Débat

François Miquet-Marty : « La ville de demain devra se placer au niveau de la personne qui y vit »

Créé le : 06/02/2018
François Miquet-Marty, président de l'institut Viavoice - FD / LMDP

Comment imaginer la ville de demain ? Cette question a traversé le séminaire prospectif, organisé à Aix, mardi 6 février par l'Agence d'urbanisme du Pays d'Aix et la Ville d'Aix-en-Provence. Un événement intitulé " Aix demain... Entreprendre le futur" et animé par Sans Transition ! François Miquet-Marty, président de l'institut d'études d'opinion Viavoice était l'un des « grands témoins » de cet après-midi riche en matière grise. Nous lui avons demandé à quoi pourraient ressembler notre monde urbain dans le futur...

 

Yannick Jadot, député européen EELV : "Sans Mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins"

Créé le : 27/10/2016
Crédit : FD / LMDP

Sans Transition s'est entretenu avec Yannick Jadot dans le cadre d'une rencontre organisée par Attac Marseille, mardi, pour la semaine de la transition citoyenne. L'occasion de parler du Tafta et de Notre-Dame-des-Landes avec le député européen du Grand-Ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Mais aussi de la primaire d'Europe Ecologie les Verts à laquelle il se porte candidat. 

Pourquoi rendre visite à Attac lors de la semaine de la transition ?

Nous affrontons aujourd'hui une telle urgence écologique, sociale, démocratique qu'il nous faut arriver à travailler ensemble. Je sais, au travers du combat que je mène contre le Tafta, que si nous avions pas la mobilisation des mouvements citoyens, des villes et des régions qui se sont déclarées "hors-Tafta", nous ne serions pas arrivés à faire bouger le parlement européen. Autre exemple : nous avons obtenu l'interdiction du chalutage en eau profonde. Or s'il n'y avait pas eu la mobilisation de l'ONG Bloom, une pétition rassemblant 900 000 signatures et l’engagement des réseaux militants-citoyens, nous n'aurions pas gagné. Sans mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins. Dans un même temps, en tant qu'élus, nos votes sont parfois la traduction politique et réglementaire de ces combats citoyens.

Le président Hollande a récemment déclaré vouloir faire sortir la France des négociations du Tafta. Avez-vous l'espoir que le projet soit enterré ?

Le projet et la négociation sont très enlisés parce que du côté européen, nous assistons à une mobilisation pour la défense de l'environnement, des services publics, des droits sociaux, de la santé, de l'agriculture ou encore de la protection des données personnelles. Et, de leur côté, les américains ne veulent pas lâcher leurs marchés publics qui favorisent intelligemment les PME et un certain nombre de secteurs économiques.

En revanche, je regrette profondément que le gouvernement soutienne le Ceta - projet d'accord de libre-échange avec le Canada. C'est en fait un autre Tafta qui va remettre en cause notre capacité à nous protéger. Mais aussi mettre à mal notre ce que l'on souhaite pour nos systèmes de santé, l'environnement, l'agriculture ou, tout simplement, pour notre démocratie.

Vous êtes élu du Grand-ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Vous connaissez bien le sujet de Notre-Dame-Des landes. Les résultats de la consultation de l'été dernier ont donné le "oui" gagnant. Est-ce que vous pensez que la mobilisation contre le projet peut continuer dans ce contexte ?

La mobilisation va continuer. Nous avons toujours dit que la consultation locale était biaisée et servait un objectif : obtenir un "oui". Nous menons toujours le combat sur place. Il faut encore expliquer que le bon-sens nous impose de ne pas faire cet aéroport, de conserver la biodiversité ainsi que les terres agricoles. Il faut ne pas favoriser de manière imbécile le transport aérien. Et puis, je tiens à souligner que la France reste mise en demeure par l'Union européenne car elle ne respecte pas les règles environnementales et les règles relatives aux projets. Donc, aujourd'hui, lorsque le gouvernement veut poser la première pierre de Notre-Dame-des-Landes, il est dans l'illégalité.

