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Économie

DOSSIER - Demain : la fin des banques ?

Créé le : 12/12/2016
Crédit : Pixabay

Par Magali Chouvion, Julien Dezécot, Virginie Guéné et Gaëlle Rony

Nombreux sont les économistes et analystes à prédire une prochaine crise bancaire et financière. Dérégulations progressives du marché, Brexit, condamnation de la Deutsche Bank, fragilité des banques italiennes, affaire des Panamas Papers, bulle sur les énergies, crise pétrolière ou encore accroissement des liquidités sur fond de crise économique, tous les éléments semblent une fois de plus réunis pour amener le système à exploser.

Car depuis 2008, rien n'a changé, ou si peu. Que faire alors ? Attendre patiemment et sagement l'effondrement du système ? Quitte à en payer le prix fort sur son épargne, dûment gagnée. Ou tenter, à son échelle, de peser sur les banques et les politiques ? Sans Transition ! a choisi et vous livre ses précieux conseils.


 

Banques : vers une mort annoncée ?

par MC et JD

Après l’annonce cet été par les États-Unis d’une amende de 12 milliards d’euros infligée à la Deutsche Bank, pour sa responsabilité dans la crise des subprimes, c'est à nouveau la Société Générale qui est sous les feux de la rampe cet automne. En effet, le ministre des Finances vient de lui demander de rembourser les 2 milliards d'euros de crédits d’impôts octroyés par l’État, suite à sa responsabilité avérée dans l'affaire Kerviel. De fait, le monde de la finance est fragilisé. Ajoutez la fébrilité croissante des banques italiennes, un système financier mondial bâti sur des bulles prêtent à exploser et un contexte socio-économique mondial difficile. 8 ans après la faillite de Lehman Brothers et le krach qui s’en est suivi, la prochaine crise sera-t-elle bancaire ? 

« 97 à 98% des flux financiers quotidiens...

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Sébastien Paule, Mouves Occitanie : « l'enjeu d'une entreprise sociale, c'est son capital »

Créé le : 04/10/2016
Sébastien Paule, représentant du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) à Montpellier - Crédits : FD

Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) organise son deuxième « Tour du financement » à Montpellier, au pôle Réalis, le 13 octobre prochain. Rencontre avec Sébastien Paule, représentant du Mouves en Occitanie.

 

Qu'est-ce que le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) Occitanie ?

Le Mouves en Occitanie c'est la branche régionale du Mouves, réseaux national des entrepreneurs sociaux. Nous rassemblons plus de cent adhérents dans la région, pour la plupart des dirigeants d'entreprises sociales. Nous proposons deux types d'actions. Certaines sont tournées vers l'extérieur. Elles sont destinées à montrer la diversité de l'entrepreneuriat social et son rôle dans la société. Des actions sont davantage tournées vers nos membres et leurs besoins. Il s'agit principalement d'ateliers et de rencontres professionnelles. Chaque trimestre, nous organisons des dîners du réseau auxquels nous invitons des personnes issues d'autres collectifs d'entreprises. Les questions abordées sont diverses : comment lever des fonds ? Comment trouver un nom pour un nouveau produit ? Comment toucher son public ? Il s'agit d'accompagner les membres dans leurs pratiques. Nous favorisons le conseil de pair à pair.

Qu'est-ce qu'un entrepreneur « social » ?

C'est un entrepreneur dont les activités répondent à des besoins d'intérêt général. Tout en essayant de trouver un équilibre entre cet intérêt général et l'efficacité économique. Des indicateurs concrets définissent l'entrepreneuriat social. Comme la manière d'associer ses collaborateurs à la prise de décision. Etre entrepreneur social, c’est faire le choix de la lucrativité limitée. Ce qui va se retrouver dans un encadrement des salaires, dans la redistribution des bénéfices en proposant des parts aux salariés et/ou en réinjectant une grande partie de l'argent dans les réserves de la société ou dans des actions d'intérêt collectif (diversification, essaimage, création d’emploi, maximisation de son impact social…). En somme, cette lucrativité limitée garantit la poursuite de l’utilité sociale et environnementale du projet et la redistribution équitable de ses bénéfices. Elle exige néanmoins une certaine performance économique pour assurer cette mission. 

Le Tour du financement participatif, qui aura lieu le 13 octobre prochain, s'inscrit dans cette dynamique. En quoi va consister cette journée ?

