Économie

INTERVIEW – Financez des initiatives sociales et solidaires avec IéS 34 (Initiatives pour une Economie Solidaire)

Créé le : 19/07/2017
Les bénévoles d'IéS 34 s'installent au Faubourg de Montpellier. Crédits photo : Viviane Radier, SCIC IéS

Il y a un an, la coopérative IéS 34 (Initiatives pour une Économie Solidaire) voyait le jour. Cette structure de financement des entreprises de l'économie sociale et solidaire fonctionne en grande partie grâce à la participation citoyenne locale. Elle s'intègre au réseau de sociétés coopératives de financement solidaire déployées progressivement en région Occitanie depuis 1998. Sans Transition ! a d'ailleurs  bénéficié d'un soutien de la part de la coopérative. La Maison des Possibles, société coopérative éditrice de Sans Transition !, fait d'ailleurs partie des quatre projets soutenus par IéS 34 en 2017. Aurélien Delsol, coopérateur d'Iès 34, revient avec nous sur cette année de développement. 

Quels sont les objets d’IES 34 ?

L’idée est d’être au plus près des territoires. On fait partie d’une structure régionale en tant que telle. Mais l’enjeu est le même pour toutes les antennes: permettre aux citoyens de participer directement au développement économique de structures qui ont du sens pour le territoire. D’une manière globale, on intervient sur tous les stades de la vie d’une entreprise : de la création au développement. IéS intervient avec plusieurs outils de fonds propres qui permettent à une structure de développer ses actions et de mieux faire face à des difficultés passagères. La grande particularité est que ces fonds ne sont pas issus de banques, mais proviennent en grande majorité de citoyens. D’autres sociétaires (collectivités locales et régionales, communautés d’agglomération, …) sont impliqués, mais sur un millier de coopérateurs environ, 860 sont des citoyens.

Quelles ont été les nouvelles entreprises financées en 2016 et 2017 dans l’Hérault ?

Depuis le lancement sur l’Hérault, huit structures ont été financées. Nous n’avons pas de montant minimum ou maximum à octroyer mais notre ambition est de soutenir quatre projets par an en moyenne. Nous sommes un petit groupe, le temps et les moyens nous manquent pour en faire davantage. Pour l’année qui vient de s’écouler, nous avons réparti un peu plus de 60 000€ environ. Les attributions vont de 15 000€ à 20 000€ par projet.  Dans toute la région, il y a eu 15 entreprises financées, pour un total de 300 000€. Nos financements héraultais ont été accordés à Dyopta, Forum TV, Hab Fab, Pain et Partage Montpellier en 2016. En 2017, ils ont été consacrés à Bio Ensemble, Les fromages du Salagou, La menuiserie Collaborative, et La Maison des Possibles, qui édite votre magazine.

Quels sont vos critères pour choisir les structures à financer ?

Avant tout, la dimension collective du projet est primordiale, car nous ne finançons pas les entreprises individuelles. Ensuite, la territorialisation de l’entreprise sur le champ de l’économie solidaire ou responsable représente un autre point important. Nos champs d’actions sont divers, mais la structure doit toujours avoir une vraie implantation locale, et réfléchir aux impacts de ses actions sur le territoire. Sans oublier l’importance du facteur emploi que le projet implique. En termes de logistique, ce sont les groupes locaux qui sont la première porte d’entrée en cas de sollicitation de projet. C’est eux qui vont se positionner sur leur éligibilité. Après instruction, la demande sera validée ou non par un comité d’engagement unique réuni à Toulouse. Généralement, le processus se déroule sur trois ou quatre mois.

Quel est le bilan de cette année parcourue et quelles sont vos perspectives ?

Le bilan est très positif. Nous avons de belles structures coopératives qui ont émergé cette année. Nous sommes heureux qu’elles aient rapidement réussi à s’implanter sur le territoire. Certains projets ont besoin de plus de temps que d’autres pour stabiliser leur modèle économique, mais tous se développent très correctement. Plus localement, nous allons inaugurer nos locaux le 3 octobre au Faubourg de Montpellier [ndlr : tiers lieu qui met à disposition une agence partagée, un espace de coworking et des salles de réunion]. Cela sera l’occasion pour toutes les entreprises financées de se rencontrer et d’échanger avec les citoyens qui les ont aidés. On espère que notre présence au sein du Faubourg nous apportera une visibilité, et surtout nous rendra plus accessibles à tous les porteurs de projets. Parallèlement, nous envisageons également la création d’un groupe local dans l’Aude.

