Société

Matmatah : « Nous ne sommes pas engagés mais conscients »

Créé le : 12/09/2018
Crédit : JD

Le groupe de rock finistérien défendait sur scène, cet été, les titres de son dernier album, Plates coutures. Certaines chansons, comme « Nous y sommes », apparaissent comme concernées, notamment par le sort réservé à la planète. Si les musiciens ont confiance en les jeunes générations, ils sont formels : « ça n'est pas en culpabilisants les individus que les choses changeront ». Rencontre dans le cadre du dernier Foreztival, dans la Loire, en août dernier. 

Entretien réalisé avec la radio locale lyonnaise, Radio Pluriel.

[AUDIO] - Retour sur les Rencontres Nationales de l'Habitat Participatif de Nantes

Créé le : 10/09/2018

Sans Transition ! participait aux troisièmes Rencontres Nationales de l'Habitat Participatif, à Nantes, les 5, 6 et 7 juillet dernier. Retour en interviews sonores sur cet événement.  Ces trois jours d'échanges et de débats ont réunis les grands acteurs d'un mouvement qui promeut une autre façon d'habiter.

Interviews et photos réalisées par Benoît Vandestick

Pascale Chiron « Nous mettons à disposition des terrains réservés à l'habitat participatif »

Pascale Chiron est vice présidente en charge du logement social et des nouvelles formes d’habiter à Nantes métropole. Elle encourage à la diversité des formes d’habiter, dans laquelle s’inscrit l’habitat participatif. Pour ce faire, elle a participé à mettre à disposition une vingtaine de sites réservés à l’habitat participatif.

 

Christian Chevé « Le participatif c’est un petit plus pour faire rêver les habitants »

Christian Chevé est président de Foncier solidaire et directeur de Coop’immo, une coopérative HLM de la région parisienne. La coopérative s’est lancée dans l’habitat participatif depuis quatre ans. Il observe que les habitants sont très réceptifs à ce mode d’habiter.

 

François Desrues « Comment faire mouvement dans l'habitat participatif ? »

François Desrues est porte-parole de la Coordin’action Nationlae, réseau associatif des habitants. Il revient sur le sens de ces rencontres. L’idée est de dynamiser le mouvement de l’habitat participatif, créer des convergences et investir de nouveaux champs comme l’élargissement aux quartiers populaires.

 

Olivier Cencetti « L’organisation de ces rencontres était participative »

Olivier Cencetti est chargé de projet à l’Echo-habitants, association d’aide aux projets d’habitat participatif. Il a organisé ces rencontres nationales. Les structures présentes ont pu participer à l’organisation en donnant leur avis et précisant leurs souhaits de thèmes à aborder. Résultat : un programme éclectique riche en contenus.

 

Stefan Singer « le participatif, c'est aussi un objectif de transformation des rapports sociaux, de la qualité de l’habitat »

Stefan Singer est directeur de Hab-fab, une entreprise de conseil et d’accompagnement aux projets d’habitat participatif, implantée en Occitanie. Il voit venir tant des collectifs d’habitants que des collectivités ou des promoteurs.

 

Stéphane Pleiber « L’habitat participatif porte des valeurs qui me correspondent »

Stéphane Pleiber se lance actuellement dans un projet d’habitat participatif dans la commune de Rezé (44). Il se retrouve dans les valeurs écologiques, de partage et d’intergénérationnel. Il est venu aux rencontres nationales pour se renseigner sur la mise en place d’un habitat participatif et la vie dans ce type d’habitat.

 

Gabrielle Paoli « Nos projets sont centrés sur le lien à la terre »

Gabrielle Paoli est chargée de mission au réseau Colibris. Elle s’occupe d’animer les éco-lieux aussi appelés oasis. Ces habitats participatifs ont la particularité d’être ruraux et centrés sur le lien à la terre et la recherche de résilience et d’autonomie en produisant notamment nourriture et énergie.

 

Damien Varesano et Pauline Leporcq « La force de ces projets, c’est la force du réseau »

Damien et Pauline travaillent pour Urbamonde. Cette association genevoise finance des projets d’habitat participatif dans des milieux défavorisés.

 

Frédéric Jozon « La vie en habitat participatif est très dynamique et très riche »

Frédéric Jozon vit en habitat participatif à Montpellier, depuis deux ans. Il apprécie particulièrement l’équilibre entre le collectif et le respect de l’intimité de chacun.

Pesticides : les victimes bretonnes n'en peuvent plus !

