Débat

[ LA SÉLECTION DES LIBRAIRES ] Renaissance écologique, 24 chantiers pour le monde de demain de Julien Dossier

Créé le : 30/07/2019
Mais quelle mouche les a piqués ? Interloqués ou révoltés, pragmatiques ou rêveurs, lanceurs d’alerte, poètes ou romanciers, des auteurs, sélectionnés par des libraires qui diffusent Sans transition !, manient la plume et l’encre pour dire leurs convictions en termes d’écologie et d’humanisme. Des mots forts, percutants, qui tantôt interpellent, tantôt bousculent ou touchent, mais qui, jamais, ne laissent indifférents. Sans Transition ! vous donne à lire ces extraits, en vous souhaitant un bel été.

Le mot du libraire :

L’auteur part de l’illustration d’une fresque du 14e siècle en Italie et la transpose à notre époque autour de 24 chantiers à mettre en œuvre immédiatement à travers des actions concrètes pour l’éco- logie. Le livre, assez costaud, s’adresse à un public averti.
 
" Le changement climatique qui découle des émissions produites par nos activités humaines déclenche des phénomènes météorologiques extrêmes. En laissant s’accumuler les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, nous changeons le climat et déréglons la planète à l’échelle de ses mégasystèmes, les glaciers et les calottes glaciaires, les forêts primaires, les océans, et bouleversons le cours des fleuves, des courants, de la circulation de l’air. Ce faisant, nous modifions l’habitat d’innombrables espèces terrestres et marines. Nous modifions ainsi la chaîne alimentaire dont dépend l’humanité, et les plus vulnérables d’entre nous sont touchés en premier, ceux pour qui sécheresse ou chute des prises de pêche veulent dire famine, ceux pour qui les dépenses alimentaires pèsent proportionnellement le plus dans le budget. La faim et l’accès à l’eau sont des sources de conflits et de migrations. Plus de 68,7 millions de réfugiés ont ain si été dénombrés en 2017, soit 1 % de la population mondiale ! Le programme des Nations unies pour l’environnement estime qu’un milliard de Terriens sont des per sonnes déplacées contre leur gré.
Les conséquences du changement climatique bouleversent les éco systèmes, qui en retour contribuent au changement climatique. Ces « boucles de rétro-action » sont redoutables (et redoutées par les climatologues en particulier) parce qu’elles sont largement hors de notre contrôle. Le pergélisol du cercle polaire arctique fond, ce qui libère le méthane qui était piégé dans les sols gelés. Non seulement le méthane est un puissant gaz à effet de serre, mais la fonte des sols libère aussi des virus et bactéries qui y avaient été bloqués pendant de très longues périodes et face auxquels les espèces vi vantes sont très peu préparées, n’ayant pas développé des anti corps adéquats. Parmi ces joyeu setés, on ne trouve rien de moins que l’anthrax, célèbre pour avoir semé la panique dans des enveloppes piégées adressées à des médias et à des élus démocrates aux Etats-Unis en 2001. Voilà le genre de scénario que nous devons tenter d’enrayer, du moins de freiner. »
 
Découvrez son interview audio réalisée par Sans transition !
 
Renaissance écologique, 24 chantiers pour le monde de demain, Julien Dossier, éd Actes Sud, Domaine du Possible, 21,50 euros.

 

[ POLLUTION DE L'AIR ] Michèle Rivasi appelle l'UE à réorienter en urgence ses fonds structurels

Créé le : 18/07/2019

Alors que vient d'être rendu un avis trés alarmant de l'ANSES ce jour, Michèle Rivasi intervient en session plénière du Parlement européen à Strasbourg dans le cadre d'un débat sur les « Zones d'air pur dans les villes de l'UE ».

En Europe, selon l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), la pollution aux particules fines (les PM2,5 de diamètre inférieur à 2,5 micromètres) cause chaque année 422 000 morts prématurées. Sans compter les risques de long terme, désormais bien documentés, sur la santé pulmonaire et cardiovasculaire voire neurologique liés à l'exposition chronique à un air vicié, lors des pics de pollution comme en connaissent régulièrement les grandes villes européennes.

