Social

[ ATTAC] Soutien aux employés de la papeterie Chapelle Darblay

Créé le : 16/10/2020

Par Attac France

Le vendredi 16 octobre, les huit organisations à l‘origine du collectif « Plus jamais ça » (Attac France, la CGT, la Confédération paysanne, la FSU, Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Oxfam France et l’Union syndicale Solidaires) organisaient une visite et une réunion publique à la papeterie de La Chapelle Darblay (Seine-Maritime) avec les salariés.

Ce site industriel pourtant rentable (16 millions € de bénéfices en 2019) est actuellement à l’arrêt, avec 218 emplois directs menacés, alors qu’il est porteur d’un projet d’avenir au niveau social et écologique. La disparition de cette papeterie, la dernière à fournir du papier graphique 100 % recyclé en France, entraînerait dans sa chute plus de 600 entreprises extérieures qui participent d’amont en aval au tri, au recyclage et à la fabrication du papier.

Pour le collectif Plus jamais ça, il est urgent de soutenir sur le terrain des initiatives qui permettent de protéger l’emploi tout en protégeant l’environnement et lutter contre les délocalisations. La papeterie de Chapelle Darblay fournissait environ 25% des besoins des imprimeries françaises en papier journal. Ces dernières vont devoir s’approvisionner à l’étranger alors que La Chapelle Darblay a la capacité d’approvisionner l’ensemble des besoins nationaux.

Le gouvernement distribue des milliards pour sauver des entreprises et prône l’urgence de relocaliser les industries mais le groupe UPM, propriétaire du site, a choisi de délocaliser la production en Uruguay, pour maximiser ses profits, en dépit de toute considération sociale et environnementale. L’entreprise se désintéresse de l’avenir du site industriel et de celui des salariés.

En amont de cette visite, les huit organisations du collectif Plus jamais ça ont interpellé par courrier* le Premier ministre, la ministre de la Transition écologique et le ministre de l’Economie et des finances pour les mettre face à leurs responsabilités et leur demander de joindre les promesses aux actes : empêcher les délocalisations et défendre des projets industriels qui conjuguent enjeux sociétaux et environnementaux.

 

Contexte

La Chapelle Darblay est une papeterie implantée sur le territoire rouennais depuis plus de 90 ans. Pionnière dans le recyclage et l’économie circulaire, elle est la seule et dernière papeterie à fabriquer du papier journal qu’elle fournit à des groupes de presse en France et à l’international. Symbole d’une industrie d’avenir, elle fabrique le papier journal à partir du recyclage des papiers usagés grâce à la collecte organisée auprès de plus de 200 collectivités locales (environ 350 000 tonnes par an), sa disparition serait un non-sens économique, environnemental et social pour le secteur de la presse, privé d’un fournisseur exemplaire en France. Modèle sur un plan écologique, elle dispose d’une station d’épuration, d‘une chaudière à biomasse et a les moyens de diversifier sa production (carton d’emballage, de la ouate isolant thermique…).

UPM a bénéficié, en 2006, de l’appel d’offres gouvernemental pour construire sa chaudière et profiter du rachat d’électricité verte ainsi produite. Un rapport juteux pour UPM, qui a engrangé des millions d’aides publiques pour les réinvestir sur d’autres marchés porteurs aujourd’hui, au détriment de son site papetier français. UPM revend également ses quotas de CO2, en millions d’euros, sans scrupule et toujours au détriment de son site papetier.

A l’occasion de cette rencontre, les organisations lanceront une série de rencontres et débats partout en France qui se dérouleront au premier semestre 2021 et mettront en ligne un site internet pour informer sur les initiatives locales qui viendront enrichir et compléter leur plan de sortie de crise, publié en mai dernier.
Notes

* Courrier envoyé le 5 octobre par le collectif “Plus jamais ça” au Premier ministre, au ministre de l’économie et des finances et à la ministre de la Transition écologique
Le site internet du collectif Plus jamais ça lancé le 13 octobre : https://plus-jamais.org
Le collectif Plus jamais ça a publié le 26 mai dernier un plan de sortie de crise avec 34 mesures pour rompre avec la logique néolibérale et construire un monde d’après solidaire, écologique et démocratique. Près de 190 000 personnes ont également soutenu la pétition lancé par le collectif au moment de la crise Covid.

