Économie

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

Un magasin « anti-gaspi » et local ouvre à Rennes

Créé le : 27/04/2018
Le magasin Nous ouvrira ses porte le 4 mai prochain, à Melesse, près de Rennes - DR

Des légumes « moches » mais délicieux, des yaourts qui atteignent bientôt leur date limite de consommation mais qui sont tout à fait consommables ou encore des boites de conserve un peu cabossées. On trouve tout cela chez Nous, nouveau réseau de magasins « anti-gaspi » dont la première boutique ouvrira ses portes le 4 mai à Melesse, près de Rennes. 

Économe et éco-responsable

Autre particularité de ce commerce pas comme les autres : le local. « les produits (fruits et légumes, frais, surgelés, sec…) seront issus de filières anti-gaspillage, le plus souvent en direct des producteurs et donc en circuits courts », précisent les porteurs du projet, Charles Lottmann et Vincent Justin. Des denrées vendues peu chères. Selon les fondateurs, « Faire ses courses chez NOUS permet à une famille de 4 personnes d’économiser 150 à 200€ par mois en moyenne ». Bon pour la planète et le porte monnaie.

 

 

Plus d'infos : www.nousantigaspi.com

A Lorient, le citoyen au cœur de la transition alimentaire

Créé le : 17/04/2018
Les Assises de la transition alimentaire étaient organisées par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud - Crédit : Benoit Vandestick

Par Benoît Vandestick 

« De plus en plus de consommateurs ont peur de s’alimenter et de plus en plus d’agriculteurs ont peur dans l’exercice de leur métier », a fait remarquer René Louail (confédération paysanne), en clôture des assises de la transition alimentaire et agricole qui se déroulaient samedi 14 avril, à Lorient. L’événement a été organisé par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud. 

Le professionnel de santé a présenté la synthèse des échanges de la journée, sous forme de préconisations : développer les protéines végétales, taxer la pollution et les produits nuisant à la santé, impliquer les citoyens dans les pratiques agricoles, réformer les politiques foncières, créer un ministère de la pêche et féminiser les métiers de la mer. Le sénateur écologiste du Morbihan, Joel Labbé, s’est félicité des échanges et en a pris note. Il présentera prochainement, avec d’autres élus, 30 amendements à la loi sur la transition alimentaire.

Déçus des Etats généraux de l'alimentation

L’idée de ces assises est née de la déception des Etats Généraux de l’Alimentation où, pour les organisateurs, « L’industrie agroalimentaire a été surreprésentée au détriment des consommateurs, personnels de santé et environnementalistes ». Au cours de la journée, les intervenants ont insisté sur l’engagement citoyen comme levier de la transition. « Il faut un engagement citoyen pour forcer le modèle durable, car en face, le système classique se maintient par l’absence de prise en compte des coûts environnementaux et sanitaires dans le prix de vente », a défendu Catherine Darrot, enseignante à l’Agrocampus Ouest. Le maire de Langouet, Daniel Cueff, a partagé ses astuces pour développer la bio dans les cantines : « On réduit les protéines animales, on compose les menus en fonction des saisons et on achète en circuit court ». Pour Sophia Lakdar, présidente de l’association Bioconsom’acteur, « Le choix de consommation est parfois limité par le manque d’offre. C’est pourquoi l’action collective est indispensable, pour créer des associations et coopératives afin d’organiser la production et la consommation de produits bio et locaux ».


INTERVIEW - Joël Labbé, sénateur du Morbihan, « Nous sommes déçus par les États généraux de l'alimentation »

Rencontré en marge des Assises de la transition alimentaire, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, évoque avec nous le bilan mitigé des États généraux de l’alimentation. Et la promotion du bio et local dans la restauration collective.


