Écologie

[INTERVIEW] Réapprendre à manger et dormir en s'inspirant des arbres, c'est possible

Créé le : 27/08/2020

Par Sans transition ! 

A l'occasion des rencontres Agir pour le vivant qui ont lieu à Arles jusqu'à ce dimanche 30 août, Sans Transition ! a retrouvé Ernst Zürcher, auteur notamment de l'ouvrage Les Arbres, entre visible et invisible à Actes sud. Interview. 

Nos arbres pourraient-ils être nos professeurs ? L'idée semble surprenante, pourtant pour Ernst Zürcher c'est loin d'être une lubie fantaisiste. Ingénieur forestier suisse et docteur en sciences naturelles, cet amoureux des arbres revient sur son livre Les Arbres, entre visible et invisible. Une ode aux forêts dans laquelle il rappelle l'importance de réimplanter ces végétaux dans nos espaces de vie. 

 

A lire : un dossier complet sur les arbres et la forêt à paraître dans le prochain Sans transition ! (n°25)

[DOSSIER - Leur monde d'après] L'écologie aux oubliettes ?

Créé le : 20/07/2020
Crédit VJ

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Par Virginie Jourdan

C’est un fait, la pandémie de Covid-19 ne peut être décorrélée de la destruction de l’environnement. Alors que certains souhaitent en tirer des enseignements et appellent de leur vœu la construction d’un nouveau monde plus vert et solidaire, les tenants du vieux monde néolibéral veulent relancer la croissance coûte que coûte, au prix, parfois, de graves régressions sociales et écologiques. Deux visions irréconciliables s’affrontent pour le monde d’après. Le choc des titans post-Covid est en cours.

Alors que les racines de la crise sanitaire ne peuvent être séparées de la dégradation de l'environnement, les tenants de l'économie conventionnelle prônent un retour à la normale de l'activité, voire un rattrapage. Entre élan productif et volonté d'assouplir les normes environnementales, les pressions s'exercent en continu. Au risque de freiner la dynamique verte en cours.

Le hiatus entre les attentes de la société civile et les actes des grands acteurs de l'économie n'aura pas disparu à la faveur de la crise. Des propositions de la convention citoyenne pour le climat, début avril, aux résultats de la consultation notamment lancée par le WWF, la Croix Rouge et le groupe SOS, le constat est unanime. La cause écologique a encore gagné du terrain chez les citoyens. Mais l'espérance partagée pourrait être de courte durée. À mesure que les secteurs économiques reprennent leur activité, les promesses de sobriété s'éloignent au même rythme. Pire, certaines tentatives de régression sont même à l’œuvre.

 

Les lobbies à l’affût

Fin avril, l’association FNE a alerté sur l'allègement des procédures d'enquête publique qui pourrait notamment avoir pour conséquence de relancer la construction d’un vieux projet routier dans l'Allier et d'une centrale de production d’électricité au fioul dans les mangroves de Guyane. « Si la démocratie et le droit de l’environnement sont ainsi mis à mal pendant le confinement, c’est de mauvaise augure pour les promesses du gouvernement sur le monde d’après », s'inquiète Arnaud Schwarzt, président de l'association de défense de l'environnement. Au même moment, l'ONG Zero Waste a ainsi dénoncé les velléités du premier syndicat patronal français, le Medef, à enterrer les avancées de la loi anti-gaspillage votée en décembre dernier. Dans un courrier daté du 3 avril, dévoilé par le Canard enchaîné, le Medef a demandé à la ministre de l’Environnement Elisabeth Borne « un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales, notamment celles élaborées en application de la loi du 10 février dernier relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. » Autrement dit : faire battre de l’aile au projet. Dans le viseur notamment, la réforme des filières de recyclage et du principe de pollueur-payeur, qui prévoient notamment de créer un fonds dédié au financement de nouvelles activités de réparation, de réemploi et réutilisation. « Il y a clairement une volonté de la part de certains lobbies de rejouer le match sur des mesures pourtant adoptées, à une très large majorité, par les députés et sénateurs il y a seulement quelques mois », explique Laura Châtel, responsable du plaidoyer à Zero Waste France.

