Débat

5G : "MACRON TOMBE LE MASQUE…"

Créé le : 15/09/2020

Par Agir pour l'Environnement et PRIARTEM

Paris, le 15 septembre 2020 :

En accusant les opposants à la 5G d’Amish, présentés comme hostiles à toute forme de technologie, le président de la République tombe le masque. Emmanuel Macron vient de lancer la saison 2 de « l’environnement, ça commence à bien faire », mauvais remake d’une série déjà indigeste.
Les associations regrettent que le président de la République se sente obliger d’insulter les corps intermédiaires pour justifier une innovation dont l’intérêt demeure à démontrer.
Pour Agir pour l’Environnement et PRIARTEM, « tout ce qui est excessif est insignifiant ». Au regard de l’attitude du gouvernement et désormais du président lui-même qui multiplient les insultes et les caricatures, les associations annoncent qu’elles boycotteront le rendez-vous prévu avec Cédric O, secrétaire d’Etat à la transition numérique.
Les associations rappellent leur exigence d’un véritable débat public sous l’égide de la Commission nationale du débat public. Agir pour l’Environnement et PRIARTEM n’ont de cesse de réclamer une étude d’im-pact rigoureuse de la 5G avant son déploiement, ce que refuse le gouvernement.

 

>> Retrouvez aussi notre dossier complet sur la 5G dans le prochain numéro de Sans Transition !

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[AVIATION] Table-ronde : quel virage face à la crise climatique et sociale ?

Créé le : 10/09/2020
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Par Action Non-Violente Cop21 et Alternatiba 

Les mouvements citoyens pour la justice climatique et sociale Alternatiba et Action Non-Violente COP21 organisent ce jeudi 10 septembre une table ronde qui rassemble des acteurs associatifs, scientifiques et représentants syndicaux pour interroger l’avenir de l’aviation dans le contexte de l’urgence climatique et de la Stratégie Nationale Bas Carbone de la France, alors que les répercussions de la crise sanitaire se font encore sentir sur ce secteur.

Animée par Clothilde Saunier, cette table ronde réunira Agathe Bounfour, responsable transports du Réseau Action Climat, Charles-Adrien Louis, co-fondateur et directeur général du cabinet B&L Évolution, et auteur du rapport “Climat : peut-on (encore) prendre l’avion ?”, et Joël le Jeannic, membre du bureau de Sud Aérien. 
 
L'objectif de cette table ronde sera de donner à voir le véritable impact du secteur aérien sur le climat et de penser des pistes de “sortie de crise climatique”. La présence de Joël Le Jeannic, membre du bureau de Sud Aérien, permettra d’initier la discussion sur l’accompagnement et la reconversion des salariés du secteur.
 
Dans l’après crise sanitaire, alors que le secteur aérien est durablement ébranlé, le gouvernement a fait le choix de le renflouer à hauteur de 15 milliards d’euros. Alternatiba et ANV-COP21 entendent dénoncer l’irresponsabilité des dirigeants politiques et économiques : « les directions des entreprises de l’aéronautique, notamment Air France et Airbus, annoncent déjà la suppression de milliers d’emplois, malgré le soutien massif de l’État. En misant sur une croissance infinie du trafic et sur d’hypothétiques innovations technologiques, ces dirigeants mettent en péril à la fois la situation des salariés et notre écosystème, et ce avec la complicité des responsables politiques. » peut-on lire dans l’appel publié le 10 juillet par les deux organisations.
 
Cette table ronde s’inscrit en préambule de la journée nationale d’action sur les aéroports du 3 octobre prochain. Des mobilisations sont en préparation dans au moins 10 villes, dont BayonneBordeaux, Clermont, Lille, Marseille, NantesNiceParis, avec des collectifs citoyens engagés sur leurs territoires.
 
#AvionsÀTerre
 
Lien vers l’événement facebook : 
Lien vers l’appel de la mobilisation du 3 octobre : https://alternatiba.eu/2020/07/le-3-octobre-marchons-sur-les-aeroports/  
 
>>Retrouvez aussi notre dossier complet sur l'aéronautique après la crise, dans le prochain numéro de Sans Transition! 
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[ LUTTE ] LA 5G, UN DESASTRE DE NOUVELLE GENERATION

Créé le : 08/09/2020
5G pétition

Par Sans Transition !
Alors que le gouvernement souhaite attribuer les fréquences 5G d’ici à la deuxième quinzaine de septembre, les associations Agir pour l’Environnement et PRIARTEM se mobilisent afin d’exiger une véritable étude d’impact sanitaire et environnementale.

Dans un rapport intermédiaire publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale en janvier 2020, celle-ci reconnaissait avoir besoin de temps pour évaluer l’impact sanitaire de la 5G. 4 ministères (santé, transition écologique, économie et finances) ont saisi leurs inspections (IGAS, CGEDD, Conseil général de l’économie et l’Inspection générale des finances) début juillet afin d’évaluer ses effets sanitaires. Agir pour l’Environnement et PRIARTEM dénoncent cette expertise-minute alors que les conclusions officielles de l’ANSES ne seront présentées officiellement que dans plusieurs mois.

Le déploiement de cette technologie soulève de nombreuses questions : augmentation de la consommation électrique, utilisation de matières premières non recyclables pour produire des objets connectés, risque de surveillance généralisée, augmentation de l'exposition aux champs électromagnétiques… C’est pourquoi, Agir pour l’Environnement et PRIARTEM mènent campagne depuis plusieurs mois pour exiger un moratoire afin de laisser le temps aux agences étatiques de mener les expertises nécessaires sur les impacts de la 5G et d’organiser un débat public mesurant son intérêt supposé.

Retrouvez dans le prochain numéro de Sans Transition ! un dossier dédié à la 5G.

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[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L’agroécologie peut nous sauver »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

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Depuis des décennies, nous nous sommes éloigné.e.s de la nature, nous l'avons détruite par une agriculture intensive et dénaturée à l'aide de process industriels. Et si, une nouvelle version de notre alimentation était possible? Dans cette Chronique littéraire, Sans Transition ! vous propose de découvrir l'agroécologie, cette agriculture qui peut nous sauver, d'apprendre à manger en pleine conscience et à se ressourcer auprès des arbres. Bonne lecture ! 

Investir plus pour économiser dans le futur

Parce que l'urgence est indiscutable devant la catastrophe climatique, l'économiste et spécialiste du climat Alain Granjean, président de la fondation Nicolas Hulot, appelle à libérer le financement de la transition écologique en France, sans attendre que l'Europe s'organise après les élections. La règle budgétaire actuelle limite le déficit public qui comprend à la fois les investissements et les frais de fonctionnement. Or, il faudrait accroître les investissements publics pour aider les dépenses privées, notamment celles des ménages, par exemple pour réduire la dépense énergétique liée aux logements à rénover et isoler. Il s'agirait alors d’interpréter cette règle européenne en tenant compte des circonstances exceptionnelles de notre situation écologique en expliquant cette stratégie : investir davantage pour économiser l'énergie dans le futur.

