Société

[DOSSIER] - UN ÉTÉ EN MODE "SLOW"

Créé le : 20/07/2018
L’été, c’est aussi l’occasion de ralentir. De prendre le temps de rêver et de contempler. Ici, le sommet du Mont-Aigoual, dans les Cévennes © F. Delotte

Par Célia Pousset

Avec l’été, viennent les envies d’ailleurs. À peine sorti du rythme soutenu du travail, c’est presque une « course » au dépaysement que l’on entreprend lorsquarrivent les vacances. Aller loin, le plus vite possible. Pourtant, il existe aussi d’autres manières de s’évader, en soi. Que ce soit dans l’introspection, l’imaginaire ou le mouvement, d’autres mondes sont à portée de main. Rencontre avec ceux qui empruntent des chemins de traverse.

- MEDITER - 

À la plage, dans la nature ou chez soi, il n’y pas de mauvais endroit pour méditer © Pixaba

 

Lâcher prise, méditation pleine conscience… Rencontre avec des experts pour mieux comprendre ce que ces mots recouvrent.

 

La méditation comme art de vivre

Pleine conscience, éveil des chakras, sagesse… Autant de mots associés à la méditation. Mais du scepticisme à l’illusion d’un bouleversement miraculeux, la pratique reste assez méconnue. Joëlle Maurel et Candice Marro, enseignantes et auteures de livres sur la méditation, racontent ce long et surprenant cheminement vers soi. Et si lété était le moment pour sy mettre ?...

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[Événement] – Environnement, social : l'entreprise face à ses missions

Créé le : 11/05/2018
"Transitions développement durable ! L'entreprise face à ses nouvelles missions ?" aura lieu le 31 mai prochain, à l'université de la Sorbonne - Pixabay

Et si la loi PACTE (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) était l'occasion de renforcer la capacité des entreprises à proposer des solutions dans le cadre de la transition ? La fondation FACE-Les entreprises contre l'exclusion en est convaincue. À partir de ce constat, elle a décidé d'organiser un événement exceptionnel, le 31 mai prochain, à l'université Panthéon Sorbonne. Intitulée Transitions développement durable ! L'entreprise face à ses nouvelles missions ?, la manifestation proposera 3 heures de rencontres, de débats et d'échanges entre citoyen.ne.s et représentants du monde économique et des pouvoirs publics autour des responsabilités sociales et environnementales de l'entreprise. 

Les transitions, mission de l'entrepreprise 

Le projet de loi PACTE, dont la présentation en Conseil des ministres est prévue pour le 23 mai, sera au cœur de cette rencontre. Les organisateurs (Convergences, la Fondation FACE - les entreprises contre l’exclusion, Paris 1 Panthéon Sorbonne et la Fondation des transitions), en appellent,

« au gouvernement et à tous les parlementaires pour donner toute ambition à cette loi. Nous affirmons que l’entreprise à mission existe déjà dans l’économie sociale et solidaire comme dans l’économie traditionnelle. Mais c’est encore trop expérimental. Nous sommes convaincus que cette Loi PACTE est l’opportunité d’un réel changement d’échelle. »

Sans Transition ! fait partie des médias partenaires de «Transitions Développement durable ? L’entreprise face à ses nouvelles missions », dont vous retrouverez le riche programme ci-dessous. Inscription obligatoire

Montpellier : Les « alternatives durables » ont bientôt leur librairie – salon de thé

Créé le : 04/04/2018
Chloé Bellue et Wissam Mimouni, co-fondatrices de la librairie "Fiers de Lettres" - Crédit : FD / LMDP

Une librairie-salon de thé entièrement consacrée aux alternatives durables ouvrira en plein centre de Montpellier, rue du Bras de fer, en juin prochain. Poétiquement baptisé Fiers de Lettres, l'endroit sera bien plus qu'un magasin de livre. Il se présente comme un lieu de rencontres entre les porteurs d'initiatives en matière d'écologie pratique, d'économie sociale et solidaire, et le grand public. Vous pourrez notamment y retrouver Sans Transition ! Une campagne de crowdfunding a été lancée pour soutenir cette belle initiative. Parmi les contreparties : des « paniers littéraires ». Discussion avec Chloé Bellue et Wissam Mimouni, porteuses de ce projet engagé.

