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Société

Jean-Pierre Kieffer, OABA : "il faut interdire l'abattage sans étourdissement"

Créé le : 20/09/2016
Capture écran de la dernière vidéo de L214 tournée dans un abattoir de Nouvelle Aquitaine. crédits : DR

Alors que la commission d'enquête parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie vient de rendre public son rapport, l'association L214 publie une vidéo montrant des animaux abattus sans étourdissement durant l'abattage rituel de l'Aid el-Kebir. Le vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l'association O.A.B.A (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs) nous livre son avis sur l’évolution de la réglementation de l'abattage.

Retrouvez notre dossier « Abattage : peut-on faire autrement ? » dans notre numéro 1 de Sans Transition !

Quelle est votre position à propos de l'abattage des animaux sans étourdissement ?

Une loi a rendu obligatoire l'étourdissement des animaux avant la saignée en 1964, notamment grâce à l'action de l'O.A.B.A. Mais il existe une dérogation à cette obligation : la loi européenne autorise l'abattage rituel, c'est-à-dire sans étourdissement.

Cela n'est donc pas illégal mais cela reste inacceptable. Nous trouvons absurde que cette pratique soit autorisée et nous avons d'ailleurs déposé un recours auprès du conseil d’État, qui a été refusé en 2015. Nous considérons que l'argument religieux n'est pas suffisant pour avoir une dérogation à la loi. La loi impose d'utiliser la méthode qui limite le plus la douleur de l'animal. Les scientifiques ont prouvé que la perte de conscience, le moment où l'animal ne sent plus rien, peut être très long après l’égorgement, jusqu'à 14mn pour les bovins.

Pour un pays laïque est-il logique d'accorder une dérogation uniquement parce que l'on dit que c'est rituel ? Il y a pourtant des pays à majorité musulmane ou l’étourdissement est obligatoire comme en Malaisie ou en Jordanie.

 

Le rapport de la commission d'enquête parlementaire propose un contrôle vidéo des abattoirs, pensez-vous que cela puisse améliorer le bien-être animal ?

C'est une mesure utile mais pas suffisante. Il y a en effet un manque de vétérinaires inspecteurs et les caméras pourraient les aider. Mais il faudrait surtout que la réglementation soit appliquée. Avant de promulguer des nouvelles lois, il faut faire appliquer la réglementation existante. Pour cela il est nécessaire d’accroître la surveillance au niveau des postes d'abattage. Mais nous pensons qu'il serait souhaitable que les opérateurs soient mieux formés avec des formations pratiques pour mieux apprendre les gestes.

Le rapport ne propose pas d’interdire l'abattage sans étourdissement. Or, au XXIème siècle, celui-ci ne devrait plus exister ! Si des mesures ne sont pas prises les gens vont avoir de moins en moins confiance pour acheter de la viande. Aujourd'hui il n'y a pas d’étiquetage pour indiquer le mode d'abattage. Les bouchers sont mal à l'aise à ce sujet car ils ne peuvent garantir à leurs clients que l'animal a été abattu avec étourdissement.

Pensez-vous que la réglementation autours de l'abattage peut évoluer grâce à la campagne présidentielle de 2017 ?

Le sujet va être obligatoirement abordé durant la campagne de 2017. En 2012 celui-ci avait beaucoup été soulevé, notamment suite à un film «  la viande dans tous ses états » qui avait entraîné de nombreuses prises de position. Malheureusement le FN avait repris le débat et détourné le sujet de la souffrance animale vers les thèmes de l'identité ou de la religion. Nous ne souhaitons pas du tout stigmatiser une religion ou une communauté, seulement s'attaquer à la souffrance animale.

Plus d'infos :

www.oaba.fr

MONTPELLIER : DES ETUDIANTS INNOVENT AU SERVICE DU HANDICAP

Créé le : 26/06/2017
Adrien, Charles, Julie, Bastien et Arnold, l'équipe montpelliéraine en lice aux « 24 heures de l’innovation au service du handicap ». Crédit photo : Abadie Laurie

La deuxième édition des « 24 heures de l’innovation au service du handicap » a simultanément eu lieu aux EPF (école d’ingénieurs) de Montpellier (34), Sceaux (92) et Troyes (10), les 22 et 23 juin. Sans Transition ! Occitanie a suivi les apprentis ingénieurs de Montpellier dans ce marathon de l’innovation.

Proposer des solutions innovantes facilitant le quotidien des personnes en situation de handicap, voilà l'objectif des « 24 heures de l’innovation au service du handicap ». Une expérience qui a également vocation à « éveiller les consciences et mettre en pratique l'apprentissage des étudiants ingénieurs », précise Sandrine Pincemin, enseignante-chercheure à l'école d'ingénieure EPF de Montpellier, en charge de l'encadrement des étudiants de quatrième année qui participent au concours.
 