Créé le : 02/09/2018
Armel Richomme à côté de son ancien pulvérisateur. Il ne se protégeait pas toujours quand il traitait, comme avec ce colorant nitré, l’Herbogil : « Sans les gants, on avait les mains toutes jaunes et elles restaient comme ça plusieurs jours. On avait beau savonner et frotter, c’était un produit tenace. » - Crédit : E.Veyssié

Par Emilie Veyssié

Ils sont paysans et ont contracté une pathologie suite à l’utilisation de pesticides. Commencent alors deux combats. Celui contre la maladie et celui pour la faire reconnaître auprès de la MSA. Entre le manque d’information, les démarches complexes et les rentes minorées, les agriculteurs ne s’en sortent pas tous seuls. La proposition de loi pour la création d’un fonds d’indemnisation des victimes pourrait changer les choses. Mais la ministre de la Santé y est fermement opposée.

La nuit s’apprête à tomber sur l’exploitation familiale. La ferme, située à Caro dans le Morbihan, compte une centaine de vaches laitières. Elle est en bio depuis 2015. Une conversion impensable auparavant pour Noël Rozé, habitué dès l’enfance à utiliser le pulvérisateur pour traiter chimiquement les cultures. « C’était systématique, on ne se demandait même pas si c’était nécessaire », explique calmement le paysan. Cela durera plus de trente ans. Puis en 2014, il sent une grosseur dans sa gorge. Le diagnostic est grave : il est atteint d’un cancer atypique fulgurant. « Les médecins m’ont dit que les pesticides étaient sûrement responsables de mon état », poursuit-il, amer, en se préparant un café dans la petite cuisine encombrée. C’est le déclic. Il continuera à travailler, mais en agriculture biologique.

En 2016, poussé par son médecin traitant, Noël Rozé fait une demande de reconnaissance en maladie professionnelle auprès de sa caisse d’assurance maladie : la Mutualité sociale agricole (MSA). D’abord, pour être indemnisé, mais aussi pour que la cause de...

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[ENQUÊTE] - EGALITE FEMME-HOMME DANS LE SPORT : ENCORE LOIN DU BUT ?

Créé le : 30/08/2018
L’équipe féminine du MHR (Montpellier Hérault Rugby) lors de la finale du Top 8 contre Lille en mai 2015 © Pleclown/Wikimedia Commons

Par Virginie Guéné - Dossier réalisé en partenariat avec le think tank européen Sport et Citoyenneté

La société civile comme les instances de l'État multiplient les programmes de promotion du sport féminin depuis des années. Mais malgré les excellents résultats des athlètes françaises, notamment dans les sports collectifs, le monde du sport reste dominé et dirigé par les hommes. Dans les grandes compétitions, comme dans la pratique de loisir. Comment faire bouger les lignes et ainsi encourager les sportives accomplies ou néophytes à se bouger ? 

La lutte contre la sédentarité est une question de santé publique. Or, selon une étude publiée en 2017 par Santé Publique France, seuls 53 % des femmes et 70 % des hommes atteignaient en 2016 les niveaux d'activité physique recommandés par l'OMS. « Si le nombre et la part de licences féminines augmentent dans les fédérations et les clubs, les enquêtes nationales démontrent néanmoins que le niveau d’activité physique global de la population diminue, avec une tendance plus marquée pour les femmes », constate Sylvain Landa, directeur adjoint du think tank Sport et Citoyenneté.

Plus de promotion pour plus de pratique

La promotion du sport féminin ne date pas d'hier. L'association Fémix Sports, qui œuvre pour la mixité et l'équité dans le sport, a par exemple été créée en 2000, à la suite des premières Assises nationales du sport féminin initiées par Marie-George Buffet, alors ministre des Sports. Depuis 18 ans, « on a énormément avancé. Les...

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Les médias indépendants attendus à l’université d’été d’Attac

Créé le : 16/08/2018

« L’université d’été solidaire et rebelle des mouvements sociaux et citoyens 2018 », organisée par Attac du 22 au 26 août à Grenoble, fera la part belle aux médias indépendants. Le vendredi 24, une journée spéciale leur sera même consacrée. Sans Transition ! est partenaire et sera présent.

 

 

 

Pour l’édition 2018 de son université d’été, l’association Attac pose ses valises à Grenoble, dans les bâtiments de l’UGA (Université Grenoble-Alpes), du 22 au 26 août. Au programme : cinq jours de conférences, de débats et d’ateliers pour tirer le bilan d’un an de mobilisations sociales et citoyennes en France et en Europe. Cette année, l’université d’été a prévu une journée spéciale, vendredi 24, dédiée aux médias indépendants.

