Économie

[TRIBUNE] - L'Assemblée nationale porte un coup sévère au financement citoyen des entreprises solidaires

Créé le : 26/10/2017
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Paris, le 23 octobre 2017 – Par FINANSOL

Le 20 octobre 2017, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2018, l’Assemblée nationale a amputé sans ménagement le dispositif fiscal favorisant l’investissement des particuliers au capital des entreprises solidaires. Finansol et tous ses membres s’élèvent avec force contre cette mesure injuste qui va casser le développement des entreprises solidaires et des associations qui placent l’intérêt général au cœur de leur activité en luttant contre le chômage et le mal logement des Français les plus vulnérables. 

L’actionnariat solidaire est un mécanisme d’investissement qui permet à tout particulier de souscrire des parts ou actions d’entreprises, agréées par les pouvoirs publics, exerçant des activités de solidarité telles que la lutte contre le chômage et le mal logement, ou contribuant à la transition écologique. C’est la forme de financement citoyen la plus directe et la plus efficace.

Plusieurs acteurs de la solidarité ont recours à ce dispositif : par exemple, les foncières d’Habitat et Humanisme, de la Fondation Abbé Pierre, du Secours Catholique ou de Solidarités Nouvelles pour le Logement. Pour eux, ce mode de financement est indispensable pour renforcer leurs fonds propres, ressources dont le secteur manque cruellement, afin d’acheter des logements et de les proposer à des personnes en très grande précarité.

En ne maintenant pas les incitations fiscales à l’actionnariat solidaire à l’occasion de la transformation de l’ISF en IFI -alors qu’elle les a maintenues pour le don-, l’Assemblée nationale signe l’arrêt de mort des entreprises solidaires qui ont besoin de lever beaucoup de fonds propres. Pourtant, ces acteurs ont démontré leur efficacité au service de la solidarité et des territoires. Rien qu’en 2016, elles ont permis de créer ou consolider 49 000 emplois (notamment en insertion), de reloger 5 500 personnes, de développer l’entrepreneuriat dans les pays les plus pauvres. Un impact social majeur, à mettre en regard du coût dérisoire de cette incitation fiscale, estimé à moins de 10 millions d’euros par an pour le budget de l’Etat.

Respecter les engagments d'Emmanuel Macron

Les acteurs de la finance solidaire, regroupés au sein de Finansol, appellent les pouvoirs publics à rétablir de la cohérence dans leur action et à respecter les engagements pris par Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République. Cohérence, car il n’est pas compréhensible de diminuer les financements publics dédiés aux actions de solidarité, et dans le même temps, d’entraver la capacité des entreprises solidaires à mobiliser ce financement privé citoyen. Respect des engagements, car le Président de la République a fait du développement de la finance solidaire l’un des quatre piliers de son plan d’action en faveur de l’économie sociale et solidaire.

Il est donc indispensable que le Parlement maintienne les mesures en vigueur en faveur de l’actionnariat solidaire, supprimées en première lecture par l’Assemblée nationale, afin que les entreprises solidaires puissent poursuivre et intensifier leur action au profit de la cohésion sociale.

 « Tous les membres de Finansol doivent se mobiliser pour faire valoir l'impérieuse nécessité de préserver tous les dispositifs concourant à la solidarité. L’investissement en direct dans les entreprises solidaires est menacé de disparition. C'est une perspective inacceptable pour les membres de Finansol et toutes les entreprises solidaires qui en bénéficient », souligne Frédéric Tiberghien, Président de Finansol.

27 membres de Finansol sont concernés par cette mesure : Autonomie et Solidarité, Caisse solidaire, Caritas Habitat, Cocagne Investissement, Entreprendre pour Humaniser la Dépendance (EHD), Energie Partagée Investissement, Entrepreneurs du Monde, Familles solidaires, Femu Quì, Fonds Afrique Développement, Garrigue, Habitat et Humanisme, Habitats solidaires, Herrikoa, Iés, La Nef, Les 3 Colonnes, LITA.co (ex-1001PACT), Lurzaindia, Phitrust Partenaires, SIDI, Solidarités Nouvelles pour le Logement, Sigma Gestion, SOLIFAP, SPEAR, Terre de Liens, Urbancoop.

