Société

[INTERVIEW] Rob Hopkins : « Faire vivre cette autre vision du futur »

Créé le : 24/09/2020
conférence à Toulouse le 19/09/20

Photo : Conférence à toulouse le 19/09/2020. crédit Bénédicte bernard

Par Sans transition! 

Ce jeudi soir à Mazan (Vaucluse), s'achève notre cycle de conférences avec Rob Hopkins, enseignant en permaculture et initiateur du mouvement mondial des Villes en transition. A l'occasion de cette dernière soirée, Sans transition! vous livre un extrait de son interview, à retrouver en intégralité dans notre Hors-Série consacré à la transition. 

Propos recueillis par Julien Dezécot

Interprétariat : Rachelle Brévière et Xavier Combe

Comment s’est passé le confinement pour vous Rob ? En avez-vous profité pour faire travailler votre imagination ?

J’ai passé beaucoup de temps chez moi avec trois de mes quatre fils. C’était un moment privilégié en famille. Au début, c’était un peu comme un congé : j’ai jardiné, je me suis consacré à des tâches que j’avais remises à plus tard. J’ai beaucoup lu. Et puis j’ai pu dessiner. Dans ma vie, c’est par l’art que je m’exprime pour faire travailler mon imagination. À l’âge de 17 ans, je faisais de la litho-impression. Je n’ai pas eu l’occasion de faire ça depuis très longtemps mais la lumière de ce printemps était si merveilleuse que ça m’a relancé. Cette possibilité de regarder la nature, de me concentrer pendant quelques heures nourrit mon imagination, me donne de l’espace, du temps, et me permet de comprendre qu’il faut mieux lui prêter attention. Je crois que cette période était ce que l’on peut appeler d’extraordinaire. Un moment de pause et de réflexion. Et comme beaucoup de personnes, je me sens différent à l’issue du confinement. 

En quoi la transition, que vous racontez dans vos ouvrages, est-elle une réponse collective enthousiasmante pour un monde d’après, plus juste et solidaire ?

Les sondages que j'ai pu lire pendant le confinement montrent que beaucoup de gens se disent : « Nous ne voulons pas du monde d’avant, nous devons exploiter cette opportunité pour avancer, pour mettre en place quelque chose de différent et de meilleur ». À Milan, par exemple, 130 km de pistes cyclables vont être construites. Des zones piétonnes se sont étendues dans différentes villes. On regarde aussi l’alimentation de manière différente, avec de nouvelles opportunités, plus locales et biologiques. Les questions sur le monde d’après sont vraiment très présentes dans le mouvement de transition. Celles et ceux qui se posent des questions, mais qui ne connaissent pas le mouvement de la transition, regardent notre mouvement et se disent : « C’est peut-être là que se trouve l’espoir d'un monde plus juste et solidaire ». Et peut-être y aura-t-il, dans les mois à venir, une deuxième vague de pandémie. Peut-être, alors, y aura-t-il aussi une deuxième vague de transition.

Pouvez-vous nous dessiner, à l’échelle d’une ville ou d’un territoire, cette transition concrète construite avec les citoyens ?

L’imagination fleurit lorsqu’elle n’a pas de limite. Lorsqu’une ville ou une région facilite l’imagination de manière explicite et puis la convoque, le champ des possibles s’ouvre. Nous pouvons envisager un modèle économique nouveau, qui maximise le temps et les connexions à notre disposition. Mais nous devons absolument nous éloigner de ce modèle économique d’extraction (extractive top-down economy), en commençant pas nous extraire le plus possible des hydrocarbures pour décarboner nos villes. Pour cela, utilisons les institutions, les hôpitaux, les écoles, les institutions publiques pour mettre en place un modèle où le pouvoir de dépenser de l’argent sera transformé. Donc cette ville en transition, ou cette région, repenserait la démocratie avec des assemblées de citoyens, la mise en place de budgets participatifs, de nouveaux modèles démocratiques qui créeraient des bureaux de l’imagination civique, comme c’est déjà le cas à Bologne. Le but : faire revivre la démocratie et l’imagination, précieuses car vitales. À mesure que les choses se développent, les municipalités, les régions, réétudieraient l’école et la pédagogie : moins de sanctions, de notes et ainsi de suite ; plus d’acquisition de compétences, de culture de l’imagination, plus de rapport avec le lieu, le « local » où se trouve l’école. Je crois que le message principal est : toutes les choses dont nous avons besoin ou que nous pourrions faire pour changer le monde existent déjà, quelque part. Tout existe, tout est à notre disposition. Nous devons simplement utiliser les bonnes ressources à la bonne échelle pour aller de l’avant.

