Écologie

Notre-Dame-des-Landes : des expulsions à 2 milliards

Créé le : 25/01/2016
Notre-Dame-des-Landes : des expulsions à 2 milliards

Par France Nature Environnement
Par une décision du 25 janvier, le tribunal de grande instance de Nantes approuve toutes les expulsions sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

pour Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement : « Nous nous désolons de cette décision qui entérine l’expulsion inutile de plusieurs familles. On aurait aimé la même sévérité avec les bonnets rouges. Par manque de fermeté dans sa décision politique, l’Etat s’est privé de près de 2 milliards d'euros (manque à gagner) qui auraient été collectés si l’écotaxe avait été mise en place le 1er janvier 2015 puisque cela avait été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Visiblement l’Etat se montre plus ferme quand il s’agit de dépenser de l’argent plutôt que d’en collecter. Dans un cas comme dans l’autre, les lobbies économiques surdéterminent les arbitrages de l’Etat »

(Re)découvrir l'Europe sauvage

Créé le : 24/01/2016

 

Voilà 20 000 ans que nous partageons le cycle des saisons avec la nature. C'est ce que rappelle ce beau livre qui accompagne la sortie du film Les Saisons, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud. Le documentaire et l'ouvrage proposent de redécouvrir l'Europe. Une Europe sauvage fascinante peuplée de loups, d'ours, d'oiseaux enchanteurs et de chênes robustes. Et qui vit au rythme cadencé du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver depuis la fin de l'aire glaciaire, il y a 80 000 ans. Les Saisons est d'abord un objet visuel : de magnifiques photos mettent en valeur cette faune et cette flore qui peuple nos campagnes et notamment nos forêts. Forêts qui recouvraient la quasi-totalité du continent avant que l'Homme ne le défriche et l'aménage progressivement– via l'agriculture puis l'urbanisation. Car le livre s'intéresse aussi aux liens ténus existant entre trajectoires humaines et sauvages. Une façon de rappeler que notre avenir se joue avec et non contre la nature.

Les Saisons, S.Durand et J.Perrin, Actes Sud, 2015, 280 pages, 36 euros

A voir : Les Saisons, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, sortie le 27 janvier 2016


 

Gilles Petitjean, Directeur de l'Ademe Bretagne : « Développons la coopération ! »

Créé le : 15/01/2016

En ce début 2015, l'Ademe Bretagne (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) fait le bilan de l'année passée. Et dresse ses perspectives pour celle qui débute. Rénovation des bâtiments, bois-énergie ou encore économie circulaire : autant de champs d'intervention de l'Agence. Interview avec son directeur régional, Gilles Petitjean.

 

Quel bilan tirez-vous de l'action de l'Ademe Bretagne pour 2015, année de la Cop21 ?

GP : Soyons francs : les ressources disponibles sur le territoire ont été moindre en 2015, du fait des élections et d'une baisse de motivation des collectivités confrontées aux baisses de dotations et au changement des contours des EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale), via la réforme territoriale. Mais le budget de l'Ademe reste constant dans ce contexte, même s'il demeure relativement faible. Ainsi, ce qui est au cœur de la transition énergétique ne sera pas financé uniquement par l'Ademe mais par l'ensemble des acteurs du territoire.

Par ailleurs, nous pouvons nous réjouir en Bretagne d'une très bonne coopération entre les services de l’État, la Région et l'Ademe. Il serait aberrant que l'Ademe travaille de façon isolée.

Ces éléments nous ont permis de nous concentrer au mieux sur nos priorités :

  • Le bâtiment et sa rénovation. Ce secteur est celui qui consomme le plus d'énergie

  • La transformation des déchets, dans une logique d'économie circulaire

  • La promotion de la chaleur renouvelable. L'Ademe n'intervient pas sur la question des tarifs. Mais elle met en place une dynamique de croissance des énergies renouvelables via son « fond chaleur »

Pouvez-vous citer une initiative phare de l'année qui vient de se terminer ?

GP : L'une des initiatives phares est la poursuite du déploiement de l'appel à projet « plate-forme de rénovation énergétique du bâtiment ». L'objectif national est fixé à 45 000 logements à rénover par an à l'horizon 2020. Pour ce faire, nous nous appuyons sur des plate-formes locales de rénovation énergétique de l'habitat. Les particuliers peuvent y recevoir des renseignements techniques, financiers et juridiques sur leurs projets et travaux de rénovation. Ces informations et conseils sont dispensés sur place ou par téléphone. La plate-forme suit le dossier du particulier du début jusqu’à la fin. Du plan de financement aux travaux, en passant par les prêts.