La première édition du Tour a eu lieu l'année dernière à Toulouse. Cette année, elle se déroule logiquement à Montpellier, au Pôle Réalis. Le principe : faire se rencontrer des entrepreneurs qui ont des besoins particuliers et des structures de financement. Le tout en essayant de casser le côté « rencontre individuelle » conventionnel. Nous souhaitons allier conseil et rencontre directe avec des financeurs, dans un climat bienveillant et décontracté. Il y a des projets formidables en région qui sont malheureusement loin des radars des financeurs. Notre ambition est de les détecter et les rassembler autour de et avec nos partenaires et les réseaux de l’économie sociale et solidaire, mais aussi les structures de l’accompagnement. 

Qui seront les invités ?

Il y en a deux types. D'abord, des entrepreneurs et des directeurs administratifs et financiers qui ont des projets concrets. Il s'agit de personnes qui sont confrontées à des problématiques précises de trésorerie, d'amorçage ou d'investissement. Le but est d 'apporter des réponses à leurs interrogations. Réponses données par des experts du financement, qui constituent le second profil d'invités. Des structures et des organismes comme France Active, le Fond structurel européen ou des plateformes de crowdfunding comme Wiseed ou Ulule seront présents. Des partenaires institutionnels, comme la région Occitanie, seront également là pour présenter leurs dispositifs de financement. La palette d’acteurs du financement à impact social s’étend aux fonds publics à l’investissement solidaire, en passant par les structures du financement participatif et le financement bancaire.

Pour les entrepreneurs, ces rencontres qui se situent entre le « in » et le « off », permettent de jauger la solidité des projets. C'est un peu un crash-test pour évaluer à quels types de financements ils sont éligibles ou si les montants souhaités sont réalistes. En somme, c'est un moyen d'aider les personnes à affiner leurs demandes.

Quelles réponses peut offrir le financement participatif aux entreprises et aux porteurs de projets de l'économie sociale et solidaire ?

Il faut d'abord souligner qu'il existe beaucoup de formes de financement participatif. Des organismes proposent à des particuliers de prêter de l'argent pour financer un projet. D'autres permettent de rentrer au capital d'une entreprise. D'autres (Ulule, KissKiss BankBank...) s'apparentent plus à du don ou à de l'achat-don.

Le recours à ce type de financement évite mécaniquement des phénomènes de dépendance pour les entreprises. L'enjeu d'une entreprise sociale, c'est son capital. Car il faut bien payer les gens et investir. Or le recours au prêt bancaire peut être difficile. D'autant plus pour les entreprises sociales qui, justement, ont souvent peu de capital. Et les personnes qui portent ces projets n'ont pas forcément des objectifs capitalistiques. Pour disposer de capitaux, il faut donc trouver diverses sources de financements, à la fois publics et privés. Mais aussi trouver le moyen de mettre à contribution nos communautés. Le crowdfunding est l'illustration de cette dynamique.

Plus d'infos :

Sur le compte facebook du Mouves en Occitanie  

SHARE-WOOD : VERS UN "LIEU DE TRAVAIL DU BOIS MUTUALISÉ" A MARSEILLE

Créé le : 18/08/2017
L'atelier bois partagé marseillais Share Wood pourrait ouvrir ses portes en 2018 - DR

Ses locaux ne sont pas encore ouverts, mais ses plans sont déjà sur le papier. D'ici quelques mois, l’atelier bois partagé et coopératif marseillais Share Wood accueillera ses adhérents pour leur permettre de réaliser leurs créations. Une manière de lutter contre l’accumulation des déchets avec le principe d’« upcycling » : la réutilisation de matériaux récupérés pour former de nouveaux objets. Une campagne de financement participatif sera lancée à la fin de l’année pour appeler le grand public à soutenir le projet. Présentation avec le Vincent Chevillot, co-fondateur de Share Wood. 

A quoi ressemblera Share-Wood ?

Sur plusieurs centaines de mètres carrés, l’atelier se divisera en trois espaces destinés au travail opérationnel, au stockage et à la vie collective. De nombreuses machines professionnelles de menuiserie et ébénisterie seront mises à disposition du public. Celui-ci pourra évoluer en autonomie après un temps d’initiation et de rappelle des règles de sécurité. Il pourra également suivre des stages et des parcours pédagogiques liés à la filière bois. En fonction des horaires, l’atelier sera partagé entre les particuliers ou bien pourra être semi privatisé pour des groupes. Chacun pourra se présenter avec du bois de récupération ou bénéficier d'achats groupés de matériaux et de quincaillerie. Les utilisateurs pourront laisser aller leur inventivité, s’entraider et participer à la vie du lieu.

