Économie

DIMINUTION DES CONTRATS AIDÉS. LES ENTREPRENEURS SOCIAUX DEMANDENT UN MORATOIRE

Créé le : 13/09/2017
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Il n'y a pas que les collectivités locales et le secteur associatif qui déplorent la diminution abrupte du nombre de contrats aidés par le gouvernement. Contrats qui devraient passer de 459 000 actuellement à 310 000 dès 2017. Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), qui regroupe des associations mais aussi des SAS et des sociétés coopératives, dénonce, dans un communiqué, la « méthode employée » par l’État pour réduire drastiquement les contrats de type CUI-CAE (Contrat unique d'insertion) « sans aucune alternative ». 

Le Mouves poursuit en rappelant l’importance de ces contrats pour les structures et les publics qui en bénéficient. Puis en comparant le coût des contrats aidés et celui du Crédit d'impôt pour la compétitivité (CICE) :

« Les CUI-CAE permettent d’embaucher en contrats à durée déterminée certaines populations parfois en grande difficulté sur le marché du travail. Le ministère du Travail estime que le coût représenté par les contrats aidés est trop important par rapport à leur réussite d’insertion professionnelle, or un emploi en CUI-CAE coûte environ 40 000 euros avec un taux de transformation moyen en emploi durable d’environ 30 % (Organisme de statistiques du ministère du Travail). Face aux 29 milliards d’euros dépensés pour le CICE pour environ 70 000 emplois créés ou sauvegardés, la facture paraît presque mince. »

Un « moratoire » jusqu'à janvier 2018

Une argumentation qui conduit le Mouves à réclamer à l'État un « moratoire » sur le sujet « au moins jusqu'à janvier 2018 »  :

« non pour bloquer certaines nécessaires réformes mais bien pour prendre en compte les évaluations existantes de ces dispositifs, réfléchir à des moyens alternatifs pour le développement des projets d’utilité sociale, préparer la suite avec une réponse globale et ambitieuse pour en finir avec des politiques publiques au coup par coup, sectorielles et catégorielles. Relancer ainsi la concertation avec les acteurs permettra par ailleurs de reposer les bases d’un fonctionnement partenarial en confiance avec les entreprises sociales. »

ÉNERGIE SOLAIRE, enfin l'éclaircie ?

Créé le : 11/09/2017
Le parc Lé Camazou, situé sur le site de l’ancienne mine d’or de Villanière, dans l’Aude, accueille 46 000 modules photovoltaïques polycristallins de 260 Wc (SILLIA VL). La puissance totale installée est de 12 mégawatts-crête (Mwc) sur 20 hectares. Le groupe RES, qui gère le site, envisage une production annuelle de 14 millions de Kwh, soit l’équivalent de la consommation électrique de près de 7 000 personnes.© B2i

L’année 2016 serait-elle enfin celle de l’avènement d’une embellie durable pour l’energie solaire ? En tout cas, les choses bougent. Le décret sur l’autoconsommation solaire collective a été publié au Journal officiel le 30 avril dernier et est effectif depuis le 1er mai. Certains freins se libèrent donc. Et le bilan positif de l’année passée pour le photovoltaïque montre que les signaux passent au vert. Enquête.


 

Une production multipliée par 8 depuis 2008, un volume d’installations qui triple en huit ans, des centaines d’appels à projets sur les rails, l’énergie solaire en France s’est distinguée en 2016. Elle reste pourtant anecdotique face à la puissance de sa voisine allemande, leader mondial du photovoltaïque. Histoire d’une ressource toujours sous-utilisée…

 

Par Virginie Jourdan

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[INTERVIEW SONORE] MONTPELLIER : UNE « GRAINE » POUSSE POUR DYNAMISER L'ÉCONOMIE LOCALE

Créé le : 05/09/2017

Soutenir l'économie locale en circulant sur le territoire. Tel est l'objectif de la Graine, future monnaie locale de Montpellier, qui devrait être mise en circulation courant 2018. Gérard Straumann, administrateur de l'association qui porte le projet, nous explique son fonctionnement.  

Vincent Nourigat, président des Marchés paysans de l'Hérault : « Favoriser une consommation éthique sur les territoires »

Créé le : 04/09/2017

Sans Transition ! était hier au 11ème Festival de la tomate, à Clapiers, près de Montpellier. Cet événement phare de la valorisation de l'alimentation en circuit court est organisé par la fédération des marchés paysans de l’Hérault. Rencontre avec son président, Vincent Nourigat. 

