Écologie

Assises nationales étudiantes du développement durable 2018 : « Donner au public l'envie d'agir »

Créé le : 02/04/2018

Ateliers, témoignages et remises de prix : les Assises nationales étudiantes du développement durable (ANEDD) auront lieu jeudi 5 avril, comme tous les ans, à la Toulouse Business School (TBS). Une douzième édition placée sous le signe des explorateurs. Présentation avec Chloé Thévenot, étudiante à la TBS et membre de l’organisation des ANEDD. 

Qui sont vos invités cette année ?

En 2017 nous avions fait venir Nicolas Hulot. Cette année, nous avons invité des explorateurs : Emmanuel Hussenet, Gaël Derive, Loïc Blaise (trois explorateurs de l'Arctique) et Théo Rohfritsch, jeune homme qui a fait le tour du monde à vélo et qui a exploré l’Antarctique. Ces personnes prendrons la parole en ouverture de la journée dans le cadre d'une conférence « prise de conscience ».

Le grand thème de la journée est « passer de la sensibilisation à l'action ». Nous avons pensé légitime de commencer la journée par ces témoignages.

Plus précisément, quel est le lien avec la thématique de cette édition ?

Ces gens sont allés voir directement les choses dans les zones polaires. Ils y ont constaté les effets du réchauffement climatique. Ce sont des témoins légitimes du développement durable. Nous avons préféré leur donner la parole plutôt que de laisser la place à un discours moralisateur. Il s'agit de donner au public l'envie d'agir.

Quelle sera la suite du programme ?

De 11h à 14h, seront organisés trente ateliers pratiques, sur la place située derrière notre école : un atelier « do it yourself » avec la confection de produits cosmétiques ou ménagers, une ressourcerie viendra faire une initiation au bricolage et à la réutilisation, il y aura des ateliers de permaculture ou encore de « watertag », publicité écologique et alternative à l'utilisation de papier... Nous avons impliqué nos partenaires comme GRDF qui proposera un quiz sur l'énergie ou Véolia qui encadrera un atelier sur les déchets et la méthanisation. Ecocert proposera aux étudiants de certifier un produit cosmétique bio.

Nous aurons aussi un village « bien être » où une association invitera les participants à faire leurs propres tisanes et à découvrir les vertus des plantes.

Dans le village « alimentation et agriculture » se tiendra un atelier « éco-paturage » avec la présence d'un troupeau de chèvres. Nous allons également faire descendre l'une des ruches installées sur le toit de l'école pour faire découvrir la conception du miel.

Enfin, un village social sera cette année centré sur une sensibilisation à la langue des signes.

En parallèle de tous ces ateliers est organisé un « écoforum ». Plus de quarante stands d'entreprises et d'associations de nombreux domaines d'activités seront présents : alimentation, textile, bien-être, culture...

Remises des éco-awards 2017 - DR

Vient ensuite le temps des concours, durant l'après-midi ?

Exactement. Les appels à candidature ont été lancés en début d'année, dans quatre catégories : « étudiant », « entreprise », « organisation d'utilité publique » (collectivités et associations) et « chercheur ». Il y a six candidats dans chaque catégorie. Tous vont présenter un projet devant un jury. Un prix « coup de cœur » des étudiants (500 euros) et le grand prix du jury (1000 euros) seront décernés dans chaque catégorie. Le prix « chercheur » sera lui doté d'un module de formation offert au lauréat par la Toulouse Business School. Ils repartiront aussi avec une vidéo de leur prestation.

La clôture de la journée est prévue pour 17h30-18h. La matinée est ouverte au grand public mais il est conseillé de s'inscrire sur un formulaire. À noter : les étudiants sont prioritaires !

AGRI et API-CULTURE : même combat !

Créé le : 22/03/2018
Les apiculteurs ont besoin des agriculteurs pour faire butiner leurs abeilles. Et les agriculteurs ont besoin des abeilles pour polliniser leurs plantes. Ici, une abeille butinant une fleur de cerisier. © Pixabay

Entre l’agriculture et l’apiculture, les tensions sont vives, sur fond de glyphosate et autres pesticides. Pourtant, ces deux activités nourricières sont interdépendantes. Et si, pour changer de modèle agricole, il fallait s’appuyer sur la défense de l’abeille ?

