NDDL : les militants se préparent à défendre la ZAD

Créé le : 19/08/2016
Opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes - FD/LMDP

Le Oui l'a emporté avec 55% des voix lors de la consultation sur l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (NDDL), le 26 juin dernier. Manuel Valls déclare que les travaux débuteront à l’automne. Pour autant, les opposants au projet ne sont pas prêts à abandonner la lutte. Trois questions à Dominique Fresneau, coprésident de l’association citoyenne intercommunale des populations concernées par l’aéroport de NDDL (ACIPA). Retrouvez notre dossier « Aéroport : des coûts dans l’aile », consacré aux coûts économiques, environnementaux et sociaux des aéroports, dans le n°1 de Sans Transition.

Comment réagissez-vous aux résultats de la consultation du 26 juin sur le maintien du projet d’aéroport?

Nous contestons cette consultation depuis le départ. La question était erronée : on parle de transfert d’aéroport alors qu’il est prévu de conserver l’aéroport actuel (l’aéroport Nantes Atlantique). François Hollande a choisi d’organiser une pseudo-consultation à l’échelle du département. Alors que le projet concerne les deux régions qui le financent, voir tout le pays. Si la consultation avait été à ces échelles le résultat aurait été négatif. Nous continuons donc notre lutte. Autant que possible sur le terrain, avec les agriculteurs et avec la ZAD.

Suite aux déclarations de Manuel Valls pensez-vous que les travaux vont effectivement débuter dans quelques mois ?

Nous prenons cette menace au sérieux mais en même temps ça fait plus d’un an qu’ils nous promettent de venir en automne. François Hollande a aussi dit qu’il n’y aurait pas de construction tant que tous les recours ne seraient pas rendus. Mais cette menace reste réelle. Notre but est de continuer à faire parler de nous et d’augmenter le nombre de militants pour défendre cette zone. La ZAD fait tout pour se prémunir d’une attaque et continuer à construire un avenir sans aéroport. Nous préparons un grand rassemblement sur place le 8 octobre pour dire à tout le monde de se tenir prêts à s’engager pour défendre Notre-Dame-des-Landes. Face à cette menace nous faisons la même réponse que pendant l’hiver 2012-2013 : s’ils viennent on essayera de résister et on viendra réoccuper le terrain.

Est-ce que vous pensez que les recours peuvent encore retourner la situation ?

Il y a le recours au niveau de l’Europe qui a mis la France en demeure de répondre aux impacts environnementaux des infrastructures en Loire-Atlantique. La réponse sera fournie par le futur Schéma de cohérence territoriale (SCOT) qui est en cours de réalisation. Mais ils doivent proposer de réelles mesures de compensation : pour 1 ha de zone humide détruite il faut créer 1 ha de zone humide dans le même bassin versant. Les promoteurs proposent 1 ha de compensation pour 8 ha détruits, soi-disant parce qu’ils mettraient en place une zone humide « exceptionnelle ». Le recours de la loi sur l’eau rendu le 17 juillet 2015 nous a été défavorable mais nous pouvons encore faire appel de cette décision. Il y a un certain nombre de recours que nous n’avons pas encore déposé, notamment au niveau du permis de construire. On peut aussi faire appel au Conseil d’État. On va jouer cette carte des recours en espérant qu’il y aura un juge assez courageux pour statuer en notre faveur.

Plus d'infos :

www.acipa-ndl.fr

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