Économie

[ LA RUÉE VERS L'ORGE ] Des bières bretonnes du champ à la cuve

Créé le : 09/08/2019
Photo : Virginie Jourdan

Les microbrasseries fleurissent sur tout l’hexagone. En Bretagne, une centaine est apparue en moins de 10 ans. Quelques-unes ont pris le parti de concilier artisanat, économie circulaire et développement durable. À l’instar de la microbrasserie Drao, située à Melesse, en Ille-et-Vilaine, productrice de sa propre orge.

À une dizaine de kilomètres de Rennes, au cœur des parcelles agricoles de Melesse, les bureaux en bois de la brasserie Drao jouxtent les hangars réservés au stockage des bouteilles et des fûts, et aux diverses cuves dédiées à la production et à l'embouteillage du breuvage malté. Depuis 2013, Rozenn Melle produit l'une des cent bières artisanales et locales que compte dorénavant la région. Contrairement à la majorité de ses collègues, Rozenn est paysanne-brasseuse. Passionnée par l'agriculture et les brassins, elle dispose de 20 hectares de terres et cultive elle-même l'orge brassicole qui est à la base des recettes de ses bières. Une démarche qui reste rare et dans laquelle seule une petite une poignée de bretons s'est lancée.

Une production locale et à faible impact

Pour réussir ses premiers semis, désherbages mécaniques et récoltes, Rozenn s'est appuyée sur la solidarité des agriculteurs voisins. De 15 000 litres en 2014, sa production de bière est passée à 65 000 litres cette année. « En 6 ans, j'ai doublé ma surface de production. Dorénavant, je suis autonome à 98% sur le malt issu de mon orge....

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[ LA RUÉE VERS L'ORGE ] L’Étang de bière, la microbrasserie qui la joue local

Créé le : 05/08/2019
Phpto : EC

Par Elodie Crézé

Les microbrasseries fleurissent sur tout l’hexagone. En Provence, la plupart des établissements ont moins de trois ans, d’après l’association des Brasseurs de France. Située à Saint-Chamas dans les Bouches-du-Rhône, la microbrasserie l’Etang de bière tente de se faire une place dans la région, tout en conciliant son artisanat avec le choix d’une économie circulaire et le respect de l’environnement.

A Saint-Chamas, dans les Bouches-du-Rhône, Amélie Grare et Valentin Marchadier ont créé la microbrasserie L’Étang de bière, il y a deux ans. Après des débuts laborieux, l’entreprise, désormais bien insérée dans le paysage local, a trouvé son modèle économique tourné vers le circuit-court, qui s’accorde avec ses valeurs.

« L’Étang de bière ». Le nom de la microbrasserie de Saint-Chamas s’étale à l’encre noire sur une planche de rafiot, au-dessus de la porte d’entrée. Un pescadou – pêcheur provençal - épuisette à la main et moustache touffue, logo de l’entreprise, veille telle une vigie sur la boutique. Le bar, vide à cette heure matinale, ouvre ses portes trois soirs par semaine. Habitués du village et buveurs de passage viennent s’y rincer le palais en dégustant des bières locales. Derrière d’épais rideaux, un autre monde invisible au client apparaît, celui des grandes cuves métalliques et des fûts où le breuvage houblonné est fabriqué. C’est là que les deux fondateurs de la microbrasserie, Amélie Grare et Valentin Marchadier, officient depuis l’automne 2017. Depuis le début de leur activité, comme une charte implicite, ils s’efforcent de travailler en cohérence avec leurs valeurs, telles que recréer un lien direct avec les consommateurs, choisir de privilégier le local.

Leur première bière a été « accouchée dans la douleur », grince Amélie Grare. Les deux amis ont mis neuf mois de galères et d’obstination pour la créer en juin...

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[ MODE ETHIQUE ] Deux marques s'engagent pour la filière lin française

Créé le : 05/08/2019
SPL!CE et 1083 créent Linpossible et s'engagent pour la relocalisation de la filature du lin en France. SPL!CE, marque spécialiste du lin, et 1083, du jeans made in France, s'unissent pour relocaliser le filage du lin dans l'hexagone, en créant le collectif Linpossible.

