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Débat

Yannick Jadot, député européen EELV : "Sans Mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins"

Créé le : 27/10/2016
Crédit : FD / LMDP

Sans Transition s'est entretenu avec Yannick Jadot dans le cadre d'une rencontre organisée par Attac Marseille, mardi, pour la semaine de la transition citoyenne. L'occasion de parler du Tafta et de Notre-Dame-des-Landes avec le député européen du Grand-Ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Mais aussi de la primaire d'Europe Ecologie les Verts à laquelle il se porte candidat. 

Pourquoi rendre visite à Attac lors de la semaine de la transition ?

Nous affrontons aujourd'hui une telle urgence écologique, sociale, démocratique qu'il nous faut arriver à travailler ensemble. Je sais, au travers du combat que je mène contre le Tafta, que si nous avions pas la mobilisation des mouvements citoyens, des villes et des régions qui se sont déclarées "hors-Tafta", nous ne serions pas arrivés à faire bouger le parlement européen. Autre exemple : nous avons obtenu l'interdiction du chalutage en eau profonde. Or s'il n'y avait pas eu la mobilisation de l'ONG Bloom, une pétition rassemblant 900 000 signatures et l’engagement des réseaux militants-citoyens, nous n'aurions pas gagné. Sans mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins. Dans un même temps, en tant qu'élus, nos votes sont parfois la traduction politique et réglementaire de ces combats citoyens.

Le président Hollande a récemment déclaré vouloir faire sortir la France des négociations du Tafta. Avez-vous l'espoir que le projet soit enterré ?

Le projet et la négociation sont très enlisés parce que du côté européen, nous assistons à une mobilisation pour la défense de l'environnement, des services publics, des droits sociaux, de la santé, de l'agriculture ou encore de la protection des données personnelles. Et, de leur côté, les américains ne veulent pas lâcher leurs marchés publics qui favorisent intelligemment les PME et un certain nombre de secteurs économiques.

En revanche, je regrette profondément que le gouvernement soutienne le Ceta - projet d'accord de libre-échange avec le Canada. C'est en fait un autre Tafta qui va remettre en cause notre capacité à nous protéger. Mais aussi mettre à mal notre ce que l'on souhaite pour nos systèmes de santé, l'environnement, l'agriculture ou, tout simplement, pour notre démocratie.

Vous êtes élu du Grand-ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Vous connaissez bien le sujet de Notre-Dame-Des landes. Les résultats de la consultation de l'été dernier ont donné le "oui" gagnant. Est-ce que vous pensez que la mobilisation contre le projet peut continuer dans ce contexte ?

La mobilisation va continuer. Nous avons toujours dit que la consultation locale était biaisée et servait un objectif : obtenir un "oui". Nous menons toujours le combat sur place. Il faut encore expliquer que le bon-sens nous impose de ne pas faire cet aéroport, de conserver la biodiversité ainsi que les terres agricoles. Il faut ne pas favoriser de manière imbécile le transport aérien. Et puis, je tiens à souligner que la France reste mise en demeure par l'Union européenne car elle ne respecte pas les règles environnementales et les règles relatives aux projets. Donc, aujourd'hui, lorsque le gouvernement veut poser la première pierre de Notre-Dame-des-Landes, il est dans l'illégalité.

Vous vous présentez à la primaire d'Europe Ecologie les Verts. Qu'est-ce que la "transition" signifie pour le candidat que vous êtes ?

Pour moi, candidat, la transition c'est au fond donner le pouvoir aux citoyens. Il y a aujourd'hui partout, sur les territoires, des actions extraordinaires qui sont menées dans les domaines de l'alimentation, de l'agriculture, des transports, de l'école, des quartiers ou encore dans le secteur culturel. Mais, malheureusement, nous avons des dirigeants politiques qui passent leur temps à défendre le vieux monde. La transition, au fond, c'est le sens de ma candidature. C'est faire en sorte que la politique laisse la place aux citoyens qui font du bien à la société. Mais la transition c'est aussi permettre à la politique de contraindre les intérêts économiques néfastes pour la société.  

Pour ou contre la consommation de viande?