[FO AIRBUS] : Le dialogue social a gagné !

Créé le : 13/10/2020

Crédit Pixabay

Par FO Airbus

Après quatre mois d’intenses négociations qui auront y compris exigées de façon plutôt inédite, des prolongations, FO a signé avec la Direction, deux accords qui formalisent cette victoire du dialogue social. Quand le dialogue social gagne, c’est Airbus qui gagne et ce sont les salariés qui gagnent !

Pour FO, cette crise sans précédent ne pouvait pas détruire cet élan commun, qui fait la richesse d’Airbus depuis plus de 50 ans ! Sans chercher à rentrer dans une quelconque polémique totalement stérile, il est malgré tout important de repréciser que pour FO, “réformisme” ne signifie pas “accepter sans négocier”. Le réformisme exigeant porté par FO Airbus, aura démontré une fois de plus son efficacité. Nous avons respecté, notre rôle, notre mission, notre mandat. Les moyens seront mis en œuvre pour préserver l’emploi de TOUS. Le résultat de cette négociation, en garantissant également la solidarité, protège les conditions de travail de l’ensemble des salariés. Nous sommes FO…Et à ce titre, nous n’avons jamais nié les effets de cette crise dramatique sur Airbus. Nous nous sommes juste imposés a trouver les solutions, pour ne pas rajouter une crise à la crise. Nous devons tous être conscients que la crise que traverse notre groupe et notre filière, est loin d’être terminée.

Au vu de la situation actuelle, ces accords nous protègent.

Cependant, il est capital et urgent de trouver les moyens de sortir au plus vite de ce drame sanitaire et de ses répercutions économiques et sociales. En attendant, pour FO ces accords doivent montrer la voie à l’ensemble de la filière aéronautique, FO Airbus soutiendra autant que nécessaire nos collègues sous-traitants. Cela doit passer obligatoirement par des efforts partagés, justes et justifiés, et des solutions socialement acceptables. L’ensemble de la filière peut compter sur notre soutien inconditionnel, et, après avoir protégé les salariés d’Airbus, nous demandons à nos dirigeants de renvoyer au plus vite vers nos sous-traitants, les charges de travail qui devront garantir leurs emplois et leurs compétences. Nous sommes tous conscients qu’Airbus est totalement dépendant de cette filière. Malheureusement il est fort probable, et c’est déjà le cas aujourd’hui, que certaines entreprises n’aient pas la solidité de résister à ce tsunami. Enfin, les Pouvoirs Publics et l’Europe doivent tout mettre en œuvre,pour créer le plus rapidement possible, les conditions d’un redémarrage du trafic aérien. Sur ce sujet aussi FO intervient à tous les niveaux.

>>>Sur le sujet, lire notre dossier dans Sans transition! n°25, Aéronautique et automobile, écologie versus emplois 

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Tribune « Instituer une démocratie alimentaire »

Créé le : 16/07/2020
Crédit: Pixabay

« Nous, paysan·nes, agronomes, citoyen.nes, précaires, chercheur.euses, entrepreneur.euses, commerçant.es, appelons à la création d’une sécurité sociale de l’alimentation… » La parole à l'association Ingénieurs Sans Frontières et au réseau Civam, qui ont écrit cette tribune en faveur de la démocratie alimentaire, dont voici un extrait. 

« Nous proposons de sanctuariser un budget pour l’alimentation de 150 euros par mois et par personne et de l’intégrer dans le régime général de sécurité sociale. Tout comme pour la sécurité sociale à son origine, ce budget devra être établi par des cotisations garantes du fonctionnement démocratique de caisses locales de conventionnement. Chacune de ces caisses, gérées par les cotisants, aurait pour mission d’établir et de faire respecter les règles de production, de transformation et de mise sur le marché de la nourriture choisie par les cotisants.