Par François Delotte


VERS UNE AGRICULTURE PLUS RESPECTUEUSE DE L’ABEILLE ?

Pesticides, suppressions des haies, monocultures… le modèle agricole conventionnel est largement impliqué dans la mortalité des abeilles. Pourtant, il aurait bien du mal à se passer de ces pollinisateurs. Bientôt la fin du paradoxe ?

Trois fois moins de miel en vingt ans. « Jusqu'au milieu des années 1990, la France produisait plus de 30 000 tonnes de miel par an. En 2017, la production s'élève à 10 000 tonnes », témoigne Henri Clément, apiculteur et porte-parole de l'Union Syndicale de l'apiculture française (Unaf), syndicat qui représente professionnels et amateurs de l'apiculture. Sur le marché des produits de la ruche, la France est passée rapidement d'une quasi-autosuffisance (nous consommons environs 40 000 tonnes de miel par an) à une forte dépendance à l'importation.

Au cœur de cette chute de productivité se trouve la santé de l'abeille. Car, paradoxalement, si le nombre d'apiculteurs professionnels et amateurs augmentent (50 131 en 2016 contre 41 836 en 2010, selon France AgriMer), leurs cheptels sont de plus en plus menacés. Comme le détaille Yves Le Conte, directeur de recherche à l'Inra d'Avignon, spécialiste de la biologie et de la protection de l'abeille. « Dans les années 1980-1990, on considérait que 10 % de la perte d'une colonie, au maximum, pouvait être admise chaque...

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Projets miniers : Variscan Mines vend sa filiale française

Créé le : 21/03/2018
DR

Variscan Mines SAS, filiale française de Variscan Mines Ltd (société australienne qui détient les permis de recherches minières de Bretagne mais aussi de Salau, dans l'Ariège), vient d'être vendue à la société australienne Apollo Minerals. Variscan Mines Ltd a annoncé sur son site avoir vendu son permis de Salau dans l'opération. Les permis bretons devraient quant à eux être transférés vers une nouvelle filiale basée en Grande-Bretagne (Variscan Mines Europe). 

Des permis « au frais » ?

De son côté, le collectif d'opposants bretons aux activités minières a indiqué avoir « la désagréable impression que les PERM bretons, dont celui de Merléac, vont tout simplement être "mis au frais" outre-Manche, le temps que la contestation locale s’estompe » Puis, « il suffira à la société dormante de revendre les permis de recherches minières à qui en voudra bien », a-t-il poursuivi dans un communiqué daté du 15 mars dernier.

VERS UN "GREEN WEB" ?

Créé le : 13/03/2018
Dans ces fermes du XXIe siècle, les serveurs fonctionnent en continu sans que la main humaine n’ait à intervenir. © Euclyde

C’est la grande révolution du XXIe siècle. Web omniprésent, dématérialisation des démarches, objets connectés : la digitalisation de la société est en marche. Si certains la craignent, d’autres la portent aux nues. Gage de praticité au quotidien ou de progrès en matière de santé, elle promet aussi de devenir un support de premier choix pour réaliser des économies d’énergie. Mais dans les coulisses, le montant de la facture environnementale reste élevé.

Par Virginie Jourdan


LE GRAND DÉFI D’UN WEB DURABLE

Le recours au web a permis d’alléger les poubelles des courriers ou de faciliter le recours au partage de biens énergivores, comme les voitures. Mais sa facture environnementale n’est pas neutre. Si les initiatives pour réduire son empreinte écologique existent, elles restent marginales. Au coeur du circuit digital, les data centers n’échappent pas à la règle. De quoi rêver à un web durable ? Le défi se révèle immense.

