Société

« Rendre aux jeunes le goût de la politique ! », entretien avec Jean-Claude Perrin, fondateur de l'assocation Res Publica

Créé le : 15/11/2018

Entretien avec Jean-Claude Perrin, fondateur de l'association Res publica, organisatrice du festival La Chose Publique, qui se déroule à Lyon du 15 au 24 novembre prochain. Ce chef d’entreprise a mis une part importante de sa fortune personnelle au service du « progrès social et du développement ». A travers l'association Res Publica, il entend susciter le débat démocratique dans la Cité.

Pourquoi avoir choisi de cibler les jeunes pour cette nouvelle édition du festival « La Chose Publique », qui se déroule à Lyon fin novembre ?

Grâce aux nombreux débats politiques proposés, notre souhait est d'impliquer les jeunes dans la vie de la Cité. Objectif : leur montrer l'importance de l'action citoyenne et de la citoyenneté, des enjeux sociétaux. Concrètement, on veut politiser les jeunes ! Et les accompagner dans une co-construction de ce que l'on appelle la société civile.
En partenariat avec le média Rue89Lyon, nous invitons les jeunes à produire des contenus en ligne durant le festival. Ces derniers pourront alors être valorisés via la plateforme Villavoice.fr.
Des lycées sont également invités à participer aux débats, en partenariat avec les Académies locales, et en lien avec le ministère de l’Éducation Nationale.

Le format des débats s'inscrit dans une démarche participative, inclusive, à laquelle les jeunes sont particulièrement sensibles.

 

Vous partez du constat que la démocratie demeure une idée très récente et qu'il est nécessaire de tester sa réelle efficacité par la vox populi. Que proposez-vous pour revitaliser la démocratie  ? Une sortie du capitalisme ?
En effet, nous sommes loin de la démocratiepuisque une personne sur troisne vote pas en France. Les non-inscrits sur les listes sont toujours plus nombreux. Et le vote des extrêmes s'inscrit durablement dans le paysage Français.
Mais à mon sens, le capitalisme -malgré ses défauts- reste pour l'instant le seul système économique qui fonctionne peu ou prou. Le problème du capitalisme : que la seule valeur soit désormais l'argent. Car ceux qui savent mieux le fabriquer finissent par dominer. Et les inégalités se creusent.
Comment agir alors ? En construisant une société qui débat, implique les citoyens dans les décisions, agit sur les inégalités, ré-équilibre les forces en présence notamment par une société civile forte qui interviendrait comme contre-pouvoir.

 

Quels sont alors, selon vous, les chemins de Transition pour une véritable démocratie au sein du système capitaliste ?

La première solution qui me vient a déjà été mise en œuvre en 1789, et a eu pour objet d’abattre une élite. Est-ce souhaitable au XXIe siècle ? Je ne le crois pas.
La seconde voie est celle proposée par la Chine en ce moment : une forme de centralisme démocratique qui contrôle 1,4 milliard d'individus. Ce pouvoir me paraît d'autant plus dangereux qu’il est efficace économiquement puisqu'une importante classe moyenne chinoise - de plus de 100 millions de personnes - est en train d'émerger. Et désormais, ils affichent leur modèle global d’omni-surveillance des citoyens, à travers des conférences partout dans le monde !
La dernière solution, selon moi, est l’avènement d'une prise de pouvoir par la société civile. Doit-elle prendre la place du politique ? Pas sûr. Mais dire que c'est la société civile qui décide des grandes orientations à 20-30 ans, autrement dit du long terme, me semble inéluctable. Cette temporalité n'est plus compatible avec celle de nos politiques et de leurs intérêts propres. Le seul défaut de ce système : les citoyens doivent accepter d'être acteurs de cette Transition. De passer du consommateur au citoyen et donc de travailler à la démocratie. Ce qui ne sera pas une mince affaire !


C'est quoi « Res publica » ?
Du latin, la chose publique, relatif à l'Intérêt Général. Ce terme fait référence à la défense des valeurs de la République. Il se réfère à un état défendant le bien commun face aux intérêts privés. Créée en 1997 sous statut associatif et financée sur fonds propres, Res Publica se définit comme laïque et indépendante de tout pouvoir politique, intellectuel et financier. L'association intervient sur des sujets d'intérêt général, en véhiculant des valeurs telles que la solidarité, la citoyenneté, la liberté de penser, de s'exprimer et d'agir.

