Société

Serge Montfort : la BD nature, du crayon à l'édition

Créé le : 26/09/2016
Serge Montfort. Page de la Bande dessinnée "De mémoire de loup"

Serge Monfort milite à sa façon pour la défense de la nature : avec un crayon à la main. En dessinant les aventures du chien Toupoil cet auteur-dessinateur-éditeur de bandes dessinées souhaite sensibiliser les enfants aux dangers qui guettent la faune européenne.

 

L'histoire de Serge Monfort, ancien maquettiste publicitaire, c'est aussi celle de Toupoil et de la maison d'édition Crayon Vert.Passionné par la nature le dessinateur souhaite publier une bande dessinée pour faire découvrir aux enfants de 6 à 8 ans la faune et la flore européenne contemporaine. Mais aucune maison d'édition n'est intéressée par son projet : « La nature est le cadet de leurs soucis ! » tempête l'auteur. Avec sa femme ils décident alors de s'auto-publier en créer leur maison d'édition, Crayon vert. C'est ainsi que le premier tome « Toupoil, le chien loutre » paraît en 2010. Trois autres tomes ont été réalisés depuis. Ils racontent « l'histoire d'un chien libre, comme l'appelle mes lecteurs », précise Serge Montfort. Un cabot qui se promène dans la nature sauvage européenne et rencontre des animaux confrontés à la main mise de l'homme sur leur milieu.

Apprécié des enfants et des enseignants

L'auteur fait tout du début à la fin: scénarios, dessins et couleur, qu'il ajoute à l'aquarelle. Un travail d'orfèvre qui demande à cette artisan du crayon un à deux ans pour réaliser chaque ouvrage. Le résultat donne à lire des histoires captivantes et à regarder des dessins emprunts d’une grande douceur. A la fin de chaque exemplaire un dossier documentaire de 5 pages présente, d'une manière plus scientifique, l'animal dont parle l'album. Le dessinateur consulte des naturalistes, fait des photographies et réalise des cartes. À ce travail s'ajoute celui de la diffusion, qui n'est pas le plus simple. « Nous n'avons pas de gros budgets pour la communication et il est donc difficile d'avoir une bonne diffusion nationale ». Mais les aventures de Toupoil sont très appréciées par les enfants et les enseignants. Singulièrement en Bretagne, où réside l'auteur. Le prochain tome devrait traiter des blaireaux : «  Je voudrais dénoncer le déterrage de ces animaux par les chasseurs. La France est le dernier pays d'Europe à autoriser cette pratique! » Un ouvrage qui encore une fois alliera divertissement et sensibilisation à la défense de l'environnement.

Plus d'info :

www.toupoil.com

 

Louis Rousseau, Attac Marseille : "chacun peut s'inscrire dans des alternatives"

Créé le : 21/09/2016
Crédits : Attac

Le commerce équitable avec Artisan du monde, les énergies renouvelables avec Enercoop et la banque éthique avec la Nef : dans le cadre de la semaine de la Transition citoyenne, Attac Marseille présentait, mardi soir, des alternatives concrètes dans lesquelles chacun peut s'engager. Rencontre avec Louis Rousseau, représentant de l'association dans la cité phocéenne.  

Artisans du monde, La Nef, Enercoop : Pourquoi avoir choisi de présenter ces "alternatives" à vos adhérents et au grand-public ?

Nous voulions faire connaitre des alternatives possibles qui existent, en lien avec le slogan du collectif national pour la transition : "la transition, je peux faire le premier pas". Il s'agit de montrer que chacun peut s'inscrire dans des pratiques et dans des projets qui permettent de changer de modèle économique, social et environnemental. Ces alternatives s'appliquent souvent à une petite échelle mais elles préfigurent ce que nous pourrions construire dans un cadre plus vaste.

Les transitions, cela passe par consommer différemment, changer de fournisseur d'électricité ou encore de banque ?

Absolument. Attac se positionne contre la marchandisation du monde et contre le monde de la finance. Nous militons pour que la société devienne la plus solidaire possible et pour que les citoyen-nes se réapproprient leur façon de consommer et d'échanger. Enercoop, La Nef, Artisans du monde : ces trois exemples montrent que l'on peut faire autrement.

