Écologie

NDDL : les militants se préparent à défendre la ZAD

Créé le : 19/08/2016
Opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes - FD/LMDP

Le Oui l'a emporté avec 55% des voix lors de la consultation sur l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (NDDL), le 26 juin dernier. Manuel Valls déclare que les travaux débuteront à l’automne. Pour autant, les opposants au projet ne sont pas prêts à abandonner la lutte. Trois questions à Dominique Fresneau, coprésident de l’association citoyenne intercommunale des populations concernées par l’aéroport de NDDL (ACIPA). Retrouvez notre dossier « Aéroport : des coûts dans l’aile », consacré aux coûts économiques, environnementaux et sociaux des aéroports, dans le n°1 de Sans Transition.

Comment réagissez-vous aux résultats de la consultation du 26 juin sur le maintien du projet d’aéroport?

Nous contestons cette consultation depuis le départ. La question était erronée : on parle de transfert d’aéroport alors qu’il est prévu de conserver l’aéroport actuel (l’aéroport Nantes Atlantique). François Hollande a choisi d’organiser une pseudo-consultation à l’échelle du département. Alors que le projet concerne les deux régions qui le financent, voir tout le pays. Si la consultation avait été à ces échelles le résultat aurait été négatif. Nous continuons donc notre lutte. Autant que possible sur le terrain, avec les agriculteurs et avec la ZAD.

Suite aux déclarations de Manuel Valls pensez-vous que les travaux vont effectivement débuter dans quelques mois ?

Nous prenons cette menace au sérieux mais en même temps ça fait plus d’un an qu’ils nous promettent de venir en automne. François Hollande a aussi dit qu’il n’y aurait pas de construction tant que tous les recours ne seraient pas rendus. Mais cette menace reste réelle. Notre but est de continuer à faire parler de nous et d’augmenter le nombre de militants pour défendre cette zone. La ZAD fait tout pour se prémunir d’une attaque et continuer à construire un avenir sans aéroport. Nous préparons un grand rassemblement sur place le 8 octobre pour dire à tout le monde de se tenir prêts à s’engager pour défendre Notre-Dame-des-Landes. Face à cette menace nous faisons la même réponse que pendant l’hiver 2012-2013 : s’ils viennent on essayera de résister et on viendra réoccuper le terrain.

Est-ce que vous pensez que les recours peuvent encore retourner la situation ?

Il y a le recours au niveau de l’Europe qui a mis la France en demeure de répondre aux impacts environnementaux des infrastructures en Loire-Atlantique. La réponse sera fournie par le futur Schéma de cohérence territoriale (SCOT) qui est en cours de réalisation. Mais ils doivent proposer de réelles mesures de compensation : pour 1 ha de zone humide détruite il faut créer 1 ha de zone humide dans le même bassin versant. Les promoteurs proposent 1 ha de compensation pour 8 ha détruits, soi-disant parce qu’ils mettraient en place une zone humide « exceptionnelle ». Le recours de la loi sur l’eau rendu le 17 juillet 2015 nous a été défavorable mais nous pouvons encore faire appel de cette décision. Il y a un certain nombre de recours que nous n’avons pas encore déposé, notamment au niveau du permis de construire. On peut aussi faire appel au Conseil d’État. On va jouer cette carte des recours en espérant qu’il y aura un juge assez courageux pour statuer en notre faveur.

Plus d'infos :

www.acipa-ndl.fr

Réparer plutôt que jeter, le parcours du combattant

Créé le : 12/07/2016
Réemploi et réparation - Crédit photo : Pixabay

Le 23 juin, une étude de Institut du Développement durable et des relations internationales (IDDRI) révèle que l'économie collaborative française n'est pas toujours à la hauteur de ses promesses écologiques. Concurrence, manque d'accessibilité, etc... La culture du réemploi en France, ce n'est pas encore ça. Preuve en est la difficulté à trouver des solutions pour sortir du réflexe « tout à la décharge ». Mais les choses commencent à bouger.

 

 

Le 22 juin, une chaise casse à la rédaction. Premier réflexe : l'amener à la déchetterie. Mais seule la pièce en plastique soutenant le dossier a cédé. Dommage de tout jeter !

 

Et si on trouvait la pièce manquante sur le net ?

Internet regorge de sites de vente en ligne de pièces détachées, on devrait trouver notre bonheur... non ? Je lance une requête sur le moteur de recherche solidaire Lilo. Le premier site de la liste ne fait que de la vente en gros, le deuxième ne vend que des roulettes, etc. Les liens s’enchaînent sans correspondre à ma demande. L'exaspération commence à poindre. J'opte cette fois pour Google. Guère mieux. Après avoir écumé les blogs, sites professionnels et boutiques en ligne, toujours rien.