 

Christiane Taubira sera notamment présente au Festival La Chose Publique, le 23 novembre.

JACQUES TESTART, « PMA, GPA et transhumanisme vont servir le libéralisme »

Créé le : 15/11/2018
Crédit photo : DR

Par François Delotte.

Il est le « père » du premier bébé-éprouvette conçu en France, en 1982. Aujourd’hui, il est l’une des rares personnalités classées à gauche qui critiquent la procréation médicalement assistée (PMA)1 pour tous, ainsi que la gestation pour autrui (GPA)2. Pour lui, bien des techniques comprennent des risques liés à l’eugénisme. C’est aussi le cas du transhumanisme3, auquel il adresse une charge féroce dans son dernier ouvrage, Au péril de l’humain, les promesses suicidaires des transhumanistes, (Seuil).

Le biologiste Jacques Testart voit dans la PMA et la GPA le risque de soumettre un peu plus la science à une logique de marché. Un risque de libéralisation de la science qu’il identifie également dans le transhumanisme, auquel il consacre son dernier ouvrage.

Le Conseil d’État a récemment indiqué que l’accession à la PMA en France n’était pas discriminatoire quant aux couples homosexuels. Qu’en pensez-vous ? 
S’il y a discrimination, elle n’est pas entre hommes et femmes ni entre lesbiennes et femmes hétérosexuelles. Elle se situe plutôt entre femmes stériles et femmes non stériles. Certaines personnes ont besoin d’une assistance médicale pour procréer. D’autres ne présentent pas de pathologie qui justifierait cette assistance. C’est un abus de dire que l’on discrimine parce que les personnes sont homosexuelles. Si, dans un couple de femmes, les deux sont incapables d’avoir un enfant naturellement, alors on devrait pouvoir recourir à la PMA.
Depuis la nuit des temps, les homosexuel (le) s ou les personnes seules se débrouillent pour faire des enfants sans faire appel à la médecine. On n’a pas besoin d’elle pour réaliser une insémination avec donneur (IAD). Le plus compliqué reste de trouver un donneur !
Au travers de l’IAD, le progrès technique porte sur la congélation du sperme et l’insémination dans l’utérus et non pas dans le vagin. Il ne faut recourir à cela que si le sperme est « mauvais ». Mais s’il est « bon », on peut l’inséminer dans le vagin. Et, pour cela, on n’a pas besoin de faire appel à la médecine.

La GPA est aussi problématique pour vous. Pour quelles raisons ?

Parce qu’elle consiste à réduire une femme en esclavage durant neuf mois. Par ailleurs, on ne verra jamais une femme de Neuilly-sur-Seine porter un enfant du 93. Il y a toujours de l’argent qui circule. Des gens dans le besoin vont accepter cette tâche. C’est contraire aux droits de la femme et de l’homme.

Pourquoi parlez-vous d’esclavage ? Le terme est-il vraiment adapté ?

Parce que c’est un travail rémunéré, forcément sans son coût humain, et que la personne est mobilisée 24 h/24 h. En Inde, il existe un établissement qui accueille 200 femmes porteuses, surveillées et contrôlées en permanence. Elles sont réduites en esclavage.

Mais, dans un pays comme les États-Unis, des femmes semblent porter des enfants de façon désintéressée...
On montre toujours la même femme à la télévision qui a porté une enfant pour un couple d’hommes français. En réalité, il faut dire qu’il y a deux femmes dans le circuit. Il y a une première qui donne les ovules et une seconde qui porte l’enfant. Ce qui, juridiquement, évite que la porteuse soit la mère de l’enfant. Le processus n’est donc pas si aisé à mettre en place aux États-Unis. Il serait plus simple de recourir à des inséminations naturelles ou artificielles, grâce à des femmes de l’entourage de couples stériles qui acceptent de porter des enfants. C’est mieux ainsi. Si l’État est responsable de tout, si l’enfant est mal-formé, les techniciens se retrouveront en procès. Il y a aujourd’hui une forme de renoncement à trouver une solution conviviale, à trouver une femme dans son entourage. Ce qui n’est évidemment pas facile. Mais si cela n’est pas possible, en un sens, c’est que cela n’est pas approuvé par la population.

