Société

LA SPIRULINE, un or vert cultivé en presqu’île de Rhuys

Créé le : 30/06/2017
Maxime, fils de Marie-Gabrielle et chargé de production, vérifie la température et le pH de l’eau de culture de la spiruline marine. Redécouverte dans les années 1960, cette cyanobactérie est apparue il y a trois milliards d’années dans les eaux tièdes de lacs alcalins. © S. Bju

Particulièrement riche en antioxydants, en fer, en vitamines A et B12 ou encore en oméga-6, la spiruline est un concentré de bienfaits nutritionnels. En presqu’île de Rhuys, dans le Morbihan, l’algocultrice Marie-Gabrielle Capodano cultive cette cyanobactérie selon un process innovant. Elle est, à ce jour, la seule en France à produire une spiruline 100 % à l’eau de mer. Découverte.

Par Stéphanie Biju


Deux microscopes, des tubes à essai, des fioles de toutes tailles alignées sur des étagères et dans lesquelles « glougloutent », sous l’effet d’un air pulsé, un étrange liquide verdâtre… Il fait chaud. 30 °C ambiants, qui contrastent avec un frisquet vent qui balaye la côte bretonne. Sur la pointe de Benance, à Sarzeau, en presqu’île de Rhuys, la Nurserie du Golfe n’est pas une ferme aquacole comme les autres. Marie-Gabrielle Capodano cultive ici la spiruline, une micro- algue aux multiples bienfaits pour la santé. Une activité dans laquelle cette Bretonne d’adoption s’est lancée il y a trois ans...

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GRAND ENTRETIEN : ALAIN DUCASSE, « Se nourrir, c’est passer à l’acte »

Créé le : 30/06/2017
Alain Ducasse © Guillaume Czerw

Notre nouveau numéro consacre une bonne part de ses pages à la gastronomie et au « bien manger ». Parce que l'été est la saison proprice pour prendre le temps de cuisiner et de partager des moments conviviaux autour de la table. Dans ce cadre, Alain Ducasse nous a accordé un entretien pour nous expliquer ce que c'est pour lui que « bien manger ». Rencontre. 


Pour Alain Ducasse, bien manger, c’est choisir un modèle de production respectueux de l’environnement et des consommateurs. Le chef multi-étoilé l’explique dans son livre Manger est un acte citoyen (publié aux éditions Les Liens qui Libèrent - 2017), écrit avec Christian Regouby, délégué général du Collège culinaire de France. Aujourd'hui à la tête d'une entreprise comptant 24 restaurants dans pas moins de huit pays différents, Alain Ducasse est aussi le parrain du dispositif Des Étoiles et des femmes, qui permet à des bénéficiaires éloignées de l’emploi de préparer le CAP cuisine en alternance dans des restaurants gastronomiques....

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COOKSOUND, LE FESTIVAL QUI FAIT VOYAGER LES YEUX, LES OREILLES ET LES PAPILLES

Créé le : 29/06/2017

Prenez un soupçon de musique du monde, ajoutez une pincée de gastronomie, n’oubliez pas les projections de film, mélangez le tout à la sauce éco-responsable, et vous obtiendrez… Cooksound. Ce festival, organisé par l’association La Plage Sonore, se tient chaque année au cœur du couvent des Cordeliers à Forcalquier (04). Il fêtera son septième anniversaire du 13 au 16 juillet.

Après la culture celtique mise à l’honneur dans l’édition 2016, Cooksound a décidé cette année de redescendre dans le sud. Cette septième édition, qui se tiendra du 13 au 16 juillet, aura des accents ibériques puisqu’elle se focalisera sur l’Espagne et le Portugal.

Un festival pour voyager

Comme chaque année, musique, gastronomie et cinéma s’articuleront autour de ce thème géographique avec une ambition : faire connaître une culture , et, par là, faire voyager les festivaliers. « Tous les continents regorgent de cultures riches et variées, s’enthousiasme Laurent Kouby, directeur et fondateur du festival. Pour nous, c’est important de faire découvrir des rapports au monde et des esthétiques différentes, surtout dans les zones rurales. Ici, les gens n’ont pas forcément l’habitude de voyager. » Et Cooksound est justement l’endroit rêvé pour barouder tout en restant entre les murs du couvent des Cordeliers. Car Laurent Kouby n’entend pas s’arrêter aux clichés : « Nous voulons aller plus loin que la paëlla. Le but, c’est de proposer des choses que les gens n’ont pas forcément goûtées ou découvertes. »