Vous vous présentez à la primaire d'Europe Ecologie les Verts. Qu'est-ce que la "transition" signifie pour le candidat que vous êtes ?

Pour moi, candidat, la transition c'est au fond donner le pouvoir aux citoyens. Il y a aujourd'hui partout, sur les territoires, des actions extraordinaires qui sont menées dans les domaines de l'alimentation, de l'agriculture, des transports, de l'école, des quartiers ou encore dans le secteur culturel. Mais, malheureusement, nous avons des dirigeants politiques qui passent leur temps à défendre le vieux monde. La transition, au fond, c'est le sens de ma candidature. C'est faire en sorte que la politique laisse la place aux citoyens qui font du bien à la société. Mais la transition c'est aussi permettre à la politique de contraindre les intérêts économiques néfastes pour la société.  

Pour ou contre la consommation de viande?

Créé le : 09/02/2016

Mal-être animal, violence de l’abattage, production de viande de médiocre qualité et élevage intensif néfaste à l’environnement : autant d’éléments pointés par les médias qui interrogent nos habitudes alimentaires. Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) datant de 2012, notre consommation de viande a diminué de 15 % entre 2003 et 2010. Une baisse qui s’est confirmée depuis. Si celle-ci est en partie imputable au prix des produits, elle est aussi à mettre en relation avec les questionnements éthiques et nutritionnels des consommateurs. 2 à 3 % des Français auraient fait le choix du végétarisme. D’autres préfèrent manger moins de viande et se tourner vers des produits de meilleure qualité.

POUR

Franck Ribière

Réalisateur du film Steak (R)évolution. Dans ce documentaire sorti l’année dernière, il fait le tour du monde en compagnie du boucher Yves-Marie Le Bourdonnec, à la recherche du meilleur steak du monde. Une ode à la bonne viande que le cinéaste considère comme un mets d’exception.

 

« La viande doit être un produit d’exception »

« Il faut continuer à consommer de la viande si cela apporte du plaisir. Mais en responsabilisant le consommateur. Cela passe par la mise en valeur du savoir-faire des acteurs de la filière. Parmi eux, le boucher possède un rôle-clef : il connaît son fermier, les différentes races et est à même de prodiguer des conseils à ses clients. La connaissance et l’apprentissage sont aussi fondamentaux. Il faut dispenser des formations autour du goût, dès l’école : les enfants ne savent plus faire la différence entre le sucré, le salé, l’amer... Nous avons perdu notre goût... Mais l’élevage intensif n’a pas d’utilité car nous ne nourrirons pas la planète avec de la viande. Nous n’avons pas besoin de manger de la viande pour vivre. En consommer doit être le fruit d’une envie. La viande doit devenir un produit d’exception réservé à des moments de partage et de convivialité. Depuis l’après Seconde Guerre m ondiale, nous mangeons de la viande quasiment tous les jours. Or, nous pouvons trouver des protéines dans d’autres produits, et notamment dans des végétaux. Nous devons avoir une réflexion globale sur la nourriture. Mais ça n’est pas le fait d’arrêter de consommer de la viande qui va changer les choses. Il faut surtout arrêter d’exporter ce qui n’est pas exportable. Et offrir aux éleveurs de meilleurs revenus en leur donnant les moyens de produire mieux, localement et de vendre leurs productions sans intermédiaire. Il faut aussi relancer les races locales et traditionnelles, adaptées à leur territoire d’origine. »

 

CONTRE

Dr Jane Goodall

À plus de 80 ans, la célèbre primatologue jane Goodall continue de mener son combat pour la défense de la biodiversité, notamment au travers de sa fondation créée en 1977. Son végétarisme est une façon de s’opposer aux méfaits environnementaux de l’agro-industrie. En ce sens, il émane directement de son engagement écologiste.