Mais est-ce que cela n’est pas juste pour les homosexuels qui ont un désir d’enfant ?
Le désir d’enfant n’est pas le summum de la vie des individus. C’est un argument que l’on utilise beaucoup aujourd’hui pour justifier de l’usage de technologies. Le désir d’enfant, c’est aussi le désir de répondre à une norme. Il ne justifie pas que l’on réduise une femme en esclavage pendant neuf mois. 

Bénéficier d’une GPA encadrée par la loi, dans un pays comme la France, ne permettrait-il pas d’éviter que se développent de telles dérives dans d’autres pays ?
Cela ne peut pas se faire dans de bonnes conditions. Porter un enfant, ce n’est pas comme faire des ménages. C’est un acte singulier, qui met en jeu le psychisme de la personne. Je ne suis donc pas pour encadrer la GPA, mais pour l’interdire.

Vous parlez d’eugénisme mou à propos de la PMA et la GPA. Pourquoi ?
Je parlais déjà d’eugénisme à propos de l’assistance à la procréation, en général. Les banques de sperme sont obligées de faire des sélections, selon des critères qui ne sont pas clairs. Cela les rend responsables de l’enfant à venir.
Pour l’heure, dans les couples hétérosexuels, le donneur doit ressembler au futur père. Mais les banques de sperme peuvent très bien utiliser des tests génétiques pour éviter la transmission de « maladies ». L’agence de biomédecine française devrait faire un état des lieux, pour savoir sur quelles bases les banques recrutent leurs donneurs. Ces structures ont d’importants pouvoirs. Il convient de les encadrer.
Il y a aussi la question de l’appariement avec la receveuse du sperme. On choisit le donneur pour sa ressemblance avec le père stérile. Mais aussi en fonction de risques de maladies graves. Par exemple, si une femme a dans sa famille des cas de diabète, on ne va pas choisir un donneur qui présente les mêmes risques dans sa famille. Les banques de sperme veulent apporter aux couples des garanties qui n’existent pas dans la nature. De fait, cela pose le problème de l’eugénisme. Cette philosophie de la fin du XIXe siècle a pour but d’améliorer les qualités humaines, aujourd’hui par la sélection, parce que la médecine soigne des personnes « déficientes » et leur permet de se reproduire.

Mais quelle réponse apporte-t-on à des personnes de même sexe qui veulent avoir un enfant ?

Je me bats pour que les critères de sélection liés au don de sperme soient définis dans la transparence. Il me paraît difficile d’élargir cette pratique aux couples homosexuels, alors que ces critères ne sont pas définis pour les couples hétérosexuels. Je suis contre la PMA pour toutes, tant que l’on n’aura pas établi des règles plus précises. 


Êtes-vous conscient que vos positions peuvent être récupérées par des catholiques intégristes et une partie de l’extrême droite homophobe ? 
Je suis conscient de cela et demeure très vigilant. J’ai des sollicitations venant de la Manif pour tous, notamment. Je les envoie promener. Je ne suis pas contre le mariage pour tous. Je ne suis pas contre le fait que des homosexuels aient un enfant. Rien ne prouve qu’ils seraient de plus mauvais parents que des hétérosexuels. Ce que je conteste, c’est l’intervention médicale quand elle n’est pas indispensable.

Vous êtes un homme de gauche. Comment expliquez-vous votre position minoritaire sur ce sujet sociétal qui fait débat ?
En effet, et je ne le vis pas très bien. L’idéologie du progrès y fait pour beaucoup. On imagine à gauche que le progrès technique doit forcément correspondre à un progrès social. Il existe aussi un conformisme de gauche qui estime que tout ce qui heurte les catholiques intégristes est bon.
Je crois qu’être de gauche, ça peut aussi passer par être contre la PMA pour toutes et la GPA, car ces techniques vont nuire à l’autonomie des personnes et servir le libéralisme économique. Une demande de plus en plus forte permettra le développement du marché de la procréation assistée. Et ce, alors que les critères de sélection du donneur ne sont pas encore encadrés.