Créé le : 09/02/2016

Mal-être animal, violence de l’abattage, production de viande de médiocre qualité et élevage intensif néfaste à l’environnement : autant d’éléments pointés par les médias qui interrogent nos habitudes alimentaires. Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) datant de 2012, notre consommation de viande a diminué de 15 % entre 2003 et 2010. Une baisse qui s’est confirmée depuis. Si celle-ci est en partie imputable au prix des produits, elle est aussi à mettre en relation avec les questionnements éthiques et nutritionnels des consommateurs. 2 à 3 % des Français auraient fait le choix du végétarisme. D’autres préfèrent manger moins de viande et se tourner vers des produits de meilleure qualité.

POUR

Franck Ribière

Réalisateur du film Steak (R)évolution. Dans ce documentaire sorti l’année dernière, il fait le tour du monde en compagnie du boucher Yves-Marie Le Bourdonnec, à la recherche du meilleur steak du monde. Une ode à la bonne viande que le cinéaste considère comme un mets d’exception.

 

« La viande doit être un produit d’exception »

« Il faut continuer à consommer de la viande si cela apporte du plaisir. Mais en responsabilisant le consommateur. Cela passe par la mise en valeur du savoir-faire des acteurs de la filière. Parmi eux, le boucher possède un rôle-clef : il connaît son fermier, les différentes races et est à même de prodiguer des conseils à ses clients. La connaissance et l’apprentissage sont aussi fondamentaux. Il faut dispenser des formations autour du goût, dès l’école : les enfants ne savent plus faire la différence entre le sucré, le salé, l’amer... Nous avons perdu notre goût... Mais l’élevage intensif n’a pas d’utilité car nous ne nourrirons pas la planète avec de la viande. Nous n’avons pas besoin de manger de la viande pour vivre. En consommer doit être le fruit d’une envie. La viande doit devenir un produit d’exception réservé à des moments de partage et de convivialité. Depuis l’après Seconde Guerre m ondiale, nous mangeons de la viande quasiment tous les jours. Or, nous pouvons trouver des protéines dans d’autres produits, et notamment dans des végétaux. Nous devons avoir une réflexion globale sur la nourriture. Mais ça n’est pas le fait d’arrêter de consommer de la viande qui va changer les choses. Il faut surtout arrêter d’exporter ce qui n’est pas exportable. Et offrir aux éleveurs de meilleurs revenus en leur donnant les moyens de produire mieux, localement et de vendre leurs productions sans intermédiaire. Il faut aussi relancer les races locales et traditionnelles, adaptées à leur territoire d’origine. »

 

CONTRE

Dr Jane Goodall

À plus de 80 ans, la célèbre primatologue jane Goodall continue de mener son combat pour la défense de la biodiversité, notamment au travers de sa fondation créée en 1977. Son végétarisme est une façon de s’opposer aux méfaits environnementaux de l’agro-industrie. En ce sens, il émane directement de son engagement écologiste.

 

« Devenir végétarien pour le futur de la planète »

« Pour produire 1 kilo de soja, il faut 2 000 litres d’eau, un peu plus que les 1 900 litres nécessaires pour 1 kilo de riz. Il faut en revanche 3 500 litres pour 1 kilo de poulet et, pour ce qui est du bétail, 100 000 litres sont nécessaires pour 1 kilo de bœuf. En gardant ces chiffres à l’esprit, il me semble que la moindre des choses que nous puissions faire, si nous nous soucions du futur de la planète, est de devenir végétariens ou tout du moins de manger le moins de viande possible, et uniquement de la viande d’animaux élevés en plein air. L’ OMS, la FAO et d’autres organismes font d’ailleurs savoir qu’en vue d’une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement, il nous faudrait réduire sans tarder notre consommation de viande, en nous fixant pour but de manger 15 % de viande en moins d’ici à l’an 2020. La bonne nouvelle, c’est que la nourriture végétarienne ou végétalienne n’est pas seulement bonne pour l’environnement, le bien- être des animaux d’élevage ou notre santé, elle sait aussi être délicieuse si elle est cuisinée comme il se doit. J ’ai partagé tant de plats à vous faire saliver avec mes amis hindous en Tanzanie. Comme de plus en plus de personnes choisissent une alimentation végétarienne, les livres de recettes ne manquent pas. En plus, on ne vous regarde plus comme un drôle d’oiseau lorsque, dans un restaurant, vous demandez un plat sans viande. Tous les bons hôtels, restaurants et compagnies aériennes, proposent une variante végétarienne. »

>> Extrait du livre de j ane Goodall, Nous sommes ce que nous mangeons , éditions Actes Sud, février 2008, p.204-205

Plus d'infos

À voir : Steak (R)évolution, de Franck Ribière, avec Franck Ribière et Yves-Marie Le Bordonnec, novembre 2014, 2h10 min.

