Économie

[DOSSIER] : « Notre modèle économique de monnaie locale est reproductible partout »

Créé le : 25/01/2021
Crédit photo Tala Photographie/Isabelle Miquelestorena

l’Eusko, en plus du paiement papier, s’est numérisé afin de permettre le paiement à distance. Crédit photo Tala Photographie/Isabelle Miquelestorena

Par Céline Cammarata

L’Eusko, monnaie locale du Pays basque français est la première monnaie locale européenne avec plus de 2 millions en circulation. Focus sur cette monnaie qui œuvre pour une transformation durable de l’économie locale.

 

« Nous sommes radicaux dans nos objectifs avec un projet ambitieux et significatif de transformation de notre économie, mais en l’abordant de façon très pragmatique. Changer nos pratiques et inciter les autres à le faire. Favoriser une agriculture paysanne et des TPE-PME qui produisent en pays basque. Développer des emplois non délocalisables », énumère Dante Edme-Sanjurjo, directeur général de l’Euskal moneta, l’association qui gère l’Eusko, 1ère monnaie locale européenne. Un travail de longue haleine, car comme le souligne ce dernier : « La monnaie ne circule pas d’elle-même. Elle demande des ressources humaines et financières. »

Alors il faut innover. Au pays basque, pour soutenir le monde associatif, l’Eusko a mis en place le « 3 % association ». Chaque particulier qui adhère à l’Eusko choisit librement une association et celle-ci reçoit 3 % de l’ensemble de ses dépenses. Un système financé par la commission de 5 % que les professionnels acquittent s’ils reconvertissent des euskos en euros.

L’...

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[DOSSIER] : Philippe Derudder : « Si l’être humain crée de la monnaie, il devrait réfléchir au mode de vie qu’il veut financer »

Créé le : 25/01/2021
Crédit : Philippe turpin

Crédit : Philippe turpin

Par Céline Cammarata

Philippe Derudder, ancien chef d'entreprise, désormais auteur engagé sur l'économie alternative, réfléchit à remettre l'économie au service de l'homme et de la planète. Pour lui, la monnaie locale sert cette ambition. 

« La monnaie complémentaire existe tout au long de l’histoire de l’homme. C’est un outil pédagogique qui permet de s’interroger sur nos valeurs, de se réapproprier la monnaie et d’y réfléchir en groupe. La monnaie locale complémentaire et citoyenne comprend trois vocations. La première favorise et soutient les économies locales alors que depuis les années quatre-vingt la mondialisation les assèche. La seconde concerne l’écologie. Consommer local, c’est aussi se poser la question de comment est fabriqué ce que l’on achète, des intrants qui le composent, des avantages écologiques du circuit court. Enfin, et on la néglige trop souvent, la vertu pédagogique est importante. Avant la crise de 2008, on ne parlait pas du système bancaire, de son fonctionnement et de ses nuisances. Les citoyens ne sont pas éclairés sur la monnaie et de ce fait ne réfléchissent pas à un système qui ne soit plus fondé sur une dette perpétuelle. », défend Philippe Derudder. Auteur de plusieurs ouvrages sur les monnaies locales, cet ancien chef d’entreprise a accompagné de nombreux groupes citoyens vers la création d’une monnaie sur leur territoire, notamment en France. Sa réflexion est nourrie de sa propre expérience professionnelle dans le commerce international : « Ma pratique m’a permis de réaliser toute la non pertinence de ces pratiques commerciales qui vont à l’opposé de l’intérêt général. Nous sommes bloqués par d’anciens paradigmes. Puisque l’être humain crée de la monnaie, le problème du financement ne devrait pas exister. On perd le sens. On ne se pose pas les vraies questions et l’argent ne va pas à l’économie réelle pour résoudre la faim dans le monde, développer l’écologie et lutter contre le désordre climatique.»

À lire : Les monnaies locales complémentaires et citoyennes: pourquoi, comment ?, Philippe Derudder (Ed. Yves Michel 2017) 

Une monnaie au service du Bien commun, Philippe Derudder (Ed. Yves Michel 2017) 

[DOSSIER] : Monnaies locales : Quel impact sur les territoires ?

Créé le : 25/01/2021

l’Eusko, monnaie locale du Pays basque. Crédit photo Tala Photographie/Isabelle Miquelestorena

Par Céline Cammarata

Depuis moins de 10 ans, des citoyens mettent en circulation des monnaies locales sur l’Hexagone. Le but ? Redynamiser l’économie d’un territoire par une économie circulaire et favoriser une consommation plus responsable et durable. Mais les monnaies locales doivent encore surmonter des difficultés de mise en pratique.