 

Et si on la réparait ?

C'est le moment de changer de stratégie.

Pourquoi ne pas se tourner vers les ateliers de réparation ? Je lance une recherche rapide et ne trouve que des liens vers des ateliers... québécois.

Et les recycleries ? J'appelle celle d'Apt (84) pour savoir s'ils peuvent m'aider. « La plupart du temps, on n'essaie même pas de réparer les chaises en plastiques: elles sont faites pour casser. Peut-être qu'on aura la pièce mais c'est peu probable. Sinon, ce sera direction la déchetterie », me répond le gérant.

La déchetterie... Mais c'est une idée ! Peut-être auront-ils la pièce qu'il nous faut ! Un passage rapide me fait déchanter. Non seulement ils ne l'ont pas mais ils confirment ce que m'a répondu la recyclerie : les chaises en plastiques sont faites pour casser.

 

Et si on fabriquait la pièce défaillante ?

Ces derniers temps, de nombreux reportages nous vantent l'attrait de l'impression 3D pour réparer nos objets du quotidien... Est-ce si facile ?

Je cherche des imprimeurs 3D sur les pages jaunes et ne retiens que les quatre qui sont à moins de 45 minutes en voiture. Je commence à comprendre l'argument de l'étude IDDRI : Si réparer un objet implique un tel déplacement, l'impact écologique est-il vraiment positif ?
J'appelle ensuite les imprimeurs. Les trois premiers ne font pas de 3D, c'est une erreur d'étiquetage du site. Le dernier me confirme son activité. Je me réjouis mais trop vite... « Vous avez un plan de la pièce réalisé par un-e graphiste ? » Non. C'est pourtant nécessaire.

L'impression 3D sera peut-être une solution à long terme mais ce n'est pas pour tout de suite !

 

Morale de l'histoire

La chaise cassée est devenue un tabouret, et on a racheté une chaise de bureau. Mais cette aventure nous a bien fait réfléchir... Où en est-on, en France, dans la culture du réemploi ? Le réseau des recycleries, ou celui des Repair Cafés qui se développent partout dans l'Hexagone montre une volonté renouvelée de sortir du culte du « tout jetable ». Il n'en reste pas moins que, pour trouver des solutions, c'est un vrai parcours du combattant.

Notre problème, c'était aussi le plastique, non réparable... Changer nos choix de consommateurs et privilégier des matériaux durables, c'est sans doute aussi une partie de la solution.

 

Amaëlle Olivier

 

Plus d'infos

www.repaircafe.org/fr/

www.iddri.org/

BLOOM : « L’interdiction aurait dû avoir lieu il y a longtemps ! »

Créé le : 01/07/2016


Hier, la Commission Européenne a finalement adopté une série de mesures protégeant les écosystèmes des fonds marins européens, avec notamment l'interdiction tant attendue du chalutage profond au-dessous de 800 mètres de profondeur. Cette décision tant attendue est l'aboutissement de 8 années de mobilisation mais reste amoindrie par l'influence des lobbies.

Nous laissons la parole à l'association BLOOM, qui a mené la mobilisation :

 

« Bruxelles, le 30 juin 2016.

Après quatre années de procédures législatives et près de quatre années supplémentaires de lobbying intense de la part des industriels de la pêche pour tenter d’empêcher, en amont, l’État français puis la Commission européenne de proposer l’interdiction du chalutage profond, un accord vient enfin d’être trouvé, ce jeudi 30 juin, entre les trois institutions européennes (Parlement, Conseil, Commission) scellant la réforme du règlement encadrant la pêche profonde européenne.

Les trois institutions ont adopté une série de mesures importantes pour la protection des écosystèmes profonds européens, notamment l’interdiction du chalutage profond dans toutes les eaux européennes au-dessous de 800 mètres de profondeur et un mécanisme juridiquement contraignant de fermeture de zones abritant ou susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables tels que des coraux.

Le futur règlement « pêche profonde » remplacera celui de 2002, faible et inadapté, qui sert aujourd’hui encore de cadre légal à la pêche profonde. L’Union européenne se dote ainsi d’un cadre réglementaire à la hauteur des résolutions votées par l’Assemblée générale des Nations Unies sur la pêche profonde.