"Se nourrir demain"

Pour ouvrir les assises, vendredi 13 avril, à l’UBS, à Lorient, Claude Gruffat, président de Biocoop, a tenu la conférence « Se nourrir demain ». Il y a défendu une agriculture bio à taille humaine et de proximité, seule, selon lui, capable d’assurer une alimentation saine au consommateur et un revenu décent pour les producteurs. Une interview est à retrouver sur le site de la Biocoop Les 7 épis.

AGRICULTURE : tester pour réussir

Créé le : 02/04/2018
Aurélie passe tous les jours ramasser les oeufs de ses « petites rousses ». Avec son mari Antoine, elle a aussi le projet d’élever des volailles de chair. L’atelier de poules pondeuses déjà installé sur le site de la Pépiterre leur permet de se rôder au métier mais aussi de commencer à mettre en place un réseau de fournisseurs, un circuit de distribution… © S. Biju

À Sarzeau (56), en presqu’île de Rhuys, l’association La Pépiterre aide au développement de projets agricoles et artisanaux. À l’origine de cette pépinière d’entreprises rurales, des paysans déjà installés et d’autres en recherche de terres qui ont voulu mutualiser leurs efforts en matière de veille foncière. Aujourd’hui, la Pépiterre offre un espace-test pour lancer, doucement mais sûrement, son activité.

Par Stéphanie Biju

Tout au fond du « jardin », les poules du Bindo gambadent au grand air sur 1000 m² de parcours libre. 220 « petites rousses » comme les surnomme Aurélie. La jeune éleveuse passe tous les jours entre 10h30 et 12h pour ramasser leurs œufs. « Mes poules ne sont pas très matinales », ironise-t-elle. Pas encore bien éduquées non plus… « Certaines coquines se sont habituées à pondre au sol », peste Aurélie, en quête de la moindre coquille cachée dans la litière du poulailler. « Ces œufs-là sont invendables… Mais bon, tout ça, ça se travaille ! Il faut leur apprendre à utiliser les nids. »

Aurélie et son mari Antoine, éleveurs de poules pondeuses bio et de volailles de chair, Faňch, producteur de plants de légumes bio, Stéphane, charpentier spécialiste de l’ossature bois, Maria, créatrice d’objets de déco en matériaux recyclés ou encore Marine et Chloé, chocolatières bio et équitable… Une dizaine de porteurs de projets ont rejoint les rangs de la Pépiterre, une pépinière d’entreprises agricoles, artisanales et solidaires, installée à la sortie du bourg...

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[INTERVIEW SONORE] – Nicole Briend : « Le politique doit reprendre la main sur la finance »

Créé le : 05/02/2018

Nicole Briend comparait mardi 6 février devant le tribunal de Carpentras (84) pour avoir  « réquisitionné » des chaises dans une agence BNP Paribas. L'action visait à dénoncer l'évasion fiscale. En réaction, Attac organise de son côté « le procès de l'évasion fiscale », à Carpentras, les 5 et 6 février. C'est dans ce cadre que nous avons rencontré Nicole Briend, qui revient sur la nécessité d'organiser une « mobilisation citoyenne », pour ramener l'argent des multinationales dans les caisses publiques. 

 

DIMINUTION DES CONTRATS AIDÉS. LES ENTREPRENEURS SOCIAUX DEMANDENT UN MORATOIRE

Créé le : 13/09/2017
DR

Il n'y a pas que les collectivités locales et le secteur associatif qui déplorent la diminution abrupte du nombre de contrats aidés par le gouvernement. Contrats qui devraient passer de 459 000 actuellement à 310 000 dès 2017. Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), qui regroupe des associations mais aussi des SAS et des sociétés coopératives, dénonce, dans un communiqué, la « méthode employée » par l’État pour réduire drastiquement les contrats de type CUI-CAE (Contrat unique d'insertion) « sans aucune alternative ». 

