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Kilti, « Amap culturelle », arrive à Montpellier

Créé le : 25/04/2018
Les sac Kilti sont remplis de denrées culturelles - DR

Recevoir des paniers garnis de photos originales, de sérigraphies ou encore de places de spectacle. C'est ce que propose Kilti. Après Lille, Bruxelles, Paris, Strasbourg, Metz et la Martinique, l'association et ses sacs remplis de trésors culturels débarquent à Montpellier.

« Le principe s'inspire de celui des Amap. Tous les trois mois on est invité à une soirée durant laquelle les artistes ou les structures partenaires remettent leurs objets culturels aux personnes les ayant commandés », indique Julie Zamorano, coordinatrice de Kilti Montpellier. « L'idée est de soutenir les créateurs locaux qui n'ont pas toujours les moyens de s'exprimer et qui peuvent éprouver des difficultés à vivre de leur art. Mais il s'agit aussi de permettre aux gens d'accéder à l'art autrement que par la consommation en leur permettant de rencontrer celles et ceux qui se trouvent derrière les créations. C'est une véritable valeur ajoutée », défend cette passionnée de culture et de littérature de 35 ans.

De l'art en circuit court

Les premiers paniers montpelliérains seront livrés le 7 juin prochain, à 19h, à la galerie la Jetée. Un thème réunit les œuvres et propositions artistiques qu'on y trouvera : « Eros ». « Ce qui permet d'aborder l'amour et l'érotisme à la fois », explique Julie Zamorano. Des stickers réalisés par de jeunes illustratrices, une photo, un bon pour une visite guidée insolite, un autre pour un atelier d'écriture biographique et une place pour le festival What the fest ? de Vendargues seront glissés dans des sacs ornés d'un dessin sérigraphié réalisé par un artiste local. Deux formules existent : une à 25 euros comprend une œuvre de chaque type (un dessin, une sortie...) et un panier à 49 euros en comprend deux de chaque. Des abonnements à l'année sont aussi proposés par Kilti au tarif de 180 euros. Ils permettent de bénéficier, tous les trois mois, d'un sac grand format (45 euros au lieu de 49, donc). Les boulimiques de découvertes en tout genre doivent s'inscrire en ligne sur le site de l'association. Le nombre d’œuvres éditées est équivalent à celui des commandes. Qui sait, le futur Pierre Soulage se cache peut-être dans un sac de Kilti ?

Plus d'infos : http://kilti.fr/ et www.facebook.com/kilti.montpellier/

Victor-Hugo Espinosa, Ecoforum : « Nous demandons une cartographie de l'habitat insalubre »

Créé le : 15/11/2018
Vue de Marseille - Crédit : Pixabay

Victor-Hugo Espinosa est ingénieur, expert en risques majeurs. Il anime Ecoforum, collectif marseillais dédié à l'environnement, à la solidarité et au cadre de vie. L'association plaide pour la création d'une cartographie transparente de l'habitat insalubre dans la cité phocéenne.

Suite à l'effondrement des immeubles, rue d'Aubagne, le 5 novembre dernier, Ecoforum a organisé une conférence, le lundi suivant. Pour quelles raisons ?

Il s'agissait d’abord d'être solidaire avec les victimes et leurs familles. Je suis intervenu en tant qu'expert sur la prévention des risques. L'architecte Marc Jolivet et le géologue Marc Villeneuve sont respectivement intervenus sur les question liées à l'état des bâtiments et à la nature des sols. L'objectif était de formuler des propositions pour éviter que le pire ne se reproduise.

 

Quelles sont ces propositions ?

Nous avons d'abord proposé la création d'ambassadeurs des risques. Ce type de fonction existe déjà dans le cadre des risques d’inondations. Des personnes sont missionnées par les municipalités pour indiquer aux habitants comment se mettre en sécurité.

Des ambassadeurs pourraient être spécialement dédiés aux risques liés à la dégradation de l'habitat. Ils pourraient par exemple se rendre dans des squats ou des des immeubles délabrés. Et informer les personnes sur l'état réel de leur habitation, leur dire si elles devraient quitter l'immeuble... Il faut développer une culture du risque partout. Il ne s'agit pas de faire peur au gens, mais de développer un sens du risque.

 

Vous plaidez aussi pour une cartographie détaillée des points noirs de l'habitat à Marseille...