 Agir sans attendre. Notre plan pour le climat, Alain Grandjean, Kevin Puisieux et Marion Cohen, préface de Nicolas Hulot, Les liens qui libèrent, mai 2019, 112 pages, 10 euros

 

La conscience de manger

Quelle que soit notre relation avec l'alimentation, Manger mieux en pleine conscience nous ouvre des portes. Car la surproduction de denrées, la surconsommation et les nouvelles normes corporelles imposées par la société ont biaisé notre rapport à la nourriture. Nous sommes à la fois perdus et sans cesse en prise à la culpabilité : manger trop, manger mal, trop vite. Dans ce contexte, cet ouvrage nous encourage à faire un état des lieux de notre comportement face à la nourriture afin d'en prendre conscience et d'accepter ses failles pour ensuite les désamorcer. Et apprendre ainsi une chose fondamentale : reconnaître les vrais signaux de la faim, du rassasiement et de la satiété, qui ne sont pas simplement physiques mais un imbroglio d'émotions, de pensées et de projections. Grâce à des outils et des exercices très concrets, comme manger lentement en un minimum de 20 minutes et en silence, on peut parvenir à s'alimenter exactement selon nos besoins sans restriction aucune. Cet ouvrage nous pousse à retrouver une alimentation en conscience pour substituer au contrôle l’écoute de son corps. Et faire de chacun de nos repas un véritable moment de bonheur et de plaisir.

 Manger mieux en pleine conscience, Yael Bloch et Amande Ceballos, Editions La plage, 2019, 95 pages, 9,95 euros

 

Rien ne se perd, tout se transforme

Ce guide est une véritable boîte à outils qui déborde de bons plans, conseils, recettes, témoignages, adresses, etc. pour changer son mode de consommation en achetant le moins possible de produits neufs. Les nouvelles façons de consommer s'inspirent de méthodes qui ont toujours existé et qui sont remises au goût du jour : réparation, transformation, reconditionnement, partage, don, échange, location, achat d'occasion... Les chapitres abordent les plus importants postes de dépense du quotidien : habillement, électroménager, high-tech, mobilier et décoration, soin des enfants, loisirs. On comprend aussi qu'on peut se passer de bien d'objets et d'habitudes inutiles ! Alors, prêts pour le défi ? Rien de plus simple avec ce guide. En plus, on apprend pleins d'astuces, on fait des économies, on s'allège et on est écologiquement plus cohérent.

 Mon défi Rien de neuf, Emmanuelle Vibert, Rue de l'échiquier, mai 2019, 224 pages, 18 euros

 

On veut des tartes (et autres tourtes !)

Le tout dernier livre de recettes de Cléa séduit à plusieurs titres. D'abord sur la forme, par son grand format et sa belle qualité. Il est aussi très bien organisé : à chaque légume et fruit classé par ordre alphabétique correspondent 3 ou 4 recettes, parfois davantage, illustrées par une alléchante photo. Son second atout est de proposer 200 tartes, tourtes, quiches et autres tatins, uniquement végétariennes. Les cuisinières en herbe y trouveront leur bonheur car les recettes proposées sont simples, originales et rapides à exécuter. L'auteure y ajoute cependant sa touche : remplacer la farine blanche par de la farine bise, de sarrasin ou de riz pour les personnes mangeant sans gluten... pour un nouvel élan ! Et pour les plus aguerries, ce livre permet de se renouveler en revisitant les grands classiques, en jouant sur les formes, les textures, les cuissons. Cléa redore également le blason de certains légumes souvent boudés en cuisine. La tarte fine au fenouil rôti, châtaignes et citrons, en est un exemple parmi tant d'autres. Enfin, elle met l'accent sur un thème d'actualité: la saisonnalité des fruits et des légumes. A vos fourneaux!

 Tartes fines, Grosses tourtes, Belles tatins, 200 tartes végétariennes, Cléa, Editions La plage, 2019, 251 pages, 24,95 euros

 

L'agroécologie, une révolution vitale

Ingénieur agronome et spécialiste de l'agroécologie, Marc Dufumier a découvert cette pratique à Madagascar alors qu'il avait 22 ans (il en a aujourd'hui 73). Ce sont des femmes analphabètes qui l'initient alors à cette agriculture paysanne respectueuse de l'homme et de l'environnement. Dans une série d'entretiens avec le journaliste Olivier Le Naire, il explique très clairement comment l'agroécologie peut lutter de façon concrète contre la faim dans le monde, le dérèglement climatique, le gaspillage alimentaire, la malbouffe, les maladies qui en découlent, la perte de sens et de lien social... Car selon lui, tous ces problèmes sont liés et sont aussi la conséquence de la privatisation des semences, de l'utilisation des pesticides et des dérives des lobbys industriels. Leur solution est donc une réalité possible, à notre portée.

 L'agroécologie peut nous sauver, Marc Dufumier, Actes Sud / Colibris, coll. Domaine du possible, mai 2019, 160 pages, 15 euros

 

Quand la nature nous fait du bien

La science prouve comment et pourquoi la nature nous fait du bien, physiquement et moralement. Se mettre au vert renforce notre système immunitaire et nous rééquilibre : nous requinque quand nous sommes fatigués et calme notre stress. Mais nos vies trépidantes et bruyantes nous éloignent des bienfaits d'un jardin ou d'une balade dans les bois. Ce guide s'appuie sur les études scientifiques, s'inspire de techniques de relaxation et propose 52 pistes ludiques et poétiques pour se reconnecter en profondeur avec la nature. Il devient simple de se ressourcer, en toute saison, parfois en quelques minutes, même en ville ou au travail, que l'on soit seul ou à plusieurs, avec des enfants... De nombreuses attitudes peuvent faire du bien, comme simplement s'asseoir sous un arbre, cultiver des fleurs en pots, contempler des photos de nature...

 Se ressourcer toute l'année avec les arbres, Marie Martinez, Prat Prisma, mai 2019, 224 pages, 15,95 euros

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « Devant l’effondrement »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

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Dans cette nouvelle Chronique Littéraire, Sans Transition ! revient avec de nombreux ouvrages proposant une réflexion sur l'urgence climatique et la nécessaire transition écologique. Du guide de l'innovation frugale au sauvetage de la vie sur Terre en passant par l'effondrement... Bonne lecture !

La vie passionnante de Coline Serreau

Coline Serreau est une artiste totale et engagée, surtout connue comme réalisatrice de Trois hommes et un couffin, La crise, La Belle Verte ou Solutions locales pour un désordre global, ou comme autrice de pièces de théâtre inoubliables (et aux titres improbables comme Quisaitout et Grobêta ou Lapin Lapin). Également appréciée comme actrice, on sait moins qu'elle est aussi photographe, peintre ou directrice de chorale. Elle a abordé avant tout le monde des thèmes tels que la crise écologique, le droit des femmes, la santé, les travers du consumérisme et du libéralisme, etc. À 70 ans, elle livre pour la première fois une autobiographie originale en trois parties et vingt-trois hashtags. Elle raconte d'où elle vient et à qui elle doit ses influences, sa famille et ses ancêtres, son parcours artistique tous azimuts... Elle confie aussi ses pensées, ses réflexions sur notre société, le futur, les sujets qui la passionnent, révoltes et bonheurs. Une lecture passionnante !