 

www.janegoodall.fr

PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : quels risques pour la santé ?

Créé le : 13/10/2017
Crédit : LMDP

Publi-rédactionnel 

Une conférence sur les perturbateurs endocriniens était organisée par Sans Transition !, Harmonie Mutuelle et l'Université de Bretagne Sud (UBS), le 12 octobre dernier, à Vannes. François Veillerette, porte-parole de l'association Générations Futures, est notamment intervenu lors de ces échanges. Retrouvez, ci-dessous, les points de vues et éclairages de plusieurs intervenants lors de l'événement. Bientôt en ligne : les vidéos des table-rondes (également à retrouver dans les émissions Sans Transition ! diffusées sur Tébéo et TébéSud) et cinq interviews complémentaires.

Virginie Malnoy, Directeur général adjoint en charge de la région Bretagne-Normandie Harmonie Mutuelle

« Harmonie Mutuelle, en tant qu’acteur de la protection sociale, milite pour un accès à la santé pour tous et souhaite donner la possibilité à chacun de maîtriser sa propre santé en développant la prévention. Pour cela, il est important d’informer le plus largement possible sur les risques inhérents à notre environnement et à nos comportements. La connaissance est la première étape pour permettre la prise de conscience puis la transformation des comportements. Pour cela, nous avons certes besoin d’actions collectives mais nous pouvons également agir de façon individuelle. Car n’oublions pas que nous sommes les premiers acteurs de notre santé et qu’en changeant nos propres habitudes, nous pouvons améliorer sensiblement notre qualité de vie sur le long terme. Les perturbateurs endocriniens sont un enjeu majeur de santé publique et il est ainsi important pour Harmonie Mutuelle de prévenir le grand public de l’impact de leur utilisation sur la santé. Il ne s’agit pas là de fustiger certains produits mais bel et bien de trouver des alternatives à leur recours. Et il en existe. Ces perturbateurs altèrent le fonctionnement de notre système hormonal et provoquent de nombreuses pathologies. Leur découverte est récente. Il est donc primordial de s’intéresser dès à présent à ce sujet pour se prémunir des complications futures, en ayant toujours à l’esprit qu’il vaut mieux prévenir que guérir. »

 

Chiffres clés :

• 1000 produits cosmétiques sur le marché contiennent des substances « préoccupantes », dont des perturbateurs endocriniens, selon l’UFC Que Choisir (2017)

• 600 pesticides autorisés contiennent des perturbateurs endocriniens, selon une liste diffusée par l’État, en juillet 2017

• 157 milliards d’euros par an : c’est le coût – estimé par 18 chercheurs en 2015 – des méfaits des perturbateurs endocriniens en Europe

 

Tribune - Dr LOUIS-JEAN CALLOC’H, médecin généraliste et conseiller santé pour Harmonie Mutuelle

« L’exposition répétée génère le risque ! » « Il faut informer les gens à propos des perturbateurs endocriniens. Car chacun risque d’être touché par ces pollutions environnementales. Si des dérivés de produits de synthèse se trouvent dans nos organismes, nous sommes porteurs d’une pollution intime. Il faut donc une pédagogie de santé publique sur ce sujet. Pour que les gens comprennent que, même si seuls quelques microgrammes de phtalates ou de bisphénols sont présents dans les plastiques, cosmétiques ou produits ménagers, c’est l’exposition répétée qui génère le risque. Ainsi s’explique le fait qu’on observe chez l’homme une hausse des maladies dégénératives, que des jeunes filles ont une puberté précoce, que l’on constate une baisse du taux de fécondité chez les hommes. »

 

Interview : « L’UBS traque les perturbateurs endocriniens »

Véronique Le Tilly est enseignante chercheuse en biologie à l’Université Bretagne Sud (UBS). Son laboratoire détecte les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques et autres produits finis.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Une substance pouvant modifier le fonctionnement du système hormonal. Celles-ci peuvent altérer le développement du foetus, la reproduction, le métabolisme et générer des cancers. Nous travaillons sur les perturbateurs à activité oestrogénique (oestradiol, hormone sexuelle femelle), présents dans les produits cosmétiques.

Dans quels types de cosmétiques les trouve-t-on ?

