Société

LUMA MISE SUR LE « DESIGN ÉCOLO »

Créé le : 11/01/2018
L’atelier Luma réunit designers, artistes, artisans ou encore ingénieurs dans l’une des halles des anciens ateliers SNCF d’Arles. Objectif : créer des objets avec des matières locales et biosourcées. © F. Delotte

À Arles, la fondation culturelle Luma a créé un atelier de design innovant destiné à repenser les liens entre objet, environnement et territoire. Dans une ambiance de labo, artistes, artisans et ingénieurs planchent sur la mise au point de matériaux réalisés avec des composés naturels et locaux. Visite.

Par François Delotte


Henriëtte Waal, diplômée de l’école de design d’Eindhoven (Pays-Bas) co-dirige les ateliers. © F Delotte

Autrefois, on y fabriquait des trains. Aujourd’hui, on y conçoit des objets pour demain. À Arles, la grande halle des anciens ateliers SNCF a été rénovée. Au centre de ce vaste espace allongé, le visiteur croise de gros bocaux de verre contenant de mystérieux liquides. Des hommes et des femmes s’affairent, concentrés sur leur travail. Partout, les objets exposés sont autant de prototypes. Ce lieu aux allures de laboratoire abrite désormais l’Atelier Luma, qui dépend de la fondation du même nom. Une structure culturelle fondée par Maja Hoffmann, héritière des laboratoires pharmaceutiques suisses Roche, et dont la famille est depuis longtemps implantée en Camargue (lire l’encadré suivant).

Depuis 2016, l’Atelier produit du « social design ». Des créateurs originaires du territoire comme du monde entier...

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CYNTHIA FLEURY : « Imaginer ensemble un monde différent »

Créé le : 08/01/2018
Cynthia Fleury. © F. Delotte

Cynthia Fleury est enseignante-chercheure en philosophie politique et psychanalyste¹. Elle travaille notamment sur les outils de la régulation démocratique. À l’occasion du forum Energaïa² dédié aux énergies renouvelables, en décembre dernier à Montpellier, elle est revenue avec nous sur ce que signifie réellement la « transition écologique ».

Propos recueillis par François Delotte

Vous dites que l’unique manière de préserver l’État de droit passe par un rapport à la nature totalement différent. Pourquoi ?

Parce que la nature possède une place constitutive pour protéger le contrat social. Il existe un contrat « in abstracto » : c’est la question de l’État de droit, des principes constitutionnels, de la défense des libertés individuelles. Mais le contrat social se nourrit aussi d’un accès aux ressources. De fait, les ressources écosystémiques, celles que la nature offre à l’homme, sont protectrices du contrat social. Si l’on vient mettre ces ressources naturelles en danger par des conduites déraisonnables, par des moyens de production et d’extraction de matières, préjudiciables pour l’environnement, on met en danger le contrat social. Ce dernier s’ancre, s’enracine dans un rapport très fort au territoire, à la terre et à la protection des ressources naturelles.

Ce nouveau rapport à la nature passe par la transition écologique. En tant que philosophe, que mettez-...

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ATELIER KLOUM : le design social made in Breizh

Créé le : 08/01/2018
Mobilier interactif évoquant un arbre et présentant la vie du verger conservatoire au Manoir de Kernault (Mellao 29), une des réalisations de l’Atelier Kloum. © Atelier Kloum

De leur petit garage à leur modeste bureau quimpérois, les deux visages de l’Atelier Kloum ont monté, voilà sept ans, leur collectif, et développé une philosophie de vie et de travail qui leur est propre. Leur objectif ? Recréer du lien social et de l’échange entre les individus, en repensant les espaces de vie.
Par Nora Moreau