Le Mouves poursuit en rappelant l’importance de ces contrats pour les structures et les publics qui en bénéficient. Puis en comparant le coût des contrats aidés et celui du Crédit d'impôt pour la compétitivité (CICE) :

« Les CUI-CAE permettent d’embaucher en contrats à durée déterminée certaines populations parfois en grande difficulté sur le marché du travail. Le ministère du Travail estime que le coût représenté par les contrats aidés est trop important par rapport à leur réussite d’insertion professionnelle, or un emploi en CUI-CAE coûte environ 40 000 euros avec un taux de transformation moyen en emploi durable d’environ 30 % (Organisme de statistiques du ministère du Travail). Face aux 29 milliards d’euros dépensés pour le CICE pour environ 70 000 emplois créés ou sauvegardés, la facture paraît presque mince. »

Un « moratoire » jusqu'à janvier 2018

Une argumentation qui conduit le Mouves à réclamer à l'État un « moratoire » sur le sujet « au moins jusqu'à janvier 2018 »  :

« non pour bloquer certaines nécessaires réformes mais bien pour prendre en compte les évaluations existantes de ces dispositifs, réfléchir à des moyens alternatifs pour le développement des projets d’utilité sociale, préparer la suite avec une réponse globale et ambitieuse pour en finir avec des politiques publiques au coup par coup, sectorielles et catégorielles. Relancer ainsi la concertation avec les acteurs permettra par ailleurs de reposer les bases d’un fonctionnement partenarial en confiance avec les entreprises sociales. »

ÉNERGIE SOLAIRE, enfin l'éclaircie ?

Créé le : 11/09/2017
Le parc Lé Camazou, situé sur le site de l’ancienne mine d’or de Villanière, dans l’Aude, accueille 46 000 modules photovoltaïques polycristallins de 260 Wc (SILLIA VL). La puissance totale installée est de 12 mégawatts-crête (Mwc) sur 20 hectares. Le groupe RES, qui gère le site, envisage une production annuelle de 14 millions de Kwh, soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 7 000 personnes.© B2i

L’année 2016 serait-elle enfin celle de l’avènement d’une embellie durable pour l’energie solaire ? En tout cas, les choses bougent. Le décret sur l’autoconsommation solaire collective a été publié au Journal officiel le 30 avril dernier et est effectif depuis le 1er mai. Certains freins se libèrent donc. Et le bilan positif de l’année passée pour le photovoltaïque montre que les signaux passent au vert. Enquête.


 

Une production multipliée par 8 depuis 2008, un volume d’installations qui triple en huit ans, des centaines d’appels à projets sur les rails, l’énergie solaire en France s’est distinguée en 2016. Elle reste pourtant anecdotique face à la puissance de sa voisine allemande, leader mondial du photovoltaïque. Histoire d’une ressource toujours sous-utilisée…

 

Par Virginie Jourdan

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DOSSIER - Demain : la fin des banques ?

Créé le : 12/12/2016
Crédit : Pixabay

Par Magali Chouvion, Julien Dezécot, Virginie Guéné et Gaëlle Rony

Nombreux sont les économistes et analystes à prédire une prochaine crise bancaire et financière. Dérégulations progressives du marché, Brexit, condamnation de la Deutsche Bank, fragilité des banques italiennes, affaire des Panamas Papers, bulle sur les énergies, crise pétrolière ou encore accroissement des liquidités sur fond de crise économique, tous les éléments semblent une fois de plus réunis pour amener le système à exploser.

Car depuis 2008, rien n'a changé, ou si peu. Que faire alors ? Attendre patiemment et sagement l'effondrement du système ? Quitte à en payer le prix fort sur son épargne, dûment gagnée. Ou tenter, à son échelle, de peser sur les banques et les politiques ? Sans Transition ! a choisi et vous livre ses précieux conseils.