Les filtres UV des crèmes solaires peuvent être des perturbateurs endocriniens. Il faut éviter d’en mettre beaucoup. Les gels douche ou shampooings qui contiennent des émulsifiants ou conservateurs sont à éviter. Même s’ils ont tendance à contenir de moins en moins de perturbateurs endocriniens. L’utilisation de cosmétiques bio limite les risques.

Quels protocoles avez-vous mis en place pour repérer ces substances ?

Nous avons un outil cellulaire, un organisme génétiquement modifié, qui produit la cible cellulaire des perturbateurs endocriniens à activité oestrogénique. En leur présence, on observe une dérégulation cellulaire que nous mesurons. Nous possédons aussi un outil moléculaire qui mesure l’interaction directe entre ces perturbateurs et cette cible.

 

Changer ses habitudes pour une meilleure santé - par Harmonie Mutuelle

« Accompagner les gens tout au long de leur vie. » C’est la première promesse que fait Harmonie Mutuelle à ses adhérents. « De la naissance à la préparation de la retraite, nous proposons à nos adhérents de réfléchir sur leurs comportements », assure Robert Jaray, responsable de la prévention de la région Bretagne Normandie. Dans ce cadre, et à l’initiative des élus de la mutuelle, la prévention face au danger des perturbateurs endocriniens est abordée par différents programmes nationaux et locaux. « Le programme La Santé de votre enfant s’adresse aux parents, de la maternité aux six premières années de l’enfant. Il s’agit d’aider les familles à mieux connaître les produits ménagers, cosmétiques et alimentaires pouvant contenir des perturbateurs et de concevoir des produits avec des ingrédients sains (huiles essentielles, bicarbonate, vinaigre blanc…) », indique Robert Jaray. Le dispositif La Santé gagne l’entreprise aborde le sujet du « manger plus sain » (circuit court et produits locaux souvent moins manipulés et pollués). L’objectif ? « Faire comprendre à nos adhérents qu’en modifiant quelques habitudes, on peut avoir un gain important sur sa santé », résume Robert Jaray.

 

Zéro-phyto : le réseau Bruded précurseur

Les produits phytosanitaires (pesticides, engrais chimiques…) sont interdits dans les espaces publics depuis le 1er janvier 2017 par la loi « Labbé ». De nombreuses communes et intercommunalités du réseau Bruded ont banni ces substances contenant des perturbateurs endocriniens bien avant cette date fatidique. Bruded rassemble 140 municipalités et communautés de communes rurales engagées dans le développement durable. « Lors de la création du réseau, en 2005, des adhérents étaient déjà passés au zéro-phyto », indique Mikaël Laurent, salarié de la structure. Via le partage d’expériences permis par Bruded, les bonnes pratiques se diffusent. Végétalisation par des plantes couvre-sols, paillage ou invention de matériel de désherbage mécanique sont autant d’actions mises en place. Plouër-sur-Rance (22) a fait breveté la « Plouarsette », désherbeur monté sur un tracteur- tondeuse. Et Saint-Aubindu- Cormier (35) a végétalisé son cimetière avec un paysagiste. Une dynamique récompensée : une cinquantaine d’adhérents du réseau avaient reçu le trophée zérophyto lancé par la région Bretagne avant la loi Labbé.

 

PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : l’Europe à la croisée des chemins

Par François Veillerette, directeur de l’association Générations Futures

Aujourd’hui, tout le monde ou presque a entendu parler des perturbateurs endocriniens. Mais de quoi s’agit-il ? Ce nom barbare sert à désigner des substances chimiques ou métalliques qui, même à des doses très faibles, peuvent perturber le bon fonctionnement de notre système hormonal, appelé aussi système endocrinien. Problème : on s’aperçoit maintenant que ces substances sont présentes partout autour de nous. Dans les aliments que nous mangeons – car de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens –, dans les plastiques qui peuplent notre quotidien, dans notre mobilier, dans nos ustensiles de cuisine et jusque dans le maquillage que nous appliquons sur notre peau ! Si la découverte de ce phénomène est récente (elle remonte en gros au début des années 70), les connaissances scientifiques s’accumulent de plus en plus rapidement et montrent le lien entre l’exposition des organismes les plus sensibles (foetus, jeunes enfants…) à ces perturbateurs et une liste impressionnante de pathologies chroniques, comme certains cancers, des maladies du métabolisme, des difficultés d’apprentissage mais aussi des malformations génitales ou l’infertilité. Ces maladies ont un coût sociétal énorme : plus de 150 milliards d’euros par an en Europe ! Forte de ces nouvelles connaissances, l’Europe s’est dotée en 2009 d’une nouvelle réglementation sur les pesticides prévoyant de retirer du marché, a priori, les produits perturbateurs endocriniens pouvant impacter la santé humaine. Malheureusement, cette législation qui aurait pu constituer un réel progrès en matière de prévention sanitaire risque fort de ne produire que peu d’effets. Les critères techniques qui serviront à appliquer la législation adoptée début juillet exigent en effet un tel niveau de preuves que, dans les faits, bien peu de substances finiront par être réellement interdites. De plus, des dérogations à l’interdiction sont prévues ! La France, jusqu’alors à la pointe dans ce dossier, a changé de pied et a soutenu ces critères. Il nous faut donc toutes et tous continuer à interpeller nos responsables, pour que la menace réelle des perturbateurs endocriniens soit enfin prise au sérieux !

