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Social

LA RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE AU SERVICE DU CONFORT D'ÉTÉ

Créé le : 13/06/2017
Le Rendez-vous de la rénovation énergétique en PACA, à Aubagne (13)

L’été arrive à grands pas et les épisodes de grande chaleur avec lui. Le Rendez-Vous de la Rénovation Energétique en Provence-Alpes-Côte-D’azur (Paca), organisé le 8 juin dernier à Aubagne (13), évoquait justement l’importance de prendre en compte les caractéristiques du climat méditerranéen afin de rénover les bâtiments de manière efficace.

Cinq millions. C’est le nombre de ménages français touchés par la précarité énergétique, c’est-à-dire consacrant plus de 10% de leurs ressources financières à leurs dépenses énergétiques primaires (chauffage, eau, etc.). Disposant de faibles ressources et étant souvent concernés par le mal-logement, les ménages les plus modestes sont aussi les plus touchés par ce phénomène. Phénomène qui n'est pas sans conséquences sanitaires. Comme l’exprime Philippe Michaud, directeur de l'ALEC (Agence Locale de l'Energie et du Climat) de la métropole marseillaise, « une personne en situation de vulnérabilité énergétique aura tendance à faire des choix économiques qui auront un impact sur sa santé ». N’ayant pas les moyens de payer des factures de gaz ou d’électricité, ces ménages utiliseront par exemple un chauffage au pétrole, moins coûteux, mais nocif. Car, lors de sa combustion, ce type de chauffage dégage des gaz néfastes (monoxyde de carbone, carbonique, oxydes d’azote, dioxyde de souffre) pouvant être à l’origine de troubles sanitaires.

Coup de chaud en Paca

Alors que 22% de la population française souffre de cette forme de précarité, elle concerne 12% des ménages en PACA. Un écart qui s’explique par les différences de températures ; la partie nord de l’hexagone rencontre des difficultés énergétiques principalement en hiver, ce qui est moins le cas pour les régions méridionales. Cependant, on sous-estime bien souvent l’impact des chaleurs méditerranéennes dans les dépensesen énergie . « Il est évident que le froid rigoureux pousse les personnes à rénover. Sauf qu’ici, nous sommes confrontés à la problématique de la chaleur. Et lorsque l'on isole un bâtiment, nous le faisons aussi bien pour nous prémunir du chaud que du froid », précise Stéphanie Le Maître, ingénieur à l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie). Et en région PACA, le confort d’été est loin d’être accessible à tous. En effet, les ménages n’ayant pas les moyens de s’isoler du froid sont aussi ceux qui souffrent de la chaleur

Penser l'habitat selon le climat

Afin de réduire cette surchauffe rendant un logement inconfortable, des solutions simples existent (améliorations végétales ou d’aménagement, réflexes d’aération, …). Toutefois, dans le parc ancien, des travaux visant à réduire la consommation énergétique des bâtiments s'impose souvent. Une rénovation énergétique destinée à lutter tant contre le froid que contre la chaleur estivale, caractéristique du climat méditerranéen. Pour faire face aux couts de ces investissements, les propriétaires, bailleurs ou non, peuvent bénéficier d’appuis techniques et financiers de la part d’instances nationales et régionales comme, l’ADEME ou l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat), ou encore les collectivités territoirales. Crédit d’impôt, TVA à taux réduit, prêts favorables, les aides aux démarches de rénovation énergétique sont nombreuses, et, pour certaines, spécifiquement dédiées aux ménages modestes. La plupart s'adresse aux propriétaires mais aussi aux locataires (Crédit d'impôt pour la transition énergétique, Eco-prêt à taux zéro, TVA à 5,5%, ...) Pour en savoir plus, n'hésitez à faire un saut dans l'Agence locale de l'énergie la plus près de chez vous !

Plus d’info : 

www.alecmetropolemarseillaise.fr

www.ademe.fr/

http://www.anah.fr

www.economie.gouv.fr/particuliers/aides-renovation-energetique


Précarité énergétique : quelles spécificités en PACA ?