C’est le puzzle de la transition.

Oui. Et ce sera l’époque la plus extraordinaire de l’histoire. La promesse des élections municipales françaises va en ce sens. Dans votre pays les régions, les villes, seront désormais gérées à l’aune de l’urgence climatique. Cette dynamique montre aussi que, dans les années à venir, il faudra une révolution de l’imagination en France. Cette idée est tout à fait stimulante et passionnante.

Comment se construit et évolue le réseau des Villes en transition  que vous avez largement contribué à bâtir ?

La transition, ce n’est pas quelque chose qui fonctionne comme une franchise Coca-Cola. Ce n’est pas contrôlé à partir d’un noyau central. C’est un exemple tout à fait fascinant de comment une idée peut trouver son propre rythme dans le monde. Dans tous les endroits que je visite où la transition est en marche, il y a des choses qui me paraissent familières. J’entends par là, une certaine manière d’envisager le travail, de rêver ensemble, d’imaginer ensemble, de s’engager collectivement, de travailler sur le terrain de manière tangible. Ce qui est vraiment formidable, c’est que chaque endroit, chaque culture, crée sa propre version de la transition. Souvent sans financement, juste avec des bénévoles. 

Aujourd’hui, combien de villes sont en transition dans ce réseau mondial, ou se déclarent comme telles ?

C’est une question difficile. Dans la plupart des villes, la transition se met en place dans des quartiers. À Paris par exemple, il existe 15 ou 20 groupes en transition dans différents quartiers. À Londres, on en compte 45 ou 50. « Transition Londres » n’est qu’un réseau très informel. Le pouvoir de la transition, c’est qu’elle part du terrain. Elle naît à l’échelle d’un quartier, et parfois même à l’échelle d’une rue, d’une école, d’un immeuble. À Sao Paulo, au Brésil, les groupes en transition travaillent dans des quartiers de classes moyennes mais également dans des favelas. L’estimation de leur nombre est donc, de fait, très difficile. Et puis un groupe peut être très actif pendant une certaine période de temps, puis entrer en latence et un autre groupe prend le relais. Je crois qu’au Royaume-Uni, on a recensé quelque 400 groupes. La moitié d’entre eux travaillent en zone urbaine. À l'échelle mondiale, je dirais que plusieurs milliers de groupes sont actifs aujourd'hui.

 

Ce soir, Rob Hopkins donnera une dernière conférence après une tournée exceptionnelle dans toute la France, à 20h30 à la Boiserie de Mazan (route de Modène, Mazan). Plus d'informations sur http://www.sans-transition-magazine.info/rob-hopkins-mazan 

>>>>>Retrouvez nos entretiens vidéos de Rob Hopkins sur notre site Internet : www.sans-transition-magazine.info

>>>>>Commandez notre hors-série consacré à la transition sur http://www.sans-transition-magazine.info/kiosque

[UNICEF] Journée nationale de la qualité de l'air : à l'école, laissons les enfants respirer

Créé le : 14/09/2020
UNICEF

Par UNICEF

En France, trois enfants sur quatre respirent un air pollué. A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, UNICEF France publie un sondage avec Harris Interactive mené auprès des parents sur leurs trajets domicile – école.

Depuis plus d’un an, UNICEF France a mis en évidence les effets graves et durables de la pollution de l’air en ville sur la santé des enfants. Dans plusieurs agglomérations très polluées, le simple fait de respirer les met en danger. Or, malgré une prise de conscience croissante de l’importance de lutter contre la pollution de l’air, encore trop peu de mesures spécifiques sont mises en place pour protéger les enfants, alors même qu’ils sont les plus vulnérables.
Après avoir appelé les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les plus jeunes, UNICEF France donne une nouvelle impulsion à sa campagne contre la pollution de l’air, en appelant à la mise en œuvre d’une mesure simple et essentielle : les rues scolaires.
 

