Débat

[ BIO & ÉTHIQUE ] Nourrir la France en bio, mission impossible ?

Créé le : 18/11/2019
Cultiver plusieurs espèces sur une même parcelle, au même moment, permet d’augmenter les rendements et de stabiliser l’exploitation. Une piste pour répondre à la demande croissante en bio. (crédits : © Marie-Christine LHOPITAL, INRA)

Par Anaïs Maréchal.

Le marché du bio explose, et la grande distribution s’engouffre dans la brèche en pratiquant des marges abusives. La filière doit choisir son camp : prendre la même direction que l’agriculture conventionnelle, ou conserver son éthique. Producteurs, chercheurs, transformateurs de nos régions … tous se mobilisent pour dépasser les limites actuelles du bio, dans un modèle vertueux pour l’Homme et l’environnement.

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[ HUILE DE PALME ] Des associations demandent une seconde délibération en urgence

Créé le : 16/11/2019

Alors que l’examen en première lecture du Projet de loi de finances 2020 est sur le point de se terminer à l’Assemblée nationale, un amendement adopté hier soir par les députés repousse de 6 ans l’exclusion de d’huile de palme de la liste des “biocarburants” éligibles au dispositif de soutien public. Les associations du Réseau Action Climat demandent au Gouvernement une seconde délibération en urgence, lors de la 1ère lecture du PLF, afin de préserver le débat démocratique et de respecter les engagements de la France de mettre fin à la déforestation importée.

L’huile de palme avait été exclue l’année dernière de la liste des “biocarburants” éligibles à un dispositif de soutien fiscal, actant la fin d’un avantage estimé entre 70 et 80 millions d’euros pour Total par l’entreprise elle-même. Celle-ci a mené un lobbying intense pour changer la loi, allant jusqu’à saisir le Conseil constitutionnel, qui l’a finalement déboutée le 11 octobre dernier. Dans un entretien au Journal du Dimanche du 27 octobre, son PDG, Patrick Pouyanné, estimait concernant l’huile de palme “qu’il faudrait que le Parlement français décide d’en sortir un peu plus tard, en 2026 plutôt qu’en 2020”. Il s’agit d’un exemple de plus des méthodes de lobbying intense dénoncées par la société civile depuis trop longtemps.

Hier, le Parlement a cédé au chantage de Total, avec le soutien du Gouvernement qui a émis un avis favorable, en contradiction totale avec  les déclarations d’Élisabeth Borne qui se félicitait en août dernier de la fin de l’avantage fiscal accordé à l’huile de palme. L’amendement, déposé par des députés issus de la Majorité, du Modem et des Républicains, a été voté en quelques secondes sans aucun débat parlementaire, et contre l'avis même du rapporteur. En plein état d'urgence climatique, il s’agit d’un déni de démocratie inouï : ce dossier avait en effet occupé très largement les débats de l'hémicycle l'an dernier, aboutissant à une grande avancée pour l'environnement. Les agrocarburants à base d'huile de palme génèrent en effet une déforestation directe et indirecte massive, qui les rend coupables d'un bilan carbone pire que leurs équivalents fossiles. Quant à l'huile de palme utilisée à la raffinerie de Total de la Mède, elle carbure à la déforestation illégale perpétrée en Indonésie, comme l’a montré un récent rapport sur sa chaîne d’approvisionnement.

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[ENVIRONNEMENT] : Laisser libres les herbes folles avec Gilles Clément

Créé le : 14/11/2019
Conférence à Mazan avec Gilles Clément

Le jardinier, écrivain et paysagiste Gilles Clément était présent mardi 12 novembre à la boiserie Mazan, face à une salle bien remplie, afin d’évoquer le sujet « Jardiner la terre, comment repenser notre rapport à la nature ? ». Pour lui, le jardin est un enclos où l’homme doit être le moins interventionniste possible. Une leçon à appliquer à l’échelle planétaire, face au dérèglement climatique.