 

Le but ? Mobiliser les marques et faire revenir ce savoir-faire afin de pouvoir fabriquer des vêtements en lin de A à Z, en France. Pour cela, les marques à l'origine de Linpossible rassemblent leurs énergies autour de deux axes :
  • Réunir des compétences industrielles
  • Réunir des marques économiquement prêtes à acheter du lin filé en France

Aujourd'hui le lin, c'est ...

Le constat

Aujourd’hui toutes les étapes de la transformation du lin sont réalisables en France à l’exception de la filature. Cette étape est absente de notre pays depuis 2005, lorsque la dernière entreprise française fut contrainte de fermer son usine du Nord de la France.
 

Le principe

Les industriels du collectif Linpossible ont estimé que le prix du kilo de lin filé en France vaudra environ le double du lin filé à l’étranger. Les marques devront donc s'adapter !

Pour se préparer au mieux à basculer vers une filature locale, le collectif propose aux marques précurseurs de devenir membre de Linpossible en intégrant dès aujourd’hui ce surcoût dans le calcul du prix de revient de leurs vêtements en lin. Cela leur permettra également de :

  • Investir pour promouvoir l’idée et fédérer les marques
  • Grâce à ce volontarisme économique, les marques participantes pourront communiquer sur leur démarche.
  • Avec un modèle économique déjà anticipé par Linpossible, les marques ayant rejoint le collectif seront déjà prêtes à "basculer" dans la filature française, dès que cette dernière sera mise en place.

Pourquoi s'engager ?

  • Pour sensibiliser aux enjeux de la filière textile française
  • Pour que les marques engagées puissent montrer à leurs clients les actions concrètes qu'elles font pour l’environnement et pour le made in France
Afin de mettre en avant le volontarisme des marques partenaires, celles-ci pourront valoriser leurs produits en lin avec le logo Linpossible, symbole de leur engagement. Linpossible deviendrait alors une référence.
Alors que l'industrie textile française n'est aujourd'hui pas en mesure de fabriquer un vêtement 100% français, de la culture de la graine aux dernières finitions, Linpossible démontre qu'en s'unissant, les marques peuvent proposer des solutions concrètes et redynamiser la filière textile en France.
 

 

[ ÉVASION FISCALE ] Pour Attac, la taxation unitaire est applicable dès maintenant

Créé le : 18/07/2019

Alors que la présidence française du G7 promet de "mettre fin à l’évasion fiscale", Attac démontre dans un rapport qu’appliquer la taxation unitaire, et donc lutter réellement contre l’évasion fiscale des multinationales, est possible dès maintenant.

En utilisant les données disponibles, les expert·e·s d’Attac ont travaillé sur les comptes de huit entreprises multinationales appartenant à des secteurs différents : Amazon, Apple, Bayer-Monsanto, BNP-Paribas, Facebook, Google, Microsoft et Total. Une estimation des impôts que ces huit entreprises auraient dû payer en France, si la taxation unitaire était en place, donc en l’absence d’évasion fiscale, a été calculée. Les résultats sont édifiants :

  • Si la taxation unitaire était appliquée sur la base des données aujourd’hui déclarées :
    • Amazon, Apple, Bayer-Monsanto, Facebook, Google, Microsoft et Total auraient dû payer, au total, près d’1,5 milliards d’euros en 2017 à l’État français, c’est-à-dire sept fois plus que ce que celles-ci ont effectivement payé,
    • Total aurait dû acquitter en 2017 un montant trente fois supérieur au montant effectivement payé, dont une partie aux pays en développement où sont réalisés les profits, ce qui illustre la nécessité d’une justice fiscale internationale.
  • Si la taxation unitaire était appliquée sur les chiffres réels que nous avons estimés :
    • 2 milliards d’euros, c’est ce que les GAFAM et BNP-Paribas auraient dû payer en France d’impôt sur les sociétés, au lieu de 0,5 milliard d’euros dont elles se sont effectivement acquittés,
    • Apple, Microsoft, Facebook et Google auraient dû payer un impôt sur les sociétés de 7 à 22 fois supérieur à ce qu’elles ont effectivement payé,
    • Amazon aurait dû payer un impôt 70% supérieur à ce dont elle s’est acquitté en France.