#COLINESERREAU, Coline Serreau, Actes Sud, octobre 2019, 208 pages, 29 euros

 

Pendant le compte à rebours

L'homme politique, mathématicien et collapsologue Yves Cochet, expose ses théories et pratiques sur l'imminence de l'effondrement et comment s'y préparer. Il vit aujourd'hui dans une ferme expérimentale en Bretagne où il a déjà tout mis en place pour faire face au basculement dans les 30 prochaines années. Il examine les origines écologiques, économiques, financières et politiques de cet effondrement et, surtout, leurs relations systémiques. Les étapes de l’effondrement seront notamment une réduction importante de la population mondiale, une ruine des États incapables de gérer les questions de santé ou de sécurité, la fin des énergies fossiles et nucléaire, le passage obligé vers une alimentation plus végétale, plus locale, plus saisonnière ou l’avènement d’une mobilité low tech, sans voitures ni avions. Un dernier livre avant la fin d'un monde ?

 Devant l'effondrement, Essai de collapsologie, Yves Cochet, Les Liens qui Libèrent, septembre 2019, 256 pages, 18,50 euros

 

Une réponse à l'urgence sociale et écologique

Les auteurs, conseiller en innovation et professeur de marketing, montrent comment les entreprises peuvent répondre aux attentes des consommateurs en quête de sens et soucieux de l'environnement. Ce livre s'adresse plutôt aux dirigeants, décideurs et étudiants. Il propose de répondre aux objectifs de développement durable de l'ONU plus vite, mieux et pour moins cher ! Cette stratégie de croissance révolutionnaire vise à innover grâce à des produits durables, à l'impact positif sur la société et la planète. Ils s'appuient sur l'expérience de 50 entreprises pionnières, et néanmoins multinationales, et des exemples français. Les six principes fondamentaux sont des outils pour réussir dans ce sens. Une vision optimiste.

 Le guide de l'innovation frugale. Les 6 principes clés pour faire mieux avec moins, Navi Radjou et Jaideep Prabhu, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anaïs Bon, préface de Paul Polman, Diateino, 384 pages, 24 euros

 

Sauver la vie sur Terre

Qu'est-ce que le New Deal Vert ? Jérémy Rifkin expose son projet économique et sociétal basé sur une prise de conscience sur l'état de la planète. Il s’agit d’un véritable plan de transition globale pour un monde post-énergies fossiles qui permettrait de produire 100 % de l’électricité à partir de sources propres et renouvelables ; d’améliorer et d’augmenter l’efficacité du réseau énergétique, du réseau des transports ou du secteur du bâtiment ; d’investir dans la recherche et le développement de technologies vertes ou de proposer de nouveaux emplois nés de cette nouvelle économie. Les solutions existent et sont à notre portée. Aujourd’hui, les intérêts des dirigeants politiques, économiques et financiers convergent avec ceux des citoyens : c’est ce que démontre Jérémy Rifkin dans ce manuel documenté qui redonne de l’espoir et l’envie d’agir pour la planète.

 Le New Deal Vert Mondial, Pourquoi la civilisation fossile va s'effondrer d'ici 2028. Le plan économique pour sauver la vie sur Terre, Jérémy Rifkin, Les Liens qui Libèrent, octobre 2019, 304 pages, 21,80 euros

 

Changer la ville et… le Monde

Dans Tous acteurs de la Révolution verte. Changer la ville, changer le monde, le collectif « Merci Raymond » invite à repenser le modèle de nos villes afin de s'y sentir mieux.
Pour eux, la clé réside dans la réintroduction du végétal à laquelle chacun à son échelle peut participer. Par exemple, l'agriculture urbaine développée sur des espaces non exploités comme des parkings ou des terrains vagues permettrait de redonner à la ville sa fonction nourricière. Cette idée illustrée par la mise en fonction de jardins partagés montre qu'en plus de favoriser la sociabilisation, d'être source d'intégration pour certaines populations, elle offre des vertus thérapeutiques tout en permettant à nos petits citadins d'apprendre les bases du jardinage. Ces jardiniers urbains comme ils aiment se nommer, nous expliquent également comment il est possible de re-végétaliser nos cités grâce à une nouvelle vision verte de l'architecture. Pour eux, cette dernière doit devenir durable en visant le biomimétisme et la ville résiliente. Par exemple, il est possible comme certains l'ont déjà fait de développer l'apiculture sur les toits des immeubles. Très pragmatiques, 25 actions très simples sont détaillées avec des illustrations pour devenir acteur de la révolution verte. Voici un livre très instructif et positif redonnant espoir en l'avenir d'une vie urbaine. Ce livre permet de prendre conscience qu'il est possible de vivre mieux en ville en étant acteur du changement. Il ouvre également une voie possible vers tout un panel de nouveaux métiers qui sont en train de se développer : Agriculteurs dépollueurs, Designer végétal ou encore e-agriculteurs. Il donnerait presque envie de retourner vivre en ville pour répondre à ce défi !

 Tous acteurs de la révolution verte. Changer la ville, transformer le monde. Merci Raymond (collectifs de jardiniers urbains), Marabout ed., 175 pages, 14,90 euros

 

Cocooner dans sa maison écolo

Dans Ecocooning, une maison écolo, c'est confortable, Elise Rousseau nous livre une BD pleine d'humour qui met du baume au cœur. Grâce à une poule bio très inspirante qui débarque inopinément dans son jardin, la narratrice devenue très récemment hyper allergique va revoir entièrement sa façon de vivre. Ainsi, tout va passer au crible: ses produits d'entretien, de salle de bain, ses matériaux de construction, l’intérieur de ses placards, sa façon de cuisiner, son jardin. Rien n'est oublié! Sans professer une leçon moraliste, cette gallinacée prénommée Cocotte donne des clés afin de se sentir davantage en adéquation avec ce dont nous avons réellement besoin tout en faisant du bien à soi-même et à la planète. Sortir de la société de surconsommation, repenser son intérieur tout autant que son extérieur vont encourager l’héroïne à se créer une vraie maison douillette et écologique avec tout ce que cela revêt. Sans tomber dans le minimalisme extrême, elle exhorte par exemple à réfléchir à ses vrais besoins. En ce sens, des exercices pratiques personnels: « le cahier pratique de Cocotte» jalonnent toute la BD en officiant presque comme un guide de développement personnel pour revenir au principe de « sobriété heureuse ». Tout cela avec beaucoup de légèreté.
Voici donc une BD très drôle qui invite finalement à réfléchir en profondeur sur sa façon de vivre. De façon sous-jacente elle touche à une question essentielle de notre existence: comment être heureux ?

Ecocooning, Une maison écolo, c'est confortable ! Elise Rousseau, Delachaux et Niestlé  ed.Paris, 2019, 125 pages, 15,90 euros

 

Comment renverser les multinationales

Vandana Shiva, la militante et féministe indienne, démontre de façon saisissante le pouvoir destructeur des multinationales et des milliardaires. Ces ultra-riches (dont Bill Gates, Warren Buffett, Mark Zuckerberg) représentent 1 % des habitants de la Terre et ont conduit les autres 7 milliards à des inégalités sociales exacerbées, à la pauvreté et la malnutrition, aux crises migratoires... Leurs fondations et fausses œuvres humanitaires ne sont qu'une façon d'échapper au contrôle des structures démocratiques pour accroître leur pouvoir et multiplier leurs profits. Ils supervisent l'alimentation, l'information, la finance, l'énergie... Vandana Shiva propose des pistes pour renverser la balance, sauver la démocratie, renouer avec la nature et l'identité humaine.