Le lieu est symbolique. Dans les années 1960, la ville bretonne de Lannion a été le siège de l'innovation dans les télécommunications. C'est aussi de là que partent, depuis 2002, les câbles sous-marins qui relient, en fibre optique, l'Europe aux États-Unis. Une autoroute à haute vitesse pour un web de plus en plus présent, rapide et puissant. La ville verra-t-elle aussi émerger un web plus « vert » ? C'est ce qu'espère Stéphane Le Masson, responsable de l'unité de recherche développement en énergie et environnement de l'ex-opérateur public de téléphonie et internet Orange. Depuis près de 20 ans, ce dernier planche sur les économies d'énergie réalisables depuis la box des maisons jusqu'aux antennes relais, en passant par les data centers. Ces fameux centres par lesquels transitent les requêtes formulées sur les moteurs de recherche ou les emails envoyés à l'autre bout du monde ou dans le bureau d'à côté.


Dans son sas...

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Oyas ou l'arrosage écologique

Créé le : 07/03/2018
Les Oyas sont fabriqués à la main dans l'Hérault. - DR

Arroser ses plantes au plus près de leurs racines en faisant des économies d'eau. Et le tout en soutenant l'emploi local. C'est ce que proposent les Oyas, un système de diffuseur d'eau en terre cuite ancestral redécouvert par deux entrepreneurs héraultais. Découverte avec Frédéric Bidauld, cofondateur de Oyas Environnement

Que sont les Oyas ?

Le produit est très simple. Il fonctionne grâce à la micro-porosité de la terre lorsqu'elle est cuite. Lorsque l'on met de l'eau dans la poterie, celle-ci va suinter. Cela va générer une zone humide autour de la poterie enfoncée dans la terre. Cela permet d'avoir un taux d'humidité constant et d'alimenter directement les racines. Tout en réalisant jusqu'à 70 % d'économies d'eau par rapport à un arrosage classique. Le procédé permet aussi d'alimenter en eau ses plantes lorsque l'on doit s'absenter quelques jours.

 

Les Oyas enterrés diffusent l'eau au plus près des racines. - DR

Comment est né ce projet ?

Il est né il y a cinq ans, de la volonté de mon associé et moi de lancer un projet possédant une dimension écologique. Par hasard, en regardant un documentaire à la télévision, nous sommes tombés sur l'image d'une poterie d’arrosage, au Maghreb. Nous nous sommes tous les deux dit que ce système serait bien pour arroser nos potagers. Nous avons fait des recherches, mais aucune société ne proposait cela à la vente. Nous sommes juste tombés sur des informations faisant état de découvertes archéologiques.

Nous nous sommes dit que nous allions lancer une petite production locale. Nous visions le marché de l'Hérault. Nous n'avions aucune connaissance en matière de céramique. Nous avons contacté une céramiste, Isabelle Duisit, qui est désormais responsable des ateliers. Nous avons fait des tests avec elle durant un an. Il s'agissait de trouver la bonne température de cuisson afin d'obtenir une porosité médiane, car toutes les plantes n'ont pas les mêmes besoins en eau. Il y a trois ans, nous avons créé notre entreprise. En 2016, nous avons vendu 15 000 Oyas, 40 000 en 2017 et nous visons les 100 000 en 2018. Nous avons été confrontés à une forte demande. Cela s'explique parce qu'il n'y a pas d'offre de produits d’arrosage sur le marché. Nous en vendons beaucoup en zone urbaine. Mais aussi de plus en plus dans les campagnes, et dans toute la France. Autant dans le nord que dans le sud. Nous commençons à atteindre le marché européen (Benelux, Allemagne, Suisse...).

Les Oyas à planter, peints à la main, sont aussi des objets décoratifs. - DR

Avez-vous plusieurs gammes de produits ?

Oui, nous avons deux gammes, comprenant elles-mêmes plusieurs modèles. La première est celle des Oyas enterrés. Cette gamme comporte quatre modèles, allant de 10 litres pour les arbres et les potagers à 0,3 litre pour les pots ou balconnières. Puis, nous proposons les Oyas à « planter ». La pointe de la poterie se loge dans la terre. Le réservoir de 0,25 litre est à l'air libre. Il est disponible en version « naturelle » ou émaillée dans 7 coloris. Des versions décorées sont également disponibles. Tous sont faits à la main par des potiers locaux. Car il s'agit aussi pour nous de soutenir une profession et un savoir-faire qui ont malheureusement tendance à disparaître. Nous tenons aussi à ce que les prix soient abordables. Ceux-ci sont fixés avec nos distributeurs, mais ils se situent entre 9 euros TTC pour la plus petite Oyas et 22 euros pour celle de 10 litres. Pas d'élitisme dans l'écologie !