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France : « Les scandales à répétition ne cessent de démontrer l’existence d’une évasion fiscale massive des entreprises multinationales. L’évasion fiscale est la conséquence du laisser-faire des gouvernements. Les mesures proposées, telles que la “taxe GAFA” en France, votée en 2019, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Si le gouvernement français et les pays du G7 veulent réellement s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, ils doivent mettre en place de toute urgence la taxation unitaire et le reporting public pays par pays. C’est possible dès maintenant et ne demande que de la volonté politique.  »

Pour Dominique Plihon, économiste, membre d’Attac France et coordinateur du rapport : « Le principe de la taxation unitaire est simple : il consiste à taxer le bénéfice global des entreprises multinationales, en considérant celles-ci comme une entité unique, puis dans une seconde étape, à répartir ce bénéfice dans les pays où ces entreprises réalisent effectivement leur activité. La taxation unitaire est un instrument de justice fiscale internationale, en particulier pour les pays en développement lourdement pénalisés par l’évasion fiscale des multinationales. »

Pour Michael Tellmann, représentant d’Attac Allemagne, « Qui se refuse au reporting pays par pays pour les multinationales, comme l’a fait Olaf Scholz Ministre des finances allemand, se rend coupable d’évasion fiscale et de l’argent manquant dans les budgets publics pour financer des investissements urgents dans la transition écologique et sociale. Il faut que les médias se scandalisent de ce comportement comme ils l’ont fait en révélant les Panama Papers ou les autres scandales d’évasion fiscale. »

Pour défendre ces mesures de justice fiscale, Attac France se mobilisera pleinement à l’occasion du Contre-G7 organisé à Hendaye et Irun du 19 au 26 août.

*en partenariat avec Attac Allemagne et avec le soutien du réseau des Attac d’Europe

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[ PAROLES ENGAGÉES ] Le commerce équitable, un modèle économique viable et indispensable

Créé le : 16/07/2019

A l'occasion des 50 ans des Rencontres de la photographie à Arles, Sans transition ! a rencontré des personnalités engagées, unies autour d'un projet d'exposition soutenu par Actes Sud et les cafés Malongo. Entretiens.

Lionel Astruc, écrivain et journaliste, expose des photos prises au Mexique, avec "Padre" Francisco Van der Hoff, qui est l'inventeur du concept du commerce équitable au début des années 1990.

Francisco Van der Hoff est le fondateur et théoricien du commerce équitable. Il vit au Mexique depuis 35 ans auprès des caféiculteurs.

Jean-Pierre Blanc, le directeur général des cafés Malongo, a souhaité faire cette exposition pour mettre en avant le modèle économique du commerce équitable.

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[ FESTIVAL OFF D'AVIGNON ] - Une journée dédiée à l'ESS

Créé le : 02/07/2019

Place forte à échelle mondiale du théâtre alternatif et indépendant, le Off du festival d'Avignon a lieu cette année, du 05 au 28 juillet, en parallèle du festival officiel. Jeudi 18 juillet, une journée du Off sera consacrée à l'Economie sociale et solidaire.

Dès 10h00 et jusqu'en fin d'après-midi, des temps de rencontres (petits déjeuners partagés, table ronde ...), ateliers et autres moments conviviaux sont organisés selon des thèmes variés.

Consulter le programme de la journée du 18 juillet :

 

[ ALAIN MAISSA ] " Les entreprises peuvent choisir leur destin "

Créé le : 28/06/2019

A l'occasion de l'assemblée générale de l'Union des Scop et Scic de Paca, nous avons rencontré son président, Alain Maissa, qui nous explique comment l'union des Scic et Scop accompagne les entreprises "classiques" dans une démarche de transition vers d'avantage de coopération. Un secteur qui a le vent en poupe, car il rassemble maintenant 300 structures et représente 3000 emplois en région Paca. Entretien.