La répartition intra-régionale des situations de précarité énergétique en PACA est hétérogène. En effet, plus on s’approche du littoral, moins elle se fait sentir, du fait de températures croissantes. Ce qui explique sa plus faible importance dans cette région. Toutefois, « les causes de cette précarité sont plus fortement liées aux déplacements », indique Isabelle Tretout, cheffe de l'unité Qualité des bâtiments à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). En effet, sur les 12% des Provençaux en situation de précarité énergétique, seuls 5,5% le sont à cause de problématiques liées à l'habitat. Pour les 7,7% restants, ce sont les dépenses en carburant qui pèsent le plus dans leur budget.

 


Trois questions à Florence Rosa, présidente d'Envirobat Méditerranée

« Il faut arrêter de gaspiller l'énergie »

À l’occasion du Rendez-vous de la Rénovation Énergétique en Provence-Alpes-Côte d’Azur le 8 juin dernier, nous avons rencontré Florence Rosa, présidente d’Envirobat Méditerranée. Ce réseau coordonne les acteurs professionnels du bâtiment et de l’aménagement afin de proposer des outils adaptés à la transition énergétique et écologique en climat méditerranéen. Florence Rosa revient avec nous sur les enjeux de la rénovation énergétique en Paca.

 

Comment  adapter  les travaux de rénovation énergétique au climat méditerranéen ?

En travaillant ensemble avec des experts sur tous les aspects : la qualité des matériaux pour une bonne qualité de l’air, la ventilation, l’analyse de l’environnement, les potentiels existants du bâtiment, l’énergie bien évidemment, mais l’eau également. Pour le territoire et le site, il est important de travailler sur les espaces extérieurs en méditerranée. Il faut réfléchir à l'intégration de patios, à la place de l’ombre dans les jardins, à l’implantation des arbres par rapport à la taille et aux formes de leurs  feuilles, … Par exemple,  il ne faut pas planter un arbre à feuilles persistantes côté sud car en hiver, il masquerait le soleil. Par contre, on peut plus aisément mettre des arbres à feuilles caduque au sud de façon à ce que, en été quand les feuilles repoussent, un masque solaire protecteur se forme. Si nous ne réfléchissons pas à l’orientation du bâtiment et à la pénétration du soleil dans les différents volumes, la structure risque de se trouver rapidement confrontées à de graves problématiques de confort.  Une baie vitrée plein ouest sans protection solaire, dans nos climats c’est catastrophique.

Quelles sont les bénéfices pour l’usager souhaitant faire cette démarche de rénovation énergétique ?

Dans une maison ou un appartement, on a toujours besoin de faire des travaux, de s’approprier son logement, son bureau. C’est important de se dire qu’on va le faire en pensant à la baisse des consommations énergétiques, ce qui impliquera une baisse des factures de gaz ou d'électricité. Pourtant, ce qui motive surtout les usagers, notamment les particuliers, ce ne sont pas les économies d’énergie. Mais c'est avant tout de se faire plaisir, d'embellir son bâtiment et d'être fier de sa rénovation complète et globale. Or il faut aujourd'hui arrêter de gaspiller l'énergie. Cela passe par une modification de  nos modes de vie. C’est presque un petit projet de société. Car tout le monde est concerné par l’aménagement, le bâtiment et par l'organisation des villes. A partir du moment où la société civile  se met en mouvement, on peut réaliser de grandes choses.

Selon vous, pourquoi est-il impératif d'initier cette démarche de rénovation énergétique ?

Elle est tout simplement nécessaire parce que le secteur du bâtiment représente 40 à 45% des émissions  de gaz à effet de serre en France. C’est énorme ! En quinze – vingt ans, les démarches environnementales n'ont pas dépassé 10% des rénovations de bâtiments. Ça ne bouge pas assez vite. Il y a encore un travail énorme à effectuer. C’est important que, à tous niveaux, d’autres acteurs et professionnels  nous rejoignent dans cette dynamique. Ce processus humain de progression est d’une grande richesse et c’est ce qui nous a fait réagir. Envirobat est dans une optique d’accompagnement, d’économie sociale et solidaire pour créer des outils qui répondent à un véritable besoin : celui des enjeux de demain, pour répondre à une planète dans laquelle nos enfants pourront vivre.

