et de solidarité. La Bretagne, tout particulièrement, se singularise par une collection d’indicateurs (la pluralité de ses bassins de vie, le tissu des PME, PMI, ETI, l’importance de l’économie sociale et solidaire, la variété et l’originalité des développements…) qui prouvent que tous les territoires sont utiles et ont leur chance.

Une volonté d'agir

Le comité souhaite agir… et mettre tous les territoires en capacité de faire. Comme dans le passé, lorsque le CELIB (Comité d’Étude et de Liaison des Intérêts Bretons) associait les volontés en respectant les sensibilités, pour améliorer :
- L’aménagement, l’équilibre du territoire breton,
- La volonté d’une prospérité partagée dans les différents bassins de vie et les pays (agroalimentaire, industrie, sciences du vivant, numérique…)
- La présence d’équipements collectifs conçus pour le plus grand nombre (le plan routier breton)

Une journée riche

Le 19 Avril à Locminé, une dizaine de thématiques seront abordées, rythmées par différents témoignages de 5 à 10 mn :
- Donner aux territoires de l'optimisme, de l'envie et la capacité d'agir
- L'état doit éviter d'aggraver la fracture territoriale
- Des incitations pour un meilleur équilibre des territoires
- Une pluralité territoriale à conforter :
- Rapprocher l'Université des territoires
- Pour une égalité territoriale devant la santé
- Les énergies nouvelles comme levier de l'innovation
- Les identités et l'ouverture au monde

Seront aussi dévoilés les résultats d’une enquête menée auprès des jeunes bretons : les territoires de l’espoir.
La salle participera via interventions écrites.
A noter que le choix de Locminé ne doit rien au hasard, la ville étant une véritable ruche industrielle, symbolisant la possibilité d'équilibrer l'activité sur le territoire.

Participation gratuite (déjeuner possible avec participation de 20 euros)
Inscription sur contact@laviedesgensdemain.bzh

RÉSISTANCES d'hier et d'aujourd'hui en Cévennes

Créé le : 13/03/2018
La maison Abraham Mazel surplombe la vallée du Gardon de Mialet, dans les Cévennes ardoises. © P. Isnard-Dupuy

Faire ressurgir dans les mémoires les résistances d’hier, informer sur les résistances d’aujourd’hui et faire résonner les résistances locales, qu’elles soient écologiques ou sociales. C’est l’objectif de la maison et de l’association Abraham Mazel, qui organise des rencontres du film documentaire « Luttes et Résistances » à Saint-Jean-du-Gard (30) les 6, 7 et 8 avril.

Par Pierre Isnard-Dupuy

De Saint-Jean-du-Gard au hameau de Falguières, la route slalome entre les châtaigniers. C’est après le pont sur le Gardon de Mialet, en surplomb du hameau, que se trouve « la Maison des résistances dhier et daujourdhui ». Autrement appelée Abraham Mazel, elle est animée par l’association du même nom. Expositions, rencontres et soutien des luttes locales font l’engagement de ses membres afin de faire infuser l’esprit de résistance. À propos de son engagement, Catherine Boucon exprime « un besoin de résister à tout ce que lon veut nous faire penser, de garder son libre arbitre ». Jean-Marie Delcourt veut « contrer la pensée dominante de lexploitation, engluée dans le matérialisme ». En moteur de son engagement, Jacques Verseils énonce la pensée de l’écologiste Jacques Ellul, « résister, cest exister ».

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[DOSSIER] - C’EST L’ALU !

Créé le : 08/02/2018
© F. Delotte

Nous n’avons jamais été autant entourés d’aluminium. Sa présence dans de nombreux vaccins relance le débat sur sa prétendue nocivité pour la santé. Mais qu’en est-il de sa toxicité réelle ? Et comment l’éviter ? Sans Transition ! fait le point sur l’alu.

Par François Delotte

GARE À L’ALU !

Nous nous en appliquons sur les aisselles. Nous en utilisons pour cuisiner et nous en avalons même régulièrement. L’aluminium est un allié pratique de notre quotidien. Mais plusieurs travaux scientifiques tendent à montrer qu’il n’est pas inoffensif. Et qu’il pourrait notamment être impliqué dans le développement de cancers du sein.

L’aluminium est ubiquitaire. Une jolie formule pour dire que l’on trouve des traces de ce métal quasiment partout. « Il s’agit du troisième composant de l’écorce terrestre, après l’oxygène et le silicium », indique Olivier Guillard, biologiste à l’Université de Poitiers qui a beaucoup travaillé sur cet élément. Apprécié pour sa légèreté, sa résistance, ses pouvoirs isolants, on le retrouve dans les contenants alimentaires, dans certains cosmétiques, dans les automobiles, les objets électroniques (tablettes, ordinateurs…), ou encore dans certains composants d’avions. « Contrairement à des métaux comme le zinc ou le fer...