Prendre garde à « l’illusion de la maîtrise de la nature par la technologie ». Rester humble face à la nature, accepter « l’idée de ne rien faire » plutôt que de vouloir sans cesse la contrôler, voilà le rappel du jardinier à la renommée internationale Gilles Clément, connu notamment pour ses concepts de « jardin en mouvement » ou encore de « jardin planétaire ». En substance, l’écrivain a martelé son message, celui d’une reconnexion impérative à la nature, et invité à « se rapprocher du vivant et réapprendre à vivre avec la diversité ». En guise d’exemples, Gilles Clément s’est attardé sur la couleuvre ou encore la taupe, symboles de ces animaux relégués au rang de « nuisibles », qui traduisent notre rapport belliqueux à l’environnement. Le préalable à cette reconnexion ? Impérativement « abandonner notre modèle économique où tout est marchandisé », ce qui fausse notre rapport à la nature et alimente notre besoin de l’assujettir.

« Le paysage, un regard porté par l’homme »

La thématique plus locale du « changement climatique, comment adapter nos jardins en Provence ? », a nourri un débat sous forme de table ronde avec, aux côtés de Gilles Clément, Sébastien Giorgis, architecte, paysagiste et urbaniste et Quentin Lefaucheux, paysagiste et créateur d’espaces verts (Les jardins de Solev). En préambule, Sébastien Giorgis a rappelé que le « paysage est avant tout un regard porté par l’homme », et à ce titre, il relève « du patrimoine culturel ». Ce à quoi Gilles Clément a enchéri : « le paysage est ce qui se trouve sous l’étendue du regard, c’est quelque chose de sensible, de personnel. Mettez 30 étudiants devant un seul paysage, vous obtiendrez 30 lectures différentes ! ». Quentin Lefaucheux a souhaité rendre hommage aux paysans dont il est lui-même un fils, soulignant « leur responsabilité dans l’aménagement du paysage ». Après ce juste rappel, Sébastien Giorgis a expliqué qu’en Provence, c’est avant tout l’eau qui structure le paysage. « Les jardins méditerranéens dépendent de cet élément géologique, avec des épisodes où elle se fait rare, et d’autres où elle est présente en extrême abondance. Ainsi, on retrouve souvent une géométrie dans ces jardins, liée aux fils d’eau qu’il faut étirer ».

« Savoir dire non »

Le débat a tourné autour de la responsabilité du paysagiste qui doit s’adapter à son environnement, avec notamment, la raréfaction de l’eau en cette période de changement climatique. Pour Quentin Lefaucheux, « il faut sensibiliser les clients à cette problématique, et savoir dire non… ». Notamment à une demande absurde de gazon dans cette région aride ! « Il y a tant à proposer à la place, comme une prairie sèche par exemple ».

 La question du nécessaire retour de la nature en ville a également été abordée. Mais pour cela, « il est impératif d’abandonner la notion de mauvaise herbe, et faire comprendre que la présence d’herbe en ville n’est pas signe d’abandon ou de négligence ! », a souligné Quentin Lefaucheux. Attention, a alerté Sébastien Giorgis, « à la tentation de globaliser les paysages, et à celle de céder, par exemple, à la facilité qui consiste à vouloir planter des arbres partout. Il existe plein de modèles de paysages ! » Et puisqu’« on habite un paysage auquel on s’identifie », a-t-il ajouté, « il est vital de travailler les paysages avec les citoyens ». Les trois interlocuteurs ont reconnu le nécessaire « challenge » d’aller chercher ceux qui restent souvent en dehors des débats publics, afin d’éviter « l’entre soi ». Car en matière de jardin comme de changement climatique, nous sommes tous concernés.

Gilles Clément a écrit de nombreux ouvrages, dont Les jardins planétaires, Une brève histoire du jardin et des romans dystopiques, comme Le grand B.AL.

Sans transition ! remercie ses partenaires Biocop de Carpentras, l’Atelier bio de Provence, Atmosud, Les jardins de Solev,  Les Toqués, Eovimed, Actes Sud, RCF,  France Bleu Vaucluse et la boiserie Mazan.