Un programme bien chargé

Jeudi 22 juin, il est 10h. Les étudiants en ingénierie énergétique se remettent à peine de la Fête de la musique qu'ils entament déjà une course contre la montre. Leur établissement, comme ceux de Troyes et de Sceaux, débute un « marathon » de l'innovation de 24 heures . Une fois les consignes énoncées, les 80 élèves en quatrième année d’ingénierie s’entretiennent avec les experts du handicap présents. L'important est aussi d'orienter leur réflexions et leur travail grâce aux témoignages de personnes en situation de handicap (moteur ou sensoriel).
 
Vendredi 23 juin, dernière ligne droite. Après une nuit à plancher et seulement une ou deux heures de sommeil, les huit équipes montpelliéraines présentent leur travail au jury. Le projet d’innovation sélectionné pour représenter l'école montpelliéraine et affronter les deux autres campus est celui d'Adrien, Charles, Julie, Bastien et Arnold.
 
« Les actions du quotidien », c’est le nom fictif qu’ils donnent à leur collectif. Pas d'innovation électronique ou domotique pour leur projet : ils ont choisi de développer une pince à embouts interchangeables. Cet outil télescopique permettrait aux personnes en situation de handicap, de nanisme ou tout simplement âgées, d’atteindre les objets quotidiens difficiles d’accès. Les cinq amis conçoivent également un dispositif à base de ventouses permettant aux personnes à mobilité réduite de se déplacer d’une chaise à l’autre sans que celle-ci ne risque de glisser. Enfin, leur dernière création consiste à faciliter et sécuriser l’activité nautique des individus en situation de handicap : le système repose sur un palonnier fixé aux coudes des participants qui se décroche en cas de choc, sur le principe du mécanisme de ski alpin. Delphine Le Sausse, pharmacienne paraplégique et multi-championne du monde de ski nautique, encourage leur démarche : « c’est très simple, et très facilement réalisable. Mais surtout, cela pourrait être très utile ».
 

Palmarès

Suite aux délibérations des jurys de chaque établissement, c’est l’équipe scéenne qui décroche la première place avec sa « Gyro Ball », un fauteuil capable de se déplacer de manière transversale grâce aux mouvements du corps. Clément, Antoine, Thibaut, Antoine, Pierre, Arnaud et Gaël remportent des Smartbox ainsi qu’un casque de réalité virtuelle.
 
Quant à l'équipe montpelliéraine, elle termine sur la troisième marche du podium, derrière le groupe troyen « Way to Go » composé de Marion, Mathilde, Léa, Laura, Perrine et Caroline. L’expérience reste malgré tout positive pour tous les participants. « Ce qui était véritablement enrichissant était de pouvoir discuter avec les personnes en situation de handicap », exprime Charles, en écho à Julie, qui apprécie avoir « pu comprendre quels étaient leurs vrais problèmes quotidiens ». Pour Bastien, cette expérience s’apparente même à « une leçon de vie » qu’il encourage à reconduire l’an prochain.
 
Plus d'infos : 

JEUNES, BRETONS ET ENGAGÉS

Créé le : 26/04/2017
© Valentin Asselain

Qu’ils soient militants, volontaires en service civique ou bénévoles, les jeunes Bretons s’engagent. Ils feraient presque taire les poncifs qui font de la jeunesse une catégorie de la population particulièrement passive face à un avenir qui, pourtant, les concerne en tout premier lieu. La Bretagne fait-elle figure d’exception ? Comment se traduit l’engagement des jeunes Bretons ? Reportage quelques jours avant le premier tour des élections présidentielles.


Une jeunesse militante

Dans l’imaginaire collectif, la jeunesse apparaît souvent comme désengagée, en retrait de la vie politique. Bien que singulière en de nombreux points, la Bretagne ne semble pas échapper à cette règle au vu des chiffres des présidentielles de 2012. Hormis les plus de 80 ans, ce sont les 18-29 ans qui ont le moins voté. Pourtant, la Bretagne est la première région en termes d’inscription des jeunes sur les listes électorales, avec 89,6 % des 18- 24 ans, contre 85 % de moyenne en...

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Albi fait sa transition !

Créé le : 25/04/2017

Par Albi en Transition

La Transition est un mouvement international basé sur le concept de résilience (capacité d'un système à réagir aux crises et à être autonome). En 2006, des citoyens anglais conscients des crises écologiques, économiques, sociales et énergétique, ont décidé de se mettre en mouvement afin de trouver eux-mêmes des solutions à ces enjeux, sans attendre qu'elles viennent des politiques. L'idée était de donner une impulsion en proposant des solutions alternatives concrètes, plutôt que de simplement exprimer un mécontentement.