 

Plus d’info :

www.envirobatbdm.eu

Catherine Berger, incubateur LR Set : « Le dialogue est la colonne vertébrale du bien-être des salariés »

Créé le : 12/06/2017
Pixabay

Connec’sud est le rendez-vous des entreprises innovantes soucieuses d’améliorer leurs performances. Il se tenait à Montpellier, les 7 et 8 juin. À cette occasion, Catherine Berger, directrice de LR SET, incubateur spécialisé dans l’accompagnement de projets et d’entreprises du secteur sportif et du tourisme, et membre de Synersud (réseau régional des incubateurs d’entreprises innovantes), est intervenue dans le cadre d'une table ronde consacrée à la qualité de vie au travail dans les entreprises innovantes.

Comment les incubateurs peuvent-ils accompagner les jeunes entrepreneurs dans une démarche de qualité de vie au travail ?

Avant, la capacité du chef d’entreprise à s’adapter et à innover avait beaucoup plus d’importance que la qualité de la vie au travail. Mais aujourd’hui, celle-ci est essentielle dans l’image que les entreprises renvoient. On ne peut plus seulement se focaliser sur l’aspect économique, et occulter les problématiques managériales. Dans le sport par exemple, il est très important que la dimension du plaisir soit prise en compte. Et LR SET, de par son activité dans ce domaine, est au cœur de cette problématique. Nous accompagnons les entreprises avant, pendant, et 36 mois après leur création, avec la volonté de favoriser le bien-être des salariés. Pour cela, il faut donner du sens, et sensibiliser au dialogue, aux échanges. C’est important, à la fois pour communication externe et interne de l'entreprise.

Quels sont les dispositifs que vous mettez en place pour aider les entreprises à améliorer la qualité de vie au travail de leurs personnels ?

Nous pensons que la qualité de vie au travail passe par une montée en compétence. C’est pourquoi nous proposons des formations, dans plusieurs domaines. Il y a par exemple la gestion du personnel ; nous sensibilisons et formons aux nouvelles méthodes de management, plus respectueuses et bienveillantes. Dans le sport, il y a beaucoup de startups, c’est un environnement en mouvement. Il faut donc que le management évolue en permanence, tout en garantissant la qualité de vie au travail. Les sportifs ont beaucoup d’activités en dehors de leur emploi, et il faut s’adapter à leurs situations. Nous mettons en place des systèmes d’évaluation et des enquêtes de satisfaction, pour mesurer l’impact de notre action, mais aussi pour habituer les entreprises à prendre en considération les retours de leurs salariés. En termes de communication, nous mettons en place des temps collectifs au sein de l’entreprise.

Comment une structure comme LR SET travaille-t-elle à l’amélioration du bien-être de son propre personnel ?

Nous sommes sensibilisés à ces pratiques managériales. Nous pensons que le dialogue est la colonne vertébrale du bien-être des salariés, alors nous avons mis en place des temps en collectif, des temps d’échanges informels, comme des déjeuners par exemple. Nous avons également institué une sixième semaine de congés payés, et l’arrêt maladie de nos salariés est payé dès la première journée. Nous nous adaptons aux rendez-vous médicaux et personnels de nos employés, et, pour ceux qui ont des enfants, leurs horaires sont adaptés aux mercredis par exemple.

Plus d'infos : www.lrset.org

PODCAST – BÉZIERS : NABUCHODONOSOR, UN COLLECTIF QUI CHANGE LA VILLE

Créé le : 30/05/2017
Le BarNabu, café associatif du collectif biterrois Nabucho - FD

Festivals, associations, café-citoyens, accueil des personnes migrantes, collectif féministe  : depuis quelques mois – voire quelques années – la ville de Béziers voit se développer de nombreuses initiatives citoyennes orientées vers le vivre-ensemble. Des initiatives bien loin des provocations de Robert Ménard, maire d'extrême droite proche du Front national. Avec Sans Transition Occitanie !, nous avons rencontré certains de ces acteurs associatifs dans le cadre d'un reportage à découvrir dans le dernier numéro du magazine, disponible en kiosque et en ligne.