 


Un succès franc pour la protection des océans


« L’équipe de BLOOM travaille d’arrache-pied depuis huit ans dans le but de faire interdire le chalutage profond. L’interdiction de cette méthode de pêche absurde, destructrice et subventionnée aurait dû avoir lieu il y a longtemps mais c’était sans compter avec la désinformation, les mensonges, la mauvaise foi et les manœuvres tordues des lobbies industriels et de leurs alliés politiques » déclare Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. « Sans le soutien de centaines de milliers de citoyens qui ont mis la pression à Intermarché pour que le groupe cesse le chalutage profond, l’UE n’aurait jamais adopté cette interdiction. Nous espérons que les citoyens ont conscience que cette victoire est la leur et que sans leur mobilisation et leur soutien financier, les ONG ne peuvent pas faire de miracles. L’interdiction du chalutage profond au-delà de 800 mètres est la mesure la plus importante de ce règlement. C’est un succès franc aux conséquences nettes : cela signifie que la déforestation sous-marine qui a lieu aujourd’hui sans aucune contrainte légale jusqu’à 2000 mètres de profondeur cessera à jamais ».

Le seuil de 800 mètres retenu pour l’interdiction du chalutage profond l’a été à la suite de la campagne tonitruante que BLOOM a orchestrée contre cette méthode de pêche et que l’illustratrice Pénélope Bagieu a relayée dans une BD en ligne partagée plusieurs centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, conduisant la pétition de BLOOM à entrer dans les records de mobilisation environnementale en France. La campagne de BLOOM a incité les enseignes de la grande distribution à abandonner les ventes d’espèces profondes et la flotte d’Intermarché à accepter, en janvier 2014, de ne plus pêcher au chalut au-delà de 800 mètres de profondeur. C’est la profondeur que le Conseil a retenue pour l’interdiction du chalutage profond le 6 novembre 2015. L’accord trouvé le mardi 14 juin signe ainsi l’aboutissement d’une négociation de « trilogue » entamée il y a huit mois et conclue sous présidence néerlandaise.

 



Une réforme amoindrie par l’influence des lobbies


« Cette réforme aurait pu être beaucoup plus ambitieuse avec un autre rapporteur » explique Claire Nouvian, « or l’eurodéputée socialiste Isabelle Thomas, en charge du texte, a bradé le règlement pêche profonde en acceptant presque sans ciller les reculs proposés par le Conseil (les États membres), Espagne en tête ».



Les navires espagnols exemptés

 

C’est ainsi que le texte se limite désormais aux seules eaux européennes et aux eaux internationales de l’Atlantique Centre-Est alors que la proposition initiale de la Commission européenne, renforcée par le Parlement, englobait l’ensemble des eaux internationales de l’Atlantique Nord-Est. La perte de la majeure partie des eaux internationales est à imputer à l’Espagne, qui a pris en otage le Conseil et exercé une pression terrible sur la Commission et le Parlement pour que ses navires, pêchant principalement en eaux internationales, ne soient pas impactés par le règlement. « La rapporteure aurait dû se battre pour défendre la position du Parlement et atteindre un compromis honorable mais au lieu de cela, Isabelle Thomas, élue de gauche, a fait le jeu de la droite espagnole, cherchez l’erreur ! » analyse Claire Nouvian. « Sa loyauté ne semble s’exercer qu’envers les lobbies de la pêche industrielle. De fait, Isabelle Thomas est marraine du lobby le plus actif, Blue Fish, et ce conflit d’intérêts inacceptable a eu un impact très regrettable sur la portée du règlement, à commencer par le résultat désastreux du vote du Parlement en décembre 2013 dont elle porte la responsabilité ».

 

Un succès atteint grâce à la mobilisation des élus et des citoyens


La façon de faire de Mme Thomas a fini par susciter l’exaspération des rapporteurs fictifs (chaque groupe politique assigne un eurodéputé au suivi du « Trilogue ») qui ont fait annuler la négociation tripartite de décembre 2015 et compris qu’ils devaient surveiller de près les agissements de la rapporteure. « Yannick Jadot (EELV) en particulier a réussi à redonner de l’ambition à la négociation » indique la fondatrice de BLOOM, « ainsi que Marielle de Sarnez (MoDem) et Younous Omarjee (Parti communiste). Ils ont porté au sein des institutions la volonté des citoyens et défendu l’intérêt général contre les demandes indécentes des groupes de pression privés. Sans eux, ce règlement aurait été saboté par les lobbies ».

« Sans ces vigies politiques, sans l’extraordinaire mobilisation des citoyens, sans la volonté d’Intermarché d’en finir avec une méthode de pêche destructrice, l’Europe n’aurait pas franchi une étape aussi majeure pour la protection des océans profonds et des nombreuses espèces menacées qui s’y trouvent » conclut Sabine Rosset, directrice de BLOOM.