Nous sommes au stade de projet. Une fois que nous aurons notre local, nous l'équiperons et nous pourrons vraiment répondre à toutes les demandes.

 

Plan des futurs locaux de Share Wood - DR

Quel est l’objectif de Sharewood ?

Les deux finalités du projet sont la réduction des déchets et la lutte contre l’isolement. A Marseille on trouve tout le temps du bois dans les rues. Il y a tout une logique a développer avec les entreprises du territoire. Par exemple à Toulouse, un autre atelier bois travaille en partenariat avec Airbus. Cette grande société utilise des caisses de transport absolument gigantesques qui ne servent qu’une seule fois. Alors que c’est du très bon bois. Ce qui est considéré comme un déchet pour certains, peut représenter une ressource de construction pour d’autres.

Puis nous souhaitons lutter contre l'isolement des travailleurs indépendants. Nous partons du principe que c’est dommage que chacun soit seul dans son garage, son appartement ou son atelier professionnel pour travailler le matériau bois. Alors que les personnes pourraient bénéficier d’un endroit fréquenté par d’autre professionnels qui ont envie d’échanger, de transmettre un savoir-faire, de donner des conseils ou d'en recevoir. Il s'agit surtout de mutualiser les outils : plutôt que d’avoir 10 scies-sauteuses dans 10 appartements, il vaut mieux en avoir qu'une seule qui serve réellement dans un seul lieu. C’est aussi lié à notre démarche de réduction des déchets. Nous cherchons avant tout à construire un lieu de travail du bois mutualisé.

D’où proviendra le bois utilisé dans les locaux de Share Wood ?

Soit les gens viendront avec leur propre bois de récupération, acheté ou trouvé dans la rue. Soit ils pourront bénéficier du service d’achat groupé que nous mettrons en place avec des fournisseurs partenaires. Nous pourrons aussi récupérer du bois issus de la filière « déchets ». Pour ce faire, nous pourrions ainsi travailler avec les collectivités territoriales. Il y aura à la fois un lieu de stockage pour les projets en cours et pour le bois.

 

Vincent Chevillot, co-fondateur de Share Wood - DR

En quoi votre projet s'inscrit-il dans l' Economie Sociale et Solidaire ?

D'abord, c'est un moyen d'aider les professionnels qui lancent leur activité, via un tarif très bas. Mais nous mettons aussi en avant la notion de gouvernance participative. Nous avons envie de permettre à quiconque de comprendre comment fonctionne la gestion d’une entreprise en y participant. Une personne peut intégrer la structure en tant que visiteur, puis participer à des commissions et prendre part aux décisions. Les adhérents à la société coopérative qui portera le projet pourront devenir administrateur et participer, par exemple, aux recrutements. Cette implication ne sera pas obligatoire mais possible. C'est une forme d'éducation populaire à l'administration d'une entreprise.

Plus d'infos :

www.facebook.com/sharewoodmarseille

 

CONSTRUIRE SAIN EN COEUR D'HERAULT : LE "UN POUR TOUS, TOUS POUR UN" DU BATIMENT ECOLO

Créé le : 16/08/2017
Les artisans du réseaux Construire Sain en Coeur d'Hérault sont animés par une volonté commune : bâtir dans le respect de l'humain, de leur territoire et de l'environnement - DR

Ils ne sont pas quatre mais douze, et ne sont pas mousquetaires, mais artisans. Ils font de la maçonnerie, de l’isolation, des énergies renouvelables ou de la construction bois… Et ils le font en mode « éco », en se soutenant les uns les autres. Construire Sain en Cœur d’Hérault, réseau d’artisans qui s’inscrit dans une démarche de qualité environnementale, humaine et technique, soufflera bientôt sa demi bougie.