 

La France offre un intéressant laboratoire aux monnaies locales citoyennes et complémentaires (MLCC). Elle en compte plus de 80 quand le Brésil, avec un territoire et une population sans commune mesure, en recense une centaine.

Et l’article 16 de la loi ESS de 2014, dite Loi Hamon, fait de la France le 1er pays au monde à donner une existence légale aux monnaies complémentaires. L’objectif était clair : reconnaître les monnaies locales complémentaires comme moyen de paiement, dès lors qu’elles sont à l’initiative de structures relevant de l’ESS. Ces monnaies locales servent ainsi des projets qui s’inscrivent dans le respect de l’environnement, l’équité, la lutte contre l’exclusion, ou encore le commerce équitable. Cinq ans plus tard, une enquête nationale est conduite par trois chercheurs, Jérôme Blanc, Marie Fare et Oriane Lafuente-Sampietro, du laboratoire lyonnais Triangle. Elle a donné lieu à un bilan pour l’année 2019-2020 grâce aux réponses de 65 ML.

Cette analyse scientifique relève que, « globalement, en 2019, les 82 ML en circulation enregistrent...

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[ EMPREINTE ENVIRONNEMENTALE DU NUMERIQUE ] Le Sénat appelle le Gouvernement à s’emparer de sa proposition de loi inédite et transpartisane

Créé le : 15/01/2021

Après une année de travaux consacrés à la pollution numérique, le Sénat a adopté ce mardi 12 janvier, à la quasi-unanimité, une proposition de loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France.

Co-signée par plus de 130 sénateurs de toutes les sensibilités politiques, la proposition appréhende pour la première fois les impacts environnementaux de toute la chaîne de valeur numérique, des terminaux aux centres de données, en passant par les réseaux, et propose des solutions concrètes pour les réduire. Le secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communications électroniques, Cédric O, a salué la qualité de cette proposition de loi, qui « rejoint la volonté du Gouvernement de faire converger écologie et numérique ».

Le texte voté par le Sénat souhaite actionner 4 leviers prioritaires pour faire converger les transitions numérique et écologique :

  • faire prendre conscience aux utilisateurs de l’impact environnemental du numérique : la proposition prévoit notamment la mise en place d’une éducation, dès le plus jeune âge, à la sobriété numérique ; 
  • limiter le renouvellement des terminaux numériques, dont la fabrication est le principal responsable de l’empreinte carbone du numérique en France : la proposition de loi vise notamment à sanctionner l’obsolescence logicielle, à améliorer la lutte contre l’obsolescence programmée et à soutenir les activités de reconditionnement et de réparation par une baisse du taux de TVA à 5,5 % ;
  • promouvoir des usages numériques écologiquement vertueux, en rendant notamment obligatoire l’écoconception des sites web et en prévoyant l’instauration d’un référentiel général de l’écoconception ;
  • faire émerger une régulation environnementale pour prévenir l’augmentation des consommations et émissions des réseaux et des centres de données.

Les sénateurs appellent maintenant le Gouvernement et l’Assemblée nationale à s’emparer de la proposition de loi : en effet, comme l’a rappelé son principal auteur, Patrick Chaize, il est temps « d’agir concrètement ». Substantiellement enrichie au stade de l’examen en commission et de la séance publique, la proposition de loi a d’ailleurs été largement confortée dans ses principales orientations par le récent rapport du Haut conseil pour le climat (HCC) sur l’impact environnemental de la 5G. Selon le HCC, la feuille de route gouvernementale pour réduire l’empreinte environnementale du numérique n’apporte pas « pour le moment de garantie que la somme de [ses] mesures se traduise par moins d’émissions », une lacune qui pourrait être comblée par l’inscription de la proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et par la poursuite de la navette parlementaire, à laquelle le secrétaire d’État s’est montré favorable : « nous abordons l'examen de cette proposition de loi de manière ouverte, même si elle devra être affinée au cours de la navette parlementaire ».

Le président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, Jean‑François Longeot, a pour sa part souligné que l’avant‑projet de loi « Climat » ne comportait pas, à ce stade, de mesures sur le numérique et que la proposition de loi en constituerait donc le complément indispensable.