[TRIBUNE] - LE « MARCHÉ INTERDIT », nouveau marché de dupes ?

Créé le : 12/10/2017
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Par Réseau Semences Paysannes

À l'instar des multinationales agrochimiques et semencières, la grande distribution prend en otage paysans et citoyens dans un système alimentaire toujours plus industrialisé et toxique. Magie de la communication, un des leaders mondiaux du secteur (Carrefour) se poserait aujourd'hui en défenseur des semences paysannes via un certain « marché interdit »….

C'est pourtant bien les critères de cette même grande distribution qui ont concouru à l'homogénéisation des semences, et in fine à l’érosion de la biodiversité cultivée… Par une propagande entretenant la confusion (1), Carrefour deviendrait un hors-la-loi, combattant main dans la main avec des producteurs et sauvant la biodiversité cultivée.

Contrairement à ce que laisse penser Carrefour qui fait large usage des termes « semences paysannes », le RSP (Réseau Semences Paysannes) n'est pas associé à cette campagne. Nous tenons à rappeler que le renouveau actuel des semences paysannes est dû à un travail collectif et patient, issu d’une diversité de regards et d’une mutualisation des savoir-faire : une démarche à l’opposé des stratégies marketing de l’agro-business à l’affût de nouvelles niches commerciales à exploiter ou d’initiatives écocitoyennes à récupérer pour se verdir la façade.

Une très grande majorité des producteurs du RSP commercialisent leurs produits issus de semences paysannes en circuit court. Ils entretiennent une diversité sans commune mesure avec les quelques variétés en tête de gondole proposées par Carrefour ou celles mises en avant par le GNIS (2), qui, par un opportunisme éhonté, profite au passage de la vague du greenwashing et se pose lui aussi en chantre de la biodiversité cultivée (3).

Par ailleurs, les revendications des praticiens (4) ne se limitent pas à un assouplissement du Catalogue qui reste avant tout un outil au service du monopole radical exercé par l'industrie sur les semences. Nous avons pour ambition, dans notre diversité, de construire collectivement et de manière horizontale nos revendications. À ce titre, il est particulièrement malvenu qu'un acteur, si important soit-il dans la filière, parle au nom de l'ensemble des praticiens des semences paysannes sans les consulter.

Pour ces raisons, nous invitons donc le consommateur, cible malgré lui de cette campagne à ne pas être dupe et à plutôt nous rejoindre pour reprendre en main son destin de mangeur, à l'heure où quelques multinationales sont en passe de breveter l'ensemble de l'alimentation (5).

(1) Les « légumes interdits » ne le sont pas. De plus, dans la réglementation actuelle sur les échanges de semences, il subsiste quelques ouvertures : échanges pour des travaux de sélection, vente pour un usage non commercial. Depuis août 2016, les échanges de semences paysannes sont possibles dans le cadre de l'entraide agricole.
(2) Groupement National Interprofessionnel des Semences.
(3) L'importance des 350 variétés de potagères inscrites sur la liste Sans Valeur Intrinsèque mises en avant par le GNIS est toute relative au regard des milliers non inscrites qui circulent et sont cultivées aujourd'hui en France dans les petites fermes et les jardins vivriers, mais aussi au regard du rôle historique du catalogue comme outil « d'épuration variétale ». Enfin, le nombre total de variétés inscrites (7000) est lui aussi très relatif : il ne prend pas en compte leur diversité intra-variétale qui est en l’occurrence nulle (clones ou quasi clones).
(4) 10 mesures pour que vivent les semences paysannes ; notamment interdiction du brevet sur les plantes.
(5) Trois entreprises mondiales de l'agrochimie contrôleraient 60 % du marché des semences et des produits agrochimiques : Bayer-Monsanto, DuPont-Dow et Syngenta-Chemchina. Source : Inf'OGM

 

SÉBASTIEN DUCHÊNE, MYWINDPARTS : « PROLONGER LA VIE DES ÉOLIENNES »

Créé le : 05/10/2017
Sébastien Duchêne, gérant de Mywindparts - DR

Mywindparts vient de fêter ses un an. Cette entreprise, basée à Gigean (34), est la seule en France à proposer des pièces détachées neuves ou d'occasion garanties pour les éoliennes. L'implantation de la société en Occitanie n'est pas étrangère au dynamisme de la région en matière d'énergie renouvelable. Interview de son fondateur, l'ingénieur Sébastien Duchêne.