[ENVIRONNEMENT] Les lobbies, du local au global

Créé le : 06/11/2019
Salle comble pour la table ronde consacrée aux lobbies de l'environnement (crédit : Magali Chouvin / Sans Transition).

Oui, l’environnement aussi a ses lobbies, souvent portés par le soutien des citoyens dans les territoires. Un sujet brûlant, décortiqué mardi 5 novembre lors d’une table-ronde organisée par Sans Transition ! et le Salon de l’écologie à Montpellier. Salle comble : plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour échanger avec les spécialistes du sujet qui ont répondu à l’appel : Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom ; Édouard Bouin, administrateur du Pacte finance-climat ; et Benoît Prévost, chercheur en économie à l’Université de Montpellier. Retour sur les temps forts de cette soirée.

À Bruxelles, environ 12 000 lobbyistes déclarent exercer des activités à la Commission et au Parlement Européen d’après le registre commun de transparence. Seulement un quart d’entre eux sont des ONG. Frédéric Le Manach le rappelle : « Il existe deux types de lobbying : celui d’intérêt privé, et celui d’intérêt commun. C’est là où se placent les associations environnementales. » Chez Bloom par exemple, on cherche à faire bouger les lignes du monde de la pêche, à l’image de la bataille gagnée sur la pêche profonde contre Intermarché. 

Les lobbies jouent également sur le terrain de la finance, comme le détaille Édouard Bouin : « Avec le Pacte finance-climat, nous avons fait du lobbying, du plaidoyer. Quasiment toutes les listes ont repris nos idées aux dernières élections européennes : le milieu de la finance s’interroge désormais. Les banques travaillent sur la finance verte, elles savent que les aléas climatiques vont coûter des fortunes. »

L'information comme bien commun

Pourtant, dans une société où les intérêts économiques sont prédominants, l’ombre du greenwashing plane sur cette « verdisation » de l’économie. « La première bataille à mener est celle de l’information comme bien commun », explique Benoît Prévost. Et la transparence n’est pas la réponse, elle n’est qu’un outil. Pour le chercheur, l’interpénétration du monde industriel et scientifique dans la politique est une véritable catastrophe. L’association Bloom tente elle de lutter pour une information fiable en employant des chercheurs et en disséminant l’information.

Tous s’accordaient hier sur le rôle fondamental des citoyens pour changer les décisions au sein de l’Union Européenne. Et quoi de mieux que l’accès à l’information pour faire réagir ? Frédéric Le Manach l’observe : « Lorsqu’ils sont sensibilisés à un sujet, les citoyens peuvent adhérer à nos actions. Et avoir l’adhésion du public, c’est un rouleau compresseur à Bruxelles. » Si le lobby se joue dans les hautes sphères politiques, les actions locales sont donc elles aussi fondamentales ! Clothilde Ollier, candidate EELV pour les élections municipales à Montpellier, en témoigne également : « Le poids des associations et des militants est important, les politiques en ont besoin, cela nous porte. » La lutte pour l’environnement se jouera du local au global.

Sans Transition ! remercie ses partenaires : le Salon de l'écologie, la Fondation Macif, Biocoop, Oyas environnement, RCF et l’Université de Montpellier.

Retrouvez très bientôt l'intégralité de la soirée en podcast sur le site de la radio RCF.

[ CENTRE-BRETAGNE ] La fin d'une zone blanche

Créé le : 05/11/2019
Photo : Bruno Jargot / Flick'r

Par Léa Charron.

À Saint-Cadou, on a toujours fait sans téléphone portable. Mais le gouvernement l’a annoncé plusieurs fois : d’ici à 2022, ce sera la fin de ces zones blanches, partout. Ce territoire en pleine nature attend justement une antenne pour la fin de l’année. Un projet qui divise les habitants.