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EMBALLÉS PAR LE VRAC !

Créé le : 06/02/2018

Consommer en vrac séduit de plus en plus les Français. À la clé : chasse au gaspi, des achats au gramme près, donc un budget maîtrisé, et un geste pour l’environnement. Mais l’offre est vaste. Alors comment s’y retrouver. Sans Transition ! explore cette forte tendance de consommation.

Par Virginie Guéné

LA DYNAMIQUE VRAC

Manger mieux, réduire le gaspillage alimentaire, redynamiser la production de proximité, la promesse du vrac est alléchante. À l’heure où les villes se mobilisent de plus en plus pour le zéro déchet, le fait d’alléger ses poubelles séduit les citoyens. Les épiceries vrac fleurissent un peu partout sur les territoires.


« On a demandé à nos fournisseurs de développer de plus en plus le vrac solide, comme liquide », explique Marc Morelle, directeur des magasins La Gambille à St Brieuc et Plérin (22) et administrateur national Biocoop. © L’Oeil de Paco / Biocoop

Depuis le mois de novembre, un camion baptisé Archivrac parcourt les routes de Corrèze, de Dordogne et du Lot. Au volant, Camille Castanier promène sa petite épicerie itinérante pour vendre des produits de la vie courante sur des marchés : alimentation, produits d’hygiène et ménagers. Le tout en vrac, sans emballage. La jeune femme incite ses clients à venir avec leurs propres contenants. À Arles, ce même mois, le centre-ville a aussi vu ouvrir un magasin dédié. Un projet mené par Laurine Darme qui a choisi de se lancer dans ce commerce, « en cohérence avec la démarche zéro déchet qu’elle a entrepris dans sa vie personnelle depuis plusieurs années ». En magasin, 99 % de produits bio et un maximum de produits locaux. Quant au réseau Biocoop, Marc Morelle, directeur des magasins La Gambille, à St Brieuc et Plérin (22), président de la région Grand-Ouest et administrateur national Biocoop, sourit : « Pour nous ce n’est pas une mode ! On a été précurseurs il y a 30 ans ». Il ajoute : « Nous avons demandé à nos fournisseurs de développer de plus en plus le vrac. » Le vrac est porteur. Les spécialistes de la distribution ne s’y trompent pas. Ainsi, un réseau de franchises, Day by Day, a vu le jour en 2014. 34 boutiques ont été inaugurées en trois ans et 25 supplémentaires sont prévues pour 2018. Son créneau est un peu différent. Il propose essentiellement des produits français et seulement 1/3 de produits bio. Quant à la grande distribution, elle surfe naturellement sur la vague. Quasiment toutes les enseignes proposent aujourd’hui un rayon vrac, parfois même bio !

BON POUR LA PLANÈTE

Consommer en vrac est à la base de la démarche zéro déchet. Un mouvement international qui regroupe des milliers d’adeptes. Le vrac, pour les consommateurs, c’est donc d’abord faire le choix de réduire les déchets d’emballage. La masse d’emballages ménagers mise sur le marché est estimée à 77,1 kg/an/habitant en France(1). La marge de progression est colossale. Une première avancée dans cette direction vient d’ores et déjà de la fin des sacs plastique à usage unique depuis le 1er janvier 2017. Et la disparition de la vaisselle jetable prévue par la loi pour 2020. Deuxième argument du vrac : la lutte contre le gaspillage alimentaire. On n’achète que la quantité dont on a besoin. Intéressant quand on sait que les Français jettent 29 kg de nourriture par an selon l’Ademe. Pour Célia Rennesson, directrice de Réseau Vrac, l’association interprofessionnelle pour la structuration et la promotion de la vente en vrac, « le vrac permet aussi une redynamisation du tissu économique local. Les épiceries vrac s’implantent majoritairement en centres-villes et permettent de recréer de l’emploi. En favorisant les produits locaux, elles participent aussi à la relocalisation des productions. » Le Réseau Vrac dénombre aujourd’hui pas moins de 135 épiceries quasiment 100 % vrac et compte environ 150 porteurs de projets. L’offre devrait donc encore s’étoffer un peu partout.

QUE PEUT-ON ACHETER EN VRAC ?

