Société

Caméras, intelligence artificielle, « safe cities »... Demain, tous surveillés ?

Créé le : 08/10/2018

Par Célia Pousset

Que ce soit dans les grandes villes, les campagnes ou les collèges, des technologies — plus ou moins innovantes — prétendent garantir notre sécurité, au détriment du respect de la vie privée. Des dispositifs qui interrogent notre société. Et qui ont un coût, financier comme éthique.


Dans le même dossier :

Lire l'interview : Jean-Gabriel Ganascia, « l'ère de Big Brother est révolue »


Tous « vidéoprotégés »

La vidéosurveillance s’impose massivement dans l’espace public français. Depuis 2007, l’État a participé au financement de 49 353 caméras sur l’ensemble du territoire, à hauteur de 213 millions d’euros. Dans un climat de crispation sécuritaire, le recours à la « vidéoprotection » rencontre de moins en moins de résistance.

« La population en demande toujours davantage. Le débat sur le respect de la vie privée n’existe plus, même les élus d’opposition ont cessé d’être vent debout contre la vidéoprotection », assure Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse, en charge de la sécurité et de la prévention de la délinquance. Dans la quatrième plus grande ville française, le nombre de caméras est passé de 21 à 350 depuis l’élection du maire Jean-Luc Moudenc (LR), en 2014. Une prouesse — issue d’un engagement de campagne — et, selon Olivier Arsac, souhaitée par les habitants, à tel point que ce dernier a plutôt « tendance à freiner les sollicitations ». Au total, huit millions d’euros ont été investis — dont un million subventionné par l’État — et trente-cinq opérateurs travaillent au centre de surveillance urbaine (CSU) de Toulouse. « Une nécessité », en réponse « au fort sentiment d’insécurité des Toulousains ». Prévention, meilleure réactivité des policiers sur le terrain, flagrants délits, élucidations d’affaires… Les caméras sont « des auxiliaires de justice » dont la municipalité se montre très fière.

L’engouement pour ce qui est appelé « vidéoprotection », depuis 2011, pour désigner de façon plus rassurante l’usage de caméras dans l’espace public*, dépasse les clivages politiques traditionnels. Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et sociologue de la déviance et de l’action publique, rapporte : « La vidéosurveillance n’est pas de droite et son absence n’est pas de gauche, bien que les budgets consacrés diffèrent. Les grandes villes de gauche qui s’y opposaient s’y sont mises, elles aussi. »

L'œuvre d'un artiste de rue pour dénoncer la vidéosurveillance.

À Villeurbanne (69), Jean-Paul Bret (PS) faisait figure d’exception en étant l’un des seuls maires d’une ville de plus de 100 000 habitants à refuser la vidéosurveillance dans ses rues. Or, depuis juin 2018, la municipalité est dotée d’une trentaine de caméras. « Notre démarche est pragmatique », explique Didier Vullierme, adjoint à la sécurité et à la prévention de Villeurbanne : « C’est une question de coût : en 2011, une caméra valait 60 000 euros, contre environ 12 000 euros aujourd’hui. Cela nous amène à revoir notre copie. » Les autres raisons invoquées sont « une hausse des incivilités » (qui ne se traduisent pas nécessairement en dépôt de plaintes et sont difficilement quantifiables) et le choc des attentats du 14 juillet 2016, à Nice. D’un budget prévisionnel de 450 000 euros, le dispositif ne s’accompagne pas d’un visionnage continu des images, contrairement à la plupart des grandes villes. « Disposer d’un agent devant les écrans en permanence ne sert à rien. Les policiers formés au travail d’opérateur de vidéosurveillance sont plus utiles sur le terrain », estime Didier Vullierme. Il conclut : « Une caméra en soi n’est pas une baguette magique. Elle ne protège de rien. Ce sont les agents dans les rues qui protègent. »

Le paradoxe niçois

Cependant, dans de nombreuses villes, le choix de se lancer dans la vidéosurveillance semble répondre à une logique d’économie des moyens humains. « Mettre des caméras permet de faire passer la pilule du manque d’effectifs policiers et de la fermeture de brigades de gendarmerie dans les campagnes », analyse Julien Gautier, membre du collectif citoyen de Vézelay. Ce cercle informel d’habitants réclamait la tenue d’un débat public sur le projet de vidéoprotection dans leur commune de l’Yonne. Celle-ci compte seulement 500 résidents, mais sa basilique attire 800 000 touristes par an. « La gendarmerie a admis qu’il n’y avait pas de délinquance à Vézelay, commente Julien Gautier. Mais la mairie parle de risque terroriste lié à la renommée de notre basilique pour justifier les caméras. »

