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Économie

DIMINUTION DES CONTRATS AIDÉS. LES ENTREPRENEURS SOCIAUX DEMANDENT UN MORATOIRE

Créé le : 13/09/2017
DR

Il n'y a pas que les collectivités locales et le secteur associatif qui déplorent la diminution abrupte du nombre de contrats aidés par le gouvernement. Contrats qui devraient passer de 459 000 actuellement à 310 000 dès 2017. Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), qui regroupe des associations mais aussi des SAS et des sociétés coopératives, dénonce, dans un communiqué, la « méthode employée » par l’État pour réduire drastiquement les contrats de type CUI-CAE (Contrat unique d'insertion) « sans aucune alternative ». 

Le Mouves poursuit en rappelant l’importance de ces contrats pour les structures et les publics qui en bénéficient. Puis en comparant le coût des contrats aidés et celui du Crédit d'impôt pour la compétitivité (CICE) :

« Les CUI-CAE permettent d’embaucher en contrats à durée déterminée certaines populations parfois en grande difficulté sur le marché du travail. Le ministère du Travail estime que le coût représenté par les contrats aidés est trop important par rapport à leur réussite d’insertion professionnelle, or un emploi en CUI-CAE coûte environ 40 000 euros avec un taux de transformation moyen en emploi durable d’environ 30 % (Organisme de statistiques du ministère du Travail). Face aux 29 milliards d’euros dépensés pour le CICE pour environ 70 000 emplois créés ou sauvegardés, la facture paraît presque mince. »

Un « moratoire » jusqu'à janvier 2018

Une argumentation qui conduit le Mouves à réclamer à l'État un « moratoire » sur le sujet « au moins jusqu'à janvier 2018 »  :

« non pour bloquer certaines nécessaires réformes mais bien pour prendre en compte les évaluations existantes de ces dispositifs, réfléchir à des moyens alternatifs pour le développement des projets d’utilité sociale, préparer la suite avec une réponse globale et ambitieuse pour en finir avec des politiques publiques au coup par coup, sectorielles et catégorielles. Relancer ainsi la concertation avec les acteurs permettra par ailleurs de reposer les bases d’un fonctionnement partenarial en confiance avec les entreprises sociales. »

ÉNERGIE SOLAIRE, enfin l'éclaircie ?

Créé le : 11/09/2017
Le parc Lé Camazou, situé sur le site de l’ancienne mine d’or de Villanière, dans l’Aude, accueille 46 000 modules photovoltaïques polycristallins de 260 Wc (SILLIA VL). La puissance totale installée est de 12 mégawatts-crête (Mwc) sur 20 hectares. Le groupe RES, qui gère le site, envisage une production annuelle de 14 millions de Kwh, soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 7 000 personnes.© B2i

L’année 2016 serait-elle enfin celle de l’avènement d’une embellie durable pour l’energie solaire ? En tout cas, les choses bougent. Le décret sur l’autoconsommation solaire collective a été publié au Journal officiel le 30 avril dernier et est effectif depuis le 1er mai. Certains freins se libèrent donc. Et le bilan positif de l’année passée pour le photovoltaïque montre que les signaux passent au vert. Enquête.


 

Une production multipliée par 8 depuis 2008, un volume d’installations qui triple en huit ans, des centaines d’appels à projets sur les rails, l’énergie solaire en France s’est distinguée en 2016. Elle reste pourtant anecdotique face à la puissance de sa voisine allemande, leader mondial du photovoltaïque. Histoire d’une ressource toujours sous-utilisée…

 

Par Virginie Jourdan

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DOSSIER - Demain : la fin des banques ?