 1 % : reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches, Vandana Shiva, Rue de l'échiquier, août 2019, 184 pages, 19 euros

 

Nous voulons des produits sains

L'auteur de Nous voulons des coquelicots, Fabrice Nicolino, livre une enquête choc sur le scandale sanitaire des fongicides SDHI (Succinate DeHydrogenase Inhibitor : inhibiteurs de la succinate deshydrogénase) qui servent à détruire les champignons et moisissures des récoltes. Ils sont présents dans 80 % des surfaces de blé, sur l’orge, les arbres fruitiers, les tomates, les semences, les pommes de terre, les terrains de sport, etc. Or, ils s’attaquent à la fonction respi­ratoire des êtres vivants (la SDH) et entraînent chez l'homme des maladies neurologiques et des cancers. Des scientifiques du CNRS, de l’Inserm et de l’Inra ont alerté en 2018 les autorités, mais les lobbies de l'industrie agro-chimique nient tout problème de santé publique. L'auteur dénonce les liens étroits entre ces lobbies et les institutions publiques de veille sanitaire, dont l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), d'où des conflits d’intérêts graves pour notre santé.

Le crime est presque parfait, Fabrice Nicolino, Les liens qui libèrent, septembre 2019, 224 pages, 20 euros

 

Pour un cerveau éclairé

Stéphanie Brillant a réalisé le film documentaire Le cerveau des enfants, un potentiel infini (2017) et consacre désormais son travail à l’éducation éclairée. Dans cet ouvrage, elle explique comment assurer aux enfants un meilleur équilibre psychique et physique, ainsi qu'un plus grand épanouissement social et professionnel, avant la naissance et pendant les premières années. Elle ouvre des pistes de réflexion originales pour comprendre le fonctionnement du cerveau et aborde divers sujets liés entre eux : émotions, croyances, fonctionnement de la mémoire, hygiène de la pensée, importance de l’engagement physique et social. L’essentiel est dans la qualité de la relation qu'on entretient avec eux, de la façon la plus positive possible. Avec des exemples concrets, des exercices pratiques et des jeux faciles à expérimenter au quotidien.

 Guide du cerveau pour parents éclairés, Stéphanie Brillant, Actes Sud, septembre 2019, 304 pages, 22 euros

 

La Terre nous écrit pour la sauver

Geneviève Azam, économiste, spécialiste du climat et altermondialiste, écrit un essai sous la forme originale d'une lettre à la Terre, une déclaration d'amour face au désastre écologique, aux dérèglements climatiques (et humains) et au mirage d'un capitalisme vert. Elle propose, aux Terriens « déterrestrés » que nous sommes devenus, un rapport plus sensible et direct à la Terre, un lien à renouer. L'autrice a également imaginé la réponse de la planète qui est d'accord avec les alliances, mais pas n'importe lesquelles ni avec n'importe qui, quitte à détruire des projets contre-Nature. La Terre nous demande de nous soulever avec elle pour répondre à l'immense défi pour la sauver, car ce sont nous, humains, qui gardons l'action politique. Geneviève Azam lance un appel à la désobéissance, à la résistance et à la lutte contre ce qui menace la vie.

 Lettre à la Terre. Et la Terre répond, Geneviève Azam, Seuil, septembre 2019, 192 pages, 17 euros

 

Rester (ou devenir) vegan et convivial

Annie Nichols est anglaise et ses talents culinaires sont internationaux. Elle dirige un « super club » végétalien et sait faciliter la vie des végans avec une cuisine rapide et goûteuse pour tous. Le véganisme comptent des millions d'adeptes avec des approches multiples : choix éthique, environnemental, politique ou simplement gustatif pour qui préfère les aliments d'origine végétale. Mais parfois, les habitudes alimentaires des végans sont restrictives et difficilement compatibles avec celles des autres. Du petit déjeuner en passant par l'apéro et le souper, voilà une foultitude d'idées, d'astuces et de conseils, et 65 recettes pour continuer à partager de bons repas avec ses amis. Pour que plaisirs et convivialité s'invitent à toutes les tables !

Comment manger végan et garder ses amis ? Annie Nichols, Ulmer, septembre 2019, 160 pages, 16,90 euros

 

Mode d'emploi positif pour la transition

Grégory Derville est maître de conférences en science politique et a participé à Beauvais en transition. Déjà auteur d'un livre sur la permaculture, il crée un écolieu à la campagne pour mettre en œuvre concrètement ses travaux. Avec ce livre pratique sur la transition écologique, il explique, en expert et praticien, comment transformer en profondeur le territoire : quartiers, villages, villes. Lucide face à la situation écologique, il propose cependant une vision positive et stimulante du futur pour la construction d'une autre société, en unissant les forces et compétences (famille, amis, voisins, associations, élus locaux...). Voilà un véritable mode d'emploi pour savoir comment s'y prendre et quelles actions mener, s'appuyant sur 9 types d'initiatives détaillées et des exemples précis déjà existants.

 Réussir la transition écologique. Outils pratiques pour agir ensemble, Grégory Derville, préface de Pablo Servigne, Terre Vivante, octobre 2019, 208 pages, 25 euros

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « Il est où le bonheur ? »

Créé le : 18/07/2020
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Dans chaque magazine, Sans transition! chronique les dernières sorties des libraires, sur les sujets qui animent notre rédaction. Nous vous proposons de vous questionner sur le bonheur avec François Ruffin, de partir à l'(éco-)aventure aux côtés de Julien Moreau pour enfin voir la beauté du monde avec François Sarano. Bonne lecture ! 

Le bonheur en rouge et vert de François Ruffin

Fondateur du journal Fakir et député de la Somme, François Ruffin appelle à un Front populaire écologique, rouge et vert, pour sauver la planète et l'avenir de nos enfants. C'est à eux qu'il s'adresse en priorité dans cet essai malgré tout optimiste. L'inégalité économique correspond à une inégalité écologique : nous sommes tous sur la même planète mais pas tous sur le même bateau — et certains s'accaparent les canots de sauvetage. Sa solution est la reprise en main de la démocratie par un débordement populaire et pacifiste motivé par l'espérance. Les mouvements alternatifs des Gilets jaunes et de Nuit debout sont déjà une expression de ce désir d'autre chose. Mais surtout de grandes lois, avec des choix macroéconomiques, doivent faire avancer vers la transition. La réponse à sa question ? Le bonheur est dans le lien, avant les biens.

Il est où, le bonheur ? François Ruffin, Les Liens qui Libèrent, novembre 2019, 192 pages, 14 euros

Voir la beauté du monde 

François Sarano est docteur en océanographie et plongeur professionnel, conseiller scientifique du commandant Cousteau ou, plus récemment, de Jacques Perrin. Depuis des années, avec son épouse, il étudie les cachalots au large de l'île Maurice. Il répond aux questions de Coralie Schaub, journaliste spécialisée dans l'environnement, raconte ses expériences et son engagement, confie ses réflexions personnelles. Pour lui, savoir communiquer avec les animaux — et la vie sauvage — permettrait de mieux communiquer entre humains car cela part de la même démarche d'aller à la rencontre de l'autre. Plongeons avec eux à la découverte du monde marin, encore inconnu et lieu de rencontres bouleversantes mais aussi de dégradations. Alors, comment agir ? Une conversation très accessible et passionnante.