Plus d’infos :
http://www.ies.coop

LA ROUE TOURNE A AIX

Créé le : 07/07/2017
La Roue, monnaie locale déjà utilisée dans le Vaucluse, les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône, circule en pays d’Aix depuis mars. Un lancement officiel a eu lieu le 24 juin. Trente-sept professionnels acceptent déjà la monnaie en pays aixois et plus de 400 dans le département.
 
Plus d'infos : www.laroue.org
 
 

L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE PROCHAINEMENT INTERDITE EN EUROPE ?

Créé le : 05/07/2017
Pixabay

Bientôt une plus grande durée de vie pour nos machines à laver, fours et autres appareils ménagers ? Le Parlement européen a adopté, mardi 4 juillet, un rapport d'initiative destiné à favoriser la longévité des produits. L'interdiction pure et simple de l'obsolescence programmée est prévue par le document.  

Pièces de rechange standardisées 

Selon le texte porté par le député écologiste français Pascal Durand, les fournisseurs devront mettre à disposition de leurs clients des pièces de rechange standardisées et faciliter la réparation des matériels et machines proposés sur le marché européen. La décision est saluée par l'association HOP (Halte à l'obsolescence programmée). Laetitia Vasseur, déléguée générale de l'organisation se réjouit que « le lobbying citoyen et le volontarisme français contre l’obsolescence programmée aient si bien inspiré l’échelon européen. C’est un excellent signal pour tous les acteurs du secteur. Nous serons vigilants à ce que la Commission se saisisse désormais à son tour du sujet ». Espérons que ces annonces seront traduites en mesures concrètes permettant aux citoyens de moins jeter...

LE CONCOURS « MON PROJET INNOVANT » LANCE DEUX APPELS A PROJETS

Créé le : 03/07/2017
Edition 2017 du concours Mon Projet Innovant

La Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire lance l'édition 2017 de son appel à projet « Mon projet innovant », destiné aux entreprises de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire). Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 juillet. Parallèlement, toutes les start-up intéressées sont incitées à participer au concours en postulant dès le 4 septembre.

431, c’est le nombre de projets qui ont été présentés depuis la création du concours en 2010. A cela s’ajoutent les 184 lauréats qui ont connu un encadrement et une accélération dans leur démarche innovante. Mon Projet Innovant est un concours qui accompagne et fait émerger les initiatives remarquables à fort caractère d’innovation économique, technologique ou sociale ayant un impact sur les territoires des régions Bretagne et Pays de la Loire.

Après l’emploi, le logement, l’autonomie, la jeunesse, la santé ou encore le bien-vieillir, le concours 2017 s’articule autour de la thématique suivante : « Initiative remarquable, innovons en Bretagne et Pays de la Loire ». Les domaines abordés cette année sont l’insertion, la culture, la santé, l’éducation, l’environnement, le logement, le handicap et le service à la personne.

Deux appels à projets

Grande nouveauté. Pour sa cinquième édition, le concours Mon Projet Innovant s’adresse bien-sûr aux projets de l'ESS, mais aussi aux start-up issues d’autres horizons. La première vague de candidatures concerne les postulants ESS et se clôture le 15 juillet. Une fois les lauréats sélectionnés le 10 novembre, il faudra attendre le 2 décembre pour connaître le vainqueur de cette catégorie. Le deuxième appel à candidatures, dédié aux start-up, débute le 4 septembre et s’achève le 28 octobre. Après la sélection des participants, le 9 novembre, les entreprises encore en lice devront prendre leur mal en patience jusqu’à la remise des prix en décembre.

Interview de Sophie Stephan, directrice du Développement Coopératif et Solidaire à la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de Loire, par Julien Dezécot, directeur de publication à Sans Transition

Des récompenses non négligeables

Les douze initiatives sélectionnées - six pour chaque appel à projets – se verront dotées de 10 000€ chacune. De quoi bien démarrer aux côtés de l’accompagnement technique de FONDES Pays de la Loire, Bretagne Active, la CRESS Pays de la Loire, la CRESS Bretagne et les EnchanTerresPartenaire du concours, Sans Transition ! Bretagne offrira un an d’abonnement au projet victorieux. Nous lui accorderons également la possibilité de participer à l’émission Sans Transition !, diffusée sur Tébéo, chaîne de télévision bretonne.