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[INFORMATIQUE] Logiciels libres : remettre de l’éthique dans le cloud

Créé le : 15/01/2021
Photos Pixabay

Photos Pixabay
Par Sandrine Lana

S’affranchir des grands groupes, utiliser des logiciels libres et devenir propriétaires de son propre centre de données, c’est l’objet d’une révolution numérique opérée par des collectivités et des particuliers, soucieux de remettre de l’éthique dans le cloud, et privilégier le local. Le circuit-court de l’informatique est en marche.

Dans toute la France, des collectivités utilisent des logiciels libres ou sont propriétaires de leur centre de données. Objectif : créer un écosystème numérique plus local, souverain et moins coûteux.
En matière d’alimentation, consommer local, favoriser les circuits courts, moins dépendre des grands groupes, ces principes ont le vent en poupe. Dans la même optique, les citoyens font des choix de plus en plus responsables et éthiques en matière d’habillement ou d’ameublement : on recycle, on donne, on partage. En matière informatique, ce mouvement de résilience n’est pas encore majoritaire mais il existe bel et bien.

Circuit court

Partout en France, des informaticien(ne)s de collectivités territoriales (mairies, départements, communautés de communes) développent des moyens de s'affranchir des géants du numérique. Depuis les années 2000, ils sont à l’origine de réseaux d’échanges, de centres de données (ou data center) publics et de logiciels informatiques gérés localement.
Au bord du Rhône ardéchois, le syndicat mixte Numérian gère ainsi un data center public qui héberge les données et certains logiciels de petites collectivités de Drôme et d’Ardèche. « Il y a vingt ans, ce data center apportait l’informatique là où les infrastructures existantes ne permettaient pas de développer d’activités économiques, en milieu rural. Maintenant, nous développons des logiciels libres ou propriétaires pour les collectivités », explique Ludovic Bayle, directeur de Numérian.

Libres vs. propriétaires

Deux mondes numériques cohabitent et se mélangent parfois. D’un côté, des sociétés développent des logiciels dits « propriétaires », dont elles gardent la propriété et revendent des droits d’utilisation (licences). C’est le cas de Windows, Microsoft ou Adobe. D’autres monétisent les données personnelles de leurs clients en échange d’une utilisation gratuite, comme Google ou Amazon. Ces dernières sont notamment propriétaires de data centers où sont stockées des milliards de données et de logiciels sur des baies de serveurs sécurisés. C’est une partie du « cloud ».
Face à ce modèle, des développeurs éditent des produits « libres » ou open source. « Cela signifie qu’on ne fait pas d’argent sur l’usage du logiciel. Une fois développé, il est accessible », explique François Elie, co-fondateur de l’association Adullact, qui soutient les collectivités territoriales dans le développement de logiciels libres (voir interview). Le code de ces produits est disponible et modifiable par les développeurs. C’est le cas d’Open Office (bureautique), OpenStreetMap (géolocalisation) ou encore Mozilla (navigation web)… Linux est pour sa part le système d’exploitation qui peut faire tourner nos ordinateurs en open source.
En Ardèche, le data-center de Numérian est composé de soixante serveurs physiques dont cinquante-neuf tournent sous Linux. « Cela nécessite plus de compétences en interne que quand on utilise Windows [des techniciens Windows peuvent intervenir en cas de besoin, NDLR], mais en restant à taille humaine, notre data center a moins de chance d’être attaqué et on est fiers de ce travail pour la collectivité», complète Ludovic Bayle.
ndirectement, le partage des infrastructures et des logiciels réduit l’empreinte carbone globale du numérique grâce à la mutualisation des serveurs, des espaces à refroidir et de la consommation électrique. Numérian propose entre autres à l’Association des maires ruraux de France de gérer le site internet de villages grâce à des logiciels créés et hébergés sur place ou à des outils existants en open source, comme OpenStreetMapi.


Souci d’indépendance

En 2012, devant la pratique qui se répand des logiciels libres dans l’administration, l’État français publie une circulaire de recommandations pour un « bon usage du libre »ii . Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, estime que cela pourrait créer des échanges et « l'émulation nécessaire à la créativité », en permettant des économies en toute « dépendance vis-à-vis des acteurs externes ». Selon la circulaire, la préférence de certains logiciels libres a permis de réduire par dix plusieurs postes informatiques dans certains ministères. En 2016, la loi sur la « République numérique » encourage également leurs usages mais des décrets d’application sont encore attendus.