BLOOM tient à remercier ses collaborateurs de la Deep Sea Conservation Coalition et The Pew Charitable Trusts sans lesquels cette campagne internationale n’aurait pas été possible. »

 

Plus d'infos :

www.bloomassociation.org/

Lorient Agglomération prépare la fin des sacs plastiques

Créé le : 29/06/2016

Les sacs en plastique à usage unique seront interdits dans les commerces à compter du 1e juillet 2016. Le 1er janvier 2017, l'interdiction sera étendue à tous les sacs plastiques non compostables utilisés pour les denrées alimentaires. Dans ce cadre, Lorient Agglomération distribue des sacs en plastique biosourcés dans dix supermarchés de son territoire. Le but : familiariser habitants et grande distribution à l'utilisation de produits biodégradables. Une initiative mise en place avec le réseau national pour la collecte et la valorisation des biodéchets, Compost+ et l'ADEME. Échange avec Odile Robert, en charge de la valorisation des déchets à Lorient Agglomération.

Pourquoi avoir choisi de distribuer des sacs en bio-plastique et pas en tissu, par exemple ?

L'agglomération de Lorient a fait, dès 2000, un choix politique : celui d'éviter l'incinération et de mettre en place au maximum une logique de valorisation de matières, dont de biodéchets. Depuis cette date, une collecte de biodéchets en porte-à-porte a été instaurée pour 100% de la population. Nous avons une unité de traitement biologique pour transformer nos biodéchets en compost de qualité, labellisé pour une utilisation en agriculture biologique. Ce compost est ensuite directement revendu aux agriculteurs par l'exploitant de l'usine de traitement. Les sacs biosourcés utilisés pour faciliter le geste de tri des biodéchets à la maison, s'inscrivent donc dans un cycle de gestion des déchets qui est déjà mis en place dans l'agglomération lorientaise.

 

Si le système de gestion des déchets est déjà mis en place, quel est alors l'enjeu de cette campagne ?

Les sacs biosourcés sont déjà mis à la disposition des ménages depuis 10 ans mais il faut se déplacer en déchetterie pour les obtenir. L'objectif de cette campagne, est de les rendre plus accessibles en les distribuant en grandes surfaces. Il s'agit surtout d'une démarche de sensibilisation auprès de la population sur le tri des biodéchets.

 

Comment avez-vous sélectionné les enseignes partenaires ? Avez-vous rencontré des difficultés à faire accepter ces sacs par les grandes surfaces ?

Nous avons démarché 10 grandes surfaces, nous permettant de toucher les habitants des 25 communes de l'agglomération de Lorient. Ce sont celles avec qui nous avions déjà un contact, , mais nous ne pouvions pas approcher tous les types de commerce, faute de temps. Il n'y a pas eu de problème, puisque nous les connaissions déjà. Nous avons par contre pu remarquer que nous étions les premiers à les informer de l'interdiction des sacs plastique non-biosourcés.

Notre démarche a été celle-ci : nous leur offrons les premiers sacs, en espérant qu'ils renouvellent ensuite leur approvisionnement. Cela les interpelle, certains se renseignent déjà sur les fabricants, les prix, font des devis... Nous retournerons les voir dans quelques mois pour évaluer les progrès effectués, mais nous avons seulement un pouvoir d'incitation. Pour ceux qui ne poursuivent pas l'opération, il sera mis un étiquetage à côté des distributeurs de sacs pour informer les consommateurs du « retour au sac non-biosourcé », en espérant une réaction de leur part.

 

Amaëlle Olivier

 


Comment reconnaître un sac compostable ?

Difficile de se repérer entre les différents labels  ! La plupart des sacs plastiques portent le logo « Oxo Biodégradable ». Contrairement aux idées reçues, cela ne signifie pas qu'ils sont compostables mais qu'ils sont conçus pour se fragmenter, ce qui n'est pas idéal pour l'environnement !

Pour reconnaître un sac compostable, vérifiez qu'il est certifié « Ok Compost » ou « Ok Compost Home » !


Plus d'infos

www.lorient-agglo.fr

www.ademe.fr/

www.compostplus.org/

Albi en route vers l'autosuffisance alimentaire ?

Créé le : 28/06/2016
Crédit photo : Pixabay

Permettre à tous ses habitants de se nourrir avec des produits locaux : tel est le défi que s'est lancé la Ville d'Albi. La municipalité souhaite que les denrées produites dans un rayon de 60 km puissent répondre aux besoins de la population d'ici 2020. Une première en France pour une ville de cette taille (51 000 habitants). Échange avec Jean-Michel Bouat, adjoint écolo-centriste en charge du dossier.

 

La ville d'Albi s'est engagé à atteindre l'autosuffisance alimentaire d'ici 2020, d'où est venue cette volonté?