 Réconcilier les hommes et la vie sauvage, Coralie Schaub, préface de Pierre Rhabi, Actes Sud, collection Domaine du possible, janvier 2020, 218 pages, 20 euros

 

La réponse de la bergère

Stéphanie Maubé habitait Paris et travaillait dans l'audiovisuel, jusqu'à ce qu'elle rencontre un éleveur dans le Cotentin et décide, elle aussi, de garder ses moutons. Yves Deloison nous raconte la vie de la jeune femme et ses questionnements dans un style très vivant. « J'étais une Parisienne anémiée, névrosée de la bouffe, qui un jour a découvert de nouvelles perspectives, un métier noble, épanouissant physiquement et moralement », affirme-t-elle. Dans la beauté des paysages qui l'entourent et avec ses bêtes, elle a trouvé un sens à sa vie, qui n'a rien d'un conte de fée : le chemin est semé d'embûches. Elle est désormais une bergère engagée, une guerrière des temps modernes : « Je veux faire de l'activisme en faveur des valeurs paysannes, du commerce collaboratif, des jardins partagés, de l'éducation à la bonne bouffe et inciter les citoyens à modérer leurs comportements en matière de consommation ». Belle cause !

 Il était une bergère, Yves Deloison et Stéphanie Maubé, Le Rouergue, février 2020, 254 pages, 18,80 euros

 

Se réapproprier son alimentation

François Rouillay est chercheur et conférencier en agriculture urbaine. Initiateur du mouvement participatif des Incroyables Comestibles, il a également cofondé l’Université francophone de l’autonomie alimentaire. Sabine Becker est ingénieure-urbaniste et a longtemps été en charge du développement et de l’aménagement des territoires. Leur guide pratique s'adresse aux habitants des villes et des campagnes, ainsi qu'aux élus locaux. Il propose une feuille de route de 21 actions concrètes et faciles à appliquer pour apprendre, s'organiser et réussir à prendre soin de soi, des autres et de la Terre : végétaliser la ville en paysages nourriciers, planter des pépinières citoyennes et des potagers pédagogiques, régénérer les sols, animer des ateliers de cuisine et de conservation des aliments, instaurer des circuits courts… Un programme complet.

 En route pour l’autonomie alimentaire, François Rouillay et Sabine Becker, Terre vivante, février 2020, 224 pages, 23 euros

 

Le vivant à la source

Philippe Labre est un biologiste de terrain et vétérinaire conseil en santé naturelle en élevage et en agriculture biologique. De ses 35 ans d'expérience, il propose de mieux connaître, comprendre et respecter les conditions et les processus les plus essentiels de la vie en général, et de la santé des animaux et des humains. Les fondamentaux du monde vivant nous exhortent à vivre en interaction et en harmonie avec notre milieu. Ces lois de la biologie ne sont pas négociables. Face au déni de l'industrialisation, l'auteur rappelle que nous ne pouvons pas nous passer de la nature et des plantes et qu'il est grand temps d'en prendre de la graine : respecter la nature et collaborer avec elle, ou disparaître. Le règne végétal crée la vie et peut restaurer les équilibres perturbés.

 Les pieds sur Terre. Retrouver le bon sens ou disparaître, Philippe Labre, préface de Pierre Rabhi, éditions Femenvet, octobre 2019, 288 pages, 24 euros

 

L'essentiel sur l'alimentation

Marc Dufumier, agronome, répond de façon scientifique, mais simple et claire, à 50 questions le plus souvent posées sur l'alimentation, l'agriculture et l'écologie. « Mon engagement est celui d’un agronome, d’un scientifique qui ne croit en rien d’autre qu’aux analyses étayées et aux faits établis, et à la nécessité́ de diffuser ce savoir », affirme-t-il. « Si je défends l’agroécologie, c’est en tant que scientifique : la nocivité́ sur notre santé et sur l’environnement de l’agriculture chemisée et mécanisée est aujourd’hui avérée et nous avons à ce jour le savoir et les techniques pour développer une agriculture paysanne capable de nourrir correctement l’humanité́ tout en respectant la planète. » Une mise au point limpide.

De la terre à l’assiette. 50 questions essentielles sur l'agriculture et l'alimentation, Marc Dufumier, Allary éditions, février 2020, 240 pages, 18,90 euros

 

L'art de vivre ensemble

Après un premier Manifeste convivialiste paru en 2013, le second esquisse les contours d'un possible autre monde, d'un monde post-néolibéral (une alternative au néolibéralisme), plus humain, dans lequel l'énorme majorité pourrait se reconnaître. Le convivialisme, philosophie de l'art de mieux vivre ensemble, appelle à s'opposer sans se massacrer, à prendre soin de la nature et des humains. Cette réédition enrichie est le résultat d'un travail d'échanges entre 276 intellectuels, écrivains, artistes, activistes de 33 pays engagés dans des actions collectives et soucieux du bien commun. Son but est de rassembler clairement des idées simples et justes sur les enjeux actuels de façon à générer une mutation radicale. Et, dans un premier temps, de permettre à chacun d'apporter sa pierre à l'édifice, puis aux lecteurs de participer au débat.

Second manifeste convivialiste. Pour un monde post-néolibéral, collectif Actes Sud, février 2020, 144 pages, 9,80 euros

 

Le refus de parvenir

Après dix ans d'engagement et de responsabilités politiques, Corinne Morel Darleux se tourne désormais vers des mouvements d'action plus radicale et concrète, dans la désobéissance civique, notamment pour changer la vie au quotidien et lutter contre la disparition du vivant. Agir aujourd'hui est essentiel pour prévoir et construire la suite du déclin de demain. Dans cet essai philosophique et littéraire, elle s'inspire de nombreux écrivains, tels que Mona Chollet, Françoise Héritier, Romain Gary, Stig Dagerman, et surtout du navigateur Bernard Moitessier qui, sur le point de gagner le tour du monde en solitaire, prend la tangente et renonce à la compétition. Comme l'auteure le définit elle-même, il s'agit d'« un livre d'intuitions qui donnent à penser tout en laissant des espaces de liberté et de fiction. » Inspirant.

 Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Réflexions sur l'effondrement, Corinne Morel Darleux, Libertalia, juin 2019, 104 pages, 10 euros

 

Repenser la ville à l'écoute des enfants

Spécialiste de la psychologie et de l'éducation des enfants, l'Italien Francesco Tonucci a expérimenté à Fano en 1991 son projet révolutionnaire de ville agréable qui place les enfants d'abord. Le but est de transformer les villes pour créer des rues et des cadres de vie urbains vraiment adaptés aux intérêts et jeux des enfants, selon leur point de vue, et de façon à leur faire explorer leur environnement, avec ses bonnes surprises et ses risques, en toute autonomie. Dans ce livre « boîte à outils », l'auteur fait le bilan de cette initiative pionnière, ses intentions, ses propositions, ses solutions... Des entretiens avec d'autres spécialistes et un texte de Lewis Mumford étayent son propos. Cette expérience a déjà inspiré de nombreux projets dans le monde. Un petit pas pour les enfants, un grand pas pour tous !