Plus d'infos : monprojetinnovant.org

MONTPELLIER : LA MENUISERIE COLLABORATIVE OUVRIRA EN SEPTEMBRE

Créé le : 30/06/2017
Olivia Liesse et Yoann Lapeyronie, fondateurs de la Menuiserie collaborative de Montpellier - FD

Étagères, tables, bureaux ou même escaliers. Amateurs et professionnels du bois montpelliérains pourront bientôt concevoir leurs œuvres au sein de la Menuiserie collaborative. Le projet était présenté hier par ses porteurs, dans le cadre d'une réunion d'information organisée au Faubourg, à Montpellier.  

Réunir amateurs et professionnels

Un atelier de 900 m² ouvrira en septembre dans la zone industrielle de Tournezy, au sud de la ville. La « MCo » appartiendra à ses utilisateurs réunis dans une « Société coopérative d'intérêt collectif  (SCIC) ». Les locaux seront aménagés en collaboration avec les designers « participatifs » nîmois de l'agence Étrange Ordinaire. « L’idée est de créer un véritable écosystème qui puisse produire un partage des savoirs entre particuliers et professionnels », a notamment indiqué Yoann Lapeyronie, à l'origine de l'initiative avec Olivia Liesse. Plus d'infos dans le prochain numéro de Sans Transition !

120 000 EUROS DE PRÊTS CITOYENS POUR LE FUTUR PARC ÉOLIEN D'ACIGNÉ (35)

Créé le : 28/06/2017
L'entreprise P & T Technologies souhaite installer un parc éolien à Acigné (35) d'ici 2020

120 000 euros : c'est le montant obtenu par la société bretonne P & T Technologies, via le site de prêts participatifs Lendosphère, pour la réalisation d'un parc éolien à Acigné (35), près de Rennes. Bien plus que l'objectif initial de collecte qui se situait aux alentours de 80 000 euros. Cette part de financement « citoyen » du projet était réservée aux habitants de Rennes Métropole. Le nombre et la puissance des éoliennes doivent être déterminés en fin d'année pour une mise en service envisagée en 2020.

Retrouvez ci-dessous l’intervention vidéo de Robert Conrad, Directeur de P & T Technologies, lors du Carrefour des Transitions, le 9 mars dernier, à Saint-Malo. 

 

Robert Conrad - P & T Technologies from Ronin Production on Vimeo.

CHRISTIAN SAUTTER, FRANCE ACTIVE : « DES ENTREPRISES MÉRITENT D'ÊTRE AIDÉES CAR ELLES FONT DU BIEN À LEUR TERRITOIRE »

Créé le : 22/06/2017
La conférence intitulée « Entreprendre pour transformer la société », où intervenait Christian Sautter, avait lieu au Pôle REALIS de Montpellier, une pépinière d'entreprises de l'économie sociale et solidaire.

Trouver des fonds, recevoir des conseils et un accompagnement gratuits pour créer son entreprise sociale et solidaire, c’est possible. La preuve avec France Active. Ce réseau de financeurs solidaires pour l’emploi propose aux créateurs d’entreprises un accompagnement professionnel gratuit. Son président, l'ancien ministre de l’Économie Christian Sautter, intervenait dans le cadre d'une conférence intitulée « Entreprendre pour transformer la société », organisée au Pôle de l'économie sociale et solidaire « REALIS », à Montpellier (34), ce jeudi 22 juin. Pour lui, « entrepreneuriat » et « engagement » sont loin d'être des oxymores. Rencontre.

France Active est un réseau de financeurs solidaires. Mais à quoi sert un financeur solidaire, au juste ?

Grâce à nos structures locales, comme Airdie dans le Languedoc-Roussillon (antenne languedocienne de France Active, ndlr), nous sommes implantés sur tout le territoire français. Nous aidons les porteurs de projets et les créateurs d’entreprise, qu’ils soient individuels ou en collectif, à construire un financement viable. Il arrive bien souvent, dans ce domaine, que l’on parte avec trop peu d’argent. Mais il faut avoir les moyens d’acheter un véhicule, des machines, de louer des locaux… Et, surtout, il faut tenir sur la longueur. Nous accompagnons ces personnes avant, pendant et après la création de leur entreprise. L’avantage, pour eux, c’est que notre aide est gratuite et notre don solidaire. Nous n’attendons rien en échange.

Comment procédez-vous ?