D'une observation : chaque année, la file d'attente se rallonge devant les Restos du Cœur. A côté de ça, il y a partout des pelouses inutiles. Alors nous avons voulu développer l'agriculture urbaine, pour replacer la proximité au cœur des préoccupations de tous.
Nous avons de la chance de vivre dans un département agricole, où, à part les produits exotiques comme les bananes ou le café, la production est supérieure à la consommation. Nous avions en plus à disposition une friche de 73ha où cinq producteurs ont déjà pu s'installer.
En déléguant la gestion de notre nourriture à l'industrie, on a perdu la notion de son coût réel et de ses enjeux. En s'y reconnectant, on relocalise naturellement. Jusqu'en 1967, il y avait un marché de gros à Albi qui a été déplacé à Toulouse. Nos produits font donc l'aller-retour, ce qui rajoute déjà deux intermédiaires et incite le producteur à baisser ses prix. C'est ce système que nous remettons en cause.

 

Suivez-vous une feuille de route pour mener à bien ce projet ?

Dans un premier temps, nous avons réalisé un travail collaboratif avec la chambre d'agriculture en nous concentrant sur la production, le nombre d'hectares disponibles et d'agriculteurs. Dans ce contexte, nous avons réalisé un plan agricole de la commune. Celui-ci a mis en évidence que nous disposions de 1200ha de terres agricoles sur un espace total de 4 400, ce qui montre un grand potentiel. Nous n'avons pas encore réalisé d'enquête focalisée sur les consommateurs mais c'est en préparation. Nous voulions privilégier l'expérimentation, en nous axant sur le ressenti et l'expérience plutôt que des études théoriques coûteuses. J'ai vu trop de projets s'arrêter à la phase des études théoriques.

Nous nous appuyons aussi sur le partenariat noué depuis 2013 avec les Incroyables Comestibles. Ce sont eux qui sont d'abord venus vers nous pour voir ce qu'il était possible de faire à Albi. Après les municipales de 2014, nous avons donc créé une délégation à l'agriculture urbaine pour laquelle le milieu associatif, dont Incroyables Comestibles, joue le rôle de relais auprès de la population. Ce projet est au croisement des chemins entre diverses structures (associatives, agents techniques...) qui apprennent à collaborer autrement avec les citoyens voulant devenir acteurs de la ville. L'objectif, c'est de ne pas réduire l'initiative à un objectif municipal mais permettre de l'adapter à d'autres territoires.

 

Quels sont les problèmes qui restent à surmonter ? Et les premières réussites ?

Jusqu'ici, la production et la commercialisation ne sont pas des problèmes, ce sont davantage le stockage ou la transformation qui sont délicats. Avant, les villes étaient des greniers, mais avec notre production linéaire, nous avons perdu cet usage. Le retour à la saisonnalité et aux pics de production bouleverse notre ordre des choses. Nous essayons de gérer cela avec notre cuisine centrale, en rachetant et transformant lors des pics, mais c'est encore à perfectionner.

Le rythme de rachat du foncier est aussi problématique, nous avons trop de demandes ! On retrouve le côté « vocationnel » de l'agriculture, sa noblesse avec le circuit court. Et l'agriculture urbaine permet aux paysans de rester connectés à la ville, ce qui rend le métier plus attractif. Mais le changement de paradigme demeure compliqué pour les agriculteurs conventionnels.

 

Amaëlle Olivier

Plus d'infos :

www.incroyablescomestiblesalbi.blogspot.fr/

www.mairie-albi.fr

Traversée, sur Radio Occitanie : "L'accessibilité à des produits sains n'est réservée qu'à une minorité"

Créé le : 27/06/2016

 

Le magazine Sans Transition est partenaire de l'émission Traversée, sur Radio Occitanie 98.3 le jeudi de 17h à 18h.  
"Une émission sans ogm, produite et animée par Christian Moretto, qui offre une grande place à l’écologie, à la littérature, aux alternatives" sur les territoires.
L'émission se concentrait sur les liens entre alimentation et santé, parlant notamment des systèmes alimentaires alternatifs, par exemple les Jardins de Cocagne.
A ce sujet, un article sur les jardins du Girou, par Christian Moretto, à paraître dans le prochain magazine qui sortira début juillet.

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www.radio-occitania.com/

Les pays du G7 financent l’industrie du charbon

Créé le : 22/06/2016

Selon une étude menée par WWF, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, la Russie, le Royaume-Uni, l’Italie et le Canada auraient dépensé près de 42 milliards de dollars entre 2007 et 2015 pour l’industrie du charbon. Près 100 millions de tonne de CO2 par an ont été financés par le G7WWF, le Natural Resources Defense Council et Oil Change International appellent les pays du G7 à prendre, lors de ce sommet, l’engagement de cesser leur soutien public au charbon à l’étranger. 