7 plate-formes de ce type ont été mises en place en Bretagne, en 2015. C'est une bonne chose car le parcours d'un particulier qui rénove son logement est long. Nous espérons que soit créé ainsi un véritable tissu régional pour accompagner les projets.

Quelles sont les perspectives pour 2016 pour l'Ademe Bretagne ?

GP : Concernant le secteur du bâtiment, il s'agit de promouvoir les plate-formes locales de rénovation. Mais aussi de continuer à accompagner les artisans. L'Ademe et la chambre des métiers promeuvent des regroupements d'artisans. Et nous comptons augmenter la quantité d'artisans Reconnus Garants de l'Environnement (RGE). Nous espérons une reconnaissance de ce travail avec une progression du chiffre d'affaires des artisans et des créations d'emplois en Bretagne.

Concernant l'économie circulaire, l'enjeu est de mettre en place une nouvelle façon de penser et d'agir. Il faut sortir de l'économie linéaire qui consiste à utiliser puis à jeter. Il faut inverser la tendance, aller vers une logique de service. C'est aussi une opportunité pour relocaliser des emplois en Bretagne, plutôt que de produire pas cher à l'étranger. Il vaudrait mieux produire localement des produits coûteux mais plus facilement réparables et durables. Nous allons développer des actions autour de l'économie de la fonctionnalité et de la gestion des déchets, notamment dans les zones portuaires et artisanales. Il nous faut aussi faire la promotion de la réutilisation et du recyclage. Les bretons trient bien leurs déchets. Mais ne sont pas bons sur la valorisation locale de ce tri. En effet, la Bretagne exporte la majeure partie de ces produits pour les traiter ailleurs.

Nous sommes aussi intéressés par la « chaleur fatale » : chaleur basse température produite par des industriels. Mais que ceux-ci ne réutilisent pas. Or celle-ci pourrait intéresser leurs voisins, notamment parce que cette énergie est peu chère.

Nous allons aussi poursuivre le développement de la chaleur renouvelable via le bois énergie. Le Plan État / Région sur le sujet s'étend de 2015 à 2020. Il doit mobiliser 200 000 tonnes de bois. Et générer la création de 200 chaufferies.

Concernant la « chaleur renouvelable », nous envisageons aussi d'appuyer des territoires et les projets développant une dynamique en la matière. Car les engagements de la Cop21 ne peuvent être atteints que si les territoires sont mobilisés. Toutes les collectivités, et notamment les EPCI, doivent s'engager pour promouvoir la transition. Ainsi, nous croyons beaucoup aux Plan Climat-Énergie Territorial.

Pour finir, nous comptons aussi mobiliser davantage les entreprises locales privées, quelques soient leurs tailles. C'est une cible qui paraît très importante et qui est aujourd'hui un peu délaissée par l'Ademe. Les entreprises sont logiquement intéressées par la critère de rentabilité. L'objectif est donc de les rendre plus réceptives à la transition énergétique et écologique. Elles ont besoin de réduire leurs coûts de production et de se positionner sur de nouveaux créneaux de la croissance verte. Si nous n'avons pas d'entreprises capables de développer cela, nous n'y arriverons pas.

Pourquoi la Bretagne peut elle être exemplaire en matière de développement durable ?

GP : Elle l'est déjà à plus d'un titre ! Il existe en Bretagne une sensibilité environnementale depuis longtemps. J'observe que cette dynamique est plus importante en Bretagne que dans d'autres régions.

Par ailleurs, la bonne entente entre l’État, la Région et l'Ademe en Bretagne est facilitatrice pour mettre en œuvre des projets.La Bretagne, qui n'a pas de tissu industriel lourd et qui est relativement excentrée par rapport à l'Europe, a intérêt à se saisir des opportunités des la croissance verte.

Il est vrai que certains secteurs restent un peu en retrait de ce mouvement, comme le monde agricole. Mais nous ne désespérons pas d'y créer une dynamique. La méthanisation est, par exemple, quelque - chose d'intéressant d'un point de vue énergétique. Mais c'est aussi le moyen pour une famille de mieux vivre de son exploitation.