À quoi ressemblera la boutique de Fiers de Lettres ?

Wissam : Fiers de Lettres, ce sera 60 m² de livres, de salon de thé, de carterie-papeterie. Ce sera un lieu de vie où l'on échange sur les alternatives durables et les innovations en matière de solidarité et de diversité.

Chloé : Nous comptons valoriser tout ce qui porte la société vers plus de solidarité et de durabilité. Nous nous inscrivons dans la même logique que Sans Transition !

Wissam : Il s'agit de mettre en avant tous les ouvrages qui parlent de ces thématiques. Beaucoup de maisons d'édition existent, y compris localement. Nous les trouvons dans les librairies généralistes. Notre idée est de les mettre en avant et d'organiser des événements pour parler des initiatives durables au grand public. Le livre génère des échanges et des réflexions. On trouvera chez Fiers de Lettres des essais mais aussi de la fiction, des romans...

Pourriez-vous nous en dire plus sur les événements que vous comptez organiser ?

Comme la plupart des librairies, nous allons organiser des rencontres avec des auteurs. Mais aussi des ateliers. L'idée est de faire venir des associations en mesure d'animer des rencontres sur des sujets pratiques. Notre volonté est aussi d'amener les personnes vers ces sujets. Nous mettrons en place des ateliers autour de choses assez concrètes, des choses du quotidien... Pour ensuite amener les participants à réfléchir plus largement aux alternatives. Mais nous avons aussi envie de faire témoigner des entrepreneurs sociaux, des personnes qui sont engagées sur ces sujets et les mettre en lien avec le grand public. Les initiatives fourmillent mais ne font pas encore système. Nous voulons les rendre visibles. Nous travaillons actuellement sur une programmation pour le mois de juin.

Vous avez lancé une campagne de crowdfunding. Quels sont vos objectifs ?

Chloé : La campagne se termine le 30 avril prochain. Nous avons atteint notre premier objectif qui était de 4000 euros. Nous avons construit l'opération en trois paliers. Le premier permettra de financer la conception de mobilier en bois par un chantier d'insertion local. Le second palier – fixé à 6000 euros  est destiné à l'achat d'une machine à café professionnelle pour la partie salon de thé. Enfin, un troisième palier (9000 euros) doit permettre de financer l'aménagement de la boutique par un architecte-mesuisier sensible au développement durable. Les contreparties sont des paniers littéraires garnis de livres. 

Wissam : La machine à café est un élément important ! Nous sommes amatrices de café. L'idée est de proposer sur place des cafés de qualité, bio et équitables. Nous voulons offrir aux gens la possibilité de venir découvrir les alternatives autour d'une tasse.

Contribuer à l'opération de crowdfunding : www.tudigo.co/don/fiers-de-lettres

[DOSSIER] - C’EST L’ALU !

Créé le : 08/02/2018
© F. Delotte

Nous n’avons jamais été autant entourés d’aluminium. Sa présence dans de nombreux vaccins relance le débat sur sa prétendue nocivité pour la santé. Mais qu’en est-il de sa toxicité réelle ? Et comment l’éviter ? Sans Transition ! fait le point sur l’alu.

Par François Delotte

GARE À L’ALU !

Nous nous en appliquons sur les aisselles. Nous en utilisons pour cuisiner et nous en avalons même régulièrement. L’aluminium est un allié pratique de notre quotidien. Mais plusieurs travaux scientifiques tendent à montrer qu’il n’est pas inoffensif. Et qu’il pourrait notamment être impliqué dans le développement de cancers du sein.

L’aluminium est ubiquitaire. Une jolie formule pour dire que l’on trouve des traces de ce métal quasiment partout. « Il s’agit du troisième composant de l’écorce terrestre, après l’oxygène et le silicium », indique Olivier Guillard, biologiste à l’Université de Poitiers qui a beaucoup travaillé sur cet élément. Apprécié pour sa légèreté, sa résistance, ses pouvoirs isolants, on le retrouve dans les contenants alimentaires, dans certains cosmétiques, dans les automobiles, les objets électroniques (tablettes, ordinateurs…), ou encore dans certains composants d’avions. « Contrairement à des métaux comme le zinc ou le fer...