« Les pays du G7, qui se réuniront au Japon les 26 et 27 mai, ont soutenu l’industrie du charbon dans le monde à hauteur de 42 milliards de dollars d’aides publiques internationales entre 2007 et 2015 dont 2,5 milliards uniquement en 2015. C’est le résultat d’une étude menée par le WWF, le Natural Resources Defense Council et Oil Change International qui appellent les pays du G7 qui ne l’ont pas encore fait, en particulier le Japon et l’Allemagne, à prendre, lors de ce sommet, l’engagement de cesser leur soutien public au charbon à l’étranger. Alors que 175 pays ont signé le 22 avril l’Accord de Paris et réaffirmé leur volonté de maintenir le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C, cette étude révèle que les émissions de gaz à effet de serre générées par les projets charbon financés par les pays du G7 s’élèvent à 100 millions de tonnes de CO2 par an. Cela équivaut, pour une seule année, à 20% des émissions émises par la France en 2013. En termes de production électrique, ce sont plus de 85 GW qui ont été produits par les centrales à charbon ainsi financées soit l’équivalent de la production électrique du Royaume-Uni en 2014. Avec plus de 22 milliards de dollars, le Japon est le pays qui a le plus contribué au financement du charbon à l’étranger entre 2007 et 2015 (des futurs projets sont en voie d’être financés à hauteur de 10 milliards de dollars supplémentaires). Arrivent ensuite l’Allemagne avec 9 milliards de dollars, les États-Unis avec environ 5 milliards de dollars, la France avec 2,5 milliards de dollars, l’Italie avec 2 milliards de dollars, le Royaume-Uni avec 1 milliard de dollars et le Canada avec moins de 1 milliard de dollars. Selon Sébastien Godinot, économiste au bureau des politiques européennes du WWF,  « il est scandaleux de voir que le Japon et l'Allemagne continuent de financer massivement avec l'argent public l’industrie du charbon et qu’ils sont en train d’étudier des projets dont le financement public s’élèverait à environ 10 milliards de dollars, alors que les données scientifiques montrent que cette industrie est incompatible avec l’objectif de 2°C. Les pays du G7 doivent mettre en œuvre leurs engagements de l'Accord de Paris et mettre immédiatement fin à toutes les aides publiques pour le charbon. »

Selon Pascal Canfin, directeur général du WWF France, « le modèle économique du charbon s'écroule sous nos yeux mais la construction de centrales continue. Le remplacement du charbon ne se fait pas assez vite pour gagner la course contre la montre face au changement climatique. Nos impôts ne doivent plus servir à financer une énergie incompatible avec l'Accord de Paris. Le charbon ou le climat, les gouvernements doivent choisir. » Selon Jake Schmidt, directeur au programme international du Natural Resources Defense Council, « financer l’industrie du charbon dans le contexte climatique actuel est clairement irresponsable. Cela met à mal la promesse de Paris et continue de lier les pays développés aux combustibles fossiles du passé, alors même qu’ils devraient se tourner vers les énergies d’avenir. » Selon Alex Doukas, chargé de campagne pour Oil Change International, « alors que la Chine a fermé des centaines de centrales à charbon et de mines, le Japon a accru ses financements dans le charbon aussi bien sur son marché intérieur qu’à l'étranger. Le fait que le Japon continue de financer le charbon met à mal  sa réputation d’un pays à la pointe de l’innovation technologique. » Selon Kimiko Hirata, directeur international du Kiko Network, « le Japon est une fois de plus classé premier financeur du charbon parmi les pays du G7. L’an dernier l’accord de l’OCDE et l’accord de Paris ont montré clairement que tout nouveau projet à base de charbon était incompatible avec les exigences climatiques. En maintenant sa position d’une promotion du “charbon propre”, le Japon viole les accords qu’il a signés. Le Japon doit prendre ses responsabilités et s’engager, lors du sommet du G7 à Ise Shima, à arrêter ses soutiens financiers internationaux au charbon. »

 

Plus d’infos :

www.nrdc.org

www.priceofoil.org

www.wwf.fr

Nuit de l'agro-écologie, 3 questions à Nathalie Horn : « La solution est une agriculture saine et propre »

Créé le : 21/06/2016

La nuit de l’agro-écologie se tiendra dans toutes les régions de France le 23 juin. Les citoyens peuvent venir à la rencontre d’agriculteurs engagés, afin de découvrir les pratiques agro-écologiques. Un rassemblement initié par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. SanCtum méditerranée participe à cet événement à Junas, dans le Gard (30). Cette ferme expérimentale de 5 hectares présente un réseau de producteurs/transformateurs de matières premières végétales. Une agriculture propre et biologique qui prône la biodiversité. Nathalie Horn en est la présidente. Afin de soutenir et réconcilier l’agriculture avec l’environnement, elle organise la Nuit de l’agro-écologie à Junas. Explications. 

Dans un monde où agriculture et environnement ne vont pas toujours de pair, pourquoi avez-vous décidé de participer et d’organiser la nuit de l’agro-écologie à Junas ?

