Société

[HANDICAP] Haro sur les discriminations

Créé le : 23/07/2020
Photo : Sébastien Le Clézio. La manifestation Ni pauvres ni soumis, le 29 mars 2008, avait rassemblé entre 16 000 et 32 000 personnes à Paris pour demander que l’AAH (allocation adulte handicapé) soit équivalente au salaire minimum.

Par Guillaume Bernard

Manque d’aménagements prévus pour le télétravail, difficultés d’accès aux soins, suspicion de tri des patients au détriment des personnes en situation de handicap : la crise du Covid-19, avec son lot d’injustices, a mis en évidence un problème bien plus structurel : 15 ans de politiques discriminatoires qui ont mené à l’abandon des personnes en situation de handicap. Associations et personnes concernées n’hésitent plus à descendre dans la rue et à se mobiliser pour réclamer l’égalité.

La crise du Covid-19 a remis sur le devant de la scène un état de fait : les politiques mises en place depuis 15 ans discriminent les personnes en situation de handicap, réduisant considérablement leurs droits. Pour y mettre fin, le combat pour l'égalité passera par la reprise en main de leurs luttes et la reconnaissance de leurs problématiques par tous.

Vouloir paraître trop consensuel, c’est parfois éveiller les soupçons. En pleine crise du Covid-19, Olivier Véran a pu en faire l’expérience. « Les personnes en situation de handicap doivent bénéficier des mêmes soins que le reste de la population », sermonne le ministre de la Santé, lors de sa conférence de presse du 4 avril. Nul doute ! Alors pourquoi rappeler une telle évidence ?
Stéphane Tripoteau, directeur général adjoint de l'APF-France Handicap (association des paralysés de France) a son explication : « Il y a eu des suspicions de tri pour accéder à la réanimation en défaveur des personnes handicapées. Avec d'autres associations, nous avons très vite informé le ministère, ce qui a donné lieu à cette déclaration. Si aucun cas concret de tri n'a été porté à...

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[VIDEO] Plaidoyer pour des « esprits libres »

Créé le : 18/07/2020
© Capture d'écran vidéo.

Par Sans transition !

La pédagogie Montessori infuse à Grasse. Depuis plus de 5 ans, Laurent Bardin était président de l'école élémentaire Montessori fondée en association. Lui et sa femme ont désormais décidé d'ouvrir depuis 2018, un collège avec pension dans la même dynamique, basé à Thorenc sur la commune d'Andon. L'originalité de ce projet : sa forme coopérative d'intérêt collectif, un Scic. Pour Laurent Bardin, cet établissement baptisé « Les esprits libres » est « une start-up de l'éducation », qui vise à accompagner les jeunes dans une démarche de citoyenneté active, en faveur de l'intérêt général.

La vidéo a été réalisée en partenariat avec l'Union régionale des scop Paca Corse, dans le cadre du projet européen Meco.

[GRAND ENTRETIEN] Luc Frémiot : la lutte contre les violences faites aux femmes est « une question d’engagement »

Créé le : 17/07/2020
Crédit : DR : Luc Frémiot, aujourd’hui retraité de la magistrature et auteur de romans, poursuit son combat.

Crédit : DR : Luc Frémiot, aujourd’hui retraité de la magistrature et auteur de romans, poursuit son combat. 

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chaque année en France, près de 220 000 femmes sont victimes de violences par leur conjoint ou ex-conjoint. L’ex procureur de la République de Douai Luc Frémiot en a fait son combat depuis plus de 10 ans. Alors que le confinement imposé dans le cadre de la crise sanitaire semble avoir exacerbé les violences au sein des foyers,  il estime que les institutions et les politiques s’engagent enfin dans la bonne voie.

Vous avez fustigé le manque d’ambition du Grenelle des violences conjugales, clôturé en novembre dernier. C’était un simple coup de communication ?