Le sociologue Laurent Mucchielli constate que de nombreuses villes, mais aussi des villages, se sont dotées de vidéosurveillance depuis les attentats de Charlie Hebdo. « Un des plus gros mensonges est de faire croire que les caméras nous protègent du terrorisme », clame-t-il. À titre d’exemple, il cite l’attentat de la promenade des Anglais, à Nice, le 14 juillet 2016. La préfecture des Alpes-Maritimes est la ville la plus vidéosurveillée de France, mais les 2000 caméras et 125 opérateurs n’ont pas pu empêcher l’attaque au camion-bélier sur les passants. Ni la prévenir : « Alors qu’au lendemain des attentats de janvier 2015, Christian Estrosi jurait que rien de tel n’aurait pu arriver à Nice, les images de vidéosurveillance montrent que le terroriste a fait une douzaine de repérages sur la promenade des Anglais avec un camion au tonnage illicite. »

Stratégie marketing de l’industrie de la sécurité

Ce sont ces limites que le collectif Vézelien a souhaité porter à la connaissance des habitants. Suite à une pétition, il parvient à organiser une réunion d’information au printemps 2018 avec le sous-préfet de l’Yonne. Un cahier en mairie fait office de consultation citoyenne. Résultat : les habitants sont opposés à 56 % au dispositif de vidéoprotection, mais le conseil municipal a tout de même acté le projet. « Ils se sont assis sur leur pseudo-consultation, ils veulent faire comme les villes voisines ! », déplore Julien Gautier.

De son côté, Henry Busquet, de la ligue des droits de l’homme (LDH) de Nice, critique aussi la systématisation du recours à la vidéosurveillance sans diagnostic sérieux des besoins : « Les caméras agissent comme un placébo, regrette-t-il. Je n’y suis pas opposé par principe, mais quasiment toutes les demandes d’autorisation auprès de la préfecture sont acceptées. La commission départementale chargée de les étudier est une chambre d’enregistrement. »

Des opérateurs de vidéosurveillance.

Et le sociologue Mucchielli va même plus loin. Selon lui, le succès de la vidéosurveillance est le résultat d’une conjonction d’intérêts particuliers : logiques électorales, police en mal de reconnaissance, sentiment d’insécurité lié aux fragilités individuelles de la population... Et stratégie marketing de l’industrie de la sécurité : « Contrairement aux élus, les industriels savent très bien ce qu’ils font. Ils vendent leurs produits en faisant croire que cela va révolutionner nos vies. D’abord, il s’agissait de simples caméras fixes, puis tournantes, à infrarouge, et maintenant prédictives. La course à la technologie est lancée ! », dénonce encore le scientifique.

Surveillés par les machines

Analyse des traits du visage, de l’expression, de la démarche, de la voix : les caméras ne sont plus seulement des boîtes enregistreuses : elles deviennent « intelligentes » et sont capables d’analyser les images qu’elles produisent. « Les villes aiment de plus en plus les outils de gestion de crise et le traitement intelligent de la vidéosurveillance », admet Jacques Roujansky, délégué général du conseil des industries de la confiance et de la sécurité (CICS). Ce lobby représente plus de 1 000 entreprises de l’industrie de la sécurité, soit 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il se présente comme le premier interlocuteur des pouvoirs publics. À l’écouter, les progrès technologiques en matière de vidéosurveillance feraient gagner en efficacité : « Avant, il fallait qu’un agent soit présent pour regarder les images, c’était un système coûteux et assez inefficace. Avec l’intelligence artificielle, le traitement automatique de la vidéo détecte les chutes, mouvements de foule, un bagage oublié… » Il y voit aussi un intérêt pour la vie privée : « On gagne en termes de protection de la vie privée. Plus personne n’est derrière l’écran, en train de regarder en permanence ce qu’il se passe. »

Une ambiance Big Browser, qui a notamment séduit la ville de Toulouse avec l’équipement de trente de ces caméras dès juin 2017, en contrat avec l’entreprise IBM. Laurent Mucchielli est quant à lui catégorique : en plus d’envoyer de fausses alertes qui démobilisent les policiers, elles contribueraient à disqualifier l’intelligence humaine. Le chercheur s’interroge : « Qui a démontré que l’homme était moins capable d’anticiper, d’analyser et d’interpréter que les machines ? »

* Dans tous les textes législatifs et réglementaires, le mot : « vidéosurveillance » est remplacé par le mot « vidéoprotection » depuis la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure du 14 mars 2011.