Oui. Nous demandons aux pouvoirs publics que soit réalisée une cartographie de la ville, dans laquelle seraient représentés les secteurs et immeubles qui posent problème. Ce document devra être transparent et accessible à tous les citoyens. Il pourrait comporter une sorte d'échelle de la dégradation allant de l'habitat en bon état, jusqu'à celui qu'il faut démolir, en passant pas celui sur lequel il faut faire des travaux.

Cette cartographie pourrait être réalisée par des experts. Mais citoyens et associations pourraient être partie-prenante de sa conception. Il faut également expliquer au gens comment repérer des éléments de dégradations : fissures, portes qui ne ferment pas...

Nous rappelons par ailleurs que la non-assistance à personne en danger relève du droit pénal. Nous demandons à ce que soit mieux définie la responsabilité, entre celle des pouvoirs public, des syndic, des marchands de sommeil. Il faut sortir de cette approche où tout les monde est responsable mais où, au final, personne n'est coupable !

 

 

 

[ COMMUNIQUÉ ] L'Union Solidarité Laïque, soutient les sinistrés de l'Aude

Créé le : 18/10/2018

Les intempéries qui ont touché le département de l’Aude ont fait plusieurs victimes et causé des dégâts considérables ainsi que des milliers de sinistrés. L'union Solidarité Laïque lance un appel aux dons d’urgence pour apporter soutien et réconfort aux enfants du département. Les dons serviront à assurer des activités périscolaires et à financer des kits de loisirs, du petit matériel sportif et créatif.

13 morts, des milliers de sinistrés, des dégâts matériels importants, notamment dans les écoles et les centres de loisirs, tel est le bilan des intempéries qui se sont abattues sur le département de l’Aude.

Solidarité Laïque apporte d’ores et déjà son aide sur le terrain en lien avec ses partenaires qui gèrent des centres éducatifs sur place.

Pour mieux répondre aux besoins, elle lance dès aujourd’hui un appel aux dons d’urgence destiné à accompagner les enfants victimes de ces intempéries.

L’ESPER, la Ligue de l’enseignement, des syndicats enseignants ont déjà rejoint la mobilisation. Elles seront rejointes par d’autres organisations membres de Solidarité Laïque liées à l’économie sociale et solidaire et à l’éducation populaire qui feront prochainement connaître leur engagement.

Cet appel à dons permettra

–        d’apporter un soutien de première urgence aux familles victimes des intempéries

–        d’aider les structures éducatives touchées et d’apporter un soutien aux activités pédagogiques

–        de proposer des activités de loisirs et de réconfort aux enfants traumatisés par ces inondations

–        d’équiper en kits sportifs et créatifs

Vigne de Cocagne : de la solidarité par grappes

Créé le : 08/10/2018

Par François Delotte et Célia Pousset

Elle s’inspire des fameux Jardins de Cocagne, qui emploient des personnes en insertion dans des exploitations maraîchères. La première Vigne de Cocagne de France a été inaugurée cette année, près de Montpellier. Reportage, en pleines vendanges.

Un chemin de terre traverse les vignes pour mener à un antique corps de ferme au toit de tuiles rondes. Des cagettes pleines de généreuses grappes violettes rythment les rangs. Par endroits, des têtes émergent de cette étendue verte. Dans la parcelle, on s’active pour ramasser les fruits au plus vite. 

La saison des vendanges bat son plein dans le massif de la Gardiole. Et, à première vue, rien ne distingue les sept hectares du Mas Mirabeau, situé à Fabrègues, une quinzaine de kilomètres à l’est de Montpellier, des autres domaines alentour. Pourtant, une saveur inédite parfume déjà cette cuvée 2018...Inaugurée en juin dernier, mais opérationnelle depuis décembre 2017, l’exploitation est la première Vigne de Cocagne de France. Elle applique à la viticulture les principes des Jardins de cocagne (cf. encadré), et devient une exploitation maraîchère employant des personnes éprouvant des difficultés d’insertions professionnelles.