Nous nous portons garants des entreprises que nous aidons. Nous examinons chaque projet au sein d’un jury de bénévoles, et, si nous le jugeons réalisable, nous donnons au créateur le label France Active. Cela signifie que devant le banquier, nous nous portons garants de cette personne. Nous avons constaté un taux de 82% de réussite dans les projets que nous accompagnons. Mais, dans le cas où un projet n’aboutirait pas, nous nous engageons à rembourser la moitié des dettes au banquier. Nous restons vraiment en contact avec l’entreprise, tout au long du processus. Il faut savoir qu’un créateur d’entreprise est souvent très solitaire, et, lorsqu’il a des difficultés, il hésite à en parler. Mais des relations de confiance, avec son banquier ou avec son accompagnateur, sont nécessaires. Au total, l’an passé, nous avons aidé 7400 entreprises à naître ou à grandir, et 35.000 emplois ont été créés ou consolidés grâce à notre aide.

Qu’est-ce qu’une entreprise engagée selon vous ?

Une entreprise engagée, c’est d’abord une entreprise qui a du sens. Il peut s’agir d’une entreprise qui œuvre au développement d’un espace rural en voie de désertification, dans les quartiers populaires, ou les zones industrielles marquées par le chômage. Mais, une entreprise engagée, c’est aussi une entreprise qui doit être viable économiquement, et c’est là que nous intervenons. Nous aidons les personnes qui ont des difficultés à trouver des conseils et des financements. Nous sélectionnons les entrepreneurs engagés dans le développement durable de leur territoire. Par « développement », j’entends qu’ils sont dans domaine de l’économie, du lucratif, et pas dans le service public. Et ces entreprises s’impliquent dans leur territoire, c’est-à-dire que tout ne se décide pas à Paris. Dans les agglomérations comme Montpellier, ou dans les territoires comme les Cévennes, il y a aussi des entrepreneurs qui méritent d’être aidés, car font du bien à leur territoire.

Plus d'infos : France active

DES « POTES » PRÉPARENT L'OUVERTURE D'UN SUPERMARCHÉ COOPÉRATIF À RENNES

Créé le : 22/06/2017
À Rennes, le collectif Breizh'i Potes prépare l'ouverture de leur supermarché coopératif ! Crédits : Breizh'i Potes

Dans le dernier numéro de Sans Transition !, un dossier entier est consacré aux supermarchés coopératifs. Nous y évoquons notamment le projet rennais « Breizh’i Potes ». Ce collectif a entamé une réflexion sur la création d'une épicerie test qui pourrait voir le jour l’an prochain. L’ouverture d'un supermarché est, elle, prévue pour 2019.

Nora Duval, à l’origine du projet Breizhi'Potes, imagine déjà les plannings de répartition du travail à gérer, entre les adhérents du futur supermarché coopératif. Mais le moment n'est pas encore venu. « Il faut d'abord que nous réunissions assez de membres », explique-t-elle.

1500 clients, employés et propriétaires

Car l’ouverture du commerce est prévue pour 2019. « Assez de membres », cela correspond à 1500, le nombre de personnes nécessaires pour faire tourner la boutique, à raison de trois heures d'investissement mensuelles par personne. Car, dans un supermarché coopératif, les clients sont à la fois les propriétaires du magasin (via l'achat de parts de la société coopérative qui, à terme, doit porter le projet), et ceux qui le font fonctionner. C’est à cette condition que les produits peuvent être de « 10 à 40 % moins chers, et de meilleure qualité », selon Nora Duval. « En ce moment, notre groupe « achat » réfléchit à la charte du magasin. Nous voulons des produits sains, qui ont du goût, et nous désirons valoriser les producteurs locaux », précise la cofondatrice du collectif.

Une épicerie test dans les cartons

En attendant l’ouverture du magasin, la communauté Breizh’i Potes pense, comme d’autres supermarchés coopératifs en préfiguration en France (La Chouette Coop à Toulouse, La Cagette à Montpellier...), ouvrir prochainement (début 2018 ?) une épicerie test. Mais il faut pour cela trouver un local, et, surtout, que l'idée soit adoptée en Assemblée générale. Car Breizh'hi Potes est avant tout un projet citoyen et participatif.

Alors, comment  attirer de nouveaux adhérents ? « Nous faisons beaucoup de réunions publiques dans les bars. En 6 mois, nous avons réussi à susciter un vrai engouement et nous avons réuni 150 personnes. », indique la jeune femme de 29 ans. De quoi, à l'avenir, créer du lien social tout en faisant ses courses !