Créé le : 12/12/2016
Crédit : Pixabay

Par Magali Chouvion, Julien Dezécot, Virginie Guéné et Gaëlle Rony

Nombreux sont les économistes et analystes à prédire une prochaine crise bancaire et financière. Dérégulations progressives du marché, Brexit, condamnation de la Deutsche Bank, fragilité des banques italiennes, affaire des Panamas Papers, bulle sur les énergies, crise pétrolière ou encore accroissement des liquidités sur fond de crise économique, tous les éléments semblent une fois de plus réunis pour amener le système à exploser.

Car depuis 2008, rien n'a changé, ou si peu. Que faire alors ? Attendre patiemment et sagement l'effondrement du système ? Quitte à en payer le prix fort sur son épargne, dûment gagnée. Ou tenter, à son échelle, de peser sur les banques et les politiques ? Sans Transition ! a choisi et vous livre ses précieux conseils.


 

Banques : vers une mort annoncée ?

par MC et JD

Après l’annonce cet été par les États-Unis d’une amende de 12 milliards d’euros infligée à la Deutsche Bank, pour sa responsabilité dans la crise des subprimes, c'est à nouveau la Société Générale qui est sous les feux de la rampe cet automne. En effet, le ministre des Finances vient de lui demander de rembourser les 2 milliards d'euros de crédits d’impôts octroyés par l’État, suite à sa responsabilité avérée dans l'affaire Kerviel. De fait, le monde de la finance est fragilisé. Ajoutez la fébrilité croissante des banques italiennes, un système financier mondial bâti sur des bulles prêtent à exploser et un contexte socio-économique mondial difficile. 8 ans après la faillite de Lehman Brothers et le krach qui s’en est suivi, la prochaine crise sera-t-elle bancaire ? 

« 97 à 98% des flux financiers quotidiens...

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Sébastien Paule, Mouves Occitanie : « l'enjeu d'une entreprise sociale, c'est son capital »

Créé le : 04/10/2016
Sébastien Paule, représentant du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) à Montpellier - Crédits : FD

Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) organise son deuxième « Tour du financement » à Montpellier, au pôle Réalis, le 13 octobre prochain. Rencontre avec Sébastien Paule, représentant du Mouves en Occitanie.

 

Qu'est-ce que le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) Occitanie ?

Le Mouves en Occitanie c'est la branche régionale du Mouves, réseaux national des entrepreneurs sociaux. Nous rassemblons plus de cent adhérents dans la région, pour la plupart des dirigeants d'entreprises sociales. Nous proposons deux types d'actions. Certaines sont tournées vers l'extérieur. Elles sont destinées à montrer la diversité de l'entrepreneuriat social et son rôle dans la société. Des actions sont davantage tournées vers nos membres et leurs besoins. Il s'agit principalement d'ateliers et de rencontres professionnelles. Chaque trimestre, nous organisons des dîners du réseau auxquels nous invitons des personnes issues d'autres collectifs d'entreprises. Les questions abordées sont diverses : comment lever des fonds ? Comment trouver un nom pour un nouveau produit ? Comment toucher son public ? Il s'agit d'accompagner les membres dans leurs pratiques. Nous favorisons le conseil de pair à pair.

Qu'est-ce qu'un entrepreneur « social » ?

C'est un entrepreneur dont les activités répondent à des besoins d'intérêt général. Tout en essayant de trouver un équilibre entre cet intérêt général et l'efficacité économique. Des indicateurs concrets définissent l'entrepreneuriat social. Comme la manière d'associer ses collaborateurs à la prise de décision. Etre entrepreneur social, c’est faire le choix de la lucrativité limitée. Ce qui va se retrouver dans un encadrement des salaires, dans la redistribution des bénéfices en proposant des parts aux salariés et/ou en réinjectant une grande partie de l'argent dans les réserves de la société ou dans des actions d'intérêt collectif (diversification, essaimage, création d’emploi, maximisation de son impact social…). En somme, cette lucrativité limitée garantit la poursuite de l’utilité sociale et environnementale du projet et la redistribution équitable de ses bénéfices. Elle exige néanmoins une certaine performance économique pour assurer cette mission. 