Un arboretum « éco-citoyen » planté à Plestin-les-Grèves (22)

Créé le : 12/02/2018
DR

Un collectif de particuliers et d'entreprises a planté un arboretum « éco-citoyen », samedi 10 février, à Plestin-les-Grèves, près de Lannion (22). 

Châtaigner, mélèze, peuplier, chêne ou encore pin sylvestre. Plusieurs dizaines de jeunes arbres, chacun d'une essence différente, ont été mis en terre ce week-end à Plestin-Les-Grèves, près de Lannion (22), dans la zone artisanale du Châtel. Une initiative lancée par l'entreprise de construction et de rénovation de maisons bois, Ty Coat. « Tout est parti du visionnage du film Demain. Je me suis dit que ce serait bien de mettre en place une action qui a du sens », confie Thierry Hamon, gérant de Ty Coat. Ce dernier propose de valoriser le site d’une ancienne déchetterie remblayée depuis 1968. Un petit groupe de travail de huit personnes se forme rapidement.

Parrainer des arbres

L'enjeu : faire « parrainer » de jeunes arbres à des citoyen-ne-s. Chaque personne participe à hauteur de 15 euros, ce qui permet d'acheter un arbre. La communauté d'agglomération de Lannion-Tregor, propriétaire des 6000 m² de terrain, donne son accord pour l'occupation du sol. Compte tenu de la dimension potentiellement polluée du site, il est choisi de ne pas planter d'arbres fruitiers. « Lorsqu'on a creusé, il y avait plein de vers de terre. La nature a bien repris ses droits », note néanmoins Thierry Hamon.

L'opération est un succès puisque soixante personnes (et donc autant d'arbres) ont répondu à l'appel. La société Rihouay (Plouigneau - 29) a fourni gratuitement le paillage. Les inter-entreprises alentour ont également participé en donnant 200 euros chacune. De quoi notamment financer l'élagage des quelques arbres qui avaient déjà poussé sur la parcelle, ainsi que l’installation d'une table en bois.

Car le site a vocation à devenir un lieu de partage où les employés des entreprises du quartier pourront venir déjeuner, les jours de beau temps. Mais aussi où « les enfants des écoles pourront découvrir les essences locales », souligne Thierry Hamon. Aubépine, prunellier, pin maritime... La plupart des bois qui poussent en Bretagne sont présents dans l'arboretum. Ils sont associés à quelques arbres ou arbustes à fleurs (mimosa...) destinés à embellir l'ensemble au printemps. « L'idée était de redonner vie à cet endroit. Le parrainage permet de mobiliser facilement les gens. Nous aurions pu planter 500 arbres si nous l'avions voulu », poursuit Thierry Hamon. À quand une forêt entièrement « parrainée » ?

TRIBUNE – FRANÇOIS VEILLERETTE : « LA MENACE DES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS DOIT ENFIN ÊTRE PRISE AU SERIEUX »

Créé le : 15/09/2017
François Veillerette, directeur de Générations Futures - Crédit : Générations Futures

L'ONG Générations Futures vient de publier les résultats de sa dernière étude sur le glyphosate, herbicide considéré comme perturbateur endocrinien. Ce dernier serait présent dans treize produits de consommation courante sur trente analysés par l'association.  Dans la tribune suivante, François Veillerette, directeur de Générations Futures dénonce le  coût sociétal « énorme » des perturbateurs endocriniens. Et l'inefficacité de la législation européenne pour encadrer l'utilisation de ces substances.  