[ARCHIVE] - GENEVIEVE AZAM : "Le couvercle de la Cop 21 est déjà refermé"

Créé le : 23/08/2017
Geneviève Azam au printemps 2016 à Vaison-la-Romaine (84) - LMDP

Débute aujourd'hui l'Université d'été européenne des mouvements sociaux organisée par le collectif altermondialiste Attac. Un événement dont nous sommes partenaire. Vous pourrez d'ailleurs nous y retrouver le jeudi 24 et le vendredi 25 août.

A cette occasion, nous republions une interview de Geneviève Azam - économiste et porte-parole d'Attac - réalisée au printemps 2016, quelques mois après la Cop 21. Il était alors déjà question d'une loi travail et d'un certain Emmanuel Macron...  

Plusieurs mois après Cop 21, quel bilan faîtes-vous de l’accord obtenu ?

Je ne vais pas revenir sur le contenu du texte qui a été largement commenté. L’accord relève d’une certaine adresse diplomatique. En revanche, d’un point de vue du contenu, il n’engage pas véritablement les pays à effectuer les transitions nécessaires. D’ailleurs, très vite après la Cop 21, des pays ont pris des décisions Geneviève Azam © LMDP qui vont à l’encontre de ce qu’il faudrait faire. Je pense notamment à l’Australie qui a autorisé l’extension d’un port de commerce en face de la grande barrière de corail. Barrière de corail qui est extrêmement menacée... Ce port est destiné à l’exportation du charbon alors que, au contraire, il faudrait laisser 80% des énergies fossiles sous terre. Je pense aussi aux États-Unis où le Sénat remet en cause l’accord d’Obama, déjà très timide, sur les changements climatiques. On pourrait citer bien d’autres exemples. Notamment celui de la France : nous discutons encore de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans un imbroglio juridique extraordinaire alors que la décision la plus sage après les accords de Paris serait de diminuer drastiquement le trafic aérien. Et ça n’est pas en construisant des aéroports de ce type que l’on va réduire le transport aérien. Tout cela est très grave ! Nous aurions pu imaginer qu’un élan positif allait être engagé après le succès diplomatique de la Cop 21. Mais le couvercle a déjà été refermé..

Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’écologistes au gouvernement, avec trois ministres nommés récemment. Est-ce un effet d’annonce ? Ou espé- rez-vous qu’il y ait une meilleure prise en compte de l’écologie par l’exécutif ?

Malheureusement, je ne pense pas que l’entrée des écologistes - ou désignés comme tel - au gouvernement signale un quelconque tournant vis à-vis de l’environnement. Ces personnes occupent des postes importants mais cela ne correspond pas à un changement, à une réorientation plus écologiste du gouvernement. Ce dernier n’a jamais eu de préoccupation en la matière. Et près d’un an avant les élections présidentielles, je ne crois pas que Jean-Vincent Placé soit entré au gouvernement pour des motifs écologistes. Au moins lui. Je ne parle pas pour les deux autres.

Sur le plan social, Macron s’impose. La contestée loi travail est en discussion... Tout cela ne vous laisse pas indifférente ?

C’est de l’ordre de l’incroyable. Il faudrait une mobilisation importante en réaction à tout cela. On nous prépare une déconstruction du droit du travail comme il n’y en a pas eu depuis Pétain ! Ils sont arrivés à faire ce que Nicolas Sarkozy n’est pas arrivé à mettre en place lorsqu’il était au gouvernement. Il y a un effet de sidération face à cela. Car même si l’on avait peu d’espoir de la part d’un gouvernement socialiste, nous pensions que sur un certain nombre de valeurs, il y aurait des digues. Mais toutes les digues ont sauté : que ce soit sur le plan social, écologique ou encore démocratique. Nous retrouvons peut-être ici la gauche d’après 1947 qui a mis un certain nombre de sujets sous la table. Qui, notamment au travers de la décolonisation, n’a pas été exempte de toute erreur politique grave. Le PS, en 1971, après le congrès d’Épinay, revient de loin. On retrouve aujourd’hui de vieux démons de la gauche.  