Il faut trouver de nouvelles logiques de coopération entre les mondes agricoles et urbains, trop souvent séparés. Le traitement des déchets peut être envisager dans ce sens. Les matières organiques issues de la tonte des pelouses ou les boues des stations d'épuration peuvent être, par exemple, utilisées pour amender les sols agricoles. Ce sont ces nouvelles formes de coopérations que nous voulons développer.

Plus d'infos :

www.bretagne.ademe.fr 

 

 

René Louail (EELV) : « L'agroalimentaire et l'agriculture industrielle vont piloter la politique environnementale bretonne »

Créé le : 13/01/2016

En Bretagne, le PS et la liste d'union des écologistes n'ont pas réussi à s'entendre entre les deux tours des élections régionales. Plus aucun élu écologiste ne siège à l'assemblée régionale. René Louail, tête de liste EELV-Bretagne Ecologie aux dernières élections, a de la rancœur envers Jean-Yves Le Drian. Mais il regarde vers l'avenir.

ST : Votre liste a atteint le score de 6,7% des voix au premier tour des dernières régionales. En 2010, vous faisiez 12,21% au premier tour et 17,37 au second. Comment expliquez-vous cette perte d'une bonne partie de votre électorat ?

RL :Nous avions pour ce scrutin une liste des écologistes réunis, mais pas d'union avec les régionalistes. En 2010, nous étions dans une autre dynamique et EELV avait le vent dans le dos. En 2015, la campagne et les débats n'ont pas eu lieu. Jean-Yves Le Drian a instrumentalisé la situation nationale et internationale pour éviter de parler de la situation bretonne. Nous n'avons jamais débattu avec lui sur les compétences de la région et de son bilan. Nous étions l'une des rares listes qui avaient un programme. Nous aurions aimé le partager. Nous avons tout de même fait un meilleur score que dans la plupart des autres régions. Mais il n'est pas suffisant. La montée de l'extrême droite a pris une telle place que l'environnement est passé au second plan. Alors que nous étions en pleine Cop21...

ST : Vous n'avez pas réussi à trouver d'accord avec J-Y Le Drian dans l'entre-deux-tours. Pourquoi ?

RL : En réalité, cela fait plusieurs mois que J-Y Le Drian a décidé de ne pas s'allier aux écologistes. Cela remonte au moment où Olivier Alain, président de la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, a rejoint sa liste. Olivier Alain a dit à Le Drian qui le rallierait uniquement s'il n'y avait pas d'alliance avec les écologistes au second tour. Le Drian nous a fait croire qu'il allait négocier alors que la décision était prise depuis longtemps ! La petite phrase lâchée par Le Drian lors du débat d'entre deux tour, « un peu ça va, beaucoup c'est trop » à propos des écologistes fait penser à la phrase de Sarkozy « l'environnement ça suffit ». Je crains que Le Drian ne soit demain l'allié de Bruno Retailleau, le président très à droite, des Pays-de-la-Loire. Notamment concernant l'évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

ST : Aucun élu écologiste ne siège donc au sein du conseil régional. Comment EELV Bretagne souhaite-t-il donner suite à son combat politique dans ce contexte ?

RL : Les 80 000 bretonnes et bretons qui ont voté pour notre liste ne sont en effet pas représentés au sein d'un Conseil régional soit-disant de gauche. L'agroalimentaire et l'agriculture industrielle vont piloter la politique environnementale bretonne. Ce qui est très grave. Le Drian a une responsabilité importante dans ce dossier. C'est l'homme des lobbies agro-industriels. Je ne lui fais pas confiance sur la question de l'environnement. Nous n'avons plus d'élus. Mais le combat écologiste continue. Notamment au travers des associations et des syndicats. Nous allons continuer à agir. Et nous serons à nouveau candidats pour la prochaine échéance électorale.

Plus d'infos :

www.bretagne.eelv.fr

Photo © DR

 

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NDDL : des expulsions qui annonceraient le pire

Créé le : 11/01/2016

Par France Nature EnvironnementBretagne VivanteLPOMayenne Nature EnvironnementSOS Loire Vivante 

Le jugement portant sur les arrêtés d’expulsion des occupants du site de Notre Dame des Landes devrait être rendu le 13 janvier. Aussi des expulsions pourraient intervenir dès le 14. La manifestation pacifique du samedi 9 janvier, que nous soutenons, tient à dénoncer tant la méthode que le projet de nouvel aéroport lui-même.