À lire : Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance, Laurent Mucchielli, Armand Colin, 17,90 €

[DOSSIER] - UN ÉTÉ EN MODE "SLOW"

Créé le : 20/07/2018
L’été, c’est aussi l’occasion de ralentir. De prendre le temps de rêver et de contempler. Ici, le sommet du Mont-Aigoual, dans les Cévennes © F. Delotte

Par Célia Pousset

Avec l’été, viennent les envies d’ailleurs. À peine sorti du rythme soutenu du travail, c’est presque une « course » au dépaysement que l’on entreprend lorsquarrivent les vacances. Aller loin, le plus vite possible. Pourtant, il existe aussi d’autres manières de s’évader, en soi. Que ce soit dans l’introspection, l’imaginaire ou le mouvement, d’autres mondes sont à portée de main. Rencontre avec ceux qui empruntent des chemins de traverse.

- MEDITER - 

À la plage, dans la nature ou chez soi, il n’y pas de mauvais endroit pour méditer © Pixaba

 

Lâcher prise, méditation pleine conscience… Rencontre avec des experts pour mieux comprendre ce que ces mots recouvrent.

 

La méditation comme art de vivre

Pleine conscience, éveil des chakras, sagesse… Autant de mots associés à la méditation. Mais du scepticisme à l’illusion d’un bouleversement miraculeux, la pratique reste assez méconnue. Joëlle Maurel et Candice Marro, enseignantes et auteures de livres sur la méditation, racontent ce long et surprenant cheminement vers soi. Et si lété était le moment pour sy mettre ?...

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[Événement] – Environnement, social : l'entreprise face à ses missions

Créé le : 11/05/2018
"Transitions développement durable ! L'entreprise face à ses nouvelles missions ?" aura lieu le 31 mai prochain, à l'université de la Sorbonne - Pixabay

Et si la loi PACTE (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) était l'occasion de renforcer la capacité des entreprises à proposer des solutions dans le cadre de la transition ? La fondation FACE-Les entreprises contre l'exclusion en est convaincue. À partir de ce constat, elle a décidé d'organiser un événement exceptionnel, le 31 mai prochain, à l'université Panthéon Sorbonne. Intitulée Transitions développement durable ! L'entreprise face à ses nouvelles missions ?, la manifestation proposera 3 heures de rencontres, de débats et d'échanges entre citoyen.ne.s et représentants du monde économique et des pouvoirs publics autour des responsabilités sociales et environnementales de l'entreprise. 

Les transitions, mission de l'entrepreprise 

Le projet de loi PACTE, dont la présentation en Conseil des ministres est prévue pour le 23 mai, sera au cœur de cette rencontre. Les organisateurs (Convergences, la Fondation FACE - les entreprises contre l’exclusion, Paris 1 Panthéon Sorbonne et la Fondation des transitions), en appellent,

« au gouvernement et à tous les parlementaires pour donner toute ambition à cette loi. Nous affirmons que l’entreprise à mission existe déjà dans l’économie sociale et solidaire comme dans l’économie traditionnelle. Mais c’est encore trop expérimental. Nous sommes convaincus que cette Loi PACTE est l’opportunité d’un réel changement d’échelle. »

Sans Transition ! fait partie des médias partenaires de «Transitions Développement durable ? L’entreprise face à ses nouvelles missions », dont vous retrouverez le riche programme ci-dessous. Inscription obligatoire

Montpellier : Les « alternatives durables » ont bientôt leur librairie – salon de thé

Créé le : 04/04/2018
Chloé Bellue et Wissam Mimouni, co-fondatrices de la librairie "Fiers de Lettres" - Crédit : FD / LMDP

Une librairie-salon de thé entièrement consacrée aux alternatives durables ouvrira en plein centre de Montpellier, rue du Bras de fer, en juin prochain. Poétiquement baptisé Fiers de Lettres, l'endroit sera bien plus qu'un magasin de livre. Il se présente comme un lieu de rencontres entre les porteurs d'initiatives en matière d'écologie pratique, d'économie sociale et solidaire, et le grand public. Vous pourrez notamment y retrouver Sans Transition ! Une campagne de crowdfunding a été lancée pour soutenir cette belle initiative. Parmi les contreparties : des « paniers littéraires ». Discussion avec Chloé Bellue et Wissam Mimouni, porteuses de ce projet engagé.