SHARE-WOOD : VERS UN "LIEU DE TRAVAIL DU BOIS MUTUALISÉ" A MARSEILLE

Créé le : 18/08/2017
L'atelier bois partagé marseillais Share Wood pourrait ouvrir ses portes en 2018 - DR

Ses locaux ne sont pas encore ouverts, mais ses plans sont déjà sur le papier. D'ici quelques mois, l’atelier bois partagé et coopératif marseillais Share Wood accueillera ses adhérents pour leur permettre de réaliser leurs créations. Une manière de lutter contre l’accumulation des déchets avec le principe d’« upcycling » : la réutilisation de matériaux récupérés pour former de nouveaux objets. Une campagne de financement participatif sera lancée à la fin de l’année pour appeler le grand public à soutenir le projet. Présentation avec le Vincent Chevillot, co-fondateur de Share Wood. 

A quoi ressemblera Share-Wood ?

Sur plusieurs centaines de mètres carrés, l’atelier se divisera en trois espaces destinés au travail opérationnel, au stockage et à la vie collective. De nombreuses machines professionnelles de menuiserie et ébénisterie seront mises à disposition du public. Celui-ci pourra évoluer en autonomie après un temps d’initiation et de rappelle des règles de sécurité. Il pourra également suivre des stages et des parcours pédagogiques liés à la filière bois. En fonction des horaires, l’atelier sera partagé entre les particuliers ou bien pourra être semi privatisé pour des groupes. Chacun pourra se présenter avec du bois de récupération ou bénéficier d'achats groupés de matériaux et de quincaillerie. Les utilisateurs pourront laisser aller leur inventivité, s’entraider et participer à la vie du lieu.

Nous sommes au stade de projet. Une fois que nous aurons notre local, nous l'équiperons et nous pourrons vraiment répondre à toutes les demandes.

 

Plan des futurs locaux de Share Wood - DR

Quel est l’objectif de Sharewood ?

Les deux finalités du projet sont la réduction des déchets et la lutte contre l’isolement. A Marseille on trouve tout le temps du bois dans les rues. Il y a tout une logique a développer avec les entreprises du territoire. Par exemple à Toulouse, un autre atelier bois travaille en partenariat avec Airbus. Cette grande société utilise des caisses de transport absolument gigantesques qui ne servent qu’une seule fois. Alors que c’est du très bon bois. Ce qui est considéré comme un déchet pour certains, peut représenter une ressource de construction pour d’autres.

Puis nous souhaitons lutter contre l'isolement des travailleurs indépendants. Nous partons du principe que c’est dommage que chacun soit seul dans son garage, son appartement ou son atelier professionnel pour travailler le matériau bois. Alors que les personnes pourraient bénéficier d’un endroit fréquenté par d’autre professionnels qui ont envie d’échanger, de transmettre un savoir-faire, de donner des conseils ou d'en recevoir. Il s'agit surtout de mutualiser les outils : plutôt que d’avoir 10 scies-sauteuses dans 10 appartements, il vaut mieux en avoir qu'une seule qui serve réellement dans un seul lieu. C’est aussi lié à notre démarche de réduction des déchets. Nous cherchons avant tout à construire un lieu de travail du bois mutualisé.

D’où proviendra le bois utilisé dans les locaux de Share Wood ?

Soit les gens viendront avec leur propre bois de récupération, acheté ou trouvé dans la rue. Soit ils pourront bénéficier du service d’achat groupé que nous mettrons en place avec des fournisseurs partenaires. Nous pourrons aussi récupérer du bois issus de la filière « déchets ». Pour ce faire, nous pourrions ainsi travailler avec les collectivités territoriales. Il y aura à la fois un lieu de stockage pour les projets en cours et pour le bois.

 

Vincent Chevillot, co-fondateur de Share Wood - DR

En quoi votre projet s'inscrit-il dans l' Economie Sociale et Solidaire ?

D'abord, c'est un moyen d'aider les professionnels qui lancent leur activité, via un tarif très bas. Mais nous mettons aussi en avant la notion de gouvernance participative. Nous avons envie de permettre à quiconque de comprendre comment fonctionne la gestion d’une entreprise en y participant. Une personne peut intégrer la structure en tant que visiteur, puis participer à des commissions et prendre part aux décisions. Les adhérents à la société coopérative qui portera le projet pourront devenir administrateur et participer, par exemple, aux recrutements. Cette implication ne sera pas obligatoire mais possible. C'est une forme d'éducation populaire à l'administration d'une entreprise.