Cette initiative a été reprise un peu partout dans le monde et constitue aujourd'hui le réseau des Villes en Transition. Son but est d'inviter les populations locales à passer à l'action et à inventer des solutions adaptées à leurs réalités, pour construire ensemble un avenir meilleur.

À Albi, l'association ACTIF (Association de Citoyens en Transition pour des Initiatives Facilitées) a été créée dans le but d'offrir une existence légale à toutes les initiatives locales s'inscrivant dans le principe des Villes en Transition.

Dans ce cadre, le collectif Albi en Transition a pour motivation de fédérer et de promouvoir les différentes initiatives et événements locaux. Dans ce but, depuis 2013, il organise en septembre la Fête de la Transition, en parallèle de la journée nationale de la Transition Citoyenne. Cette année, deux journées sont programmées :

  • La Fête de la Transition Intérieure les 27 et 28 mai 2017, place du Foirail et Maison de Quartier du Castelviel.

  • La Fête de la Transition Citoyenne , le dimanche 24 septembre 2017 à la ferme de Pratgraussals.

Un mardi par mois, le collectif organise également des projections-débats à la Maison des Jeunes et de la Culture d'Albi, sur des sujets proposés par les participants eux-mêmes : les Mardis en Transition.

Tous les citoyens sans exception sont les bienvenus pour rejoindre la Transition !

Pour vous informer :

À vos agendas :

  • Mardi 09 mai 2017 : Mardi en Transition à 18h30 à la MJC d'Albi. Thème : FabLab Albi

  • Mardi 13 juin 2017 : Mardi en Transition à 18h30 à la MJC d'Albi. Thème : les énergies alternatives

VIDEOS – Boris Cyrulnik : « La résilience, c'est métamorphoser la souffrance »

Créé le : 07/04/2017
Boris Cyrulnik sur la scène du théâtre Toursky

700 personnes sont venues assister à la conférence que donnait le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik à Marseille, au théâtre Toursky, le 5 avril dernier. Un événement organisé par Sans Transition !, sur le thème de la résilience. Ce concept, développé en France par Boris Cyrulnik pourrait être défini rapidement comme « renaître de ses souffrances après un trauma ».  

Vers des villes résilientes ?

La notion de résilience est désormais adaptée à de nombreuses disciplines, parmi lesquelles, l'urbanisme. C'est justement sur cette thématique que s'est concentrée la deuxième partie de la soirée du 5 avril, avec une table-ronde intitulée « Vers des villes résilientes ? ». Sont intervenus, aux côtés de Boris Cyrulnik, l'écrivain André Bucher, Vincent Fouchier, docteur en urbanisme et Directeur général adjoint de la métropole Aix-Marseille, et Claire Poutaraud, urbaniste du réseau d'habitat et d'urbanisme durable Envirobat-BDM.

Sans Transition ! tient à remercier l'ensemble de ses partenaires pour l'organisation de cette manifestation : le théâtre Toursky, Envirobat-BDM, Biocoop, la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire de Paca et la Banque Populaire Méditerranée.

Retrouvez ici les vidéos de cette soirée stimulante au cours de laquelle a aussi eu lieu un temps d'échange avec le public. 

 


Conférence de Boris Cyrulnik - Théâtre Toursky... par Sans_Transition

 


Conférence Boris Cyrulnik Partie 2-1 par Sans_Transition

Boris Cyrulnik : « redonner du sens à la vie »

Créé le : 04/04/2017

Il a fait connaître en France le concept de résilience (renaître de sa souffrance), Le Neuro-psychiatre, Boris Cyrulnik est l'invité de Sans Transition !, ce mercredi soir, au théâtre Toursky, à Marseille. Rencontre avec ce psy de renom pour mieux comprendre ce qu’est vraiment le « bien-être ».

Burn out, suicide, souffrance… Pourquoi de plus en plus de gens souffrent tant au travail ?

L’homme souffre d’abord psychologiquement au travail, bien que la souffrance physique se manifeste toujours dans certains métiers, notamment par la sédentarité que provoquent les machines. Par manque d’activité physique notamment dans leur travail, de nombreuses personnes sont touchées par le diabète, les maladies cardio-vasculaires la malbouffe et autres troubles de la sédentarisation. Avec Internet : d’aucuns peuvent même aller jusqu’à passer entièrement leur vie du fauteuil au lit… A contrario, quand j’étais gamin, le travail se caractérisait d’abord par une souffrance physique. Les paysans se levaient à l’aube, mangeaient à peine à midi. J’ai le souvenir de mon père croquant un quignon de pain au déjeuner. Les paysans et mineurs travaillaient à l’époque jusqu’à 15h par jour. Le labeur prenait alors la forme d’une souffrance avant tout physique. Désormais, la souffrance est provoquée par nos progrès technologiques. Nous faisons passer les machines avant les hommes. Certes, l’homme a fait de gros progrès technologiques, mais au prix d’une altération majeure des relations humaines au quotidien. Nous pouvons dire que ces relations humaines sont pour l’heure « déritualisées ».