Pour l’instant, les collectivités attendent les recommandations en matière de « cloud externe » pour l’hébergement de leurs données peu sensibles. Cela s’inscrit dans la « Stratégie Cloud » de l’État définie en 2018 : ce dernier sélectionnera prochainement, après appel d’offres, les futurs fournisseurs de solutions cloud, répondant aux besoins de l’ensemble de la sphère publique (ministères, établissements publics, collectivités territoriales) avec des niveaux de sécurité différents. Ceux-ci ne seront potentiellement pas français ou européens, ce qui pourrait poser problème à cause du « Cloud Act américain ».

« Cette loi permet au gouvernement américain d’avoir accès à toutes les données numériques hébergées par des entreprises américaines, que celles-ci soient installées aux États-Unis ou ailleurs », explique Emmanuel Vivé, de l’association Déclic, un réseau d’échanges et de partage de solutions numériques pour les collectivités locales.

En cas de crise internationale, les données de millions de citoyens français stockées pourraient donc devenir vulnérables. Car la France héberge de nombreux data centers dont les propriétaires sont des entreprises américaines. « Aujourd’hui, on sait qu’on ne maîtrise pas le lieu d’hébergement des données électorales et d’état civil, enchérit-il. Il faudrait une labellisation des hébergeurs de données publiques et des critères contraignants en matière de protection et de sécurité ».

73 000 postes en libre

Nos données seraient en danger mais les logiciels qui les font tourner également. « Si j’étais en charge de la défense nationale, je me dépêcherais de passer tous les postes de travail des agents sous Linux», explique François Elie, président d’Adullact, association qui développe des logiciels libres pour les collectivités locales. « Je le ferais pour des raisons de souveraineté car nos systèmes sont susceptibles de ne pas redémarrer en cas de conflit car ils sont fabriqués à l’étranger (États-Unis, Chine). On s'intéresse aux problèmes de sécurité de nos données alors que nos outils sont extrêmement dépendants de raisons [géopolitiques, NDLR] qui nous échappent totalement », poursuit-il.

La gendarmerie nationale est l’exemple emblématique du passage au logiciel libre dans l’administration française. Début 2000, 73 000 postes informatiques sur 80 000 ont migré progressivement de Windows à Linux. L’argument économique a permis d’aller vers plus d’indépendance et de souveraineté. « Il a fallu une contrainte budgétaire pour se poser la question du libre. Rester dans un monde « propriétaire » conduit à une perte de souveraineté. », explique Stéphane Dumond, chef du bureau du service des technologies et de l’information de la sécurité intérieure qui gère les systèmes informatiques de la police et de la gendarmerie1.

Face à cette mouvance, les grandes entreprises du numérique se sont évidemment adaptées à la concurrence naissante du libre. « Elles se sont remises à niveau en baissant le prix de certaines licences et en donnant l’accès aux codes de certaines applications », explique François Raynaud, en charge du développement des logiciels libres à la ville d’Arles (voir encadré).

Peu mieux faire

Depuis 2012, l’État aurait pu donner un coup de pouce à la souveraineté numérique avec la circulaire Ayrault. Cependant, les actes ne suivent pas, selon Pierre Baudracco, président de Blue Mind qui propose un service de messagerie open source et président de l’association So Libre pour la promotion des entreprises de logiciels libres. « En France, on a fait de gros pas en arrière. Il y a clairement un désengagement de l’État qui fait de beaux discours mais privilégie toujours des solutions de grandes entreprises américaines, comme Microsoft alors qu’il faut nous aider à développer nos entreprises», regrette Pierre Baudracco, pointant du doigt le choix récent de Business France, entité publique de promotion de l'économie française à l’étranger, du logiciel Teams de Microsoft pour équiper ses bureaux à l’étranger alors que des solutions françaises existent.

Malgré ce manque de volonté politique, des agents se mobilisent et la société civile s’engage à leurs côtés. Dans le « Pacte pour la transition », porté par une cinquantaine d’associations pour une transition locale, celles-ci enjoignent les futurs candidats aux élections municipales de « donner la priorité au logiciel libre dans le service public pour une informatique au service de l'intérêt généraliii. » L’espoir serait de voir les candidats s’emparer de cette mesure forte pour leur prochain mandat. Une révolution tranquille est en cours.