Sans Transition ! sera présent

Elle consistera en un forum et en quatre ateliers autour des questions d’indépendance médiatique face aux multinationales et du rôle de la presse dans les mouvements sociaux. Médiapart, Alternatives Economiques, Reporterre, Le Média, Bastamag, entre autres médias, tiendront des stands durant les cinq jours. Partenaire de l’événement, Sans Transition ! sera présent à Grenoble jeudi 23 et vendredi 24 août. Pour venir à notre rencontre, rendez-vous est donné à notre stand au village associatif de l’université d’été !

 

Occitanie : Retour sur les Rencontres Territoriales alimentation en Hérault

Créé le : 20/07/2018
Rencontres territoriales sur l'alimentation à Montpellier juillet 2018- crédit Célia Pousset

« Nos emplettes sont nos emplois », a soutenu le vice-président du Conseil régional d'Occitanie en charge de l’agroalimentaire et de la viticulture, Jean-Louis Cazaubon, le 13 juillet dernier lors des rencontres territoriales sur l’alimentation tenues à Montpellier (34). 

C’est au lycée hôtelier Georges Frêche que des  citoyens de l’Hérault sont venus prendre part à la réflexion menée par la Région sur l’alimentation, décrétée « grande cause 2018 ». Rassemblés autour de grandes tables thématiques (Santé, gastronomie, précarité, agriculture…), les participants ont eu pour tâche d’identifier des solutions pour faire de l’Occitanie une terre où l’on mange mieux et local.

"Former les consommateurs de demain"

Circuits courts dans les cantines, sensibilisation dans les écoles, « Macdo occitan », légumes dans les parterres publics… Toutes les options, même les plus folles, ont été évoquées lors de cette soirée. Et Jean-Louis Cazaubon de réaffirmer : « Nous vous consultons, nous vous écouterons ! » Il a notamment insisté sur le volet de la restauration collective des établissements scolaires : « On forme les consommateurs de demain ».

Jean-Louis Cazaubon- Vice-président du conseil régional de l'Occitanie en charge de l'agroalimentaire- crédit CP

Actuellement, l’agriculture bio, raisonnée ou en circuit court représente 25 % des assiettes des collégiens de la région. Notons par ailleurs que la région est la première française pour la production de bio. Le vice-président en charge de l’agroalimentaire dit vouloir aller plus loin. L’objectif est de mieux intégrer dans la boucle les producteurs occitans. Ces derniers affichent des revenus 37% moins élevés que la moyenne nationale .

Plus d'infos :  www.laregion.fr/monalimentation

[Tribune] - Mauvais tour pour les victimes de produits phytopharmaceutiques !

Créé le : 19/07/2018

Alors que le Sénat avait le 2 juillet dernier adopté le principe d'un fond d'indemnisation aux travailleurs agricoles victimes des pesticides, le gouvernement a retoqué la proposition. Une attitude que dénoncent Nicole Bonnefoy et Sophie Primas, sénatrices engagées sur cette question. 

 

 

Ce matin, le Ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, a souhaité retirer le dispositif – pourtant adopté à l'unanimité par le Sénat – portant création d'un fonds d'indemnisation pour les victimes professionnelles des produits phytopharmaceutiques, au profit de la rédaction d'un « énième rapport » sur le sujet, dans un délai de neuf mois. Cette position du Gouvernement traduit à la fois un profond mépris du Sénat, et une mauvaise foi patente.

Un profond mépris, tant à l'égard du Sénat que des trois administrations qui ont abondamment travaillé sur le sujet. Nous rappelons que le Sénat a voté à l'unanimité la création de ce fonds d'indemnisation et que le rapport du CGAAER, de l'IGAS et de l'IGF, publié en janvier 2018, affirme la pertinence et prévoit dans le détail les différentes modalités de financement et de mise en oeuvre du fonds d'indemnisation.

Une mauvaise foi patente, car il est stupéfiant que le Ministre réfute aujourd'hui la création d'un tel fonds au motif d'une rupture d'égalité entre les professionnels et les « riverains et les jardiniers amateurs », alors que c'est le Ministre lui-même qui avait souhaité en réduire le périmètre aux seules victimes professionnelles !
Nous ne pouvons accepter l'argumentation tenue par le Ministre et soutenue par sa majorité ce jour à l'Assemblée nationale. Nous considérons qu'il n'est nul besoin d'attendre encore. Le courage politique nécessite d'agir maintenant.