 

« Devenir végétarien pour le futur de la planète »

« Pour produire 1 kilo de soja, il faut 2 000 litres d’eau, un peu plus que les 1 900 litres nécessaires pour 1 kilo de riz. Il faut en revanche 3 500 litres pour 1 kilo de poulet et, pour ce qui est du bétail, 100 000 litres sont nécessaires pour 1 kilo de bœuf. En gardant ces chiffres à l’esprit, il me semble que la moindre des choses que nous puissions faire, si nous nous soucions du futur de la planète, est de devenir végétariens ou tout du moins de manger le moins de viande possible, et uniquement de la viande d’animaux élevés en plein air. L’ OMS, la FAO et d’autres organismes font d’ailleurs savoir qu’en vue d’une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement, il nous faudrait réduire sans tarder notre consommation de viande, en nous fixant pour but de manger 15 % de viande en moins d’ici à l’an 2020. La bonne nouvelle, c’est que la nourriture végétarienne ou végétalienne n’est pas seulement bonne pour l’environnement, le bien- être des animaux d’élevage ou notre santé, elle sait aussi être délicieuse si elle est cuisinée comme il se doit. J ’ai partagé tant de plats à vous faire saliver avec mes amis hindous en Tanzanie. Comme de plus en plus de personnes choisissent une alimentation végétarienne, les livres de recettes ne manquent pas. En plus, on ne vous regarde plus comme un drôle d’oiseau lorsque, dans un restaurant, vous demandez un plat sans viande. Tous les bons hôtels, restaurants et compagnies aériennes, proposent une variante végétarienne. »

>> Extrait du livre de j ane Goodall, Nous sommes ce que nous mangeons , éditions Actes Sud, février 2008, p.204-205

Plus d'infos

À voir : Steak (R)évolution, de Franck Ribière, avec Franck Ribière et Yves-Marie Le Bordonnec, novembre 2014, 2h10 min.

 

www.janegoodall.fr

Paul Jorion : « La spéculation augmente le risque d'effondrement »

Créé le : 15/11/2018

Paul Jorion est anthropologue et économiste. Il est connu pour avoir annoncé le krach de 2008. Il alerte aujourd'hui sur les risques d'un effondrement financier dont les conséquences seraient pires que celles de la crise des

« subprimes ».

Dix ans après 2008, est-ce qu'une nouvelle crise pourrait subvenir ?

Oui. Beaucoup d'argent a été injecté dans l'économie par l'intermédiaire des banques centrales pour favoriser la relance. Mais l'argent demeure dans les milieux spéculatifs et ne trouve pas sa place dans l'économie. Les salaires ne sont pas assez élevés et les gens n'ont pas ou peu de pouvoir d'achat. Les banques font davantage de profits en spéculant qu'en investissant dans l'économie proprement dite.
Nous sommes dans une bulle. L'argent sert des paris spéculatifs. Dans notre société, les gens achètent en empruntant, et pas avec leurs salaires. Cela induit une concentration de la richesse et des fortunes déjà très importante. Ce mouvement s'accélère. Il n'a pas baissé depuis 2008, au contraire.
 

Quand une nouvelle crise pourrait-elle arriver ?
C'est difficile à dire. La catastrophe est prévisible, mais on ne sait pas ce qui va la provoquer. Ça peut être un événement dont on dira ensuite que personne n'aurait pu penser qu'il aurait cet impact. C'est un peu comme les conséquences de l'attentat de Sarajevo en 1914 : personne n'aurait pu penser qu'un événement aussi mineur puisse déclencher un tel conflit.

 

Quelles pourraient être les conséquences ?

Elles pourraient être bien pire qu'en 2008, alors qu'elles étaient déjà majeures ! Les États sont davantage endettés, car 2008 leur a coûté très cher et de nombreuses mesures de défiscalisation ont été mise en place depuis. Ces actions vont dans le sens de la concentration de la richesse. Les États ont donc moins de ressources à leur disposition. De l'autre côté, le monde bancaire considère qu'il a déjà fait preuve de trop de bonne volonté en 2008. On ne pourra pas attendre plus de solidarité de sa part.