Aurélie Trouvé, Attac France : "Nous avons besoin d'une autre régulation politique et commerciale à l'échelle européenne".

Créé le : 25/08/2017
Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac, aux côtés de l'écologiste Yannick Jadot, le jeudi 24 août, à l'Université d'été européenne des mouvements sociaux- FD

Attac organise l'Université d'été européenne des mouvements sociaux à Toulouse, du 23 au 27 août. À l'heure où la montée des nationalismes continue de s'observer sur le vieux continent, Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac, estime qu'il faut plus que jamais promouvoir une autre Europe. Une Europe anti-libérale et à l'écoute des mobilisations sociales et citoyennes. Interview sonore.

 

ANNE-MARIE ROBIC, Société Protection Paysages et Esthétique de France : « LE PROJET DE PARC ÉOLIEN DANS LA FORET DE LANOUÉE (56) EST UN DÉSASTRE »

Créé le : 20/07/2017
Anne-Marie Robic, déléguée à la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France). Crédits photos : Sites et Monuments (SPPEF)

16 éoliennes de 186 mètres de haut érigées sur 331 hectares. Voici le plan prévu par la société canadienne Boralex sur la partie sud-est de la forêt de Lanouée (56), deuxième massif forestier breton. Des riverains (l'association Vent de Forêt) ainsi que des défenseurs de la biodiversité et des paysages (l'association Bretagne Vivante) mènent une lutte sans relâche depuis plusieurs années à l’encontre de ce projet. À l’image de Anne-Marie Robic, déléguée du Morbihan pour la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France) que nous avons interviewé.

Un engagement non sans résultat puisque le 11 juillet dernier, le tribunal administratif de Rennes a officiellement annulé ce projet de parc éolien industriel. Ce dernier avaitr été lancé en 2007 avec l’achat de parcelles par la société française Louis Dreyfus. Le chantier a ensuite été cédé à l'entreprise Boralex, en 2016. Depuis, plus d’une dizaine de socles éoliens ont été construits.

Pourquoi vous opposez-vous au projet de parc éolien au cœur de la forêt de Lanouée ?

Ce projet éolien a été initié au nom du développement durable. Mais c'est un désastre. On parle de machines de 186 mètres de haut, tout de même. Il a donc fallu créer des chemins pour les déplacer en abattant des quantités folles d’arbres. On était dans une ZNIEFF (Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, ndlr) en raison de sa richesse écologique. C’était un réservoir de biodiversité qui abritait 60 espèces protégées ! Et ces travaux ont un impact direct sur la vie animale du territoire. Toutes les grenouilles ont été décimées. Quand les camions sont arrivés, les oiseaux ont foutu le camp. Il y avait 16 espèces de chiroptères (chauves-souris, ndlr) dont 5 qui étaient inscrites à la Directive Européenne « Habitat-Faune-Flore ». C’est une richesse faunistique exceptionnelle. Mais avec les vibrations dans le sol causées par les machines, tous les animaux de terre se sont enfuis. C’est triste à voir. À terme, la forêt finira peut-être en désert animalier.

 

Sur 16 éoliennes, environ 13 socles ont déjà été installés. Comment se fait-il que les permis soient annulés alors que les travaux sont sérieusement engagés ?