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NÎMES « DESIGNE » les biens communs

Créé le : 06/02/2018
L’agence de design social nîmoise Étrange Ordinaire a été sollicitée par les Hôpitaux de Marseille afin de « co-designer » un « salon des familles » à l’Hôpital Nord de la Cité phocéenne destiné à accueillir les proches des patients. © Étrange Ordinaire

À Nîmes, formations universitaires et jeunes créateurs produisent un design « social ». Un design qui n’aboutit pas forcément à la création d’objets. Mais qui privilégie l’élaboration de services d’intérêt général, co-conçus avec citoyens et usagers.

Par François Delotte

Et si les services se « designaient » comme les objets ? C’est le pari entreprit avec le design social. Un design complet, qui met le citoyen et l’usager au cœur de ses réalisations. « Le design traditionnel a pour objectif principal de produire des objets de consommation courante, de la voiture à la tasse de café. Le design social a lui un objectif supérieur : se mettre au service du bien commun », précise Stéphane Vial, maître de conférence en design à l’université de Nîmes et directeur de PROJEKT (lire l’interview ci-dessous), laboratoire de design d’innovation sociale. La préfecture du Gard apparaît aujourd’hui comme l’épicentre de cette discipline peu connue du public. Et ce, notamment grâce au développement de deux masters – dont un professionnel (le seul spécifiquement dédié au design social en France) – et d’un axe de recherche dédié à la faculté des arts, lettres et langues.

Ces parcours universitaires ont permis à des professionnels de se former, avant de créer leur propre agence à Nîmes. C’est le cas d’Emma Livet – 26 ans – et Sophie Krawczyk – 25...

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Vers un artisanat COLLABORATIF

Créé le : 11/09/2017
© F. Delotte

Échange de savoir-faire et mutualisation de moyens : l’artisanat renouvelle son ancestral compagnonnage via l’influence des « FabLabs » et du numérique dans des lieux partagés qui émergent sur tous les territoires.

 
 

 

DES ATELIERS partagés et connectés

Par François Delotte

Bois, métal, électronique ou textile. Un peu partout en région, des artisans viennent travailler leurs matières et concevoir leurs objets dans des ateliers collaboratifs. Ces lieux, souvent ouverts au grand public et aux nouvelles technologies, permettent de mutualiser moyens et compétences. Mais aussi de lutter contre l’isolement des créateurs.

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Jean-Pierre Kieffer, OABA : "il faut interdire l'abattage sans étourdissement"

Créé le : 20/09/2016
Capture écran de la dernière vidéo de L214 tournée dans un abattoir de Nouvelle Aquitaine. crédits : DR

Alors que la commission d'enquête parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie vient de rendre public son rapport, l'association L214 publie une vidéo montrant des animaux abattus sans étourdissement durant l'abattage rituel de l'Aid el-Kebir. Le vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l'association O.A.B.A (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs) nous livre son avis sur l’évolution de la réglementation de l'abattage.

Retrouvez notre dossier « Abattage : peut-on faire autrement ? » dans notre numéro 1 de Sans Transition !

Quelle est votre position à propos de l'abattage des animaux sans étourdissement ?

Une loi a rendu obligatoire l'étourdissement des animaux avant la saignée en 1964, notamment grâce à l'action de l'O.A.B.A. Mais il existe une dérogation à cette obligation : la loi européenne autorise l'abattage rituel, c'est-à-dire sans étourdissement.

Cela n'est donc pas illégal mais cela reste inacceptable. Nous trouvons absurde que cette pratique soit autorisée et nous avons d'ailleurs déposé un recours auprès du conseil d’État, qui a été refusé en 2015. Nous considérons que l'argument religieux n'est pas suffisant pour avoir une dérogation à la loi. La loi impose d'utiliser la méthode qui limite le plus la douleur de l'animal. Les scientifiques ont prouvé que la perte de conscience, le moment où l'animal ne sent plus rien, peut être très long après l’égorgement, jusqu'à 14mn pour les bovins.

Pour un pays laïque est-il logique d'accorder une dérogation uniquement parce que l'on dit que c'est rituel ? Il y a pourtant des pays à majorité musulmane ou l’étourdissement est obligatoire comme en Malaisie ou en Jordanie.