Pollution de l’air : une préoccupation majeure des parents

Les résultats du sondage démontrent que plus des 2/3 des parents d’enfants scolarisés se disent préoccupés par l’exposition de leur(s) enfant(s) à la pollution de l’air au sein de son établissement ou sur le chemin vers l’école. On le comprend facilement quand on sait qu’à Paris par exemple, un établissement (crèches, écoles) recevant des publics sensibles sur quatre se trouve dans une zone dépassant régulièrement les normes en vigueur pour la qualité de l’air.
En dépit de cette forte inquiétude et malgré des distances souvent courtes (moins de 2kms), la voiture reste pour 70% des parents interrogés le mode de transport privilégié pour accompagner leur(s) enfant(s) à l’école. Pourtant contrairement aux idées reçues, la voiture ne protège pas mais concentre la pollution de l’air au sein de l’habitacle. Les parents sont d’ailleurs 84% à souhaiter moins l’utiliser, et majoritairement pour moins polluer. Nombreux sont ceux qui expriment le désir de se tourner vers des modes de transport plus doux. Ils envisagent ainsi le vélo ou la marche à pied, qui permettent de prendre le temps d’aller à l’école, de partager un moment plus agréable avec son enfant et d’échanger plus facilement avec les autres parents d’élèves.
 

Les rues scolaires, une solution simple et qui peut faire la différence

Des solutions existent pour mieux partager l'espace public, en particulier avec les enfants. Déjà adoptées dans plusieurs pays européens dont la Belgique, les rues scolaires consistent en la réduction de la circulation automobile aux abords de l’école de façon temporaire, en fermant la rue aux voitures aux heures d’entrée et de sortie. Grâce à ce dispositif, le nombre de véhicules circulant et stationnant devant les écoles diminue drastiquement et donc les dangers qu’ils représentent, dont la pollution atmosphérique ¹. Le sondage mené révèle que 87% des parents sont favorables à la mise en place d’une rue scolaire autour de l’établissement scolaire de leur enfant. Les raisons principales évoquées sont l’accroissement de la sécurité et la baisse de la pollution.
 

Les maires nouvellement élus ont un rôle déterminant à jouer pour diminuer la pollution de l’air

Pour Sébastien Lyon, directeur d’UNICEF France, « Les parents, premiers concernés sont prêts à diminuer l’utilisation de la voiture sur le chemin de l’école. C’est donc maintenant aux maires d’agir. Bien qu’aujourd’hui, l’importance de lutter contre la pollution de l’air fait consensus, l’importance de protéger les enfants – et donc leurs lieux de vie – semble encore trop peu considérée. »
UNICEF France travaille étroitement avec le Réseau Action Climat France et Greenpeace France² pour encourager les maires des 12 plus grandes villes de France à mettre en œuvre les politiques locales permettant d’améliorer la qualité de l’air des villes. Les communes doivent renforcer leurs connaissances concernant l’exposition des enfants à la pollution de l’air sur leur territoire, repenser les modes de déplacement pour réduire la place de la voiture et développer des alternatives. Elles doivent accélérer les changements de comportement en matière de mobilité et prendre en compte l’exposition à la pollution de l’air dans l’aménagement de l’espace.
  • Créer des Zones à Faibles Emissions autour des établissements accueillant des publics fragiles;
  • Implanter les établissements scolaires ou les crèches à distance des axes routiers très fréquentés ou à l’écart des parkings;
  • Favoriser le « savoir rouler à vélo » dans les écoles et les déplacements collectifs en vélo ou à pied (pédibus ou vélobus)
sont autant de mesures que les conseils municipaux peuvent mettre en place pour diminuer l’exposition aux gaz et particules nocifs et protéger les enfants.
 
Face à l’urgence sanitaire que représente l’exposition de tous et en particulier des enfants à la pollution de l’air, il est grand temps de modifier nos modes de vies urbains pour rendre l’air des villes respirable.
Découvrez notre campagne sur www.unicef.fr/unairpur
 
Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 24 au 31 août 2020. Échantillon de 536 parents d’enfants scolarisés de 0 à 15 ans et résident dans une agglomération d’au moins 100 000 habitants.
Campagne réalisée par l’agence Bottoms UP et le photographe Philippe Garcia
(1) La principale source de pollution atmosphérique dans nos villes est le trafic automobile, 63% des émissions d’oxyde d’azote y sont liées https://www.unicef.fr/article/en-france-3-enfants-sur-4-respirent-un-air-pollue
(2)Rapport de décembre 2019, lutte contre la pollution de l’air : ou en sont les grandes agglomérations françaises : https://www.unicef.fr/article/lutte-contre-la-pollution-de-lair-ou-en-sont-les-grandes-agglomerations-francaises-1

>> Lisez notre supplément réalisé en partenariat avec ATMO SUD dans le numéro 25 de Sans Transition! 