[ AVAL BIO PACA ] Des entreprises engagées et innovantes

Créé le : 25/06/2019
L'assemblée générale du réseau Aval Bio Paca avait lieu le 21 juin dernier chez Biovence, dans le Vaucluse. Le réseau regroupe les entreprises de transformation de produits issus de l’agriculture biologique et les distributeurs de produits Bio implantés en PACA.

A cette occasion, nous avons rencontré Denis Laine, directeur général de Biovence, qui nous explique ce qu'est la démarche "entreprise à énergie positive" et comment il a choisi de la mettre en place au sein de sa structure.

L'entreprise Kaoka, basée à Carpentras, vient de recevoir le prix Excellence Bio, à l'occasion de l'assemblée générale. Son directeur, Guy Deberdt, nous en parle. 

[ DOSSIER - Union européenne et lobbies environnementaux ] Quand les lobbies mettent la pression

Créé le : 27/05/2019

Par Nicolas Troadec.

Appels anonymes, menaces sur les réseaux sociaux, saccages de locaux… Si, la plupart du temps, les relations avec les groupes d’intérêts divergents sont plutôt cordiales, les ONG et les associations engagées sur le terrain de l’environnement connaissent parfois des coups de pression violents de la part des lobbies économiques et commerciaux.

Arnaud Schwartz, secrétaire général de France nature environnement (FNE) et représentant de l’association au Conseil économique et social européen (Cese), relate des expériences « positives et négatives » avec les lobbies représentants des intérêts privés au sein des institutions européennes. Au Cese, il côtoie des représentants de la FNSEA (le syndicat français des exploitants agricoles) ou le Medef (représentants du patronat) : « On n’est pas forcément d’accord sur tout, mais au moins on peut se croiser et discuter de manière posée », relate-t-il. Les expériences négatives, plus rares, viennent plutôt d’actions locales : « On a des membres de notre mouvement qui ont été menacés ou violentés par des agriculteurs, des locaux et du matériel dégradé… »

L’association Eau et Rivières aussi, lorsque sa lutte contre la pollution des eaux bretonnes a commencé à porter ses fruits, en 2007, (cf. article "Les ONG sur le terrain de l'écojustice européenne") a subi le saccage de ses locaux de Brest (Finistère). Les agriculteurs protestaient alors contre un plan préfectoral de réduction des épandages, afin de faire diminuer les...

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[DOSSIER] Un tour du monde « low-tech »

Créé le : 28/04/2019
Corentin de Chantelperron dans son bateau.

Par François Delotte

Corentin de Chantelperron et des membres de l’association Gold of Bengal, basée à Concarneau, dans le Finistère, naviguent depuis 2016 sur les mers du monde à la découverte des low-tech. Le retour en Bretagne est prévu pour début 2020.

Lorsque nous l’interviewons via Skype, Corentin de Chatelperron se trouve en Thaïlande. Dans quelques jours, il doit répartir, avec un équipage, pour la deuxième moitié de son périple. « Nous allons d’abord faire escale en Malaisie, pour découvrir le pouvoir de dégradation des déchets des mouches soldats. Nous partons ensuite étudier l’aquaponie à Singapour, technique agricole qui permet de faire pousser des plantes tout en élevant des poissons. Puis, nous irons aux Philippines, notamment pour voir les pompes béliers, qui fonctionnent sans électricité », énumère le breton de 35 ans.

Low-tech à bord

Depuis 2016, Corentin de Chatelperon et des membres de Gold of Bengal sillonnent les mers du globe à la recherche de low-tech. Un projet porté par l’association finistérienne Gold of Bengal, du nom du premier bateau sur lequel le jeune ingénieur a pris la mer, en 2013. Les découvertes glanées ici où là sont ensuite recensées par la plateforme en ligne du Low-Tech Lab, également gérées par Gold of...

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