À quoi ressemblera la boutique de Fiers de Lettres ?

Wissam : Fiers de Lettres, ce sera 60 m² de livres, de salon de thé, de carterie-papeterie. Ce sera un lieu de vie où l'on échange sur les alternatives durables et les innovations en matière de solidarité et de diversité.

Chloé : Nous comptons valoriser tout ce qui porte la société vers plus de solidarité et de durabilité. Nous nous inscrivons dans la même logique que Sans Transition !

Wissam : Il s'agit de mettre en avant tous les ouvrages qui parlent de ces thématiques. Beaucoup de maisons d'édition existent, y compris localement. Nous les trouvons dans les librairies généralistes. Notre idée est de les mettre en avant et d'organiser des événements pour parler des initiatives durables au grand public. Le livre génère des échanges et des réflexions. On trouvera chez Fiers de Lettres des essais mais aussi de la fiction, des romans...

Pourriez-vous nous en dire plus sur les événements que vous comptez organiser ?

Comme la plupart des librairies, nous allons organiser des rencontres avec des auteurs. Mais aussi des ateliers. L'idée est de faire venir des associations en mesure d'animer des rencontres sur des sujets pratiques. Notre volonté est aussi d'amener les personnes vers ces sujets. Nous mettrons en place des ateliers autour de choses assez concrètes, des choses du quotidien... Pour ensuite amener les participants à réfléchir plus largement aux alternatives. Mais nous avons aussi envie de faire témoigner des entrepreneurs sociaux, des personnes qui sont engagées sur ces sujets et les mettre en lien avec le grand public. Les initiatives fourmillent mais ne font pas encore système. Nous voulons les rendre visibles. Nous travaillons actuellement sur une programmation pour le mois de juin.

Vous avez lancé une campagne de crowdfunding. Quels sont vos objectifs ?

Chloé : La campagne se termine le 30 avril prochain. Nous avons atteint notre premier objectif qui était de 4000 euros. Nous avons construit l'opération en trois paliers. Le premier permettra de financer la conception de mobilier en bois par un chantier d'insertion local. Le second palier – fixé à 6000 euros  est destiné à l'achat d'une machine à café professionnelle pour la partie salon de thé. Enfin, un troisième palier (9000 euros) doit permettre de financer l'aménagement de la boutique par un architecte-mesuisier sensible au développement durable. Les contreparties sont des paniers littéraires garnis de livres. 

Wissam : La machine à café est un élément important ! Nous sommes amatrices de café. L'idée est de proposer sur place des cafés de qualité, bio et équitables. Nous voulons offrir aux gens la possibilité de venir découvrir les alternatives autour d'une tasse.

Contribuer à l'opération de crowdfunding : www.tudigo.co/don/fiers-de-lettres

[DOSSIER] - C’EST L’ALU !

Créé le : 08/02/2018
© F. Delotte

Nous n’avons jamais été autant entourés d’aluminium. Sa présence dans de nombreux vaccins relance le débat sur sa prétendue nocivité pour la santé. Mais qu’en est-il de sa toxicité réelle ? Et comment l’éviter ? Sans Transition ! fait le point sur l’alu.

Par François Delotte

GARE À L’ALU !

Nous nous en appliquons sur les aisselles. Nous en utilisons pour cuisiner et nous en avalons même régulièrement. L’aluminium est un allié pratique de notre quotidien. Mais plusieurs travaux scientifiques tendent à montrer qu’il n’est pas inoffensif. Et qu’il pourrait notamment être impliqué dans le développement de cancers du sein.

L’aluminium est ubiquitaire. Une jolie formule pour dire que l’on trouve des traces de ce métal quasiment partout. « Il s’agit du troisième composant de l’écorce terrestre, après l’oxygène et le silicium », indique Olivier Guillard, biologiste à l’Université de Poitiers qui a beaucoup travaillé sur cet élément. Apprécié pour sa légèreté, sa résistance, ses pouvoirs isolants, on le retrouve dans les contenants alimentaires, dans certains cosmétiques, dans les automobiles, les objets électroniques (tablettes, ordinateurs…), ou encore dans certains composants d’avions. « Contrairement à des métaux comme le zinc ou le fer...