Qu’appelez-vous la « déritualisation » sociale et en quoi ce phénomène nuit-il aux humains dans leur quotidien ?

Au travail, on se dit de moins en moins « bonjour », voire uniquement par l’intermédiaire d’écrans. Parallèlement, les entraides tendent à disparaître au quotidien. Lorsque j’étais étudiant en médecine, les jeunes étaient plus solidaires. Maintenant les étudiants cachent leurs cours car le copain est devenu un concurrent… C’est le sprint social, la compétition au détriment de la coopération, qui désolidarise les familles. Prenons l’exemple des agriculteurs, un métier dans lequel la solidarité a toujours eu une grande place. Aujourd’hui, les nouveaux paysans sont devenus des entrepreneurs de haut vol, des chimistes, des mécaniciens. Mais ils sont de plus en plus seuls sur leur tracteur. Le lien social disparaît. C’est d’ailleurs bien souvent pour cela qu’ils font face à d’importants risques psychosociaux, dont les suicides…

En quoi ces générations passées que vous évoquez tissaient-elles davantage de lien social ?

Jadis, malgré l’épuisement physique, il y avait bien souvent davantage de convivialité (à l’instar des fêtes de village), associée à une véritable culture populaire. Des cars ramassaient les ouvriers d’Aubervilliers pour faire la fête, voir des opéras, du sport… J’habite à la Seyne-sur-Mer dans le Var et tous les week-ends les italiens et les polonais jouaient de la musique ensemble. C’était un délice relationnel malgré l’épuisement physique. Un vecteur de bien-être. Tout cela a disparu. Lors des fêtes d’entreprise, les gens n’éprouvent plus cette authenticité. Ces soirées sont elles-mêmes de grands spectacles commerciaux. Et la fête de la musique devient également un raout commercial, un boucan. Il faut du temps, pour transformer les rituels…

Comment en est-on arrivé à cette perte de repères et de liens ?

Pour comprendre, nous devons remonter le temps jusqu’à nos origines. Avec Homo Sapiens, notre espérance de vie était brève. Jusqu’au XIXe siècle et la révolution industrielle, l’espérance de vie des femmes avoisinait 36 ans. Au Congo, c’est 40 ans actuellement. Il y avait jadis la famine, le froid, et déjà la pollution des grandes villes avec la révolution industrielle. Les risques écologiques étaient déjà grands. Jusqu’en 1950, il fallait triompher de la nature, c’était notre ennemi. Triompher du tétanos, de la polio… Pour vivre mieux. Depuis 1960, la culture est devenue notre ennemie car la culture a modifié la nature, au risque de nous faire perdre la tête. C’est nous qui intoxiquons l’eau, l’air… c’est nous les humains qui avons dégradé l’environnement. Nous influons même notre climat planétaire : la sécheresse est en train de se développer à grande vitesse. Or sans eau notre espérance de vie est courte. Face à cet environnement chamboulé, beaucoup de repères ont été perdus. Résultat : la migration devient urgente à cause des catastrophes humaines et politiques. 60 millions de migrants arpentent la planète. On en attend 200 millions les prochaines années. Jusqu’à maintenant, les migrants participaient à la richesse d’un pays d’accueil or si 200 millions de gens sont obligés de partir de chez eux, il va y avoir un énorme bouleversement culturel. Je fais le pari que ça va être l’enjeu majeur des années à venir…

Dans ce contexte « déritualisé », peut-on vraiment envisager un état de bien-être collectif durable ?

Le bien-être est le résultat d’un rythme, d’une alternance entre la fatigue physique et le repos physique. Entre l’effort intellectuel et la décontraction intellectuelle. Si l’on perd ce rythme, alors on arrive à des situations difficiles, où les risques psychosociaux (RPS) deviennent prégnants. Où l’humain décroche. Ainsi, notre société invite au décrochage. Paradoxalement, alors que nous n’avons jamais été autant en bonne santé, on observe pourtant beaucoup de mal-être au quotidien. Pour envisager un bien-être collectif, nous devons remettre du sens dans le travail, dans nos vies. Pour retrouver le goût de l’effort et l’intensité qui précède le bien-être. Aujourd’hui on accumule, on consomme dans l’urgence. Cette consommation dans l’urgence n’a malheureusement plus aucun sens. Seule la drogue permet de jouir sans y mettre du sens.

Pourquoi certains ont-ils perdu le sens de la vie ?