 La ville des enfants. Pour une [r]évolution urbaine, Francesco Tonucci, Parenthèses, collection Eupalinos, septembre 2019, 240 pages, 18 euros

 

Quand les algues sentent le souffre

Yves-Marie Le Lay, fondateur et président de l'association Sauvegarde du Trégor et co-président de Haltes aux marées vertes lutte au quotidien contre la prolifération des algues vertes et leurs émanations d'hydrogène de soufre. Il a saisi plusieurs fois les tribunaux français et européens et a reçu en 2017 le « prix orange » de l’environnement de l’Union des associations pour la défense du littoral. Les algues sont reconnues toxiques depuis 2009 et présentent un réel danger pour la santé : plusieurs personnes ont perdu la vie. Mais rien ne change. Yves-Marie Le Lay dénonce le déni collectif des responsabilités, la collusion entre pouvoir économique et politique : pour lutter efficacement contre cette pollution il faudrait revoir les pratiques agricoles dont les excédents de nitrates nourrissent ces algues toxiques.

 Algues vertes, un scandale d'état. Nitrates et gaz toxiques, 50 ans de déni, Yves-Marie Le Lay, Libre et Solidaire, 270 pages, 16,90 euros

 

Face au catastrophisme, des démocraties à réinventer

Maître de conférences en science politique au Muséum national d’Histoire naturelle, chercheur au Centre d’écologie et des sciences de la conservation, membre de l’Institut Momentum, Luc Semal rapproche la pensée écologiste et la science politique depuis les années 1960. Face à l'effondrement et à la peur qu'il génère, l'auteur préfère parler de « processus catastrophique, à potentiel apocalyptique, pouvant connaître des phases d’emballements et d’effondrements ». Il s'appuie sur de nombreux exemples d’initiatives et de parcours militants et voit le catastrophisme comme une occasion pour la démocratie de se réinventer, des partages à organiser, une justice à restaurer, malgré des privilégiés qui refusent de changer. Une analyse néanmoins confiante et lucide sur la complexité de la crise écologique.

 Face à l’effondrement. Militer à l'ombre des catastrophes, Luc Semal, PUF, collection L'écologie en question, mars 2019, 368 pages, 22 euros

 

L'éco-aventure d'un tour de France

Militant écologiste, Julien Moreau s'est lancé en 2018 le défi du plus long triathlon au monde avec plus de 6 000 km à travers la France : en vélo de Paris à Marseille ; à la nage de Marseille à Monaco et à pied de Monaco jusqu'au siège de la Fondation de Nicolas Hulot. Le but de cet éco-aventurier ? Sensibiliser, voire éduquer, les Français, les politiques et surtout les jeunes dans les écoles pour une écologie citoyenne engagée. Le récit passionnant et détaillé de cette épopée, avec album photos à l'appui, commence comme un thriller noir, une mésaventure qui aurait pu très mal se finir, après l'ascension risquée du Stok Kangri et 1 000 km en VTT au pays de Gandhi. Inspiré par Mike Horn ou Sylvain Tesson, le Breton de 30 ans s'engage déjà dans de nouveaux projets en catamaran : à suivre !

 L'éco-aventurier. Mon tour de France au service de l'environnement, Julien Moreau, préface de Nicolas Hulot, Hugo Doc, novembre 2019, 320 pages, 18 euros

 

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L'homme qui fait parler les plantes »

Créé le : 18/07/2020
Crédit: Pixabay

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Dans chaque magazine, Sans transition! chronique les dernières sorties des libraires, sur les sujets qui animent notre rédaction. Nous avons décidé de vous les redonner à lire ici. De l'homme qui fait parler les plantes à une traversée avec Sea Shepherd, faites votre choix. Bonne lecture !

L'homme qui fait parler les plantes

L'ethnobotaniste François Couplan, spécialiste des plantes sauvages et de leurs bienfaits, nous invite à une balade botanique comme il en a le secret. Un secret qu'il partage volontiers quand il raconte des histoires fabuleuses de plantes et l'histoire passionnante des hommes avec elles. C'est avec un réel talent de conteur qu'il nous emmène à la découverte des végétaux, de leur fonctionnement, leur classement et leur dénomination. Il y a celles qui guérissent, celles qui nourrissent, celles qui empoisonnent... L'auteur enrichit sa narration de souvenirs de voyages, de rencontres, d'aventures, de réflexions.  Il nous entraîne ensuite, à travers les époques, dans les rapports étroits des plantes et des hommes selon leurs cultures, leurs pays. François Couplan a beaucoup de choses à nous dire sur les plantes et le dit bien.

 Ce que les plantes ont à nous dire, François Couplan, Les Liens qui libèrent, mars 2020, 352 pages, 22 euros

 

Embarquez avec Sea Shepherd

Passionné de plongée sous-marine et du monde marin, Guillaume Mazurage rencontre le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, ONG de défense des océans. Il embarque alors à bord d'un navire de l'organisation écologiste pour une expédition de sauvetage du marsouin vaquita, en voie d’extinction, qui périt d'étouffement dans des filets qui ne lui sont pas destinés. De cette aventure et d'une enquête approfondie, il crée sa première bande dessinée, très réussie, guidé par des maîtres en la matière : le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières. L'album est donc le récit de la vie à bord de ces éco-pirates, qui jouent aussi le rôle de police des mers, et de leur combat quotidien et périlleux contre la mafia. Une BD captivante comme un documentaire et digne des grandes aventures à la Moby Dick.

 Sea Shepherd. Milagro, Guillaume Mazurage, éditions Robinson, juin 2020, 56 pages, 11,95 euros

 

Que les éco-anxieux se réjouissent !

Vous êtes lucide sur l'état de l'environnement et vous êtes désespéré ? C'est normal. Mais consolez-vous : Laure Noualhat a des remèdes à votre mélancolie. Cette spécialiste de l'environnement, ancienne journaliste de Libé qui écrit actuellement pour Yggdrasil et Siné, aurait pu intituler son livre Tchernobyl mon amour car elle a dépassé le burn-out écolo. S'appuyant sur les étapes psychologiques et successives du deuil, elle a une vision très réaliste de l'état du monde. Néanmoins, elle redonne espoir à tous les éco-anxieux en insufflant du sens à la vie, notamment par une véritable ode à la nature, à la méditation, etc. Elle imagine également un futur idéal où la loi défendrait mieux l'environnement. Son cheminement est passionnant, très documenté, et servi par un style vif et plein d'humour : un essai très agréable à lire et réjouissant !

 Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat, éditions Tana, mai 2020, 256 pages, 18,90 euros

 

Planter les graines d'un nouveau monde

« Renoncer à une part de nous pour aller vers l’inconnu, sans avoir la certitude de réussir, sans connaître notre état du lendemain... La définition même de l’aventure ! » C'est un véritable guide de l'aventure — avec carnet de bord, boussole, carte, couteau suisse... — que nous propose Vincent Dubail, militant d'Europe Écologie-les Verts, pour son voyage en utopie. L'utopie écologique nouvelle peut se réaliser, malgré les menaces, pour ne pas subir l'effondrement. Il cite volontiers Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Des alternatives engageantes, positives, solidaires et constructives tissent des liens de fraternité pour mobiliser et changer la société. La vraie vie est ailleurs, mais elle est aussi devant soi, et se sème dans l'imagination pour planter les graines de demain.

