Économie

[ENQUÊTE] - ILS VEULENT NOUS FAIRE MANGER DES INSECTES

Créé le : 20/09/2018
Sablés aux ténébrions proposés par la société française Micronutris - Crédit : Micronutris

Par François Delotte

Pâtes à la farine d’insectes, terrine à base de grillons, barre chocolatée aux criquets, et bientôt « steak » mélangeant poudre de ténébrions et ingrédients végétaux. Le tout prochainement vendu en supermarchés. Des entreprises françaises travaillent sur l’élaboration de produits dans lesquels les « bébêtes » ne se voient plus. Ces stratégies marketing vont-elles parvenir à faire entrer sauterelles et autres larves dans notre alimentations courante ?

Au premier abord, il s’agit d’une épaisse galette végétale comme on peut en voir au rayon « végétarien » des supermarchés. Sauf que, aux côtés de la purée de pois chiches et autres épices figure dans cette préparation un ingrédient peu commun : des vers de farine. Ce steak aux insectes est actuellement développé par l’entreprise JIMINI’S en collaboration avec des chercheurs d’AgroParisTech. Et il pourrait bientôt atterrir dans nos assiettes. « Nous aimerions pouvoir le commercialiser avant la fin de l’année », indique Gautier Mahe, assistant de direction chez JIMINI’S. La start-up parisienne est un des leaders du petit milieu français de la vente d’insectes pour la consommation humaine. Elle a commencé à proposer des criquets et autre grillons entiers et séchés pour l’apéritif dès 2012 pour glisser progressivement vers la vente de produits où l’insecte est « caché » : barres énergétiques à la farine de grillon, et même pâtes à la « poudre de vers Buffalo » (petit cousin des vers de farine). Les acteurs du secteur essayeraient-ils de rendre invisibles ces petites bêtes pour mieux les intégrer progressivement dans notre...

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Paul Jorion : les conférences reportées au 4 et 5 décembre

Créé le : 18/09/2018
© Quentin Caffier

Pour des raisons indépendantes de notre volonté (santé de l'intervenant), les conférences de l'anthropologue Paul Jorion, qui devaient avoir lieu les 18 et 19 septembre à Montpellier puis Toulouse, sont reportées au 4 décembre (Montpellier) et au 5 décembre (Toulouse).

Pour patienter, retrouvez ci-dessous une interview de Paul Jorion réalisée par nos partenaires d'Actif Radio. L'essayiste Belge y est  alarmiste : il appelle à changer rapidement l'économie pour sauver le vivant à la surface de la planète. 

Malgré les reports des soirées du 18 et 19 septembre, leurs programmes restent inchangés. Rendez-vous :

-À Montpellier, le 4 décembre 2018, à partir de 18h30, bâtiment Pierresvives, 907 avenue du Professeur-Blayac. Suite à la conférence de Paul Jorion, une table-ronde réunira Dominique Sénécal, administrateur national et président régional de Biocoop ; Pierre-Emmanuel Valentin, membre du directoire de la Nef ; Delphine Vallade, enseignante-chercheur à l'université Paul-Valéry - Montpellier III, et Michel Dupoirieux, membre du Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) Occitanie. 


-À Toulouse, le 5 décembre 2018, à 19h (lieu à préciser). La conférence de Paul Jorion sera suivie d'une table-ronde avec Muriel Decout, directrice de l'Union régionale des Scop d'Occitanie ; François Bonvalet, directeur de Toulouse Business School ; Laurent Rodrigues, gérant d'Hygie Sphère, et un représentant du réseau Biocoop. À cette occasion, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, sera représentée par Marie Meunier, élue régionale déléguée à l’Économie sociale et solidaire.

Les deux conférences sont gratuites.