Il y aura un effondrement du système financier sans la possibilité pour les États d'intervenir, comme ils l'ont fait en 2008. À mon avis, l'Union européenne pourrait s'effondrer. L'Euro, qui n'est pas une monnaie fédérale comme le dollar, ne survivrait pas. Ou bien nous nous retrouverions avec un Euro croupion en France, en Allemagne et dans le Benelux.
Cela provoquerait une énorme récession. Lorsque la finance est bloquée, les entreprises ferment, cela entraîne du chômage, moins de salaires distribués et de pouvoir d'achat.
 

Quels sont les liens entre finances et réchauffement climatique ?
Le lien commun est le capitalisme actuel. C'est lui la cause du réchauffement climatique. C'est un système dans lequel l'emprunt prend de plus en plus de place. Et donc dans lequel il y a beaucoup plus d'intérêts et de dividendes à verser. Notre croissance débridée qui génère du gaz à effet de serre sert à concentrer la richesse. Selon les autorités américaines, en 2017, 82% de la richesse mondiale revenait au 1% des plus riches. Ce sont des gens qui n'ont pas besoin d'argent et dont les fortunes ont très peu de pouvoir de ruissellement. La situation s’aggrave encore.
 

Quelles seraient, selon vous, les mesures économiques à prendre rapidement pour éviter un potentiel effondrement ?
La première chose serait de faire en sorte que la moitié des fonds financiers ne serve pas une économie de la spéculation, ce qui augmente le risque d'effondrement. Il faut diminuer la part du capital pour augmenter les salaires. Non pas de favoriser le consumérisme, car cette hausse des revenus sera absorbée par l'inflation. Il faut aussi étendre le principe de gratuité pour ce que l'on considère comme indispensable : alimentation, logement, énergie... En commençant par la santé et l'éducation, qu’il faut rendre entièrement gratuite. On nous parle de dynasties d'énarques, car l'éducation n'est plus véritablement gratuite.
 

Avons-nous encore le temps d'agir ?

Certains disent que c'est trop tard depuis l'époque où nous avons commencé à utiliser du charbon, au XIXe siècle. Dans ce cas, on peut baisser les bras. Mais nous avons à notre disposition des techniques et des technologies qui peuvent agir sur l'environnement. Certaines pourraient avoir des effets secondaires, il faut donc être prudent. Mais s'il y avait demain une mobilisation générale pour sauver notre espèce, nous aurions les moyens intellectuels de relever le défi. Cependant, même le meilleur des universités est gangrené par la question de la rentabilité. Est-ce que l'on ne pourrait pas d'abord sauver l'espèce humaine et ensuite régler la question des profits ?
 

À lire : Défense et illustration du genre humain, Paris, Fayard, collection « Documents », 2018

AIX - Un débat "mouvant" autour des médias alternatifs

Créé le : 07/06/2018
© Pixabay

« Une autre information est possible… mais ce n’est pas facile ». Ce sera le thème du débat organisé à Aix-en-Provence, ce samedi, de 15 h à 18 h, par le collectif Médias Citoyens Paca, à l'occasion du lancement de l'édition 2018 des Rencontres Déconnomiques. Un forum d'échanges entre grand public et économistes alternatifs créé en réponse au Cercle des économistes qui se tient dans la ville chaque année.

Un débat pas comme les autres puisqu'il sera « mouvant ». « Chacun se répartit dans un espace selon deux camps : "Une autre information est possible" et "mais ce n'est pas facile ". Chaque camp essaie de convaincre l'autre de la validité de son point de vue. Cela permet de l’interaction et de la rapidité dans les échanges », détaille Sébastien Boistel du média d'enquête et de satire en Paca le Ravi, et coordinateur du collectif des Médias Libres.

La presse indé en débat

L'occasion d'aborder les difficultés que peuvent rencontrer les médias indépendants : problématique économique, difficultés à répondre à des appels à projets publics... Mais aussi de parler des liens entre vitalité démocratique et existence d'une presse vivante.