Sans Transition !, Harmonie Mutuelle et l'Université de Bretagne Sud organisent, le 12 octobre prochain, une table-ronde sur l'impact des perturbateurs endocriniens sur la santé. Table-ronde qui sera suivie d'une conférence de François Veillerette

Aujourd’hui, tout le monde ou presque a entendu parler des perturbateurs endocriniens. Mais de quoi s’agit-il ? Ce nom barbare sert à désigner des substances chimiques ou métalliques qui, même à des doses très faibles, peuvent perturber le bon fonctionnement de notre système hormonal, appelé aussi système endocrinien. Problème : on s’aperçoit maintenant que ces substances sont présentes partout autour de nous. Dans les aliments que nous mangeons, car de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens, dans les plastiques qui peuplent notre quotidien, dans notre mobilier u dans nos ustensiles de cuisine et jusque dans le maquillage que nous employons sur notre peau !  Si la découverte de ce phénomène est récente (elle remonte en gros au début des années 70) les connaissances scientifiques s’accumulent de plus en plus rapidement et montrent le lien entre exposition des organismes les plus sensibles (fœtus, jeunes enfants…) à ces perturbateurs et une liste impressionnante de pathologies chroniques, comme certains cancers, des maladies du métabolisme, des difficultés d’apprentissage mais aussi des malformations génitales ou l’infertilité. Ces maladies ont un coût sociétal énorme chiffré à plus de 150 milliards d’euros par an en Europe ! 
 

Une législation européenne inefficace 

Forte de ces nouvelles connaissance l’Europe s’est dotée en 2009 d’une nouvelle réglementation sur les pesticides prévoyant de retirer du marché, à priori, les produits perturbateurs endocriniens pouvant impacter la santé humaine. Malheureusement, cette législation, qui aurait pu constituer un réel progrès en matière de prévention sanitaire, risque fort de ne produire que peu de résultats. En effet,  les critères techniques qui serviront à appliquer la législation adoptée début juillet exigent un tel niveau de preuves que, dans les faits, bien peu de substances finiront par être réellement interdites. Et de plus des dérogations à l’interdiction sont prévues ! La France, jusqu’alors à la pointe dans ce dossier, a changé de pied et a soutenu ces critères. Il nous faut donc toutes et tous continuer à interpeller nos responsables pour que la menace réelle des perturbateurs endocriniens soit enfin prise au sérieux ! 

CHANGEMENT CLIMATIQUE : Peut-on vraiment réparer le littoral ?

Créé le : 11/09/2017
© V. Delotte

Montée du niveau de la mer, érosion et submersion côtières… Avec le changement climatique, les littoraux et leur biodiversité vont être plus exposés. D’autant que, malgré les protections offertes par la loi littoral, les côtes françaises sont fortement urbanisées. Face à ces enjeux de taille, certains entrepreneurs et politiques envisagent de « réparer » des portions du rivage. Enquête.

Par François Delotte


LITTORAL : s’adapter au changement climatique

D’après les prévisions scientifiques, le niveau des mers pourrait augmenter de 50 cm à 1 mètre d’ici la fin du siècle, et les événements climatiques extrêmes (tempêtes, inondations…) s’avérer plus fréquents avec le bouleversement climatique. Pour y faire face, laisser faire la nature reste souvent la meilleure option. Quitte à devoir reculer dans certains cas…

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RÉDUCTION DES DÉCHETS : L'ESSAYER C'EST L'ADOPTER

Créé le : 14/06/2017
Aux rendez-vous des Biotonomes 2017, la réduction des déchets étaient à l'honneur ! Crédits : Justine Carnec

La réduction des déchets était cette année à l’honneur aux rendez-vous des Biotonomes, un événement organisé par Biocoop, qui se tenait le 10 juin partout en France. À Montpellier (34), place Paul Bec, une dizaine d’acteurs de la transition étaient présents pour aborder ce thème.

Après le bio, le local et  « de saison », le zéro déchet vient compléter le quadrille de la consommation et des démarches éco-responsables. Les rendez-vous des Biotonomes 2017, en choisissant pour thématique la réduction des déchets, avaient pour objectif de mieux faire connaître ses enjeux. Zero Waste France, association qui a fait de ce sujet son combat, et dont l’antenne montpelliéraine était présente le 10 juin, affirme que chaque Français produit en moyenne 458 kg de déchets par an. Parmi ceux-ci, seuls 15% sont recyclés. Les autres sont, pour une moitié, jetés en décharge, et pour l’autre, incinérés. Un processus qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement. « En faisant du zéro déchet, on réduit l’impact environnemental. Mais cela pousse aussi à consommer des produits locaux et de meilleure qualité. C’est meilleur pour l’économie locale, pour la santé, et pour le porte-monnaie. C’est un cercle vertueux à tous les niveaux », explique Mathieu, bénévole chez Zero Waste Montpellier.