[INTERVIEW] « Nettoyer la Société Générale de ses investissements sales »

Créé le : 12/09/2018
Crédits : Pixabay

Catherine, membre du groupe Alternatiba d'Aix-en-Provence, présente « Nettoyons les banques ». L'opération est menée avec d'autres collectifs (Les Amis de la Terre, ANV Cop21) pour dénoncer les investissements de grandes banques dans des énergies sales : pétrole offshore, sables bitumineux et combustibles fossiles. Les activistes ciblent ce mois-ci la Société Générale, à qui ils reprochent notamment son intervention dans le projet de Rio Grande LNG, pipeline et terminal d'exportation de gaz de schiste devant être réalisé au Texas. Ils prévoient des actions non-violentes menées dans des agences bancaires. Plus d'infos : 

Plus d'infos : www.collectifclimat-paysdaix.fr

« Tout est fait pour que les multinationales contrôlent l’information qui les concerne. »

Créé le : 30/08/2018
crédits : cocoparisienne, Pixabay

Journaliste pour le pureplayer Bastamag, Olivier Petitjean s’est spécialisé dans l’enquête sur les grandes firmes. Il travaille notamment pour l’Observatoire des multinationales, qui chaque année publie un rapport sur les grandes entreprises françaises. Alors qu’ont récemment éclaté plusieurs scandales à portée internationale – DieseIgate, Panama Papers – il revient pour nous sur les spécificités et les difficultés de son travail.

 

 

 

Comment est né l’Observatoire des multinationales ?

A la base, c’est un projet journalistique, lancé par l’équipe de Bastamag. Assez rapidement, on s’est dit qu’il y avait besoin d’un outil de rassemblement et de synthèse de l’information sur les multinationales françaises, qui puisse servir à tout le monde, aux autres journalistes comme aux citoyens. Le principe, c’est à la fois un travail de veille sur le lobbying, la finance, et un travail d’enquête.

Quelles sont les spécificités du travail d’enquête dans ce milieu-là ?

La difficulté, c’est que tout est fait pour que les multinationales contrôlent l’information qui les concerne. Elles le font grâce à leurs chargés de communication et leurs services de presse. En France, il y a environ un journaliste pour dix communicants. Ensuite, il y a les clauses de confidentialités qui verrouillent l’information, en incitant les salariés à ne pas parler. Il y a une culture de l’omerta. Les multinationales peuvent aussi jouer sur la confusion : par exemple, une entreprise comme Total va développer tout un arsenal de discours pour détourner les accusations de pollution, en mettant l’accent sur des initiatives vertes pour faire diversion. C’est une autre manière de contrôler l’information. Et en dernier recours, il y a les poursuites judiciaires contre les salariés, les lanceurs d’alerte, etc.

Olivier Petitjean, journaliste et membre de l'Observatoire des multinationales - CC / LMDP

Que va changer la nouvelle loi sur le secret des affaires ?

Reste à voir comment cela va être appliqué. Mais c’est potentiellement une nouvelle arme de dissuasion massive pour les multinationales dans la bataille pour l’information. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit adoptée maintenant, après tous les scandales récents, sur l’optimisation fiscale par exemple.

Justement, les scandales récents ont montré que les firmes étant transnationales, cela suppose un travail de coopération entre des médias de différents pays. C’est quelque chose de nouveau.

Oui, le travail de coopération est important. Les masses de données à exploiter sont énormes. Même à l’état actuel, les Panama Papers doivent encore receler des « trésors », et il y a encore des gens qui travaillent à temps plein dessus. L’enjeu est mondial, c’est normal qu’on en arrive à des enquêtes et scoops internationaux.

Plus d'infos : www.multinationales.org

 

 

 

 

 

 

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

Un magasin « anti-gaspi » et local ouvre à Rennes

Créé le : 27/04/2018
Le magasin Nous ouvrira ses porte le 4 mai prochain, à Melesse, près de Rennes - DR

Des légumes « moches » mais délicieux, des yaourts qui atteignent bientôt leur date limite de consommation mais qui sont tout à fait consommables ou encore des boites de conserve un peu cabossées. On trouve tout cela chez Nous, nouveau réseau de magasins « anti-gaspi » dont la première boutique ouvrira ses portes le 4 mai à Melesse, près de Rennes. 