 Kit pour voyager en écotopie, Vincent Dubail, éditions Tana, juin 2020, 240 pages, 18,90 euros

 

Vivre dans son temps

Le couturier Azzedine Alaïa a convié, les dernières années de sa vie, avec son proche et auteur de ce recueil Donatien Grau, ses amis architectes, actrices, danseuses, chanteur d’opéra, écrivains, philosophes, légendes de mode, d’art, de design, de cinéma. Deux par deux, ils se sont prêtés au jeu de réfléchir et discuter de leur rapport au temps, au manque de temps, à leur idéal... Ces témoignages très variés, touchants, instructifs, surprenants, nous donnent à réfléchir. Parmi les invités : Jean Nouvel et Claude Parent ; Blanca Li et Rossy De Palma ; Jérôme Batout et Bettina Graziani ; Jean-Claude Carrière et Julian Schnabel ; Isabelle Huppert et Robert Wilson ; Michel Butor et Tristan Garcia ; Adonis et Alejandro Jodorowsky ; Emanuele Coccia et Carla Sozzani ; Charlotte Rampling et Olivier Saillard.

 Prendre le temps, Donatien Grau, mars 2020, 240 pages, 25 euros

Tous les bienfaits du véganisme

Pour ceux qui n'ont pas encore sauté le pas et se posent encore des questions : voilà qui va vous éclairer. Laurence Pieau est journaliste et raconte pourquoi et comment elle est devenue (tardivement) végan. Elle a notamment créé Alternatives Vegan pour parler d'autres voies possibles. Après un état des lieux du véganisme dans le monde et en France, comme autant d'arguments éthiques, elle donne quelques conseils sur la façon de procéder et présente les bienfaits pour la santé. Autrement dit, être végan est bon pour l'esprit, le cœur, le corps, et bien sûr cela préserve l'environnement ainsi que près de 200 animaux par an et par personne. Au passage, l'autrice déglingue quelques bobards sur le sujet, puis passe en revue le pourquoi des interdits du véganisme. Enfin, 20 recettes faciles d'Eva-Claire Pasquier pour se mettre en appétit.

 Tout le monde n’a pas la chance d’être vegan, Laurence Pieau, éditions Harper Collins, juin 2020, 240 pages, 19 euros

 

Cultiver le paradis sur Terre

La célèbre Vandana Shiva présente une synthèse de ses quelque 30 années d’expériences, de recherches et d’actions. Ce livre est également un manifeste en faveur de la transition mondiale. Pour l’activiste indienne, c’est l’agro-écologie, le sol vivant, la biodiversité, la localisation, les femmes, les petits exploitants qui nourrissent l’humanité à 70 %. Ils peuvent devenir la norme, à l’opposé de l’industrie agro-alimentaire qui n’a rien de logique ni de durable, en détruisant la planète et notre santé, et en marchandisant les moyens de subsistance. Vandana Shiva prône bien sûr la vraie nourriture de meilleure qualité, la liberté des semences, la polyculture, les vrais individus, la coopération entre producteurs et consommateurs... Un dernier chapitre indique la voie à suivre. « Utilisons notre énergie pour oeuvrer à la création d’un avenir alimentaire respectueux de la
planète. Lorsque nous travaillons main dans la main, en harmonie, nous pouvons cultiver le paradis sur Terre. »
Qui nourrit réellement l’humanité ? Vandana Shiva, Actes Sud, collection Domaine du possible, février 2020, 192 pages, 19 euros
 

La détox numérique pas à pas

La journaliste hyperconnectée, Laurence Bril, a pris conscience de sonaddiction à internet et aux réseaux sociaux et a décidé d’aller marcher. Elle raconte son cheminement à pas comptés, kilomètre après kilomètre,une façon de prendre de la distance avec le numérique, de revenir à soi, au rythme du monde, de la nature, de l’instant présent. Une manière devoir les choses de ses propres yeux, au grand air, et non à travers un écran et ses diktats de likes et de followers. Elle suit la voie des grands marcheurs, David Breton,Sylvain Tesson... et entame une désintoxication sur une année. Peu à peu, de nouvelles sensations s’offrent à elle. Elle se métamorphose physiquement et psychologiquement. Flâneries, balades, randonnées, courses, excursions, trails... Le temps et les distancess’allongent ; ses performances progressent. Après 3 600 km parcourus, elle revientlentement mais sûrement au numérique. Un itinéraire à suivre pour modérer sesconnexions.Passage piéton. 
 Récit d’une détox numérique par la marche, Laurence Bril, Rue de l’échiquier,février 2020, 136 pages, 12 euros
 
 
Le potager facile et bio
 
Vous aimeriez bien cultiver vos légumes mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Suivez le guide ! Blaise Leclerc est docteur en agronomie et jardinier depuis 40 ans, spécialiste des relations entre agriculture et environnement. Il n’en est pas à son premier livre didactique pour simplifier au maximum le jardinage. Il nous apprend à créer et cultiver simplement un potager en partant du b.a.-ba. Tout est expliqué en détails, même le vocabulaire : comment fonctionne une plante, les techniques de base pour préparer la terre, composter, utiliser des engrais verts, pailler, créer un équilibre écologique, réussir ses semis, ses plantations, son arrosage, etc. Avec photos, astuces, conseils et schémas à l’appui, plus d’excuses pour ne pas s’y mettre.
 Savoir tout faire au potager. Gestes et techniques de base, Blaise Leclerc, Terre vivante, mars 2020,120 pages, 14 euros
 

De l'Anthropocène au Symbiocène

Philosophe de l’environnement, Glenn Albrecht est le spécialiste mondial de l’étude des émotions ressenties envers la Terre, ces « réactions émotionnelles particulières que nous manifestons en réponse au rythme et à l’ampleur du changement environnemental et écologique ». Déjà inventeur du terme « solastalgie » qui traduit l’expérience vécue lors de changements environnementaux négatifs, il propose « une réflexion sur le sens de la vie humaine au temps de l’anthropocène ». En effet, face aux évolutions du monde, nous ressentons de l’anxiété, de la colère, de la nostalgie, de l’abattement : autant d’émotions négatives qui affectent notre santé mentale. Il nous invite à une nouvelle vision du monde pour sortir de la crise écologique : passer au symbiocène. Pour cela, l’auteur propose de nouveaux mots et concepts, c’est-à-dire des émotions et des sentiments positifs pour l’avenir : créativité, santé, harmonie avec la nature et sa beauté. Alors, place au symbiocène !
Les émotions de la terre, Des nouveaux mots pour un nouveau monde, Glenn Albrecht, Les Liens qui Libèrent, février 2020, 368 pages, 23 euros
 
 
Rêvons pour changer le monde 
Pouvons-nous changer le monde et le rendre meilleur ? Rob Hopkins en rêve et pense sérieusement que nous en avons les moyens. Il rejoint l’historien Yuval Noah Harari (Sapiens, une brève histoire de l’humanité) qui affirme que nos vies reposent sur des fictions auxquelles nous voulons bien adhérer. Et si nous refaisions l’histoire ? Ou plutôt : si nous racontions la suite autrement ? Des alternatives radicales, constructives, rapides et inattendues sont possibles dans notre quotidien personnel, professionnel, social. Certaines existent déjà. Il suffirait de mettre l’imagination au centre de nos réflexions. Son programme : prendre soin de sa santé, suivre l’exemple de la nature, nous réapproprier notre attention, développer l’imagination à l’école, et se poser les bonnes questions pour que ces hypothèses voient le jour. Et si le rêve devenait réalité ? Et si tout finissait bien ? Un livre enthousiasmant. Et si... ? 
Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, Rob Hopkins, préface de Cyril Dion, Actes Sud, avril 2020, 330 pages, 23 euros
 

La terre crue, matériau pour la Terre

Ce très beau livre, grand format, avec de superbes photos, reprend les projets finalistes du concours TERRA Award Sahel+ sur l’architecture en terre crue, matériau ancestral et d’avenir pour le BTP en Afrique et dans le monde entier. L’utilisation des savoir-faire traditionnels dans des projets actuels et modernes pour de nouveaux usages prouve scientifiquement tous ses avantages : matériau renouvelable, extraction facile et locale, utilisable pour l’auto construction mais aussi pour des constructions d’envergure, comme les équipements hôteliers, publics, professionnels... La terre crue est un matériau vivant, sain, qui absorbe odeurs et bruits, régule la température et l’humidité. Et en plus, sa palette de couleurs est magnifique : gris foncé, jaune, rose, rouge ocre de la latérite... Dans le marché du BTP, c’est une renaissance de l’architecture qui contribue à la transition écologique et sociétale. Un magnifique retour à la terre.
Construire en Terre au Sahel aujourd’hui, Odile Vandermeeren, Museo éditions, 130 pages, 25 euros

 

[ JOURNÉE MONDIALE DE L'ÉOLIEN ] Et si on mettait fin aux idées reçues ?