Former et accompagner

Les parcelles viticoles s’insèrent dans un ensemble de 220 hectares appartenant à la ville de Fabrègues. Cette dernière délègue leur gestion à la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Vigne de Cocagne, via un bail de fermage. « Nous partons d’un constat simple : le secteur du vin a du mal à recruter localement des professionnels expérimentés. Et ce, alors que le taux de chômage peut atteindre 15 % par endroit dans le département », expose Pauline Chatin, entre deux pieds de vigne, sécateur à la main, lunettes de soleil et chapeau vissé sur la tête.

Les vignes du domaine sont situées dans le secteur naturel sensible du massif de la Gardiole, secteur confronté à la pression de l’urbanisation. © F. Delotte

La jeune femme de 33 ans est à l’origine du projet. Elle est aussi la gérante de la coopérative. Après avoir effectué une reconversion professionnelle en obtenant un BTS viticulture et œnologie, cette ancienne consultante en développement durable a voulu concilier sa passion du vin et la solidarité. « Des personnes ont besoin de reprendre confiance en elles. Nous voulons les accompagner en leur offrant une formation complète », poursuit Pauline Chatin.

Céline, 25 ans, a rejoint l’équipe fin août. Cette paysagiste de formation, originaire du Territoire de Belfort, a elle aussi souhaité se réorienter dans les métiers de la vigne. Elle est à ce jour la seulesalariée en insertion du groupe. « Je viens d’une région viticole et le sujet m’a toujours intéressé. Après avoir travaillé quatre ans dans le paysage, je ne voyais pas de perspectives d’évolution dans cette branche », raconte-t-elle. Le temps de trouver sa voie, Céline est passée par l’usine. Short et chaussures de rando aux pieds, elle débute son contrat sur les chapeaux de roue, en pleine période de ramassage des grappes. « Le travail physique ne me fait pas peur, mais je voulais faire quelque chose qui ne soit pas monotone. Puis j’aime bien être à l’extérieur », assure-t-elle, enthousiaste.

« Un public qui peut être fragile »

Le Mas Mirabeau accueille des travailleurs en contrat d’insertion depuis décembre dernier. Ces contrats, de deux ans maximum, sont rémunérés au Smic et financés pour moitié par l’État1. Des chômeurs de longue durée peuvent y prétendre ou encore des jeunes sans-emploi de moins de 26 ans. Pauline Chatin ne cache pas qu’il peut y avoir du mouvement : « Un autre salarié va nous rejoindre la semaine prochaine et nous souhaiterions en recruter un troisième. Depuis décembre, deux autres personnes ont déjà tenté l’aventure avec nous, avant de partir. Ces risques font partie du projet, car nous travaillons avec un public qui peut être fragile. »

L’idée est justement d’offrir une sécurité aux individus en leur « apprenant toutes les étapes du travail du vin, de la taille à la cave, en passant par le labour et les vendanges », explique Jean-Charles Thibault, chef de culture de la Scic. Ce professionnel aguerri de 48 ans a, avant tout, le souci de transmettre sa passion, quelle que soit la personne en apprentissage. « Je n’ai pas le sentiment de faire de l’insertion », affirme-t-il. Néanmoins, au fil des semaines, il découvre les parcours souvent accidentés de celles et ceux qu’il encadre : difficultés professionnelles, familiales ou de santé. « Quelques fois, les personnes se confient. Cette écoute fait partie du travail. Il faut repenser la place de l’humain dans l’agriculture », glisse-t-il.

Travailleurs saisonniers, Manon et Alexandre participent à ces premières vendanges. © F. Delotte

La place de l’environnement au sein des pratiques agricoles fait aussi partie des sujets de réflexion. À l’image des herbes folles qui poussent dans les rangées de vignes, la vie reprend petit à petit ses droits à Mas Mirabeau. « Nous avons hérité d’un vignoble qui, auparavant, était exploité de façon intensive, avec usage de pesticides et recours à de trop nombreux labours qui fatiguent les sols », décrit Pauline Chatin. « Nous avons logiquement fait le choix de la certification bio », poursuit-elle. Une démarche qui dure trois ans, au bout de laquelle l’exploitation pourra obtenir le précieux label. Mais la Vigne de Cocagne ne s’arrête pas là. Les salariés Mirabeau doivent passer obligatoirement le brevet permettant de conduire un tracteur, sésame nécessaire à une insertion durable dans le secteur. Cependant, le recours à la mécanisation, qui peut abîmer les pieds de vigne, est limité. Ainsi, les six ou sept saisonniers employés pour les vendanges ramassent les grappes à la main, armés de simples sécateurs. La garantie d’obtenir des grains de bonne qualité. « Cela me plaît. Nous travaillons dans le respect de la nature, tout en visant la qualité plutôt que la quantité », déclare Céline, près d’une caisse remplie de belles grappes de Merlot. 

