Écologie

Barnaponics : des potagers urbains, hors du commun

Créé le : 08/12/2015

Antoine Lemoine, 26 ans, cultive des potagers en aquaponie à Nantes et à Rennes. Une méthode peu connue en France, de culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons. Antoine Lemoine a découvert cette technique, il y a cinq ans, et la partage aujourd’hui sur son blog Barnaponics. Objectif : faire découvrir l’aquaponie aux Français.

 

Aquaponie : en voilà une appellation technique, pour un potager ! Antoine Lemoine, auteur du blog Barnaponics, cultive des fruits et légumes en aquaponie dans quatre potagers. « À l’aide de poissons rouges et d’une vingtaine d’écrevisses, qui les nourrissent par leurs déjections », explique-t-il. « J'ai opté pour des poissons rouges, car ils sont très résistants aux changements climatiques. Néanmoins, avis aux amateurs, il est possible de faire de l'aquaponie avec des poissons comestibles ! Mais mes écrevisses, je ne les mange pas, j’y suis attaché » sourit l’auteur de barnaponics. L’aquaponie, une culture de végétaux en « symbiose » avec l’élevage de poisson, est un bon moyen d’avoir un potager en ville. « On peut jardiner aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur ou encore sur le rebord d’une fenêtre. J’ai commencé à cultiver de cette manière dans le grenier, chez mes parents », ajoute Antoine. Ce jardinier d’un nouveau genre a découvert cette technique « par des recherches sur internet, puis lors d’un voyage en Australie. L’aquaponie y est bien plus développée là-bas ».

Un potager qui s’autorégule

« L’aquaponie repose sur la constitution d’un écosystème combinant trois familles d’êtres vivants : poissons, plantes et bactéries » explique Laurent Labbé, directeur d’une unité expérimentale de l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique). « Les bactéries servent d’intermédiaires. Elles transforment l’ammoniaque rejetée par les poissons, en nitrite puis en nitrate, assimilable par les plantes » ajoute-t-il. En pratique, l’eau de l’aquarium est pompée pour être emmenée dans le système nourrir les plantes. Ces dernières purifient l’eau, qui est rejetée dans l’aquarium. « La boucle est bouclée ! Et l’économie en eau signifiante » commente Antoine Lemoine. « Elle est de l’ordre 95 % par rapport aux deux systèmes de productions pris séparément » ajoute Laurent Labbé. Autre avantage : une fois mis en place, le potager aquaponique s’autorégule. Plus besoin d’intervenir. Mais pensez tout de même à nourrir les poissons…

« Je veux partager mon savoir-faire »

Artichauts, tomates cerises ou encore aromates, aujourd’hui, Antoine les cultivent pour sa consommation personnelle. « Je publie mes réalisations sur ce blog pour partager mon savoir-faire », confie-t-il. Le jardinier voudrait aller plus loin : « J’ai pour projet de monter un lieu éducatif à Nantes pour apprendre l’aquaponie, par des méthodes simples et reproductibles chez soi ».

Plus d’infos :

www.barnaponics.blogspot.fr

www.aquaponie.fr

 

Photo : Antoine Lemoine construit lui-même ses systèmes aquaponiques. « Il n’y en a pas en vente dans le commerce », explique-t-il. © A. Lemoine

La Cop21 s'ouvre sous état d'urgence

Créé le : 30/11/2015

«Nous sommes au pied du mur […] ce mur n’est pas infranchissable». C'est par ces mots que François Hollande a ouvert la Cop21, qui se tient au Bourget (93), du 30 novembre au 11 décembre. Les déclarations des dirigeants des grandes puissances que sont la Chine et les États-Unis se sont voulues rassurantes pour l'obtention d'un accord. « En tant qu'une des premières économies du monde, je suis tout à fait conscient que nous sommes à la source du problème », a notamment affirmé Barack Obama. Les ONG, elles, sont plus que jamais sur le qui-vive, alors que, dans le contexte post-attentat, les manifestations et rassemblements restent interdits. Et que 26 militants écologistes et altermondialistes, à ce jour, assignés à résidence.  La Coalition Climat 21, qui regroupe plus de 130 organisations, ne compte pas baisser la pression sur les politiques. Elle appelle notamment les citoyens à participer à une mobilisation nationale, le 12 décembre. Et assure maintenir sa volonté, « d’organiser des actions à Paris dont nous sommes en train de revoir les modalités au vue des circonstances. Elles seront placées sous le signe de la paix et de la justice climatique. Rien ne nous empêchera de faire entendre nos voix à la fin de de la COP21 ».