Quelles sont les activités de Mywindparts ?

J'ai créé l’entreprise Mywindparts en septembre 2016. Cela fait plus de dix ans que je travaille dans l'éolien. Je ne connais que cette industrie. Notre activité principale est la vente de pièces détachées pour tout type d'éoliennes. Nous vendons du matériel hydraulique, électrique et des consommables.

Autre dimension de notre travail : donner une seconde vie aux pièces détachées, dans une dynamique d'économie circulaire. Car, potentiellement, de nombreuses pièces endommagées peuvent être réparées. Je travaille avec un réseau de partenaires européens. Nous vendons ces pièces avec des garanties équivalentes aux pièces neuves, mais deux fois moins cher.

Enfin, et cela représente 5% de nos activités, nous proposons du conseil technique et logistique aux acteurs du secteur : Comment optimiser ses stocks ? Comment augmenter la productivité des machines ? Comment réparer certaines pièces ? Les éoliennes du parc français ont en moyenne 15 ou 20 ans, et certaines de leurs pièces ne sont plus fabriquées. J'essaie de trouver des solutions pour prolonger la durée de vie des machines.

Qui sont vos clients ?

En France, j'ai des clients dans l'Hérault, dans les Hauts-de-France, en Vendée... Ce sont des entreprises logiquement basées dans des secteurs denses en matière de parcs éoliens. Mais j'ai également des clients en Europe : en Pologne, en Grèce, en Espagne.
 

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous implanter en Occitanie ?

D'abord parce que des leaders du secteur comme EDF Énergies Nouvelles, Valeco, Quadran et la Compagnie du Vent sont bien implantées dans la région. Rappelons que c'est cette dernière société qui a installé la première éolienne raccordée en France, à Port-la-Nouvelle. La seconde raison est personnelle : je vis ici depuis longtemps et je suis très attaché au territoire.

 

Plus d'infos :

www.mywindparts.com

 

PROJET DE LOI DE FINANCES 2018 RÉACTION DU RÉSEAU ACTION CLIMAT

Créé le : 27/09/2017

Par le Réseau Action Climat

Le Réseau Action Climat salue l’augmentation de la fiscalité écologique prévue dans le projet de loi de finances présenté aujourd’hui par le gouvernement. Mais il regrette que certains secteurs continuent d’être les passagers clandestins de cette fiscalité en France et que les solutions alternatives aux pratiques les plus polluantes comme les transports en commun ou la rénovation massive des passoires énergétiques ne soient pas davantage soutenues.

Une fiscalité plus adaptée à la lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air…

Le Réseau Action Climat se félicite de la hausse de la fiscalité écologique (alignement de la fiscalité diesel sur celle de l'essence et augmentation de la composante carbone) qui va dans le sens d’une meilleure prise en compte de l’impératif climatique et de la lutte contre la pollution de l’air.

...mais qui omet certains secteurs polluants

Cependant, le projet de loi de finances reste muet sur la nécessaire suppression des niches fiscales qui, aujourd’hui, financent la pollution (exemption de taxation accordée au kérosène aérien, remboursement d’une partie de la TICPE aux transporteurs routiers, etc...). Ces niches (équivalentes à 7 milliards d’euros chaque année de manque à gagner dans le budget de l’Etat), créent un avantage concurrentiel pour des secteurs qui, aujourd’hui, participent à la hausse des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la composante carbone devrait être élargie avec la taxation de la consommation d’électricité d'origine non renouvelable, notamment nucléaire, pour devenir une véritable contribution climat énergie. Enfin, concernant le secteur des déchets, les taux de TGAP ne sont pas modifiés, malgré l'engagement de campagne du Président de la République en ce sens, mettant ainsi à mal la progression du recyclage.

