Écologie

[ POLLUTION ] Se chauffer sans polluer

Créé le : 14/01/2021
Photo : Pixabay

L'association de surveillane de la qualité de l'air AtmoSud, insiste dans un communiqué sur la nécessité d’être vigilant quant à l’utilisation du bois-énergie comme mode de chauffage.

L’hiver s’est installé depuis plusieurs jours sur l’ensemble du territoire et s’accompagne d’une baisse des températures et d’une hausse de l’utilisation du chauffage. Mais savez-vous que les appareils de chauffage au bois non performants, et plus particulièrement les foyers ouverts, dégradent la qualité de l’air ?

Si le bois est assurément une énergie renouvelable, il peut être très polluant quand il sert de combustible de chauffage dans un vieux poêle à bois ou une cheminée ouverte et est l'une des sources principales de la pollution de l'air en hiver. Il semble donc important d’insister sur la nécessité d’être vigilant quant à l’utilisation du bois-énergie comme mode de chauffage.

Le chauffage au bois, responsable des émissions de particules fines PM2.5

Le chauffage au bois émet des particules fines PM2.5. Elles sont également formées par d’autres sources de pollution telles que le trafic routier ou l’industrie. Leur diamètre est inférieur à 2.5 µm.

Plus les particules sont fines (granulométrie), plus elles pénètrent les voies respiratoires inférieures et produisent des irritations, des altérations de la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes.

L’évolution mensuelle des particules fines PM2.5 met en évidence une hausse des niveaux au cours de la période hivernale, saison propice à l’accumulation des particules dans l’air.

Source : inventaire AtmoSud 2017

Se chauffer au bois et respirer un air de bonne qualité dans son logement, est-ce compatible ?

De manière générale, plus la combustion est complète, moins il y a d’émission de polluants de l’air à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. Les émissions intérieures dépendent du rendement de l’appareil, de son entretien et de celui de la cheminée d’évacuation, du mode d’allumage, du type de bois utilisé. Selon l’INERIS, « environ 80 % des émissions polluantes ont lieu durant les 10 à 15 minutes après l’allumage de la charge ». (Synthèse des études à l’émission réalisées par l’INERIS sur la combustion du bois en foyers domestiques – Mai 2018).

Les foyers ouverts impactent fortement l’air intérieur. C’est aussi le cas des foyers fermés anciens non performants. De nos jours, les systèmes sont plus performants, en particulier ceux labélisés flamme verte. Ce label est basé sur le rendement énergétique et les émissions de monoxyde de carbone, particules fines et d’oxydes d’azote.

C’est la raison pour laquelle le Conseil Départemental 13 et l’ADEME ont souhaité remplacer les cheminées ouvertes et les appareils antérieurs à 2001 par des inserts ou cheminées fermées, poêles à bois labellisés Flamme Verte.

Zoom sur l’opération « démonstrateur chauffage au bois »

Afin d’avoir une approche quantitative et pédagogique de cet impact, AtmoSud et le CD13 ont mis en place une démarche dite « démonstrateur chauffage au bois ». Cette opération consiste en des mesures d’air intérieur dans un logement qui fait l’objet du remplacement de son foyer ouvert par un poêle à bois Flamme Verte 7 étoiles. L’objectif est de mettre en évidence les améliorations de qualité de l’air intérieur qu’apporte un système de chauffage au bois performant.

La mise en évidence des évolutions de qualité de l’air intérieur apportées par un changement de système de chauffage au bois a nécessité la mise en place de deux campagnes de mesures comparatives dans le même logement en période froide :

  • la première campagne en présence d’un système à foyer ouvert (avant travaux) du 21 novembre au 6 décembre 2019
  • la seconde campagne après la mise en place d’un insert labellisé « flamme verte 7 étoiles » du 22 janvier au 7 février 2020.

Le bois utilisé a été de la même essence. Au cours des deux périodes de test, les quantités de bois utilisées ont été renseignées afin d’évaluer les gains de bois pour un confort de chauffe identique.

Que faut-il retenir ?

La plupart des indicateurs sont passés au vert !