De la décharge à l’agroécologie

Cette approche environnementale s’insère dans un projet plus vaste de reconquête de la biodiversité. Durant les années 2000, la communauté d’agglomération de Montpellier souhaitait implanter une décharge sur le site. Un projet fortement contesté par les habitants, réunis en association (Les Gardiens de la Gardiole) et par la municipalité de Fabrègues. La mobilisation a payé car, en 2011, le projet a été abandonné. Le terrain a alors été laissé à l’abandon, avant que le projet de Pauline Chatin ne soit adopté par la mairie, en 2016. La ville a profité de l’occasion pour reprendre la main sur ces terres, situées au cœur du site naturel sensible de la Gardiole. Signe de l’évolution de son positionnement, Montpellier Méditerranée Métropole est devenu partenaire du projet. « Il a été décidé de faire de Mirabeau une vitrine de l’agroécologie. Un site destiné à montrer qu’agriculture et biodiversité sont compatibles », commente Pauline. 

La coordination de la gestion globale du site a été confiée au Conservatoire des espaces naturels du Languedoc-Roussillon (CEN-LR), association de protection de la nature. Plusieurs espèces emblématiques du massif de la Gardiole ont été recensées. Parmi elles, « l’ail petit moly, la magicienne dentelée — une sauterelle — ou encore le lézard ocellé… », énumère Pascal Cauchois, chargé de gestion écologique au CEN-LR. La régénération d’un écosystème équilibré et résilient sera soutenue par un projet d’agroforesterie, avec la présence d’ovins. Des haies abriteront des auxiliaires de l’agriculture, évitant l’usage de produits chimiques sur les cultures. En plus de l’oliveraie déjà présente, des figuiers, des grenadiers et d’autres arbres seront plantés.

Céline, 25 ans, est embauchée via un contrat d’insertion. L’occasion de se former à un nouveau métier. © F. Delotte

D’ici 2019-2020, un maraîcher et un éleveur de moutons devraient rejoindre l’aventure. Le site sera alors ouvert au public avec, à terme, la création d’une guinguette, et même d’un gîte rural ! Côté vin, la première cuvée « Cocagne » devrait être mise en vente sur place ou dans quelques magasins de produits locaux, d’ici le printemps prochain. « Nous espérons pouvoir produire 25 000 bouteilles de rouge et de rosé bénéficiant de l’indication géographique protégée Collines de la Mourre », témoigne le chef de culture, Jean-Charles Thibault. Patience... 

1Outre la participation de l’État (Direccte - Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), Vigne de Cocagne bénéficie du soutien de la Commune de Fabrègues, du Département de l’Hérault et de la Région Occitanie. Mais aussi de fondations comme la Fondation Macif, la Fondation AG2R La Mondiale, la Fondation Caritas, la Fondation Daniel et Nina Carasso, la Fondation Lemarchand, la Fondation RTE, et la Fondation Immochan.


Un projet inspiré des Jardins de Cocagne

Comme son nom l’indique, la Vigne de Cocagne de Fabrègues est inspirée du fonctionnement des Jardins de Cocagne. Ces derniers sont des exploitations maraîchères biologiques d’insertion sociale et professionnelle. Principalement portées par des associations, elles proposent des contrats de travail à des personnes de tous âges rencontrant « des difficultés d’ordre professionnel, social ou personnel », indique le réseau des Jardins de Cocagne, sur son site internet. « Les Jardins de Cocagne permettent à ces personnes de retrouver un emploi et de (re) construire un projet professionnel et personnel », peut-on lire. Mais un autre volet du projet est de promouvoir une alimentation saine et locale. Les productions sont distribuées à des « adhérents-consommateurs » sous forme de paniers bio hebdomadaires.