 

Affiche de l'édition 2017 du festival Cooksound - DR

 

Musique et gastronomie sur fond de développement durable

Mais l’ambition du festival est aussi de sensibiliser le public au développement durable et aux pratiques éco-responsables. Une dimension présente à Cooksound depuis la première édition. « La commune de Forcalquier, avance Laurent Kouby, est très engagée dans cette démarche. » Et lui aussi. « C’est une philosophie que je porte depuis longtemps. Cela me semblait important de faire la même chose dans le festival. » Côté organisation, La Plage Sonore ne se contente donc pas de verres réutilisables et de toilettes sèches. La cuisine est composée de produits frais, de saison et locaux, issus de l'agriculture bio ou raisonnée. La vaisselle est compostable et les déchets alimentaires compostés. On pratique le tri sélectif. Et un partenariat a été mis en place avec les lignes de bus de la région pour inciter à l’utilisation des transports en commun. Cette année, deux nouveautés en plus : un système de cendriers portables pour limiter les mégots, et un parti pris, celui de ne pas proposer de sodas, seulement des jus de fruits locaux. À l’issue de chaque festival, un bilan énergétique est réalisé ; une analyse qui permet de mettre en place de meilleurs dispositifs dès l'année suivante. Servie avec des tapas, l’éducation environnementale est toujours plus efficace !

Toutes les informations, prix et horaires sur le [SITE] du festival.

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ELYANE PALLIER, CONSEILLÈRE DÉPARTEMENTALE DU FINISTÈRE : « FACE AUX RESTRICTIONS BUDGÉTAIRES, LES ASSOCIATIONS DOIVENT RASSEMBLER LEURS FORCES »

Créé le : 28/06/2017
Elyane Pallier, conseillère départementale du Finistère. Crédits photo : CD29 – Bernard Galéron
A l'initiative de son Conseil départemental, le Finistère présentera ses premiers états généraux de l’engagement associatif et du bénévolat. La journée baptisée « à l’asso ! » se déroulera samedi 1er juillet au Campus de l’Université de Bretagne Occidentale de Quimper (29). Elyane Pallier, conseillère départementale à la commission Solidarités, Enfance et Famille, nous parle de la vie associative finistérienne.
 

Qui a initié cette journée dédiée à l’associatif ?

La présidente du conseil départemental, Nathalie Sarrabezolles, est souvent en contact avec les associations. Elle s’est rendue compte que ces structures se posaient beaucoup de questions. Nous souhaitons réellement consolider le tissu associatif finistérien, qui est une force pour le territoire. En ce sens, nous avons organisé une grande journée pour donner la parole aux associations et établir des rencontres avec les élus. L'objectif principal est de regrouper un maximum d’associations et de bénévoles, pour qu’ensemble, nous produisions des solutions. J’ai moi-même travaillé dans des quartiers défavorisés qui avaient des tissus associatifs remarquables.C'est une richesse qui n'est pas assez mise en avant. Il faut trouver un moyen de reconnaître que l’engagement associatif sert l'intérêt collectif. La manifestation vise à ce qu'un maximum d'acteurs du secteur puisse s’exprimer et se faire entendre.
 

Comment se déroulera la journée ?

Cette journée est co-construite avec les associations, les fédérations et la DDCS (Direction départementale de la cohésion sociale). Une conférence d’entrée, animée par le sociologue Jean-Yves Laville, permettra de situer le fait associatif dans son rapport à la société. Afin d’apporter des éléments de réflexion, quatre tables rondes et huit ateliers seront répartis sur la journée. Nous y aborderons, par exemple, l’engagement de la jeunesse, bien présente mais pas suffisamment visible dans le monde associatif. Les acteurs pour le lien social évoqueront l’engagement de tous et pour tous. Nous nous regrouperons ensuite autour d’un forum l’après-midi, réparti sur quatre thèmes : l’engagement, le besoin des associations, les relations avec l’administration ainsi que la valorisation du bénévolat. Tandis que les plus petits investiront l’espace enfants gratuit, le pôle ressources et le pôle numérique donneront les clefs de la viabilité. Tout au long de la journée, un livre blanc pourra être complété ; constats et préconisations seront ensuite présentés à la journée du bénévolat du 5 décembre. La fin de cette journée sera marquée par une charte d’engagement réciproque entre le conseil départemental et le mouvement associatif.
 