Ce matin de fin d’été, en plein pardon de Saint-Cadou, célébré avec convivialité dans ce bourg finistérien de 200 âmes, une femme fait un malaise devant l’église. Personne ne peut joindre le 15. Nous sommes en septembre 2017. La cabine téléphonique, sur la place, vient d’être démontée. Hélène Guivarc’h  raconte : « j’ai dû rentrer chez moi, 500 mètres plus haut, pour prévenir les secours depuis mon téléphone fixe. » Protocole oblige, on lui a demandé avec insistance de retourner près de la personne affaiblie pour tenir les secours informés. « J’ai pu trouver un peu de réseau, à un endroit réduit, à plusieurs mètres du porche de l’église... pour faire le lien avec les secours, tant bien que mal ».

L’incident survenu au pardon est souvent cité pour justifier l’urgence de couvrir cette section de commune par le réseau mobile. Saint-Cadou est un hameau isolé dans les Monts d’Arrée, dépendant de la ville de Sizun, à une dizaine de kilomètres. « La couverture mobile est nulle », explique le maire, Jean-Pierre Breton. « En termes de sécurité surtout, cela ne peut plus durer. » Dans cette étendue boisée et...

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[ TOULOUSE ] Le gratte-ciel de la discorde

Créé le : 25/10/2019
Vue aerienne de la Tour Occitanie. Credit: compagnie de Phalsbourg Luxigon_copyright_libeskind

Par Guillaume Bernard.

Une tour de 150 m qui devrait chatouiller les nuages du ciel toulousain à l’horizon 2024, c’est le projet porté par la municipalité, dans le cadre d’un chantier plus vaste de rénovation urbaine, Toulouse EuroSudOuest (Teso). Mais si la construction du gratte-ciel est actée, les opposants dénoncent les arguments écologiques du projet qu’ils jugent peu ambitieux. Un rapport d’enquête publique tend, sur ce point, à leur donner raison.

Elle doit être le symbole du futur réaménagement du quartier de la gare qui débute cette année et d’un « urbanisme de demain » plus respectueux de l’environnement. Pourtant, la tour de 150 m qui devrait être construite pour 2024, divise les Toulousains. Son caractère écologique, vanté par les élus et le promoteur, n’a rien d’une évidence.

« C’est passé en douce pendant l’été, tempête Richard Mebaoudj, quand Toulouse était vide et que le peu de gens qui restaient crevaient de chaud ! » Le président de l’association Non au gratte-ciel de Toulouse ne décolère pas. Le 17 juillet 2019,  la commission d’enquête publique a rendu un avis favorable concernant le permis de construire de la tour Occitanie. Coincée entre la gare et le canal du Midi, c’est la pièce maîtresse d’un projet d’aménagement urbain bien plus vaste : Toulouse EuroSudOuest (TESO), qui prévoit la construction de 2000 à 2500 nouveaux logements et de 300 000m² de bureaux sur les 135 hectares aux alentours de la gare Matabiau, à l’horizon 2030.

« La municipalité n’a pas perdu de temps, à peine la commission avait-elle...

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[ URGENCE CLIMATIQUE ] A quand des actions dans le secteur des transports ?

Créé le : 24/10/2019

La contribution du secteur des transports au réchauffement climatique est primordiale : 31 % des émissions de gaz à effet de serre en 2018, dont 95 % en provenance de la route. De nombreux citoyens sont aujourd’hui très inquiets face à ce phénomène et sont prêts à changer leurs habitudes de déplacement, mais selon la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), rien de sérieux n’est fait pour réduire la dépendance automobile.

Le phénomène se traduit en particulier par des canicules, qui seront à l’avenir « de plus en plus précoces, fréquentes, intenses et prolongées » selon Jean Jouzel, climatologue ancien vice-président du GIEC.

La fonte du pergélisol des parois montagneuses et la montée du niveau des mers constituent une menace sérieuse (éboulements, inondations) pour les infrastructures de transport : voies ferrées et routes.