 

 

[HANDICAP] Haro sur les discriminations

Créé le : 23/07/2020
Photo : Sébastien Le Clézio. La manifestation Ni pauvres ni soumis, le 29 mars 2008, avait rassemblé entre 16 000 et 32 000 personnes à Paris pour demander que l’AAH (allocation adulte handicapé) soit équivalente au salaire minimum.

Par Guillaume Bernard

Manque d’aménagements prévus pour le télétravail, difficultés d’accès aux soins, suspicion de tri des patients au détriment des personnes en situation de handicap : la crise du Covid-19, avec son lot d’injustices, a mis en évidence un problème bien plus structurel : 15 ans de politiques discriminatoires qui ont mené à l’abandon des personnes en situation de handicap. Associations et personnes concernées n’hésitent plus à descendre dans la rue et à se mobiliser pour réclamer l’égalité.

La crise du Covid-19 a remis sur le devant de la scène un état de fait : les politiques mises en place depuis 15 ans discriminent les personnes en situation de handicap, réduisant considérablement leurs droits. Pour y mettre fin, le combat pour l'égalité passera par la reprise en main de leurs luttes et la reconnaissance de leurs problématiques par tous.

Vouloir paraître trop consensuel, c’est parfois éveiller les soupçons. En pleine crise du Covid-19, Olivier Véran a pu en faire l’expérience. « Les personnes en situation de handicap doivent bénéficier des mêmes soins que le reste de la population », sermonne le ministre de la Santé, lors de sa conférence de presse du 4 avril. Nul doute ! Alors pourquoi rappeler une telle évidence ?
Stéphane Tripoteau, directeur général adjoint de l'APF-France Handicap (association des paralysés de France) a son explication : « Il y a eu des suspicions de tri pour accéder à la réanimation en défaveur des personnes handicapées. Avec d'autres associations, nous avons très vite informé le ministère, ce qui a donné lieu à cette déclaration. Si aucun cas concret de tri n'a été porté à...

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[VIDEO] Plaidoyer pour des « esprits libres »

Créé le : 18/07/2020
© Capture d'écran vidéo.

Par Sans transition !

La pédagogie Montessori infuse à Grasse. Depuis plus de 5 ans, Laurent Bardin était président de l'école élémentaire Montessori fondée en association. Lui et sa femme ont désormais décidé d'ouvrir depuis 2018, un collège avec pension dans la même dynamique, basé à Thorenc sur la commune d'Andon. L'originalité de ce projet : sa forme coopérative d'intérêt collectif, un Scic. Pour Laurent Bardin, cet établissement baptisé « Les esprits libres » est « une start-up de l'éducation », qui vise à accompagner les jeunes dans une démarche de citoyenneté active, en faveur de l'intérêt général.

La vidéo a été réalisée en partenariat avec l'Union régionale des scop Paca Corse, dans le cadre du projet européen Meco.

[GRAND ENTRETIEN] Luc Frémiot : la lutte contre les violences faites aux femmes est « une question d’engagement »

Créé le : 17/07/2020
Crédit : DR : Luc Frémiot, aujourd’hui retraité de la magistrature et auteur de romans, poursuit son combat.

Crédit : DR : Luc Frémiot, aujourd’hui retraité de la magistrature et auteur de romans, poursuit son combat. 

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chaque année en France, près de 220 000 femmes sont victimes de violences par leur conjoint ou ex-conjoint. L’ex procureur de la République de Douai Luc Frémiot en a fait son combat depuis plus de 10 ans. Alors que le confinement imposé dans le cadre de la crise sanitaire semble avoir exacerbé les violences au sein des foyers,  il estime que les institutions et les politiques s’engagent enfin dans la bonne voie.