Économe et éco-responsable

Autre particularité de ce commerce pas comme les autres : le local. « les produits (fruits et légumes, frais, surgelés, sec…) seront issus de filières anti-gaspillage, le plus souvent en direct des producteurs et donc en circuits courts », précisent les porteurs du projet, Charles Lottmann et Vincent Justin. Des denrées vendues peu chères. Selon les fondateurs, « Faire ses courses chez NOUS permet à une famille de 4 personnes d’économiser 150 à 200€ par mois en moyenne ». Bon pour la planète et le porte monnaie.

 

 

Plus d'infos : www.nousantigaspi.com

A Lorient, le citoyen au cœur de la transition alimentaire

Créé le : 17/04/2018
Les Assises de la transition alimentaire étaient organisées par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud - Crédit : Benoit Vandestick

Par Benoît Vandestick 

« De plus en plus de consommateurs ont peur de s’alimenter et de plus en plus d’agriculteurs ont peur dans l’exercice de leur métier », a fait remarquer René Louail (confédération paysanne), en clôture des assises de la transition alimentaire et agricole qui se déroulaient samedi 14 avril, à Lorient. L’événement a été organisé par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud. 

Le professionnel de santé a présenté la synthèse des échanges de la journée, sous forme de préconisations : développer les protéines végétales, taxer la pollution et les produits nuisant à la santé, impliquer les citoyens dans les pratiques agricoles, réformer les politiques foncières, créer un ministère de la pêche et féminiser les métiers de la mer. Le sénateur écologiste du Morbihan, Joel Labbé, s’est félicité des échanges et en a pris note. Il présentera prochainement, avec d’autres élus, 30 amendements à la loi sur la transition alimentaire.

Déçus des Etats généraux de l'alimentation

L’idée de ces assises est née de la déception des Etats Généraux de l’Alimentation où, pour les organisateurs, « L’industrie agroalimentaire a été surreprésentée au détriment des consommateurs, personnels de santé et environnementalistes ». Au cours de la journée, les intervenants ont insisté sur l’engagement citoyen comme levier de la transition. « Il faut un engagement citoyen pour forcer le modèle durable, car en face, le système classique se maintient par l’absence de prise en compte des coûts environnementaux et sanitaires dans le prix de vente », a défendu Catherine Darrot, enseignante à l’Agrocampus Ouest. Le maire de Langouet, Daniel Cueff, a partagé ses astuces pour développer la bio dans les cantines : « On réduit les protéines animales, on compose les menus en fonction des saisons et on achète en circuit court ». Pour Sophia Lakdar, présidente de l’association Bioconsom’acteur, « Le choix de consommation est parfois limité par le manque d’offre. C’est pourquoi l’action collective est indispensable, pour créer des associations et coopératives afin d’organiser la production et la consommation de produits bio et locaux ».


INTERVIEW - Joël Labbé, sénateur du Morbihan, « Nous sommes déçus par les États généraux de l'alimentation »

Rencontré en marge des Assises de la transition alimentaire, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, évoque avec nous le bilan mitigé des États généraux de l’alimentation. Et la promotion du bio et local dans la restauration collective.


"Se nourrir demain"

Pour ouvrir les assises, vendredi 13 avril, à l’UBS, à Lorient, Claude Gruffat, président de Biocoop, a tenu la conférence « Se nourrir demain ». Il y a défendu une agriculture bio à taille humaine et de proximité, seule, selon lui, capable d’assurer une alimentation saine au consommateur et un revenu décent pour les producteurs. Une interview est à retrouver sur le site de la Biocoop Les 7 épis.

AGRICULTURE : tester pour réussir

Créé le : 02/04/2018
Aurélie passe tous les jours ramasser les oeufs de ses « petites rousses ». Avec son mari Antoine, elle a aussi le projet d’élever des volailles de chair. L’atelier de poules pondeuses déjà installé sur le site de la Pépiterre leur permet de se rôder au métier mais aussi de commencer à mettre en place un réseau de fournisseurs, un circuit de distribution… © S. Biju

À Sarzeau (56), en presqu’île de Rhuys, l’association La Pépiterre aide au développement de projets agricoles et artisanaux. À l’origine de cette pépinière d’entreprises rurales, des paysans déjà installés et d’autres en recherche de terres qui ont voulu mutualiser leurs efforts en matière de veille foncière. Aujourd’hui, la Pépiterre offre un espace-test pour lancer, doucement mais sûrement, son activité.