Plus on attendra pour s’attaquer au réchauffement climatique, plus la planète se réchauffera rapidement et plus le coût économique de ses conséquences sera élevé. Or de nombreuses décisions peuvent être prises rapidement par l’Etat et les collectivités locales sans exiger des contraintes insupportables par la population ou les entreprises : elles seraient peu coûteuses, ou même rapporteraient de l’argent utilisable pour investir davantage dans les réseaux urbains et ferroviaires (tramways, RER métropolitains).

Les décisions attendues de l’Etat

- Un centime supplémentaire de TICPE sur les carburants routiers (chiffres 2018) rapporterait 520 M€ ; si seuls les carburants automobiles étaient taxés, le produit serait de 271 M. La réduction récente de l’exonération de TICPE sur le gazole consommé par les camions (2 centimes) peut être accentuée.
- La très faible taxe sur les billets d’avion (1,5 € sur les vols courts-courriers), peut être augmentée.
- On peut réduire la vitesse limite autorisée sur les routes et en ville : 120 km/h (autoroutes), 100 (voies express), 80 (autres routes), 30 en ville (50 sur les axes de transit), comme en Suisse. L’impact climatique a été évalué par l’ADEME. Les énormes dépenses (40 Md€/an) liées à l’insécurité routière diminueraient.
- La prime vélo des salariés peut être rendue obligatoire pour les entreprises. Les cyclistes quotidiens étant plus nombreux et en meilleure santé, les dépenses de la Sécurité Sociale diminueraient.
- Le malus à l’achat des 4x4 urbains (SUV) peut être renforcé.

Les décisions attendues de l’Etat et des collectivités locales

  -Les collectivités locales peuvent multiplier les mesures favorables aux cyclistes. Elles peuvent accorder à tous leurs autobus des couloirs réservés et des priorités de circulation aux carrefours.
- Elles peuvent introduire le péage urbain (et l’Etat peut réintroduire les dispositions prévues dans une version initiale de la Loi d’Orientation des Mobilités).
- Les Régions et Départements peuvent limiter les dépenses routières, prioriser les travaux ferroviaires et développer des services d’autocar à large amplitude horaire et à fréquence élevée.
 
La FNAUT invite le gouvernement à suivre l’exemple de l’Allemagne qui va accentuer ses taxes sur les billets d’avion (elles passeront de 7,5 à 13 € pour les courts-courriers) et abaisser son taux de TVA sur les billets « grandes lignes » de 19 % à 7 %, taux déjà en vigueur pour les trajets jusqu’à 50 km.

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Et découvrez dans le prochain numéro de Sans transition !, un dossier consacré au scandale du Fret !

[ DROIT D'INFORMER ] Nous ne devons pas nous habituer aux intimidations, aux gardes à vue et aux poursuites judiciaires

Créé le : 18/10/2019

Le journaliste Guillaume Bernard qui écrit pour les sites d’information Rapports de force, EcomNews, et le magazine Sans Transition !, a rejoint la longue liste des journalistes inquiétés cette année par les forces de l’ordre. Pour son 48ème samedi de couverture des manifestations des gilets jaunes à Toulouse où il diffuse A Rebrousse Poil, un petit journal papier gratuit, notre collègue a été arrêté par des policiers. Ceux-ci l’ont accusé de jets de projectile sur les forces de l’ordre. Une accusation évidemment infondée.     

 Pourtant Guillaume Bernard, en plus d’être empêché de poursuivre son travail de couverture de la manifestation du 12 octobre, a dû subir une garde à vue de 24 h, prolongée d’encore quelques heures, avant que le parquet ne décide d’abandonner les charges incongrues de jets de projectile. Malgré tout, il est ressorti du commissariat avec une convocation devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour le vendredi 18 octobre. Il devra y répondre de l’accusation farfelue de rébellion. La version policière est contestée par un témoin décrivant une arrestation dans le calme, et contredite par une vidéo montrant le journaliste embarqué sans opposer de résistance par les forces de l’ordre.