 

Nicole Bonnefoy (Sénatrice PS de la Charente) et Sophie Primas (Sénatrice LR des Yvelines).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les boudeuses : du théâtre de rue pour un dialogue citoyen

Créé le : 18/07/2018
Les Boudeuses interprètent une scénette sur l'histoire d'Arzens (11) à travers leurs personnages respectifs. © E. Potente

par Élodie Potente

Susciter une prise de conscience chez les spectateurs, tel est le pari de la compagnie de théâtre de rue les Boudeuses. Ces Aveyronnaises n'hésitent pas à faire passer des messages forts à travers un humour grinçant et un jeu grisant. Écologie, égalité, vie sexuelle et affective ou encore vivre ensemble, autant de sujets qui les animent. Reportage dans le village d'Arzens, dans l'Aude, au cœur de leur spectacle Retrouvailles.

Le monde se presse place de l'Europe à Arzens, dans la campagne audoise. Il est bientôt 18 h 30, et le village trépigne d'impatience pour accueillir le spectacle des Boudeuses. La compagnie aveyronnaise fondée en 2012 est composée de Maëva, Maëlle, Élodie et Claire-Pomme. Ces quatre femmes revendiquent un théâtre d'action, engagé et plein d'humour autour de valeurs communes comme l'égalité, la liberté et l'humanisme.

Dans la salle polyvalente de la commune, coincée entre l'église et la poste, les comédiennes se préparent. Ce soir, elles sont trois à interpréter leur dernier spectacle intitulé Retrouvailles. Une création inédite pour le projet annuel de territoire de Carcassonne agglo, qui met en lien artistes et habitants. Comme pour tous leurs spectacles, les Boudeuses ont inscrit ce projet en lien avec le territoire et l'actualité locale ou nationale. En pleine écriture ont eu lieu les attaques de Trèbes et Carcassonne à une vingtaine de kilomètres d'Arzens. Cet événement est venu renforcer le travail sur le vivre ensemble et l'acceptation de l'autre amorcé par les comédiennes....

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[Tribune] Bio dans les cantines : les sénateurs rateront-ils encore la marche ?

Créé le : 19/06/2018

Alors que le Sénat a retiré la semaine dernière en commission l'objectif d'atteindre 20% bio en restauration collective, Joël Labbé (sénateur écologiste du Morbihan) et Gilles Pérole (élu local à Mouans-Sartoux (06))  invitent les sénateurs à revoir leur copie avant la lecture du texte en séance publique qui aura lieu à partir du 26 juin. Ils rappellent et expliquent pourquoi manger 20% de bio d'ici à 2022, c'est non seulement urgent mais également faisable.

 

Par Joël Labbé et Gille Pérole

Décevante, leur attitude en commission sur l’étude de la loi Alimentation ! Pourquoi une poignée de sénateurs reste aussi hermétique aux évolutions de société et aux désirs des citoyens qui sont à 90% intéressés par le bio à la cantine (sondage Agence Bio) ?

 

Jeudi 14 juin, le groupe majoritaire des sénateurs LR a dépouillé la loi issue des États généraux de l'Alimentation de l'un de ses principaux arguments plaidant pour l'introduction de 20% de bio dans les assiettes de la restauration collective d'ici à 2022. C'est le précieux article 11 de la loi Agriculture Alimentation, que les députés venaient de valider comme un seul homme, le 30 mai dernier. Ce camouflet n'est ni plus ni moins qu'un remake de 2016, lorsque la députée Brigitte Allain avait proposé d'introduire par la loi le bio et le local à hauteur respective de 20 et 40%, dans un délai raisonnable. Une proposition alors votée à l'unanimité de l'Assemblée nationale, mais retoquée pareillement par des sénateurs rivés à des positions décidément aussi stables qu'inintelligibles.

 

Pourtant nous, Joël Labbé*, sénateur du Morbihan et Gilles Pérole*, élu local à Mouans-Sartoux (06), sommes persuadés qu’on finira bien par faire bouger les lignes sur le bio et le local dans les cantines, loin des pétitions de principe et des postures qui n'honorent ni leurs auteurs ni les représentants des causes qu'ils croient défendre, parfois seuls contre tous...