Le Tour du financement participatif, qui aura lieu le 13 octobre prochain, s'inscrit dans cette dynamique. En quoi va consister cette journée ?

La première édition du Tour a eu lieu l'année dernière à Toulouse. Cette année, elle se déroule logiquement à Montpellier, au Pôle Réalis. Le principe : faire se rencontrer des entrepreneurs qui ont des besoins particuliers et des structures de financement. Le tout en essayant de casser le côté « rencontre individuelle » conventionnel. Nous souhaitons allier conseil et rencontre directe avec des financeurs, dans un climat bienveillant et décontracté. Il y a des projets formidables en région qui sont malheureusement loin des radars des financeurs. Notre ambition est de les détecter et les rassembler autour de et avec nos partenaires et les réseaux de l’économie sociale et solidaire, mais aussi les structures de l’accompagnement. 

Qui seront les invités ?

Il y en a deux types. D'abord, des entrepreneurs et des directeurs administratifs et financiers qui ont des projets concrets. Il s'agit de personnes qui sont confrontées à des problématiques précises de trésorerie, d'amorçage ou d'investissement. Le but est d 'apporter des réponses à leurs interrogations. Réponses données par des experts du financement, qui constituent le second profil d'invités. Des structures et des organismes comme France Active, le Fond structurel européen ou des plateformes de crowdfunding comme Wiseed ou Ulule seront présents. Des partenaires institutionnels, comme la région Occitanie, seront également là pour présenter leurs dispositifs de financement. La palette d’acteurs du financement à impact social s’étend aux fonds publics à l’investissement solidaire, en passant par les structures du financement participatif et le financement bancaire.

Pour les entrepreneurs, ces rencontres qui se situent entre le « in » et le « off », permettent de jauger la solidité des projets. C'est un peu un crash-test pour évaluer à quels types de financements ils sont éligibles ou si les montants souhaités sont réalistes. En somme, c'est un moyen d'aider les personnes à affiner leurs demandes.

Quelles réponses peut offrir le financement participatif aux entreprises et aux porteurs de projets de l'économie sociale et solidaire ?

Il faut d'abord souligner qu'il existe beaucoup de formes de financement participatif. Des organismes proposent à des particuliers de prêter de l'argent pour financer un projet. D'autres permettent de rentrer au capital d'une entreprise. D'autres (Ulule, KissKiss BankBank...) s'apparentent plus à du don ou à de l'achat-don.

Le recours à ce type de financement évite mécaniquement des phénomènes de dépendance pour les entreprises. L'enjeu d'une entreprise sociale, c'est son capital. Car il faut bien payer les gens et investir. Or le recours au prêt bancaire peut être difficile. D'autant plus pour les entreprises sociales qui, justement, ont souvent peu de capital. Et les personnes qui portent ces projets n'ont pas forcément des objectifs capitalistiques. Pour disposer de capitaux, il faut donc trouver diverses sources de financements, à la fois publics et privés. Mais aussi trouver le moyen de mettre à contribution nos communautés. Le crowdfunding est l'illustration de cette dynamique.

Plus d'infos :

Sur le compte facebook du Mouves en Occitanie  

[TRIBUNE] - LE « MARCHÉ INTERDIT », nouveau marché de dupes ?

Créé le : 12/10/2017
DR

Par Réseau Semences Paysannes

À l'instar des multinationales agrochimiques et semencières, la grande distribution prend en otage paysans et citoyens dans un système alimentaire toujours plus industrialisé et toxique. Magie de la communication, un des leaders mondiaux du secteur (Carrefour) se poserait aujourd'hui en défenseur des semences paysannes via un certain « marché interdit »….

C'est pourtant bien les critères de cette même grande distribution qui ont concouru à l'homogénéisation des semences, et in fine à l’érosion de la biodiversité cultivée… Par une propagande entretenant la confusion (1), Carrefour deviendrait un hors-la-loi, combattant main dans la main avec des producteurs et sauvant la biodiversité cultivée.