Une protection des ménages les plus modestes à renforcer

La hausse de la fiscalité écologique s'accompagne de mesures destinées à ne pas trop pénaliser les ménages les plus modestes. L’attribution d’une prime à la conversion pour les voitures diesel destinée aux ménages non imposables contribue à cet objectif. La généralisation du chèque énergie va également dans ce sens, mais l’augmentation de son montant moyen à 200 euros n'est annoncée que pour 2019 et cette hausse reste très en deçà du montant nécessaire pour sortir les ménages visés de la privation de chauffage. Par ailleurs, pour leur permettre de sortir durablement de la précarité énergétique, un financement est prévu pour la rénovation des passoires énergétiques des propriétaires précaires dans le grand plan d'investissement, mais il est largement inférieur aux engagements pris par le Président de la République (1,2 milliard d’euros au lieu des 4 milliards prévus) et inadapté aux objectifs que le gouvernement s'est fixés.

Une orientation plus claire à donner vers les alternatives  

La hausse de la fiscalité écologique doit également s'accompagner d'un plus grand soutien aux alternatives.  Si certaines décisions vont dans le bon sens en matière d’efficacité énergétique, comme la transformation du CITE en prime annoncée pour 2019, le gouvernement se contente d’amender des outils à l’efficacité discutable, au lieu de s’orienter vers les changements profonds indispensables à la tenue des objectifs de rénovation énergétique fixés par le président de la République. Sur le transport ferroviaire, il réitère dans son grand plan d’investissement les engagements existants (2,1 milliards d’euros dans le réseau ferré) alors qu’un milliard d’euros supplémentaire est nécessaire pour renforcer l’attractivité de ce mode de transports. De la même manière, les dotations annoncées pour les collectivités territoriales en faveur de la mobilité quotidienne (500 millions d’euros sur cinq ans) restent en deçà des sommes nécessaires pour engager un vrai report modal de la voiture individuelle vers d’autres solutions de déplacement, notamment le vélo et les transports en commun. Enfin, et de manière incohérente, le gouvernement fait marche arrière en supprimant le bonus aux vélos électriques alors qu’il s’agit d’une alternative qui a fait ses preuves pour une majorité des déplacements du quotidien effectué aujourd’hui en voiture.

La solidarité climatique en panne

La solidarité internationale est un enjeu majeur, renforcé par les changements climatiques. Pourtant, le projet de loi de finances acte une augmentation très timide de l’aide publique au développement (100 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2017) et limite en parallèle la portée d’un des principaux outils permettant d’honorer cet engagement, la taxe sur les transactions financières. En effet, le PLF ne prévoit ni d’affecter 100% de ses recettes à la solidarité internationale et au climat comme le voudrait l’ambition européenne du Président, ni d’en élargir l’assiette comme cela était prévu en janvier 2018. Ces annonces sont décevantes, alors même que la France accueillera le 12 décembre prochain un sommet international sur le climat dédié à la question des financements.

Le Réseau Action Climat France attend désormais des parlementaires qu’ils renforcent ce projet de loi de finances pour le mettre en cohérence avec les objectifs climat énergie que s’est fixés la France.

De l'or dans nos POUBELLES

Créé le : 26/09/2017
Chaque année, gérer la fin de vie des emballages, repas, jouets et autres objets du quotidien coûte 16,7 milliards d’euros aux communes françaises. © Emily Estienne

En 50 ans, le volume des ordures ménagères françaises a augmenté de 63 %. Un énorme marché sur lequel naviguent une multitude d’acteurs, du grand groupe international à l’association d’insertion. Collecte, recyclage, traitement… Le business des déchets s’est largement diversifié ces vingt dernières années. À l’heure où la réduction des détritus devient un objectif majeur, la manne financière engagée ne cesse, quant à elle, de grossir...

Par Virginie Jourdan

Les déchets, ça rapporte

Les poubelles ont de beaux jours devant elles. Chaque année, en France, la moitié de la matière mobilisée pour la consommation intérieure devient un déchet. Si ces volumes se contractent depuis 2010, l'activité économique qu'ils génèrent reste juteuse. Dans l'Hexagone, 9000 entreprises se partagent les secteurs de la collecte, du traitement ou de l'élimination des détritus. Et cumulent un chiffre d'affaires avoisinant les 21,9 milliards d'euros.

Marchandise comme une autre, les rebuts jetés par les consommateurs et les entreprises alimentent aussi le marché international. En 15 ans, la valeur des déchets français –exportés pour du recyclage ou de la valorisation énergétique – a été multipliée par deux. Ces exportations de métaux, cartons et papiers représentaient 4,3 milliards d'euros en 2015.