Par Stéphanie Biju

Tout au fond du « jardin », les poules du Bindo gambadent au grand air sur 1000 m² de parcours libre. 220 « petites rousses » comme les surnomme Aurélie. La jeune éleveuse passe tous les jours entre 10h30 et 12h pour ramasser leurs œufs. « Mes poules ne sont pas très matinales », ironise-t-elle. Pas encore bien éduquées non plus… « Certaines coquines se sont habituées à pondre au sol », peste Aurélie, en quête de la moindre coquille cachée dans la litière du poulailler. « Ces œufs-là sont invendables… Mais bon, tout ça, ça se travaille ! Il faut leur apprendre à utiliser les nids. »

Aurélie et son mari Antoine, éleveurs de poules pondeuses bio et de volailles de chair, Faňch, producteur de plants de légumes bio, Stéphane, charpentier spécialiste de l’ossature bois, Maria, créatrice d’objets de déco en matériaux recyclés ou encore Marine et Chloé, chocolatières bio et équitable… Une dizaine de porteurs de projets ont rejoint les rangs de la Pépiterre, une pépinière d’entreprises agricoles, artisanales et solidaires, installée à la sortie du bourg...

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[INTERVIEW SONORE] – Nicole Briend : « Le politique doit reprendre la main sur la finance »

Créé le : 05/02/2018

Nicole Briend comparait mardi 6 février devant le tribunal de Carpentras (84) pour avoir  « réquisitionné » des chaises dans une agence BNP Paribas. L'action visait à dénoncer l'évasion fiscale. En réaction, Attac organise de son côté « le procès de l'évasion fiscale », à Carpentras, les 5 et 6 février. C'est dans ce cadre que nous avons rencontré Nicole Briend, qui revient sur la nécessité d'organiser une « mobilisation citoyenne », pour ramener l'argent des multinationales dans les caisses publiques. 

 

DIMINUTION DES CONTRATS AIDÉS. LES ENTREPRENEURS SOCIAUX DEMANDENT UN MORATOIRE

Créé le : 13/09/2017
DR

Il n'y a pas que les collectivités locales et le secteur associatif qui déplorent la diminution abrupte du nombre de contrats aidés par le gouvernement. Contrats qui devraient passer de 459 000 actuellement à 310 000 dès 2017. Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), qui regroupe des associations mais aussi des SAS et des sociétés coopératives, dénonce, dans un communiqué, la « méthode employée » par l’État pour réduire drastiquement les contrats de type CUI-CAE (Contrat unique d'insertion) « sans aucune alternative ». 

Le Mouves poursuit en rappelant l’importance de ces contrats pour les structures et les publics qui en bénéficient. Puis en comparant le coût des contrats aidés et celui du Crédit d'impôt pour la compétitivité (CICE) :

« Les CUI-CAE permettent d’embaucher en contrats à durée déterminée certaines populations parfois en grande difficulté sur le marché du travail. Le ministère du Travail estime que le coût représenté par les contrats aidés est trop important par rapport à leur réussite d’insertion professionnelle, or un emploi en CUI-CAE coûte environ 40 000 euros avec un taux de transformation moyen en emploi durable d’environ 30 % (Organisme de statistiques du ministère du Travail). Face aux 29 milliards d’euros dépensés pour le CICE pour environ 70 000 emplois créés ou sauvegardés, la facture paraît presque mince. »

Un « moratoire » jusqu'à janvier 2018

Une argumentation qui conduit le Mouves à réclamer à l'État un « moratoire » sur le sujet « au moins jusqu'à janvier 2018 »  :

« non pour bloquer certaines nécessaires réformes mais bien pour prendre en compte les évaluations existantes de ces dispositifs, réfléchir à des moyens alternatifs pour le développement des projets d’utilité sociale, préparer la suite avec une réponse globale et ambitieuse pour en finir avec des politiques publiques au coup par coup, sectorielles et catégorielles. Relancer ainsi la concertation avec les acteurs permettra par ailleurs de reposer les bases d’un fonctionnement partenarial en confiance avec les entreprises sociales. »

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