« Il faut arrêter de scier la branche sur laquelle on est assis », lance Raphaël Chadi, artisan dans la construction bois. Un principe métaphorique qui l'a poussé a fonder le réseau Construire Sain en Cœur d’Hérault, avec neuf de confrères artisan, en mars dernier. « Le jour du printemps », précise-t-il, comme pour mieux exprimer un désir de renouveau. L'association est réservée aux artisans de l’éco-construction du cœur d’Hérault – région qui s’étend de Montpellier jusqu’au plateau du Larzac. Elle a pour objectif de faire connaître les professionnels s'inscrivant dans des "bonnes pratiques". La structure permet à ses adhérents de favoriser l'entraide, la coopération, notamment en matière de formation. Comment ? Via une forme de cooptation, chaque membre devenant le garant moral des autres, et s'engageant à recommander ses confrères auprès de ses clients.

Matériaux écologiques et locaux

Et le succès est au rendez-vous ! D’autres artisans ont rejoints le collectif « déjà débordés », se réjouit Raphaël Chadi. Le groupe réfléchit d’ailleurs à la possibilité d’engager quelqu’un pour la communication et la coordination du projet. Pour adhérer il faut s'acquitter d'une cotisation annuelle de 150€ et surtout il faut être en phase avec dans les critères de la charte écologique de l'association.

Les matériaux utilisés sur les chantiers de ces éco-artisans doivent être au maximum locaux, renouvelables, biodégradables, recyclables, solides et à faible énergie grise (l’énergie nécessaire pour la production, l’extraction, la transformation, etc. d’un produit). Des conditions qui, selon Raphaël Chadi, relèvent de l’évidence, tout d’abord pour leur aspect sanitaire : « Les produits naturels sont moins nocifs que les produits de synthèse », rappelle-t-il. Mais l’éco-construction est également la garantie d’un plus grand confort : « les isolants écologiques, par exemple, sont plus performants que les conventionnels, ce qui permet un confort d’été augmenté ». Enfin, tout cela contribue à faire tourner l’économie locale en développant les filières courtes.

"Cercle vertueux"

Raphaël Chadi estime que l’association, soutenue par le syndicat mixte de développement local, Sydel Pays Cœur d’Hérault, participe à un véritable « cercle vertueux », et espère bien que ce projet leur permettra de concurrencer « les grosses sociétés qui surfent sur la vague de l’écologie ». Comme quoi, même sans épée et chapeau à plumes, il est possible de s’unir contre plus gros que soi, et de défendre ses convictions.

Plus d’info :

www.facebook.com/R%C3%A9seau-Construire-Sain-en-C%C5%93ur-dH%C3%A9rault-148072585598094/

 

AGNÈS OLIVE, MARSEILLE VERT : « IL FAUT VALORISER LES GESTES ÉCOLOGIQUES DES ENTREPRISES LOCALES »

Créé le : 20/07/2017
Agnès Olive a mis en pause son activité de romancière pour se concentrer sur Marseille Vert, sa société de communication destinée aux entreprises écologiques. Crédits : Vincent Bernal

Auteure de romans et d’un récit sur sa prise de conscience écologique, Change, Agnès Olive est la fondatrice de Marseille Vert. Ce service de communication destiné aux entreprises de la transition écologique est créé au moment de la COP 21, en 2015. Un an et demi plus tard, il fédère une cinquantaine d’entreprises, son site internet est visité plus de 20.000 fois par mois, et un projet de lieu urbain et 100% écolo est dans les cartons.

Comment en êtes-vous venue à créer Marseille Vert ?

Au départ, j’écris des romans. Comme ça ne fonctionnait pas tellement, j’ai commencé à faire des piges dans le domaine de la culture, à Marseille. Je me suis intéressée à l’écologie, et j’ai demandé au ToutMa (magazine marseillais consacré à la culture, aux voyages, à la gastronomie, etc., ndlr) de monter une rubrique écolo. J’ai tenu cette rubrique, et, comme ça, je suis allée à la rencontre des acteurs de l’écologie à Marseille. Je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de choses à faire, et j’avais envie d’agir. J’ai pensé qu’il manquait une agence de communication verte, pas quelque chose qui serait dans la veine du « green washing », mais une structure vraiment engagée dans le changement, avec du cœur, de l’envie. Finalement, en 2015, je me suis décidée à créer mon entreprise. Je l’ai lancée le 30 novembre 2015, le jour de l’ouverture de la COP 21, parce que je savais qu’on allait enfin parler d’écologie en France, tous les jours et dans tous les médias, et je voulais profiter de cette dynamique.

Quel est l’objectif de Marseille Vert ?