De plus en plus de citoyens adoptent cette démarche dans leur consommation, mais les associations et les entreprises ayant la fibre écolo ne sont pas en reste. Certains intègrent la réduction des déchets dans leurs valeurs et pratiques, et d’autres en font leur leitmotiv.

L’eau en bouteille plastique interdite à la vente chez Biocoop

« Chez Biocoop, la réduction des déchets est un engagement très ancien » rapporte Valérien Pitarch, gérant de la Biocoop de Lunel (34). « Nous avons depuis longtemps développé la vente en vrac, par exemple. Et, au dernier congrès, Biocoop a voté l’interdiction de la vente d’eau en bouteilles plastiques. Il s’agit du premier produit vendu en grande distribution, mais c’est aussi le plus polluant, de par sa méthode de fabrication et les déchets qu’il génère. C’est un engagement fort. » Biocoop n’est pas la seule entreprise à se lancer dans cette démarche. Philippe Chazee, commercial chez Bioviva édition, un fabricant montpelliérain de jeux de société en bois, l’explique : « Nous sommes dans une démarche d’éco-conception. Nous évitons le suremballage des boîtes, utilisons du carton plutôt que du plastique, et des encres végétales. Nous essayons d’optimiser le format de nos jeux pour réduire les pertes de papier. »

Réduire ses déchets, « ça rend heureux » !

À la journée des Biotonomes de Montpellier, son stand est voisin de celui de Gaëlle Martinez, fondatrice de Filao. Investie depuis plus de 4 ans dans la démarche zéro déchet, Gaëlle confectionne des essuies-tout, éponges, sacs à pain et à vrac, protections féminines et autres objets du quotidien dans leur version durable, lavable et réutilisable, qui viendront remplacer leurs homologues jetables sur les étagères des citoyens zéro-déchet.

Les acteurs présents au rendez-vous des Biotonomes de Montpellier, une dizaine, sont tous différents, mais leur objectif est commun : sensibiliser les citoyens à ce mode de vie plus éco-responsable. « On est là pour donner envie aux gens, pour montrer que réduire ses déchets, ce n’est pas que des contraintes » affirme Mathieu, de Zero Waste. Sa collègue Cécile approuve avec enthousiasme : « ça apporte beaucoup de satisfaction personnelle, ça rend heureux. ».

 


 
Portefolio : le rendez-vous des Biotonomes 2017 à Montpellier (34)
 
 

Être Happy, Bio, et Verts, ou comment promouvoir et mener un mode de vie éco-responsable

Montrer qu’il existe d’autres façons de faire, c’est l’objectif des Happy Bio Verts, présente aux rendez-vous des Biotonomes 2017, à Montpellier. Cette association familiale, créée en 2014 par Angélina et Xavier De Poorter à Grabels (34), a pour but de valoriser les initiatives alternatives locales. Organisation de conférences, de journées de sensibilisation, d’actions de récupération, tous les moyens sont bons pour promouvoir un mode de vie plus éco-responsable. Et ce mode de vie, les membres de la famille De Poorter l’ont entièrement adopté, en faisant des alternatives durables leur quotidien. « On veut montrer que beaucoup de choses sont possibles parce que, souvent, les gens ne sont pas au courant qu’on peut faire différemment », affirme Xavier. Angélina renchérit, évoquant leur présence aux Biotonomes : « Le but, c’est aussi de montrer qu’il y a plein d’initiatives locales, et que le fait de vouloir être autonomes n’est pas marginalisé. »

 

Un pôle enfance à énergie positive à Roquemaure (30)

Créé le : 03/05/2017
DR

Dans son dernier numéro, Sans Transition ! Occitanie consacre un dossier à l'habitat passif et positif. L'occasion de présenter la démarche Bâtiments Durables Méditerranéens (BDM), qui distingue les projets d'architecture durable adaptés au climat méditerranéen, en Paca et en Occitanie. En ex-Languedoc-Roussillon, la démarche est portée par l'assocation Ecobatp LR.