Un coût pour le public

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DIMINUTION DES CONTRATS AIDÉS. LES ENTREPRENEURS SOCIAUX DEMANDENT UN MORATOIRE

Créé le : 13/09/2017
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Il n'y a pas que les collectivités locales et le secteur associatif qui déplorent la diminution abrupte du nombre de contrats aidés par le gouvernement. Contrats qui devraient passer de 459 000 actuellement à 310 000 dès 2017. Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), qui regroupe des associations mais aussi des SAS et des sociétés coopératives, dénonce, dans un communiqué, la « méthode employée » par l’État pour réduire drastiquement les contrats de type CUI-CAE (Contrat unique d'insertion) « sans aucune alternative ». 

Le Mouves poursuit en rappelant l’importance de ces contrats pour les structures et les publics qui en bénéficient. Puis en comparant le coût des contrats aidés et celui du Crédit d'impôt pour la compétitivité (CICE) :

« Les CUI-CAE permettent d’embaucher en contrats à durée déterminée certaines populations parfois en grande difficulté sur le marché du travail. Le ministère du Travail estime que le coût représenté par les contrats aidés est trop important par rapport à leur réussite d’insertion professionnelle, or un emploi en CUI-CAE coûte environ 40 000 euros avec un taux de transformation moyen en emploi durable d’environ 30 % (Organisme de statistiques du ministère du Travail). Face aux 29 milliards d’euros dépensés pour le CICE pour environ 70 000 emplois créés ou sauvegardés, la facture paraît presque mince. »

Un « moratoire » jusqu'à janvier 2018

Une argumentation qui conduit le Mouves à réclamer à l'État un « moratoire » sur le sujet « au moins jusqu'à janvier 2018 »  :

« non pour bloquer certaines nécessaires réformes mais bien pour prendre en compte les évaluations existantes de ces dispositifs, réfléchir à des moyens alternatifs pour le développement des projets d’utilité sociale, préparer la suite avec une réponse globale et ambitieuse pour en finir avec des politiques publiques au coup par coup, sectorielles et catégorielles. Relancer ainsi la concertation avec les acteurs permettra par ailleurs de reposer les bases d’un fonctionnement partenarial en confiance avec les entreprises sociales. »

ÉNERGIE SOLAIRE, enfin l'éclaircie ?

Créé le : 11/09/2017
Le parc Lé Camazou, situé sur le site de l’ancienne mine d’or de Villanière, dans l’Aude, accueille 46 000 modules photovoltaïques polycristallins de 260 Wc (SILLIA VL). La puissance totale installée est de 12 mégawatts-crête (Mwc) sur 20 hectares. Le groupe RES, qui gère le site, envisage une production annuelle de 14 millions de Kwh, soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 7 000 personnes.© B2i

L’année 2016 serait-elle enfin celle de l’avènement d’une embellie durable pour l’energie solaire ? En tout cas, les choses bougent. Le décret sur l’autoconsommation solaire collective a été publié au Journal officiel le 30 avril dernier et est effectif depuis le 1er mai. Certains freins se libèrent donc. Et le bilan positif de l’année passée pour le photovoltaïque montre que les signaux passent au vert. Enquête.


 

Une production multipliée par 8 depuis 2008, un volume d’installations qui triple en huit ans, des centaines d’appels à projets sur les rails, l’énergie solaire en France s’est distinguée en 2016. Elle reste pourtant anecdotique face à la puissance de sa voisine allemande, leader mondial du photovoltaïque. Histoire d’une ressource toujours sous-utilisée…

 

Par Virginie Jourdan

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[INTERVIEW SONORE] MONTPELLIER : UNE « GRAINE » POUSSE POUR DYNAMISER L'ÉCONOMIE LOCALE

Créé le : 05/09/2017

Soutenir l'économie locale en circulant sur le territoire. Tel est l'objectif de la Graine, future monnaie locale de Montpellier, qui devrait être mise en circulation courant 2018. Gérard Straumann, administrateur de l'association qui porte le projet, nous explique son fonctionnement.  

Vincent Nourigat, président des Marchés paysans de l'Hérault : « Favoriser une consommation éthique sur les territoires »

Créé le : 04/09/2017

Sans Transition ! était hier au 11ème Festival de la tomate, à Clapiers, près de Montpellier. Cet événement phare de la valorisation de l'alimentation en circuit court est organisé par la fédération des marchés paysans de l’Hérault. Rencontre avec son président, Vincent Nourigat. 