Votre dernier ouvrage est une critique du transhumanisme. Comment avez-vous fait pour arriver de la PMA à ce sujet ?
Essentiellement par l’intermédiaire des progrès de la génétique, qui est une science dont je me sens plus proche que celle relative à l’intelligence artificielle. Les techniques nouvelles m’inquiètent beaucoup. Même si, pour l’heure, ce sont plutôt des techniques d’investigation que d’intervention. Par exemple, on va bientôt réaliser le bilan génétique des personnes, plutôt que modifier les génomes. Mais proposer ce « diagnostic préconceptionnel » pour tous, comme le demande le comité consultatif national éthique (CCNE), c’est une intervention eugénique dans le choix du partenaire, ainsi que savoir quels types de maladies on risque de développer dans le futur. Cette information risque d’être traumatisante, dans la mesure où la plupart des pathologies génétiques sont incurables.
Ce changement pourrait aussi avoir un impact sur la procréation. De plus en plus, les couples vont devoir répondre à des critères pour éviter que leur enfant naisse avec un handicap. On rentre ainsi dans l’eugénisme, qui est la part biologique du transhumanisme.
La sélection peut aller loin : on sait que des laboratoires chinois cherchent à sélectionner les embryons sur l’intelligence des personnes à naître, via la fécondation in vitro. Les États-Unis y travaillent aussi. La conquête du monde néo-libéral passe par l’intelligence. C’est certainement un leurre, car le gène de l’intelligence n’existe pas. Mais l’on voit à travers ces démarches qu’il existe une volonté généralisée de dépasser les qualités moyennes de la population dans un but de compétition.

Plus d’infos:

jacques.testart.free.fr


À lire : avec Agnès Rousseaux, Au péril de l’humain, les promesses suicidaires des transhumanistes, Éd. du Seuil, 2018, 21,00 € TTC, 272 pages

1Ensemble de techniques médicales qui permettent la rencontre

d’un ovule et d’un spermatozoïde. La PMA a essentiellement recourt à deux méthodes : l’insémination artificielle et la fécondation in vitro.

2 Méthode de procréation assistée faisant intervenir une mère porteuse. Cette dernière va accueillir un embryon fécondé au préalable pour donner naissance à un enfant.

3Le transhumanisme propose d’améliorer nos conditions d’existence par le progrès scientifique et technique. Pour Jacques Testart c’est « une idéologie infantile, parce qu’elle correspond à tous les rêves de gamins : être le plus fort, celui qui court le plus vite... »

2 Méthode de procréation assistée faisant intervenir une mère porteuse. Cette dernière va accueillir un embryon fécondé au préalable pour donner naissance à un enfant.

3Le transhumanisme propose d’améliorer nos conditions d’existence par le progrès scientifique et technique. Pour Jacques Testart c’est « une idéologie infantile, parce qu’elle correspond à tous les rêves de gamins : être le plus fort, celui qui court le plus vite...

 

1Dans une décision rendue publique le 3 octobre dernier, le Conseil d’État a indiqué à propos du refus d’accorder une procréation médicalement assistée (PMA) aux couples lesbiens que « le principe d’égalité ne s’oppose pas à ce que lelégislateur règle de façon différente des situations différentes ».

 

[ COMMUNIQUÉ ] - Le 11 novembre, la France doit adresser un message fort en faveur de la paix

Créé le : 09/11/2018

Mouvement pour une Alternative Non-violente

Il y a une indécence à célébrer l’armistice du 11 novembre et à entretenir par ailleurs une politique militariste.

« On ne peut construire la paix qu’avec les armes de la paix. » Jean Jaurès

Que faisons-nous du cri des soldats français et allemands qui lançaient dans leurs tranchées « plus jamais ça ! », et dont les rescapés promirent que ce serait « la Der des Ders » ? La Première Guerre mondiale se solda en effet par environ 18,6 millions de morts, dont 9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils (Wikipédia). Derrière ces chiffres, se cachent des millions d’ouvriers et de paysans de toute l’Europe – et plusieurs centaines de milliers venus des colonies françaises (pays du Maghreb, Sénégal, Madagascar, Viêt-Nam...).

Lors de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, il serait juste de rappeler que cette guerre a d’abord été voulue et préparée par des gouvernements français et allemands, avec le concours des industriels de l’armement.

Si nous voulons construire la paix, il nous faut donc aussi faire mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre l’idéologie de la guerre, comme par exemple Rosa Luxembourg en Allemagne et Jean Jaurès en France. Ils mesuraient parfaitement que cette guerre allait être la cynique mise en opposition des mêmes classes sociales exploitées dans leurs pays, ouvriers et paysans contre ouvriers et paysans. Car « la guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry). C’est toujours la même histoire !