Circuits courts

Vigne de Cocagne est adhérent au Réseau de Cocagne. « Cela suppose pour nous de proposer des parcours d’insertion à des personnes éloignées de l’emploi », indique Pauline Chatin, gérante de Vignes de Cocagne. « Il nous faut aussi respecter le cahier des charges de l’agriculture biologique et commercialiser majoritairement notre production en direct et via les circuits courts », continue-t-elle. Ainsi, le vin de Vigne de Cocagne sera disponible en vente directe au domaine ou dans des commerces de proximité. À noter : il est aussi possible de réserver dès aujourd’hui des bouteilles de la cuvée 2019 sur le site suivant : https://bluebees.fr/fr/project/454-vigne-cocagne

Plus d’infos : www.reseaucocagne.asso.fr

[INTERVIEWS] - Attac : 20 ans de lutte pour un autre monde

Créé le : 08/10/2018
Annick Coupé, secrétaire générale d'Attac, à Montpellier, le 27 septembre dernier - FD

Attac a 20 ans. Un anniversaire que célèbre l’organisation altermondialiste, dans le cadre de conférences-débats et de manifestations culturelles, un peu partout en France. Notamment à Marseille, au théâtre Toursky, le 29 septembre dernier, et à Montpellier, au café associatif la Carmagnole, le 27 septembre. Rencontre avec l'économiste Dominique Plihon, porte-parole d'Attac, et avec Annick Coupé, secrétaire générale d'Attac, connue notamment pour son engagement syndical.

Dominique Plihon : « Sans le mouvement social, il n'y aura pas de transition »

Dominique Plihon est économiste. Il est porte-parole d'Attac depuis 2013. Il revient avec nous sur les principaux combats d'Attac, association d'éducation populaire qui se bat pour une « autre mondialisation ».

 

 

Annick Coupé : « Les mots de ce qui est Attac »

Annick Coupé est secrétaire générale d'Attac France. Nous l'avons rencontrée à l'occasion d'une conférence-débat organisée le 27 septembre dernier, dans le cadre des célébrations des 20 ans d'Attac. Elles nous a notamment présenté L'abécédaire engagé, un livre qui vient de paraître aux éditions Les Liens qui Libèrent. Et qui revient mot après mot sur 20 années de mobilisations, d'« altermondialisme » à « zapatisme ».

 

 

À lire : L'abécédaire engagé, D'altermondialisme à zapatisme, Attac, 160p., 20 euros

 

Cantal - Un toit et un emploi pour les mal-logés d’Île-de-France

Créé le : 25/09/2018
Depuis 2014, « Un toit, un emploi » propose à des Franciliens précarisés et mal-logés de s’installer dans le Cantal, à Aurillac. © Ville d’Aurillac

Par Sonia Reynes

À Aurillac, dans le Cantal, le programme « Un toit, un emploi » permet à des habitants d’Île-de-France de rompre avec le mal-logement et d’habiter dans des appartements proposés par un bailleur social. Le gain pour le territoire ? De la main-d’œuvre, là où plusieurs professions sont en tension.

« Entre juin 2015 et décembre 2017, grâce à ce projet, nous avons accueilli à Aurillac vingt-et-une familles, soit quarante-huit personnes, adultes et enfants », détaille Pascal Polonais, chef de service d’Aurore à Aurillac. Né il y a environ quatre ans, le programme « Un toit, un emploi » part d’une double réalité. D’abord, le constat du mal-logement en Île-de-France : « 36 000 personnes sont hébergées tous les jours à l’hôtel par le SAMU social », rappelle Jean-François Roux, directeur administratif et financier de Polygone. Ensuite, à plusieurs centaines de kilomètres de là, à Aurillac dans le Massif central, « nous sommes quasiment au plein emploi, avec un taux de chômage inférieur à 6 % », explique Pascal Polonais. Cependant, la population active est en baisse et les métiers du bâtiment, des transports et de l’hôtellerie sont en tension et manquent de main-d’œuvre.

L’association d’insertion Aurore et le bailleur social Polygone se sont associés pour résoudre ce problème : ils proposent à des Franciliens de s’installer à Aurillac et les...

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OCCITANIE - Un habitat participatif dans mon jardin

Créé le : 09/09/2018
Le groupe de la coopérative d'habitants Lez'Coop et des adhérents à l'association Casalez © F. Brau

Par Florence Brau

C'est un projet novateur, écologique et solidaire auquel donne vie une coopérative d'habitants dans le périurbain montpelliérain. Casalez, l'ancienne propriété d'un des coopérateurs, sera rénovée et agrandie pour accueillir 10 foyers, des espaces communs et un bâtiment de services d'intérêt local, hors du schéma immobilier classique. Une initiative qui voudrait être un exemple d'urbanisme durable.