Contrairement à ce que laisse penser Carrefour qui fait large usage des termes « semences paysannes », le RSP (Réseau Semences Paysannes) n'est pas associé à cette campagne. Nous tenons à rappeler que le renouveau actuel des semences paysannes est dû à un travail collectif et patient, issu d’une diversité de regards et d’une mutualisation des savoir-faire : une démarche à l’opposé des stratégies marketing de l’agro-business à l’affût de nouvelles niches commerciales à exploiter ou d’initiatives écocitoyennes à récupérer pour se verdir la façade.

Une très grande majorité des producteurs du RSP commercialisent leurs produits issus de semences paysannes en circuit court. Ils entretiennent une diversité sans commune mesure avec les quelques variétés en tête de gondole proposées par Carrefour ou celles mises en avant par le GNIS (2), qui, par un opportunisme éhonté, profite au passage de la vague du greenwashing et se pose lui aussi en chantre de la biodiversité cultivée (3).

Par ailleurs, les revendications des praticiens (4) ne se limitent pas à un assouplissement du Catalogue qui reste avant tout un outil au service du monopole radical exercé par l'industrie sur les semences. Nous avons pour ambition, dans notre diversité, de construire collectivement et de manière horizontale nos revendications. À ce titre, il est particulièrement malvenu qu'un acteur, si important soit-il dans la filière, parle au nom de l'ensemble des praticiens des semences paysannes sans les consulter.

Pour ces raisons, nous invitons donc le consommateur, cible malgré lui de cette campagne à ne pas être dupe et à plutôt nous rejoindre pour reprendre en main son destin de mangeur, à l'heure où quelques multinationales sont en passe de breveter l'ensemble de l'alimentation (5).

(1) Les « légumes interdits » ne le sont pas. De plus, dans la réglementation actuelle sur les échanges de semences, il subsiste quelques ouvertures : échanges pour des travaux de sélection, vente pour un usage non commercial. Depuis août 2016, les échanges de semences paysannes sont possibles dans le cadre de l'entraide agricole.
(2) Groupement National Interprofessionnel des Semences.
(3) L'importance des 350 variétés de potagères inscrites sur la liste Sans Valeur Intrinsèque mises en avant par le GNIS est toute relative au regard des milliers non inscrites qui circulent et sont cultivées aujourd'hui en France dans les petites fermes et les jardins vivriers, mais aussi au regard du rôle historique du catalogue comme outil « d'épuration variétale ». Enfin, le nombre total de variétés inscrites (7000) est lui aussi très relatif : il ne prend pas en compte leur diversité intra-variétale qui est en l’occurrence nulle (clones ou quasi clones).
(4) 10 mesures pour que vivent les semences paysannes ; notamment interdiction du brevet sur les plantes.
(5) Trois entreprises mondiales de l'agrochimie contrôleraient 60 % du marché des semences et des produits agrochimiques : Bayer-Monsanto, DuPont-Dow et Syngenta-Chemchina. Source : Inf'OGM

 

SÉBASTIEN DUCHÊNE, MYWINDPARTS : « PROLONGER LA VIE DES ÉOLIENNES »

Créé le : 05/10/2017
Sébastien Duchêne, gérant de Mywindparts - DR

Mywindparts vient de fêter ses un an. Cette entreprise, basée à Gigean (34), est la seule en France à proposer des pièces détachées neuves ou d'occasion garanties pour les éoliennes. L'implantation de la société en Occitanie n'est pas étrangère au dynamisme de la région en matière d'énergie renouvelable. Interview de son fondateur, l'ingénieur Sébastien Duchêne.

Quelles sont les activités de Mywindparts ?