Presque tout. Globalement, tous les magasins proposent des produits d’épicerie secs salés et sucrés : légumineuses, pâtes, riz, chocolat, sucre, farine, céréales… Pour le moment de manière moins systématique du liquide : huile, vinaigre, vin… – bien que des distributeurs, comme Jean Bouteille, se soient spécialisés sur le créneau – et des produits d’hygiène et ménagers. Sans oublier les fruits et légumes, produits que l’on a toujours trouvés en vrac chez les primeurs. Désormais la gamme est vaste. Il ne faut pas non plus oublier les boulangeries, boucheries, poissonneries et autres étals de marché. Le tout étant d’y apporter ses propres emballages. Mais pour des raisons réglementaires, les produits sous SIQO (signes d’identification de la qualité et de l’origine) – labels rouges, AOP, IGP – ne peuvent être pas encore être distribués en vrac : « leurs cahiers des charges nécessitent qu’ils soient emballés sur le lieu de production », précise Célia Renesson. Autre contrainte pour les commerçants : la distribution d’huile d’olive. Cette dernière ne peut être vendue en vrac. Le commerçant doit faire une demande d’agrément de conditionneur et servir lui-même ses clients. Il est illégal de la proposer en self-service.


Le rayon entretien de l’épicerie Ô Grain et à Mesure ouverte à Manosque (04) au mois d’octobre. Pour des raisons de sécurité, les produits ménagers liquides doivent être versés dans des bouteilles portant une étiquette avec la liste des ingrédients. © Ô Grain et à Mesure

UN GAIN ENVIRONNEMENTAL PEU MESURABLE


Célia Rennesson, directrice de Réseau Vrac : « Nous estimons aujourd’hui que 1,5% de la population française consomme en vrac de manière épisodique ou régulière (au moins 1 fois par mois). D’ici 10 ans, nous estimons que cette consommation représentera 5-7 % de l’alimentaire sec, de l’hygiène et de la droguerie.»  © J. DAVID

Quant à savoir les économies que peut générer le vrac en terme de carbone et de gaz à effet de serre, pour le moment les analyses manquent. Même s’il est évident que le bénéfice est là. Moins d’emballages – généralement, les approvisionnements dans les boutiques se font dans des contenants (papier kraft, carton, plastique) de 10 à 25 kg –, c’est un coût carbone en moins lors de la fabrication. C’est aussi moins de recyclage, d’incinération ou de mises en décharge. Donc moins de pollution. Côté transport, si les produits vendus sont locaux, l’empreinte est moindre également. L’association Partage ton frigo a réalisé en 2016 une étude intitulée « Vrac : État de l’art des initiatives existantes et analyse des impacts ». Elle y fait la comparaison de l’impact de trois produits : riz, gâteaux et lessive. En conclusion, on peut lire : « L’analyse simplifiée des impacts a montré que ce mode de distribution a moins d’impact sur l’environnement et la santé humaine que la distribution avec des emballages classiques. Le vrac peut même devenir un excellent levier pour diminuer plus significativement ces impacts, en privilégiant notamment la réutilisation des contenants utilisés par les clients mais également entre distributeurs et fournisseurs. » L’enseigne Vracoop, membre du réseau Vrac, est actuellement en train de faire réaliser, avec l’Ademe, une étude environnementale de leur solution. Mais n’a pu nous donner de chiffres au moment du bouclage. L’entreprise propose un système de caisse permettant de faciliter la pesée des contenants grâce à une étiquette qui passe au lave-vaisselle. Parallèlement, elle développe des contenants en carton pour remplacer les silos plastique dans les boutiques.

UN COURANT PORTEUR ?


L’épicerie marseillaise Au Grain près, fondée en juin 2015, propose essentiellement des produits locaux. © Au Grain près

Le nombre de consommateurs qui viennent avec leurs propres contenants reste difficile à cerner également. David Sutrat, cofondateur du réseau Day by Day se félicite : « Un gros tiers de nos clients vient avec leurs contenants. C’est une grande victoire pour nous. Il y a aussi une grande partie d’entre-eux qui utilisent les bocaux mis à disposition des autres clients, nettoyés par le magasin. » Nombre d’indépendants font de même. Les Toqués du bocal, à Marseille, association qui a ouvert ses portes en mars 2017 propose aussi ce service. Même fonctionnement chez Bocal & Co à Arles ou à l’Épicerie & Co à Castres. Mais Sophie Tairi, gérante de cette dernière, regrette que les clients aient du mal à passer aux contenants réutilisables : « C’est la jeune génération qui s’y prête le plus facilement, les étudiants ». Même si la demande de vrac est forte, le chemin sera long pour passer réellement au zéro déchet. Jérémie Pichon, auteur du livre La Famille Zéro déchet commente : « Cela fait 2 ou 3 ans que quelque chose se passe, mais à la base. Au niveau des citoyens, plein de mouvements se développent mais le problème est que cela reste assez diffus. Il s’agit d’actions individuelles. La visibilité n’est pas énorme. Il est difficile de dire "on esttant de millions à faire ce truc !" » Pourtant les lignes bougent. Preuve en est, la création du Premier réseau européens des villes zéro déchet à Miramas en novembre dernier, avec Béa Johnson, qui a réuni Roubaix, Hernani (Espagne) ou Capannori (Italie), villes qui ont réduit de 80 % leurs déchets. Un mouvement clairement en devenir.