Loin d'être cantonnée à la France, cette tendance est aussi à l’œuvre à l'échelle européenne. Le 8 avril dernier, l'Eupc, un syndicat européen qui représente près de 50 000 entreprises de transformation du plastique, a ainsi demandé à la Commission européenne de reporter d'au moins un an la mise en œuvre de la directive sur les plastiques à usage unique et de « lever toutes les interdictions » déjà en vigueur. L'argument ? Sacs plastiques, couverts et assiettes plastiques à usage unique sauveraient des vies en évitant les contaminations, plaident les industriels. Aux oubliettes l'impact écologique des déchets plastiques sur l’environnement.

 

Des produits locaux aux pesticides

Un argument sanitaire également repris dans le champ alimentaire. « Le besoin d'un retour à une production locale annoncée au début de la crise est positif, mais nous sommes inquiets du discours montant sur la sécurité sanitaire assurée par l'usage des pesticides, car il se fait au détriment de l'alerte sur les effets négatifs sur les milieux naturels et la santé », explique ainsi Dominique Le Goux, chargée de mission santé pesticides à Eaux et Rivières de Bretagne. La poursuite des épandages de pesticides à moins de 5 mètres des habitations a ainsi continué ce printemps. Et fin mai, le Conseil d'État n'a pas accédé à la demande des associations environnementales qui défendaient une suspension de cette pratique en référé le 12 mai au motif qu'il n'y avait pas « urgence » à statuer. Le dossier suit donc son cours sur le fond.

 

Autre sujet d'inquiétude pour la transition écologique, l'industrie du transport. Dès avril, l’Association des constructeurs européens d'automobiles (Acea) a annoncé qu'elle aurait du mal à honorer les engagements de réductions de 15% des émissions des véhicules d’ici 2025 et de 30% et plus d’ici 2030. En France, les constructeurs PSA et Renault assurent de pas être sur cette ligne et misent sur la production de petits véhicules et d'hybrides. « Pas suffisant », tonne Maxime Combes, économiste, auteur et porte-parole d'Attac France. « Force est de constater que la transformation de l'outil de production n'est pas à l'ordre du jour. Plusieurs milliards d'euros sont annoncés pour soutenir Renault, et les aides ne sont pas conditionnées à des exigences environnementales ou à un maintien de l'emploi », précise ce dernier, en référence aux 15 000 emplois que la marque au losange a annoncé vouloir supprimer dans le monde, dont 4600 en France, d'ici 3 ans. Idem pour les plans de soutien à Air France qui incluent des invitations à réduire ses lignes de courtes distances mais pas d'obligation ni de plan de développement des transports alternatifs et moins polluants tels que le train. Pour l'économiste, les risques sur l'écologie sont réels. « De nouveaux accords de libre-échange ont aussi été signés pendant le confinement entre l'Union européenne et le Mexique, mais aussi avec la Nouvelle Zélande sur des produits alimentaires alors même qu'ils sont aux antipodes d'une relocalisation sociale et environnementale », poursuit Maxime Combes. Encore un paradoxe du gouvernement ! Ecologie et économie, pour le militant d’Attac, il faut saisir la crise du Covid pour amorcer une véritable transition, « c'est maintenant que ça se gagne ou que cela se perd. »

 

Plus d’infos :

20 associations, ONG et syndicats proposent un plan de sortie sur www.france.attac.org (Plan de sortie de crise).

 

À lire :

Manifeste pour une relocalisation sociale et écologique, collectif d'auteurs et économistes, juin 2020, éditions les Liens qui libèrent.

Le dernier avion, Sébastien Porte, juin 2020, Tanas Editions.

[ HORS-SÉRIE SANS TRANSITION ! ] Tous en transition / Et si Rob Hopkins avait raison ?

Créé le : 16/07/2020
Hors-série Transition de Sans transition ! magazine

Dans le cadre de ses publications, Sans transition ! sort le 18 septembre son premier Hors-série dédié, justement, à la Transition. N’hésitez-pas à commander !

Tarif : 15 euros + 2€ de frais de port. Pour commander, rendez-vous sur cette page.