J'ai créé l’entreprise Mywindparts en septembre 2016. Cela fait plus de dix ans que je travaille dans l'éolien. Je ne connais que cette industrie. Notre activité principale est la vente de pièces détachées pour tout type d'éoliennes. Nous vendons du matériel hydraulique, électrique et des consommables.

Autre dimension de notre travail : donner une seconde vie aux pièces détachées, dans une dynamique d'économie circulaire. Car, potentiellement, de nombreuses pièces endommagées peuvent être réparées. Je travaille avec un réseau de partenaires européens. Nous vendons ces pièces avec des garanties équivalentes aux pièces neuves, mais deux fois moins cher.

Enfin, et cela représente 5% de nos activités, nous proposons du conseil technique et logistique aux acteurs du secteur : Comment optimiser ses stocks ? Comment augmenter la productivité des machines ? Comment réparer certaines pièces ? Les éoliennes du parc français ont en moyenne 15 ou 20 ans, et certaines de leurs pièces ne sont plus fabriquées. J'essaie de trouver des solutions pour prolonger la durée de vie des machines.

Qui sont vos clients ?

En France, j'ai des clients dans l'Hérault, dans les Hauts-de-France, en Vendée... Ce sont des entreprises logiquement basées dans des secteurs denses en matière de parcs éoliens. Mais j'ai également des clients en Europe : en Pologne, en Grèce, en Espagne.
 

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous implanter en Occitanie ?

D'abord parce que des leaders du secteur comme EDF Énergies Nouvelles, Valeco, Quadran et la Compagnie du Vent sont bien implantées dans la région. Rappelons que c'est cette dernière société qui a installé la première éolienne raccordée en France, à Port-la-Nouvelle. La seconde raison est personnelle : je vis ici depuis longtemps et je suis très attaché au territoire.

 

Plus d'infos :

www.mywindparts.com

 

PROJET DE LOI DE FINANCES 2018 RÉACTION DU RÉSEAU ACTION CLIMAT

Créé le : 27/09/2017

Par le Réseau Action Climat

Le Réseau Action Climat salue l’augmentation de la fiscalité écologique prévue dans le projet de loi de finances présenté aujourd’hui par le gouvernement. Mais il regrette que certains secteurs continuent d’être les passagers clandestins de cette fiscalité en France et que les solutions alternatives aux pratiques les plus polluantes comme les transports en commun ou la rénovation massive des passoires énergétiques ne soient pas davantage soutenues.

Une fiscalité plus adaptée à la lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air…

Le Réseau Action Climat se félicite de la hausse de la fiscalité écologique (alignement de la fiscalité diesel sur celle de l'essence et augmentation de la composante carbone) qui va dans le sens d’une meilleure prise en compte de l’impératif climatique et de la lutte contre la pollution de l’air.

...mais qui omet certains secteurs polluants

Cependant, le projet de loi de finances reste muet sur la nécessaire suppression des niches fiscales qui, aujourd’hui, financent la pollution (exemption de taxation accordée au kérosène aérien, remboursement d’une partie de la TICPE aux transporteurs routiers, etc...). Ces niches (équivalentes à 7 milliards d’euros chaque année de manque à gagner dans le budget de l’Etat), créent un avantage concurrentiel pour des secteurs qui, aujourd’hui, participent à la hausse des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la composante carbone devrait être élargie avec la taxation de la consommation d’électricité d'origine non renouvelable, notamment nucléaire, pour devenir une véritable contribution climat énergie. Enfin, concernant le secteur des déchets, les taux de TGAP ne sont pas modifiés, malgré l'engagement de campagne du Président de la République en ce sens, mettant ainsi à mal la progression du recyclage.