Ces alternatives Renvoient d'ailleurs au "Petit manuel de la transition" que vient de republier Attac dans une éditions actualisée ?

Oui. Le livre présente des solutions concrètes et qui permettent de s'opposer à cette société menée par la finance. Une société contre laquelle Attac lutte au travers de ses différentes actions. Nous invitons d'ailleurs les citoyen-nes à venir assister aux soirées-débats ou aux apéros que nous organisons régulièrement à Marseille pour échanger et parler de tout cela à bâtons rompus !

 

Plus d'infos :

www.local.attac.org/13/marseille/

A lire : Petit manuel de la transition (nouvelle édition augmentée), Attac, Les Liens qui Libèrent, 2016, 100 p. 7,50 euros

Jean-Pierre Kieffer, OABA : "il faut interdire l'abattage sans étourdissement"

Créé le : 20/09/2016
Capture écran de la dernière vidéo de L214 tournée dans un abattoir de Nouvelle Aquitaine. crédits : DR

Alors que la commission d'enquête parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie vient de rendre public son rapport, l'association L214 publie une vidéo montrant des animaux abattus sans étourdissement durant l'abattage rituel de l'Aid el-Kebir. Le vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l'association O.A.B.A (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs) nous livre son avis sur l’évolution de la réglementation de l'abattage.

Retrouvez notre dossier « Abattage : peut-on faire autrement ? » dans notre numéro 1 de Sans Transition !

Quelle est votre position à propos de l'abattage des animaux sans étourdissement ?

Une loi a rendu obligatoire l'étourdissement des animaux avant la saignée en 1964, notamment grâce à l'action de l'O.A.B.A. Mais il existe une dérogation à cette obligation : la loi européenne autorise l'abattage rituel, c'est-à-dire sans étourdissement.

Cela n'est donc pas illégal mais cela reste inacceptable. Nous trouvons absurde que cette pratique soit autorisée et nous avons d'ailleurs déposé un recours auprès du conseil d’État, qui a été refusé en 2015. Nous considérons que l'argument religieux n'est pas suffisant pour avoir une dérogation à la loi. La loi impose d'utiliser la méthode qui limite le plus la douleur de l'animal. Les scientifiques ont prouvé que la perte de conscience, le moment où l'animal ne sent plus rien, peut être très long après l’égorgement, jusqu'à 14mn pour les bovins.

Pour un pays laïque est-il logique d'accorder une dérogation uniquement parce que l'on dit que c'est rituel ? Il y a pourtant des pays à majorité musulmane ou l’étourdissement est obligatoire comme en Malaisie ou en Jordanie.

 

Le rapport de la commission d'enquête parlementaire propose un contrôle vidéo des abattoirs, pensez-vous que cela puisse améliorer le bien-être animal ?

C'est une mesure utile mais pas suffisante. Il y a en effet un manque de vétérinaires inspecteurs et les caméras pourraient les aider. Mais il faudrait surtout que la réglementation soit appliquée. Avant de promulguer des nouvelles lois, il faut faire appliquer la réglementation existante. Pour cela il est nécessaire d’accroître la surveillance au niveau des postes d'abattage. Mais nous pensons qu'il serait souhaitable que les opérateurs soient mieux formés avec des formations pratiques pour mieux apprendre les gestes.

Le rapport ne propose pas d’interdire l'abattage sans étourdissement. Or, au XXIème siècle, celui-ci ne devrait plus exister ! Si des mesures ne sont pas prises les gens vont avoir de moins en moins confiance pour acheter de la viande. Aujourd'hui il n'y a pas d’étiquetage pour indiquer le mode d'abattage. Les bouchers sont mal à l'aise à ce sujet car ils ne peuvent garantir à leurs clients que l'animal a été abattu avec étourdissement.

Pensez-vous que la réglementation autours de l'abattage peut évoluer grâce à la campagne présidentielle de 2017 ?