C’est pourquoi, le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) demande des gestes significatifs de la France pour construire une politique de paix :

  • la réhabilitation des 600 soldats fusillés pour l’exemple, toujours réclamée par leurs familles ;
  • l’arrêt immédiat des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, laquelle utilise déjà au Yémen des chars Leclerc et des Mirage 2000-9. La guerre au Yémen est en train d’engendrer, selon les Nations Unies, « la pire crise humanitaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale » ;
  • la ratification du Traité d'Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) adopté par 122 pays à l'ONU en juillet 2017. Ce Traité interdit la fabrication, la possession, le stockage, le transfert d'armes nucléaires, et de fait toute politique de dissuasion nucléaire. La Bombe assure plus notre insécurité que notre sécurité.

 

Contact presse : François Vaillant, porte-parole du MAN - 06 16 08 41 95

La Cavale, nouvelle librairie coopérative à Montpellier

Créé le : 09/11/2018

La Cavale est une librairie coopérative, qui ouvrira ses portes le 22 novembre à Montpellier, dans le quartier des Beaux-Arts.

Porté depuis quelques mois par un collectif d’habitants du quartier et plus largement de montpelliérains, le projet s’est concrétisé le 30 novembre dernier par la création d’une Société Coopérative.

Une belle aventure citoyenne en perspective !

La Cavale sera une librairie généraliste et indépendante, avec une attention particulière accordée aux domaines des sciences humaines et sociales, de la littérature et des œuvres pour un jeune public. 

Son fonctionnement est celui d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (Scic), s’inscrivant dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

N’hésitez pas à rejoindre La Cavale et devenir coopérateur·rice·s.

Contactez donc Catherine, croblesbaglioni@gmail.com ou Julie, julie.blanc.cpe@gmail.com.

Moyennant une souscription de parts sociales (20 € la part), vous posséderez, sur la base de « un·e coopérateur·rice = une voix », un petit bout de la librairie ! Pour plus d’informations, ou déposer un message, rendez-vous sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/librairielacavale/

[ COMMUNIQUÉ ] - Effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne : de l'incurie des dirigeants locaux pour lutter contre l'habitat insalubre

Créé le : 06/11/2018

Collectif citoyen Marseille en commun

L’effondrement de deux immeubles dans le quartier Noailles est tragique. Je tiens tout d’abord à apporter tout mon soutien aux victimes de ce drame, à leurs familles, aux équipes des marins pompiers sur le site depuis ce matin, aux riverains de ce quartier délaissé depuis tant d’années.

Le premier immeuble au 63 rue d’Aubagne qui s’est effondré appartenait à Marseille Habitat et devait être réhabilité par la SOLEAM mais rien n’était fait depuis des années.

Des signalements avaient été faits à la Mairie par des riverains car le numéro 67 de la rue d’Aubagne menaçait de s’effondrer sur les passants avec des morceaux de façade tombant dans la rue.

 

La SOLEAM maître d’ouvrage de l’incurie des pouvoirs publics à la Plaine comme à Noailles

Le quartier Noailles, coeur du Marseille populaire, est abandonné des pouvoirs publics qui ne veut plus voir cette population pauvre en son centre. D’où les projets et les tentatives de gentrification depuis l’élection de Jean-Claude Gaudin (de la rue des arts à Belsunce, à l’hôtel de luxe sur l’îlot Feuillants). Cette politique de pourrissement des quartiers populaires de la ville tourne aujourd’hui au drame.

Force est de constater que la Mairie de Marseille préfère construire des centres commerciaux aux quatre coins de la ville, endetter le contribuable et la ville pour la rénovation du stade vélodrome ou la Tour La Marseillaise de Jean Nouvel, multiplier les cadeaux aux rois du béton et aux promoteurs sans scrupules, ériger des murs pour ceinturer la Place Jean Jaurès et permettre la « requalication » sans concertation et au forceps et contre la volonté des riverains  de la plus grande  place de Marseille…

A cela s’ajoute le fait que la SOLEAM qui est censé réhabiliter les logements dégradés de l’hyper centre, est aussi le maître d’ouvrage du projet de la Plaine. On laisse pourrir jusqu’à l’effondrement d’un côté ; on passe en force de l’autre côté en méprisant les usagers et les habitants de la Plaine comme de Noailles.

L’habitat insalubre et indigne tue !