Vous souhaitez diffuser le Hors-série ou l’acheter en nombre pour vos collègues, clients… merci de nous adresser un mail à : garance-anne@sans-transition-magazine.info

Un numéro en partenariat avec le réseau Transition France

TITRE :
TOUS EN TRANSITION
Et si Rob Hopkins avait raison ?

SOMMAIRE :

Avant-propos
La Transition pour éviter l’effondrement

Rob Hopkins
Imaginer un futur désirable

Désobéir
Savoir dire NON pour pouvoir dire OUI ensuite

Imaginer
Se reconnecter avec ses idéaux

Construire
Le courage d'agir

Participer à la Transition
Toutes les adresses pour s’engager

Pour vous donner envie, jetez un coup d’œil à la maquette :

Attention, les textes et photos ne sont pas définitifs et vont évoluer au fur et à mesure de la rédaction.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES :

Hors-série de Sans transition! magazine
128 pages
Sortie septembre 2020
Prix de vente public : 15 euros

[INTERVIEW] « L’énergie comme l’eau sont des secteurs d’appropriation très importants aujourd’hui »

Créé le : 12/07/2020
Crédit Elodie Horn

Crédit Elodie Horn

Propos recueillis par Élodie Crézé

Dorian Litvine est chercheur et formateur en qualité « d'usage et approches comportementales (Energie, Bâtiment, Eau) » pour le Cabinet Isea – conseil, à Montpellier. Il estime que l’autonomie énergétique, balbutiante il y a 15 ans, est devenue un enjeu fort dans notre société.

Dans quelle mesure l’énergie est-elle devenue un enjeu d’appropriation par les citoyens ?

Cela a commencé quand des fournisseurs alternatifs ont fait leur apparition en France, au début des années 2000. Certains comme Enercoop ont transformé leurs clients en consom’acteurs, en les amenant à prendre part à la production, aux décisions. Les enjeux d’appropriation ont eu lieu au niveau des territoires, avec une volonté de se rapprocher du local en réduisant le nombre d’intermédiaires, notamment financiers. Des coopératives productrices d’énergie ont aussi transformé les citoyens sociétaires en producteurs. Plus récemment, les énergies renouvelables citoyennes - elles-mêmes largement réunies sous forme de coopératives -, impliquent le citoyen dans des tâches techniques et professionnelles. Enfin, l’autoconsommation, à l’interface entre consommation et production, (ex des éoliennes auto-construites, NDLR), à l’origine démarche individuelle, s’exprime aussi par des projets collectifs depuis 5 ans.

 

À quoi peut-on attribuer ce désir d’autonomie ? Défiance vis-à-vis des fournisseurs officiels, tarifs, conviction écologique ?

Un peu de tout cela. D’après les sondages, les préoccupations écologiques augmentent en France. Le passage à l’acte – le choix de l’autonomie – augmente. On est passé en quelques années d’une frange très militante à une frange plus large de la population qui intègre les enjeux environnementaux dans ses actions du quotidien. Le désir d’autonomie vis-à-vis d’un fournisseur perçu comme patriarcal est aussi une motivation. Le tarif reste un argument fort également, certains estimant qu’avec l’autoconsommation ils vont s’extraire de la fluctuation (et l’augmentation !) des prix de l’énergie. Avec l’eau, ce sont des secteurs d’appropriation très importants aujourd’hui. Même s’il convient de relativiser : 80% des ménages sont encore clients d’EDF alors que le marché est ouvert à d’autres fournisseurs depuis 15 ans !

 

Pensez-vous que la crise du Covid-19 va accélérer ce désir d’autonomie énergétique ?

Je ne sais pas quel impact aura le Covid sur les usages. Des études sociologiques vont paraître sur le sujet. Il sera intéressant d’en découvrir les effets sur la question de la réappropriation des enjeux de société comme l’énergie, l’eau, mais aussi la démocratie. J’espère que cette crise a pu donner envie à certains de se saisir de ces questions.

 

Plus d’infos : www.lobsoco.com

[ENERGIE] Les éoliennes auto-construites ont le vent en poupe

Créé le : 12/07/2020
Crédit Elodie Horn

Une éolienne auto-construite, dans la Drôme se met à tourner avec le vent. Crédit : Elodie Horn

Par Élodie Horn

Des habitants de la Drôme décident de gagner en autonomie d’énergie et s’inscrivent à des stages d’auto-construction d’éoliennes, auprès de l’association Ti’Eole. L’idée ? Maîtriser le montage de l’éolienne de A à Z et  développer un réseau affranchi des grands fournisseurs d’électricité sur le territoire.