Christophe Prineau, chef de projet de l'association Ecobatp LR, nous présente le pôle enfance de Roquemaure, dans le Gard, réalisation qui a reçu le niveau « Or » de BDM pour sa phase de conception.

À noter : L'association Ecobatp LR, qui coordonne le label BDM au niveau régional, organise une visite du chantier de la construction le 11 mai, à 9h30.

À quoi va ressembler le pôle petite enfance de Roquemaure (30) ?

L'ouverture du bâtiment est prévue pour septembre prochain. C'est un bâtiment d'environ 1000 m². Il se compose d'un centre multi-accueil collectif de 450 m², d'un multi-accueil familial de 68 m², d'un accueil parents/enfants de 84 m² et d'une zone de service pour le personnel de 53 m². Le maître d’ouvrage est la communauté de communes Côtes du Rhône Gardoise. La réalisation architecturale est attribuée à l'atelier In extenso, basé à Alès. Ce projet a été mûrement réfléchi d'un point de vue environnemental.

Le bâtiment a reçu le niveau Or de la démarche Bâtiments Durables Méditerranéens. Pour quelles raisons ?

La démarche BDM comprend trois niveaux d'évaluation des projets : une en phase de conception, une seconde à la livraison, à l'issue des travaux, et une dernière deux ans après la livraison, pour évaluer le fonctionnement du bâtiment.

Ces trois phases permettent de bien comprendre les implications des choix entrepris et d'opérer d’éventuels changements. Il s'agit d'une véritable démarche de progrès pour les porteurs de projets.

Le pôle enfance de Roquemaure a été évalué en phase conception, en décembre 2015. Il a alors obtenu le niveau Or, qui est le plus haut dans le processus d’évaluation de la démarche BDM. L'idée c'est de conforter ce niveau à l'avenir pour également obtenir l'or dans les phases suivantes.

Pour atteindre ce niveau, il faut valider un certain nombre de points au travers d'un référentiel qui comprend différents sujets à traiter : rapport au territoire, matériaux utilisés, confort, économie, projet social... Le pôle de Roquemaure s'est notamment distingué par l’utilisation de matériaux locaux et biosourcés (bois, pierre massive, isolation en paille, enduit en terre...).

C'est un bâtiment passif, labellisé Bepos. Il consommera donc très peu d'énergie ?

En fait, il s'agit même d'un bâtiment à énergie positive, qui doit produire plus d'énergie qu'il n'en consomme. Notamment via une production d'énergie solaire.

Le système de chauffage est particulièrement performant. Il repose sur une pompe à chaleur eau sur latte. Il s'agit d'un dispositif qui permet de récupérer les calories de l'eau présente dans le sol en période froide, pour alimenter un plancher chauffant. A l'inverse, en période de canicule, le froid de l'eau doit rafraîchir l'intérieur de la construction.

Notons également que la conception du bâtiment est bioclimatique. Son orientation par rapport au soleil va déterminer en partie le confort d'été, afin de le protéger des rayons du soleil. En hiver, il s'agit de capter la chaleur du soleil pour limiter les besoins en équipement. La démarche, inspirée par les préconisation du scénario « Négawatt » joue sur la sobriété et l’efficacité.

Combien de projets font actuellement l'objet d'une démarche BDM en Languedoc-Roussillon ?

La démarche est née en Paca en 2008. Elle a était développé en Languedoc-Roussillon en 2013. Elle concerne désormais l'ensemble de la grande région Occitanie.

Une quarantaine de projets sont reconnus « BDM » sur l'ensemble de la région. Les deux tiers sont des projets neufs et le reste de la rénovation. Parmi eux, beaucoup sont portés par des collectivités.

La démarche BDM est participative. Et son référentiel peut évoluer en fonction de l'évaluation des projets. Cette dernière est notamment effectuée par des professionnels d'horizons différents : architectes, maîtres d’ouvrage, bureaux d'études, entreprises... Cette évaluation est aussi transparente : n'importe quel citoyen peut assister à une commission d’évaluation et poser des questions. Pédagogie, bienveillance et esprit d'ouverture sont les maîtres mots de la démarche BDM.

Plus d'infos :

www.ecobatplr.org

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