  • Le remplacement du foyer ouvert par un insert labélisé flamme verte 7 étoiles a permis de réduire significativement les concentrations moyennes intérieures de particules fines, de black carbon et de dioxyde d’azote mais surtout des particules ultrafines inférieures à 250 nm.
  • Cela n’a pas changé significativement les concentrations intérieures en monoxyde de carbone et a occasionné un confinement un peu plus important qu’auparavant.
  • Le confort ressenti des occupants s’est fortement amélioré et a permis une économie d’énergie significative par la réduction de deux tiers du volume de bois de chauffe utilisé et l’inutilisation des chauffages d’appoint électriques. 

Les particules fines issues de la combustion de bois peuvent avoir des risques sanitaires considérables

Comme indiqué précédemment, le chauffage au bois émet des particules fines PM2.5 qui pénètrent les voies respiratoires.

Selon l’OMS « même à faible concentration, la pollution aux petites particules a une incidence sanitaire ; en effet, on n’a identifié aucun seuil au-dessous duquel elle n’affecte en rien la santé. »

En période hivernale, il est important d’être particulièrement vigilant sur les conditions d’utilisation d’appareils de chauffage d’appoint ou de groupes électrogènes, notamment pour éviter le risque d’intoxication qui peut être mortel.   « Avec une centaine de décès en moyenne par an, le monoxyde de carbone (CO) est la première cause de mortalité accidentelle par toxique en France. Gaz incolore, inodore et sans saveur, le monoxyde de carbone est difficile à repérer. » (Source : ARS)

L’ARS dresse des recommandations comportementales et sanitaires à effectuer pour préserver sa santé :

  • Ne jamais utiliser de façon prolongée un chauffage d’appoint à combustion ;
  • Ne jamais se réchauffer avec des appareils non destinés à cet usage (réchauds de camping, fours, brasero, barbecues, etc.) ;
  • Aérer quotidiennement son habitation et ne jamais obstruer les grilles de ventilation, même par temps froid ;
  • Ne jamais utiliser de groupe électrogène dans un lieu fermé (maison, cave, garage…). Ces appareils doivent impérativement être placés à l’extérieur des bâtiments.

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[DOSSIER ] « L'hydrogène sans sobriété ne vaut pas grand-chose »

Créé le : 12/01/2021
Michel Dubromel/ crédit FNE
Crédit : France nature Environnement
 
Propos recueillis par Guillaume Bernard
 
Michel Dubromel, pilote du réseau énergie de France Nature environnement, revient sur la stratégie hydrogène mise en place par le gouvernement. Est-elle une réponse suffisante à la crise énergétique ? Quelles solutions complémentaires peuvent-elles être apportées ?
 
Que pensez-vous du plan présenté par la ministre de l'Écologie ?
 
Avec sept milliards d'euros de dotation, c'est un plan de taille industrielle à la hauteur de l'enjeu. En comparaison, celui proposé par Nicolas Hulot (NDRL : 100 millions d'euros par an) était sans financement. Un autre bon point du plan est qu'il porte son attention sur l'hydrogène décarboné. Bien-sûr, c'est mieux si celui-ci est d'origine non nucléaire, c'est-à-dire fabriqué à partir d'énergies renouvelables. Il reste cependant un point négatif si ce n'est un gros point d'interrogation : quid de l'hydrogène carboné actuel ? (voir notre encadré)
 
Cette stratégie hydrogène sera-t-elle suffisante pour résoudre la crise des énergies fossiles ?
 
C'est une stratégie qui a ses forces mais aussi ses faiblesses. À France Nature Environnement, nous pensons qu’il ne faut surtout pas tout miser sur une seule énergie. Cela consisterait à reproduire les erreurs du passé avec le diesel. Ni le tout électrique, ni le tout hydrogène, ne sont des solutions. Pour sortir des énergies fossiles, il faudra au contraire multiplier les sources d’énergies alternatives mais aussi changer nos habitudes. Si on prend l'exemple du transport de marchandises, 85 % passe par la route alors que le ferroviaire devrait être bien plus utilisé. C'est aussi un levier à actionner.
 
Présenter l'hydrogène comme une solution miracle n'empêche-t-il pas de se poser la question de la réduction de notre consommation en énergie ?
 