Une protection des ménages les plus modestes à renforcer

La hausse de la fiscalité écologique s'accompagne de mesures destinées à ne pas trop pénaliser les ménages les plus modestes. L’attribution d’une prime à la conversion pour les voitures diesel destinée aux ménages non imposables contribue à cet objectif. La généralisation du chèque énergie va également dans ce sens, mais l’augmentation de son montant moyen à 200 euros n'est annoncée que pour 2019 et cette hausse reste très en deçà du montant nécessaire pour sortir les ménages visés de la privation de chauffage. Par ailleurs, pour leur permettre de sortir durablement de la précarité énergétique, un financement est prévu pour la rénovation des passoires énergétiques des propriétaires précaires dans le grand plan d'investissement, mais il est largement inférieur aux engagements pris par le Président de la République (1,2 milliard d’euros au lieu des 4 milliards prévus) et inadapté aux objectifs que le gouvernement s'est fixés.

Une orientation plus claire à donner vers les alternatives  

La hausse de la fiscalité écologique doit également s'accompagner d'un plus grand soutien aux alternatives.  Si certaines décisions vont dans le bon sens en matière d’efficacité énergétique, comme la transformation du CITE en prime annoncée pour 2019, le gouvernement se contente d’amender des outils à l’efficacité discutable, au lieu de s’orienter vers les changements profonds indispensables à la tenue des objectifs de rénovation énergétique fixés par le président de la République. Sur le transport ferroviaire, il réitère dans son grand plan d’investissement les engagements existants (2,1 milliards d’euros dans le réseau ferré) alors qu’un milliard d’euros supplémentaire est nécessaire pour renforcer l’attractivité de ce mode de transports. De la même manière, les dotations annoncées pour les collectivités territoriales en faveur de la mobilité quotidienne (500 millions d’euros sur cinq ans) restent en deçà des sommes nécessaires pour engager un vrai report modal de la voiture individuelle vers d’autres solutions de déplacement, notamment le vélo et les transports en commun. Enfin, et de manière incohérente, le gouvernement fait marche arrière en supprimant le bonus aux vélos électriques alors qu’il s’agit d’une alternative qui a fait ses preuves pour une majorité des déplacements du quotidien effectué aujourd’hui en voiture.

La solidarité climatique en panne

La solidarité internationale est un enjeu majeur, renforcé par les changements climatiques. Pourtant, le projet de loi de finances acte une augmentation très timide de l’aide publique au développement (100 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2017) et limite en parallèle la portée d’un des principaux outils permettant d’honorer cet engagement, la taxe sur les transactions financières. En effet, le PLF ne prévoit ni d’affecter 100% de ses recettes à la solidarité internationale et au climat comme le voudrait l’ambition européenne du Président, ni d’en élargir l’assiette comme cela était prévu en janvier 2018. Ces annonces sont décevantes, alors même que la France accueillera le 12 décembre prochain un sommet international sur le climat dédié à la question des financements.

Le Réseau Action Climat France attend désormais des parlementaires qu’ils renforcent ce projet de loi de finances pour le mettre en cohérence avec les objectifs climat énergie que s’est fixés la France.

[INTERVIEW SONORE] MONTPELLIER : UNE « GRAINE » POUSSE POUR DYNAMISER L'ÉCONOMIE LOCALE

Créé le : 05/09/2017

Soutenir l'économie locale en circulant sur le territoire. Tel est l'objectif de la Graine, future monnaie locale de Montpellier, qui devrait être mise en circulation courant 2018. Gérard Straumann, administrateur de l'association qui porte le projet, nous explique son fonctionnement.  

Vincent Nourigat, président des Marchés paysans de l'Hérault : « Favoriser une consommation éthique sur les territoires »

Créé le : 04/09/2017

Sans Transition ! était hier au 11ème Festival de la tomate, à Clapiers, près de Montpellier. Cet événement phare de la valorisation de l'alimentation en circuit court est organisé par la fédération des marchés paysans de l’Hérault. Rencontre avec son président, Vincent Nourigat. 