Depuis la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) du 7 août 2015, qui redéfinit les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale, comment va la santé du monde associatif finistérien ?

On entend beaucoup dire qu’il y a moins de bénévoles, mais ce n’est pas le constat que je fais. En revanche, l’engagement bénévole change. Les bénévoles ne s’engagent plus autant qu’avant ou alors pour quelques années seulement. Et ils ont du mal à prendre des responsabilités. Le fait que l’argent public se fasse rare a automatiquement des répercussions sur certaines associations. Certes nous avons moins de ressources financières et donc de subventions à allouer aux associations. Malgré cela, je pense que le mouvement associatif se porte bien. Maintenant, les structures se sont adaptées et ont été contraintes de se tourner vers d’autres associations pour mutualiser moyens et compétences. Face à ces restrictions budgétaires, les associations doivent rassembler leurs forces. Nous subissons évidemment des baisses budgétaires importantes, mais nous essayons de ne pas faire trop de dégâts au niveau du département et notamment sur la question de la culture. Notre politique culturelle reste forte sur le département.

 

 
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MONTPELLIER : DES ETUDIANTS INNOVENT AU SERVICE DU HANDICAP

Créé le : 26/06/2017
Adrien, Charles, Julie, Bastien et Arnold, l'équipe montpelliéraine en lice aux « 24 heures de l’innovation au service du handicap ». Crédit photo : Abadie Laurie

La deuxième édition des « 24 heures de l’innovation au service du handicap » a simultanément eu lieu aux EPF (école d’ingénieurs) de Montpellier (34), Sceaux (92) et Troyes (10), les 22 et 23 juin. Sans Transition ! Occitanie a suivi les apprentis ingénieurs de Montpellier dans ce marathon de l’innovation.

Proposer des solutions innovantes facilitant le quotidien des personnes en situation de handicap, voilà l'objectif des « 24 heures de l’innovation au service du handicap ». Une expérience qui a également vocation à « éveiller les consciences et mettre en pratique l'apprentissage des étudiants ingénieurs », précise Sandrine Pincemin, enseignante-chercheure à l'école d'ingénieure EPF de Montpellier, en charge de l'encadrement des étudiants de quatrième année qui participent au concours.
 

Un programme bien chargé

Jeudi 22 juin, il est 10h. Les étudiants en ingénierie énergétique se remettent à peine de la Fête de la musique qu'ils entament déjà une course contre la montre. Leur établissement, comme ceux de Troyes et de Sceaux, débute un « marathon » de l'innovation de 24 heures . Une fois les consignes énoncées, les 80 élèves en quatrième année d’ingénierie s’entretiennent avec les experts du handicap présents. L'important est aussi d'orienter leur réflexions et leur travail grâce aux témoignages de personnes en situation de handicap (moteur ou sensoriel).
 
Vendredi 23 juin, dernière ligne droite. Après une nuit à plancher et seulement une ou deux heures de sommeil, les huit équipes montpelliéraines présentent leur travail au jury. Le projet d’innovation sélectionné pour représenter l'école montpelliéraine et affronter les deux autres campus est celui d'Adrien, Charles, Julie, Bastien et Arnold.
 
« Les actions du quotidien », c’est le nom fictif qu’ils donnent à leur collectif. Pas d'innovation électronique ou domotique pour leur projet : ils ont choisi de développer une pince à embouts interchangeables. Cet outil télescopique permettrait aux personnes en situation de handicap, de nanisme ou tout simplement âgées, d’atteindre les objets quotidiens difficiles d’accès. Les cinq amis conçoivent également un dispositif à base de ventouses permettant aux personnes à mobilité réduite de se déplacer d’une chaise à l’autre sans que celle-ci ne risque de glisser. Enfin, leur dernière création consiste à faciliter et sécuriser l’activité nautique des individus en situation de handicap : le système repose sur un palonnier fixé aux coudes des participants qui se décroche en cas de choc, sur le principe du mécanisme de ski alpin. Delphine Le Sausse, pharmacienne paraplégique et multi-championne du monde de ski nautique, encourage leur démarche : « c’est très simple, et très facilement réalisable. Mais surtout, cela pourrait être très utile ».
 