Le sujet va être obligatoirement abordé durant la campagne de 2017. En 2012 celui-ci avait beaucoup été soulevé, notamment suite à un film «  la viande dans tous ses états » qui avait entraîné de nombreuses prises de position. Malheureusement le FN avait repris le débat et détourné le sujet de la souffrance animale vers les thèmes de l'identité ou de la religion. Nous ne souhaitons pas du tout stigmatiser une religion ou une communauté, seulement s'attaquer à la souffrance animale.

Plus d'infos :

www.oaba.fr

La tomate en foire !

Créé le : 02/09/2016
Crédits photos: Pixabay CC0 Public Domain LoggaWiggler

Depuis 10 ans, la tomate a son propre festival à Clapiers (34), en partenariat avec la ville de Montpellier et de l’association Marchés Paysans de l’Hérault. Le dimanche 4 septembre 2016 de 9h à 17h, différentes activités vous seront ainsi proposées gratuitement au parc municipal Claude Leenhardt

Vous pourrez y retrouver entre autres de nombreuses activités liées au domaine de la tomate mais aussi de l’écologie. De 10h à 17h, prendra place une exposition de près de 250 variétés de tomates par des spécialistes de la tomate parmi lesquelles des variétés anciennes et biologiques. Par ailleurs, il y aura aussi des sculptures collectives et durables de tomates géantes en papiers et bouchons : “ Habillez le roi et la reine de la tomate ” proposé par Clipit et Art en Mouvement (apporter ses papiers et bouchons à recycler). De 10h à 12h, une dégustation gratuite ouverte à tous les visiteurs du Festival, d’une spécialité culinaire à base de tomate confectionnée par les enfants des centres de loisirs de la Ville de Clapiers. A 15h, aura lieu un concours de recettes de ketchup : réalisez et apportez votre propre ketchup et tentez de remporter un panier assorti de tomates !

« L’association Marchés Paysans de l’Hérault, Montpellier Méditerranée Métropole et la Ville de Clapiers organisent, en partenariat avec la Région Occitanie et Sud de France, les 10 ans du Festival de la Tomate. C’est l’occasion de découvrir près de 250 variétés et de partir à la recherche des spécialités à base de tomate.  ... Mais promouvoir les produits du terroir et aider les producteurs locaux ne sont pas seulement des facteurs de développement économique, ce sont aussi des éléments culturels, le reflet d’un certain art de vivre que notre Métropole revendique et continue de défendre, » déclare Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole, maire de la Ville de Montpellier.

Améliorer la traçabilité

L’association Marchés Paysans de l’Hérault propose aux exposants du marché un étiquetage à trois couleurs qui sert à définir les circuits courts sur les produits, à assurer une transparence totale sur l’origine de production. Le principe est simple, l’étiquette colorée identifie trois cas de figure : VERT, c’est de la vente directe, ORANGE, le vendeur est seul intermédiaire (circuit court), VIOLET, le produit est issu du commerce, le vendeur garantit l’origine du produit. Soyez donc attentifs à la couleur des étiquettes qui seront présentes sur les étals participants à l’expérience !

Le Festival de la Tomate, un écofestival !

Des gobelets Ecocup consignés sont mis à la disposition du public à la buvette. L’organisation s’inscrit dans un cadre de réduction des emballages et de mise en place d’une opération de recyclage et de tri sélectif, sous l’égide de Montpellier Méditerranée Métropole. Les messagers du tri sont ainsi présents pour vous présenter les différentes formules de compostage et répondre à vos questions.

 

Plus d’infos :

www.montpellier3m.fr/vivre-tourisme-traditions-festivité-et-terroir/festival-de-la-tomate

Ville de Clapiers :

Tél. 04 67 55 80 60

www.ville-clapiers.fr

Association des Marchés Paysans de l’Hérault :

Tél. 06 38 02 79 19

www.marchepaysan34.org

Le vélo, ça roule pour eux !

Créé le : 29/08/2016
Crédits photos: Pixabay CC0 Public Domain Unsplash

Initié il y a 2 ans maintenant, à Perpignan (66) dans les Pyrénées-Orientales, Sotragroupe, entreprise de télécommunication et de photovoltaïque, dédommage ses employés cyclistes à hauteur de 0.25€ par kilomètre. Zoom sur cette résolution économique et écologique.