Nous fonctionnons depuis des années avec une agriculture propre et de nouvelles variétés de graines. L’environnement est notre priorité. Des possibilités formidables existent pour pallier aux engrais chimiques. Ainsi, quelques plantes oubliées ont besoin connues et intégrées dans les itinéraires culturaux. Pour la nuit de l’agro-écologie, des éleveurs, le GIEE du Lazac, un viticulteur ou encore une formatrice en bio seront présents. Nous travaillons tous ensemble pour le respect de la nature et de l’animal. L’objectif est de sensibiliser chaque individu à l’environnement. Ainsi, des dégustations, une démonstration de presse à huile avec distillation, et des échanges sont prévus. Nous créons des gammes de produits en leur apportant de la valeur. Obtenir une alimentation locale, afin d’avoir les moyens de changer les choses. L’objectif est de faire connaître les atouts de l’agro-écologie face aux attentes et interrogations de la société.   

 

Comment vous inscrivez-vous dans une démarche d’agro-écologie ?

Pour parvenir à la valorisation de nos produits, nous transformons des plantes et des graines en huile. Ce sont les éléments de première transformation. Nous obtenons également de l’engrais vert, et fabriquons de la farine sans gluten ou du savon. Ce sont les produits de deuxième transformation. Ainsi, nous cultivons la cameline. Cette plante produit une huile très riche en oméga 3 et s’insère dans des associations de cultures. Elle importe l’azote à la surface de la terre. La cameline remplace les engrais, et ce que les pétroliers nous inoculent. Des solutions existent, mais le monde n’est pas prêt à abandonner la poule aux œufs d’or. Pourtant, l’agro-écologie n’inclut pas une perte de rendement. Il faut se diriger vers une agriculture saine, propre et plus diversifiée pour l’environnement.

 

Que souhaitez-vous apporter et démontrer aux gens présents avec le débat ?

Nous voulons mettre en avant la notion de qualité et de pureté des produits. Chaque individu doit avoir conscience de ce qu’il met dans son estomac et comprendre l’enjeu de l’agriculture sur l’environnement. Les hommes demeurent déconnectés de la nature. Pourtant, ils sont de plus en plus sensibles à l’agro-écologie. Nous incitons le retour aux valeurs fondamentales qui ont disparues. Ainsi, nous sensibilisons notre société à l’importance de la terre. Les jeunes agriculteurs sont les enfants du productivisme : produire vite afin que ça rapporte. Nous les invitons à réfléchir à une meilleure valorisation des matières premières. Nous travaillons de la semence, jusqu’au produit fini. Nous transformons et distribuons. Changer le paysage est notre objectif. Nous faisons un travail de longue durée dans l'intérêt général.

Plus d’infos :

www.nuitagroecologie.fr/Je-decouvre-la-nuit-de-l-agro

www.sanctummediterranee.com/fr-FR/

Caroline Sénécal

Sauvez l'école des abeilles du 06

Créé le : 21/06/2016

Le CIVAM Apicole des Alpes-Maritimes a besoin de vous ! Jusqu’au 25 juin, une pétition circule pour tenter de sauver l’école des abeilles et le rucher-école du 06 menacés de disparition dès septembre prochain. 

 
 
 

En plus de 30 ans, le CIVAM Apicole des Alpes-Maritimes a formé des milliers d’apiculteurs amateurs et professionnels et contribue activement à la préservation des abeilles dans le département, mais aujourd’hui, tout comme ses chères protégées, l’association est menacée d’extinction.

En effet, ses outils de travail, le rucher école et la salle de formation du CREAT à la Gaude, vont être détruits pour faire place au nouveau MIN dans le cadre de l’aménagement de la plaine du Var.

Aucune solution de remplacement satisfaisante n’a pour le moment était faite. Le CIVAM Apicole 06 ne pourra donc pas dispenser le premier cours de formation apicole 2016-2017 qui doit avoir lieu le 10 septembre 2016.

Une fois clôturée, la pétition sera adressée à Monsieur le Président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes.

Pour en savoir plus et signer la pétition, cliquez ici

« Des terres, pas d'hypers » à Montpellier, marche contre le projet Oxylane

Créé le : 11/06/2016

Le 11 juin, le collectif Oxygène organise une marche à Montpellier, dans le cadre du mouvement « Des terres, pas d'hypers », pour s'opposer à la construction d'un complexe commercial, le projet Oxylane. Pour en savoir plus sur cette manifestation et les revendications qu'elle défend, nous avons contacté Françoise Hélary, du Collectif Oxygène.

Vous organisez une marche à Montpellier le 11 juin contre le complexe commercial Oxylane, mais que reprochez-vous concrètement au projet ?