Plus d'infos :

www.facebook.com/sharewoodmarseille

 

CONSTRUIRE SAIN EN COEUR D'HERAULT : LE "UN POUR TOUS, TOUS POUR UN" DU BATIMENT ECOLO

Créé le : 16/08/2017
Les artisans du réseaux Construire Sain en Coeur d'Hérault sont animés par une volonté commune : bâtir dans le respect de l'humain, de leur territoire et de l'environnement - DR

Ils ne sont pas quatre mais douze, et ne sont pas mousquetaires, mais artisans. Ils font de la maçonnerie, de l’isolation, des énergies renouvelables ou de la construction bois… Et ils le font en mode « éco », en se soutenant les uns les autres. Construire Sain en Cœur d’Hérault, réseau d’artisans qui s’inscrit dans une démarche de qualité environnementale, humaine et technique, soufflera bientôt sa demi bougie.

« Il faut arrêter de scier la branche sur laquelle on est assis », lance Raphaël Chadi, artisan dans la construction bois. Un principe métaphorique qui l'a poussé a fonder le réseau Construire Sain en Cœur d’Hérault, avec neuf de confrères artisan, en mars dernier. « Le jour du printemps », précise-t-il, comme pour mieux exprimer un désir de renouveau. L'association est réservée aux artisans de l’éco-construction du cœur d’Hérault – région qui s’étend de Montpellier jusqu’au plateau du Larzac. Elle a pour objectif de faire connaître les professionnels s'inscrivant dans des "bonnes pratiques". La structure permet à ses adhérents de favoriser l'entraide, la coopération, notamment en matière de formation. Comment ? Via une forme de cooptation, chaque membre devenant le garant moral des autres, et s'engageant à recommander ses confrères auprès de ses clients.

Matériaux écologiques et locaux

Et le succès est au rendez-vous ! D’autres artisans ont rejoints le collectif « déjà débordés », se réjouit Raphaël Chadi. Le groupe réfléchit d’ailleurs à la possibilité d’engager quelqu’un pour la communication et la coordination du projet. Pour adhérer il faut s'acquitter d'une cotisation annuelle de 150€ et surtout il faut être en phase avec dans les critères de la charte écologique de l'association.

Les matériaux utilisés sur les chantiers de ces éco-artisans doivent être au maximum locaux, renouvelables, biodégradables, recyclables, solides et à faible énergie grise (l’énergie nécessaire pour la production, l’extraction, la transformation, etc. d’un produit). Des conditions qui, selon Raphaël Chadi, relèvent de l’évidence, tout d’abord pour leur aspect sanitaire : « Les produits naturels sont moins nocifs que les produits de synthèse », rappelle-t-il. Mais l’éco-construction est également la garantie d’un plus grand confort : « les isolants écologiques, par exemple, sont plus performants que les conventionnels, ce qui permet un confort d’été augmenté ». Enfin, tout cela contribue à faire tourner l’économie locale en développant les filières courtes.

"Cercle vertueux"

Raphaël Chadi estime que l’association, soutenue par le syndicat mixte de développement local, Sydel Pays Cœur d’Hérault, participe à un véritable « cercle vertueux », et espère bien que ce projet leur permettra de concurrencer « les grosses sociétés qui surfent sur la vague de l’écologie ». Comme quoi, même sans épée et chapeau à plumes, il est possible de s’unir contre plus gros que soi, et de défendre ses convictions.

Plus d’info :

www.facebook.com/R%C3%A9seau-Construire-Sain-en-C%C5%93ur-dH%C3%A9rault-148072585598094/

 

AGNÈS OLIVE, MARSEILLE VERT : « IL FAUT VALORISER LES GESTES ÉCOLOGIQUES DES ENTREPRISES LOCALES »

Créé le : 20/07/2017
Agnès Olive a mis en pause son activité de romancière pour se concentrer sur Marseille Vert, sa société de communication destinée aux entreprises écologiques. Crédits : Vincent Bernal

Auteure de romans et d’un récit sur sa prise de conscience écologique, Change, Agnès Olive est la fondatrice de Marseille Vert. Ce service de communication destiné aux entreprises de la transition écologique est créé au moment de la COP 21, en 2015. Un an et demi plus tard, il fédère une cinquantaine d’entreprises, son site internet est visité plus de 20.000 fois par mois, et un projet de lieu urbain et 100% écolo est dans les cartons.

Comment en êtes-vous venue à créer Marseille Vert ?