C’est en partie la faute des constructeurs. Une fois que les permis de construire ont été délivrés en février 2014, on a immédiatement déposé des recours. Non pas un, mais six (autorisation d’exploitation, dérogation aux espèces protégées, défrichement, …). Tant que l’affaire n’est pas exemptée de tout recours, ils ont pris un gros risque en commençant les travaux. Un risque qui s’élève à 64 millions d’euros ! Sachant que le tribunal administratif de Rennes reconnaît que la nature, les sites et les paysages naturels sont d’intérêt public, Boralex n’aurait jamais dû y toucher. Il est vrai que l’affaire a un peu traîné … Du coup, quand la constitution des socles a commencée en 2017, on a lancé un référé. Ce jugement en urgence a validé la suppression des travaux. Par la suite, Boralex a annoncé sa volonté de faire appel. On part pour une bataille juridique qui peut encore durer trois ou quatre ans. Un long combat au bout duquel on demandera la remise en état du site avec reboisement et destruction des socles. Le juge a retenu plusieurs arguments en notre faveur dans chaque recours ! Donc on est très confiants sur la suite des opérations.

Pourquoi s’opposer à l’éolien alors que nous savons que la transition énergétique est aujourd’hui nécessaire ?

Je sais qu’on a encore du mal avec cette vision là. Et pourtant, ce n’est pas avec des engins d’une telle puissance que l’on va résoudre les problèmes qui ont été causés par l’industrialisation, les énergies fossiles, et autres. On ne résout pas des dégâts provoqués par des machines, par d’autres machines. C’est avec des moyens à échelle humaine que le problème va pouvoir être traité. Pas avec ces instruments éoliens géants ! L’éolien représente uniquement 4% de notre consommation énergétique totale. Ce n’est donc pas une énergie rentable. Je n’ai pas de recette miracle à apporter, je ne suis pas compétente à ce niveau-là. Mais je défends les paysages et je connais la loi qui les protège. Tout ce qui m’importe est la sauvegarde de notre biodiversité. Moi qui ai 66 ans, je ne verrai plus jamais la forêt comme elle l’a été. C’est un bouleversement.

Plus d’infos :
La SPEEF
L'association Vent de forêt
L'association Bretagne Vivante
La société Boralex
La société Louis Dreyfus

LE GROUPE THAI UNION S'ENGAGE CONTRE LA PÊCHE ILLÉGALE ET LA SURPÊCHE

Créé le : 13/07/2017
Pêche de thons. Crédits : Pixabay

Suite à de longues tractations de Greenpeace, Thai Union, géant mondial des produits de la mer et maison-mère de Petit Navire, accepte de limiter ses recours aux dispositifs de concentration de poissons (DCP) et d’améliorer les conditions de travail des salariés. 

La pêche industrielle du thon utilise les DCP car ils lui permettent de capturer 50% de ses quotas annuels en moyenne. Ce système de pêche intensive composé de radeaux déployant des dizaines de mètres de filets, piège aussi des espèces protégées (tortues, requins, raies, mammifères marins, …).

Vidéo de Greenpeace diffusée le 25 avril 2016

Après deux années de campagne à l’encontre du grand groupe, Greenpeace, annonce avoir gagné une bataille contre Thai Union. La pétition que l’association de protection de l'environnement a lancée il y a maintenant deux ans, a récolté plus de 140 000 signatures. Suite à cette mobilisation, Thai Groupe assure prendre des mesures afin de fournir une plus grande quantité de thon pêché durablement.

Réduction de moitié de l’usage des DCP par les fournisseurs du groupe au niveau mondial, augmentation de 50 % de l’offre de thon pêché sans DCP sur tous les marchés approvisionnés, renforcement du système de traçabilité du thon, extension du moratoire sur le transbordement en mer … Ce sont les applications que Greenpeace déclare avoir obtenu de la part de l’entreprise thaïlandaise de pêche et de transformation de produits de la mer.

Greeanpeace demeure tout de même sur ses gardes : « Nous restons vigilants quant à la mise en œuvre de toutes ces mesures. Nous avons d’ailleurs établi un plan de suivi précis et daté pour évaluer l’atteinte des objectifs que Thai Union s’est fixés », indique l'ONG dans un communiqué.