C'est possible. Ce qui est sûr, c'est que le simple fait de passer à l'hydrogène ne va pas faire baisser en quoi que ce soit notre consommation d'énergie… si ce n'est son prix dissuasif peut-être ? Or la première économie d'énergie, c'est bien la sobriété. Et la sobriété, ce n'est pas la lampe à huile comme certains voudraient le faire croire, c'est tout simplement éviter le gaspillage. Ça peut simplement consister à faire isoler son logement, et en finir avec les passoires thermiques. C'est évident, l'hydrogène sans sobriété ne vaut pas grand-chose.
 
Vous présentez l'hydrogène comme une « énergie des territoires », pouvez-vous nous en dire plus sur cette appellation ?
 
Quand nous disons que l'hydrogène est « une énergie des territoires », cela veut dire que ce gaz gagne à être produit et consommé dans un périmètre restreint. S'il est produit à proximité de sources d'énergies renouvelables, par des éoliennes, des panneaux solaires ou des barrages, pas besoin de mettre en place tout un réseau de transport par tuyaux qui est compliqué avec un gaz si léger et si dangereux.
 
*****
 
Que va devenir notre hydrogène gris ?
 
Si Barbara Pompili souhaite la mise en place d'une filière de l'hydrogène en France, elle est aussi ministre de l'Écologie… et souhaite donc sa « décarbonation ». Ainsi, selon les chiffres rappelés par France Hydrogène (voir graphique), la production d'hydrogène gris, qui représente actuellement 95 % du total de la production d'hydrogène, devrait passer à 48 % de ce total d'ici 2030. Présentés ainsi, les chiffres laissent penser que cette production serait alors divisée par deux. Or il n'en est rien. Alors que la France produit 735 000 tonnes d'hydrogène en 2020, elle en produira toujours 645 000 tonnes en 2030. Cette part se retrouve simplement noyée au milieu de la production d'hydrogène bas carbone qui a explosé. En valeur absolue, la production d'hydrogène gris n'aura reculé que d'environ 20 % en 10 ans. Une décarbonation toute relative...
 
 
Plus d'infos :
 
 
 
 

[DOSSIER] : Hydrogène, la molécule miracle ?

Créé le : 12/01/2021
Le Coradia iLint, fabriqué par Alstom, est un train de passagers alimenté par une pile à hydrogène, qui produit de l'énergie électrique pour la traction (Crédit Pixabay)
Le Coradia iLint, fabriqué par Alstom, est un train de passagers alimenté par une pile à hydrogène, qui produit de l'énergie électrique pour la traction (Crédit Pixabay)
 
 
Par Guillaume Bernard
 
7 milliards, c'est le montant du plan mis en place par le gouvernement pour créer une filière hydrogène en France. Mais la molécule mérite-t-elle qu'on place tant d'espoir en elle ? Et surtout tant d’argent public ?
 
Rappelez-vous, nous étions confinés et ce n'était pas encore une habitude. La tête à la fenêtre, applaudissant les soignants, nous nous demandions à quoi ressemblerait le monde d'après. Sur nos écrans, le Président de la République esquissait des perspectives : « Il nous faut créer les emplois de demain par la reconstruction écologique qui réconcilie production et climat. » La France confinée avait besoin d'un rêve. Le gouvernement lui trouva l'hydrogène.
 
La solution miracle était pourtant à portée de télescope. Les étoiles, les nébuleuses et les planètes gazeuses ? De l'hydrogène. 92% des atomes qui forment l'univers ? De l'hydrogène aussi. Appelée « hydrogène » par convention, c'est en réalité la molécule H2 (dihydrogène) et le gaz qu'elle constitue, qui inspirent le plan gouvernemental. Sur terre, on en trouve abondamment dans les molécules d'eau. Ses propriétés ont beau être connues depuis le 18ème siècle, (voir encadré) les États européens n'avaient jamais considéré le gaz comme une potentielle solution à la crise des énergies fossiles. Jusqu'à ce que la Covid-19...
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[TRANSITION] Un observatoire pour les objectifs régionaux en matière de climat

Créé le : 11/01/2021
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Crédit photo : Pixabay

Par Sans transition!