Pour parler de sens, parlons de signification et de direction. Jusqu’ici, le rêve était de triompher de la nature, désormais seule une minorité rêve d’aventure sociale. Une majorité n’a plus accès au rêve. Pour nos grands-parents, ce sens leur était imposé. À présent, c’est à nous de le recréer. Or on ne peut créer du sens que par la réflexion. Mais tout le monde n’en est pas capable, alors que tout le monde était capable de participer au travail à la mine… On retrouve cette minorité clivée, qui court le monde. Et une majorité de largués pour lesquels la vie n’a plus aucun sens. Ces derniers n’arrivent pas à créer le sens nécessaire.

CINEMA - Yann Richet, « Raconter le récit d'un futur désirable »

Créé le : 28/03/2017
Yann Richet, réalisateur de Nouveau Monde - FD

Le documentaire Nouveau Monde était présenté, lundi soir, dans le cadre du festival Traversées, à Lunel (34). Rencontre avec Yann Richet, réalisateur de ce « road movie écologiste » qui donne la parole aux actrices et acteurs des transitions sur les territoires.

Le film est disponible en DVD.

Le rêve d'une communication non violente

Créé le : 13/02/2017

L'Association pour la Communication Non Violente (ACNV) vient de souffler ses 25 bougies. L'occasion de décrypter cet outil de la psychologie positive fondé dans les années 1960 par l'Américain Marshall Rosenberg. En réalité, plus qu'une façon de s'exprimer et d'écouter, elle est un art de vivre dont bienveillance, respect et empathie sont les maîtres mots. Zoom sur une façon de communiquer qui aspire à changer la société en profondeur.

 


Reportage 

Le premier festival rennais de communication non violente (CNV) a eu lieu l'automne dernier en centre-ville. Un événement organisé dans le but de « semer des graines de bienveillance ». Tout au long de la journée, des ateliers ont permis aux nombreux participants de pratiquer ce véritable art de vivre. 

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À Saillans, l’utopie se travaille d’arrache-pied

Créé le : 06/02/2017
Crédit : L'Age de Faire

Dans ce village de Drôme, un quart des adultes participe à la politique locale à travers des commissions et des groupes de travail. La municipalité veut continuer à élargir le cercle des personnes concernées, et associer la population aux dossiers les plus ardus, comme le budget ou le Plan local d’urbanisme.

Un article de nos partenaires de L'Âge de faire.

À Saillans, le Café des sports est incontournable : c’est le seul établissement ouvert chaque jour, à toute heure et en toute saison, dans ce village coincé entre les montagnes et la Drôme qui lui mouille les pieds. Les journalistes y sont envoyés lorsqu’ils veulent des avis critiques sur la gestion municipale. Parmi les clients, il y aura toujours quelqu’un pour se plaindre des nombreuses réunions « faites pour ceux qui ne travaillent pas », des places de parking supprimées ou du fait « qu’on ne sait pas qui commande »… L’affluence des médias, intrigués par le fonctionnement atypique de la liste qui a remporté les élections municipales de 2014, a suscité de l’agacement dans ce bourg de 1200 habitants, en donnant l’impression que les élue-s étaient plus efficaces pour communiquer que pour agir, et en confrontant presque systématiquement « les pour » et « les contre ».

Quand je lui demande ce qu’il pense de tout ça, Laurent Bernard, l’un des deux patrons du bar, évite soigneusement le piège du manichéisme. Certes, il regrette que le conseil municipal soit « devenu politique ». Est-ce mal de faire de la politique ? « Oui. La politique, ce sont les pourris qui nous gouvernent », dit-il en levant le menton en direction du ciel… ou du sommet de l’État, là-bas, très loin. Cette définition est à mille lieux de celle de Tristan Rechid, qui a formé les élu-e-s de Saillans aux méthodes de l’éducation populaire : « Le politique, c’est l’habitant, pas l’élu. L’élu est un représentant qui anime le processus. » N’empêche. Le conseil des sages, auquel appartient Tristan et qui accompagne l’action municipale, ira bientôt à la rencontre des habitants dans différents lieux publics, dont le Café des sports. Laurent Bernard en est plutôt content. « Ici, c’est ouvert à tous. »

De fait, en terrasse et dans la salle, à peu près tout le monde se côtoie dans un va-et-vient permanent : des grand-mères qui se retrouvent autour de leur café quotidien, des jeunes parents avec bébé en écharpe, des chasseurs, des écolos, des gens « du cru », des néo-ruraux, des travailleurs saisonniers… Toute la diversité de la Drôme, dont les composantes ont parfois du mal à se comprendre, est là.