J’étais pessimiste au départ, car depuis des années je constate une inertie du gouvernement sur le sujet. Surtout, la secrétaire d’État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, refusait de créer des centres d’accueil pour les auteurs de violence. Cela obligeait les femmes à quitter leur domicile avec leurs enfants, alors que je considère que c’est aux auteurs de le faire ! Avec Eva Darlan(1), nous avons demandé une inspection des services judiciaires(2). Pour les années 2017 et 2018, nous nous sommes aperçus qu’une large majorité des enquêtes n’étaient pas traitées par les services de police et de gendarmerie. Les plaintes étaient transformées en mains courantes, voire non reçues. Les enquêtes envoyées au parquet étaient incomplètes, et celui-ci se contentait de classer sans approfondir le sujet. Enfin, des dispositions importantes comme l’éviction du domicile conjugal(3) de l’auteur des faits n’étaient pas appliquées, pas plus que la prise...

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[VIDEO] Un marché pas comme les autres pour Châteauneuf-Grasse

Créé le : 15/07/2020
© Capture d'écran vidéo.

Par Sans transition ! 

A Châteauneuf-Grasse, l'idée d'un marché paysan est née d'une réflexion de la commune. Depuis 2018, citoyens, producteurs et collectivités travaillent main dans la main pour promouvoir une agriculture locale et responsable.

La vidéo a été réalisée en partenariat avec l'Union régionale des scop Paca Corse, dans le cadre du projet européen Meco.

[GRAND ENTRETIEN] : Cyril Dion, « Seule la coopération nous sortira de l’impasse collective »

Créé le : 13/07/2020
Crédit photo : Fanny Dion. Pour le réalisateur, les collectivités doivent prendre leur part dans un véritable plan de résilience décentralisé.

Crédit photo : Fanny Dion

Propos recueillis par Julien Dezécot

Chapeau d’ouverture : Écrivain, réalisateur et militant écologiste, Cyril Dion prépare un nouveau film, Animal, pour décembre prochain. Objectif : montrer les solutions qui visent à réparer notre biodiversité menacée. En outre, il participe toujours activement à la Convention citoyenne pour le climat et dirige la collection Domaine du possible chez Actes Sud. Rencontre.

Cyril Dion, auteur et réalisateur très engagé dans les questions de transition durable et de biodiversité au travers de son œuvre, échange sur sa vision du « monde d'après », dans ce contexte particulier. Quelles solutions pour demain ? Entre concertations citoyennes et territoires résilients, mais également changement climatique et risques pour la biodiversité, Cyril Dion exprime ses craintes et ses espoirs.

Post- Covid, quelle Transition va - selon vous - être mise en œuvre en France ?

Pour l'heure, j'observe que certains lobbys - notamment agricoles - ont à nouveau tenté, durant cette crise majeure, de lever les « contraintes environnementales ». Et en France, comme dans la plupart des pays européens, les gouvernements prévoient des plans de relance plutôt classiques, avec malheureusement peu de place à la transition écologique. Aux États-Unis, c'est même pire, puisqu'on lève les limitations de gaz à effet de serre et les mesures de pollution atmosphérique...
En somme, bien que tout le monde clame : « Ça va changer, plus jamais comme avant… », qui peut vraiment y croire ? C'est exactement ce qu'a...

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[DOSSIER - Leur monde d'après] Gouvernance : trois enjeux révélés par la crise

Créé le : 10/07/2020
Crédit Clara Martot

Devant l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult le 30 mars (crédit Clara Martot)

Par Clara Martot

Dans le monde d’après, les rapports de force ne seront plus tout à fait les mêmes. Passage en revue de trois enjeux du futur.

L’État face aux experts

Le 27 mai, le gouvernement décide, sur recommandation du Haut Conseil de la santé publique, de suspendre le traitement à l’hydroxychloroquine. À l’inverse, ce même gouvernement est allé outre une autre recommandation : celle du Conseil scientifique concernant les écoles. Créé spécialement pour lutter contre la pandémie, cet organisme préconisait une réouverture en septembre. La nouveauté est là : désormais, la parole des scientifiques est relayée quotidiennement dans les médias. Ce qui donne l’occasion aux citoyens de suivre en direct ces controverses.