Au départ, j’écris des romans. Comme ça ne fonctionnait pas tellement, j’ai commencé à faire des piges dans le domaine de la culture, à Marseille. Je me suis intéressée à l’écologie, et j’ai demandé au ToutMa (magazine marseillais consacré à la culture, aux voyages, à la gastronomie, etc., ndlr) de monter une rubrique écolo. J’ai tenu cette rubrique, et, comme ça, je suis allée à la rencontre des acteurs de l’écologie à Marseille. Je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de choses à faire, et j’avais envie d’agir. J’ai pensé qu’il manquait une agence de communication verte, pas quelque chose qui serait dans la veine du « green washing », mais une structure vraiment engagée dans le changement, avec du cœur, de l’envie. Finalement, en 2015, je me suis décidée à créer mon entreprise. Je l’ai lancée le 30 novembre 2015, le jour de l’ouverture de la COP 21, parce que je savais qu’on allait enfin parler d’écologie en France, tous les jours et dans tous les médias, et je voulais profiter de cette dynamique.

Quel est l’objectif de Marseille Vert ?

C’est une société de communication qui a pour but d’inciter les entreprises de Marseille et des alentours à s’engager pour la planète. Je voulais fédérer des entreprises, notamment celles de petite et moyenne taille. Aujourd’hui, il y a un nombre incroyable de PME qui gagnent correctement leur vie, et qui ne se préoccupent pas de leur impact sur la planète. Donc, l’objectif, c’était de les inciter à engager des gestes écologiques, en leur montrant que je pouvais valoriser ces gestes. En réalité, convertir les entreprises à l'écologie, c’est très difficile, et ça prend beaucoup de temps. Mais je suis arrivée à fédérer celles qui étaient déjà sensibilisées, et j’ai réussi à en faire venir d’autres qui, au départ, ne se sentaient pas trop concernées, grâce à l’ampleur que Marseille Vert a prise sur les réseaux sociaux. Nous nous ouvrons maintenant à tous les acteurs de l’écologie, aux associations et aux particuliers qui veulent travailler ensemble pour changer Marseille. L’idée, c’est aussi d’appliquer la formule « agir local, penser global ». Sur le site, j’évoque des initiatives de la région de Marseille et des Bouches-du-Rhône, mais je publie aussi des informations positives du monde entier, pour nous inscrire dans un mouvement planétaire.

Qu’est-ce qu’une entreprise verte selon vous ?

Il y a différents degrés. Il y a l’entreprise qui est déjà complètement verte, comme GreenDeliss par exemple. Ils offrent un service de restauration rapide le midi, mais c’est aussi un salon de thé, et tout ce qu’ils font est bio, local, et sans emballage plastique. C’est vraiment le top. Mais il y aussi des structures comme le Poisson Rouge (restaurant et bar à tapas de Marseille, ndlr), qui ne proposent pas tout en bio, mais chez qui tout est fait maison, local et de saison : on reste sur des circuits raisonnés. Et ces entreprises s’améliorent : par exemple, le Poisson Rouge est passé au tout bio pour les vins. Je pense qu’on est sur la bonne voie, que le monde est en train de changer dans le bon sens. Mais il faut se bouger si on veut sauver la vie sur Terre, car il y a urgence.

À l’avenir, quels sont vos projets pour Marseille Vert ?

J’aimerais que nous restions une entreprise de petite taille, pour garder la dynamique d’envie et de changement qui est la nôtre. J’ai aussi pour projet de créer un lieu urbain et 100% écologique à Marseille. Ce serait un endroit pour les entreprises écolo, avec des plantations en permaculture, des activités de méditation, et où il serait possible d’inviter des artistes qui travaillent dans la prise de conscience par exemple. Ce serait aussi un endroit de collecte de toutes les informations concernant l’écologie sur le territoire marseillais. Dans ce cadre, je m’occuperais de la communication. Mais pour l’instant, je cherche encore un lieu et des financements.

Plus d’infos :

Marseille Vert
Change

INTERVIEW – Financez des initiatives sociales et solidaires avec IéS 34 (Initiatives pour une Economie Solidaire)

Créé le : 19/07/2017
Les bénévoles d'IéS 34 s'installent au Faubourg de Montpellier. Crédits photo : Viviane Radier, SCIC IéS

Il y a un an, la coopérative IéS 34 (Initiatives pour une Économie Solidaire) voyait le jour. Cette structure de financement des entreprises de l'économie sociale et solidaire fonctionne en grande partie grâce à la participation citoyenne locale. Elle s'intègre au réseau de sociétés coopératives de financement solidaire déployées progressivement en région Occitanie depuis 1998. Sans Transition ! a d'ailleurs  bénéficié d'un soutien de la part de la coopérative. La Maison des Possibles, société coopérative éditrice de Sans Transition !, fait d'ailleurs partie des quatre projets soutenus par IéS 34 en 2017. Aurélien Delsol, coopérateur d'Iès 34, revient avec nous sur cette année de développement. 