 

Plus d’infos : https://adullact.org/

https://www.numerian.fr/

https://asso-declic.fr/

https://www.bluemind.net/

https://www.solibre.fr/

1Extrait de l’émission « Libre à vous »sur la radio Cause Commune. Disponible en podcast : https://cause-commune.fm/podcast/libre-a-vous-34/

iApplication permettant la géolocalisation

iiIl s’agit de la directive Ayrault du 19 septembre 2012

 

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[ ESS ] Les jardins de Solène sélectionnés pour le concours de la fabrique Aviva

Créé le : 14/01/2021
Photo : Pixabay

La légumerie solidaire a été sélectionnée pour le concours de la fabrique Aviva parmi plus de 5000 projets.

Le grand concours de l'entrepreneuriat social et solidaire entre dans sa phase de vote. Créé en 2016, il récompense les meilleures idées entrepreneuriales, utiles et innovantes à la fois. Les projets ayant reçus le plus de votes et les meilleures notes par les jurys régionaux auront ainsi l'occasion d'aller en finale et de recevoir un soutien financier de 60 000 euos.

Pour soutenir les Jardins de Solène, il suffit de voter jusqu'au 09 février en allant sur le lien suivant : https://www.lafabriqueaviva.fr/fr/project/5691/show

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[ZERO CHOMEUR] En Ille-et-Vilaine, ils font de l'emploi un droit

Créé le : 14/01/2021
Crédit Virginie Jourdan

Légende : Au total, et trois années après sa création, l'entreprise Tezea emploie 75 salariés qui peuvent tourner sur 20 activités de services et de production. Crédit Virginie Jourdan

Par Virginie Jourdan

Deux communes d’Ille-et-Vilaine ont pris les devants face à la menace d’une crise économique, et accueillent une entreprise d'un nouveau genre. Limitée dans son périmètre d'actions comme dans sa couverture géographique, Tezea, dernière-née de l'économie solidaire, réussit pourtant à repousser l'ombre du chômage. Et elle créé même de l'activité.

11 heures, dans l'épicerie de Saint-Ganton, en Ille-et-Vilaine. Une femme récupère des paquets livrés par un transporteur avant de repartir. « Habituellement, nous recevons une quinzaine de colis par jour. Mais avec le confinement, c'est plutôt 50 », explique Régine, l'une des tenancières. Depuis un an et demi, cette épicerie un brin spéciale a comblé le vide laissé par la dernière tentative de petit commerce alimentaire de la commune. Car dans cette bourgade de 415 habitants, située à une vingtaine de kilomètres de la première ville, la clientèle ne suffit pas à rentabiliser la vie d'un commerce.

 « Nous avons déjà créé une épicerie mobile en 2017. Quand le dernier commerçant a quitté ce local, des discussions ont commencé avec la mairie de Saint-Ganton (qui est propriétaire des murs, Ndlr). Un an plus tard, en juillet 2019, nous avons créé l'Epizea » , se souvient Noëlla, également tenancière de l'épicerie et salariée de Tezea, l'entreprise qui gère le lieu. Dépannage alimentaire, vente de produits locaux artisanaux et relais...

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[SUPERMARCHE COOPERATIF] A Toulon, embarquez pour La Coop sur mer !

Créé le : 08/01/2021
crédit : la Coop sur mer

Crédit photo : La Coop sur mer

Par Julien Dezécot

À Toulon, plus de 400 citoyens lancent un supermarché coopératif. Ouvert en décembre dernier, cette grande surface propose des produits de qualité à tarif réduit, moyennant un investissement bénévole important de tous les copropriétaires. Reportage.

À la veille des fêtes de fin d'année et de l'ouverture de ce magasin atypique qu'est La coop-sur-mer, Isabelle, Dominique et les nombreux bénévoles toulonnais multiplient les réunions d'information en visioconférence. Objectif : expliquer, au plus grand nombre de citoyens, comment fonctionne leur supermarché coopératif, dont le projet a déjà attiré près de 400 coopérateurs.
Alors que l'enseigne vient juste d'être posée mi-décembre et que les linéaires se remplissent de produits de qualité, grâce aux coopérateurs et salariés qui œuvrent de concert, les derniers travaux d'aménagement de la surface de vente de 410 m² battent leur plein, avenue du général Pruneau à l'Est de Toulon, à deux pas de l'autoroute et à côté de l'écoferme de La Barre, entre la Rode et Saint- Jean-du-Var.

Un supermarché participatif

Pour pouvoir s'approvisionner dans le magasin, il faut devenir coopérateur de l'entreprise, en souscrivant des parts sociales : 100 € minimum ou 10 € pour les personnes bénéficiant des minima sociaux. Originalité ? Les coopérateurs - propriétaires du magasin, assurent 80 % des tâches courantes de...