Depuis 2 ans maintenant, Sotragroupe propose une indemnité kilométrique à ses salariés, pour leur trajet jusqu’à leur travail en vélo ou vélo électrique, à hauteur de 0,25€ par kilomètre. Deux entreprises constituent Sotragroupe : Sotranasa, dans les télécommunications, et SotrAvenir, dans le domaine du solaire photovoltaïque et thermique, basées près de Perpignan. L’idée est venue d’un des employés, Matthieu Faye, qui nous l’explique : « le gouvernement a lancé en expérimentation l’indemnisation du trajet maison-travail à vélo. J’ai proposé à ma direction de nous inscrire, ils ont tout de suite accepté de participer. » Financées par l’Ademe, ces expérimentations ont permis d’établir un premier bilan : « Dans les entreprises qui ont participé à l’expérimentation, il est a noté que la part de trajets domicile-travail effectuée à vélo a augmenté de 50 % » selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie.

 

Un bien-être conséquent

Depuis le 1er janvier 2016, pour l’employeur, cette participation à l’indemnité vélo est exonérée de cotisations sociales, dans la limite de 200 € par an et par salarié, et sur la base des kilomètres qu’ils parcourent pour se rendre à leur travail. « Il s’agissait aussi de s’intéresser au bien-être des employés. De nombreuses études montrent que les salariés de bureau ont une meilleure santé en pratiquant une activité physique régulière. » Un salarié gagne ainsi en moyenne 40€ de plus par mois, s’il vit à 3 km de l’entreprise, sans que cela soit imposable. « Nous avons eu un salarié qui ne l’a fait que l’été, en Juillet et en Août. Il a gagné près de 100€ par mois car il réside à 15 km de l’entreprise, » poursuit Mathieu Faye.

 

Le vélo, pas que de l’argent...

Désormais, ils sont une douzaine à pédaler quotidiennement pour se rendre à leur travail, sur près de 250 employés. « Nous avons parcouru près de 4300 km en un an. » Cependant, à ce stade, le dédommagement ne prend pas en compte les stagiaires, « ils devraient bénéficier de tous les avantages des employés mais ils n’ont pas été inclus dans le décret national », rebondit Mathieu. Surtout, Perpignan n’est pas connue pour ses pistes cyclables. « Nous avons la chance d’avoir une voie verte qui passe à côté de notre lieu de travail, nous organisons aussi des animations avec des associations pour sensibiliser les autres employés sur les avantages du vélo. », conclut-il.

 

Plus d’infos :

www.service-public.fr/professionnels-entreprises/actualites/008283

www.sotragroupe.com

www.who.int/dietphysicalactivity/pa/fr/

www.sans-transition-magazine.info/societe/sortez-vos-velos

www.ademe.fr

Abattre à la ferme pour limiter le stress des animaux

Créé le : 21/07/2016
Bernard et Christine Leroy Berger militent pour un abattage à la ferme

Suite à la diffusion des vidéos de L214 faisant état de maltraitances et de graves dysfonctionnements dans plusieurs abattoirs du sud de la France, Sans Transition a enquêté pour savoir s'il est possible de changer durablement les pratiques d'abattage. Certains éleveurs militent pour un abattage à la ferme pour diminuer le stress des bêtes. C'est le cas de Bernard Leroy-Berger qui élève avec sa femme, Christine, des chèvres et des chevreaux, près de Malaucène, dans le Vaucluse. Retrouver notre dossier « Abattage : peut on faire autrement ? », dans le n°1 de Sans Transition. 

 

Vous faites du fromage mais aussi un peu de viande de chevreau. Que vous ont inspiré les images récemment diffusées par l'association L214 faisant état de maltraitances dans certains abattoirs ?

Nous sommes très sensibles à la condition des animaux. Les chevreaux, nous les élevons du début jusqu'à la fin et nous les accompagnons à l'abattoir. C'est toujours choquant de voir des images comme ça. C'est pourquoi nous militons pour que l'abattage puisse se faire à la ferme. Avec d'autres éleveurs, nous suivons de près le travail du collectif, « Quand l'abattoir vient à la ferme », qui réfléchit à cette possibilité de faire l’abattage sur place pour éviter le stress des animaux.