Palmarès

Suite aux délibérations des jurys de chaque établissement, c’est l’équipe scéenne qui décroche la première place avec sa « Gyro Ball », un fauteuil capable de se déplacer de manière transversale grâce aux mouvements du corps. Clément, Antoine, Thibaut, Antoine, Pierre, Arnaud et Gaël remportent des Smartbox ainsi qu’un casque de réalité virtuelle.
 
Quant à l'équipe montpelliéraine, elle termine sur la troisième marche du podium, derrière le groupe troyen « Way to Go » composé de Marion, Mathilde, Léa, Laura, Perrine et Caroline. L’expérience reste malgré tout positive pour tous les participants. « Ce qui était véritablement enrichissant était de pouvoir discuter avec les personnes en situation de handicap », exprime Charles, en écho à Julie, qui apprécie avoir « pu comprendre quels étaient leurs vrais problèmes quotidiens ». Pour Bastien, cette expérience s’apparente même à « une leçon de vie » qu’il encourage à reconduire l’an prochain.
 
Plus d'infos : 

JEUNES, BRETONS ET ENGAGÉS

Créé le : 26/04/2017
© Valentin Asselain

Qu’ils soient militants, volontaires en service civique ou bénévoles, les jeunes Bretons s’engagent. Ils feraient presque taire les poncifs qui font de la jeunesse une catégorie de la population particulièrement passive face à un avenir qui, pourtant, les concerne en tout premier lieu. La Bretagne fait-elle figure d’exception ? Comment se traduit l’engagement des jeunes Bretons ? Reportage quelques jours avant le premier tour des élections présidentielles.


Une jeunesse militante

Dans l’imaginaire collectif, la jeunesse apparaît souvent comme désengagée, en retrait de la vie politique. Bien que singulière en de nombreux points, la Bretagne ne semble pas échapper à cette règle au vu des chiffres des présidentielles de 2012. Hormis les plus de 80 ans, ce sont les 18-29 ans qui ont le moins voté. Pourtant, la Bretagne est la première région en termes d’inscription des jeunes sur les listes électorales, avec 89,6 % des 18- 24 ans, contre 85 % de moyenne en...

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Albi fait sa transition !

Créé le : 25/04/2017

Par Albi en Transition

La Transition est un mouvement international basé sur le concept de résilience (capacité d'un système à réagir aux crises et à être autonome). En 2006, des citoyens anglais conscients des crises écologiques, économiques, sociales et énergétique, ont décidé de se mettre en mouvement afin de trouver eux-mêmes des solutions à ces enjeux, sans attendre qu'elles viennent des politiques. L'idée était de donner une impulsion en proposant des solutions alternatives concrètes, plutôt que de simplement exprimer un mécontentement.

Cette initiative a été reprise un peu partout dans le monde et constitue aujourd'hui le réseau des Villes en Transition. Son but est d'inviter les populations locales à passer à l'action et à inventer des solutions adaptées à leurs réalités, pour construire ensemble un avenir meilleur.

À Albi, l'association ACTIF (Association de Citoyens en Transition pour des Initiatives Facilitées) a été créée dans le but d'offrir une existence légale à toutes les initiatives locales s'inscrivant dans le principe des Villes en Transition.

Dans ce cadre, le collectif Albi en Transition a pour motivation de fédérer et de promouvoir les différentes initiatives et événements locaux. Dans ce but, depuis 2013, il organise en septembre la Fête de la Transition, en parallèle de la journée nationale de la Transition Citoyenne. Cette année, deux journées sont programmées :

  • La Fête de la Transition Intérieure les 27 et 28 mai 2017, place du Foirail et Maison de Quartier du Castelviel.

  • La Fête de la Transition Citoyenne , le dimanche 24 septembre 2017 à la ferme de Pratgraussals.

Un mardi par mois, le collectif organise également des projections-débats à la Maison des Jeunes et de la Culture d'Albi, sur des sujets proposés par les participants eux-mêmes : les Mardis en Transition.

Tous les citoyens sans exception sont les bienvenus pour rejoindre la Transition !

Pour vous informer :

À vos agendas :

  • Mardi 09 mai 2017 : Mardi en Transition à 18h30 à la MJC d'Albi. Thème : FabLab Albi

  • Mardi 13 juin 2017 : Mardi en Transition à 18h30 à la MJC d'Albi. Thème : les énergies alternatives

VIDEOS – Boris Cyrulnik : « La résilience, c'est métamorphoser la souffrance »

Créé le : 07/04/2017
Boris Cyrulnik sur la scène du théâtre Toursky

700 personnes sont venues assister à la conférence que donnait le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik à Marseille, au théâtre Toursky, le 5 avril dernier. Un événement organisé par Sans Transition !, sur le thème de la résilience. Ce concept, développé en France par Boris Cyrulnik pourrait être défini rapidement comme « renaître de ses souffrances après un trauma ».  