150 euros par mois vont permettre durablement aux ménages les plus précaires un bien meilleur accès à une alimentation choisie, de qualité. Une sécurité sociale de l’alimentation obligera les professionnels.les de l’agriculture et de l’agroalimentaire, s’ils veulent accéder à ce « marché », à une production alimentaire conforme aux attentes des citoyens.nes. Nous avons la conviction que tous, nous voulons bien manger, sans antibiotiques, sans pesticides, sans perturbateurs endocriniens dans nos assiettes. Aujourd’hui, certains ont accès à cette nourriture et beaucoup d’autres souhaiteraient certainement l’avoir s’ils en avaient les moyens, et s’il leur était donné l’occasion de choisir.

Cette proposition nous donne une puissance d’agir à même de répondre aux problèmes majeurs du système alimentaire français, mais également aux enjeux sociaux, climatiques et environnementaux liés à l’agriculture. Un cadre national imposé à chacune des caisses répondra au caractère global de certains enjeux : le changement climatique, l’accès garanti à des produits conventionnés quel que soit le régime alimentaire de chacun, le respect de la souveraineté alimentaire de tous les pays, la nécessité de conditions et rémunérations correctes de travail pour l’ensemble des travailleurs.ses du complexe agro-industriel, ou encore la socialisation du profit dans les filières conventionnées.

Tout comme les critères de conventionnement définis par les caisses, ce cadre national doit faire l’objet d’un débat démocratique. Nul ne peut préempter ce débat en définissant par avance la qualité d’un produit conventionné sans prendre le risque de voir s’en éloigner une partie de nos concitoyens. Nous savons qu’il n’y aura pas de réformes environnementales puissantes dans une société inégalitaire. Ce n’est qu’en prenant cela à bras-le-corps que nous pourrons modifier profondément le mode de production alimentaire actuel et éliminer les atteintes qu’il porte à notre environnement… Vite, de la démocratie dans notre alimentation ! »

 

Plus d'infos

http://www.civam.org/

https://www.isf-france.org/
 

[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] « Reprendre la main sur le système alimentaire »

Créé le : 16/07/2020
Soupe populaire offerte aux chômeurs en 1932. Crédit : Agence Mondiale / Creative Commons

Soupe populaire offerte aux chômeurs en 1932. Crédit : Agence Mondiale / Creative Commons

Propos recueillis par Julien Dezécot

Chercheuse à l'Inrae de Montpellier, Dominique Paturel travaille depuis plusieurs années sur la démocratie alimentaire. Elle fait également partie du collectif éponyme qui propose une sécurité sociale de l'alimentation. Rencontre à Montpellier.

Sur quoi repose l'idée de « démocratie alimentaire » ?
La démocratie alimentaire repose sur un pilier fondamental. La définition d'un système alimentaire, basé non pas sur les produits alimentaires, mais bien sur un système d'acteurs clés : producteurs – consommateurs –  transformateurs et distributeurs. Le système alimentaire aujourd'hui est dépendant d'un système mondialisé et spécialisé par type de production par pays à l'échelle planétaire. Le 2ème pilier est de rendre effectif le droit à l’alimentation que nous qualifions de durable, car il est l’expression d’une tension, entre l’alimentation comme marchandise et les droits humains soumis à la volonté des états quant à leur effectivité. En outre, dans un pays comme La France, pour que l’accès à l’alimentation soit garanti de façon égalitaire, il faut passer par la loi. D’où notre soutien à une inscription de ce droit dans la constitution.Le 3ème pilier s’appuie sur la justice sociale, tissant des liens entre une justice redistributive et une justice capable de prendre en compte les besoins différenciés des populations.