(1)*Source Ademe : Le Gisement des emballages ménagers en France, 2009-2012 (éd. Déc. 2016)

+ D’INFOS
www.ademe.fr
www.biocoop.fr

daybyday-shop.com
reseauvrac.org

vracoop.fr

 

Consultez les pages Facebook : Archivrac, Au Grain près, Bocal & Co, L’Épicerie & Co, Ma Part Faite, Ô Grain et à mesure, Les Toqués du Bocal


LA VIE EN VRAC

Bénédicte Moret et Jérémie Pichon, auteurs du livre Famille presque zéro déchet, Ze guide et d’un blog du même nom, ne produisent qu’un bocal de déchets par an à quatre. Évidemment, il font leurs courses en vrac et ne mettent plus les pieds dans un supermarché… Sauf pour les croquettes des chats !


La famille zéro déchet vue par elle-même. Illustratrice, Bénédicte Moret signe tous les dessins de leurs livres et de leur blog. © Bénédicte Moret

Bénédicte Moret, Jérémie Pichon et leurs deux enfants vivent dans le sud des Landes. Engagés dans le zéro déchet depuis 2014, ils partagent leur expérience avec beaucoup d’humour. Ils font leurs courses en vrac dans un rayon de 20 km autour chez eux. Jérémie explique : « Le but dans le vrac est d’arriver à dénicher ses fournisseurs. Une fois qu’on les a, on les garde ! » Pour eux, les courses, c’est chaque semaine chez leur maraîcher bio : « Une cagette de fruits et légumes à 50 euros. C’est la base de notre alimentation, et pas le Nutella, les chips et autre Coca ! », revendique-t-il. Pour le reste, ils se rendent tous les quinze jours chez leur boucher, poissonnier, fromager, dans leur Biocoop et/ou à la Vrac Mobile. Un camion de vrac monté par deux de ses anciennes collègues de l’association Surfrider Foundation, qui parcourt les marchés. Elles proposent de l’alimentation, des produits d’hygiène et d’entretien. « Elles ont fait un travail d’approvisionnement régional. Au plus loin, elles se fournissent à 3 h de route. » Un commerce totalement dans la démarche de la famille : « Notre objectif c’est de manger bio, local et de saison. On fait assez attention à la provenance. On évite le gingembre confit qui vient de Chine. On essaie de prendre du riz de Camargue, des pâtes fabriquées au pire en Italie, au mieux au Pays basque. » Pour l’entretien de la maison, ils se fournissent en bicarbonate, vinaigre blanc, percarbonate… et fabriquent eux-mêmes leurs produits ménagers. « Deux ou trois recettes suffisent. » Contrairement à ce qu’on leur oppose parfois, ils expliquent ne pas passer leur temps à faire des préparations. Même le papier toilette, ils le trouvent à la Vrac Mobile, sans blister ! Côté emballages… Dans le coffre de la voiture, il y a en permanence un panier rempli de bocaux en verre, qu’ils appellent des « tuptup », et de nombreux sacs en tissu.

UNE DÉMARCHE POLITIQUE

La démarche zéro déchet s’avère militante. Une manière de sortir du « système », et d’abord de celui de la grande distribution. Jérémie et Bénédicte ne vont plus dans les supermarchés : « sauf pour les croquettes des chats. On les trouve en vrac mais elles coûtent plus cher que du fromage au kilo ! », envoie Jérémie avec humour. Et reprend avec ferveur : « Quand vous achetez un produit local, vous donnez votre argent à une filière de proximité, à des gens qui travaillent, habitent sur le territoire. C’est un système économique résilient. Quand on sort du déchet et de la grande distribution, on fait un choix à la fois social, économique et environnemental. » Quand on évoque le fait que le vrac se rapproche de ce qui se faisait il y a 50 ans en matière de consommation, il s’insurge : « Je ne veux surtout pas retourner en arrière. Le but n’est pas de faire machine arrière mais de réinterroger le progrès. Notre système est à bout de souffle, il faut en changer en réinventant notre avenir. Et le faire de manière coopérative, collective, locale », conclut-il, résolument engagé.

À LIRE
Famille presque Zéro déchet, Ze guide, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, mars 2016, Thierry Souccar Éditions, 15 euros.


PAS SI COMPLIQUÉES LES COURSES EN VRAC !

Sans Transition ! a organisé plusieurs conférences avec Béa Johnson, l’ambassadrice mondiale du zéro déchet. Lors de celles-ci, elle donne des astuces pour rendre les courses faciles et zéro déchet. Elle utilise une vieille taie d’oreiller pour transporter le pain, des bocaux en verre pour tout ce qui est humide (fromage, viande, poisson, huile), des filets pour les fruits et légumes. Et des sacs en tissu pour tout ce qui est sec. Quant aux liquides, elles les choisit dans des bouteilles en verre consignées. 