© Atelier Kloum

L’Atelier Kloum, c’est Antoine Minguy et son associée et compagne, Bénédicte Rousset, tous deux 33 ans, plasticiens-designers diplômés de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB), à Rennes. Forts d’une petite centaine de projets à leur actif, ces artistes engagés et talentueux ont su tirer leur épingle du jeu en imaginant une jonction utile entre objets du quotidien, arts plastiques et scénographie. « Pour l’heure, on répond à beaucoup de commandes publiques, de l’ameublement à la valorisation du patrimoine, explique Antoine Minguy. On manipule des concepts, on agence des idées pour des services et des besoins. Notre vision du design, le plus souvent, consiste à imaginer des projets humains d’intérêt général avec les citoyens, que les élus, les institutionnels, entre autres, n’arrivent pas à formuler. » Le nom de l’atelier Kloum incarne cet état d’esprit. « C’est un nom dérivé du mot ‘skoulm’, qui signifie ‘noeud’, ‘lien’ en breton. Nous, on souhaite...

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L214 alerte sur les conditions d'élevage de poules d'une exploitation des Côtes-d'Armor

Créé le : 11/12/2017
Décembre 2017. L214 rend publiques les images d'un élevage industriel de 140 000 poules en batterie produisant des œufs pour des produits transformés. - Crédit : L214

Oiseaux déplumés, cadavres, locaux sales... L214 vient de publier une nouvelle vidéo choquante d'un élevage de poules en batterie des Côtes-d'Armor. Élevage qui, du fait de ses éléments, serait « non conforme à la réglementation », indique l'association vegan, dans un communiqué. 

Une plainte déposée pour "mauvais traitement"

L'association a décidé de porter plainte pour «mauvais traitement » au Tribunal de grande instance de Saint-Malo. L214 indique par ailleurs que l'élevage

« fournit des œufs pour la fabrication de produits transformés, ainsi que pour la marque Matines (œufs vendus en supermarchés). »

La vidéo (qui contient des images choquantes), présentée par l'animateur Stéphane Bern, peut être visionnée ci-dessous. L'ensemble de l'enquête de L214 est à consulter sur son site. L'association a également lancé une pétition pour inviter les citoyens à dire stop aux élevages en cages

[MOIS de l'ESS] - PRÉVENIR PLUTÔT QUE GUÉRIR

Créé le : 06/11/2017

La Mutualité française, regroupement des mutuelles de santé, s'engage pour travailler le lien entre environnement et santé. Cet acteur de l'économie sociale et solidaire sensibilise ses adhérents pour engager des bonnes pratiques individuelles, notamment en terme de qualité de l'air domestique.

Pour « 92% des Français, environnement et santé sont liés », révèle une étude de perception d'Harris Interactive commandée par la Mutualité française. Dans le détail, 59% des personnes interrogées « s'inquiètent beaucoup », de la qualité des aliments (55%) et de la pollution des sols (45%). Viennent ensuite la qualité de l'eau du robinet (38%), les produits ménagers (29%), les ondes électromagnétiques (27%) et le bruit (25%).

Le lien entre environnement et santé, « c'est un thème qui émerge, qui est récent, historiquement, en tant que mutuelles, nous travaillons sur les conditions de travail, avec les maladies professionnelles. Mais ce lien entre l'environnement et santé nous confirme dans notre volonté de travailler sur l'information et la prévention », explique Jean-Paul Benoit, président de la Mutualité Française Paca.

La qualité de l'air intérieur, une piste d'intervention

Un des sujets de prévention : la qualité de l'air intérieur à domicile. « Notre commission prévention aimerait beaucoup s'orienter vers des visites à domicile pour réaliser des diagnostics de pollution intérieure, sur des maladies comme l'asthme », prévoit Jean-Paul Benoit. « Ça existe déjà dans certaines régions, nous travaillons en lien avec les caisses d'assurance maladie qui repèrent des personnes en maladie longue durée. Ensuite, des agents des mutuelles viennent chez elles pour changer les conditions et améliorer la qualité de l'air. Et donc leurs conditions de vie et de respiration ».

Si l'envie est là, le projet n'en est encore qu'à l'état de piste. « Le problème de fond : le sous-financement de la prévention aujourd'hui en France. Seulement entre 2 et 3% du budget santé. Si on compare à d'autres pays européens et autour de nous, c'est très insuffisant », regrette le président de la Mutualité Française Paca.