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[INTERVIEW] Jean Ollivro : « Le Tregor doit aussi regarder son agriculture »

Créé le : 08/12/2020
crédit V. Jourdan/ lannion bis

À l'issue de ses quatre années d'engagements, conclus au moment du rachat de l'entreprise française Alcatel-Lucent, Nokia amorce son désengagement de l'hexagone. Crédit photo : V. Jourdan

Propos recueillis par Virginie Jourdan

Originaire du Trégor, le géographe Jean Ollivro observe ses évolutions et ses modèles de développement territorial.

Le désengagement de Nokia marque-t-il la fin de l'histoire des Télécoms à Lannion ?
L'arrivée du centre national d'études des télécommunications, le CNET, dans les années 1960, avec ses 1200 ingénieurs, a révolutionné le visage du territoire. Des entreprises se sont implantées. La population du secteur a doublé en 15 ans. La stagnation des grandes entreprises dominantes sur Lannion est en réalité perceptible depuis près de 20 ans. L'exemple de Highwave optical, qui a employé jusqu'à 700 personnes en 2001, et qui en a perdu 500 deux ans plus tard, en est un exemple. Mais globalement, l'emploi s'est recréé malgré tout, dans de plus petites entreprises.

Faut-il repenser le modèle de développement du territoire ?
La vision d'un développement orienté vers les technologies est encore très présente. Cela s'explique par l'importance de l'emploi généré et parce que les cadres, souvent issus du secteur, représentent 7 à 8 % de la population. Ils ont des fonctions dans des conseils municipaux. Ils tiennent aussi la baraque en quelque sorte. Ce prisme a naturellement conduit à moins privilégier d'autres secteurs de développement, comme l'agriculture.

L'économie de proximité a-t-elle un avenir ?
Il ne faut pas balayer les nouvelles technologies d'un revers de la main. Le secteur reste très porteur, d'autant qu'il se marie aussi à l'économie de proximité comme le démontre le site produitslocaux.bzh. À l'inverse, l'assez grande spécialisation et l'obsession des technologies de l'information et de la communication explique ici un virage moindre concernant la reterritorialisation de l'économie. Avec comparativement au reste de la Bretagne, assez peu de projets autour de l'autonomie énergétique et de l'agriculture locale. À l'heure de la mondialisation de l'ingénierie, la possibilité existe aujourd'hui de compléter l'économie de Lannion par ces filières complémentaires, porteuses d'avenir et peu délocalisables.

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[TELECOMS] À Lannion, l'après Nokia n'a pas encore de visage

Créé le : 08/12/2020
crédit V. Jourdan / lannion

Depuis juin, le destin de 402 salariés lannionnais de Nokia (ex-Alcatel Lucent) est suspendu aux décisions de la direction française, sur fond de stratégie décidée dans le siège finlandais.  Crédit V. Jourdan

Par Virginie Jourdan

À Lannion, l'annonce du désengagement de Nokia a provoqué une onde de choc. Après avoir annoncé 402 suppressions de postes, la direction a révisé sa copie la baisse. En novembre, un tiers des emplois est toujours sur la sellette. Un coup dur pour le secteur des télécoms qui résonne comme un appel à remodeler le paysage économique local.

Sous la bruine de l'hiver, des centaines de bustes de bois restent accrochés au grillage de Nokia comme autant de cibles humaines. Sur la façade de l'entreprise finlandaise, Nokia est barré au profit d'un chiffre. 402. C'est le nombre de poste que la société avait annoncé vouloir supprimer à Lannion d'ici la fin de l'année. Un chiffre révisé à la baisse fin octobre puisque la direction a finalement annoncé vouloir annuler 162 suppressions de postes. La création d'un nouveau pôle d'excellence sur la cybersécurité pourrait même voir le jour avec 97 nouveaux emplois à la clé. Une correction de trajectoire qui ne suffit pas à rassurer l'intersyndicale. La CFDT en tête. « Les parties prenantes, les personnes ayant travaillé au dossier doivent être remerciées pour leur implication, ministres et conseillers en tête. Mais ils ont travaillé seuls, sans consulter les organisations syndicales (…) sur les nécessaires contreparties. Bercy évoque les subsides du plan de relance. Combien ? Comment ? On ne sait pas. Et si Nokia ne respectait pas ces nouveaux engagements, que se passerait-il cette fois ? », regrettent ainsi de concert les responsables syndicaux...

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