Créé le : 15/06/2020

La journée mondiale de l'éolien se tiendra le 15 juin prochain : l'occasion pour France Nature Environnement de tordre le cou aux idées reçues sur cette énergie, incontournable pour la transition énergétique. Car si les anti-éoliens se font beaucoup entendre, la réalité est bien différente.

Malgré une visibilité accrue dans des médias, les opposants au développement de l’éolien ne sont pas aussi nombreux qu’ils veulent bien le laisser croire. D’après les sondages, le soutien à l'éolien se renforce même. En 2018, 73% des Français indiquaient en avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d'un parc éolien (Harris Interactive). En 2019, ils étaient 77% selon OpinionWay : la tendance est donc plutôt à un regard positif. Pourtant, des idées reçues ont la vie dure. Tour d’horizon :

Oui, les éoliennes font du bruit. C’est pour ça que leur implantation est interdite à moins de 500 m des zones d’habitation : à cette distance, ce bruit est peu perceptible, de l’ordre de 35 dB. Selon l’échelle du bruit de BruitParif, c’est l’équivalent d’une chambre à coucher. Et les progrès techniques ne cessent de réduire ce niveau.

Oui, les éoliennes modifient les paysages. Est-ce beau, ou moche ? La dimension paysagère doit être prise très en amont, par des modélisations photographiques rigoureuses. Elle peut même être intégrée à des schémas territoriaux. Après, à chacun d’en juger. Ces énergies nous libèrent d’une production d’électricité fossile et nucléaire, dont on a souvent tendance à oublier les impacts « moches » et réels, générés ici ou dans d'autres pays par leur utilisation, leur extraction et leur transport.

Oui, il peut y avoir un impact sur la biodiversité, comme toute activité humaine. C’est pourquoi leur implantation doit être réfléchie avec l’ensemble des acteurs locaux et des citoyens, planifiée, en premier lieu, pour éviter les impacts sur la biodiversité, notamment pour les espèces patrimoniales1. Une fois construits, les parcs doivent être suivis, modifiés si des impacts sont identifiés. Il est parfaitement possible d'avoir des parcs qui par leur emplacement et leur gestion génèreront des impacts réduits.

Par ailleurs, les composants des éoliennes sont recyclables à 90% et ce recyclage sera obligatoire d’ici à 2023. La réglementation prévoit déjà une provision pour le démantèlement de chaque éolienne.

L'éolien, un pilier incontournable de la transition énergétique

La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une multiplication par 2,3 de l'éolien terrestre d'ici à 2028, objectif ambitieux de plus de 30 GW, nécessaire pour assurer la transition énergétique. Pour cause : la France est bien pourvue en vent, elle possède le premier gisement d’éolien terrestre en Europe et a déjà installé plus de 16 GW. Energie inépuisable, fiable et prévisible, mature technologiquement, dont les coûts ont baissé jusqu'en dessous de ceux du nucléaire, vertueuse du point de vue environnemental (faible empreinte carbone, recyclabilité forte), l’éolien est considéré dans tous les travaux prospectifs de référence comme l’une des principales sources d’électricité renouvelable.

L’éolien ouvre en outre la voie à une dynamisation des territoires d’implantation, tant en termes d’emplois (18 000 emplois existent déjà sur l’ensemble de la filière) que de retombées économiques locales. En pleine crise sanitaire, l’éolien a de plus montré toute sa résilience en continuant de fournir une électricité renouvelable quand d’autres moyens de production d’origine fossiles ou nucléaire étaient à l’arrêt.

Éoloscope terrestre : un outil au service du développement de projets éoliens exemplaires

Compte tenu de ses objectifs de développement et de la part significative que l’éolien devra prendre dans le futur mix électrique, l’exemplarité doit être l’objectif de tous les projets de parcs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il est indispensable que les projets intègrent rigoureusement la prise en compte de l’environnement, de la biodiversité, de l’implication et de la participation des collectivités et des citoyens, et qu’ils soient planifiés à différentes échelles territoriales. Des exemples réussis existent déjà, c'est sur eux qu'il faut s'aligner !

Pour apporter des éléments de réponse et faciliter la mise en place des meilleures pratiques, France Nature Environnement a créé en début d’année l’Eoloscope terrestre. A la fois outil de dialogue territorial, d’aide à l'évaluation à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux intégrer les enjeux environnementaux dans leurs démarches, l’Eoloscope terrestre répond de manière concrète à la question : que faire lorsqu’un projet émerge sur son territoire ?

Découvrir l’Eoloscope terrestre

En créant cet outil, France Nature Environnement entend favoriser l'implication de tous les acteurs pour un développement responsable et exemplaire de la filière, bâti sur le dialogue, ainsi qu'un processus d'amélioration continue des pratiques et des connaissances. La réussite de la transition énergétique est de la responsabilité de toutes et tous.

1 Espèces protégées, menacées, rares.

> Voir le communiqué en ligne

[ AGRO-ALIMENTAIRE ] Les journalistes bretons marquent leurs premiers points dans la bataille pour la liberté d'expression

Créé le : 04/06/2020
Photo : Borko Manigoda / Pixabay

En Bretagne, un collectif de journalistes brise l'omerta liée à la difficulté d'informer sur la pollution provoquée par le secteur agro-industriel local1. Des engagements ont été pris par la Région, grâce aux actions entreprises par le collectif ces dernières semaines.

" Une chape de silence pèse sur l'information touchant le secteur agroalimentaire en Bretagne, et ce depuis des décennies. Nous venons d'y ouvrir une brèche, que nous allons continuer à creuser ". Le collectif de journalistes bretons Kelaouiñ se félicite ainsi des retombées positives et du nombre de soutiens recueillis ces derniers jours pour défendre la liberté d'expression face à l'agro-business breton.

Quatre représentant.e.s du collectif ont pu s’entretenir, le 29 mai dernier, avec Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, et Jean-Michel Le Boulanger, son vice-président à la culture et à la démocratie. Une avancée notable est à souligner : le président a proposé que la Région se désengagerait des entreprises et acteurs qui ne respecteraient pas les règles démocratiques, à commencer par la liberté d'informer. Le chantier d'un observatoire indépendant des libertés de la presse est également lancé en Bretagne.

> Lire le dossier de presse, le compte-rendu de la réunion et la lettre ouverte :

 

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