Vous avez fustigé le manque d’ambition du Grenelle des violences conjugales, clôturé en novembre dernier. C’était un simple coup de communication ?

J’étais pessimiste au départ, car depuis des années je constate une inertie du gouvernement sur le sujet. Surtout, la secrétaire d’État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, refusait de créer des centres d’accueil pour les auteurs de violence. Cela obligeait les femmes à quitter leur domicile avec leurs enfants, alors que je considère que c’est aux auteurs de le faire ! Avec Eva Darlan(1), nous avons demandé une inspection des services judiciaires(2). Pour les années 2017 et 2018, nous nous sommes aperçus qu’une large majorité des enquêtes n’étaient pas traitées par les services de police et de gendarmerie. Les plaintes étaient transformées en mains courantes, voire non reçues. Les enquêtes envoyées au parquet étaient incomplètes, et celui-ci se contentait de classer sans approfondir le sujet. Enfin, des dispositions importantes comme l’éviction du domicile conjugal(3) de l’auteur des faits n’étaient pas appliquées, pas plus que la prise...

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[VIDEO] Un marché pas comme les autres pour Châteauneuf-Grasse

Créé le : 15/07/2020
© Capture d'écran vidéo.

Par Sans transition ! 

A Châteauneuf-Grasse, l'idée d'un marché paysan est née d'une réflexion de la commune. Depuis 2018, citoyens, producteurs et collectivités travaillent main dans la main pour promouvoir une agriculture locale et responsable.

La vidéo a été réalisée en partenariat avec l'Union régionale des scop Paca Corse, dans le cadre du projet européen Meco.

[GRAND ENTRETIEN] : Cyril Dion, « Seule la coopération nous sortira de l’impasse collective »

Créé le : 13/07/2020
Crédit photo : Fanny Dion. Pour le réalisateur, les collectivités doivent prendre leur part dans un véritable plan de résilience décentralisé.

Crédit photo : Fanny Dion

Propos recueillis par Julien Dezécot

Chapeau d’ouverture : Écrivain, réalisateur et militant écologiste, Cyril Dion prépare un nouveau film, Animal, pour décembre prochain. Objectif : montrer les solutions qui visent à réparer notre biodiversité menacée. En outre, il participe toujours activement à la Convention citoyenne pour le climat et dirige la collection Domaine du possible chez Actes Sud. Rencontre.

Cyril Dion, auteur et réalisateur très engagé dans les questions de transition durable et de biodiversité au travers de son œuvre, échange sur sa vision du « monde d'après », dans ce contexte particulier. Quelles solutions pour demain ? Entre concertations citoyennes et territoires résilients, mais également changement climatique et risques pour la biodiversité, Cyril Dion exprime ses craintes et ses espoirs.

Post- Covid, quelle Transition va - selon vous - être mise en œuvre en France ?

Pour l'heure, j'observe que certains lobbys - notamment agricoles - ont à nouveau tenté, durant cette crise majeure, de lever les « contraintes environnementales ». Et en France, comme dans la plupart des pays européens, les gouvernements prévoient des plans de relance plutôt classiques, avec malheureusement peu de place à la transition écologique. Aux États-Unis, c'est même pire, puisqu'on lève les limitations de gaz à effet de serre et les mesures de pollution atmosphérique...
En somme, bien que tout le monde clame : « Ça va changer, plus jamais comme avant… », qui peut vraiment y croire ? C'est exactement ce qu'a...

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[DOSSIER - Leur monde d'après] Gouvernance : trois enjeux révélés par la crise

Créé le : 10/07/2020
Crédit Clara Martot

Devant l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult le 30 mars (crédit Clara Martot)

Par Clara Martot

Dans le monde d’après, les rapports de force ne seront plus tout à fait les mêmes. Passage en revue de trois enjeux du futur.

L’État face aux experts

Le 27 mai, le gouvernement décide, sur recommandation du Haut Conseil de la santé publique, de suspendre le traitement à l’hydroxychloroquine. À l’inverse, ce même gouvernement est allé outre une autre recommandation : celle du Conseil scientifique concernant les écoles. Créé spécialement pour lutter contre la pandémie, cet organisme préconisait une réouverture en septembre. La nouveauté est là : désormais, la parole des scientifiques est relayée quotidiennement dans les médias. Ce qui donne l’occasion aux citoyens de suivre en direct ces controverses.