 

Le rapport de la commission d'enquête parlementaire propose un contrôle vidéo des abattoirs, pensez-vous que cela puisse améliorer le bien-être animal ?

C'est une mesure utile mais pas suffisante. Il y a en effet un manque de vétérinaires inspecteurs et les caméras pourraient les aider. Mais il faudrait surtout que la réglementation soit appliquée. Avant de promulguer des nouvelles lois, il faut faire appliquer la réglementation existante. Pour cela il est nécessaire d’accroître la surveillance au niveau des postes d'abattage. Mais nous pensons qu'il serait souhaitable que les opérateurs soient mieux formés avec des formations pratiques pour mieux apprendre les gestes.

Le rapport ne propose pas d’interdire l'abattage sans étourdissement. Or, au XXIème siècle, celui-ci ne devrait plus exister ! Si des mesures ne sont pas prises les gens vont avoir de moins en moins confiance pour acheter de la viande. Aujourd'hui il n'y a pas d’étiquetage pour indiquer le mode d'abattage. Les bouchers sont mal à l'aise à ce sujet car ils ne peuvent garantir à leurs clients que l'animal a été abattu avec étourdissement.

Pensez-vous que la réglementation autours de l'abattage peut évoluer grâce à la campagne présidentielle de 2017 ?

Le sujet va être obligatoirement abordé durant la campagne de 2017. En 2012 celui-ci avait beaucoup été soulevé, notamment suite à un film «  la viande dans tous ses états » qui avait entraîné de nombreuses prises de position. Malheureusement le FN avait repris le débat et détourné le sujet de la souffrance animale vers les thèmes de l'identité ou de la religion. Nous ne souhaitons pas du tout stigmatiser une religion ou une communauté, seulement s'attaquer à la souffrance animale.

Plus d'infos :

www.oaba.fr

Matmatah : « Nous ne sommes pas engagés mais conscients »

Créé le : 12/09/2018
Crédit : JD

Le groupe de rock finistérien défendait sur scène, cet été, les titres de son dernier album, Plates coutures. Certaines chansons, comme « Nous y sommes », apparaissent comme concernées, notamment par le sort réservé à la planète. Si les musiciens ont confiance en les jeunes générations, ils sont formels : « ça n'est pas en culpabilisants les individus que les choses changeront ». Rencontre dans le cadre du dernier Foreztival, dans la Loire, en août dernier. 

Entretien réalisé avec la radio locale lyonnaise, Radio Pluriel.

[AUDIO] - Retour sur les Rencontres Nationales de l'Habitat Participatif de Nantes

Créé le : 10/09/2018

Sans Transition ! participait aux troisièmes Rencontres Nationales de l'Habitat Participatif, à Nantes, les 5, 6 et 7 juillet dernier. Retour en interviews sonores sur cet événement.  Ces trois jours d'échanges et de débats ont réunis les grands acteurs d'un mouvement qui promeut une autre façon d'habiter.

Interviews et photos réalisées par Benoît Vandestick

Pascale Chiron « Nous mettons à disposition des terrains réservés à l'habitat participatif »

Pascale Chiron est vice présidente en charge du logement social et des nouvelles formes d’habiter à Nantes métropole. Elle encourage à la diversité des formes d’habiter, dans laquelle s’inscrit l’habitat participatif. Pour ce faire, elle a participé à mettre à disposition une vingtaine de sites réservés à l’habitat participatif.

 

Christian Chevé « Le participatif c’est un petit plus pour faire rêver les habitants »

Christian Chevé est président de Foncier solidaire et directeur de Coop’immo, une coopérative HLM de la région parisienne. La coopérative s’est lancée dans l’habitat participatif depuis quatre ans. Il observe que les habitants sont très réceptifs à ce mode d’habiter.

 

François Desrues « Comment faire mouvement dans l'habitat participatif ? »

François Desrues est porte-parole de la Coordin’action Nationlae, réseau associatif des habitants. Il revient sur le sens de ces rencontres. L’idée est de dynamiser le mouvement de l’habitat participatif, créer des convergences et investir de nouveaux champs comme l’élargissement aux quartiers populaires.