« Je suis un peu de l’ancienne école »

Sébastien Dragan est arrivé de la Marne il y a près de vingt ans. Il a longtemps tenu la pizzeria à deux pas du café. Il raconte qu’aux élections, « je n’étais pas spécialement pour cette liste. Je suis un peu de l’ancienne école, à penser qu’on est élu pour décider. » Son parcours professionnel l’a finalement poussé à rejoindre la commission Économie. En septembre, pour la Semaine de l’économie locale, « nous avons fait une expo photo sur les acteurs économiques : commerçants, artisans, artistes… La plupart ont joué le jeu, et ont organisé en tout une quarantaine d’ateliers. Ce genre de choses donne de la fierté à des gens qui ont besoin de reconnaissance. Ça les amène à s’ouvrir à la démarche. »

C’est l’un des grands questionnements du moment à Saillans : comment élargir le cercle des 230 personnes (24 % de la population majeure) qui participent aux commissions et aux Groupes action-projet ? « Ce sont surtout des peurs qui bloquent les gens, estime Sébastien. Peur de ne pas trouver leur place, d’être dépossédés de leurs droits sur le village. Et puis, il faudra quelques générations pour que les gens redeviennent acteurs de leur propre vie ! »

Le fonctionnement de la municipalité de Saillans repose sur deux grands principes : la collégialité et la participation. La collégialité concerne le conseil municipal proprement dit. Ici, pas de système pyramidal avec le maire tout en haut, puis ses adjoints, et enfin les simples conseillers. Les élu-e-s se partagent les responsabilités et travaillent en binômes. La participation des habitant-e-s, quant à elle, peut se faire dans les commissions thématiques (finances, aménagement, jeunesse, transparence…) et les Groupes action-projet (jardin public, stationnement-circulation, entraide-bénévolat, rythmes scolaires…). Les citoyens peuvent aussi se porter volontaires pour être membres du conseil des sages, animer des réunions, rédiger la lettre d’information municipale…

« Ce qu’on veut savoir, c’est pourquoi ils ne viennent pas ! »

Deux à trois fois par mois, ils sont également conviés au comité de pilotage, l’un des principaux lieux de décision, où ils peuvent prendre la parole. Les travaux des commissions et des groupes Action-projet y sont présentés et validés ; les questions qui feront l’objet d’un vote officiel en conseil municipal y sont débattues. Sébastien ne va pas souvent au comité de pilotage, mais son père s’y rend régulièrement. « Il a 70 ans, et il se sent honoré qu’on lui demande son avis ! »

J’avais assisté à un comité de pilotage en juin 2014, quand la liste encore toute fraîche et enthousiaste se lançait dans de multiples groupes de travail (lire L’Âge de Faire n°88). Deux ans et demi plus tard, les élu-e-s doivent gérer leur fatigue. Ce jeudi soir de novembre, ça grince parfois un peu dans les échanges, ça frotte entre les tempéraments. Fanny Larroque, qui prend des notes et surveille l’horloge, met de l’huile dans les rouages depuis le mois de septembre. Une subvention de la Fondation de France a permis à la mairie de financer son poste pour un an, soulageant les élu-e-s surmené-e-s.

En début de réunion, des membres du conseil des sages annoncent qu’ils iront discuter à bâtons rompus avec les habitants, sur le marché et dans différents quartiers. Un élu les interpelle : « Nous, ce qu’on veut surtout savoir, c’est pourquoi ils ne viennent pas ! » Une créatrice de vêtements et deux artisans présentent leur projet de recyclerie, pour lequel ils sollicitent un local municipal. Ils proposent aussi de fabriquer de petites remorques qui seraient proposées en libre service dans le centre du bourg, pour transporter les courses sans utiliser de voiture. Puis, après un débat autour de la vente d’un terrain communal, le comité aborde une question épineuse : l’analyse du budget. Agnès Hatton, élue responsable des finances, dit son désarroi : difficile de travailler de façon cohérente quand le coût des projets ne cesse de grossir, gonflé par les imprévus et l’application des normes ! On sent planer sur la salle tout le poids des réglementations et des normes techniques, qui réduisent la liberté politique des communes. Pour y voir plus clair, le comité décide de recourir à un expert qui réalisera une étude globale sur le budget.

L’équipe municipale est aujourd’hui à un tournant. Après avoir organisé plus de 200 réunions participatives et fait émerger des dizaines de projets d’habitants, elle se concentre sur les réalisations. Compostage collectif, réduction de l’éclairage public, installation de panneaux solaires à l’école, aménagement du jardin public… De nombreux projets se sont déjà concrétisés. Les élu-e-s ont aussi eu le temps de digérer certaines réalités qui mettent des bâtons dans les roues de leur utopie. Peu à peu, des solutions se dessinent pour surmonter les obstacles.