 

Banques : vers une mort annoncée ?

par MC et JD

Après l’annonce cet été par les États-Unis d’une amende de 12 milliards d’euros infligée à la Deutsche Bank, pour sa responsabilité dans la crise des subprimes, c'est à nouveau la Société Générale qui est sous les feux de la rampe cet automne. En effet, le ministre des Finances vient de lui demander de rembourser les 2 milliards d'euros de crédits d’impôts octroyés par l’État, suite à sa responsabilité avérée dans l'affaire Kerviel. De fait, le monde de la finance est fragilisé. Ajoutez la fébrilité croissante des banques italiennes, un système financier mondial bâti sur des bulles prêtent à exploser et un contexte socio-économique mondial difficile. 8 ans après la faillite de Lehman Brothers et le krach qui s’en est suivi, la prochaine crise sera-t-elle bancaire ? 

« 97 à 98% des flux financiers quotidiens...

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Sébastien Paule, Mouves Occitanie : « l'enjeu d'une entreprise sociale, c'est son capital »

Créé le : 04/10/2016
Sébastien Paule, représentant du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) à Montpellier - Crédits : FD

Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) organise son deuxième « Tour du financement » à Montpellier, au pôle Réalis, le 13 octobre prochain. Rencontre avec Sébastien Paule, représentant du Mouves en Occitanie.

 

Qu'est-ce que le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) Occitanie ?

Le Mouves en Occitanie c'est la branche régionale du Mouves, réseaux national des entrepreneurs sociaux. Nous rassemblons plus de cent adhérents dans la région, pour la plupart des dirigeants d'entreprises sociales. Nous proposons deux types d'actions. Certaines sont tournées vers l'extérieur. Elles sont destinées à montrer la diversité de l'entrepreneuriat social et son rôle dans la société. Des actions sont davantage tournées vers nos membres et leurs besoins. Il s'agit principalement d'ateliers et de rencontres professionnelles. Chaque trimestre, nous organisons des dîners du réseau auxquels nous invitons des personnes issues d'autres collectifs d'entreprises. Les questions abordées sont diverses : comment lever des fonds ? Comment trouver un nom pour un nouveau produit ? Comment toucher son public ? Il s'agit d'accompagner les membres dans leurs pratiques. Nous favorisons le conseil de pair à pair.

Qu'est-ce qu'un entrepreneur « social » ?

C'est un entrepreneur dont les activités répondent à des besoins d'intérêt général. Tout en essayant de trouver un équilibre entre cet intérêt général et l'efficacité économique. Des indicateurs concrets définissent l'entrepreneuriat social. Comme la manière d'associer ses collaborateurs à la prise de décision. Etre entrepreneur social, c’est faire le choix de la lucrativité limitée. Ce qui va se retrouver dans un encadrement des salaires, dans la redistribution des bénéfices en proposant des parts aux salariés et/ou en réinjectant une grande partie de l'argent dans les réserves de la société ou dans des actions d'intérêt collectif (diversification, essaimage, création d’emploi, maximisation de son impact social…). En somme, cette lucrativité limitée garantit la poursuite de l’utilité sociale et environnementale du projet et la redistribution équitable de ses bénéfices. Elle exige néanmoins une certaine performance économique pour assurer cette mission. 

Le Tour du financement participatif, qui aura lieu le 13 octobre prochain, s'inscrit dans cette dynamique. En quoi va consister cette journée ?

La première édition du Tour a eu lieu l'année dernière à Toulouse. Cette année, elle se déroule logiquement à Montpellier, au Pôle Réalis. Le principe : faire se rencontrer des entrepreneurs qui ont des besoins particuliers et des structures de financement. Le tout en essayant de casser le côté « rencontre individuelle » conventionnel. Nous souhaitons allier conseil et rencontre directe avec des financeurs, dans un climat bienveillant et décontracté. Il y a des projets formidables en région qui sont malheureusement loin des radars des financeurs. Notre ambition est de les détecter et les rassembler autour de et avec nos partenaires et les réseaux de l’économie sociale et solidaire, mais aussi les structures de l’accompagnement. 

Qui seront les invités ?