À première vue, Casalez est une villa comme les autres à l'entrée de Prades-le-Lez, à 10 km au nord de Montpellier. Le portillon entrouvert laisse apercevoir un vaste jardin, des arbres, un bout de potager. À l'intérieur, la coopérative d'habitants Lez'Coop, officiellement propriétaire des lieux depuis le printemps, tient sa réunion bimensuelle dans la salle commune appelée « CasaTous ». Entre un coin lecture et une cuisine d'appoint, ils définissent et conçoivent leurs logements et espaces collectifs. Autrement dit l'habitat participatif qui prend corps à cette adresse depuis que Bruno, 57 ans, le propriétaire historique, a décidé de transformer sa demeure « trop grande, mal isolée, consommatrice de foncier » en un projet plus vertueux. Car l'homme, un temps élu sur une liste « écologique et sociale » dans l'opposition municipale, assume son militantisme : « je veux faire de la politique chez moi, tous les jours. Si chacun rend meilleur son coin de jardin, la terre ira mieux ». C'était il y a quatre ans. Aujourd'hui coopérateur au même titre que les autres, il vit toujours à Casalez avec sa petite dernière en garde alternée. Un...

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Rennes : Une cagnotte solidaire en librairie

Créé le : 01/08/2018
Crédits : EliFrancis, Pixabay

A la librairie La Nuit des Temps, une cagnotte solidaire est désormais mise en place dans le cadre de l'initiative "Les Suspendus de Rennes". L'objectif ? Permettre aux personnes défavorisées d'acheter des livres.

 

 

 

 

Pour un livre de poche neuf, il faut compter entre six et dix euros, ce qui n'est pas à la portée de tous les revenus. Mais à la librairie La Nuit des Temps, quai Emile Zola, aux bords de la Vilaine, on peut désormais participer à la cagnotte solidaire mise en place dans le cadre de l'initiative "Les Suspendus de Rennes". A chaque fois que dix euros sont récoltés, la librairie émet un bon d'achat à destination des personnes qui n'auraient pas les moyens de s'acheter un livre. Les bons d'achat sont ensuite à demander au moment du passage en caisse.

Un réseau dynamique

La librairie rejoint le réseau des commerces "suspendus" de Rennes, qui compte des cafés, des boulangeries et des petits commerces. Ce principe de consommation solidaire a été développé dans la capitale bretonne par l'association "La Maison des Citoyens de Rennes". Ainsi au Mange-Disque (rue Vasselot) par exemple, vous pouvez commander un café pour vous, et un deuxième qui sera "suspendu", c'est-à-dire mis en attente, pour quelqu'un d'autre.  

 

 

Montpellier : Un dessin animé « inclusif » co-construit avec des enfants sourds

Créé le : 10/07/2018
Le dessin animé pour tous en cours d'élaboration
Le studio d’animation Les Fées spéciales de Montpellier (34) a accueilli des élèves sourds et malentendants de CM1 pour mettre au point une série animée « inclusive », en langue des signes universelle. Retour sur cette première phase d’expérimentation qui s’est déroulée du 3 au 5 juillet.

 

Tout le monde s’est rassemblé autour d’une grande télé, dans les ateliers des Fées Spéciales, studio d’animation montpelliérain organisé en société coopérative. C’est l’heure du visionnage du making off de trois jours de production expérimentale d’un nouveau projet :  une série animée inclusive, adaptée aux personnes sourdes et malentendantes. Parmi les spectateurs se trouvent trois élèves de CM1 de la classe bilingue (Langue des Signes Française/ français écrit) de l’école Paul Blet de Poitier. Ils ont participé au travail de développement du dessin animé en prêtant leurs corps aux personnages, grâce à la technique de motion capture.