Les débuts du tirage au sort

Première réalité, qui revient en boucle : tout le monde ne participe pas. « Aux élections, 43 % des votants n’étaient pas d’accord avec nous, et sur les 57 % qui nous ont élus, beaucoup en avaient juste marre du maire », rappelle Joachim Hirschler, élu référent en Environnement, énergie et mobilité. Fanny a été recrutée pour aller à la rencontre des « abstentionnistes » qui ignorent les réunions publiques. « Mon boulot, c’est de travailler avec ceux qui ne viennent pas, ou ne viennent plus, les déçus, ceux qui ne se sentent pas capables ou qui ont du mal à s’engager sur la durée », explique-t-elle. Les outils numériques et l’organisation de chantiers collectifs bénévoles sont les premières pistes envisagées pour diversifier les formes de participation. Sans oublier le tirage au sort, que le conseil des sages utilise pour recruter ses nouveaux membres et souhaite expérimenter à une échelle plus large. Des citoyens tirés au sort sur les listes électorales devraient ainsi participer, aux côtés des élus, aux travaux concernant la révision du Plan local d’urbanisme (PLU).

« Un rêve d’éducation populaire »

Seconde réalité : la lourdeur du fonctionnement d’une commune laisse les habitants à l’écart des plus gros budgets et des projets de fond. Emmanuel Cappelin, membre du conseil des sages, relève le paradoxe. « On met beaucoup d’énergie dans les Gap (Groupes Action-projet, Ndlr), mais 60 % des finances vont dans le train-train de la mairie… C’est ainsi qu’on évacue le politique du budget, avec le risque de se contenter d’une petite ligne avec laquelle la population fait joujou. » Un débat d’orientation budgétaire est programmé pour le printemps, et des membres du conseil des sages verraient bien des discussions sur le sujet au marché, par exemple. Mais les élu-e-s ont encore eux-mêmes un gros travail à fournir, avant de pouvoir en débattre avec les habitant-e-s.

Une autre piste consiste à inviter la population à travailler sur les « projets structurants », imposés par la réglementation ou par la nécessité de rénover certains équipements. Le conseil municipal a ainsi fait appel à l’association d’éducation populaire « La turbine à graines » pour s’attaquer à un gros morceau : le PLU. Avant la rédaction des objectifs de révision du PLU, les habitant-e-s ont été invité-e-s à travailler sur une carte géante de la commune et autour de tables thématiques ; à décortiquer ensemble des textes réglementaires ; à participer à des promenades de repérage… « Tout le travail qu’on a fait se retrouve dans les objectifs, se réjouit Sébastien, qui a été formé pour aller à la rencontre des habitants et accompagner une promenade. C’est super gratifiant ! » Pour mener l’ensemble de la révision selon cette démarche, la commune devra se mettre en quête de financements.

À mi-mandat, la liste cherche donc à la fois à élargir et à approfondir la participation. Un travail de longue haleine, dont les succès prennent parfois des chemins inattendus. Fernand Karagiannis, élu référent pour l’Économie, se réjouit presque de voir des habitants signer une pétition contre l’installation de bacs à déchets. « Quelque part, ils ont intégré notre fonctionnement. Ils nous disent : « Vous êtes participatifs et vous ne nous informez pas ! » Ça va devenir quelque chose de naturel, qui devrait continuer après nous. » Tristan, lui, attend beaucoup du tirage au sort de citoyens qui travailleront avec les élus et les experts. « Ils vont être formés en urbanisme, en gestion… En fin de mandat, on aura plein de gens compétents. C’est un rêve d’éducation populaire ! »

Lisa Giachino


 

Interview - Tristan Rechid, le passeur

Il était là au début de l’aventure de Saillans. À présent, il se promène à travers la France pour accompagner les collectifs qui veulent faire bouger les lignes de la démocratie locale.

L’ÂdF : En 2013, vous avez formé les futur-e-s élu-e-s de Saillans à l’animation de réunions participatives. Comment cela s’est-il passé ?

Tristan Rechid : À l’époque, j’étais directeur d’un centre social, et les centres sociaux ont pour mission d’accompagner les projets d’habitants. Saillans est devenue un centre social à l’échelle municipale ! On était quelques personnes qui souhaitaient qu’il y ait une autre liste que celle du maire. Mais il n’était pas question d’être candidats. Notre seul boulot, c’était de questionner les gens. La première rencontre a été organisée par une dizaine de personnes qui n’avaient jamais animé une réunion de leur vie. Moi, je n’étais pas là : je travaillais. Pour les préparer, on a fait un jeu de rôles de 3 heures, et à la fin, les personnes étaient en mesure d’accompagner la réunion. Ça a si bien marché qu’il y a eu une autre réunion, et encore une autre…

Aujourd’hui, vous transmettez cette expérience dans d’autres communes…

T.R. : À Saillans, nous sommes beaucoup sollicités par l’extérieur. Un jour, j’ai parlé dans un petit festival. Un inconnu m’a dit : « C’était super, mais maintenant, je fais quoi ? » Cette rencontre m’a convaincu de créer une « conférence articulée », dans laquelle j’articule l’histoire de Saillans avec des outils d’animation de réunions publiques.