 

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Hautes-Pyrénées : sortir de la fracture alimentaire

Créé le : 16/07/2020
L’équipe de Bio pour tous. Photo : DR

L’équipe de Bio pour tous. Photo : DR

Partant du constat que l'alimentation bio n'est pas accessible à tous, Pascal Lachaud, directeur du GAB65 pendant 15 ans, le Groupement d'agriculteurs bio des Hautes-Pyrénées, également membre du collectif Démocratie alimentaire, a tenté de remédier à cette fracture alimentaire avec le projet Bio pour tous.

L'objectif de Bio pour tous : « permettre aux plus démunis de manger bio et local grâce à la distribution de paniers alimentaires, explique Pascal Lachaud, un militant actif du collectif Démocratie alimentaire. Mais aussi les sensibiliser à cette alimentation saine, par des visites de ferme (1 fois par mois) et l’initiation à la cuisine bio, en coopération avec le Secours Populaire ». Pour mettre en place le projet en 2017, il a d’abord fallu convaincre les élus locaux - dont l'eurodéputée Marie-Pierre Vieu - de s'engager pour une alimentation plus accessible, mais aussi des magasins bio du réseau Biocoop (Tarbes et Lourdes), ainsi que des mutuelles. Le financement de l’opération est complété par l'Union européenne et grâce aux clients Biocoop, qui offrent leurs points de fidélité pour payer une partie des paniers.
Et ça marche ! Aujourd’hui, le chantier d'insertion Villages accueillants produit localement les légumes bio de ces paniers, distribués 2 fois par semaine aux personnes précarisées, alors que ces derniers venaient généralement chercher leur nourriture à la banque alimentaire.

Chaque semaine, entre...

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] « Remettre de l'égalité dans l'assiette »

Créé le : 16/07/2020
Pour José Bové, « réinventons la PAC de demain » ! Crédit : DR.

Pour José Bové, « réinventons la PAC de demain » ! Crédit : DR. 

Propos recueillis par Julien Dezécot

Pour José Bové, ancien eurodéputé basé dans le Larzac, figure de proue de l'alimentation paysanne et fervent défenseur d'une alimentation de qualité pour tous, il est plus que temps de « remettre de l’égalité dans l’assiette ». La démocratie alimentaire ne fonctionnera à l'avenir, selon lui, que par la mobilisation des petits producteurs et le développement des circuits courts.

« Suite à la crise sanitaire historique de ce printemps, je garde à l'esprit la caricature à laquelle on a assisté en mars dernier, à l'annonce du confinement : la ruée dans les supermarchés. Ces derniers se sont parfois retrouvés bloqués, saturés et beaucoup de gens ont (re)découvert les commerces de proximité et les producteurs locaux d'un bon œil. Je le vois dans le sud de l’Aveyron, où les producteurs fermiers ont pu vendre davantage leurs produits en direct, notamment à de nouveaux consommateurs. Avec cette crise, les clients sont revenus vers le local, l'agriculture paysanne et ont acheté plus souvent en bio. La question de l'alimentation est devenue prioritaire ! Les politiques doivent accompagner ce mouvement de relocalisation de l'agriculture, en faveur des paysans et des citoyens. Et encourager la Transition pour une agriculture durable.

N'oublions pas que l'alimentation est un droit fondamental ! Pour permettre au plus grand nombre de s'alimenter convenablement, il faudra demain pouvoir produire, stocker localement et commercialiser le plus possible en circuits courts.  C'est ainsi que nous créerons des territoires...

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Alimentation saine : un choix politique !

Créé le : 16/07/2020
Parmi les clients de Vrac, beaucoup des personnes sont issues de l’immigration. Crédit : Vrac association

Parmi les clients de Vrac, beaucoup des personnes sont issues de l’immigration. Crédit : Vrac association 

Par Julien Dezécot

Pour Boris Tavernier, fondateur de l'association Vrac créée à Lyon en 2013, il faut redonner de la dignité aux publics fragilisés, en leur permettant de choisir et payer leurs aliments sains. 2 500 familles bénéficient désormais d’épiceries éphémères du réseau, qui proposent des produits bio et locaux dans 46 quartiers prioritaires de la ville de Strasbourg à Toulouse, en passant désormais par Rennes, Paris et Lille.