Un projet déloyal et illégal

Le 12 décembre 2015, François Hollande déclarait au Bourget que « la France mettra tout en œuvre non seulement pour appliquer l’Accord » de la COP 21, « mais pour accélérer le mouvement ». Moins d’un mois plus tard, c’est à une accélération totalement contradictoire avec cette déclaration que l’on assiste : celle de la réalisation annoncée de l’aéroport nuisible et inutile de Notre-Dame-des-Landes, qui alourdira le bilan carbone de la France ainsi que les impôts locaux des habitants du Grand Ouest pour de nombreuses années.

Le démarrage des travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait, par ailleurs, contradictoire avec l’engagement du Président de la République d’attendre l’épuisement des recours que nous avons lancés devant la Justice contre le projet : le résultat des appels formulés est toujours attendu. Il serait également illégal puisque plusieurs autorisations de destruction d’espèces protégées sont toujours manquantes.

Un projet ruineux

Nous rappelons qu’en plus de présenter un bilan environnemental catastrophique (eau, biodiversité, carbone…), ce nouvel aéroport n’apporterait strictement rien à l’économie, au contraire même  : payé en grande partie par les impôts de chaque citoyen pour un coût nettement supérieur à celui d’un réaménagement de l’aéroport actuel, il comportera une aérogare plus petite que ce dernier, pour faire plus de place aux espaces commerciaux… alors même que le principal argument des soutiens au projet est la saturation de l’aéroport actuel ! De plus, il nécessiterait la construction d’infrastructures d’accès particulièrement coûteuses (pont sur la Loire, nouvelles routes et voies ferrées).

« L’accord de Paris oblige la France à abandonner les réflexes d’aménagement et de mobilité des années 70 et à adopter enfin des politiques fondées sur une analyse sincère des besoins et sur l’optimisation des infrastructures existantes » estime Denez L’Hostis, Président de FNE. « La réalisation du projet de Notre-Dame-des-Landes marquerait l’obstination de la France à ne pas s’engager dans le XXIe siècle, le passé n’est pas un avenir souhaitable ».

Pour mieux comprendre la mobilisation contre ce projet d'aéroport, lire ici le résumé des 8 choses à savoir sur Notre-Dame-des-Landes.

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

Le Muséum national d’Histoire naturelle rend hommage à Jean-Marie Pelt

Créé le : 05/01/2016

Par le Muséum national d'Histoire naturelle

Jean-Marie Pelt (né en 1933), pharmacien et botaniste, vient de décéder dans la nuit du 23 décembre 2015. Il était l’une des grandes figures de l’écologie en France et dans le monde. Agrégé de pharmacie, il fut professeur des Universités, durant 10 ans à la faculté de pharmacie de Nancy, puis ensuite à la faculté des sciences de Metz où il enseigna alors la botanique et la physiologie végétale. Il a participé à de très nombreuses missions de terrain à l’étranger, en particulier en 1967 au Togo pour l’Institut de Recherche pour le Développement (alors ORSTOM) où il affirmera son intérêt pour les thérapeutiques traditionnelles.

Il se rendra aussi en Amazonie et en Afghanistan à plusieurs reprises et publiera de nombreux articles scientifiques consacrés à l'écologie végétale et aux pharmacopées traditionnelles. Il était président d’honneur de la Société française d'ethnopharmacologie et ces dernières années professeur honoraire de l’université Paul-Verlaine (Metz). Parallèlement, il a mené une vie d’élu local actif comme maire-adjoint de la ville de Metz où il a contribué à des restaurations urbaines majeures.