Ce n’est pas parce que le nombre de journalistes entravés dans leur métier d’informer, interpellés, voir même placés en garde à vue ou poursuivis ne cesse d’augmenter que nous devons nous habituer à ces intimidations. Nous observons ces derniers mois de trop nombreuses entraves à la liberté d’informer. La convocation de trois journalistes et du directeur de publication de Mediapart lundi 14 octobre par le parquet de Paris pour un article sur l’affaire Benalla en est une énième illustration.

Il est inacceptable que les pouvoirs publics limitent ou empêchent les journalistes d’informer le public. C’est pourquoi nous réclamons la relaxe pure et simple de Guillaume Bernard. Une condamnation ne serait en l’espèce que l’octroi d’un permis d’empêcher les journalistes de faire leur métier.   

 

Premiers signataires

Rédactions : Sans transition !, Bastamag, Fakir, Mensuel Le Ravi, Radio GI.NE, Rapports de force, Rue89 Lyon, Street Press, Alternative libertaire, L’Anticapitaliste hebdo

Journalistes : Pouria Amirshahi (directeur de publication de Politis), Syrine Attia, Nathalie Auphant (Actualités Sociales), Maxime Bayce, Asma Benazouz, Ingrid Bergo, Jonathan Bondelet (Actualités Sociales), Sarah Bos (Actualités Sociales), Magali Chouvion (Sans Transition), Maïa Courtois (Actualités Sociales), Guillaume Davranche, Camille Desmaison-Fernandez, Solène de Larquier, David Dufresne, Ivan du Roy (Bastamag), Marion Esquerré, Martin Goillandeau (CNN International), Raphaël Guillet, Eléonore Hughes, Antoine Jégat, Didier Labertrandie, Samuel Lacroix (Philosophie magazine), Maëlle Lecointre, Lorrie Le Gac (Radio GI.NE), Emeline Le Naour, Victor Mallétroit (France 2), Maxime Martinez, Nicolas Mayart, Edwy Plenel (Mediapart), Stéphane Ortega (Rapports de force), Antoine Piel, Clothilde Ravel (Afrique intelligence), Maxime Ricard (Actualités Sociales), Emmanuel Riondé, Jean Baptiste Rivoire (Canal+), Mathilde Saliou (Mind Fintech), Nesrine Slaoui, Stéphane Trouille (reporter vidéaste indépendant), Stan Vignon, Gilles Wullus (Politis), Sarah Younan

Collectifs/organisations : Les Amis du Monde diplomatique Toulouse, SNJ- Solidaires, SNJ-CGT, Université populaire de Toulouse, Fondation Copernic 31, Union syndicale Solidaires, Union communiste libertaire

Citoyen.ne.s : Jean Constance (sociologue, cofondateur du média Radio GI·NE), Jean-Jacques Gandini (coordinateur Legal Team LDH Montpellier), Jean François Mignard (président d’honneur LDH Toulouse), François Ruffin (député France Insoumise), Pascal Gassiot (Fondation Copernic Toulouse), Gilles Daré (Fondation Copernic Toulouse), Stella Montbello (Fondation Copernic Toulouse), Victor Vauquois (scénariste), Vincent Verzat (Partagez c’est sympa)

Pour signer la tribune, écrivez à "redaction@rapportsdeforce.fr"

[ Jean-Louis Etienne ] « La jeunesse a cette force d’émouvoir »

Créé le : 04/10/2019
Photo : Elodie Crezé

Lors de la conférence animée ce mercredi soir à l’Université catholique de Lyon par Jean-Louis Etienne sur le thème de l’urgence climatique, la jeunesse a répondu présente pour débattre avec le grand explorateur. Médecin, impliqué dans la protection de l’environnement, il s’est fait connaîtrepour ses expéditions en Arctique et en Antarctique. Youth for climate Lyon, Alternatiba- ANV Rhône et les Jeunes écologistes de Lyon étaient à ses côtés et à ceux de Sans transition ! pour parler désobéissance civile et mobilisation.