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NÎMES « DESIGNE » les biens communs

Créé le : 06/02/2018
L’agence de design social nîmoise Étrange Ordinaire a été sollicitée par les Hôpitaux de Marseille afin de « co-designer » un « salon des familles » à l’Hôpital Nord de la Cité phocéenne destiné à accueillir les proches des patients. © Étrange Ordinaire

À Nîmes, formations universitaires et jeunes créateurs produisent un design « social ». Un design qui n’aboutit pas forcément à la création d’objets. Mais qui privilégie l’élaboration de services d’intérêt général, co-conçus avec citoyens et usagers.

Par François Delotte

Et si les services se « designaient » comme les objets ? C’est le pari entreprit avec le design social. Un design complet, qui met le citoyen et l’usager au cœur de ses réalisations. « Le design traditionnel a pour objectif principal de produire des objets de consommation courante, de la voiture à la tasse de café. Le design social a lui un objectif supérieur : se mettre au service du bien commun », précise Stéphane Vial, maître de conférence en design à l’université de Nîmes et directeur de PROJEKT (lire l’interview ci-dessous), laboratoire de design d’innovation sociale. La préfecture du Gard apparaît aujourd’hui comme l’épicentre de cette discipline peu connue du public. Et ce, notamment grâce au développement de deux masters – dont un professionnel (le seul spécifiquement dédié au design social en France) – et d’un axe de recherche dédié à la faculté des arts, lettres et langues.

Ces parcours universitaires ont permis à des professionnels de se former, avant de créer leur propre agence à Nîmes. C’est le cas d’Emma Livet – 26 ans – et Sophie Krawczyk – 25...

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Vers un artisanat COLLABORATIF

Créé le : 11/09/2017
© F. Delotte

Échange de savoir-faire et mutualisation de moyens : l’artisanat renouvelle son ancestral compagnonnage via l’influence des « FabLabs » et du numérique dans des lieux partagés qui émergent sur tous les territoires.

 
 

 

DES ATELIERS partagés et connectés

Par François Delotte

Bois, métal, électronique ou textile. Un peu partout en région, des artisans viennent travailler leurs matières et concevoir leurs objets dans des ateliers collaboratifs. Ces lieux, souvent ouverts au grand public et aux nouvelles technologies, permettent de mutualiser moyens et compétences. Mais aussi de lutter contre l’isolement des créateurs.

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Jean-Pierre Kieffer, OABA : "il faut interdire l'abattage sans étourdissement"

Créé le : 20/09/2016
Capture écran de la dernière vidéo de L214 tournée dans un abattoir de Nouvelle Aquitaine. crédits : DR

Alors que la commission d'enquête parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie vient de rendre public son rapport, l'association L214 publie une vidéo montrant des animaux abattus sans étourdissement durant l'abattage rituel de l'Aid el-Kebir. Le vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l'association O.A.B.A (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs) nous livre son avis sur l’évolution de la réglementation de l'abattage.

Retrouvez notre dossier « Abattage : peut-on faire autrement ? » dans notre numéro 1 de Sans Transition !

Quelle est votre position à propos de l'abattage des animaux sans étourdissement ?

Une loi a rendu obligatoire l'étourdissement des animaux avant la saignée en 1964, notamment grâce à l'action de l'O.A.B.A. Mais il existe une dérogation à cette obligation : la loi européenne autorise l'abattage rituel, c'est-à-dire sans étourdissement.

Cela n'est donc pas illégal mais cela reste inacceptable. Nous trouvons absurde que cette pratique soit autorisée et nous avons d'ailleurs déposé un recours auprès du conseil d’État, qui a été refusé en 2015. Nous considérons que l'argument religieux n'est pas suffisant pour avoir une dérogation à la loi. La loi impose d'utiliser la méthode qui limite le plus la douleur de l'animal. Les scientifiques ont prouvé que la perte de conscience, le moment où l'animal ne sent plus rien, peut être très long après l’égorgement, jusqu'à 14mn pour les bovins.

Pour un pays laïque est-il logique d'accorder une dérogation uniquement parce que l'on dit que c'est rituel ? Il y a pourtant des pays à majorité musulmane ou l’étourdissement est obligatoire comme en Malaisie ou en Jordanie.

 

Le rapport de la commission d'enquête parlementaire propose un contrôle vidéo des abattoirs, pensez-vous que cela puisse améliorer le bien-être animal ?