Grâce à des stages dédiés, l'association Tripalium, composée notamment de Ti'Eole dans la Drôme, propose d'apprendre à auto-construire une petite éolienne. Au programme : un savoir-faire délivré dans une ambiance conviviale qui permet de faire comprendre aux usagers qu'il est possible de combiner économie d'énergie et synergie humaine.

 

« Lorsque des personnes cherchent notre centre d’hébergement, on leur donne notre éolienne comme repère », lance Annette Julien, la codirigeante de l'association Base Nature Vercors en désignant leur installation plantée au cœur de leur terrain. Culminant à 20 mètres de hauteur, avec ses 3m60 de diamètre, il est difficile de  manquer cette éolienne avec ses grandes pâles en bois. Situé à Vassieux-en-Vercors, le centre accueille notamment du jeune public mais propose aussi le gîte et le couvert aux randonneurs, toujours plus nombreux, à l'assaut de ce massif montagneux, à cheval entre la Drôme et l'Isère. Le Vercors s'avère par ailleurs un emplacement idéal pour installer une petite éolienne grâce à son plateau venteux, culminant à 2300 m d'altitude...

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[INTERVIEW] : « Le BRF est un déclencheur de l’agriculture du vivant »

Créé le : 12/07/2020
Photo :  DR

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chapeau : Benoît Noël est ingénieur agronome à l’association internationale Jardinier du Monde et expert en agroécologie. Selon ses recherches, le bois raméal fragmenté (BRF) favorise l’agroforesterie et permet de reconstituer les sols.

Le bois raméal fragmenté (BRF), qu’est-ce-que c’est ?
Il s’agit de branches et de rameaux d’arbres broyés, de moins de 7 cm, incorporés au sol. Le procédé a été inventé par les Canadiens dans les années 70.

Si on compare le BRF avec le compost, quels en sont les avantages ?
Le compostage, procédé hors-sol, émet du CO2 dans l’atmosphère et produit moins d’humus. Au final, le BRF permet de produire 2 fois plus d’humus dans le sol que le compost. Cela signifie aussi que de l’énergie est perdue durant le compostage, alors que si on mélange le BRF directement au sol, l’énergie reste disponible pour la vie du sol. Elle représente l’équivalent de 4000 L de pétrole à vers de terre par ha et par an(1). Le BRF est donc un excellent moyen de refertiliser le sol.

Avec le BRF, nous sommes également capables de pomper les nitrates et de les stocker à un endroit où ils seront mobilisables pour les plantes quand elles en auront besoin. Notons que l’humus formé est 10 fois plus riche que le fumier en azote, ce qui permet, à terme, d’assurer des rendements élevés. Enfin, le BRF incite à développer l’agroforesterie pour le produire, ce qui est la méthode la plus efficiente : 20% de SAU (Surface agricole utile)  apporte alors ce qu’il faut en feuilles et radicelles,  pour alimenter le sol vivant.

Et d’un point de vue écologique, pourquoi l’agroforesterie est-elle intéressante ?
Les arbres entretiennent la biodiversité, mais aussi la fertilité du sol, limitent l’érosion et fixent le CO2. Ils ont une action positive contre la sécheresse, puisqu’ils aident à stocker l’eau et font même pleuvoir ! Le BRF lui-même et l’humus constitué sont des éponges. Grâce à l’activation de la vie du sol, une structure améliorée permet aussi à l’eau de s’infiltrer au lieu de ruisseler.

Le BRF favorise donc la durabilité de l’agriculture ?
Absolument. Il est un déclencheur de l’agriculture du vivant : il peut reconstituer des sols très vite. Et même, nous travaillons actuellement sur l’agriculture vegan qui est rendue possible par ce procédé permettant en quelque sorte de recréer l’écosystème des forêts, tout en produisant des aliments pour les hommes. En résumé, c’est un système très performant écologiquement, agro-écologique et aussi potentiellement vegan, puisqu’il créé de la fertilité avec une base végétale uniquement.