Défenseur de l'environnement

Son combat pour la défense de l’environnement fut constant : dès 1977, il écrivait : « Il paraît chaque jour plus évident que la croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux. » (dans L’Homme re-naturé, 1977, Le Seuil). Il fonde à Metz en 1971 l’Institut européen d’écologie, qu’il présidera  jusqu'à sa mort. Il s’opposera  aux organismes génétiquement modifiés (OGM) et a co-fondé le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique dont il était le secrétaire général. Grand défenseur de l'agriculture biologique, il s’est beaucoup battu contre l’usage inconsidéré des pesticides. Jean-Marie Pelt était un homme qui aimait partager son savoir. Il est sorti de son laboratoire à l'occasion d'émissions et documentaires pour la télévision, comme L’Aventure des plantes, et de nombreuses interventions à la radio, ses multiples ouvrages, sur l’histoire des plantes, l’évolution, l’écologie, ou encore ses conférences. C’était un chrétien pratiquant et il a souvent abordé la question des relations science-religion.

Auteur d’une soixantaine d’ouvrages

Il écrivait en 1997 (chez Fayard) dans « Plantes en péril » : « ... elles s’éteignent dans un silence assourdissant... annonce-t-on à la télévision l’agonie ou le trépas d’une espèce végétale... ? ». C’était un homme de conviction, scientifique engagé, remarquable passeur d’idées et grand humaniste. Infatigable auteur et conférencier, il était extraordinaire  de par sa force de conviction et sa capacité à s’émerveiller, s’enthousiasmer et à s’indigner. Ce fut l’un des grands écologues français à la fois impliqué dans la science et dans la communication de la science. Auteur d’une soixantaine d’ouvrages, il a publié avec Pierre Rahbi en 2014 «  Le monde a-t-il un sens ? » (chez Flammarion). Nous perdons un valeureux compagnon de défense de nos valeurs. Le Muséum national d’Histoire naturelle lui rend un vibrant hommage et présente ses condoléances à sa famille. 

Photo : © Centre Jean-Marie Pelt

Des poissons mieux étiquetés

Créé le : 27/12/2015

Le consommateur européen risque moins de prendre du merlu pour du cabillaud. C'est la conclusion d'une étude sur les étiquetages de poissons vendus en supermarchés, poissonneries et marchés, publiée le 1er décembre 2015 dans le journal « Frontiers in Ecology and the Environment ». Cette enquête a été réalisée dans le cadre du projet scientifique européen LABELFISH, en partenariat avec différents groupes de recherche en Europe, dont le Centre Ifremer Atlantique à Nantes. « Entre 2013 et 2014, nous avons réalisé des tests génétiques sur des produits de la mer dans 19 villes européennes » souligne Véronique Verrez-Bagnis, co-auteure de l'étude et chercheure à l'Unité Biotechnologies et Ressources Marines (BRM) à l'Ifremer.

Un taux d'erreur de 4,9%

L'étude concerne les poissons les plus consommés, notamment la morue, le thon, l'églefin, la plie, la sole, l'espadon, l'anchois, le merlu et la baudroie. Des tests ADN ont été réalisés sur 1563 échantillons. Ils ont révélés que seulement 4,9% d'entre eux étaient mal étiquetés, « alors que des études réalisées 5 ans plus tôt avaient montré un taux d'erreur de 40% sur les étiquettes », précise l'Ifremer dans un communiqué. Une meilleure traçabilité attribuée à l'évolution de la législation européenne mais aussi à une plus grande sensibilisation des consommateurs. Une bonne nouvelle !

Photo © Pixabay

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Stop à l’abattage de loups !

Créé le : 24/12/2015

Le plafond de 36 loups pouvant être abattus entre juillet 2015 et juin 2016 a déjà été atteint cet hiver. L'association Cap Loup demande l'arrêt des tirs contre cet animal à la ministre de l’Écologie. En Paca, les départements dess Alpes de Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Alpes Maritimes sont concernés.

Le 7 décembre dernier, le collectif Cap Loup a adressé une lettre ouverte à Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le but ? Annoncer que le plafond qui autorisait l’abattage de 36 loups, de juillet 2015 à juin 2016, vient d’être atteint. C’est le 5 décembre à Valmeinier (Savoie) que le 36e a été abattu. Le problème : il est prouvé que seuls 28 loups ont été tués par l’homme. Pour les 8 autres, la cause de la mort est incertaine. « Mais nous suspectons que l’homme y soit pour quelque chose. Des analyses sont en cours pour connaître la vérité », explique Marion Fargier, juriste de l’association ASPAS (Association de Protection des Animaux Sauvages) qui est membre du collectif Cap Loup, avec 34 autres associations de protection de la nature. « Des loups sont morts percutés par une voiture. C’est notamment pour ces derniers que l’on a des doutes » ajoute la juriste. « Par le passé, il y a déjà eu des cas de loups renversés. Mais ceux-ci étaient déboussolés à cause d’un empoisonnement. Sinon l’animal ne s’approche pas des axes routiers », précise-t-elle.