Stress qui est en partie dû au transport des bêtes ?

Oui. Nous avons travaillé avec au moins cinq abattoirs depuis que nous faisons ce métier. Plusieurs ont fermé, notamment pour des raisons de mises aux normes. Il faut aller de plus en plus loin. Il se posait aussi le problème de l'organisation des établissements. Dans certains, c'était l'usine, des camions venaient de toute la France et au final nous n'avions aucune certitude que le produit qu'on nous remettait en bout de chaîne était le nôtre.

Vous allez désormais à l'abattoir de Tarascon. Ce problème de traçabilité se pose-t-il encore ?

Non. Ça se passe plutôt bien. On voit les animaux jusqu'au bout, c'est transparent. Mais nous tenons à les amener nous-mêmes à l’abattoir. Le problème principal reste le transport : il faut environ une heure de route pour rejoindre l'établissement. C'est long pour les animaux.

 

Plus d'infos :

Sur la page Facebook du collectif "Quand l'abattoir vient à la ferme"

 

 

AlterTour, le "militantisme du faire ensemble"

Créé le : 12/07/2016
Crédit photo : AlterTour / G de Crop

La 9e édition de l'AlterTour aura lieu du 10 juillet au 21 août prochain ! Ce Tour de France alternatif relie en vélo diverses alternatives durables en Loire Atlantique, Mayenne, Ille-et-Vilaine, Côtes d’Armor, Finistère et Morbihan. L'occasion de découvrir dans la convivialité des acteurs de la transition, la décroissance, l’écologie, l’autogestion... pour « prendre le temps de s’arrêter sur le monde qui nous entoure, et puiser l’énergie pour construire celui que nous voulons. » explique Mathieu Fromont.

Cette année, l’AlterTour s'interroge sur la question de l’appropriation (des terres, de l'eau, du savoir...) avec le thème « Bien vivre, biens communs » pour «  réinvente[r] nos modes d’organisation collective. »
L'AlterTour provient d'une volonté, après la victoire contre les OGM en 2008, de créer du lien dans le cadre d'un « militantisme du faire ensemble ».
Si vous souhaitez suivre les événements de l'AlterTour, nous publierons ici chaque semaine un nouvel épisode des aventures alternatives des cyclistes. Restez connectés !

Crédit photo : AlterTour / G de Crop

Amaëlle Olivier

Plus d'infos

www.altertour.net/
Chaine Youtube AlterTour

 

Festival NDDL2016 : « Œuvrer en commun pour un idéal de démocratie »

Créé le : 08/07/2016
Crédit Photo : Magali Chouvion

Conférences, débats, mais aussi concerts et soirées festives, c'est le programme du traditionnel festival de Notre-Dame-Des-Landes, dont la première édition date de 2013. Les 9 et 10 juillet, les opposant-e-s au projet d'aéroport se rassemblent pour échanger sur le thème de la démocratie, et témoigner d'une opposition continue après la consultation du 26 juin.

 

« Le week-end sur la Zone à Défendre, c'est un espace convivial où on lutte par l'occupation des lieux. Mais c'est aussi l'occasion de tester de nouvelles formes de démocraties. On sent l'urgence après le Oui lors de la consultation, le gouvernement a la pression », explique Chloé, membre du mouvement Jeunes Écologistes, qui se rend pour la première fois au festival NDDL cette année.

La richesse du festival de Notre-Dame-Des-Landes, c'est la diversité des gens qui s'y déplacent. Venant de toute la France, parfois même du reste de l'Europe on retrouve des militant-e-s des luttes sociales et environnementales, des collectifs opposés à d'autres GPII [Grands Projets Inutiles et Imposés] comme Sivens ou Bure, des représentant-e-s de partis politiques et élu-e-s, mais aussi des agriculteurs/trices ou des associations ! De quoi alimenter et enrichir les discussions.