L’Observatoire des objectifs régionaux climat énergie, outil développé par le Réseau Action Climat France pour la transition écologique et énergétique des territoires, a été lancé il y a 5 mois. L'occasion de rappeler sa fonction en conférence de presse, avec les acteurs membres, tels que l'Ademe, l'association négaWatt ou encore le Cler.

Année après année, le but de l'observatoire sera de rendre transparentes, pour le citoyen, les politiques des territoires choisies en vue de la transition, et ce dans les différents secteurs (bâtiment, transports, déchets, energies renouvelables, etc.). Il permettra d'analyser les évolutions réalisées vis-à-vis des objectifs fixés dans les politiques régionales et de visualiser les écarts entre objectifs affichés et réalisations effectives des régions.

En d'autres termes, selon Hervé Lefebvre, chef du Pôle trajectoires bas carbone pour l'Ademe, "l'observatoire permettra de constater si la région satisfait ou non ses engagements pris". Les objectifs de chaque région sont définis dans les SRADDET, les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires créés en 2015 par la loi NOTRe, et autres documents de planification.

Pour Adrien Jacob, chargé de projet à Négawatt, 3 indicateurs principaux, qui figurent normalement dans les objectifs que se fixent les régions, seront ainsi régulièrement passés au crible par l'observatoire : les émissions de gaz à effet de serre totales de chacune des 13 régions, la consommation finale d'énergie et la production d'énergie renouvelable. En revanche, l'observatoire n'a pas vocation à comparer les régions entre elles, ni même de comparer les politiques régionales menées par rapport aux objectifs nationaux fixés en faveur de la transition.

Zoé Lavocat, responsable Climat et territoires au Réseau Action Climat, a précisé qu'une mise à jour régulière des données récoltées auraient lieu, en fonction notamment des éventuelles modifications opérées sur les Sraddet, mis en oeuvre depuis 2020. "Nous souhaitons rendre cet outil pédagogique pour qu'il soit accessible à tous", a-t-elle ajouté. À suivre donc.

Plus d'infos : Observatoire des objectifs régionaux climat-énergie – Où en sont les régions dans la transition ? | Réseau Action Climat (reseauactionclimat.org)

[FAUNE] : Rewild : La zootopie bretonne 

Créé le : 10/01/2021
© Rewild

Crédit photo : Rewild

Par Quentin Zinzius
 
Après plusieurs années de difficultés financières, le zoo de Pont-Scorff, dans le Morbihan, a été racheté en décembre 2019 par une coalition d’associations, nommée Rewild. Outre de nombreux travaux de rénovation pour rendre la vie des animaux plus agréable, la coalition souhaite relâcher certains d’entre eux dans leurs milieux naturels. Une démarche très éloignée du standard des parcs zoologiques.
 
Installé dans le pays de Lorient depuis 47 ans, le zoo de Pont-Scorff a fait partie des pôles touristiques emblématiques du Morbihan, et exposait chaque année ses animaux à plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Mais ces dernières années, le zoo a connu de nombreux problèmes, notamment économiques. Les directions se sont enchaînées, les problèmes se sont accumulés, si bien que le zoo s’est retrouvé en vente à plusieurs reprises. En décembre 2019, le zoo est finalement racheté par la coalition Rewild [« retour au sauvage »] qui compte, parmi ses fondateurs, le centre Athénas, Sea Sheperd, et le Biome, tous spécialisés dans la protection d’animaux sauvages. Le zoo est alors fermé au public, et devient le Rewild Rescue Center [« centre de sauvetage de Rewild »], un centre de secours pour les animaux sauvages issus de trafic, avec pour objectif leur réintroduction en milieu naturel. 
 

« C’est une autre façon de s’occuper des animaux »

 
Car la mission principale de Rewild, c’est bien de relâcher ces animaux retenus captifs....
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[PRIARTEM] Conseil d'Etat : La 5G en sursis

Créé le : 18/12/2020
crédit pixabay

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Par Piartem et Agir pour l'environnement

Le gouvernement a lancé les procédures d’attribution des fréquences 5G via un décret et un arrêté parus au JO fin 2019. Faute d’évaluations environnementales comme l’impose la directive européenne sur les plans et programmes, les associations ont décidé d’attaquer cette décision. Le gouvernement, par la voix de l’ARCEP et de la direction générale des entreprises (DGE) a contesté cette analyse, arguant du fait qu’aucun pays de l’union européenne n’avait mené à bien cette évaluation environnementale et qu’il n’était, de ce fait, pas utile d’engager cette évaluation.