 

Olivier Cencetti « L’organisation de ces rencontres était participative »

Olivier Cencetti est chargé de projet à l’Echo-habitants, association d’aide aux projets d’habitat participatif. Il a organisé ces rencontres nationales. Les structures présentes ont pu participer à l’organisation en donnant leur avis et précisant leurs souhaits de thèmes à aborder. Résultat : un programme éclectique riche en contenus.

 

Stefan Singer « le participatif, c'est aussi un objectif de transformation des rapports sociaux, de la qualité de l’habitat »

Stefan Singer est directeur de Hab-fab, une entreprise de conseil et d’accompagnement aux projets d’habitat participatif, implantée en Occitanie. Il voit venir tant des collectifs d’habitants que des collectivités ou des promoteurs.

 

Stéphane Pleiber « L’habitat participatif porte des valeurs qui me correspondent »

Stéphane Pleiber se lance actuellement dans un projet d’habitat participatif dans la commune de Rezé (44). Il se retrouve dans les valeurs écologiques, de partage et d’intergénérationnel. Il est venu aux rencontres nationales pour se renseigner sur la mise en place d’un habitat participatif et la vie dans ce type d’habitat.

 

Gabrielle Paoli « Nos projets sont centrés sur le lien à la terre »

Gabrielle Paoli est chargée de mission au réseau Colibris. Elle s’occupe d’animer les éco-lieux aussi appelés oasis. Ces habitats participatifs ont la particularité d’être ruraux et centrés sur le lien à la terre et la recherche de résilience et d’autonomie en produisant notamment nourriture et énergie.

 

Damien Varesano et Pauline Leporcq « La force de ces projets, c’est la force du réseau »

Damien et Pauline travaillent pour Urbamonde. Cette association genevoise finance des projets d’habitat participatif dans des milieux défavorisés.

 

Frédéric Jozon « La vie en habitat participatif est très dynamique et très riche »

Frédéric Jozon vit en habitat participatif à Montpellier, depuis deux ans. Il apprécie particulièrement l’équilibre entre le collectif et le respect de l’intimité de chacun.

Pesticides : les victimes bretonnes n'en peuvent plus !

Créé le : 02/09/2018
Armel Richomme à côté de son ancien pulvérisateur. Il ne se protégeait pas toujours quand il traitait, comme avec ce colorant nitré, l’Herbogil : « Sans les gants, on avait les mains toutes jaunes et elles restaient comme ça plusieurs jours. On avait beau savonner et frotter, c’était un produit tenace. » - Crédit : E.Veyssié

Par Emilie Veyssié

Ils sont paysans et ont contracté une pathologie suite à l’utilisation de pesticides. Commencent alors deux combats. Celui contre la maladie et celui pour la faire reconnaître auprès de la MSA. Entre le manque d’information, les démarches complexes et les rentes minorées, les agriculteurs ne s’en sortent pas tous seuls. La proposition de loi pour la création d’un fonds d’indemnisation des victimes pourrait changer les choses. Mais la ministre de la Santé y est fermement opposée.

La nuit s’apprête à tomber sur l’exploitation familiale. La ferme, située à Caro dans le Morbihan, compte une centaine de vaches laitières. Elle est en bio depuis 2015. Une conversion impensable auparavant pour Noël Rozé, habitué dès l’enfance à utiliser le pulvérisateur pour traiter chimiquement les cultures. « C’était systématique, on ne se demandait même pas si c’était nécessaire », explique calmement le paysan. Cela durera plus de trente ans. Puis en 2014, il sent une grosseur dans sa gorge. Le diagnostic est grave : il est atteint d’un cancer atypique fulgurant. « Les médecins m’ont dit que les pesticides étaient sûrement responsables de mon état », poursuit-il, amer, en se préparant un café dans la petite cuisine encombrée. C’est le déclic. Il continuera à travailler, mais en agriculture biologique.

En 2016, poussé par son médecin traitant, Noël Rozé fait une demande de reconnaissance en maladie professionnelle auprès de sa caisse d’assurance maladie : la Mutualité sociale agricole (MSA). D’abord, pour être indemnisé, mais aussi pour que la cause de...

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