Un nouveau défi : celui des particules ultra-fines

Dans un avis publié mardi 16 juillet, l'Agence de sécurité sanitaire en France (ANSES) appelle à la vigilance quant aux particules « ultrafines ».Par leur taille nanométrique, elles représentent une menace pour la santé, qui s'ajoute aux effets néfastes déjà bien connus des PM 10 et 2,5.
Aujourd'hui en effet, les pics de pollution sont calculés en concentration de particules et on raisonne en masse. Or, les petites particules, les plus toxiques, sont très légères. Il y a donc un vrai besoin de changer d'outils d'analyse, de voir plus finement la composition chimique de la pollution de l'air en raison de la diversité immense des polluants et de raisonner non plus en masse mais en nombre de particules dans l'air en mesurant les PM 2,5. Et ce d'autant plus que l'Etat français est régulièrement mis en cause depuis dix ans par les institutions européennes comme sa justice administrative pour ses défaillances chroniques en matière de lutte contre la pollution de l'air.
L'enjeu aujourd'hui est d'adapter nos outils en suivant les préconisations de l'OMS mais surtout d'agir pour lutter contre les sources de cette pollution athmosphérique à l'origine de tant de décès et de maladies chroniques en Europe.

Orienter les fonds européens en prenant en compte le péril climatique et la crise sanitaire générée par la pollution

Je partage l'avis de la Commission qui souligne la nécessité de renforcer la coopération avec les Etats membres et les collectivités locales.en utilisant les fonds européens comme levier pour améliorer la qualité de l'air.
Cela signifie des mesures radicales :
·         la fin du co-financement européen sur les projets d'infrastructures routières polluants et climaticides ;
·         le financement de projets de transports collectifs structurant
·         le financement d'un plan de reconversion écologique de l'industrie polluante ;
·         l'aide et l'accompagnement pour réduire la place de la voiture en ville ;
·          mais aussi l'aide à des projets expérimentaux d'études épidémiologiques mesurant l'impact sanitaire de la pollution de l'air (particules fines, effet cocktail...) sur ses habitants.

Je pense ici à ce qu'il se fait dans le golfe de Fos vers Marseille, l'un des territoires européens les plus pollués. En associant des volontaires aux mesures de la pollution industrielle, l'Institut écocitoyen de Fos-sur-Mer, près de Marseille, mène une démarche novatrice de science participative, tandis que les services de l'État peinent encore à reconnaître la dégradation de l'environnement et le danger sanitaire. Déjà en janvier 2017, l'étude Fos Epseal — la première « étude participative en santé environnement ancrée localement » menée en Europe a montré que les habitants sont atteints deux fois plus fréquemment de cancers qu'ailleurs en France. Et l'étude Index de l'Institut écocitoyen « pour la connaissance des pollutions » de Fos-sur-Mer a confirmé en mai 2018 la présence de polluants (plomb, furanes, PCB, benzène…) dans l'organisme des habitants du bassin de Fos.

S'attaquer à la pollution générée par les navires

Enfin, l'UE doit s'attaquer à un fléau nouveau lié à l'explosion du tourisme de croisière de plus en plus important et démesuré, notamment en Méditerranée. La pollution atmosphérique des navires induit, pour l'ensemble de l'Europe, une mortalité prématurée évaluée à 50 000 cas par an et un coût associé de 58 milliards d'euros.

Les écologistes exigent, pour faire face à ce fléau sanitaire, le passage de la Méditerranée en Zone ECA qui plafonne le taux de soufre dans les carburants marins à 0,1 %, une norme en vigueur depuis 2015 en mer Baltique, mer du Nord, Manche et Amérique du Nord. Et ceci plus vite que ne le propose le gouvernement français. Nous exigeons aussi des mesures d'urgence de raccordement électrique sur les ports pour les navires à quai et une réglementation du trafic et de la taille des navires.

[ MIGRATIONS EN QUESTIONS ] La parole aux acteurs et aux intervenants

Créé le : 11/06/2019

Il y a quelques semaines, trois débats gratuits ont eu lieu à Marseille, Vaison-la-Romaine et Lunel-Viel dans le cadre du projet Migrations en Questions. Ce nouvel espace de discussions avait pour objectif de permettre aux citoyens, dans un contexte d'élections européennes, de mieux comprendre les migrations et poser ainsi les jalons d’un dialogue dépassionné et informatif, sur la base de données scientifiques.

Sans transition ! donne la parole à différents acteurs et intervenants, qui ont permis à ces soirées riches en échanges d'exister.

Jean-Yves Carlier, professeur à l'Université catholique de Louvain (UCL), ainsi qu'à l'Université de Liège (Belgique) et avocat :

Yves Pascouau, chercheur en politiques européennes des migrations et directeur de l'association European Migration Law :

Thierry Sciari, gestionnaire de projets à l'association Res Publica et coordinateur du projet Migrations en Questions :

François Delesse, président de l'association Pain et Liberté :

[ TOUR DE FRANCE DE LA TRANSITION ] Le replay du débat avec Rob Hopkins à Chartres de Bretagne

Créé le : 29/04/2019

Vendredi 19 avril dernier, à la suite de sa conférence organisée par la revue Sans transition ! dans le cadre de son tour de France de la transition, Rob Hopkins a dialogué pendant près d'une heure avec les acteurs locaux et le public.