 

L’État face aux citoyens

Le 13 mai, la consultation lancée par 66 parlementaires du centre et de la gauche baptisée « Le Jour d’après » communique ses résultats. Les 26 000 citoyens qui y ont participé devaient choisir entre 50 propositions. Parmi les plus populaires : mise en place d’un revenu universel, valorisation des « métiers essentiels », plafonnement des hauts salaires. Mêmes tendances du côté de la consultation organisée par...

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[INTERVIEW] « Pour Railcoop, la reconstitution du marché est un vrai défi »

Créé le : 09/07/2020
© C.Pelaprat

©C.Pelaprat

Propos recueillis par Élodie Crézé

Pierre Zembri*, spécialiste en géographie des transports, explique que l’État s’est désengagé de nombreuses liaisons ferroviaires, comme celle assurant la traversée du Massif central, à laquelle la coopérative Railcoop tente de pourvoir. Mais le marché reste à reconquérir…

Les trains intercités sont-ils appelés à disparaître, tout comme les petites lignes assurant les liaisons en milieu rural ?
Il faut d’abord préciser que les trains intercités ne relèvent pas de la même logique que celle des petites lignes, assurant la desserte fine des territoires ruraux. Cependant, dans un cas comme dans l’autre, la décision du maintien de la ligne est motivée par des raisons diverses, comme l’état des voies, ou encore la rentabilité du service. Dans le cas des trains intercités, le payeur est l’État et dans le cas des autres services, ce sont plutôt les régions. État et collectivité ont chacun leur stratégie et décident de desservir ou non certains territoires. Le choix est d’abord politique.

Pourquoi un tel désengagement de l’État et des collectivités ?
L’État, qui a besoin de faire des économies, avait commandité un rapport à Philippe Duron en 2015 sur « l’Avenir des trains d’équilibre »1, et il était ressorti que certaines lignes n’étaient pas prioritaires, sauf s’il n’existait pas d’alternatives autoroutières. Un certain nombre d’arbitrages ont été faits à ce moment-là. C’est dans ce cadre que les liaisons à travers le Massif central n’ont pas été jugées prioritaires.

Pourtant les passagers sont toujours là !
Et ils ne demandent qu’à monter dans les trains s’ils sont à l’heure et mettent un temps non déraisonnable !

Railcoop représente-t-il une alternative intéressante dans ce contexte ?
L’idée de Railcoop est de se substituer à la SNCF défaillante et d’assurer des trains de longue distance. À l’heure actuelle, la ligne sur laquelle se positionne Railcoop - la traversée du Massif central - n’offre plus de trains directs. Ils n’ont pas été rétablis après des travaux alors qu’ils figurent  toujours dans la convention Intercités, et que la SNCF devrait les exploiter. Il y a pourtant une vraie demande : une pétition  a recueilli 12000 signatures  pour demander le rétablissement du service ! S’il existe potentiellement un marché, il va tout de même falloir le recréer, car les usagers ont pris d’autres habitudes pour se déplacer. Cette reconstitution du marché est un vrai défi.

 

1. Rapport et convention Trains d’équilibre du territoire : www.ecologique-solidaire.gouv.fr/trains-dequilibre-du-territoire-tet

*Il est également professeur à l'université Paris-Est et directeur du Laboratoire ville mobilité transport (LVMT).

 

Plus d’infos : www.lvmt.fr

[EXPOSITION] Les regards engagés du Ventoux

Créé le : 09/07/2020
Les regards engagés du Ventoux

Sans Transition ! est partenaire de l'exposition "Les regards engagés du Ventoux", organisée par le domaine viticole en vin naturel La ferme saint-Martin à Suzette (84).

"La Ferme saint Martin, domaine viticole impliqué dans une viticulture durable dans les contreforts des Dentelles de Montmirail, valorise par cette oeuvre photographique des acteurs engagés du territoire. Notre objectif est de mettre en avant ces professionnels qui font vivre notre région de manière dynamique, conscients de l’environnement, passionnés par leur métier et avec un regard porté sur l’écologie et le développement durable".

La parole à Sophie Julien, qui dirige avec son mari Thomas, vigneron engagé, ce domaine emblématique des Dentelles de Montmirail.

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