Pour Rémi Lung, ex-directeur de campagne des écologistes lors des régionales 2015 en Pays de la Loire, « ce rassemblement, c'est l'occasion de se compter, de montrer qu'on n'abandonne pas la lutte. L'enjeu ce week-end, c'est aussi de faire savoir qu'on sera mobilisé en cas de tentative d'évacuation à l'automne ».

En effet, explique Rémi Lung, les opposant-e-s redoutent les prochaines décisions du gouvernement : « Valls et Hollande, avec l'aide des médias dominants, tentent de délégitimer la lutte sociale en se focalisant par exemple sur les casseurs. Cela vise à rendre plus acceptables d'éventuelles évacuations, donc oui, on craint le passage en force. Les procédures pourraient être lancées à la rentrée, une période peu propice à la mobilisation mais on reste vigilant, toujours solidaire avec les habitant-e-s et les occupant-e-s de la zone, notamment les onze familles désormais menacées d'expulsion. »

 

« Semailles de Démocratie »

Ces craintes, ainsi que le goût amer laissé par la consultation du 26 juin mènent à un choix de sujet engagé pour ce rassemblement : « Semailles de Démocratie ».

La consultation, considérée comme un ersatz de démocratie par certain-e-s militant-e-s à la fois à cause d'une information jugée incomplète (pas de précisions sur le coût lié au réaménagement de l'aéroport Nantes Atlantique, ni quant à la desserte du nouvel aéroport) et d'une délimitation géographique qui fait débat (jugée trop restreinte et ressentie comme un choix politicien destiné à garantir la victoire du Oui), relance les questionnements quant aux enjeux de la démocratie participative.

« La crise démocratique est particulièrement bien symbolisée par ces projets démesurés, commence Rémi Lung, Il est primordial de repenser notre démocratie. Cela a d'ailleurs toujours été au cœur de la lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés : il y a un conflit permanent autour de leur légitimité et même de leur légalité. Sivens en est le parfait exemple, puisque le projet vient tout juste d'être reconnu illégal deux ans après le début de l'occupation et un an et demi après la mort de Rémi Fraisse. La démocratie, ce n'est pas uniquement des institutions et des élections, c'est un idéal pour lequel nous décidons d’œuvrer en commun. Et pour reprendre l'idée de Françoise Verchère [NDLR : co-présidente du CéDpa, Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport NDDL], la recherche de la vérité, le refus de la destruction irréversible, le respect du vivant sont des valeurs démocratiques qui légitiment bien plus notre lutte que tout vernis électoral autour d'un projet environnementalement et socialement destructeur et économiquement absurde. »

Amaëlle Olivier
 


Plus d'infos
www.notredamedeslandes2016.org/

www.jeunes-ecologistes.org/
 

#YoutubeusesDay : « Donner de la visibilité aux créatrices »

Créé le : 07/07/2016
Crédit Photo : Les Internettes

Mercredi 29 juin, c'était le #YoutubeusesDay ! Une journée dédiée aux vidéastes féminines sur Youtube pour attirer l'attention sur le manque de visibilité général des femmes sur Internet.
A l'origine de l'événement, un collectif flambant neuf : Les Internettes. Après la Néocast de 2016, qui ne comptait que peu d'invitées féminines, un groupe de créatrices ont voulu se rassembler.

 

« L'idée c'était de trouver une initiative positive pour augmenter la visibilité des créatrices sur Youtube plutôt que de simplement pointer du doigt ce qui ne va pas, on voulait se détacher du point de vue dénonciateur qu'adoptent les grands médias comme la télévision » nous explique Marion Seclin, co-fondatrice des Internettes. « Le #YoutubeusesDay, c'était aussi le jour officiel du lancement de notre collectif et on voulait frapper fort. Ça a d'ailleurs bien marché, on a été parmi les Top Trends [NDLA : Il s'agit des sujets les plus populaires] de Twitter France toute la journée. »
Et maintenant ? Le collectif a une liste de plus de 300 Youtubeuses, et partagera deux fois par jour des chaînes Youtube féminines. « On souhaite de même accroître la visibilité dans les événements comme les salons ou les conventions, mais aussi pousser les filles à se lancer. La présence des filles se résume souvent aux chaînes beauté. C'est très bien, mais on veut dire aux filles : « si c'est ce que vous voulez faire, allez-y, foncez, mais vous êtes toutes aussi légitimes pour aborder d'autres sujets. » Et contrairement à la télévision, sur Internet, on peut se lancer sans piquer la place d'un autre, il y a de l'espace pour tout le monde. »