 

 

Le collectif Nabuchodonosor, invité de l'émission Sans Transition ! sur FM Plus

Nous avons notamment fait la connaissance du collectif Nabuchodonosor, qui anime un café associatif au cœur de Béziers. Trois de ses membres (Virginie, Anthony et Jean-François) étaient les invités de la dernière émission que nous animons chaque mois sur la radio montpelliéraine FM Plus. Un programme à (ré)écouter ci-dessous.

À noter dans vos agendas : Nabuchodonosor organise sa grande fête participative annuelle, le Grand Nabucho, le 1er juillet prochain. Plus d'infos à venir sur la page Facebook du collectif.

INSERTION SOCIALE : LA QUESTION CRUCIALE DE LA MOBILITÉ

Créé le : 26/04/2017
© Céline Cammarata

Sur les territoires ruraux comme dans les zones urbaines, la mobilité est un facteur essentiel d’insertion sociale. Comment travailler, se soigner ou accéder aux services publics lorsqu’on est isolé car non mobile ? Des associations ont pris le problème à bras-le-corps et proposent des parcours complets et sur-mesure à ceux qui en ont besoin. Quand bouger ouvre des portes…

 


La mobilité pour tous, c'est possible

 

Démonstration éclatante qu’à tout problème sa solution, l’auto-école sociale toulousaine « Être mobile, c’est permis » (EMCP) a étudié précisément la question de la mobilité, frein à l’insertion sociale. Une prise en charge globale en découle. Les stagiaires réussissent dans la joie et la bonne humeur et renouent avec le succès.

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L'AUTRE BÉZIERS

Créé le : 26/04/2017
© François Delotte

Festival, immeuble associatif, cafés et médias citoyens : depuis quelques années, le centre-ville de Béziers voit se développer de beaux projets autour des solidarités, de l’écologie, de la lutte contre les discriminations et du vivre ensemble. Un fourmillement bien loin des frasques hyper-médiatisées du maire (proche du FN) Robert Ménard…


Des hordes de migrants n’ont pas déferlé dans les paisibles rues du centre-ville de Béziers, comme le laissait entendre une campagne de communication orchestrée à l’automne dernier par la municipalité d’extrême droite, dirigée par Robert Ménard (proche du FN). En revanche, certaines personnes ayant été contraintes de fuir leur pays sont effectivement accueillies par l’antenne locale de la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués), installée à deux pas des vastes allées Paul-Riquet. « Nous gérons un Cada (Centre d’accueil de demandeurs d’asile). Nous disposons de 50 places d’hébergement dans nos locaux. Mais nous avons récemment reçu un agrément de l’...

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UNE GÉNÉRATION EN QUÊTE D'EMPLOIS…

Créé le : 26/04/2017
© Justine Carnec

En 2012, le candidat François Hollande annonce qu’il sera le président des jeunes. Sa priorité en la matière étant l’emploi. À l’époque, 21,1 % des jeunes actifs bretons et 23,6 % des jeunes actifs français sont au chômage. Garantie jeune, Emplois d’avenir, soutien aux jeunes entrepreneurs, les mesures déployées ne manquent pas. Pourtant les chiffres actuels sont plus hauts : 22,6 % pour la Bretagne (2015) et 24,2 % pour la France (2016). Alors quelle a été l’efficacité réelle de ces dispositifs ? Réponse en Bretagne.

 


GARANTIE JEUNES ET EMPLOIS D’AVENIR : QUEL BILAN ?

« Je veux lutter contre la précarité des jeunes. J’offrirai à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation, d’apprentissage ou un service civique », déclarait François Hollande en 2012. À la fin de son mandat, nous donnons la parole aux jeunes Bretons pour dresser le bilan de deux...

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ENFANCE : GUÉRIR DE LA VIOLENCE

Créé le : 26/04/2017
© Margaïd Quioc

Le 1er mars dernier était rendu public le premier plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants. L’occasion de regarder d’un peu plus près ce qui peut être engagé pour venir en aide aux enfants victimes de violences intrafamiliales. En France, 145 000 enfants sont confiés à l’Aide sociale à l’enfance, parfois pour avoir subi ce genre de traumatismes. Parmi eux, quelques-uns sont accueillis dans des lieux qui oeuvrent, notamment par le biais de l’art-thérapie, pour leur reconstruction. Focus en Provence.