Plus d’infos :
Résumé des engagements de Thai Union
http://www.thaiunion.com/
https://www.greenpeace.fr/

INTERVIEW - UNE ASSOCIATION S'OPPOSE À UN PROJET DE COMPLEXE IMMOBILIER AU PIED DU VENTOUX

Créé le : 22/06/2017
C'est au pied du Mont Ventoux que l'entreprise Vanhaerents Development prévoit la construction d'un complexe hôtelier. Des acteurs locaux s'y opposent. Crédits : Julien David

Construire un complexe hôtelier au pied du Mont Ventoux (84) : c’est l’ambition de Vanhaerents Development. La filiale du groupe belge Artes prévoit d’installer hôtel de luxe et lotissement de villas en bordure du bourg de Malaucène (84), près de la chapelle et de la source du Groseau, ainsi qu’à l’emplacement d’une ancienne papeterie. Le site est pourtant classé, et le projet est contesté dans la région. Plusieurs associations s’y opposent et ont déposé des recours à la mairie, et entendent poursuivre l’affaire au tribunal administratif. Parmi celles-ci, l’association de protection du patrimoine de Malaucène (SPAM) organise un pique-nique d’information destiné aux citoyens, le 24 juin prochain. Jean-Alain Mazas, président de l’association et résidant de Malaucène, est très hostile au projet. Interview.

Pourquoi êtes-vous opposés au projet immobilier de Vanhaerents Development ?

Pour plusieurs raisons. La plus importante à mon sens, c’est que c’est un espace naturel à protéger, que ce soit pour son patrimoine naturel ou historique. Le Vallon du Groseau est une des trois entrées sur le Ventoux, c’est un endroit magnifique. Nous avons fait faire une analyse paysagère pour le site, qui a été caractérisé « paysage singulier et remarquable », et la zone de la chapelle et de la source du Groseau a été classée zone archéologique sensible par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles, ndlr). Ensuite, c’est un secteur sur lequel il faut être vigilant pour la biodiversité. Nous avons beaucoup d’oiseaux, de truites, de chauves-souris… Il y a également le fait que c’est un lieu traditionnel de rencontre pour les gens de Malaucène : beaucoup de pique-niques se font près de la source du Groseau. Enfin, nous ne pensons pas non plus que le projet participera au développement économique de Malaucène, comme il est avancé par l’entreprise. Il est par exemple prévu que des commerces soient construits directement dans le complexe hôtelier. Cette réalisation ne bénéficiera donc pas aux commerçants du village. Nous aimerions que le secteur soit protégé et aménagé au profit des habitants de Malaucène.

Quelles démarches avez-vous effectuées ?

Nous avons fait deux recours auprès de la mairie. Le premier porte sur la modification du Plan d’Occupation des Sols (POS, document d’urbanisme qui organise les zones urbaines ou à urbaniser et qui protège les zones naturelles, ndlr), que nous contestons. Cette modification transforme notamment les terrains classés « zones industrielles » en « zones touristiques » pour le projet. Dans ce recours, nous contestons également le caractère d’utilité publique du projet, en évoquant son absence d’utilité économique, le paysage remarquable, l’archéologie, etc.

Le second recours porte quant à lui sur le Plan Local d’Urbanisme (PLU, document d’urbanisme qui définit la destination générale des sols, ndlr). Nous y évoquons sensiblement la même chose, avec d’autres questions, comme par exemple le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT, document d'urbanisme de conception et de mise en œuvre de la planification intercommunale, ndlr).

Nous allons déposer ces deux recours au tribunal administratif début juillet. Nous avons des arguments solides, et je pense que nous pouvons gagner. Nous avons également fait circuler deux pétitions, une « papier » et l'autre numérique, et avons récolté en tout près de 2500 signatures.

Quelles sont les positions des élus locaux et du préfet ?

Les élus considèrent qu’il s’agit d’un bon projet, qui apportera beaucoup de bien à Malaucène. Ce projet immobilier constitue pour eux la solution au « problème de la papeterie ». Mais je pense qu’il faut que ce soit un développement qui profite à tout le monde, pas seulement à l’entreprise qui veut s’implanter. Quant au préfet, il est favorable au projet, et nous n’avons eu aucune réaction de sa part après les pétitions.

Vous organisez un pique-nique samedi, qu’en attendez-vous ?

Le Plan d’Occupation des Sols et le Plan Local d’Urbanisme ont été faits très rapidement, et sans débat, si bien que les citoyens n’ont pas eu le temps d’être informés ou de se mobiliser. Le pique-nique, qui aura lieu samedi midi à la source du Groseau, sera l’occasion d’informer la population sur les recours que nous avons faits à la mairie, et d’expliquer quels sont les points sensibles qui font que nous refusons ce projet. Le but est que les habitants prennent conscience de la question. C’est un sujet qui suscite déjà un intérêt important parmi les Malaucéniens.