LE PORT DE SÈTE VEUT FAIRE TOURNER LES ÉOLIENNES OCCITANES

Créé le : 22/06/2017
Vue du port de commerce de Sète - Crédit : Laurie Abadie

La journée internationale du vent s'est déroulée le 15 juin dernier. A cette occasion, Sans Transition ! Occitanie a pu visiter les nouvelles installations du port de Sète, en compagnie des acteurs régionaux de la filière éolienne. Installations qui sont en mesure d’accueillir le déchargement de mâts et pales d'éoliennes. La cité portuaire héraultaise pourrait bientôt devenir une tête de pont pour le développement du secteur en Occitanie.

Première région de France en énergie éolienne

L’Occitanie est historiquement la région pionnière de l’éolien puisque c’est à Port-La-Nouvelle que la première éolienne tripale a fait son apparition en 1991.

Le territoire occitan est aujourd'hui, avec 1165 MW, la première région française pour la production d’énergie éolienne, selon France Énergie Éolienne – (FEE), association nationale qui regroupe les principaux acteurs du secteur. Le port de Sète – établissement public régional - s’est adapté au marché pour recevoir au mieux les flux éoliens. Il bénéficie depuis peu d’un quai en eau profonde pouvant accueillir les plus massives embarcations. Dans la foulée, 3,5 millions ont été investi dans une grue dernière génération. Celle-ci peut soulever jusqu’à 120 tonnes, une puissance essentielle pour supporter le poids des génératrices pesant jusqu’à 92 tonnes.

Sur le quai H, entièrement construit sur l’eau et en service depuis octobre dernier, le ballet éolien représente « 6% de l’activité totale du port et jusqu’à 15% à l’avenir » précise Olivier Carmes, directeur général du port de Sète. Long de 470 mètres, large de 70 mètres et profond de 14 mètres, le quai reçoit chaque cargaison durant « 4 à 5 jours pour décharger une centaine d’outils éoliens » rapporte Catherine Morin, commerciale pour le constructeur éolien allemand Enercon. Une manœuvre très technique puisque la longueur des mâts d’éoliennes va de 57 à 85 mètres. Les pâles, de 10 tonnes, ne sont encore prises en charge par les moyens propres au port. Cette opération nécessite l’intervention d’une deuxième grue provenant du domaine privé qui sert de second point d’ancrage au déplacement de ces pièces, dont l’envergure est comprise entre 70 et 90 mètres.

Qu’il provienne d’Allemagne, d’Espagne ou du Portugal, le déplacement éolien apparaît plus avantageux par transport maritime que par voie routière ou ferroviaire. Et ce, « pour des raisons réglementaires, économiques, et environnementales », selon Olivier Guiraud, délégué régional de France Énergie pour le secteur Sud Éolienne. Passer par la route demande des autorisations pour que les convois puissent traverser les agglomérations. Une éolienne étant en moyenne répartie en 10 morceaux, il faudra 10 camions pour transporter une unité de production. Alors que le tout peut être bien souvent transporté en un seul navire.


 

Un marché en pleine expansion

Le secteur éolien occitan rassemble 700 éoliennes. « Une production équivalente à un réacteur nucléaire capable d’alimenter plus d’un million d’habitants, soit 7,5% de la consommation régionale d’électricité », souligne Dominique Moniot, délégué régional adjoint Languedoc-Roussillon de France Energie Eolienne et membre de La Compagnie du Vent, filiale du groupe Engie spécialisé dans les énergies renouvelables

Premier gisement éolien de France et deuxième d’Europe, le marché éolien régional est à l’origine de la création de plus de 1 300 emplois directs en Occitanie.

Alors que 350 unités étaient manutentionnées en 2015, elles étaient 650 en 2016, selon Marc Antoine, directeur du port de commerce de Sète.  Olivier Carmes, directeur général du port de Sète confirme que « le nombre d’unités manutentionnées a quasiment doublé », avant que Sylvie Cano, directrice des services portuaires sétois, ajoute que « l’activité d’importation d’éoliennes sur Sète devrait encore doubler en 2017 ».

Le marché mondial de l'éolien est en telle expansion que le constructeur allemand Enercon est allé jusqu’à concevoir un bateau entièrement dédié au transport éolien. Depuis 2010, le E-Ship 1 avance grâce à des générateurs éoliens inversés et des « rotor flettner ». Ces gros cylindres verticaux achemineront plus de 110 éoliennes au port de Sète en 2017 tout en « économisant le carburant et récupérant l’énergie du vent » explique Laura Holzer, chargée d’études au pôle expertise d’Enercon.