C’est une société de communication qui a pour but d’inciter les entreprises de Marseille et des alentours à s’engager pour la planète. Je voulais fédérer des entreprises, notamment celles de petite et moyenne taille. Aujourd’hui, il y a un nombre incroyable de PME qui gagnent correctement leur vie, et qui ne se préoccupent pas de leur impact sur la planète. Donc, l’objectif, c’était de les inciter à engager des gestes écologiques, en leur montrant que je pouvais valoriser ces gestes. En réalité, convertir les entreprises à l'écologie, c’est très difficile, et ça prend beaucoup de temps. Mais je suis arrivée à fédérer celles qui étaient déjà sensibilisées, et j’ai réussi à en faire venir d’autres qui, au départ, ne se sentaient pas trop concernées, grâce à l’ampleur que Marseille Vert a prise sur les réseaux sociaux. Nous nous ouvrons maintenant à tous les acteurs de l’écologie, aux associations et aux particuliers qui veulent travailler ensemble pour changer Marseille. L’idée, c’est aussi d’appliquer la formule « agir local, penser global ». Sur le site, j’évoque des initiatives de la région de Marseille et des Bouches-du-Rhône, mais je publie aussi des informations positives du monde entier, pour nous inscrire dans un mouvement planétaire.

Qu’est-ce qu’une entreprise verte selon vous ?

Il y a différents degrés. Il y a l’entreprise qui est déjà complètement verte, comme GreenDeliss par exemple. Ils offrent un service de restauration rapide le midi, mais c’est aussi un salon de thé, et tout ce qu’ils font est bio, local, et sans emballage plastique. C’est vraiment le top. Mais il y aussi des structures comme le Poisson Rouge (restaurant et bar à tapas de Marseille, ndlr), qui ne proposent pas tout en bio, mais chez qui tout est fait maison, local et de saison : on reste sur des circuits raisonnés. Et ces entreprises s’améliorent : par exemple, le Poisson Rouge est passé au tout bio pour les vins. Je pense qu’on est sur la bonne voie, que le monde est en train de changer dans le bon sens. Mais il faut se bouger si on veut sauver la vie sur Terre, car il y a urgence.

À l’avenir, quels sont vos projets pour Marseille Vert ?

J’aimerais que nous restions une entreprise de petite taille, pour garder la dynamique d’envie et de changement qui est la nôtre. J’ai aussi pour projet de créer un lieu urbain et 100% écologique à Marseille. Ce serait un endroit pour les entreprises écolo, avec des plantations en permaculture, des activités de méditation, et où il serait possible d’inviter des artistes qui travaillent dans la prise de conscience par exemple. Ce serait aussi un endroit de collecte de toutes les informations concernant l’écologie sur le territoire marseillais. Dans ce cadre, je m’occuperais de la communication. Mais pour l’instant, je cherche encore un lieu et des financements.

Plus d’infos :

Marseille Vert
Change

INTERVIEW – Financez des initiatives sociales et solidaires avec IéS 34 (Initiatives pour une Economie Solidaire)

Créé le : 19/07/2017
Les bénévoles d'IéS 34 s'installent au Faubourg de Montpellier. Crédits photo : Viviane Radier, SCIC IéS

Il y a un an, la coopérative IéS 34 (Initiatives pour une Économie Solidaire) voyait le jour. Cette structure de financement des entreprises de l'économie sociale et solidaire fonctionne en grande partie grâce à la participation citoyenne locale. Elle s'intègre au réseau de sociétés coopératives de financement solidaire déployées progressivement en région Occitanie depuis 1998. Sans Transition ! a d'ailleurs  bénéficié d'un soutien de la part de la coopérative. La Maison des Possibles, société coopérative éditrice de Sans Transition !, fait d'ailleurs partie des quatre projets soutenus par IéS 34 en 2017. Aurélien Delsol, coopérateur d'Iès 34, revient avec nous sur cette année de développement. 

Quels sont les objets d’IES 34 ?

L’idée est d’être au plus près des territoires. On fait partie d’une structure régionale en tant que telle. Mais l’enjeu est le même pour toutes les antennes: permettre aux citoyens de participer directement au développement économique de structures qui ont du sens pour le territoire. D’une manière globale, on intervient sur tous les stades de la vie d’une entreprise : de la création au développement. IéS intervient avec plusieurs outils de fonds propres qui permettent à une structure de développer ses actions et de mieux faire face à des difficultés passagères. La grande particularité est que ces fonds ne sont pas issus de banques, mais proviennent en grande majorité de citoyens. D’autres sociétaires (collectivités locales et régionales, communautés d’agglomération, …) sont impliqués, mais sur un millier de coopérateurs environ, 860 sont des citoyens.