Le combat continue

La lettre ouverte adressée à Ségolène Royale est pour le moment sans réponse. « Nous avons fait circuler une pétition en ligne, qui a obtenu plus de 100 000 signatures. Nous allons donc essayer de rencontrer Mme la Ministre, pour les lui remettre » explique Marion Fagier. Le collectif espère se faire entendre, d’autant plus que les éleveurs ovins sont écoutés. Ces agriculteurs qui connaissent d’importantes pertes de bétail à cause des loups, ont déjà été reçus au ministère. « Nous comprenons que c’est un problème pour eux, mais il est plus judicieux de prendre des mesures pour protéger les élevages que d’éradiquer les loups » livre Marion Fagier. L’an passé, l’arrêt ministériel fixait le nombre de loup à abattre à 24. L’espèce n’est pas plus nombreuse mais 12 loups supplémentaires ont pu être tués cette année. Le collectif va continuer à se mobiliser pour protéger l’espèce… Affaire sensible.

Plus d’infos sur www.cap-loup.fr

Photo © P-A Bourquin

COP21 : et maintenant tout commence

Créé le : 14/12/2015

Par France Nature Environnement 

A l’issue de deux semaines d’intenses négociations, les Etats réunis à Paris dans la cadre de la COP21 viennent d’adopter le premier accord universel sur le climat. S’il ne résout pas tout, il donne néanmoins quelques signaux positifs. Décryptage de FNE.

Les Etats les plus vulnérables peuvent encore espérer

En mentionnant l’objectif de limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C et de poursuivre celui de 1,5 °C, l’accord répond à la demande des pays les plus vulnérables. En effet, les rapports du GIEC prévoient la submersion de nombreux archipels du Pacifique et de nombreuses zones côtières si l’on se contente de l’objectif des 2°C.

Sans cap, aucun vent n’est favorable

L’objectif de long terme de 2°C à l’horizon 2100 nécessite un objectif intermédiaire qui donne un signal clair aux économies et aux investisseurs. On attendait de l’accord qu’il fixe ce cap. Mais la formulation retenue est complexe, alambiquée  et manque d’ambition. Elle mentionne notamment un « pic d’émission dès que possible ». Par ailleurs, il n’est aucunement fait mention des énergies fossiles dans le texte. On s’attaque à un mal sans jamais mentionner la cause.

Responsables-payeurs

Les pays riches, qui se sont développés en utilisant massivement les énergies fossiles, ont largement contribué au réchauffement climatique. Par ailleurs, ce sont les pays les plus pauvres qui subissent aujourd’hui le plus fortement les effets des changements climatiques. Ce devoir de responsabilité et de solidarité sera bien acquitté. 100 milliards de dollars par an seront versés par les pays développés avec une première révision d’ici 2023.

Plus tard, il sera trop tard

Le cadre des engagements de réduction de émissions de gaz à effet de serre des Etats est bien fixé pour l’après 2020, avec notamment un processus de révision tous les cinq ans. Cependant les contributions actuelles des Etats qui nous oriente sur une trajectoire de + 3°C ne seront pas révisées. Il est fait mention d’un simple « dialogue facilitateur en 2018 », formulation floue et peu engageante. En l’état, l’objectif des 2°C sera donc difficilement atteignable.

Transports aériens et maritimes : grands oubliés de ces négociations

Les secteurs des transports aériens et maritimes ne sont pas présents dans le texte. Un très mauvais signal quand on sait qu’ils représentent à eux deux 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre actuelles et que, selon leurs projections de croissance, ils pourraient représenter jusqu’à 39 % des émissions en 2050.

Les acteurs non étatiques s’engagent

Depuis deux semaines, nombre d’acteurs non-étatiques ont pris des engagements forts en matière de climat. Plus de 700 maires du monde entier se sont engagés au nom de leurs collectivités locales en matière de transition énergétique. Les milieux économiques et financiers se sont prononcés en faveur de l’application du principe pollueur-payeurs etc.