A Marseille il y a 40 000 logements indignes ou insalubres (et 100 000 personnes qui y vivent) selon la Fondation Abbé Pierre et Un centre ville pour tous (dans le centre ville). Le mal-logement provoque de graves soucis de précarité énergétique, sociale, de santé … Et maintenant, il blesse et menace de tuer avec l’effondrement d’immeubles délaissés depuis trop longtemps.

Dans le centre ville (les quartiers Noailles, Belsunce, Chapitre, Belle de Mai, Panier), la question du mal-logement est une question capitale et les alertes sont lancées depuis des années par Un centre ville pour tous et le DAL. La résorption des milliers de logements indignes et insalubres et des marchands de sommeil dans ces quartiers doit être prioritaire. Les PRI qui se succèdent n’ont été que des leviers pour la « reconquête » du centre ville selon les termes de notre Maire. Seulement 1800 logements auraient été effectivement réhabilités selon la Chambre régionale des comptes.

 

Une OIN pour éradiquer le mal-logement en centre ville

Ce drame nécessite un sursaut des pouvoirs publics. Il y a urgence à mettre en oeuvre au plus vite dans le centre ville de Marseille une Opération d’Intérêt National (OIN) mobilisant dans le cadre d’un plan Etat / Région / Métropole / Ville des moyens importants pour éradiquer le mal-logement dans notre cité.

 

Sébastien Barles (porte parole) 06 75 00 63 31

[SANTÉ] « Le reste à charge zéro est un abus de langage » - Jean-Paul Benoit, Mutualité Française Sud, Provence Alpes-Côte d'Azur

Créé le : 05/11/2018

Reste à charge zéro, plan pauvreté... Le gouvernement a lancé plusieurs chantiers dans les domaines de la santé et du social. La Mutualité Française alerte sur les biais de certaines annonces comme le « 100% santé » ou de l’extension de la CMU-C. Ces dispositifs ne seraient pas forcément avantageux pour les bénéficiaires. Rencontre avec Jean-Paul Benoit, président de la Mutualité Française Sud, Provence Alpes-Côte d'Azur. 

Jean-Paul Benoit, président de la Mutualité Française Sud, Provence Alpes-Côte d'Azur - FD

 

Selon vous, le reste à « charge zéro » que veut mettre en place le gouvernement est un abus de langage. Pourquoi ?

C'est un abus de langage, car cela ne va pas concerner la totalité des soins. Seuls trois secteurs sont concernés : l'optique, le dentaire et les audioprothèses. Et uniquement une partie des appareillages sont éligibles au dispositif. Il restera donc des restes à charge pour la plupart des patients.

Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un plan pauvreté, qui prévoit notamment la généralisation de la CMU-C. Quelle est votre position sur ce sujet ?

Le projet du gouvernement veut toucher à l'Aide à la complémentaire santé (ACS). Ce dispositif concerne les personnes ayant des revenus se situant juste au-dessus du plafond de ressources qui permet d'accéder à la CMU. L’État va transformer cette ACS en une CMU-C « contributive ». Cette dernière offrirait les même garantie que la CMU-C, mais avec une cotisation à payer. Le gouvernement a d’ailleurs parlé d'une complémentaire à 1 euro par jour.

Plusieurs remarques sont à formuler sur ce nouveau dispositif. Lorsque l'on parle d'une complémentaire à 1 euro pas jour, cela fait quand même 360 euros pas an. Avec l'ACS, certaines personnes arrivaient à avoir une complémentaire avec pratiquement pas de cotisation à acquitter, voire pas de contribution du tout, dans certains cas. Or, 360 euros, pour un jeune de 20 ans ou un petit retraité, c'est extrêmement cher.

Deuxième problème : nous savons qu'avec la CMU-C, il existe des refus de soins qui se multiplient. Refus de la part de professionnels qui pratiquent le dépassement d'honoraires ou qui ne veulent pas pratiquer le tiers payant. Si tout le monde est renvoyé vers la CMU-C, ce sera encore plus stigmatisant pour certaines personnes.

Ces mesures ne vont donc pas, selon vous, contribuer à réduire les inégalités face à la santé ?

Le problème, c'est qu'en l’état actuel des choses, le dispositif proposé est très ciblé sur quelques appareillages.

Surtout, il ne faudrait pas que tout cela se traduise par une augmentation des cotisations des complémentaires, qui sont déjà chères, du fait de l'augmentation des taxes, ces dernières années, et de l'augmentation du coût du risque. Il ne faudrait pas qu'une nouvelle augmentation aboutisse au fait que des gens soient exclus de la complémentaire. Aujourd'hui, quatre millions de personne n'ont pas de complémentaire, malgré l'existence des dispositifs CMU et ACS.