Redécouvrez le débat citoyen, filmé par notre partenaire Tébéo, entre le fondateur du mouvement des "Villes en transition", et la monnaie locale, Le Galleco, Daniel Cueff, maire de Langouët (35) et Perma G'Rennes.

 

Revue de presse

> Ouest France, 15 avril 2019

> Ouest France, 17 avril 2019

> Kaizen, 29 avril 2019

[ COMMUNIQUÉ ] - Réaction du WWF France sur les conclusions du débat national par le président de la République : à quand les décisions pour la transition ?

Créé le : 26/04/2019

La réponse du président de la République au grand débat national, qu’il avait lui-même lancé en janvier suite à la crise des gilets jaunes, était attendue depuis plusieurs semaines. Le WWF France espérait des annonces fortes pour une transition écologique juste, qui réponde aux mobilisations sans précédent de millions de Français et aux propositions formulées lors des débats. Après le discours du président de la République, le WWF France est déçu.

Le président de la République a déclaré vouloir mettre le climat au cœur du projet national et européen soulignant que l’état d’urgence climatique est là.

À état d’urgence, mesures d’urgence ? Malheureusement non.

Pour le WWF France, le président n’a pas saisi l’opportunité qui se présentait à lui pour répondre à cette urgence. Au contraire, il a renvoyé les réponses à la création de nouvelles instances, comme un nouveau Conseil de Défense écologique aux contours et prérogatives encore flous, et à l’échelle européenne où sa capacité à convaincre ses homologues dépend justement des décisions prises en France.

Le président de la République a annoncé un transfert de responsabilités aux collectivités pour le logement, les transports ou la transition écologique. Le WWF France salue l’orientation visant à connecter davantage les politiques publiques aux territoires et au quotidien des Français, mais regrette qu’aucune garantie n’ait été apportée sur les moyens financiers et humains supplémentaires pour ce faire.

Concernant la convention de citoyens tirés au sort, le WWF France suivra avec attention son travail. Les solutions sont aussi nombreuses, connues que partagées pour mettre en place une transition écologique juste et solidaire. Et les citoyens ont d’ores et déjà exprimé leurs attentes dans le cadre de débats publics, comme sur la transition énergétique ou sur le rejet de Montagne d’Or. Il est temps qu’ils soient entendus !

À l’urgence climatique, le président de la République aurait dû lier les autres urgences environnementales comme celle du déclin sans précédent de la biodiversité. Le WWF France regrette qu’il n’ait rien annoncé sur la nature ou la biodiversité alors même que le rapport de l’IPBES (la plateforme scientifique mondiale sur la biodiversité) qui sera présenté le 6 mai prochain à Paris devrait confirmer la dégradation catastrophique de la nature qui nous fait vivre.

Plus d'infos.

 

AIX - Un débat "mouvant" autour des médias alternatifs

Créé le : 07/06/2018
© Pixabay

« Une autre information est possible… mais ce n’est pas facile ». Ce sera le thème du débat organisé à Aix-en-Provence, ce samedi, de 15 h à 18 h, par le collectif Médias Citoyens Paca, à l'occasion du lancement de l'édition 2018 des Rencontres Déconnomiques. Un forum d'échanges entre grand public et économistes alternatifs créé en réponse au Cercle des économistes qui se tient dans la ville chaque année.

Un débat pas comme les autres puisqu'il sera « mouvant ». « Chacun se répartit dans un espace selon deux camps : "Une autre information est possible" et "mais ce n'est pas facile ". Chaque camp essaie de convaincre l'autre de la validité de son point de vue. Cela permet de l’interaction et de la rapidité dans les échanges », détaille Sébastien Boistel du média d'enquête et de satire en Paca le Ravi, et coordinateur du collectif des Médias Libres.

La presse indé en débat

L'occasion d'aborder les difficultés que peuvent rencontrer les médias indépendants : problématique économique, difficultés à répondre à des appels à projets publics... Mais aussi de parler des liens entre vitalité démocratique et existence d'une presse vivante.

Sera ensuite organisée une émission radio – animée et captée par radio Zinzine – dans le cadre de laquelle seront interpellés militants et citoyens à propos de la presse indépendante et des moyens de la faire vivre.