L’ART-THÉRAPIE au service de la résilience

Comment aider des enfants victimes de violences au sein de leur famille à reprendre une vie normale ? Depuis 20 ans, l’association Prema, basée au Pradet dans le Var, accompagne ces enfants sur le chemin de la résilience. Par le biais d’ateliers d’art-thérapie, l’équipe éducative les amène à mettre leurs maux en mots. Reportage.

 
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ORANGE RÉSISTE

Créé le : 26/04/2017
© J-L Andrzejewski

Par Marie-Alix Detrie

À Orange, ville du Vaucluse de 30 000 habitants gouvernée par l’extrême droite depuis 1995, le nombre d’associations subventionnées par la mairie est passé, en 20 ans, de 181 à 51. Mais bien qu'affaiblie par le poids d'un pouvoir municipal qui la presse, la société civile orangeoise résiste toujours.


Devant le Centre social Pierre Estève, Karima tire fort sur sa clope. Sa collègue vient lui montrer ce qu’elle a bricolé pour un atelier de prévention. « Ah ouais super ce dessin, j’adore ! » Encore quelques taffes, elle écrase sa cigarette et rentre. Ici, dans le quartier de l'Aygues, à deux kilomètres d’un centre-ville joliment pavé, il n’y a rien, si ce n’est les quelques couleurs des graffitis qui décorent la façade du centre social, le dernier encore ouvert à Orange. Mais, à l'intérieur du bâtiment, l'effervescence est à son comble. Cinq mères du quartier, bénévoles. Elles s’impliquent parfois dans l’aide aux devoirs. Ce samedi, elles préparent un repas qui...

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Jean-Paul Benoit, Mutualité Française : « Vers une coopération sanitaire ! »

Créé le : 06/03/2017
Crédit : Mutualité française

PUBLI-RÉDACTIONNEL par La Mutualité Française

La Mutualité Française a lancé en décembre 2016, placedelasante.fr,un site participatif qui invite tous les citoyens à venir poser leur question ou interpeller les candidats à la présidentielle. Ce site décrypte aussi les programmes des candidats au travers de 8 thématiques portant sur la santé et la protection sociale dont l’accès aux soins. Tribune de Jean-Paul Benoit, Président de la Mutualité Française Paca sur la situation de l’accès aux soins dans notre Région

En Paca, ce ne sont pas les médecins qui manquent. Pourtant, à y regarder de près, plusieurs territoires doivent faire face à des déserts médicaux ?

Jean-Paul BENOIT : Si l’on considère la moyenne régionale, PACA est plutôt bien dotée en médecins. Néanmoins, ce chiffre cache de fortes disparités. Les territoires alpins et ruraux, ainsi que certaines zones péri-urbaines connaissent des pénuries très préoccupantes. De plus, l’âge moyen des médecins libéraux est élevé et le remplacement des départs en retraite est quasi impossible dans les zones peu attractives. A la question des déserts médicaux s’ajoute celle de l’accessibilité financière aux soins. En fonction des spécialités, il est des secteurs géographiques où il n’y a plus de médecin respectant les tarifs de la sécu.

Est-ce une fatalité ou peut-on dépasser cette situation contrastée ?

Jean-Paul Benoit : Tous les candidats à la présidentielle proposent d’augmenter le numerus clausus*. Il est vrai qu’à trop le fermer on décourage les jeunes qui souhaitent devenir médecins. Mais cette mesure ne suffira pas. Les nouveaux médecins ne veulent plus de l’exercice isolé de la médecine en cabinet libéral. A la sortie des études, seul 1 sur 10 s’installe en libéral. Ils ne veulent des conditions professionnelles de leur prédécesseur : le praticien seul, disponible 24/24, travaillant 14h/ jour, ne disposant pas d’un plateau technique performant, qui gagne, certes, bien sa vie mais n’a plus de vie personnelle... Ce n’est plus leur vision du métier, ni la médecine qu’on leur enseigne en fac de médecine. Heureusement des solutions existent pour faire évoluer les conditions d’exercice et garantir l’accès aux soins de premier recours sur tout le territoire.

Quelles sont-elles ?