Le lundi à Villeurbanne, le mardi à Vaulx-en-Velin… Plus de 130 bénévoles participent désormais à l'aventure du réseau Vrac lancé par Boris Tavernier. Et mettent la main à la pâte chaque semaine pour proposer aux habitants de 14 quartiers prioritaires de la ville des légumes bio et locaux. L'idée consiste à acheter en gros et en vrac des produits de base qui seront ensuite revendus à prix coûtant aux habitants des quartiers prioritaires. « Notre dispositif, c'est pas non plus spécial pauvre, provoque le fondateur du réseau, car les plus riches peuvent venir aussi mais sont obligés de se déplacer dans des quartiers qu'ils ne connaissent pas. On limite tout de même à 30 % la part des plus aisés dans le dispositif ». Autrement dit, il s'agit aussi de favoriser la mixité sociale, grâce aux circuits courts puisque les petits producteurs partenaires doivent être à proximité et travailler dans la durée.

Véritable groupements d'achats

« Nous ne sommes pas arrivés en conquérants dans ces quartiers sensibles », se souvient Boris Tavernier. Nous avons appris à connaître les gens et...

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Terres de Lorraine : un projet territorial exemplaire

Créé le : 14/07/2020
Photo: Pixabay

Par Julien Dezécot

Associations, collectivités et producteurs se sont regroupés pour mettre en œuvre un accès digne et durable à une alimentation de qualité. Initié par ATD Quart monde, ce projet alimentaire territorial repose sur plusieurs piliers : « Le refus de l’aide alimentaire distributive comme solution pérenne aux situations d’insécurité alimentaire », souligne Huguette Boissonnat, militante de l’association qui a publié en 2016 l'ouvrage Se nourrir quand on est pauvre. Et « le souhait de la mise en œuvre du droit à l’alimentation en France », poursuit Magali Ramel, également engagée dans le réseau et juriste spécialisée dans le droit à l'alimentation. Pour elle, il s'agit de prendre en compte « l’objectif d’une alimentation digne et durable pour tous, ainsi que la valorisation du rôle social de l’alimentation, en reconnaissant toutes les personnes en situation de précarité comme des acteurs à part entière de la démarche ».

D'un travail collectif entre les acteurs du territoire est née une charte baptisée « De la dignité dans les assiettes », signée en 2019 par l'ensemble des partenaires, dont la Chambre d'Agriculture, les collectivités, les centres sociaux, les associations d'aide alimentaire et des agriculteurs. Cette démarche, récompensée par le ministère de l'Agriculture et de l'alimentation, a permis d'expérimenter sur Terres de Lorraine un panier d'aliments sains et locaux pour 57 euros par mois. Concrètement, 150 familles ont eu accès à des légumes de qualité à prix abordable, grâce à des achats groupés de surplus de production des producteurs locaux et à des dons. « Cette expérimentation s'est accompagnée d'une action par les militants du réseau ATD, en lien avec les collectivités. Pour mettre à disposition des familles des jardins et cultiver l'autonomie alimentaire ! »

Plus d'infos : https://www.atd-quartmonde.fr/

 

À Brest, le Cabas se démocratise !

Le Civam 29 - Centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural - s’est engagé dans le projet AcceCible, avec le centre social de Kéredern, l’un des quartiers populaires de Brest. À travers « le Cabas des champs », une forme de groupement d’achats solidaire, le centre social a souhaité renforcer les liens entre consommateurs et producteurs. Depuis 2016, les adhérents du Civam, les habitants du quartier de Kéredern, le centre social et l’association CLCV (Consommation logement et cadre de vie), travaillent ensemble à rendre accessible l’alimentation saine. Outre l’achat groupé de produits pour une centaine de consommateurs, l’action collective se traduit par une sensibilisation à cet enjeu sociétal majeur, notamment par des temps d'échanges conviviaux : repas-discussions et rencontres de terrain avec les producteurs.