Face à cette divergence d’appréciation, les associations PRIARTEM et AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT, assistées par les avocats François Lafforgue et Hermine Baron du cabinet TTLA et associés, ont invité le Conseil d’Etat à poser une question préjudicielle à la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE).
 
A l’occasion de l’audience publique du vendredi 18 décembre, le rapporteur public est allé dans le sens des associations.
 
Il estime ainsi que l’arrêté fixant les conditions de délivrance et d’utilisation des fréquences dans la bande 3,5 Ghz en France métropolitaine pourrait être considéré comme un plan ou programme ayant une incidence sur l’environnement et, à ce titre, nécessiter une évaluation environnementale stratégique préalable.
 
Si le Conseil d’Etat suivait l’avis du rapporteur public, la Cour de Justice de l’Union Européenne devrait alors se prononcer expressément sur cette question, ce qui pourrait avoir un impact sur le déploiement de la 5G non seulement en France mais également potentiellement dans les autres pays de l’Union européenne.
 
Dans un contexte de déploiement à marche forcée, les associations PRIARTEM et AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT réclament, aux côtés d’autres associations partout en Europe, un moratoire sur le déploiement de la 5G afin de permettre une évaluation complète de ses impacts sur la santé, l’environnement, le climat.

[5G] : Le Sénat prend acte du rapport du HCC sur l'impact carbone de la 5G

Créé le : 18/12/2020

Crédit : pixabay

Par Sans transition!

Alors que le gouvernement souhaite déployer la 5G début 2021, ce 18 décembre, le Sénat s’est fendu d’un communiqué pour exprimer ses doutes sur ce déploiement. Et pour cause : le Haut conseil pour le climat (HCC), saisi en mars dernier par le président du Sénat Gérard Larcher, a publié ce jour un rapport inédit d’évaluation de l’impact environnemental de la 5G.

Le résultat de l’analyse du HCC est sans appel : l’impact carbone du déploiement de cette nouvelle technologie mobile est considérable, la 5G contribuera bien à une augmentation de l’impact environnental causé par le numérique.

Le Sénat constate également que les orientations du HCC « confortent la proposition de loi sénatoriale visant à réduire l’impact environnemental du numérique: limitation du renouvellement des terminaux par une lutte contre l’obsolescence programmée ; fixation d’objectifs de réduction des impacts des réseaux sous le contrôle du régulateur, l’Arcep ; inscription d’engagements environnementaux minimaux dans les futures attributions de fréquences mobiles. »

Prenant acte, le Sénat explique qu’ il examinera la proposition de loi du 12 janvier « sans attendre l’annonce de la feuille de route du gouvernement sur le sujet, dont le Haut conseil pour le climat relève lui-même qu’elle n’apporte pas "pour le moment de garantie que la somme de [ses] mesures se traduise par moins d’émissions" ». Et de rappeler : « cette démarche doit engager structurellement la France sur le chemin de la neutralité carbone ». Un beau camouflet pour le gouvernement.

Reste à savoir, si en se montrant aussi réservés sur la 5G, les sénateurs rejoindront ainsi, aux yeux du président Macron, le camp des « Amish ».

>>Retrouvez notre dossier complet sur la 5G dans le Sans transition n°25 

 

Lien vers l’Essentiel de la proposition de loi : http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/Developpement_durable/20201216_Essentiel_PPL_EEN.pdf

[ALGUES VERTES] Recours contre l'écocide de la Baie de Saint-Brieuc

Créé le : 15/12/2020
crédit pixabay - algues vertes

Crédit photo : pixabay

Par Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre

Pour la première fois dans l'histoire de la Bretagne, une association écologiste engage une action contre les autorités de l'Etat, les tenant responsables de la disparition de la biodiversité sur de vastes zones du littoral breton à cause de la présence massive et durable d'hydrogène sulfuré, issu de la décomposition des marées vertes échouées sur nos côtes, sans compter leur impact sur le milieu marin.  