Plus d’infos 

www.jardinierdumonde.be

(1) « L'énergie disponible pour la vie du sol a pour représentant emblématique le vers de terre. On peut calculer que l’énergie présente dans la dose BRF recommandée pour nourrir la vie du sol (100 m3/ha.an) est de 40 000 kWh, soit en fait l'énergie fixée par la photosynthèse sur 1 ha. L'énergie contenue dans 1 litre de diesel mis dans le réservoir d’une voiture est d'environ 10 kWh/l. Ainsi lorsque l’on composte du bois broyé, on perd en chaleur dégagée dans le tas de compost une énergie qui pourrait servir à faire vivre la vie du sol, cette énergie, pour 100 m3 de BRF est de 40 000 kWh, soit l'équivalent de 4000 l de diesel. »

 

[PROVENCE] Le bois raméal fragmenté pour une agriculture durable

Créé le : 12/07/2020
Photo :L.-N.S. Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, est installé dans la plaine de Mane dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Par Hélène Saveuse

Souvent décrié pour l’utilisation de pesticides et autres produits issus de la chimie visant à augmenter les rendements, le secteur agricole pourrait pourtant participer à la diminution des gaz à effet de serre. L’une des pistes envisagées : l’intégration de bois raméal fragmenté dans les terres agricoles. Une pratique bénéfique tant pour le sol que pour l’agriculteur, ou encore pour atteindre de la neutralité carbone, l’un des futurs engagements de la France lors de la COP 21. Explications.

Depuis 15 ans, l’agriculteur Gérard Daumas, installé dans les Alpes-de-Haute-Provence, intègre à la terre des jeunes rameaux grossièrement broyés pour fertiliser le sol. Une pratique inspirée de l’humus forestier qui présente l’avantage de stocker le carbone dans la terre et d’en compenser en partie les émissions issues de l’activité humaine.

Dans sa ferme du Mas de l’Aurore, Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, cultive des légumes comme des salades, mais aussi des lentilles et des pois chiches. Si à première vue rien ne distingue son exploitation de celle des autres, c’est en plantant un coup de bêche dans le sol que l’on mesure toute la différence.

Entre une à deux fois par semaine, il actionne le broyeur qui se trouve à l’arrière de sa maison. À chaque session, l’agriculteur installé en bio depuis 1987 sur la plaine de Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, broie des branches et des rameaux d’arbres qu’il répand sur les 13 hectares de son exploitation. « La technique existe depuis longtemps au Canada », explique Gérard Daumas. Elle était pourtant tombée en désuétude, malgré des résultats...

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[AGRIBASHING] : LES ASSOCIATIONS DE PROTECTION DE LA NATURE DISENT NON A UNE ANTENNE DEMETER EN BRETAGNE !

Créé le : 02/07/2020

Ce jeudi 2 juillet 2020, la préfète d’Ille-et-Vilaine doit annoncer la mise en place d’un « observatoire départemental de l’agribashing ». La Fédération Bretagne Nature Environnement (FBNE)(1) et l’ensemble de ses associations membres dénoncent la collusion et le manque d’objectivité à l’origine d’un tel projet, qui s’inscrit dans la droite ligne de la cellule DEMETER, dont la dissolution a été demandée par 27 associations(2) en février dernier.

Le monde associatif exclu de l'Observatoire

Cet « observatoire de l’agribashing » doit réunir la chambre départementale d’agriculture, les syndicats agricoles représentatifs (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale), les représentants du secteur agroalimentaire (ABEA, UGPVB) ainsi que les services de l’État (DDTM, DDCSPP, police et gendarmerie). Force est de constater que le monde associatif est, bien malgré lui, prié de ne pas rejoindre la table des discussions et que l’expertise de nos associations sur la question agricole ne pourra certainement pas y être entendue. Nous remettons donc en cause l’impartialité et l’objectivité des débats et des solutions pouvant être discutées et apportées par cet « observatoire ».