- Infos pratiques -

Le débat aura lieu au parc Saint-Mitre d'Aix-en-Provence de 15h à 18h.

[TRIBUNE] - Transition énergétique : sortons de l’impasse de l’éolien industriel

Créé le : 16/05/2018
Pixabay

TRIBUNE - Par le collectif Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement

Eoliennes qui fonctionnent sans permis, promoteurs qui malgré le refus de la population et de leurs élus reviennent à la charge jusqu’à épuisement des résistances, intimidation des militants par des officines de sécurité, acharnement judiciaire à leur encontre, dévoiement du financement participatif pour acheter les citoyens, « cadeaux » aux dianes et associations locales pour les séduire, l’industrie éolienne fait feux de tous bois pour sauver la planète financière et ne règle en rien la question de la nécessaire transition énergétique.

"La transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit ?"

Les méthodes inacceptables employées pour imposer l’éolien industriel conduisent à une impasse : la transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit, porter atteinte à la qualité de vie des habitants et au patrimoine naturel, culturel et paysager ? Est-il normal d’affecter des avantages financiers aussi énormes à l’industrie éolienne au détriment des mesures d’économie d’énergie et des techniques de production d’énergie plus respectueuses des territoires ?

  Le collectif régional Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement * organise un débat public, au Palais des Congrès de Mazamet (Tarn) le mercredi 30 mai de 19h30 à 22h, pour que la transition énergétique se réalise dans le respect des gens et des territoires qu'ils habitent et qu’ils font vivre. Il sera précédé dans l’après-midi par des ateliers.

 Thèmes des ateliers, ouverts à tous, de 15h à 18h (salles du Palais des Congrès de Mazamet)

  • Energies et environnement (écosystèmes, eau, biodiversité)
  • Energies et  société (choix énergétiques et alternatives sociales
  • Energies et territoire (démocratie, citoyenneté)
  • Energies et droit (contexte juridique et réglementaire)

Cet événement a reçu le label de la Commission Nationale du Débat Public (le seul en France, avec les Bretons, organisé par un collectif de citoyens !). 

Entrée libre, il est ouvert à toutes et à tous, et recommandé aux associations d’Occitanie, alors merci, merci vraiment d'être nombreux à Mazamet.

Inscriptions aux ateliers ICI.

[Bretagne] Retour sur : le salon "La vie des gens demain"

Créé le : 23/04/2018

De nombreux élus, chercheurs, associations et autres citoyens se sont regroupés Jeudi 19 avril à Locminé pour échanger leurs regards sur l’avenir de l’aménagement du territoire breton. La rencontre, baptisée La vie des gens demain en Bretagne a été organisée par Jean Ollivro et la mairie de Vitré, à la suite d’une enquête de quatre étudiants de Science Po Rennes après des jeunes Bretons. L’idée d’un meilleur développement rural et le refus d’une métropolisation ont fait l’unanimité.

Photos et propos receuillis par Benoit Vandestick



"Les jeunes ne rêvent pas de vivre dans des grandes villes"



Adeline, Coline, Juliette et Maëlan, étudiants à science po rennes ont questionné les jeunes de primaire et collège pour connaître leur vision de la vie demain en Bretagne. Ils sont à l'initiative des rencontres La vie des gens demain. Résultats de leur étude : les jeunes souhaitent profiter de l'équipement des villes tout en vivant à la campagne.
 

 

 

"L'état aggrave la fracture territoriale"
 

 

 


Maire de Vitré et ancien garde des sceaux, Pierre Méhaignerie, s'inquiète des politiques de l'état qui aggraveraient la fracture territoriale. Il souhaite que les territoires reprennent en main leur organisation et dépendent moins de Paris et de la technocratie.



 

 

"Il existe des solutions peu coûteuses et faciles à mettre en place"
 


Claire Fetiveau et Antoine Cheul sont venus à la journée La vie des gens demain pour représenter la jeunesse ainsi que la startup Shopopop, dont Antoine est le cofondateur. Ils s'intéressent aux questions de mobilité et d'accès à internet chez les personnes âgées.
 

 

 

 

"Il nous faut faire la paix avec la terre"
 

 

 


Le militant écologiste Jean-Claude Pierre s'est rendu à La vie des gens demain, pour observer ce qui s'y disait. Il remarque l'hétérogénéité des démarches et appelle les citoyens au dialogue et à l'écoute de l'autre, sans pour autant tomber dans la naïveté.