 

L’État face aux citoyens

Le 13 mai, la consultation lancée par 66 parlementaires du centre et de la gauche baptisée « Le Jour d’après » communique ses résultats. Les 26 000 citoyens qui y ont participé devaient choisir entre 50 propositions. Parmi les plus populaires : mise en place d’un revenu universel, valorisation des « métiers essentiels », plafonnement des hauts salaires. Mêmes tendances du côté de la consultation organisée par...

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[INTERVIEW] « Pour Railcoop, la reconstitution du marché est un vrai défi »

Créé le : 09/07/2020
© C.Pelaprat

©C.Pelaprat

Propos recueillis par Élodie Crézé

Pierre Zembri*, spécialiste en géographie des transports, explique que l’État s’est désengagé de nombreuses liaisons ferroviaires, comme celle assurant la traversée du Massif central, à laquelle la coopérative Railcoop tente de pourvoir. Mais le marché reste à reconquérir…

Les trains intercités sont-ils appelés à disparaître, tout comme les petites lignes assurant les liaisons en milieu rural ?
Il faut d’abord préciser que les trains intercités ne relèvent pas de la même logique que celle des petites lignes, assurant la desserte fine des territoires ruraux. Cependant, dans un cas comme dans l’autre, la décision du maintien de la ligne est motivée par des raisons diverses, comme l’état des voies, ou encore la rentabilité du service. Dans le cas des trains intercités, le payeur est l’État et dans le cas des autres services, ce sont plutôt les régions. État et collectivité ont chacun leur stratégie et décident de desservir ou non certains territoires. Le choix est d’abord politique.

Pourquoi un tel désengagement de l’État et des collectivités ?
L’État, qui a besoin de faire des économies, avait commandité un rapport à Philippe Duron en 2015 sur « l’Avenir des trains d’équilibre »1, et il était ressorti que certaines lignes n’étaient pas prioritaires, sauf s’il n’existait pas d’alternatives autoroutières. Un certain nombre d’arbitrages ont été faits à ce moment-là. C’est dans ce cadre que les liaisons à travers le Massif central n’ont pas été jugées prioritaires.

Pourtant les passagers sont toujours là !
Et ils ne demandent qu’à monter dans les trains s’ils sont à l’heure et mettent un temps non déraisonnable !

Railcoop représente-t-il une alternative intéressante dans ce contexte ?
L’idée de Railcoop est de se substituer à la SNCF défaillante et d’assurer des trains de longue distance. À l’heure actuelle, la ligne sur laquelle se positionne Railcoop - la traversée du Massif central - n’offre plus de trains directs. Ils n’ont pas été rétablis après des travaux alors qu’ils figurent  toujours dans la convention Intercités, et que la SNCF devrait les exploiter. Il y a pourtant une vraie demande : une pétition  a recueilli 12000 signatures  pour demander le rétablissement du service ! S’il existe potentiellement un marché, il va tout de même falloir le recréer, car les usagers ont pris d’autres habitudes pour se déplacer. Cette reconstitution du marché est un vrai défi.

 

1. Rapport et convention Trains d’équilibre du territoire : www.ecologique-solidaire.gouv.fr/trains-dequilibre-du-territoire-tet

*Il est également professeur à l'université Paris-Est et directeur du Laboratoire ville mobilité transport (LVMT).

 

Plus d’infos : www.lvmt.fr

[EXPOSITION] Les regards engagés du Ventoux

Créé le : 09/07/2020
Les regards engagés du Ventoux

Sans Transition ! est partenaire de l'exposition "Les regards engagés du Ventoux", organisée par le domaine viticole en vin naturel La ferme saint-Martin à Suzette (84).