 « Cette série est destinée à un public familial, autant sourd qu’entendant », explique Carolina Cascajares, chargée de production. Dans l’histoire, basée sur un texte de l’écrivain Anthonio Rodriguez Yuste, les personnages signent en même temps qu’ils parlent. Une première, selon Carolina Cascajares : « Il n’existe pas de dessin animé de la sorte. Nous ne voulons pas nous contenter des petites vignettes en bas de l’image qui traduisent les paroles. » Les productions audiovisuelles sont généralement inadaptées aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : « Les sous-titres ne sont pas une solution car les sourds sont fréquemment analphabètes ou ont des difficultés pour lire en français ». Sans compter le rythme souvent trop rapide du défilée des dialogues écrits…

 

Dans le studio des Fées Spéciales- le 5 juillet 2018

Dernière séance de travail de la résidence au studio d'animation des Fées Spéciales © CP

 

De la langue des signes française à l’universalité

Face à la caméra, les enfants sourds ne communiquent pas dans leur langue maternelle, la langue des signes française (LSF), mais en langue des signes universelle, qui n'existe pas encore mais est en cours d'élaboration. « C’est très différent », souligne Cathy Cotreau, professeure de français en langue des signes à l'école Blet de Poitier, « les gestes sont nouveaux pour les élèves. » Elle accompagne Manon et Célia dans cette aventure avec les Fées Spéciales. « Il a fallu se familiariser avec le sens de l’histoire, les élèves ont commencé par l’apprendre par cœur en LSF », précise l’enseignante. Le passage d’une langue à l’autre n’a pas été simple. Aline Marck, également professeure et accompagnatrice du projet, se souvient : « A l’école, lorsque les élèves ont montré à leurs camarades la première scénette où ils mimaient la construction d’un château de sable, personne n’a compris. Pourtant sensibles au langage du corps, ils y ont vu une histoire de cuisine ! » Au studio des Fées, les apprentis comédiens ont dû accentuer leur jeu et leurs expressions. 

L' expérience de co-construction d’un dessin animé international a permis aux élèves de l’école de Paul Blet de rencontrer de nombreux professionnels, dont le comédien Anthony Guyon qui leur a prodigué de nombreux conseils de jeu. Manon et Célia tirent un bilan enthousiaste : « Nous n’avons jamais vu de graphistes, c’est inédit ! », « J’ai beaucoup aimé avoir été filmée pendant trois jours ! » Aline Marck, leur enseignante, assure que la découverte du monde de l’animation peut faire naître des vocations : « Les personnes sourdes ont de grandes compétences visuelles. »

Cette résidence de trois jours est une première étape du développement de cette série animée. Les Fées Spéciales doivent encore œuvrer pour trouver le style et la technique d’animation qui permettent la compréhension universelle d’une histoire, par-delà les frontières et les langues.

 

 

 

La première « Vigne de Cocagne », inaugurée près de Montpellier

Créé le : 28/06/2018
Pauline Chatin et Jean-Charles Thibault : l'équipe de "Vigne de Cocagne"

La « Vigne de Cocagne », première exploitation viticole d’insertion de France, a ouvert ses portes au public le 22 juin dernier. C’est au mas de Mirabeau, à Fabrègues près de Montpellier, que l’entreprise d’insertion sociale et professionnelle a débuté son activité il y a six mois, en décembre 2017. 

Du vin écolo et social

vigne de cocagne

Le Mas de Mirabeau - CP/LMDP

« Nous accompagnons et formons, pour l’instant, deux personnes éloignées de l’emploi au travail de vitiviniculteur », résume Pauline Chatin, fondatrice de « Vigne de Cocagne ». Alors que la métropole de Montpellier projetait à l'origine de faire du terrain une décharge, la municipalité de Fabrègue a trouvé dans l’initiative de la trentenaire un moyen de revitaliser un ancien vignoble, en état de quasi-abandon.  Épaulée par le chef de culture, Jean-Charles Thibault, elle nourrit une double ambition : faire du domaine un lieu de vie sociale et biologique riche. Circuits courts, conversion en agriculture bio, agroforesterie…  Les objectifs de cette petite entreprise, membre du réseau des Jardins de Cocagne, sont nombreux. La mutation du vignoble, au pied du massif de la Gardiole, est accompagnée par le Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc-Roussillon. L’objectif est de régénérer les sols, agressés par des années de traitement chimiques des vignes, et de recréer un écosystème résilient. Premières vendanges cet automne...

 

Isabelle Waryn, ouvrière viticole, découvre un nouveau métier - CP/LMDP

 

Reportage à venir dans l'édition papier de Sans Transition! Occitanie...

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