Vers des villes résilientes ?

La notion de résilience est désormais adaptée à de nombreuses disciplines, parmi lesquelles, l'urbanisme. C'est justement sur cette thématique que s'est concentrée la deuxième partie de la soirée du 5 avril, avec une table-ronde intitulée « Vers des villes résilientes ? ». Sont intervenus, aux côtés de Boris Cyrulnik, l'écrivain André Bucher, Vincent Fouchier, docteur en urbanisme et Directeur général adjoint de la métropole Aix-Marseille, et Claire Poutaraud, urbaniste du réseau d'habitat et d'urbanisme durable Envirobat-BDM.

Sans Transition ! tient à remercier l'ensemble de ses partenaires pour l'organisation de cette manifestation : le théâtre Toursky, Envirobat-BDM, Biocoop, la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire de Paca et la Banque Populaire Méditerranée.

Retrouvez ici les vidéos de cette soirée stimulante au cours de laquelle a aussi eu lieu un temps d'échange avec le public. 

 


Conférence de Boris Cyrulnik - Théâtre Toursky... par Sans_Transition

 


Conférence Boris Cyrulnik Partie 2-1 par Sans_Transition

Boris Cyrulnik : « redonner du sens à la vie »

Créé le : 04/04/2017

Il a fait connaître en France le concept de résilience (renaître de sa souffrance), Le Neuro-psychiatre, Boris Cyrulnik est l'invité de Sans Transition !, ce mercredi soir, au théâtre Toursky, à Marseille. Rencontre avec ce psy de renom pour mieux comprendre ce qu’est vraiment le « bien-être ».

Burn out, suicide, souffrance… Pourquoi de plus en plus de gens souffrent tant au travail ?

L’homme souffre d’abord psychologiquement au travail, bien que la souffrance physique se manifeste toujours dans certains métiers, notamment par la sédentarité que provoquent les machines. Par manque d’activité physique notamment dans leur travail, de nombreuses personnes sont touchées par le diabète, les maladies cardio-vasculaires la malbouffe et autres troubles de la sédentarisation. Avec Internet : d’aucuns peuvent même aller jusqu’à passer entièrement leur vie du fauteuil au lit… A contrario, quand j’étais gamin, le travail se caractérisait d’abord par une souffrance physique. Les paysans se levaient à l’aube, mangeaient à peine à midi. J’ai le souvenir de mon père croquant un quignon de pain au déjeuner. Les paysans et mineurs travaillaient à l’époque jusqu’à 15h par jour. Le labeur prenait alors la forme d’une souffrance avant tout physique. Désormais, la souffrance est provoquée par nos progrès technologiques. Nous faisons passer les machines avant les hommes. Certes, l’homme a fait de gros progrès technologiques, mais au prix d’une altération majeure des relations humaines au quotidien. Nous pouvons dire que ces relations humaines sont pour l’heure « déritualisées ».

Qu’appelez-vous la « déritualisation » sociale et en quoi ce phénomène nuit-il aux humains dans leur quotidien ?

Au travail, on se dit de moins en moins « bonjour », voire uniquement par l’intermédiaire d’écrans. Parallèlement, les entraides tendent à disparaître au quotidien. Lorsque j’étais étudiant en médecine, les jeunes étaient plus solidaires. Maintenant les étudiants cachent leurs cours car le copain est devenu un concurrent… C’est le sprint social, la compétition au détriment de la coopération, qui désolidarise les familles. Prenons l’exemple des agriculteurs, un métier dans lequel la solidarité a toujours eu une grande place. Aujourd’hui, les nouveaux paysans sont devenus des entrepreneurs de haut vol, des chimistes, des mécaniciens. Mais ils sont de plus en plus seuls sur leur tracteur. Le lien social disparaît. C’est d’ailleurs bien souvent pour cela qu’ils font face à d’importants risques psychosociaux, dont les suicides…

En quoi ces générations passées que vous évoquez tissaient-elles davantage de lien social ?