Vous parliez d’aménager le secteur au profit des habitants de Malaucène. Que proposeriez-vous à la place du projet immobilier ?

L’idée serait de ne rien construire sur les secteurs de la source et de la chapelle du Groseau, qui, pour nous, sont à protéger. Et nous pourrions restaurer les hangars de l’ancienne papeterie pour en faire des salles de spectacle, ou un centre aéré, par exemple. Nous avions proposé que la mairie rachète le terrain pour aménager les hangars et protéger le reste du secteur, mais elle a refusé.

Plus d'info : vallondugroseau.fr

N'AUTRE CAMPAGNE : LES ELECTIONS 2017 VUES PAR LES MEDIAS LIBRES

Créé le : 20/04/2017

Soupçons de corruptions, de détournement d'argent public et (éternelle?) montée de l'extrême droite : bienvenue dans la campagne présidentielle de 2017 ! La coordinations permanentes des Médias Libre – qui regroupe journaux, webmédias, TV et radios indépendantes et citoyennes – vous a concocté un site internet rempli d'articles et contenus multimédias qui proposent un autre regard sur la campagne. Vous y trouverez notamment une contribution de Sans Transition ! : une interview du politologue Stéphane François, spécialiste de l'extrême droite. Ce dernier a répondu à nos questions sur les liens qu'entretien le Front national avec l'écologie et l'économie sociale et solidaire (ESS);

DECOUVREZ ICI LES DEUX CARNETS DE N'AUTRE CAMPAGNE.

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Le 9 mars à Saint-Malo : La société civile espère une Bretagne en transition citoyenne

Créé le : 08/03/2017

Par Autiv 35, Bretagne Vivante, CANE, COBEN, Culture Bio, Dynamique Transition Bretagne, Eau et Rivières de Bretagne, Energies Citoyennes en Pays de Vilaines, Fédération Bretagne Nature Environnement , Groupe Mammalogique Breton, Hozho, IVINE, Maison de la Consommation et de l’ Environnement, Nature & Culture, Réseau Cohérence, Univer sité Terres & Mers, URCPIE

Suite à la COP 21 et aux accords de Paris , la Région et la Préfecture de Région ouvrent le 9 mars à Saint-Malo un espace de construction collective avec le Carrefour des Transitions.

Nos associations saluent cette initiative unique en France et souhaitent y apporter leurs contributions afin d’engager dans la transition toutes les strates territoriales et sociales jusqu’ aux citoyens.

L’inscription de la région Bretagne dans ce processus est un symbole fort qui, nous le souhaitons tous, sera à la hauteur des enjeux.

Sensibles à la proposition de « contribuer à la réussite de cette démarche de c -construction», les associations signataires se sont réunies le 17 février dernier afin de définir les modalités de contribution et/ou de l'engagement de la société civile bretonne à la COP régionale.

Ce travail inter-associatif nous a conduits à identifier les demandes suivantes qui , selon nous, conditionnent la réussite de cette COP Régionale :

  1. Organiser une gouvernance ré unissant l’ensemble des parties prenantes, en un conseil structuré en six collèges : syndicats de salariés, entreprises, associations, Collectivités territoriales, État et citoyens. Ce conseil aura vocation à co -construire le processus qui doit aussi s’inscrire dans la durée et s’ouvrir à la participation et l’ engagement de tous et notamment des jeunes.

  1. Organiser une transversalité nécessaire des thématiques de la Cop Régionale avec l’économie, (y compris l’agriculture), le social , la culture et la formation.

  1. Définir des orientations et de s engagements clairs, d’actions concrètes et d’expérimentations avec les moyens associés (financier s avec les subvention ou l’éco-conditionnalité, humains…)

  1. Donner à voir ce qui existe dé jà, faciliter l’essai mage des bonnes pratiques notamment en utilisant les outils numériques.

Signataires :

Autiv 35, Bretagne Vivante, CANE, COBEN, Culture Bio, Dynamique Transition Bretagne, Eau et Rivières de Bretagne, Energies Citoyennes en Pays de Vilaines, Fédération Bretagne Nature Environnement, Groupe Mammalogique Breton, Hozho, IVINE, Maison de la Consommation et de l’Environnement, Nature & Culture, Réseau Cohérence, Université Terres & Mers, URCPIE

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