© A. Olivier /LMDP


INTERVIEW

Philippe Moati : « Consommer en vrac : un geste symbolique »

Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot et co-fondateur de L’Obsoco (Observatoire Société et consommation), cet universitaire voit la consommation en vrac comme un symbole d’une crise de la modernité.

Propos recueillis par VG


© DR

La promesse du vrac est à la fois écologique et économique ?

Les deux arguments que vous mettez en avant sont ceux de « bobos » pour aller vite, d’une clientèle qui porte le développement durable, la Transition. On est sur un imaginaire qui donne le sentiment d’une consommation plus respectueuse de l’environnement, parce qu’on consomme juste ce dont on a besoin et parce qu’on a l’impression qu’on utilise moins d’emballages – je ne connais pas la proportion de ceux qui viennent avec leurs propres contenants ! L’autre dimension, sûrement moins consciente, c’est que cela exprime une forme de nostalgie, que l’on retrouve dans un tas de domaines de la consommation : revenir au temps d’avant. Le petit commerce, le commerce indépendant, le « détaillant », cela raisonne pour cette clientèle. La société, en perte de repères, regarde du côté de la naturalité, de la tradition. Avec le vrac, on est dans un mode d’accès aux produits qui couple naturalité et tradition, dans un geste fort sur le plan symbolique. Dernier argument, il y a quelque chose de ludique. Le geste qui consiste à tirer la petite trappe qui libère le produit dans le sac est conforme avec le désir de vivre des expériences de consommation, être actif. L’expérience de consommation est renouvelée.

Le vrac, c’est la recherche d’un nouveau mode de consommation ?

C’est symptomatique d’une crise de la modernité. Derrière le vrac, il y a le rejet de l’industriel. « Industriel » est devenu un gros mot, « artificiel », « industriel », « grande série », « grande entreprise », tout cela fait l’objet d’un rejet de la part d’une partie de l’opinion, alors qu’elle est consubstantielle à la modernité occidentale. De fait, on veut revenir à du petit, du proche, du local, du naturel. Le vrac cristallise cet imaginaire. Un imaginaire associé au rejet d’un certain monde et l’adhésion à un idéal « post-moderne », qui renoue avec la nature, les petites échelles, le lien social.

Pour vous, serait-il impensable que ce soit un mode de consommation réaliste de transition ?

Il est au mieux une composante parmi beaucoup d’autres d’une autre manière de penser l’alimentation. Mais on ne peut pas imaginer que tout va basculer par le vrac. Comme il y a une demande, la grande distribution a compris le filon. En se lançant dans le vrac (je rappelle qu’Auchan a été un pionnier en la matière dès les années 1990), elle cherche à améliorer son image et à retenir une frange de clientèle qui est en train de la quitter pour de nouveaux circuits plus en phase avec leurs valeurs. À mesure que les grands acteurs vont déployer le vrac, la taille du marché va s’accroître, comme on l’a vu avec le bio. Toutes les conditions sont réunies pour que ce marché s’étoffe. Jusqu’où ira-t-il ? Je crois qu’il ne sera jamais dominant. Je ne pense pas que ce soit l’avenir de la distribution alimentaire.


LE VRAC À TOUS PRIX

Refuser les emballages, c’est aussi refuser d’en payer le prix. Tous les distributeurs annoncent des tarifs attractifs, même si l’on sait qu’acheter bio et local reste toujours plus onéreux que de s’approvisionner dans les rayons discount des supermarchés. Comparons bel et bien ce qui est comparable !

Selon Béa Johnson, « 15% du prix des produits correspond à l’emballage. » Acheter en vrac serait de fait forcément moins cher. Mais attention, tous nos interlocuteurs du secteur sont unanimes : « Il faut comparer ce qui est comparable ! » En effet, pour David Sutrat, co-fondateur de la chaîne Day by Day, « Le vrac n’est pas premier prix, il faut se retirer cela de l’esprit, on est dans un pays de grande distribution organisée, personne ne saura mieux acheter que les grandes enseignes. On ne peut pas être moins cher que le produit le moins cher en grande distribution. » Mais à « qualité équivalente », l’homme annonce tout de même que ses produits sont « entre 5 et 10 % moins chers que l’emballé. Et lorsqu’on monte en gamme de produits (thé, fruits secs…), jusqu’à - 30 ou-40 % ! »