Jadis, malgré l’épuisement physique, il y avait bien souvent davantage de convivialité (à l’instar des fêtes de village), associée à une véritable culture populaire. Des cars ramassaient les ouvriers d’Aubervilliers pour faire la fête, voir des opéras, du sport… J’habite à la Seyne-sur-Mer dans le Var et tous les week-ends les italiens et les polonais jouaient de la musique ensemble. C’était un délice relationnel malgré l’épuisement physique. Un vecteur de bien-être. Tout cela a disparu. Lors des fêtes d’entreprise, les gens n’éprouvent plus cette authenticité. Ces soirées sont elles-mêmes de grands spectacles commerciaux. Et la fête de la musique devient également un raout commercial, un boucan. Il faut du temps, pour transformer les rituels…

Comment en est-on arrivé à cette perte de repères et de liens ?

Pour comprendre, nous devons remonter le temps jusqu’à nos origines. Avec Homo Sapiens, notre espérance de vie était brève. Jusqu’au XIXe siècle et la révolution industrielle, l’espérance de vie des femmes avoisinait 36 ans. Au Congo, c’est 40 ans actuellement. Il y avait jadis la famine, le froid, et déjà la pollution des grandes villes avec la révolution industrielle. Les risques écologiques étaient déjà grands. Jusqu’en 1950, il fallait triompher de la nature, c’était notre ennemi. Triompher du tétanos, de la polio… Pour vivre mieux. Depuis 1960, la culture est devenue notre ennemie car la culture a modifié la nature, au risque de nous faire perdre la tête. C’est nous qui intoxiquons l’eau, l’air… c’est nous les humains qui avons dégradé l’environnement. Nous influons même notre climat planétaire : la sécheresse est en train de se développer à grande vitesse. Or sans eau notre espérance de vie est courte. Face à cet environnement chamboulé, beaucoup de repères ont été perdus. Résultat : la migration devient urgente à cause des catastrophes humaines et politiques. 60 millions de migrants arpentent la planète. On en attend 200 millions les prochaines années. Jusqu’à maintenant, les migrants participaient à la richesse d’un pays d’accueil or si 200 millions de gens sont obligés de partir de chez eux, il va y avoir un énorme bouleversement culturel. Je fais le pari que ça va être l’enjeu majeur des années à venir…

Dans ce contexte « déritualisé », peut-on vraiment envisager un état de bien-être collectif durable ?

Le bien-être est le résultat d’un rythme, d’une alternance entre la fatigue physique et le repos physique. Entre l’effort intellectuel et la décontraction intellectuelle. Si l’on perd ce rythme, alors on arrive à des situations difficiles, où les risques psychosociaux (RPS) deviennent prégnants. Où l’humain décroche. Ainsi, notre société invite au décrochage. Paradoxalement, alors que nous n’avons jamais été autant en bonne santé, on observe pourtant beaucoup de mal-être au quotidien. Pour envisager un bien-être collectif, nous devons remettre du sens dans le travail, dans nos vies. Pour retrouver le goût de l’effort et l’intensité qui précède le bien-être. Aujourd’hui on accumule, on consomme dans l’urgence. Cette consommation dans l’urgence n’a malheureusement plus aucun sens. Seule la drogue permet de jouir sans y mettre du sens.

Pourquoi certains ont-ils perdu le sens de la vie ?

Pour parler de sens, parlons de signification et de direction. Jusqu’ici, le rêve était de triompher de la nature, désormais seule une minorité rêve d’aventure sociale. Une majorité n’a plus accès au rêve. Pour nos grands-parents, ce sens leur était imposé. À présent, c’est à nous de le recréer. Or on ne peut créer du sens que par la réflexion. Mais tout le monde n’en est pas capable, alors que tout le monde était capable de participer au travail à la mine… On retrouve cette minorité clivée, qui court le monde. Et une majorité de largués pour lesquels la vie n’a plus aucun sens. Ces derniers n’arrivent pas à créer le sens nécessaire.

CINEMA - Yann Richet, « Raconter le récit d'un futur désirable »

Créé le : 28/03/2017
Yann Richet, réalisateur de Nouveau Monde - FD

Le documentaire Nouveau Monde était présenté, lundi soir, dans le cadre du festival Traversées, à Lunel (34). Rencontre avec Yann Richet, réalisateur de ce « road movie écologiste » qui donne la parole aux actrices et acteurs des transitions sur les territoires.

Le film est disponible en DVD.

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