 

Pour l'occasion, Sans Transition donne la parole aux Youtubeuses françaises et talentueuses. Toutes mettent en avant leurs difficultés à s'imposer dans un milieu dominé par les hommes et les commentaires sexistes auxquels elles sont confrontées.

 

Margot de Vivre Avec

 

« La différence principale avec les hommes [cis*] sur Youtube, c'est la mention du physique dans les commentaires. Quand ça fait un quart d'heure que je parle de comment mieux prendre en compte le handicap en tant que valide et qu'on me répond « Tu es jolie », non, ça ne fait pas plaisir. On élimine le propos, comme si la seule chose qui nous donnait de la valeur en tant que femme, c'était l'apparence, et c'est pareil pour les femmes politiques par exemple. C'est ça, aussi qui freine la présence de femmes, c'est inévitable dès qu'on a de la visibilité, on est obligées de s'y préparer. »

 

 

Florence Porcel, Youtubeuse scientifique

« Les commentaires misogynes et sexuels, c'est tous les jours », commence Florence.

« Quand j'ai lancé ma chaîne, je présentais mes vidéos avec une voix-off pour éviter ça. Suite à un CV vidéo que j'avais mis en ligne, j'avais reçu des menaces de viol, de mort... A chaque vidéo je me dis « c'est la dernière, j'en ai marre » et puis je continue. On a une appréhension en tant que femme qu'on ne devrait pas avoir. Et par rapport aux autres chaînes scientifiques, l'audience est moindre, ce n'est pas la seule raison bien sûr, mais c'est aussi sans doute parce que le public est surtout masculin et qu'ils ne s'identifient pas autant. »

 

 

Cordélia de Princ(ess)e

Après deux ans passés sur Youtube, Cordélia de Princ(ess)e a remarqué des différences de traitement par rapport à ses homologues perçus comme homme cis : « Ce n'est pas toujours méchant, au début c'était des commentaires qui débutaient par la validation de mon physique, alors que ce n'est pas la question. » Avec la hausse de son audience, ce sont des commentaires haineux qui ont commencé à apparaître, notamment LGBTphobes. « J'ai deux chaînes, une sur les livres où les commentaires sont plus axés sur le physique, et où je reçois aussi des commentaires comme « tu es stupide », ce genre de choses. Sur Princ(ess)e, je suis confrontée à beaucoup de haine, beaucoup de gens qui m'expliquent longuement pourquoi j'ai tort et que les bi/asexuels ou trans n'existent pas. C'est violent. »

 

 

Nemellia, Youtubeuse Gaming

« Personnellement, je n'ai pas eu trop affaire à des commentaires sexistes. J'ai quand même des réflexions comme « tu te débrouilles bien, pour une fille »... Je pense que ça part d'une bonne intention mais c'est révélateur... Jusqu'à il y a peu, je ne montrais pas mon visage quand je streamais [NDLA : jouer en diffusant en temps réel une vidéo de la partie], entre autres pour éviter de rameuter des gens qui draguent : statistiquement, j'ai plus de risques de tomber sur ce genre de personnes qu'un homme. Mais je m'en sors bien. Je pense que ça tient aussi au fait que j'ai un public assez mature, plus vieux que mes homologues masculins notamment. La communauté geek sexiste, c'est surtout celle des « Kevin » de 13 à 17 ans,pour qui "les filles ça ne joue pas aux jeux vidéos". Par contre, en comparaison avec les Youtubeurs, j'ai l'impression qu'il faut que je fasse mieux qu'un homme pour être traitée pareil. Si je devais donner un conseil à une fille qui veut se lancer, je lui dirais de se forger un caractère, de se préparer à encaisser : sous couvert de pseudos, certaines personnes se lâchent et sont blessantes. Il faut s'accrocher et prendre de la distance par rapport à ça. »

 

* Cis : Une personne cis est une personne dont l'identité de genre correspond au genre assigné à la naissance.