Graines de chia vendues en vrac. © Pixabay

Laurine Darme, qui se positionne elle à 99 % sur des produits bio dans son magasin arlésienne Bocal & Co, « être entre 5 et 15 % en dessous des produits emballés des boutiques bio. » « Le coup de l’emballage demeure vraiment important sur un produit », confirme Pierre-Louis Kervingant, directeur des Biocoop Jean-Jaurès, Trinité et Carnot à Toulouse. « De manière générale, chez nous, les produits en vrac sont de 10 à 30 % moins chers en vrac. » Exemple à l’appui : les pâtes spirales demi-complètes sont vendues 2,18 euros le kg en sachet, contre 2,05 euros le kg en vrac. Le directeur explique « je vérifie toujours qu’à produit égal le vrac est moins cher. » Et quand il arrive que le vrac soit plus cher, c’est qu’on n’est plus dans la même gamme de produit. Illustration : « En ce moment, les graines de chia sont plus chères en vrac car elles sont certifiées commerce équitable et pas celles en paquet. » Moralité pour les clients, il faut toujours bien lire les étiquettes qui, même dans le vrac doivent être présentes sur les distributeurs, et rester vigilants sur la provenance comme sur les certifications !


TRIBUNE

« Bio et vrac, bio et local, bio et équitable, le bio dans tous ses états et à toutes les sauces ! »

Éric Dehorter, journaliste pour France 3, nous livre une opinion sans concession sur l’essor du vrac et appelle les consommateurs à la vigilance.


© Pixabay

Le vrac, le local et le commerce équitable ont le vent en poupe. Une chaîne comme Day by Day a connu une croissance fulgurante. L’achat en vrac est souvent présenté comme un geste écologique et citoyen, mais les produits qui y sont vendus le sont-ils ? Ici on annonce 30 % de produits bio. Mais le consommateur a-t-il la vigilance nécessaire pour s’en rendre compte ? De même, les paniers de légumes locaux et les maisons de producteurs fleurissent. Une majorité de consommateurs plébiscitent les produits de terroir. « Bio et local, c’est l’idéal », affirment les Agribios (groupements d’agriculteurs bio). Les deux mots sont tellement associés que les produits locaux sont forcément regardés comme des produits sains, même s’ils sont traités.
Côté commerce équitable, on trouve des bananes labellisées Max Havelaar qui ne sont par pour autant bio. Le paroxysme a été atteint lorsque du coton transgénique, le BT cotton de Monsanto, a été labellisé ! Les standards éthiques du commerce équitable sont pourtant directement associés à l’agriculture bio. À la fin des années 80, le premier label du commerce équitable a été créé pour du café bio du Mexique. Depuis, le public a associé bio et équitable comme bio et local ou vrac et bio. On a du mal à envisager avoir une démarche écologique pour des produits qui ne seraient pas propres et sains ! 
Pourtant, l’ambiguïté est souvent de mise pour des raisons marketing. Aujourd’hui au moment où beaucoup d’agriculteurs doivent encore être convaincus qu’ils peuvent se passer du glyphosate, les produits bio manquent. Dès lors, la tentation est forte de parler d’agriculture raisonnée, de produits « comme en bio » mais non labellisés ! Certes, il existe encore des petits producteurs qui pratiquent une agriculture paysanne sans pesticides, non labellisée mais très proche des standards bio. Mais ce n’est pas celle que l’on va trouver dans une chaîne de magasins. Difficile de croire également si vous trouvez une Pink Lady dans un panier, dont les standards impliquent une production de type industriel pour obtenir la même pomme sur toute la planète, qu’il s’agit d’une agriculture locale respectueuse de l’environnement. Aujourd’hui il existe dans le bio la même diversité de gamme que dans le conventionnel. On peut réussir à avoir une production agricole de type industriel sans engrais ni produits chimiques et labellisée bio. 

En vrac comme ailleurs, la vigilance sur la traçabilité et l’origine du produit est donc plus que jamais de mise. Les acteurs historiques comme Artisans du Monde ou les Amap, qui fonctionnent sur le bénévolat, sont évidemment à privilégier. On ne peut que se réjouir de voir la bio se démocratiser, qu’il ne s’agisse pas d’une mode mais d’une tendance de fond ! Mais le consommateur de bio est plus que jamais condamné à devenir consom’acteur !

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Retrouvez régulièrement Éric Dehorter dans son émission Prioriterre su France 3 Paca et sur Youtube.

NÎMES « DESIGNE » les biens communs

Créé le : 06/02/2018
L’agence de design social nîmoise Étrange Ordinaire a été sollicitée par les Hôpitaux de Marseille afin de « co-designer » un « salon des familles » à l’Hôpital Nord de la Cité phocéenne destiné à accueillir les proches des patients. © Étrange Ordinaire

À Nîmes, formations universitaires et jeunes créateurs produisent un design « social ». Un design qui n’aboutit pas forcément à la création d’objets. Mais qui privilégie l’élaboration de services d’intérêt général, co-conçus avec citoyens et usagers.