Collusion à grande échelle

L’annonce de la mise en place de cet « observatoire » aura lieu au sein même de l’exploitation agricole du président de la chambre départementale d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, illustrant parfaitement les liens douteux entre les représentants politiques départementaux et ces instances de promotion et diffusion d’un modèle agricole intensif et dévastateur. Nous notons, en outre, que cette annonce fait suite à la nomination de Thierry Merret3 , en tant que personnalité qualifiée au CESER de Bretagne, par nulle autre que la préfète elle-même : un autre geste éloquent, significatif, à l’égard et en faveur du système agricole conventionnel et de ses fervents défenseurs. Nous dénonçons fermement le manque de transparence et la complicité coupable de la Préfecture d’Ille-et-Vilaine qui appuie avec force la mise en place d’un tel projet, lequel ne peut objectivement être considéré comme une priorité départementale.

« Agribashing » : la menace fantôme

La mise en place de ce projet est en lien direct avec son expression nationale, la cellule DEMETER, projet gouvernemental déjà dénoncé par nos associations il y a tout juste quatre mois de cela. En effet, un objectif concret de cet « observatoire » est la constitution d’une base de données permettant une remontée d’informations vers la cellule DEMETER. Les actions portées par nos associations s'inscrivent dans le respect du droit pour la défense de l'intérêt général. La criminalisation d'actions associatives, assimilées à un agribashing, est en contradiction formelle avec le principe de liberté d'opinion. Que dire des intimidations faites auprès de nos militants associatifs ? Des dégradations faites au niveau des locaux de nos associations ? Du droit environnemental bafoué d'un revers de la main, sous prétexte que nous ne sommes « que » des lanceurs d'alertes, parfois traités d'écolo-terroristes... Peut-être que Madame la Préfète pourrait créer un « observatoire de l'écolo-bashing » ? C’est pourquoi nous ne pouvons que dénoncer un système agricole intensif qui aliène et dégrade autant qu’il bloque tout dialogue, dont la cellule DEMETER et ce nouvel observatoire sont la nouvelle expression.

1. FBNE fédère les associations de protection de la nature bretonne, fondée par Bretagne Vivante, CoBEN, Eau et Rivières de Bretagne, Groupe Mammalogique Breton, UMIVEM, Vivarmor Nature – Relais de France Nature Environnement

2. Communiqué de presse du 28 février 2020

3. Thierry Merret est ancien président de la FDSEA Finistère, actuellement administrateur à la FNSEA.

[QUALITÉ DE L'AIR] Un mois après, bilan du confinement sur la qualité de l’air

Créé le : 29/06/2020
Bilan qualité de l'air en Provence après confinement. Image : Pixabey

Afin de limiter la propagation du virus COVID-19, le gouvernement a mis en place des mesures de confinement sur le territoire français du 17 mars au 11 mai 2020. AtmoSud dresse un état des lieux pour mieux appréhender l’impact de cette mesure sur l’évolution de la qualité de l’air en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Baisse inédite de la pollution liée au trafic routier pendant le confinement

Sur la période du 18 mars au 10 mai, le confinement et les restrictions de sorties ont engendré une baisse remarquable du trafic automobile. Les concentrations en oxydes d’azote, traceurs du trafic routier, ont baissé dès le début du confinement : environ 60% pour les stations « trafic » et 50% pour les stations « fond urbain », par rapport aux concentrations généralement observées les années précédentes à la même période.

Un retour progressif après le confinement

Du 11 mai au 7 juin, les concentrations d’oxydes d’azote ont augmenté, par rapport à la période de confinement, en moyenne de plus de 60% sur les stations « trafic » et d’environ 10% sur les stations « fond urbain ».

Cependant, malgré cette augmentation, les niveaux observés « après confinement » sont toujours globalement de près de 35% inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ces niveaux globalement plus faibles :

  • Toutes les activités n’ont pas encore complètement repris (retour progressif à l’école pour les enfants dans un premier temps sur le volontariat, réouverture plus tardive des bars, restaurants, prolongation du télétravail dans certaines entreprises …) malgré la fin « officielle » du confinement.
  • Certaines conditions météorologiques sont favorables à la dispersion des polluants : la première semaine du déconfinement, des précipitations importantes et continues ont été présentes sur l’ensemble de la région, permettant ainsi un « lessivage » de l’atmosphère en diminuant les concentrations des gaz et des particules.