Sera ensuite organisée une émission radio – animée et captée par radio Zinzine – dans le cadre de laquelle seront interpellés militants et citoyens à propos de la presse indépendante et des moyens de la faire vivre.

- Infos pratiques -

Le débat aura lieu au parc Saint-Mitre d'Aix-en-Provence de 15h à 18h.

[TRIBUNE] - Transition énergétique : sortons de l’impasse de l’éolien industriel

Créé le : 16/05/2018
Pixabay

TRIBUNE - Par le collectif Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement

Eoliennes qui fonctionnent sans permis, promoteurs qui malgré le refus de la population et de leurs élus reviennent à la charge jusqu’à épuisement des résistances, intimidation des militants par des officines de sécurité, acharnement judiciaire à leur encontre, dévoiement du financement participatif pour acheter les citoyens, « cadeaux » aux dianes et associations locales pour les séduire, l’industrie éolienne fait feux de tous bois pour sauver la planète financière et ne règle en rien la question de la nécessaire transition énergétique.

"La transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit ?"

Les méthodes inacceptables employées pour imposer l’éolien industriel conduisent à une impasse : la transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit, porter atteinte à la qualité de vie des habitants et au patrimoine naturel, culturel et paysager ? Est-il normal d’affecter des avantages financiers aussi énormes à l’industrie éolienne au détriment des mesures d’économie d’énergie et des techniques de production d’énergie plus respectueuses des territoires ?

  Le collectif régional Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement * organise un débat public, au Palais des Congrès de Mazamet (Tarn) le mercredi 30 mai de 19h30 à 22h, pour que la transition énergétique se réalise dans le respect des gens et des territoires qu'ils habitent et qu’ils font vivre. Il sera précédé dans l’après-midi par des ateliers.

 Thèmes des ateliers, ouverts à tous, de 15h à 18h (salles du Palais des Congrès de Mazamet)

  • Energies et environnement (écosystèmes, eau, biodiversité)
  • Energies et  société (choix énergétiques et alternatives sociales
  • Energies et territoire (démocratie, citoyenneté)
  • Energies et droit (contexte juridique et réglementaire)

Cet événement a reçu le label de la Commission Nationale du Débat Public (le seul en France, avec les Bretons, organisé par un collectif de citoyens !). 

Entrée libre, il est ouvert à toutes et à tous, et recommandé aux associations d’Occitanie, alors merci, merci vraiment d'être nombreux à Mazamet.

Inscriptions aux ateliers ICI.

[Bretagne] Retour sur : le salon "La vie des gens demain"

Créé le : 23/04/2018

De nombreux élus, chercheurs, associations et autres citoyens se sont regroupés Jeudi 19 avril à Locminé pour échanger leurs regards sur l’avenir de l’aménagement du territoire breton. La rencontre, baptisée La vie des gens demain en Bretagne a été organisée par Jean Ollivro et la mairie de Vitré, à la suite d’une enquête de quatre étudiants de Science Po Rennes après des jeunes Bretons. L’idée d’un meilleur développement rural et le refus d’une métropolisation ont fait l’unanimité.

Photos et propos receuillis par Benoit Vandestick



"Les jeunes ne rêvent pas de vivre dans des grandes villes"



Adeline, Coline, Juliette et Maëlan, étudiants à science po rennes ont questionné les jeunes de primaire et collège pour connaître leur vision de la vie demain en Bretagne. Ils sont à l'initiative des rencontres La vie des gens demain. Résultats de leur étude : les jeunes souhaitent profiter de l'équipement des villes tout en vivant à la campagne.
 

 

 

"L'état aggrave la fracture territoriale"
 

 

 


Maire de Vitré et ancien garde des sceaux, Pierre Méhaignerie, s'inquiète des politiques de l'état qui aggraveraient la fracture territoriale. Il souhaite que les territoires reprennent en main leur organisation et dépendent moins de Paris et de la technocratie.