Par François Delotte

Et si les services se « designaient » comme les objets ? C’est le pari entreprit avec le design social. Un design complet, qui met le citoyen et l’usager au cœur de ses réalisations. « Le design traditionnel a pour objectif principal de produire des objets de consommation courante, de la voiture à la tasse de café. Le design social a lui un objectif supérieur : se mettre au service du bien commun », précise Stéphane Vial, maître de conférence en design à l’université de Nîmes et directeur de PROJEKT (lire l’interview ci-dessous), laboratoire de design d’innovation sociale. La préfecture du Gard apparaît aujourd’hui comme l’épicentre de cette discipline peu connue du public. Et ce, notamment grâce au développement de deux masters – dont un professionnel (le seul spécifiquement dédié au design social en France) – et d’un axe de recherche dédié à la faculté des arts, lettres et langues.

Ces parcours universitaires ont permis à des professionnels de se former, avant de créer leur propre agence à Nîmes. C’est le cas d’Emma Livet – 26 ans – et Sophie Krawczyk – 25...

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[ÉVÉNEMENT] - Sébastien Barles, collectif Marseille en commun : « Le niveau de protection des lanceurs d'alerte est un baromètre de la démocratie »

Créé le : 23/01/2018

Table ronde, rencontres et ateliers. Un Forum des lanceurs d'alerte a lieu, à Marseille, au Mucem, jeudi 25 janvier à partir de 18h. Un événement exceptionnel qui verra notamment intervenir Edward Snowden. Entretien avec Sébastien Barles, membre de Marseille en Commun, collectif qui co-organise la manifestation avec le Mucem. À noter : le Forum se déroule dans le cadre de La Nuit des Idées, rencontre internationale portée par l'Institut Français qui retransmettra l'événement en live sur son site internet

Pourquoi organiser ce forum des lanceurs d'alerte qui réunit des personnes et des personnalités aussi diverses qu'Olivier Dubuquoy (géographe, lanceur d’alerte sur les boues rouges), Michèle Rivasi (eurodéputée, co-fondatrice de la CRIIRAD) ou Hervé Kempf (rédacteur en chef de Reporterre) ?

Il existe déjà un événement consacré aux lanceurs d'alerte à Paris, mais il est plutôt centré sur le livre. Nous souhaitions, nous, davantage focaliser notre forum sur l'Afrique, Marseille étant un carrefour entre l'Europe et l'autre rive de la Méditerranée. Par ailleurs, Marseille est un endroit où l'alerte prend un sens particulier : la ville est gangrenée par l'affairisme et le clientélisme. Et où des héros ordinaires divulguent des choses incompatibles avec l'éthique et/ou l'intérêt général.

L'idée est de rassembler des associations et des ONG comme Anticor ou Transparency International. Mais aussi de parler de la réglementation européenne sur les lanceurs d'alerte. Deux eurodéputées seront présentes : Michèle Rivasi (EELV) et Virginie Rozière, une social-démocrate qui plaide pour une harmonisation de la réglementation en Europe sur les lanceurs d'alerte. Notre idée est d'organiser de grands débats publics. Le niveau de protection des lanceurs d'alerte est un véritable baromètre de la démocratie. Concernant les médias, la question de la protection des sources, qui est remise en question via le secret des affaires, sera notamment abordée.

Edward Snowden devrait intervenir à distance. Sa parole est rare. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il sera présent en duplex et non par Skype. Nous ne savons pas encore exactement par quel moyen technique, mais il interviendra sur la question de la surveillance généralisée du citoyen.

Une table ronde sera dédiée au rôle de la presse dans l'alerte. Les médias, souvent décriés et accusés d'être liés à des lobbies, sont-ils encore en mesure d'attirer l'attention du citoyen sur des risques ou des pratiques politiques douteuses ?

Nous avons invité des médias spécialisés dans l'alerte. Ils ont un rôle important à jouer. On le voit notamment avec le succès d'une émission grand public comme Cash. Mais ils doivent intervenir dans le respect de la loi Sapin 2 qui protège les lanceurs d'alerte. Ils devront parfois ne pas trop vite donner les noms des personnes qui divulguent des informations au risque de les « carboniser ».

Par ailleurs, nous souhaitons également aborder un sujet qui préoccupe pas mal d'ONG : les procès baillons. Le fait que de grandes entreprises multinationales attaquent en justice un lanceur d'alerte l’assomme de procédures pour le décourager.

"Lanceur d'alerte" semble être aujourd'hui un terme galvaudé, mis à toutes les sauces. Le forum est-il aussi l'occasion de faire le point sur cette notion ?

Oui. C'est vrai que nous avons voulu présenter des lanceurs d'alerte au sens large. Des salariés d'entreprise, des fonctionnaires, une personne victime de «délit de solidarité » pour avoir aidé des migrants à passer la frontière dans la vallée de la Roya... Pour nous il s'agit avant tout des personnes qui agissent, souvent en prenant des risques, pour défendre l'intérêt général. Quitte à désobéir.