 

Eric Besatti

Quand le WEB veut secouer la DÉMOCRATIE

Créé le : 22/10/2017
© F. Delotte

Avec seulement 42,64 % en juin dernier, le taux de participation à des élections législatives n’a pas été aussi bas en France depuis 1958. La fracture entre politiques et électeurs semble s’élargir élection après élection. Dernière échéance en date : les sénatoriales, le 24 septembre, scrutin indirect et complexe qui ne passionne guère les foules. Dans ce contexte, collectifs connectés et start-up tentent d’impliquer autrement les citoyen-ne-s dans le jeu de la démocratie.
 


 

Le web citoyen, mirage ou opportunité pour la démocratie ?

Mouvements citoyens et plateformes en ligne ambitionnent de redonner aux Français confiance en la démocratie. Un effort qui se heurte encore à l'inertie de notre système politique. Mais qui témoigne du fait que nos engagements ne se traduisent plus uniquement par des réunions physiques et des manifs dans la rue. 

Présidentielle, législatives et, auparavant, primaires de la droite et de la gauche. 2016 et 2017 ont été des années chargées en matière électorale. Mais, si les Français ont été appelés à se rendre souvent dans les bureaux de vote, les citoyens ont aussi été invités à s'exprimer sur le net. Charlotte Marchandise-Franquet est la première personne à avoir été élue par une consultation populaire, la Primaire.org, en avril 2016. Le but : proposer aux internautes de choisir leur propre candidat-e à la présidentielle. « J'ai été désignée candidate au jugement majoritaire », indique celle qui est aussi membre du conseil...

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UN CINÉ-DÉBAT POUR RAPPELER LES ACQUIS DE LA RÉSISTANCE

Créé le : 10/10/2017
DR

Sans Transition ! organisait, lundi 9 octobre, un ciné-débat en partenariat avec le cinéma Utopia de Tournefeuille, près de Toulouse. Le philosophe Patrick Viveret et l'économiste membre d'Attac Geneviève Azam ont pu répondre à nos questions et à celles du public après la diffusion du documentaire de Gilles Perret, Les Jours Heureux. Le film retrace l'élaboration, en pleine occupation nazie, du programme du Conseil National de la Résistance (CNR). Programme qui structure encore les grands principes de l’État social de la France. Mais qui a été progressivement remis en question depuis les années 1980 par les différents gouvernements au pouvoir. 

Faire vivre « Les Jours Heureux »

Les intervenants ont pu souligner l'importance de défendre les acquis issus de la Résistance (sécurité sociale, organisations syndicales, droits des salariés...) à une période où le code du travail est réformé par le gouvernement d’Édouard Philippe. Patrick Viveret et Geneviève Azam ont également indiqué leur volonté de voir les mouvements sociaux et citoyens peser sur les décisions politiques pour promouvoir une société plus juste, équitable et respectueuse de l'environnement. Ils ont rappelé le lien existant entre le film, le CNR et le mouvement des Jours Heureux, destiné à proposer des mesures et idées pour faire avancer le progrès social, économique et écologique. Retrouvez leurs interviews sonores ci-dessous ainsi que celle du gérant de la Biocoop de Tournefeuille, partenaire de la soirée.  

 

HABITONS GROUPÉS 13 : "ÊTRE ACTEUR DE LA CONCEPTION DE SON LOGEMENT"

Créé le : 29/09/2017

En cette Fête des Possibles, Sans Transition ! intervenait le week-end dernier à Marseille dans le cadre d'une rencontre consacrée aux transitions citoyennes en matière d'urbanisme et de construction. Une discussion animée par Pascal Dincki, membre de Habitons Groupé 13, association de promotion de l'habitat participatif dans les Bouches-du-Rhône. Rencontre.