 

Amaëlle Olivier

 

Plus d'infos

Les Internettes

Vivre Avec

"Le succès, Youtube, le sexisme et moi" de Florence Porcel, et sa chaine Youtube

Princ(ess)e

Nemellia

Montpellier : une commission éthique contre la corruption

Créé le : 06/07/2016
Montpellier - Crédit Photo : Pixabay

Il aura fallu deux ans et la pression « amicale » de l'association anti-corruption Anticor pour que Philippe Saurel, maire de Montpellier, respecte son engagement de campagne. Le premier magistrat a enfin mis en place une commission éthique, le 8 avril dernier. Une disposition promise par le candidat Philippe Saurel lors des élections municipales de 2014, en accord avec sa signature de la charte éthique d'Anticor. Cette nouvelle instance consultative a notamment pour but d'alerter sur d'éventuels conflits d'intérêt et de contrôler l'attribution des marchés publics. Précisions sur sa mise en place et son fonctionnement avec Bernard Suzanne, observateur de la commission éthique pour Anticor.

Quels vont être exactement les compétences et le fonctionnement de cette commission, que pourra-t-elle ou ne pourra-t-elle pas faire ?

Cette commission n'est ni une instance judiciaire, ni un comité d'experts. Elle est composée de 3 élus issus de la majorité et 3 de l'opposition ainsi que 6 citoyens tirés au sort sur les listes électorales. C'est une instance au sein de laquelle des personnes de différents horizons expriment leur ressenti, non pas sur la légalité d'une action mais sur son éthique. Une action absolument légale peut poser problème du point de vue éthique, comme c'est le cas pour certaines actions de lobbying, il ne faut pas confondre les deux. La Commission a un rôle consultatif, non-contraignant, mais qui peut rappeler à l'ordre les élus.

 

Quels sont les écueils auxquels la commission est confrontée, depuis sa première réunion en avril ?

Le problème majeur auquel nous sommes confrontés est celui du transfert des compétences de la ville de Montpellier vers la métropole. Ce qui limite grandement le pouvoir d'action de la commission puisque celle-ci est la commission de la Ville de Montpellier. Cette question sera abordée lors de notre prochaine réunion, fin juin.

L'objectif d'Anticor : que la commission puisse s'intéresser aux élus en tant que personnes et non pas en tant que fonctions. Cela lui permettrait par exemple de juger la manière dont Philippe Saurel satisfait au critère de transparence dans la communication de documents administratifs, un des points importants de la charte. A la fois en tant que maire de Montpellier et de président de la métropole. En effet, suite au transfert de compétences, les documents intéressants pour Montpellier sont souvent entre les mains de la métropole et non de la ville.

 

Qu'est-ce que la commission va concrètement changer dans la vie des habitants ?

A court terme, il est clair que cette commission ne va pas changer fondamentalement la vie des habitants. Elle peut éveiller les citoyens, les faire réfléchir au problème de la corruption en politique. Elle est aussi une preuve que les mentalités évoluent déjà : le terme « éthique » apparaît désormais accolé à celui de « politique ».

Il est enfin intéressant de constater que les élus se posent des questions sur cette problématique, tout autant que l'opinion publique. Ce ne sont pas les institutions qui changent les citoyens mais les citoyens qui changent les institutions.

 

Amaëlle Olivier


L'association ANTICOR

Fondée en 2002 avec pour objectif de « lutter contre la corruption et rétablir l’éthique en politique », l'association cherche à recréer la confiance mise à mal entre les citoyens et leurs élus dans une période de crise de la représentativité. Anticor regroupe citoyens et élus de tous bords pour « faire respecter les exigences démocratiques non partisanes ». Elle travaille en lien avec les lanceurs d'alerte. Pour garantir son indépendance, elle n'est financée que par les dons et cotisations de ses adhérents.


Plus d'infos :

www.anticor.org/

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