Jean-Paul Benoit : Il faut mettre en place les conditions d’exercice de la médecine du XXI e siècle : une pratique en équipe pluridisciplinaire, la possibilité de recourir à des plateaux techniques de qualité. Les centres de santé ou les maisons de santé sont des structures adaptées à ces exigences. Les centres qui peuvent disposer de plateaux techniques lourds, salarient leurs médecins, ce qui correspond aussi à une aspiration forte chez les jeunes. De par leur taille, ces structures sont bien adaptés aux zones péri-urbaines. Les maisons de santé sont plus légères. Elles regroupent des professionnels libéraux. Elles peuvent être implantées dans les zones de population moins dense. Leurs limites en équipements techniques et couverture des spécialités peuvent être compensées par un adossement aux hôpitaux locaux. Les médecins qui exercent pourraient ainsi se voir proposer des contrats de salariés à temps partiel à l’hôpital. Ils y retrouveraient les conditions techniques et collectives d’exercice pour lesquelles ils ont été formés. Les spécialistes hospitaliers pourraient, quant à eux, assurer des consultations avancées dans ces maisons de santé. Il s’agit de casser le mur entre la médecine de ville et l’hôpital pour tendre vers une coopération de l’ensemble du système de santé sur chaque territoire. Je ne crois pas aux mesures coercitives d’installation des médecins. Je reste persuadé que la solution est dans l’amélioration des conditions d’exercice. Pour cela, une concertation entre tous les acteurs de l’organisation de soins est nécessaire afin d’aboutir à un maillage territorial satisfaisant.  


 

Le 21 février, la Mutualité Français a invité cinq candidats à l’élection présidentielle – Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Benoît Hamon, Yannick Jadot et François Fillon – qui sont venus préciser leurs programmes en santé et protection sociale, au Palais Brongniart, à Paris, lors du rendez-vous Place de la Santé. Retour sur cet événement, en vidéo. 

 

Plus d'infos :

https://www.mutualite.fr/la-mutualite-francaise/le-mouvement-mutualiste/les-congres/placedelasante/

https://www.placedelasante.fr/

Magazines: 
FERMES URBAINES : une agriculture d'avenir ?

Agriculteur, un métier dangereux pour la santé

Créé le : 06/03/2017
Crédit : Pixabay

Par France Nature Environnement

Cette semaine, le Salon International de l’Agriculture est à nouveau à Paris. Outre une rencontre avec Fine (une belle pie noire bretonne, coqueluche du Salon) ou des dégustations de fromages et de vins, vous pouvez rencontrer les agriculteurs. En France ils représentent plusieurs centaines de milliers d’hommes et de femmes. Leur métier est compliqué mais aussi dangereux pour leur santé compte tenu notamment des produits qu’ils manipulent et respirent. Point sur les maladies professionnelles agricoles.

Qu’est-ce qu’une maladie professionnelle ?

Il existe des tableaux qui recensent les maladies professionnelles. Pour que les maladies soient reconnues comme telles, l’intéressé doit prouver son exposition au risque sur son lieu de travail. Chaque tableau indique la description de la maladie, le délai de prise en charge (c'est-à-dire le délai maximal entre la fin de l'exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie), les travaux susceptibles de provoquer l'affection en cause et, pour certaines affections, la durée d'exposition au risque.

Plus de soixante maladies professionnelles agricoles reconnues en France

Parmi la liste des maladies professionnelles reconnues, on trouve les Hémopathies malignes et la maladie de Parkinson provoquées par la manipulation de pesticides ou encore les troubles digestifs, respiratoires et vasculaires (Affections provoquées par la manipulation de fongicides et insecticides phosphates, pyrophosphates et autres organo-phosphorés). Les agriculteurs peuvent également être confrontés à des altérations des fonctions cognitives, à un ralentissement psychomoteur ou à un trouble de la mémoire… Ces affections sont engendrées par la manipulation de produits d’entretien ou de produits pharmaceutiques.

Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement rappelle : « pour protéger la santé des agriculteurs, nous devons faire évoluer nos pratiques vers une agriculture plus saine et respectueuse de l’environnement en traduisant effectivement dans la réalité, le plan Ecophyto qui vise une diminution de l’utilisation des produits phytosanitaires ».

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