 

 

 

 

" Agir sur le territoire c'est agir pour demain et pour nos enfants"
 



Géographe et président du think tank Bretagne prospective, Jean Ollivro est co-initiateur de La vie des gens demain. Il voit dans la Bretagne un territoire avec de nombreux atouts : pas de désert, ensemble de la région se prête à des habitats de toutes dimensions, de la maison isolée à la grande ville. Il ne faut pas que cette pluralité soit remise en cause par des choix dominants. Il souhaite que les jeunes prennent en main l'avenir de leur territoire.

 

 

Infos
http://www.laviedesgensdemain.bzh/
 

Montpellier : la restauration scolaire en débat

Créé le : 28/03/2018
Pixabay

« Quelles cantines pour nos enfants ? » C'était l'intitulé de la table-ronde organisée, hier, mardi 27 mars 2018, par l'association Générations Futures, à Montpellier, dans le cadre de la Semaine des alternatives aux pesticides. Un échange éclairant en présence du Docteur Laurent Chevalier, médecin nutritionniste, de Luc Lignon, directeur de la politique alimentaire de la Ville de Montpellier, d'une association de parents d'élèves des écoles de Montpellier et du maire de Barjac, commune du Gard qui sert 95 % de bio à ses écoliers. 

 

Résidus de pesticides, perturbateurs endocriniens ou encore nanoparticules. L'alimentation servie aux enfants dans les restaurants scolaires fait l'objet de toutes les attentions. Une question à laquelle l'association Générations Futures, qui lutte contre la présence de produits phytosanitaires dans l'alimentation, est particulièrement attentive. Ce mardi 27 mars, elle conviait, au Gazette Café de Montpellier, plusieurs acteurs locaux pour échanger autour de ce sujet.

Perturbateurs endocriniens et nanoparticules

Le Docteur Laurent Chevallier, directeur du Pôle nutrition de la Clinique du Parc à Montpellier, a rappelé les risques que font courir les perturbateurs endocriniens, via les résidus de pesticides, dans l'alimentation des enfants. Ces perturbateurs sont impliqués « dans l'obésité, des dérèglements hormonaux et peuvent avoir, avec un temps de latence, des implications dans certains cancers », a-t-il précisé. Il a aussi mis l'accent sur la présence de « nanoparticules » dans certains additifs. Nanoparticules qui peuvent provoquer des « lésions pré-cancéreuses ». Le professionnel a reconnu les efforts fait par les collectivités, notamment pour promouvoir l’alimentation biologique dans les cantines, mais a aussi indiqué que de nombreux progrès restent à accomplir.

Le Collectif Cantines, qui représente des parents de jeunes usagers des restaurants scolaires montpelliérains, a de son côté appelé la Ville à retirer « les barquettes plastique » permettant de faire réchauffer les plats des enfants dans les réfectoires. Le collectif craint que des perturbateurs endocriniens ne se retrouvent dans la nourriture suite au contact avec le plastique chauffé. Il a aussi appelé fermement la Ville à « introduire plus de bio ».

Barjac (30) « 95 % bio »

Luc Lignon, directeur de la politique alimentaire de la Ville de Montpellier, a annoncé que les barquettes plastique seront remplacées par des « barquettes biocompostables » dès le début de l'année 2019. Il a rappelé que tout le pain servi à la table des jeunes montpelliérains était « bio ». Il a annoncé la construction d'une nouvelle cuisine centrale pour 2021. Et la volonté de la Ville de « diminuer de 60 % les produits ultra-transformés de l'alimentation d'ici 2020 ». Sans répondre précisément sur la quantité de bio présent dans les repas, Luc Lignon a expliqué qu'il était long d’organiser une filière local, a fortiori bio, pour alimenter les cantines d'une commune comme Montpellier. Amélie Berger, coordinatrice d'Occitanie Entreprises Bio, association qui rassemble les acteurs régionaux de la bio, lui a donné en partie raison, en affirmant qu'il est « souvent plus simple et plus rémunérateur pour les entreprises et coopératives de répondre aux besoins de la vente directe que de la restauration collective. »

Edouard Chaulet, maire de Barjac (Gard – 1500 habitants) a de son côté assuré que le bio à la cantine est une affaire de « volonté politique » et une exigence « sociale ». Il a expliqué que la restauration scolaire de sa commune était à « 95 % bio ». Le surcoût du bio ? « 110 000 euros, soit le prix du quart d'un rond point », a-t-il comparé.

Pour aller plus loin, retrouvez le dossier que Sans Transition ! a consacré au bio dans les cantines : "Cantines bio, un pari tenable !"

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