Ces personnes n’auront pas de reste à charge zéro. Le gouvernement entretien une ambiguïté sur un « 100% santé » qui peut faire penser à un « 100% sécu ». Or, le dispositif reste à charge zéro ne fonctionne que parce que il y a une forte contribution des complémentaires. Donc, ceux qui n'ont pas de complémentaire n'aurons pas de reste à charge zéro.

Je rappelle que le candidat Macron avait promis zéro reste à charge sur l'optique, le dentaire et l'audioprothèse pour tous les Français. Or, tous les Français ne seront pas concernés par ces dispositifs.

Plus d'infos : https://sud.mutualite.fr/

Occitanie : plan régional pour une alimentation durable - consultation citoyenne

Créé le : 05/11/2018

A partir du questionnaire rempli par près de 55 000 citoyens en Occitanie au printemps 2018, quatre champs d'action pour l'alimentation durable ont émergé.

Pour chacun d'entre eux, les citoyens de la région Occitanie sont invités à classer les actions qu'ils considèrent prioritaires. Elles seront inscrites dans le Plan Alimentation que les élus de la région adopteront en décembre 2018.

> Participez

[DOSSIER] - Halte aux nanos !

Créé le : 26/10/2018

Par François Delotte

Pour colorer un produit, le faire briller ou lui donner plus d’éclat : les nanoparticules entrent dans les compositions de nombreux produits alimentaires et cosmétiques, sans même que nous en soyons informés... Pour quelles incidences sur notre santé ?


Nanoparticules : vers la fin du dioxyde de titane dans l’...

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Edgar Morin : « Tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique doit être mis en œuvre »

Créé le : 09/10/2018

Propos recueillis par François Delotte

Cinquante ans après Mai 68, le philosophe Edgar Morin voit une filiation indirecte entre ce mouvement et les actions des collectifs citoyens comme Alternatiba, les Jours heureux ou encore les Faucheurs de chaises. Du haut de ses 97 ans, il demeure un observateur averti de la vie politique. Cet ancien résistant, témoin du Front populaire, reste habité par la lutte pour les progrès sociaux et écologiques. Rencontre.

Vous avec été témoin ou acteur de plusieurs mouvements de lutte pour le progrès : 1936, la Résistance et 1968. Cette dernière étape était-elle dans la continuité des deux premières, ou était-ce une rupture ?

Je pense qu’il y a des éléments communs. Dans la Résistance, nous étions beaucoup de jeunes. Je faisais partie de la génération qui avait entre 20 et 23 ans, à l’époque. Et nos responsables avaient entre 28 et 30 ans. Il y avait des gens plus âgés, bien sûr. Mais une partie de la jeunesse — notamment la jeunesse maquisarde qui n’était pas partie en Allemagne — a joué un rôle important dans ce mouvement.

Concernant 1936, nous avions senti une aspiration profonde à une autre vie, qui s’est manifestée par ce « juin 1936 » de grèves, avec les gens qui se parlaient entre eux... Un peu comme la première semaine de Mai 68.  Avec un climat euphorique, qui dans un second temps a été condamné et réprimé.

J’appelle ces moments des « extases de l’Histoire...

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Caméras, intelligence artificielle, « safe cities »... Demain, tous surveillés ?

Créé le : 08/10/2018

Par Célia Pousset

Que ce soit dans les grandes villes, les campagnes ou les collèges, des technologies — plus ou moins innovantes — prétendent garantir notre sécurité, au détriment du respect de la vie privée. Des dispositifs qui interrogent notre société. Et qui ont un coût, financier comme éthique.


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Tous « vidéoprotégés »

La vidéosurveillance s’impose massivement dans l’espace public français. Depuis 2007, l’État a participé au financement de 49 353 caméras sur l’ensemble du territoire, à hauteur de 213 millions d’euros. Dans un climat de crispation sécuritaire, le recours à la « vidéoprotection » rencontre de moins en moins de résistance.

« La population en demande toujours davantage. Le débat sur le respect de la vie privée n’existe plus, même les élus d’opposition ont cessé d’être vent debout contre la vidéoprotection », assure Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse, en charge de la sécurité...

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