Quelles ont été les nouvelles entreprises financées en 2016 et 2017 dans l’Hérault ?

Depuis le lancement sur l’Hérault, huit structures ont été financées. Nous n’avons pas de montant minimum ou maximum à octroyer mais notre ambition est de soutenir quatre projets par an en moyenne. Nous sommes un petit groupe, le temps et les moyens nous manquent pour en faire davantage. Pour l’année qui vient de s’écouler, nous avons réparti un peu plus de 60 000€ environ. Les attributions vont de 15 000€ à 20 000€ par projet.  Dans toute la région, il y a eu 15 entreprises financées, pour un total de 300 000€. Nos financements héraultais ont été accordés à Dyopta, Forum TV, Hab Fab, Pain et Partage Montpellier en 2016. En 2017, ils ont été consacrés à Bio Ensemble, Les fromages du Salagou, La menuiserie Collaborative, et La Maison des Possibles, qui édite votre magazine.

Quels sont vos critères pour choisir les structures à financer ?

Avant tout, la dimension collective du projet est primordiale, car nous ne finançons pas les entreprises individuelles. Ensuite, la territorialisation de l’entreprise sur le champ de l’économie solidaire ou responsable représente un autre point important. Nos champs d’actions sont divers, mais la structure doit toujours avoir une vraie implantation locale, et réfléchir aux impacts de ses actions sur le territoire. Sans oublier l’importance du facteur emploi que le projet implique. En termes de logistique, ce sont les groupes locaux qui sont la première porte d’entrée en cas de sollicitation de projet. C’est eux qui vont se positionner sur leur éligibilité. Après instruction, la demande sera validée ou non par un comité d’engagement unique réuni à Toulouse. Généralement, le processus se déroule sur trois ou quatre mois.

Quel est le bilan de cette année parcourue et quelles sont vos perspectives ?

Le bilan est très positif. Nous avons de belles structures coopératives qui ont émergé cette année. Nous sommes heureux qu’elles aient rapidement réussi à s’implanter sur le territoire. Certains projets ont besoin de plus de temps que d’autres pour stabiliser leur modèle économique, mais tous se développent très correctement. Plus localement, nous allons inaugurer nos locaux le 3 octobre au Faubourg de Montpellier [ndlr : tiers lieu qui met à disposition une agence partagée, un espace de coworking et des salles de réunion]. Cela sera l’occasion pour toutes les entreprises financées de se rencontrer et d’échanger avec les citoyens qui les ont aidés. On espère que notre présence au sein du Faubourg nous apportera une visibilité, et surtout nous rendra plus accessibles à tous les porteurs de projets. Parallèlement, nous envisageons également la création d’un groupe local dans l’Aude.

Plus d’infos :
http://www.ies.coop

LA ROUE TOURNE A AIX

Créé le : 07/07/2017
La Roue, monnaie locale déjà utilisée dans le Vaucluse, les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône, circule en pays d’Aix depuis mars. Un lancement officiel a eu lieu le 24 juin. Trente-sept professionnels acceptent déjà la monnaie en pays aixois et plus de 400 dans le département.
 
Plus d'infos : www.laroue.org
 
 

L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE PROCHAINEMENT INTERDITE EN EUROPE ?

Créé le : 05/07/2017
Pixabay

Bientôt une plus grande durée de vie pour nos machines à laver, fours et autres appareils ménagers ? Le Parlement européen a adopté, mardi 4 juillet, un rapport d'initiative destiné à favoriser la longévité des produits. L'interdiction pure et simple de l'obsolescence programmée est prévue par le document.  

Pièces de rechange standardisées 

Selon le texte porté par le député écologiste français Pascal Durand, les fournisseurs devront mettre à disposition de leurs clients des pièces de rechange standardisées et faciliter la réparation des matériels et machines proposés sur le marché européen. La décision est saluée par l'association HOP (Halte à l'obsolescence programmée). Laetitia Vasseur, déléguée générale de l'organisation se réjouit que « le lobbying citoyen et le volontarisme français contre l’obsolescence programmée aient si bien inspiré l’échelon européen. C’est un excellent signal pour tous les acteurs du secteur. Nous serons vigilants à ce que la Commission se saisisse désormais à son tour du sujet ». Espérons que ces annonces seront traduites en mesures concrètes permettant aux citoyens de moins jeter...