Le graphique suivant compare l’évolution des concentrations en oxydes d’azote avant, pendant et après le confinement, pour l’année 2020 et la moyenne des trois années précédentes.

Station trafic : Ces stations mesurent la pollution dans des lieux proches des voies de circulation (voies rapides, carrefours, routes nationales,...).

À noter que, de façon générale, les niveaux observés « avant confinement » (début mars 2020) étaient déjà globalement d’environ 25 % inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Si l'on observe une forte diminution des oxydes d'azote (traceurs du trafic routier) au cours de l’intégralité du confinement, l’évolution des particules fines (émises par le secteur industriel, le chauffage et le trafic routier) est quant à elle plus spécifique.

Une augmentation inattendue des particules fines au début du confinement

Au début du confinement, du 17 mars au 17 avril, les particules fines étaient en hausse, principalement liées à la combustion du bois (chauffage au bois et brûlage de déchets verts). Elles ont par ailleurs été influencées par les conditions météorologiques, défavorables à la dispersion des polluants (peu de vent, stabilité atmosphérique, températures douces…).

De mi-avril et jusqu’à la fin du confinement, les concentrations de particules fines ont baissé sur l’ensemble de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment en lien avec une baisse de l’utilisation du chauffage résidentiel et des précipitations qui ont lessivé l’atmosphère à partir du 19 avril. Les niveaux sont inférieurs d’environ 40% aux années précédentes.

Comme pour les oxydes d’azote, de façon générale, les niveaux observés « avant confinement » (début mars 2020) étaient déjà globalement plus de 30% inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Un timide retour des particules fines

Depuis le 11 mai, les concentrations de particules fines ont légèrement augmenté, en lien avec la reprise progressive de l’activité aggravée par les phénomènes météorologiques. En plus des particules émises directement par l’activité, certaines particules, dites secondaires, sont formées par photochimie (transformation des gaz en particules sous l’effet de la chaleur et de l’ensoleillement). La météo a été conforme à la saison et a participé à la hausse de particules généralement observée au mois de mai.

Depuis le 22 mai, les concentrations de particules fines ont de nouveau baissé : tendance observée en cette période les années antérieures. Les niveaux restent toutefois 40% plus bas qu’historiquement.

Le graphique suivant compare l’évolution des concentrations en particules fines PM2.5 avant, pendant et après le confinement, pour l’année 2020 et la moyenne des trois années précédentes.

Station de fond : ces stations ne sont pas directement influencées par une source locale identifiée. Elles permettent une mesure d'ambiance générale de la pollution urbaine, dite de fond, représentative d'un large secteur géographique autour d'elles.

Après le confinement, une évolution de la qualité de l’air différente selon les territoires

A Marseille (sur la majorité des stations de type « trafic » : Rabatau, A7, Jean Moulin), les oxydes d’azote retrouvent le niveau observé début mars 2020. La reprise de l’activité et du trafic routier sur ces grands axes de la ville est ainsi visible sur ces stations.

Sur les autres agglomérations (Aix-en-Provence, Nice, Gap, Toulon, Avignon), pour les 4 premières semaines de déconfinement, les concentrations moyennes observées sont toujours inférieures à celles de début mars 2020.

Aucune particularité n’est observée sur les territoires en ce qui concernent les particules fines PM2.5.

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[ CONVENTION CITOYENNE POUR LE CLIMAT ] L’heure du bilan

Créé le : 22/06/2020
Photo : https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr

Les 19, 20 et 21 juin se tenait la dernière session de la Convention Citoyenne pour le Climat. Après 8 mois de travail, les 150 citoyens tirés au sort ont remis à l’exécutif les mesures qu’ils estiment nécessaires pour réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre, d’ici à 2030.

On peut notamment relever, parmi ces mesures, l’ajout de l’intérêt de la préservation de l’environnement à la Constitution, l’augmentation de la taxe pour les engrais azotés, ou encore l’obligation à la rénovation pour les propriétaires et bailleurs.

Réparties en 6 grands axes, ces propositions seront soumises soit à référendum, soit à un vote des parlementaires, soit à une application directe.

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