 

 

"Il existe des solutions peu coûteuses et faciles à mettre en place"
 


Claire Fetiveau et Antoine Cheul sont venus à la journée La vie des gens demain pour représenter la jeunesse ainsi que la startup Shopopop, dont Antoine est le cofondateur. Ils s'intéressent aux questions de mobilité et d'accès à internet chez les personnes âgées.
 

 

 

 

"Il nous faut faire la paix avec la terre"
 

 

 


Le militant écologiste Jean-Claude Pierre s'est rendu à La vie des gens demain, pour observer ce qui s'y disait. Il remarque l'hétérogénéité des démarches et appelle les citoyens au dialogue et à l'écoute de l'autre, sans pour autant tomber dans la naïveté.

 

 

 

 

" Agir sur le territoire c'est agir pour demain et pour nos enfants"
 



Géographe et président du think tank Bretagne prospective, Jean Ollivro est co-initiateur de La vie des gens demain. Il voit dans la Bretagne un territoire avec de nombreux atouts : pas de désert, ensemble de la région se prête à des habitats de toutes dimensions, de la maison isolée à la grande ville. Il ne faut pas que cette pluralité soit remise en cause par des choix dominants. Il souhaite que les jeunes prennent en main l'avenir de leur territoire.

 

 

Infos
http://www.laviedesgensdemain.bzh/
 

Montpellier : la restauration scolaire en débat

Créé le : 28/03/2018
Pixabay

« Quelles cantines pour nos enfants ? » C'était l'intitulé de la table-ronde organisée, hier, mardi 27 mars 2018, par l'association Générations Futures, à Montpellier, dans le cadre de la Semaine des alternatives aux pesticides. Un échange éclairant en présence du Docteur Laurent Chevalier, médecin nutritionniste, de Luc Lignon, directeur de la politique alimentaire de la Ville de Montpellier, d'une association de parents d'élèves des écoles de Montpellier et du maire de Barjac, commune du Gard qui sert 95 % de bio à ses écoliers. 

 

Résidus de pesticides, perturbateurs endocriniens ou encore nanoparticules. L'alimentation servie aux enfants dans les restaurants scolaires fait l'objet de toutes les attentions. Une question à laquelle l'association Générations Futures, qui lutte contre la présence de produits phytosanitaires dans l'alimentation, est particulièrement attentive. Ce mardi 27 mars, elle conviait, au Gazette Café de Montpellier, plusieurs acteurs locaux pour échanger autour de ce sujet.

Perturbateurs endocriniens et nanoparticules

Le Docteur Laurent Chevallier, directeur du Pôle nutrition de la Clinique du Parc à Montpellier, a rappelé les risques que font courir les perturbateurs endocriniens, via les résidus de pesticides, dans l'alimentation des enfants. Ces perturbateurs sont impliqués « dans l'obésité, des dérèglements hormonaux et peuvent avoir, avec un temps de latence, des implications dans certains cancers », a-t-il précisé. Il a aussi mis l'accent sur la présence de « nanoparticules » dans certains additifs. Nanoparticules qui peuvent provoquer des « lésions pré-cancéreuses ». Le professionnel a reconnu les efforts fait par les collectivités, notamment pour promouvoir l’alimentation biologique dans les cantines, mais a aussi indiqué que de nombreux progrès restent à accomplir.

Le Collectif Cantines, qui représente des parents de jeunes usagers des restaurants scolaires montpelliérains, a de son côté appelé la Ville à retirer « les barquettes plastique » permettant de faire réchauffer les plats des enfants dans les réfectoires. Le collectif craint que des perturbateurs endocriniens ne se retrouvent dans la nourriture suite au contact avec le plastique chauffé. Il a aussi appelé fermement la Ville à « introduire plus de bio ».