LE CONCOURS « MON PROJET INNOVANT » LANCE DEUX APPELS A PROJETS

Créé le : 03/07/2017
Edition 2017 du concours Mon Projet Innovant

La Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire lance l'édition 2017 de son appel à projet « Mon projet innovant », destiné aux entreprises de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire). Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 juillet. Parallèlement, toutes les start-up intéressées sont incitées à participer au concours en postulant dès le 4 septembre.

431, c’est le nombre de projets qui ont été présentés depuis la création du concours en 2010. A cela s’ajoutent les 184 lauréats qui ont connu un encadrement et une accélération dans leur démarche innovante. Mon Projet Innovant est un concours qui accompagne et fait émerger les initiatives remarquables à fort caractère d’innovation économique, technologique ou sociale ayant un impact sur les territoires des régions Bretagne et Pays de la Loire.

Après l’emploi, le logement, l’autonomie, la jeunesse, la santé ou encore le bien-vieillir, le concours 2017 s’articule autour de la thématique suivante : « Initiative remarquable, innovons en Bretagne et Pays de la Loire ». Les domaines abordés cette année sont l’insertion, la culture, la santé, l’éducation, l’environnement, le logement, le handicap et le service à la personne.

Deux appels à projets

Grande nouveauté. Pour sa cinquième édition, le concours Mon Projet Innovant s’adresse bien-sûr aux projets de l'ESS, mais aussi aux start-up issues d’autres horizons. La première vague de candidatures concerne les postulants ESS et se clôture le 15 juillet. Une fois les lauréats sélectionnés le 10 novembre, il faudra attendre le 2 décembre pour connaître le vainqueur de cette catégorie. Le deuxième appel à candidatures, dédié aux start-up, débute le 4 septembre et s’achève le 28 octobre. Après la sélection des participants, le 9 novembre, les entreprises encore en lice devront prendre leur mal en patience jusqu’à la remise des prix en décembre.

Interview de Sophie Stephan, directrice du Développement Coopératif et Solidaire à la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de Loire, par Julien Dezécot, directeur de publication à Sans Transition

Des récompenses non négligeables

Les douze initiatives sélectionnées - six pour chaque appel à projets – se verront dotées de 10 000€ chacune. De quoi bien démarrer aux côtés de l’accompagnement technique de FONDES Pays de la Loire, Bretagne Active, la CRESS Pays de la Loire, la CRESS Bretagne et les EnchanTerresPartenaire du concours, Sans Transition ! Bretagne offrira un an d’abonnement au projet victorieux. Nous lui accorderons également la possibilité de participer à l’émission Sans Transition !, diffusée sur Tébéo, chaîne de télévision bretonne.

Plus d'infos : monprojetinnovant.org

ÉNERGIE SOLAIRE, enfin l'éclaircie ?

Créé le : 30/06/2017
Le parc Lé Camazou, situé sur le site de l’ancienne mine d’or de Villanière, dans l’Aude, accueille 46 000 modules photovoltaïques polycristallins de 260 Wc (SILLIA VL). La puissance totale installée est de 12 mégawatts-crête (Mwc) sur 20 hectares. Le groupe RES, qui gère le site, envisage une production annuelle de 14 millions de Kwh, soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 7 000 personnes.© B2i

L’année 2016 serait-elle enfin celle de l’avènement d’une embellie durable pour l’energie solaire ? En tout cas, les choses bougent. Le décret sur l’autoconsommation solaire collective a été publié au Journal officiel le 30 avril dernier et est effectif depuis le 1er mai. Certains freins se libèrent donc. Et le bilan positif de l’année passée pour le photovoltaïque montre que les signaux passent au vert. Enquête.


 

Une production multipliée par 8 depuis 2008, un volume d’installations qui triple en huit ans, des centaines d’appels à projets sur les rails, l’énergie solaire en France s’est distinguée en 2016. Elle reste pourtant anecdotique face à la puissance de sa voisine allemande, leader mondial du photovoltaïque. Histoire d’une ressource toujours sous-utilisée…

 

Par Virginie Jourdan

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