 

LUMA MISE SUR LE « DESIGN ÉCOLO »

Créé le : 11/01/2018
L’atelier Luma réunit designers, artistes, artisans ou encore ingénieurs dans l’une des halles des anciens ateliers SNCF d’Arles. Objectif : créer des objets avec des matières locales et biosourcées. © F. Delotte

À Arles, la fondation culturelle Luma a créé un atelier de design innovant destiné à repenser les liens entre objet, environnement et territoire. Dans une ambiance de labo, artistes, artisans et ingénieurs planchent sur la mise au point de matériaux réalisés avec des composés naturels et locaux. Visite.

Par François Delotte


Henriëtte Waal, diplômée de l’école de design d’Eindhoven (Pays-Bas) co-dirige les ateliers. © F Delotte

Autrefois, on y fabriquait des trains. Aujourd’hui, on y conçoit des objets pour demain. À Arles, la grande halle des anciens ateliers SNCF a été rénovée. Au centre de ce vaste espace allongé, le visiteur croise de gros bocaux de verre contenant de mystérieux liquides. Des hommes et des femmes s’affairent, concentrés sur leur travail. Partout, les objets exposés sont autant de prototypes. Ce lieu aux allures de laboratoire abrite désormais l’Atelier Luma, qui dépend de la fondation du même nom. Une structure culturelle fondée par Maja Hoffmann, héritière des laboratoires pharmaceutiques suisses Roche, et dont la famille est depuis longtemps implantée en Camargue (lire l’encadré suivant).

Depuis 2016, l’Atelier produit du « social design ». Des créateurs originaires du territoire comme du monde entier...

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CYNTHIA FLEURY : « Imaginer ensemble un monde différent »

Créé le : 08/01/2018
Cynthia Fleury. © F. Delotte

Cynthia Fleury est enseignante-chercheure en philosophie politique et psychanalyste¹. Elle travaille notamment sur les outils de la régulation démocratique. À l’occasion du forum Energaïa² dédié aux énergies renouvelables, en décembre dernier à Montpellier, elle est revenue avec nous sur ce que signifie réellement la « transition écologique ».

Propos recueillis par François Delotte

Vous dites que l’unique manière de préserver l’État de droit passe par un rapport à la nature totalement différent. Pourquoi ?

Parce que la nature possède une place constitutive pour protéger le contrat social. Il existe un contrat « in abstracto » : c’est la question de l’État de droit, des principes constitutionnels, de la défense des libertés individuelles. Mais le contrat social se nourrit aussi d’un accès aux ressources. De fait, les ressources écosystémiques, celles que la nature offre à l’homme, sont protectrices du contrat social. Si l’on vient mettre ces ressources naturelles en danger par des conduites déraisonnables, par des moyens de production et d’extraction de matières, préjudiciables pour l’environnement, on met en danger le contrat social. Ce dernier s’ancre, s’enracine dans un rapport très fort au territoire, à la terre et à la protection des ressources naturelles.

Ce nouveau rapport à la nature passe par la transition écologique. En tant que philosophe, que mettez-...

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ATELIER KLOUM : le design social made in Breizh

Créé le : 08/01/2018
Mobilier interactif évoquant un arbre et présentant la vie du verger conservatoire au Manoir de Kernault (Mellao 29), une des réalisations de l’Atelier Kloum. © Atelier Kloum

De leur petit garage à leur modeste bureau quimpérois, les deux visages de l’Atelier Kloum ont monté, voilà sept ans, leur collectif, et développé une philosophie de vie et de travail qui leur est propre. Leur objectif ? Recréer du lien social et de l’échange entre les individus, en repensant les espaces de vie.
Par Nora Moreau


© Atelier Kloum

L’Atelier Kloum, c’est Antoine Minguy et son associée et compagne, Bénédicte Rousset, tous deux 33 ans, plasticiens-designers diplômés de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB), à Rennes. Forts d’une petite centaine de projets à leur actif, ces artistes engagés et talentueux ont su tirer leur épingle du jeu en imaginant une jonction utile entre objets du quotidien, arts plastiques et scénographie. « Pour l’heure, on répond à beaucoup de commandes publiques, de l’ameublement à la valorisation du patrimoine, explique Antoine Minguy. On manipule des concepts, on agence des idées pour des services et des besoins. Notre vision du design, le plus souvent, consiste à imaginer des projets humains d’intérêt général avec les citoyens, que les élus, les institutionnels, entre autres, n’arrivent pas à formuler. » Le nom de l’atelier Kloum incarne cet état d’esprit. « C’est un nom dérivé du mot ‘skoulm’, qui signifie ‘noeud’, ‘lien’ en breton. Nous, on souhaite...

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