Quels sont les objets d’IES 34 ?

L’idée est d’être au plus près des territoires. On fait partie d’une structure régionale en tant que telle. Mais l’enjeu est le même pour toutes les antennes: permettre aux citoyens de participer directement au développement économique de structures qui ont du sens pour le territoire. D’une manière globale, on intervient sur tous les stades de la vie d’une entreprise : de la création au développement. IéS intervient avec plusieurs outils de fonds propres qui permettent à une structure de développer ses actions et de mieux faire face à des difficultés passagères. La grande particularité est que ces fonds ne sont pas issus de banques, mais proviennent en grande majorité de citoyens. D’autres sociétaires (collectivités locales et régionales, communautés d’agglomération, …) sont impliqués, mais sur un millier de coopérateurs environ, 860 sont des citoyens.

Quelles ont été les nouvelles entreprises financées en 2016 et 2017 dans l’Hérault ?

Depuis le lancement sur l’Hérault, huit structures ont été financées. Nous n’avons pas de montant minimum ou maximum à octroyer mais notre ambition est de soutenir quatre projets par an en moyenne. Nous sommes un petit groupe, le temps et les moyens nous manquent pour en faire davantage. Pour l’année qui vient de s’écouler, nous avons réparti un peu plus de 60 000€ environ. Les attributions vont de 15 000€ à 20 000€ par projet.  Dans toute la région, il y a eu 15 entreprises financées, pour un total de 300 000€. Nos financements héraultais ont été accordés à Dyopta, Forum TV, Hab Fab, Pain et Partage Montpellier en 2016. En 2017, ils ont été consacrés à Bio Ensemble, Les fromages du Salagou, La menuiserie Collaborative, et La Maison des Possibles, qui édite votre magazine.

Quels sont vos critères pour choisir les structures à financer ?

Avant tout, la dimension collective du projet est primordiale, car nous ne finançons pas les entreprises individuelles. Ensuite, la territorialisation de l’entreprise sur le champ de l’économie solidaire ou responsable représente un autre point important. Nos champs d’actions sont divers, mais la structure doit toujours avoir une vraie implantation locale, et réfléchir aux impacts de ses actions sur le territoire. Sans oublier l’importance du facteur emploi que le projet implique. En termes de logistique, ce sont les groupes locaux qui sont la première porte d’entrée en cas de sollicitation de projet. C’est eux qui vont se positionner sur leur éligibilité. Après instruction, la demande sera validée ou non par un comité d’engagement unique réuni à Toulouse. Généralement, le processus se déroule sur trois ou quatre mois.

Quel est le bilan de cette année parcourue et quelles sont vos perspectives ?

Le bilan est très positif. Nous avons de belles structures coopératives qui ont émergé cette année. Nous sommes heureux qu’elles aient rapidement réussi à s’implanter sur le territoire. Certains projets ont besoin de plus de temps que d’autres pour stabiliser leur modèle économique, mais tous se développent très correctement. Plus localement, nous allons inaugurer nos locaux le 3 octobre au Faubourg de Montpellier [ndlr : tiers lieu qui met à disposition une agence partagée, un espace de coworking et des salles de réunion]. Cela sera l’occasion pour toutes les entreprises financées de se rencontrer et d’échanger avec les citoyens qui les ont aidés. On espère que notre présence au sein du Faubourg nous apportera une visibilité, et surtout nous rendra plus accessibles à tous les porteurs de projets. Parallèlement, nous envisageons également la création d’un groupe local dans l’Aude.

Plus d’infos :
http://www.ies.coop

LA ROUE TOURNE A AIX

Créé le : 07/07/2017
La Roue, monnaie locale déjà utilisée dans le Vaucluse, les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône, circule en pays d’Aix depuis mars. Un lancement officiel a eu lieu le 24 juin. Trente-sept professionnels acceptent déjà la monnaie en pays aixois et plus de 400 dans le département.
 
Plus d'infos : www.laroue.org
 
 

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