Pour reprendre les termes du mouvement « Des terres, pas d'hypers », nous lui reprochons d'être un « projet commercial inutile et imposé ». Il viendrait s'installer sur une terre agricole exploitable, actuellement cultivée en agriculture conventionnelle mais qui intéresse aussi l'agriculture bio, car c'est une bonne terre pour la maraîchage. Ce serait donc un gaspillage de terres agricoles et l'artificialisation qu'il causerait renforcerait encore le risque d'inondations auquel nous sommes déjà exposés à l'automne et au printemps. La terre joue un rôle régulateur contre ces risques environnementaux, et c'est une raison de plus en faveur de sa conservation. De plus, il y a une zone protégée sur l'emplacement. Elle restera protégée mais un parcours d'accrobranche y est prévu et la zone sera enclavée. Il est nécessaire de réfléchir davantage aux emplacements de ces centres commerciaux !

 

Comment la journée du 11 juin va-t-elle défendre vos revendications, quelle en sera l'organisation ?

Il s'agit d'une journée nationale. Quinze collectifs ont répondu à notre appel, car ils se reconnaissent dans le mouvement « Des terres, pas d'hypers ». Il y aura donc des actions simultanées dans un ensemble de villes françaises, mais certains collectifs ont aussi choisi de se regrouper pour avoir plus de poids. Nous serons nous-mêmes rejoints par les opposants au projet de la gare de la Mogère à Montpellier,  le collectif de las Rebes avec la ZAD qui luttent contre le bétonnage du dernier poumon vert d'un quartier populaire de Montpellier, et Nuit Debout.  Alternatiba  est à l'initiative de la vélorution qui partira de la Gare Saint-Roch (9h) qui passera par las Rebes (10h) pour retrouver le collectif Oxygene à 11h pour le début de la marche. N ous partirons de la station de tram Occitanie sur la ligne 1, à Montpellier jusqu'au lieu d'implantation d'Oxylane aux Fontanelles, soit 3km et demi. Suivront un pique-nique, une bourse aux plantes, etc mais aussi des tables rondes sur les thématiques de la sauvegarde des terres agricoles et de la nature ou encore de la participation citoyenne quant à l'aménagement des territoires. La journée devrait se terminer vers 17h.

 

Qu'attendez-vous de cette mobilisation de demain, qu'en espérez-vous ?

Nous demandons que soit mis un terme à la prolifération de ces centres commerciaux, et que puissent se réaliser des aménagements réellement conçus pour l’intérêt des citoyens. Ainsi, nous voudrions voir évoluer la nouvelle loi Pinel qui écarte les associations des décisions d'aménagements commerciaux et empêche leurs recours, ce qui est tout de même paradoxal dans une période où la dynamique est à l'intégration de la dimension environnementale dans les projets ! L'idée pour ceux qui sont à l’initiative de cette journée nationale est de poursuivre cette dynamique et de continuer à fédérer d'autres collectifs. Ainsi, les collectifs signataires de l’appel du 11 juin participeront en juillet à un forum-débat à Notre Dame des Landes. Ces journées seront aussi l’occasion de rencontrer d’autres collectifs qui portent des combats similaires. Localement nous participons le 9 juillet à l’accueil de la caravane internationale à vélo qui rejoint le forum contre les grands projets inutiles imposés (GPII) prévu à Bayonne du 15 au 17 juillet.

 

Pour soutenir le Collectif Oxygène

Une pétition en ligne a été créée par le collectif Oxygène (13 associations dont les deux associations fondatrices SOS-Lez-Environnement et Vivons Montferrier), pour s'opposer à l'implantation de cette  zone commerciale et favoriser le maintien d'une activité agricole à Saint Clément de Rivière. Vous pouvez signer cette pétition en ligneEt si vous voulez aller plus loin, vous pouvez participer aux frais de justice du collectif, nécessaires pour faire entendre sa voix par le soutien d'avocats, par une souscription en ligne

Suite à la marche

La marche fut un succès, pour les organisateurs. Elle a réuni plus de 250 personnes sur un « itinéraire bis ». Il était d'abord prévu de prendre la route de Ganges et de freiner la circulation mais des questions de sécurité l'ont emporté et c'est une route parallèle plus sûre qui a finalement été empruntée.
La jonction entre les collectifs contre les « projets commerciaux inutiles et imposés » et les opposants à d'autres projets comme la gare de la Mogère s'est faite en douceur et c'est encore une centaine de personnes qui se sont réunies pour discuter lors des tables rondes.

On a pu noter aussi la présence discrète de quelques personnalités politiques comme Fanny Dombre-Coste de l'observatoire national de la consommation des espaces agricoles (ONCEA) et d'autres collectifs comme « Non à un Hinterland à Poussan ».

 

Amaëlle OLIVIER

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