Il y en a deux types. D'abord, des entrepreneurs et des directeurs administratifs et financiers qui ont des projets concrets. Il s'agit de personnes qui sont confrontées à des problématiques précises de trésorerie, d'amorçage ou d'investissement. Le but est d 'apporter des réponses à leurs interrogations. Réponses données par des experts du financement, qui constituent le second profil d'invités. Des structures et des organismes comme France Active, le Fond structurel européen ou des plateformes de crowdfunding comme Wiseed ou Ulule seront présents. Des partenaires institutionnels, comme la région Occitanie, seront également là pour présenter leurs dispositifs de financement. La palette d’acteurs du financement à impact social s’étend aux fonds publics à l’investissement solidaire, en passant par les structures du financement participatif et le financement bancaire.

Pour les entrepreneurs, ces rencontres qui se situent entre le « in » et le « off », permettent de jauger la solidité des projets. C'est un peu un crash-test pour évaluer à quels types de financements ils sont éligibles ou si les montants souhaités sont réalistes. En somme, c'est un moyen d'aider les personnes à affiner leurs demandes.

Quelles réponses peut offrir le financement participatif aux entreprises et aux porteurs de projets de l'économie sociale et solidaire ?

Il faut d'abord souligner qu'il existe beaucoup de formes de financement participatif. Des organismes proposent à des particuliers de prêter de l'argent pour financer un projet. D'autres permettent de rentrer au capital d'une entreprise. D'autres (Ulule, KissKiss BankBank...) s'apparentent plus à du don ou à de l'achat-don.

Le recours à ce type de financement évite mécaniquement des phénomènes de dépendance pour les entreprises. L'enjeu d'une entreprise sociale, c'est son capital. Car il faut bien payer les gens et investir. Or le recours au prêt bancaire peut être difficile. D'autant plus pour les entreprises sociales qui, justement, ont souvent peu de capital. Et les personnes qui portent ces projets n'ont pas forcément des objectifs capitalistiques. Pour disposer de capitaux, il faut donc trouver diverses sources de financements, à la fois publics et privés. Mais aussi trouver le moyen de mettre à contribution nos communautés. Le crowdfunding est l'illustration de cette dynamique.

Plus d'infos :

Sur le compte facebook du Mouves en Occitanie  

Préparez le Mois de l'ESS

Créé le : 17/07/2018

L’Economie Sociale et Solidaire prépare le Mois de l'ESS, ce sera comme tous les ans en novembre.

L’Economie Sociale et Solidaire au-delà de son sens et de ses valeurs porte un monde en pleine mutation.

Transition Ecologique, utilité sociale, égalité, performance : les acteurs se mobilisent, travaillent, proposent des services et solutions concrètes propices à tout à chacun et, par la même, à leur territoire. Le « Mois de l’ESS » est une chance donnée à chacun des acteurs et partenaires de l’ESS, de communiquer ensemble sur ce qui est leur réalité, leurs ambitions, leur contribution à ce qui fait et ce que fait l’ESS.

Pendant le Mois de l’ESS, présentez votre activité d’ESS, proposez un atelier participatif, une visite, un moment festif… allez à la rencontre du grand public !
Trois bonnes raisons pour organiser (ou co-organiser) une manifestation :

 

- faites découvrir vos activités et votre impact sur le territoire
- affichez votre engagement dans et pour l’ESS
- participez à une action collective de communication locale et nationale sur l’ESS

Pour accompagner votre communication pendant le Mois de l’ESS, la Cress met à votre disposition : visuels, site internet, affiches, programmes, fils d’actus sur les réseaux sociaux, partenariats médias...

Vous êtes acteur ou partenaire de l'ESS ? Vous pensez que votre (vos) projet(s) mérite(nt) d’être mieux connu(s) ? Participez et/ou organisez une manifestation en novembre en l'inscrivant ici.
Vous souhaitez découvrir les initiatives de l'ESS près de chez vous : cliquez ici pour découvrir les événements près de chez vous.



 

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