[ARCHIVE] - GENEVIEVE AZAM : "Le couvercle de la Cop 21 est déjà refermé"

Créé le : 23/08/2017
Geneviève Azam au printemps 2016 à Vaison-la-Romaine (84) - LMDP

Débute aujourd'hui l'Université d'été européenne des mouvements sociaux organisée par le collectif altermondialiste Attac. Un événement dont nous sommes partenaire. Vous pourrez d'ailleurs nous y retrouver le jeudi 24 et le vendredi 25 août.

A cette occasion, nous republions une interview de Geneviève Azam - économiste et porte-parole d'Attac - réalisée au printemps 2016, quelques mois après la Cop 21. Il était alors déjà question d'une loi travail et d'un certain Emmanuel Macron...  

Plusieurs mois après Cop 21, quel bilan faîtes-vous de l’accord obtenu ?

Je ne vais pas revenir sur le contenu du texte qui a été largement commenté. L’accord relève d’une certaine adresse diplomatique. En revanche, d’un point de vue du contenu, il n’engage pas véritablement les pays à effectuer les transitions nécessaires. D’ailleurs, très vite après la Cop 21, des pays ont pris des décisions Geneviève Azam © LMDP qui vont à l’encontre de ce qu’il faudrait faire. Je pense notamment à l’Australie qui a autorisé l’extension d’un port de commerce en face de la grande barrière de corail. Barrière de corail qui est extrêmement menacée... Ce port est destiné à l’exportation du charbon alors que, au contraire, il faudrait laisser 80% des énergies fossiles sous terre. Je pense aussi aux États-Unis où le Sénat remet en cause l’accord d’Obama, déjà très timide, sur les changements climatiques. On pourrait citer bien d’autres exemples. Notamment celui de la France : nous discutons encore de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans un imbroglio juridique extraordinaire alors que la décision la plus sage après les accords de Paris serait de diminuer drastiquement le trafic aérien. Et ça n’est pas en construisant des aéroports de ce type que l’on va réduire le transport aérien. Tout cela est très grave ! Nous aurions pu imaginer qu’un élan positif allait être engagé après le succès diplomatique de la Cop 21. Mais le couvercle a déjà été refermé..

Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’écologistes au gouvernement, avec trois ministres nommés récemment. Est-ce un effet d’annonce ? Ou espé- rez-vous qu’il y ait une meilleure prise en compte de l’écologie par l’exécutif ?

Malheureusement, je ne pense pas que l’entrée des écologistes - ou désignés comme tel - au gouvernement signale un quelconque tournant vis à-vis de l’environnement. Ces personnes occupent des postes importants mais cela ne correspond pas à un changement, à une réorientation plus écologiste du gouvernement. Ce dernier n’a jamais eu de préoccupation en la matière. Et près d’un an avant les élections présidentielles, je ne crois pas que Jean-Vincent Placé soit entré au gouvernement pour des motifs écologistes. Au moins lui. Je ne parle pas pour les deux autres.

Sur le plan social, Macron s’impose. La contestée loi travail est en discussion... Tout cela ne vous laisse pas indifférente ?

C’est de l’ordre de l’incroyable. Il faudrait une mobilisation importante en réaction à tout cela. On nous prépare une déconstruction du droit du travail comme il n’y en a pas eu depuis Pétain ! Ils sont arrivés à faire ce que Nicolas Sarkozy n’est pas arrivé à mettre en place lorsqu’il était au gouvernement. Il y a un effet de sidération face à cela. Car même si l’on avait peu d’espoir de la part d’un gouvernement socialiste, nous pensions que sur un certain nombre de valeurs, il y aurait des digues. Mais toutes les digues ont sauté : que ce soit sur le plan social, écologique ou encore démocratique. Nous retrouvons peut-être ici la gauche d’après 1947 qui a mis un certain nombre de sujets sous la table. Qui, notamment au travers de la décolonisation, n’a pas été exempte de toute erreur politique grave. Le PS, en 1971, après le congrès d’Épinay, revient de loin. On retrouve aujourd’hui de vieux démons de la gauche.  

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