OSWALD JONAS, FONDATION MACIF : « DONNER AU CITOYEN LES CLÉS DE LA TRANSITION"

Créé le : 29/09/2017
Oswald Jonas, représentant de la Fondation Macif en Paca - JD

La Fête des Possibles se clôture le 30 septembre prochain. L'occasion de faire le bilan de cette édition 2017 en Paca avec Oswald Jonas, de la Fondation Macif. La Fondation soutient de nombreuses initiatives de transition citoyenne en France et en Provence. Notamment le réseau d'associations de consommateurs Les Paniers Marseillais

Pourquoi la Fondation Macif a-t-elle souhaité s'associer, à l'occasion de la Fête des Possibles qui se déroule jusqu'au 30 septembre, à l'anniversaire des Paniers Marseillais ?

L'association les Paniers Marseillais s'inscrit dans une Transition sociétale que la Macif appelle de ses vœux. Nous soutenons ainsi une douzaine à une quinzaine de projets par an. Il s'agit de favoriser le lien entre les citoyens et les initiatives émergentes du territoire. Car les citoyens ne sont pas toujours au fait des alternatives qui fleurissent près de chez eux, dans les domaines de la santé (alimentation, handicap, etc.), de la mobilité, de l'habitat (énergie, précarité…), du lien social, de la lutte contre l'isolement...

De quelles alternatives parle-t-on précisément ?

Outre les Paniers Marseillais, il s'agit par exemple en Paca de la boulangerie Pain et Partage et sa structure BOUSOL engagée sur l'insertion, les circuits courts, etc. Ou encore de la coopérative d'énergie verte Enercoop. Citons aussi le projet marseillais de supermarché coopératif Super Cafoutch ou l'association Solid'agri qui allie à la fois les circuits courts, une légumerie et l'insertion des personnes en situation de handicap à Pernes-Les-Fontaines. Toutes ces structures proposent des alternatives concrètes que nous souhaitons accompagner pour pérenniser leur projet.

Après une dizaine de jours de Fête des Possibles en région, quel bilan faites-vous ?

Plus de 380 manifestations se sont déroulées en Paca durant cette quinzaine. Comme dimanche dernier au parc de la Mirabelle à Marseille, nous observons que lorsque sont proposées des activités ludiques et pratiques pour donner aux citoyens les clés de la Transition, les gens sont au rendez-vous ! Notre skyper MACIF François Gabart s'est lui aussi personnellement engagé dans l'aventure. Vous pouvez d'ailleurs voir son message sur Youtube, dans lequel il invite chacun d'entre nous à passer à l'action. 

CANTINES BIO : un pari tenable !

Créé le : 26/09/2017
© F. Delotte

« 50% de produits biologiques, écologiques ou locaux dans la restauration collective » d’ici 2022. C’est la promesse faite par le candidat Macron en février dernier. Une annonce formulée alors que le Conseil constitutionnel a invalidé, en début d’année, l’obligation pour les restaurants scolaires de servir au moins 20% de produits biologiques d’ici 2020… Si certaines collectivités rechignent à proposer des aliments « zéro phyto » aux jeunes, une poignée est passée au 100% bio sans faire augmenter le prix des repas. Le pari est donc tenable. À condition de suivre quelques règles et de s’inspirer, sans idéologie, des bonnes idées des communes pionnières !

Par François Delotte

Booster le bio À L’ÉCOLE

L’agriculture française rencontre une vague de conversion au bio. Cependant, les produits biologiques peinent encore à remplir les assiettes des écoliers, collégiens et lycéens. Des leviers existent pourtant pour favoriser l’introduction d’une alimentation plus saine et locale dans les restaurants scolaires.

Bouvron, au nord de Nantes, 3100 habitants et 240 repas bio servis chaque jour dans le restaurant scolaire de l'école publique. En la matière, la commune fait partie des précurseurs. « Nous sommes passés au quasi 100 % bio et local en 2007. Quas,i car pour quelques approvisionnements en viande et poisson, nous préférons avoir recours au local de qualité plutôt que de faire venir les produits de loin. Nous nous fournissons à moins de 40 km alentour », commente Laurent Bissery, adjoint à l'environnement et aux affaires scolaires. Et le prix du repas pour les familles n'a pas augmenté avec le passage au bio. « Il revient à près de 3,40 euros par...

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