"La Ferme saint Martin, domaine viticole impliqué dans une viticulture durable dans les contreforts des Dentelles de Montmirail, valorise par cette oeuvre photographique des acteurs engagés du territoire. Notre objectif est de mettre en avant ces professionnels qui font vivre notre région de manière dynamique, conscients de l’environnement, passionnés par leur métier et avec un regard porté sur l’écologie et le développement durable".

La parole à Sophie Julien, qui dirige avec son mari Thomas, vigneron engagé, ce domaine emblématique des Dentelles de Montmirail.

[INITIATIVE] Railcoop : Des citoyens reprennent le train en marche

Créé le : 08/07/2020
Photo :  C. Pelaprat

Quid de la gare de Figeac, tant pour le fret que pour les voyageurs ? (Crédit : C.Pelaprat)

Par Christophe Pélaprat

Railcoop, premier projet coopératif ferroviaire de France, s’est donné pour mission de remettre le train au service de tous les territoires, y compris les plus enclavés. Un projet citoyen qui entend palier le désengagement de la SNCF, de l’Etat et des collectivités, notamment dans le Lot où l’abandon des lignes gagne.

Penser le transport différemment, telle est l'ambition de Railcoop, premier projet coopératif ferroviaire de France. L'objectif : une réappropriation citoyenne du rôle du train, dans toutes ses dimensions de service public. Une aventure inédite qui prend ses racines dans le Lot.

On ne pouvait faire plus symbolique : la gare de Cajarc fut l'un des arrêts de la ligne Cahors-Capdenac dans la vallée du Lot, supprimée dans les années 80, aujourd'hui destinée à être reconvertie en voie verte. Cajarc est aussi l'un des lieux emblématiques de Quercy Rail, qui anima avec brio ce bout de voie ferrée jusqu'en 2004 avec son train touristique ; l'association défend toujours la sauvegarde de ce patrimoine ferroviaire et se bat contre l'abandon de la ligne.

C'est donc là que s'est créée Railcoop, le 30 novembre 2019, la première société coopérative d’intérêt collectif (Scic) dédiée au ferroviaire en France et, à priori, en Europe. Son but : remettre le train au service de tous les territoires.

 

Le rail comme un bien commun

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[PROVENCE] Des cafés-librairies jouent la carte locale

Créé le : 08/07/2020
Lors du vernissage de son exposition chez De Natura Rerum, la photographe Nel Clot accompagne en dansant les musiciens. © Philippe de Lavergne

Légende photo :Lors du vernissage de son exposition chez De Natura Rerum, la photographe Nel Clot accompagne en dansant les musiciens. © Philippe de Lavergne

Par Marie Martinez

Allier originalité, convivialité et équilibre financier, c’est tout le défi relevé par des librairies atypiques qui tentent de se réinventer. En Provence, des cafés-librairies jouent la carte de la proximité en optant pour le circuit-court et en valorisant des thématiques locales. Sans transition ! est allé à la rencontre de trois lieux et autant de libraires passionnés.

Inventer un concept original et transversal autour des livres et d'un art de vivre : c'est le pari de libraires engagés qui diversifient leur activité et leur clientèle pour vivre de leurs passions et rendre la culture accessible à tous. En toute décontraction. Visite de trois lieux insolites en Provence.

Après deux mois de confinement, les commerces de proximité restent économiquement fragiles. Multiplier les portes d'entrées et élargir la clientèle est une façon de résister, tout en partageant ses passions, dans un véritable échange. Des librairies indépendantes, atypiques, souvent spécialisées, offrent un éventail hybride — mais cohérent avec les goûts et les valeurs des créateurs — de produits et services, dont la possibilité de boire et manger. Elles privilégient les circuits courts et les fournisseurs soigneusement sélectionnés. Lieux de proximité, on y vient pour suivre des cours ou des conférences, en accord avec le thème de la librairie, assister à un spectacle, rencontrer des auteurs, participer à un vernissage, prendre le temps de bavarder et boire un thé ou un café, manger sur le pouce, et même se balader dans les...

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