 

L’alimentation durable ne relève pas d'une lubie. Elle permet une vraie prise en compte des enjeux de santé et intègre l’évaluation des impacts de la production agricole sur l’environnement, la biodiversité et le réchauffement climatique. Il nous faut relever le défi de manger mieux en restauration collective, en suivant la dynamique porteuse du secteur bio (plus de 10% de croissance depuis quinze ans), réputé par ailleurs bon pourvoyeur d'emplois selon l'Agence bio. Et en suivant, aussi, les nouvelles recommandations nutritionnelles officielles. N'est-ce pas le Programme national nutrition santé (PNNS) 2018-2022 qui fixe l’objectif d’« au moins 20% de consommations bio de fruits, légumes, produits céréaliers et légumineuses pour l’ensemble de la population française » ?

 

Le bio local : pas plus cher ni difficile à trouver

 

 

20% de bio dans les assiettes des cantines, un objectif hors d'atteinte ? Bien sûr que non. Il suffit de battre en brèche les deux idées reçues principales qui ont décidément la peau dure... jusqu'au palais du Luxembourg.

 

-Le prix. Manger bio serait plus cher et porterait atteinte aux budgets des collectivités comme au porte-monnaie des familles. C'est faux. En 2017, l'Observatoire national de la restauration collective bio et durable, créé par l'association Un Plus Bio, a démontré que les collectivités locales engagées dans des menus composés pour 20% de produits bio font face à un coût matière de 1,80 €. Oui, un repas à 20% bio servi à la cantine coûte moins de deux euros hors taxe, lorsqu'un repas conventionnel est estimé entre 1,50 et 2,00 € (source Agores). Pour maîtriser les coûts, il suffit de faire évoluer ses pratiques d’achats, réduire le gaspillage alimentaire et composer de nouveaux menus...

 

-La difficulté d’approvisionnement. C'est devenu une rengaine maniée avec un peu trop d’aisance par les sénateurs, qui ne semblent pas s'intéresser aux changements en cours dans les filières agricoles. Manger bio se ferait au détriment de manger local et ne servirait pas l'économie des territoires car il faudrait massivement recourir aux importations. Mais personne ne s'enquiert des conditions de circulation des produits non bio largement importés qui saturent les ports et les autoroutes du monde entier pour atterrir tranquillement dans les assiettes des cantines !
Sur la base de l’exemple de la régie municipale agricole de Mouans-Sartoux qui fournit 85% des légumes bio consommés par les 1000 élèves à la cantine, on peut, par exemple, estimer à 100 000 hectares la surface agricole nécessaire pour fournir en légumes bio les trois milliards de repas servis hors domicile chaque année en France. Cela représente seulement... 0,35% des 28 millions d’hectares de surface agricole utile de notre pays ! Objectif certainement pas inatteignable…

 

Enfin, l’argument du recours au bio via des pays lointains ne tient plus depuis quelques années. L'Agence bio vient de publier ses derniers chiffres. En 2016, 71% des produits bio consommés en général par les Français étaient « made in France ». Ce niveau corrobore directement les chiffres de l'Observatoire d'Un Plus Bio qui a mesuré que, en 2017, 58% des produits bio achetés en restauration collective étaient d'origine locale (définition Ecocert, périmètre ancienne région administrative).

 

 

Manger bio et local n'est donc pas plus cher ni impossible. Et aux sénateurs qui redoutent que les producteurs locaux soient écartés du marché de la restauration collective en plein boom, rappelons que le projet de loi prévoit que les productions en conversion bio pourront être comptabilisés, dès la première année, dans les 20% de bio. C'est un signal fort envoyé à la profession, car il n'est évidemment pas question d'opposer les agriculteurs entre eux ni de laisser sur le bord du chemin les candidats au changement de pratiques.

 

Alors, sénatrices et sénateurs de tout le pays, unissez-vous le 27 juin prochain, jour de l'examen du texte, pour soutenir enfin la réalité d’une alimentation bio à notre portée et rejoignez les nombreuses collectivités territoriales qui ont un train d'avance !

 

* Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, initiateur de la loi « Zéro-phyto » qui bannit depuis le 1er janvier 2017 l'usage des produits phytosanitaires dans les espaces publics des collectivités locales et, à partir du 1er janvier 2019, dans les jardins de particuliers.

 

* Gilles Pérole, adjoint au maire en charge de l'éducation à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), première commune de plus de 10 000 habitants passée au 100% bio dans ses cantines, sans surcoût pour la collectivité ni les familles. Également président de l'association Un Plus Bio, premier réseau national des cantines bio.

 

 

 

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