[ARCHIVE] - GENEVIEVE AZAM : "Le couvercle de la Cop 21 est déjà refermé"

Créé le : 23/08/2017
Geneviève Azam au printemps 2016 à Vaison-la-Romaine (84) - LMDP

Débute aujourd'hui l'Université d'été européenne des mouvements sociaux organisée par le collectif altermondialiste Attac. Un événement dont nous sommes partenaire. Vous pourrez d'ailleurs nous y retrouver le jeudi 24 et le vendredi 25 août.

A cette occasion, nous republions une interview de Geneviève Azam - économiste et porte-parole d'Attac - réalisée au printemps 2016, quelques mois après la Cop 21. Il était alors déjà question d'une loi travail et d'un certain Emmanuel Macron...  

Plusieurs mois après Cop 21, quel bilan faîtes-vous de l’accord obtenu ?

Je ne vais pas revenir sur le contenu du texte qui a été largement commenté. L’accord relève d’une certaine adresse diplomatique. En revanche, d’un point de vue du contenu, il n’engage pas véritablement les pays à effectuer les transitions nécessaires. D’ailleurs, très vite après la Cop 21, des pays ont pris des décisions Geneviève Azam © LMDP qui vont à l’encontre de ce qu’il faudrait faire. Je pense notamment à l’Australie qui a autorisé l’extension d’un port de commerce en face de la grande barrière de corail. Barrière de corail qui est extrêmement menacée... Ce port est destiné à l’exportation du charbon alors que, au contraire, il faudrait laisser 80% des énergies fossiles sous terre. Je pense aussi aux États-Unis où le Sénat remet en cause l’accord d’Obama, déjà très timide, sur les changements climatiques. On pourrait citer bien d’autres exemples. Notamment celui de la France : nous discutons encore de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans un imbroglio juridique extraordinaire alors que la décision la plus sage après les accords de Paris serait de diminuer drastiquement le trafic aérien. Et ça n’est pas en construisant des aéroports de ce type que l’on va réduire le transport aérien. Tout cela est très grave ! Nous aurions pu imaginer qu’un élan positif allait être engagé après le succès diplomatique de la Cop 21. Mais le couvercle a déjà été refermé..

Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’écologistes au gouvernement, avec trois ministres nommés récemment. Est-ce un effet d’annonce ? Ou espé- rez-vous qu’il y ait une meilleure prise en compte de l’écologie par l’exécutif ?

Malheureusement, je ne pense pas que l’entrée des écologistes - ou désignés comme tel - au gouvernement signale un quelconque tournant vis à-vis de l’environnement. Ces personnes occupent des postes importants mais cela ne correspond pas à un changement, à une réorientation plus écologiste du gouvernement. Ce dernier n’a jamais eu de préoccupation en la matière. Et près d’un an avant les élections présidentielles, je ne crois pas que Jean-Vincent Placé soit entré au gouvernement pour des motifs écologistes. Au moins lui. Je ne parle pas pour les deux autres.

Sur le plan social, Macron s’impose. La contestée loi travail est en discussion... Tout cela ne vous laisse pas indifférente ?

C’est de l’ordre de l’incroyable. Il faudrait une mobilisation importante en réaction à tout cela. On nous prépare une déconstruction du droit du travail comme il n’y en a pas eu depuis Pétain ! Ils sont arrivés à faire ce que Nicolas Sarkozy n’est pas arrivé à mettre en place lorsqu’il était au gouvernement. Il y a un effet de sidération face à cela. Car même si l’on avait peu d’espoir de la part d’un gouvernement socialiste, nous pensions que sur un certain nombre de valeurs, il y aurait des digues. Mais toutes les digues ont sauté : que ce soit sur le plan social, écologique ou encore démocratique. Nous retrouvons peut-être ici la gauche d’après 1947 qui a mis un certain nombre de sujets sous la table. Qui, notamment au travers de la décolonisation, n’a pas été exempte de toute erreur politique grave. Le PS, en 1971, après le congrès d’Épinay, revient de loin. On retrouve aujourd’hui de vieux démons de la gauche.  

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