Depuis des années, Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre alerte les pouvoirs publics et en particulier les préfètes et préfets successifs de Bretagne et des Côtes d'Armor sur l'impact des échouages massifs d'algues vertes sur toute la chaîne du vivant, et ce bien après les derniers échouages. Les effets et les causes de cette pollution majeure sont bien documentés par toute une série d'études scientifiques reconnues et incontestables. Des personnes ont payé de leur vie l'ignorance dans laquelle les ont plongées tous les échelons des administrations d'Etat, de départements, de région. Un récent documentaire sur la chaîne publique France 5 s'est bien fait l'écho des graves conséquences de cette pollution majeure vieille de 50 ans et toujours impunie aujourd'hui.
 
Or, ces risques sanitaires bien réels ne doivent pas masquer la terrible réalité de la dévastation de la biodiversité sur de vastes zones du littoral dans les baies sableuses et les rias. Rappelons que les estuaires sont des lieux de forte production biologique propices au développement de la faune avicole et constituent des nurseries pour de nombreuses espèces halieutiques. Si un homme meurt en 2016 dans une vase putride saturée en hydrogène sulfuré en traversant l'estuaire d'une rivière de la baie de Saint-Brieuc, qui peut soutenir un seul instant que puissent y vivre des espèces vivantes quelles qu'elles soient ?
 
Forte de ces constats et prenant acte de l'impuissance publique à résoudre ces graves atteintes à la biodiversité qui prennent par leur caractère structurel, permanent et systémique la forme d'un écocide, malgré les nombreuses alertes de l'association, Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre a décidé de se retourner vers les autorités compétentes du département des Côtes d'Armor sous forme d'un recours gracieux reçu le 26 novembre leur enjoignant de mettre fin à la prolifération algale par tous moyens légaux à leur disposition. Elle n'attend pas l'application de la loi de délit d'écocide pour agir auprès de l'autorité compétente représentante de l'Etat. Pour cela l'association mandate ses avocats du cabinet Géo-Avocats à Paris pour agir en ses lieux et place. https://geo-avocats.com
 
Ce recours comprend, en substance, les points critiques suivants :
 
•les rapports du CEVA démontrent que la période durant laquelle sont présentes les algues vertes ainsi que l'aire qu'elles couvrent ne décroissent pas avec le temps ;
 
•l'année 2019 aura été en ce sens une année catastrophique (un surplus de 20% enregistré entre août et septembre par rapport à la moyenne, 73% de cette couverture algale était présente sur la baie de SaintBrieuc) ;
 
•durant l'année 2020 les marées vertes, bien que moins spectaculaires qu'en 2019, sont apparues dans des proportions conformes à la moyenne annuelle et devenue habituelle ;
 
•cette absence d'évolution s'explique principalement par la stabilité des flux azotés vers la mer, lesquels constituent un "environnement favorable" pour le développement des algues vertes ;
 
•or, il a été constaté par les soins de Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre que la présence récurrente, depuis plusieurs décennies, de ces algues avait un impact sur la biodiversité littorale. Elle a ainsi alerté le conservateur de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc ;
 
•les observations de l'association sont confirmées par les résultats d'une thèse universitaire récente réalisée sous la direction de l'IFREMER ainsi que par le suivi de l'indice de qualité des population d'invertébrés mesuré par l'observatoire de l'environnement en Bretagne, lesquels font état d'une perte de la diversité des espèces ainsi que d'une chute de la biomasse globale en zone d'eutrophisation ;
 
•cette situation est d'autant plus alarmante qu'elle concerne un espace naturel remarquable, à savoir la Baie de Saint-Brieuc, pourtant classée réserve naturelle depuis 1993 ;
 
•face à l'absence de mesures suf fisamment ef ficaces pour protéger la faune de la baie, l'association saisit donc le préfet de département en sa qualité à la fois de responsable de la protection de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc et d'autorité en charge d'encadrer l'activité des exploitations émettrices d'azote ;
 
•l'action de l'association vise à lui faire communiquer les informations relatives aux contrôles des exploitations responsables des flux azotés ainsi qu'aux sanctions éventuellement prises en cas de manquement et (2) enjoindre la préfecture à prendre des mesures concrètes afin de mettre un terme à cette destruction de la biodiversité, laquelle constitue un préjudice écologique.
 