C'est une mesure utile mais pas suffisante. Il y a en effet un manque de vétérinaires inspecteurs et les caméras pourraient les aider. Mais il faudrait surtout que la réglementation soit appliquée. Avant de promulguer des nouvelles lois, il faut faire appliquer la réglementation existante. Pour cela il est nécessaire d’accroître la surveillance au niveau des postes d'abattage. Mais nous pensons qu'il serait souhaitable que les opérateurs soient mieux formés avec des formations pratiques pour mieux apprendre les gestes.

Le rapport ne propose pas d’interdire l'abattage sans étourdissement. Or, au XXIème siècle, celui-ci ne devrait plus exister ! Si des mesures ne sont pas prises les gens vont avoir de moins en moins confiance pour acheter de la viande. Aujourd'hui il n'y a pas d’étiquetage pour indiquer le mode d'abattage. Les bouchers sont mal à l'aise à ce sujet car ils ne peuvent garantir à leurs clients que l'animal a été abattu avec étourdissement.

Pensez-vous que la réglementation autours de l'abattage peut évoluer grâce à la campagne présidentielle de 2017 ?

Le sujet va être obligatoirement abordé durant la campagne de 2017. En 2012 celui-ci avait beaucoup été soulevé, notamment suite à un film «  la viande dans tous ses états » qui avait entraîné de nombreuses prises de position. Malheureusement le FN avait repris le débat et détourné le sujet de la souffrance animale vers les thèmes de l'identité ou de la religion. Nous ne souhaitons pas du tout stigmatiser une religion ou une communauté, seulement s'attaquer à la souffrance animale.

Plus d'infos :

www.oaba.fr

[RENNES] UNE MICROFABRIQUE FANTASTIQUE !

Créé le : 18/12/2018

Par Virginie Jourdan

À Rennes, un collectif d’artistes s’est lancé dans le projet de microfabrique Precious plastic. L’idée est de concevoir quatre machines, dont les plans sont librement disponibles sur internet. Imaginé par un designer néerlandais, le but de Precious plastic est de transformer ses déchets plastiques en objets utiles ou précieux.

Penché sur l’extrémité de son extrudeuse, Charly Gutierrez, 28 ans, effectue les derniers réglages. D’ici quelques minutes, un long fil de plastique recyclé sortira de cette machine et servira à fabriquer un pot de fleurs. Après avoir vérifié que la température est montée à 270 degrés, il lance le moteur, placé à l’autre bout de l’outil. Logée dans un tube métallique, la vis d’extrusion se met tout de suite en mouvement. Longue d’une cinquantaine de centimètres, c’est elle qui va pousser la pâte chaude et visqueuse obtenue, grâce à des paillettes de plastique préalablement broyées puis fondues. Cette matière première a été obtenue grâce à de vieux bacs de lave-vaisselle tirés d’une poubelle. De couleur jaune pour cette fois, le fil sort et s’enroule autour d’un cylindre que Charlie fait tourner grâce une manivelle. Le pot de fleurs prend forme.

À côté de l’extrudeuse, Quentin charge la broyeuse. Avec ses dents acérées et son moteur, c’est elle qui a transformé les bacs plastiques durs en copeaux. Ces deux machines, Quentin et Charly ne les ont pas achetées toutes faites. Partisans de la culture maker*, les deux artistes, membres du...

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[ COMMUNIQUÉ ] CESE - Personnes vivant dans la rue : l'urgence d'agir

Créé le : 14/12/2018

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à la reconnaissance d’un « droit à l’accompagnement » pour les personnes vivant dans la rue.

Des centaines de milliers de Françaises et de Français ont apporté ces derniers mois leurs signatures à des pétitions en ligne réclamant des solutions pour les personnes sans-domicile fixe. Le CESE, déjà engagé dans un travail sur la Grande pauvreté, a voulu tenter de répondre à cette émotion et à cette indignation en proposant sa vision de la lutte contre cette forme extrême d’exclusion. Si les préconisations de l’avis portent d’abord sur le logement, c’est que celui-ci est la clef de l’accès à une vie décente. Elles visent ensuite l’amélioration du traitement de l’urgence. Enfin, elles portent sur les différentes dimensions de l’accompagnement, qu’il soit relationnel, permette l’accès aux droits ou aux soins, ou facilite le retour à la vie sociale. « Zéro personne sans accompagnement » est le but vers lequel doit tendre toute la société.

Accès au communiqué.

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