Plus d'infos : www.civam29.org

[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Liberté, Égalité, Bien manger !

Créé le : 14/07/2020
Collecte alimentaire par la Banque alimentaire dans un Carrefour Market à Villeurbanne. Crédit : Creative Commons

Collecte alimentaire par la Banque alimentaire dans un Carrefour Market à Villeurbanne. Crédit : Creative Commons

Par Julien Dezécot

Si le confinement a dopé positivement l'image du bio et des circuits courts, des incidences fortes ont ébranlé nos systèmes agricoles et alimentaires : liste limitée de commerces ouverts, étals vides, manque de main d’œuvre agricole, fermeture des marchés, agriculteurs précarisés... Avec des inégalités alimentaires qui se sont accrues durant cette période pour les familles, selon les ONG sur le terrain. Dans ce dossier, nous explorons les solutions pour tenter de remettre de l'égalité dans l'assiette et rendre plus résiliente notre alimentation.

Pendant le confinement, nos systèmes agricoles et alimentaires ont été durement éprouvés, et les inégalités alimentaires ont resurgi de manière criantes, bien que le « consommer local » a bénéficié d’un regain d’intérêt collectif. Remettre un peu d’égalité dans les menus de tous les foyers français et réfléchir à une alimentation plus résiliente, tel est l’un des enjeux du moment.

Face à la crise sanitaire, les inégalités alimentaires ont explosé. En doublant le nombre de repas à la maison, le budget alimentation des ménages a bondi en flèche. Tout le monde n'avait pas les moyens pour se fournir en aliments de qualité, locaux, bio… ni pour préparer des plats cuisinés maison. « La France compte 9 millions de pauvres qui n'ont pas disparu avec le confinement, rappelle le​ ​Secours populaire, ONG de solidarité en première ligne durant la crise sanitaire. Pour ces personnes, la situation est dramatique. Pour des familles qui ont les enfants à la maison et qu'il faut nourrir, il n'y a plus de cantine, alors que les prix des produits augmentent. » Comme à Marseille, où plus de 15 700 familles bénéficient normalement d'une gratuité...

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[DOSSIER - Leur monde d'après] Le monde d’après : une place pour la justice sociale ?

Créé le : 12/07/2020
Distribution alimentaire au Mac Do de Sainte-Marthe, Marseille, le 27 avril (crédit Clara Martot)

Distribution alimentaire au Mac Do de Sainte-Marthe, Marseille, le 27 avril (crédit Clara Martot)

Par Clara Martot

Sur la base des mesures prises par le gouvernement depuis la fin du confinement, peut-on rester optimiste sur la société de demain ? Hausse du chômage, récession la plus grave observée depuis un siècle, fragilité des entreprises, télétravail cauchemardesque… Les défis du monde d’après sont lourds de sens et interrogent les rapports humains.

Le 29 avril, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire enjoint sur LCI « un maximum de Français à reprendre le travail ». Deux semaines avant la fin du confinement, un retour à la normale était déjà évoqué. Ou plutôt, une plongée dans le « monde d’après » : celui où le gouvernement prévoit une chute de 8% du PIB, où le Défenseur des droits dénonce une hausse des inégalités et où la crise économique et sociale explose tous les indicateurs habituels. Le 28 mai, Pôle Emploi annonce la plus forte hausse du chômage jamais enregistrée depuis le début des statistiques en 1996 : 843 000 demandeurs d’emploi supplémentaires pour le seul mois d’avril. Pour ceux qui travaillent, le ton a également changé. Et les propositions pour faire face à la crise sont de circonstances. Début mai, l’Institut Montaigne, groupe de réflexion libéral, proposait par exemple d’allonger la durée moyenne du travail ou de supprimer le jour férié de l’Ascension. De quoi remonter le moral aux travailleurs déjà éprouvés !

Car pour de nombreux salariés, ces pistes sont déjà devenues des réalités quotidiennes. En effet, l’enquête publiée le 4 mai par le syndicat Ugit-CGT...

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