André Lubrano, membre du Conseil Régional, affirme cependant que « nous n’avons pas l’intention de concurrencer Marseille ou Barcelone. Mais nous avons une place au milieu de ces grands ports pour nous permettre de jouer notre carte économique ».

Perspectives d’améliorations

Engagé dans la transition énergétique, le port de Sète a pour projet d’aménager la toiture des 50 000m² d’entrepôts en panneaux photovoltaïques. Cette production pourrait fournir la puissance comparable à l’alimentation énergétique de 140 000 foyers.

A l’horizon 2030, le marché éolien occitan pourrait prétendre à la production d’un tiers de la consommation régionale. Il a également pour ambition de propulser la région  au rang de première région à Énergie Positive d’Europe (qui produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme).

Quant au port de Sète, il prévoit d’ajouter 18 hectares aux 60 hectares déjà disponibles. Suite à cette extension, une gare maritime proposerait l’aménagement de commerces et notamment d’un restaurant surplombant le port. Des installations qui pourraient voir le jour en 2020.

 

Plus d'info :
http://fee.asso.fr/
http://www.sete.port.fr/

 

MONTPELLIER : CITYZEN MARKET "ÉLU MEILLEUR PROJET ÉTHIQUE DE L’ANNÉE"

Créé le : 20/06/2017
Alexandra et Valentina, créatrices de CityZen Market. Crédit photo : CityZen Market

L'épicerie montpelliéraine (34) « vrac et zéro déchet » a remporté, samedi dernier, le concours « Sème le changement ». L'événement était organisé à Montpellier par l'association Etika Mondo. Plusieurs structures du territoire étaient partenaires de la manifestation, dont Sans Transition ! Occitanie

Alors que l’association Etika Mondo n’attendait qu’une dizaine de candidatures, elle en a recueilli le double. Parmi elles, les dix projets sélectionnés par le public via Facebook ont concouru pour prétendre au titre de meilleur projet éthique de l’année.

Après une matinée de coaching pour les qualifiés au second tour, les lauréats ont foulé les planches de la scène pour présenter leurs démarches. « Encore peu de projets parviennent à concilier une pertinence à la fois éthique et de gestion », c’est le constat dressé par Boris Aubligine, fondateur de l’association Etika Mondo, organisatrice de l'événement. Et qui accompagne tout au long de l'année des projets « éthiques ».

Le bilan est néanmoins très positif. Toute l’équipe est « très heureuse de cette journée qui est allée au-delà de nos attentes car les initiatives présentées étaient toutes de qualité et responsable », souligne Boris Aubligine.

Une équipe victorieuse : CityZen Market

Valentina et Alexandra remportent le prix du projet éthique de l'année. Crédit Photo : CityZen Market

Ravie, l’association Montpelliéraine CityZen Market a remporté la première place du concours : « on est très contentes, c’est un vrai tremplin pour nous », déclarent les fondatrices du projet. C’est dans une démarche de consommation responsable qu’Alexandra et Valentina ont créées leur épicerie 100% vrac en avril 2016. Ayant fait preuve de la viabilité économique de leur projet depuis cette date, elles se sont distinguées car « c’est un des projets les plus aboutis portant une forte cohérence entre leur démarche et leurs actions », mentionne Boris Aubligine avant d’ajouter que « elles ne sont pas simplement une épicerie, elles organisent des ateliers et des événements dans en lien avec leur philosophie ». 

Leur objectif est de rendre le zéro déchet accessible à tous, en montrant qu'il est possible de consommer en générant peu ou pas de déchets. La boutique propose des produits alimentaires, des fruits et légumes frais de Clapiers, des cosmétiques, des produits ménagers ainsi que des produits consignés. Bons pour la planète, mais aussi pour le porte-monnaie, « les produits en vrac sont entre 10% et 40% moins chers que leurs équivalents emballés », assure Alexandra. Les trois premiers lauréats (Citizen Market, Oasis Citadine et Coworking Culinaire) devront se partager 12 500 euros. Grâce à cette somme, CityZen Market compte agrandir ses locaux et ouvrira un restaurant à Montpellier, entre la gare Saint-Roch et l’Observatoire d’ici fin juillet.

Etika Mondo a pour ambition de reconduire l’expérience à travers une deuxième édition du concours l’an prochain. D’ici là, Etika Mondo partira à la recherche de nouveaux projets lors du Fermes d’Avenir Tour à Montpellier, fin juillet. Festival ambulant de l'agroécologie dont nous vous avons récemment présenté le programme.

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