« Climaticide »,« urgence », « nécessité de s’engager » :les mots, graves, lâchés par Max, de Youth for climateLyon, Baptiste, des Jeunes écologistes de Lyon et de Charles, d’Alternatiba ANV-Rhône, ont pris une résonnance particulière dans l’amphithéâtre de l’Université catholique de Lyon, ce mercredi 2 octobre. À leurs côtés, l’explorateur Jean-Louis Etienne a acquiescé devant cette impérieuse nécessité de se mobiliser, exprimée par les jeunes. Il a tout de même rappelé que la désobéissance civile, telle que pratiquée par ces mouvements citoyens comme levier d’action, ne doit pas occulter le principal objectif : parvenir à détourner les investisseurs des énergies fossiles, condition ultime pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. L’important est d’instaurer « une pression permanente », a plaidé l’explorateur, mais aussi de « donner envie de changer les choses, et non pas toujours de s’opposer frontalement ».Surtout, « la jeunesse a cette force d’émouvoir et de donner envie de mettre en œuvre la solution », a-t-il ajouté face à un public acquis.

Œuvrer pour une justice climatique, voilà en substance le message qui a été martelé lors de la conférence. Mais les jeunes réunis autour de la table ont souligné qu’il ne fallait pas occulter pour autant la justice sociale. Car pour Charles, d’Alternatiba ANV-Rhône, « les 1ères victimes du changement climatique restent les plus défavorisés. Il faut viser un changement de société radical ».

« Un changement global »,a rebondi Jean-Louis Etienne, qui a toutefois tenu à rappeler que « pour l’atteindre, il faut d’abord et avant tout, changer les choses localement ». En filigrane, un appel à la responsabilité individuelle et collective ! Ce mercredi soir, la jeunesse s’est montrée prête à relever le défi. Comme l’a rappelé Max de Youth for climate Lyon, « la lutte contre le réchauffement climatique a constitué pour beaucoup de jeunes un réveil politique très puissant. Il faudra que cela se retrouve dans les urnes ». La mobilisation de la jeunesse n’est pas prête de s’essouffler.
 

Retrouvez aussi notre dossier sur la désobéissance civile dans le numéro 18 de Sans transition !

[ Un monde en mouvement ] Dans les cafés - librairies de Bretagne, du 31 octobre au 19 décembre

Créé le : 19/09/2019

Cette année, la manifestation automnale "Libres en littérature" : Un monde en mouvement, se déroule du 31 octobre au 19 décembre 2019 dans les cinq départements bretons. Au programme : débats, rencontres-lectures et projections qui mettent en mouvement ce monde tel qu'il est & tel qu'il pourrait être.

Il sera question de bouleversement climatique et de solutions concrètes à mettre en œuvre, d'exil et de femmes, de résistance et d'amour. Les lecteurs voyageront dans le monde entier en compagnie du géographe Emmanuel Ruben, du philosophe Philippe Simay, des globe-trotters du microcrédit Nicolas Auber et Matthieu Tordeur.
Ils cohabiteront avec une famille iranienne et feront l'éloge du métèque en présence d'Abnousse Shalmani.
La pollution - plastique, algues vertes - sera aussi en discussion en compagnie de Matthieu Combe et de la journaliste Inès Léraud.
L'agriculture biologique, la renaissance écologique, les peuples racines sont au rendez-vous en présence de Jacques Caplat, agronome, de Julien Dossier, spécialiste de la transition écologique & de Sabah Rahmani, anthropologue.
Littérature avec Joseph Ponthus autour de son remarquable premier roman A la ligne, avec Eric Pessan, auteur prolixe et talentueux avec lequel les lecteurs partageront notamment les aventures de Don Quichotte. Littérature toujours qui fait traverser la Méditerranée sur un rafiot de fortune avec Louis-Philippe Dalembert dont le roman Mur Méditerranée est en lice pour le Prix Goncourt et le Prix Goncourt des Lycéens. Il y est question de femmes, d'exil et d'espoir.
Les femmes, la résistance et l'espoir sont aussi à l'affiche du roman Ces femmes-là et du film Mélancolie ouvrière de Gérard Mordillat, cinéaste, essayiste, romancier.

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