Aux Etats de transformer l’essai

C’est en faisant converger et en assurant la complémentarité entre la dynamique internationale onusienne et les démarches de terrain où se développent et s’incarnent les solutions, que le succès  de la transition vers le modèle plus juste, plus sobre et décarbonné pourra être assuré. Que ce soit au travers de l’application de la loi sur la transition énergétique, des lois de finances ou encore de l’arrêt de nombreux projets climaticides dont l’aéroport de Notre Dame des Landes par exemple, que les Etats devront se montrer cohérents et appliquer sans attendre les engagements pris au niveau international.

Pour Denez L’Hostis président de FNE : « Si certains signaux positifs sont bien là, tout reste à faire, notamment dès 2016 à la COP22 au Maroc. Par ailleurs, nous avons toujours considéré la COP et le cadre onusien comme un outil et une étape dans le cadre d’un processus plus long et plus large. A nous aujourd’hui d’incarner et d’accélérer la transition écologique et énergétique aux cotés des collectivités, des syndicats, des entreprises et des citoyens. La solution passera par nous ».

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr 

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Barnaponics : des potagers urbains, hors du commun

Créé le : 08/12/2015

Antoine Lemoine, 26 ans, cultive des potagers en aquaponie à Nantes et à Rennes. Une méthode peu connue en France, de culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons. Antoine Lemoine a découvert cette technique, il y a cinq ans, et la partage aujourd’hui sur son blog Barnaponics. Objectif : faire découvrir l’aquaponie aux Français.

 

Aquaponie : en voilà une appellation technique, pour un potager ! Antoine Lemoine, auteur du blog Barnaponics, cultive des fruits et légumes en aquaponie dans quatre potagers. « À l’aide de poissons rouges et d’une vingtaine d’écrevisses, qui les nourrissent par leurs déjections », explique-t-il. « J'ai opté pour des poissons rouges, car ils sont très résistants aux changements climatiques. Néanmoins, avis aux amateurs, il est possible de faire de l'aquaponie avec des poissons comestibles ! Mais mes écrevisses, je ne les mange pas, j’y suis attaché » sourit l’auteur de barnaponics. L’aquaponie, une culture de végétaux en « symbiose » avec l’élevage de poisson, est un bon moyen d’avoir un potager en ville. « On peut jardiner aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur ou encore sur le rebord d’une fenêtre. J’ai commencé à cultiver de cette manière dans le grenier, chez mes parents », ajoute Antoine. Ce jardinier d’un nouveau genre a découvert cette technique « par des recherches sur internet, puis lors d’un voyage en Australie. L’aquaponie y est bien plus développée là-bas ».

Un potager qui s’autorégule

« L’aquaponie repose sur la constitution d’un écosystème combinant trois familles d’êtres vivants : poissons, plantes et bactéries » explique Laurent Labbé, directeur d’une unité expérimentale de l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique). « Les bactéries servent d’intermédiaires. Elles transforment l’ammoniaque rejetée par les poissons, en nitrite puis en nitrate, assimilable par les plantes » ajoute-t-il. En pratique, l’eau de l’aquarium est pompée pour être emmenée dans le système nourrir les plantes. Ces dernières purifient l’eau, qui est rejetée dans l’aquarium. « La boucle est bouclée ! Et l’économie en eau signifiante » commente Antoine Lemoine. « Elle est de l’ordre 95 % par rapport aux deux systèmes de productions pris séparément » ajoute Laurent Labbé. Autre avantage : une fois mis en place, le potager aquaponique s’autorégule. Plus besoin d’intervenir. Mais pensez tout de même à nourrir les poissons…

« Je veux partager mon savoir-faire »

Artichauts, tomates cerises ou encore aromates, aujourd’hui, Antoine les cultivent pour sa consommation personnelle. « Je publie mes réalisations sur ce blog pour partager mon savoir-faire », confie-t-il. Le jardinier voudrait aller plus loin : « J’ai pour projet de monter un lieu éducatif à Nantes pour apprendre l’aquaponie, par des méthodes simples et reproductibles chez soi ».

Plus d’infos :

www.barnaponics.blogspot.fr

www.aquaponie.fr

 

Photo : Antoine Lemoine construit lui-même ses systèmes aquaponiques. « Il n’y en a pas en vente dans le commerce », explique-t-il. © A. Lemoine

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