Comment ça se passe concrètement ?

T.R. : Le soir, je partage l’expérience de Saillans et je réponds aux questions. Le lendemain, je propose des ateliers qui rejouent la première réunion publique de Saillans. Le matin, les gens font un diagnostic de leur démocratie locale. L’après-midi, ils se mettent en route vers des actions concrètes, et des groupes prennent rendez-vous pour y travailler.

Quelles actions ont été lancées par exemple ?

T.R. : Certains ont décidé de mettre en place une veille auprès du conseil municipal, avec une criée publique. D’autres veulent se former aux techniques participatives et les proposer aux élus. D’autres encore ont choisi de monter un vrai conseil municipal, ou de vrais conseils de quartier, en parallèle aux instances officielles. Je suis surpris car il y a toujours de nouvelles idées qui sortent.

Quelles sont les conditions pour faire appel à vous ?

T.R : Je viens si vous êtes dans la perspective de changer les choses dans votre démocratie locale. L’idée n’est pas de casser de l’élu : il faut tendre la main à ceux qui ne savent pas faire participer les habitants. Par contre, s’ils ne veulent pas en entendre parler, il faut les remplacer ! J’ai appelé ma proposition « 36 000 listes participatives en 2020 ». Le chemin est long, il reste trois ans et demi… L’objectif n’est évidemment pas atteignable, mais je veux accompagner le maximum de collectifs. Je demande un défraiement, une participation au chapeau, et que les participants soient au moins 10.

Vous avez participé à la création du collectif La Belle Démocratie. De quoi s’agit-il ?

T.R : La Belle Démocratie est un label. Elle accueille tous les mouvements qui travaillent sur les questions démocratiques. L’idée est de monter des assemblées locales qui se présentent aux élections sans programme ni candidat. Cela se fait en dehors des partis : je n’en connais aucun qui soit en mesure de respecter cette charte. Mais le jour où ils l’accepteront, pourquoi pas…

 

Propos recueillis par LG


12 veilleurs de démocratie

« On est 12, comme les apôtres », commente Maguy Ailliot, membre du conseil des sages de Saillans – qui doit prochainement changer de nom. Au départ, ce groupe était formé par des membres de la liste citoyenne qui ne souhaitaient pas faire partie du conseil municipal, remplacés au fur et à mesure par tirage au sort. « On s’attribue des veilles dans les comités de pilotage et dans certains groupes où il y a de gros enjeux, pour voir comment ça se passe », explique Maguy. Le conseil des sages fait aussi le lien entre le conseil municipal et la population, et diffuse l’expérience de Saillans à l’extérieur du village. Il est à l’origine de l’association Curieuses démocraties, portée par un collectif d’habitants de la vallée de la Drôme, qui a organisé en septembre 2015 un événement autour de la démocratie locale.

Les jours heureux

En 2004, treize anciens résistants appelaient à « définir ensemble un nouveau programme de résistance : résister, c’est créer ». Cent citoyen-ne-s ont repris cet appel pour élaborer un projet, « Les jours heureux ». Des habitants de Saillans ont participé à la rédaction du chapitre sur la démocratie.

Et nous vivrons des jours heureux, Actes Sud, 2016

À écouter

La République de Saillans, France Culture, documentaire de Sarah Jacquet et Assia Khalid.

Le kit

Le collectif La belle démocratie propose une fiche pratique pour lancer votre assemblée locale. http://labelledemocratie.fr/

Un dossier réalisé par L'Âge de Faire 

Magazines: 
AMENAGER ENSEMBLE nos villes et nos villages - Sans Transition Provence n°3

L'urbanisme participatif : aménager ensemble nos villes et nos villages

Créé le : 30/01/2017
Crédit : Yes We Camp

Par François Delotte

Jardins partagés, écoquartiers conçus avec leurs futurs habitants ou mobilier urbain réalisé avec les riverains d'un espace public : un autre aménagement, centré sur l'écologie, où le faire-ensemble supplante la prescription, émerge partout sur les territoires. L'urbanisme sera partagé ou ne sera pas !

 


Changer la ville avec l'urbanisme participatif

Depuis la fin des années 2000, plusieurs collectifs réunissant architectes, urbanistes et artistes promeuvent un aménagement des quartiers et des espaces publics avec les citoyens. Do it yourself !

 

Assemblée de la Plaine : A Marseille, l'Assemblée de la Plaine se réunit sur la place Jean-Jaurès pour s'opposer au projet de réaménagement du quartier voulu par la ville. © DR

Une grande table et des bancs en bois, des plantes accrochées aux grilles du square et même des cages de football sorties, à l'occasion, pour les gamins du quartier. Au cœur de Marseille, la place Jean-Jaurès, – « la Plaine » pour les locaux –...
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