Barjac (30) « 95 % bio »

Luc Lignon, directeur de la politique alimentaire de la Ville de Montpellier, a annoncé que les barquettes plastique seront remplacées par des « barquettes biocompostables » dès le début de l'année 2019. Il a rappelé que tout le pain servi à la table des jeunes montpelliérains était « bio ». Il a annoncé la construction d'une nouvelle cuisine centrale pour 2021. Et la volonté de la Ville de « diminuer de 60 % les produits ultra-transformés de l'alimentation d'ici 2020 ». Sans répondre précisément sur la quantité de bio présent dans les repas, Luc Lignon a expliqué qu'il était long d’organiser une filière local, a fortiori bio, pour alimenter les cantines d'une commune comme Montpellier. Amélie Berger, coordinatrice d'Occitanie Entreprises Bio, association qui rassemble les acteurs régionaux de la bio, lui a donné en partie raison, en affirmant qu'il est « souvent plus simple et plus rémunérateur pour les entreprises et coopératives de répondre aux besoins de la vente directe que de la restauration collective. »

Edouard Chaulet, maire de Barjac (Gard – 1500 habitants) a de son côté assuré que le bio à la cantine est une affaire de « volonté politique » et une exigence « sociale ». Il a expliqué que la restauration scolaire de sa commune était à « 95 % bio ». Le surcoût du bio ? « 110 000 euros, soit le prix du quart d'un rond point », a-t-il comparé.

Pour aller plus loin, retrouvez le dossier que Sans Transition ! a consacré au bio dans les cantines : "Cantines bio, un pari tenable !"

Montpellier : des citoyens se mobilisent pour sauver les arbres du parc Montcalm

Créé le : 19/02/2018
Le Parc Montcalm, à Montpellier - Crédit : DR

A Montpellier, une association citoyenne a lancé une pétition, le 15 janvier dernier, pour protéger les arbres du parc Montcalm menacés par un projet de construction de 600 logements. 

Par Cyprien  Caddeo

7000 signatures récoltées en quatre semaines pour sauver les arbres du parc Montcalm. La pétition lancée en janvier par l'association les Gardiens de Montcalm témoigne de l'intérêt que conservent les Montpelliérains pour ce « poumon vert » de la ville. Jean-Michel Justamon, membre du collectif, reste optimiste. « Si les citoyens se mobilisent, alors il n’y a pas de fatalité ».

Si Philippe Saurel, maire de Montpellier, avait  fait de la sanctuarisation du parc une promesse de campagne, un nouveau plan d’aménagement prévoit d’y construire 600 logements ainsi que sept bassins de rétention d’eau, la zone étant exposée aux risques d’inondations. Le projet concerne vingt des quarante hectares que compte le parc. Inadmissible pour ses « Gardiens ». « A Montpellier, les espaces verts sont grignotés par les promoteurs », regrette Jean-Michel Justamon.

Combien d’arbres abattus ?

Gros point de tension entre la ville et les opposants au projet de réaménagement : le nombre d’arbres qui seront coupés. 1050 arbres seront ainsi éliminés, selon les Gardiens de Montcalm, qui s’appuient sur une étude officielle, publiée par la ville en juillet 2016 et qui fait état de ce nombre. Un chiffre maintenant réfuté par la Mairie. « Ce sont d’anciennes études, cela ne correspond plus à ce que nous voulons faire », a ainsi déclaré Chantal Marion, adjointe au maire chargée de l’urbanisme, interrogée par la Gazette de Montpellier. « Sur le périmètre du chantier, 69 arbres seront abattus et 1120 replantés ». Pas de quoi convaincre cependant les défenseurs de Montcalm, car ce nouveau nombre d’arbres n’est inscrit dans aucun document public : « S’il y a une nouvelle étude, qu’ils nous la montrent ! ».

A Montpellier, l’avenir du parc, propriété de la ville depuis 2011, fait l’objet d’un véritable feuilleton local. Ancien domaine de l’École d’application et d’infanterie entre 1967 et 2010, le parc est devenu un espace ouvert à tous après le départ des militaires pour Draguignan (Var). Il a ensuite été question d’y faire passer la ligne 5 du tramway, projet abandonné lors de l’arrivée, en 2014, du nouveau maire Philippe Saurel. 

 

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