Cinquante ans après les premiers échouages attestés à Saint-Michel-en-Grève, Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre entend par ce recours mettre fin au désordre environnemental mortifère et toxique introduit en Bretagne par une agriculture intensive débridée largement entretenue par le laxisme d'Etat déjà condamné en 2007 et 2009 par des cours administratives.   
 
Plus d'infos : http://www.sauv-tregor.fr/            

[RESILIENCE] :Une décennie plus tard, quel bilan pour les marais des salins de Camargue ?

Créé le : 10/12/2020
Vol de flamants roses au-dessus des anciens salins @jean_Jalbert-TourduValat

Vol de flamants roses au-dessus des anciens salins @jean_Jalbert-TourduValat

 

Par Maëva Gardet-Pizzo

Depuis des années, les anciens salins de Camargue sont le lieu d’une expérimentation scientifique qui vise à laisser faire la nature plutôt que de l’aménager, pour mieux résister au changement climatique. Une décennie plus tard, les résultats sont encourageants mais ne suffisent pas à rassurer bien des Camarguais qui se sentent impuissants face aux changements du temps.

C’est un bout de terre qui a des allures de bout du monde. Une plage immense derrière laquelle se dessine une vaste étendue de dunes, d’étangs et de marais. Ici le temps semble en suspens. Comme si la nature avait toujours été là, imperturbable. Et pourtant...

Jusqu’en 2008, ces terres appartenaient à la compagnie des Salins du midi. Mise à mal par la perte d’un client majeur et par l’entretien de plus en plus coûteux de ses digues, la compagnie accepte, sur fond de crise sociale, de céder 6,5 hectares au Conservatoire du littoral, un établissement public de l’État. La gestion du site est assurée par trois acteurs locaux que sont le Parc régional de Camargue, la Tour du Valat, et la Société nationale de protection de la nature.

L’ambition est alors de reconnecter la mer et les étangs centraux dont celui du Vaccarès afin de favoriser la biodiversité et de faire de la zone un amortisseur naturel contre les tempêtes. Plusieurs aménagements sont réalisés pour effacer les pompes et autres traces des salins, laissant l’eau tracer son sillon (NDLR, On vous en a parlé longuement dans un article il y a 5 ans – lire...

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[ZERO DECHET] : À Montpellier, se faire livrer sans déchet

Créé le : 06/12/2020
loopeat. crédit A.Mariette
Les boîtes Loopeat viennent directement de Suisse, où le système de consigne est déjà bien implanté. Crédit : A.Mariette

Par Alice Mariette

Armées de leurs vélos et de boîtes réutilisables consignées, la startup LoopeEat et l’association Les Coursiers montpelliérains veulent révolutionner la livraison de repas en ville. À Montpellier, salades, poke bowl et burgers sont livrés de façon éthique et zéro déchet. Une première en France.

Dans le restaurant Oh my bowl!, rue de l’Université, quelques clients rentrent, une boîte vide couleur aubergine à la main. Ils viennent la faire remplir et ainsi emporter leur déjeuner sans générer de déchet. « La gestion est très simple, : les clients reviennent avec leur boîte déjà lavée, nous n’avons rien à faire de plus que de la remplir, comme on remplit un contenant jetable », raconte Julien Lurienne, cogérant du restaurant. Pour avoir la boîte la première fois, une consigne de 10 € est collectée directement en ligne par la startup Loopeat. Ce système de fonctionnement, Adeline Lefèvre, ingénieure de formation, l’a ramené de Suisse. « Comme je pense qu’il ne faut pas réinventer la roue, je suis allée observer le mécanisme de leur système national de consigne », explique-t-elle. De son séjour en terre helvète, elle a aussi importé ces boîtes violettes fabriquées en Suisse, légères, résistantes, mais aussi esthétiques et pratiques. Avec son associée Clémence Hugot, elle a lancé Loopeat en septembre 2018. Leur ambition : supprimer totalement les contenants à usage unique dans la restauration à emporter. Un projet d’envergure, qui permet...

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