Plus d'infos :

www.cop21.gouv.fr

www.coalitionclimat21.org/fr

Signaler les OGM

Créé le : 25/11/2015

Lancée par le Collectif Consommateurs pas cobayes, une pétition a été lancée cet été pour un étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d’animaux nourris aux OGM (viandes, charcuteries, œufs, laits, beurres, fromages... et tous les produits cuisinés à base de ces produits présents partout, dans la grande distribution comme dans la restauration collective dont scolaire (de la maternelle à l’université !) Elle est soutenue par un grand nombre de personnalités et d’organisations. Et vous ?

Plus d'infos :  

www.consommateurspascobayes.com

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Extraction de sable : c'est signé

Créé le : 10/11/2015

Cette fois, c'est parti. Le ministère de l’Économie a publié le 16 septembre le décret autorisant l'ouverture d'un nouveau site d'exploitation de sables coquilliers au large de Lannion. « Un scandale environnemental », selon les militants écologistes. En signant ce texte, le ministre de l’Économie traduit concrètement l'autorisation informelle donnée en avril dernier à la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), porteuse du projet. L'autorisation de travaux à venir doit préciser le suivi environnemental prévu. Les sables marins coquilliers extraits sont des accumulations de débris de coquilles, présentes sous forme de dunes sous-marines au large des côtes. Elles sont une source d'amendements calcaires utiles aux agriculteurs de la région pour compenser l'acidité de leur sol.

Malformations génitales : Les perturbateurs endocriniens en cause

Créé le : 05/11/2015

Une étude coordonnée par le CHU de Montpellier parue le 23 mai démontre le lien entre perturbateurs endocriniens et malformation génitale chez les garçons. Un travail qui insiste sur l’effet cumulatif des expositions domestiques, environnementales et professionnelles.

 

C’est une nouvelle preuve de la dangerosité des perturbateurs endocriniens. Une étude coordonnée par le CHU de Montpellier vient de démontrer que les mères enceintes d’un garçon ont trois fois plus de risques que leur enfant développe une malformation génitale si elles sont exposées à certains polluants (solvants, détergents, pesticides...). Les responsables de ces recherches, Nicolas Kalfa et Charles Sultan, ont observé que sur 600 enfants témoins, 300 présentaient un hypospadias, malformation de la verge.

Une étude "novatrice"

« C’est une étude novatrice ! » s’exclame François Veillerette, porteparole de Générations futures, association qui lutte contre les dangers des pesticides et co-auteur de l’ouvrage Les Perturbateurs endocriniens : la menace invisible. « La littérature scientifique internationale mettait déjà en évidence l’impact des perturbateurs sur des malformations, la fertilité, l’apparition de certains cancers ou des problèmes de développement chez les foetus. Mais là, on voit que l’accumulation des expositions professionnelles et domestiques augmentent les risques », poursuit-il.

Des professions "exposées"

L’étude met en évidence les risques encourus par les enfants de professions dites « exposées » : « Il a été montré que les professions maternelles et paternelles exposées à des perturbateurs endocriniens sont plus fréquentes chez les parents d’enfants porteurs d’hypospadias », précise le CHU de Montpellier. Parmi les activités citées figurent le nettoyage, le ménage, la coiffure, les soins esthétiques, le travail en laboratoire, les métiers agricoles... « La présence d’une usine d’incinération, d’une décharge, d’une usine chimique ou de culture intensive dans un rayon de 3 km autour du lieu d‘habitation, est plus fréquente dans le cas d’enfants hypospadias », indiquent aussi les chercheurs.

« Retirer d’urgence certains produits de la vente »

Pour François Veillerette, ces résultats doivent pousser les pouvoirs publics et la société à agir. « Nous sommes exposés à une trentaine de pesticides via les fruits et légumes que nous consommons. Parmi eux, 12 à 15 sont des perturbateurs endocriniens », commente-t-il. « Il faut mieux connaître ces substances. Il est aberrant qu’on ne teste pas les produits qui entrent sur le marché ». Le militant préconise « de retirer d’urgence certains produits de la vente. La France doit être exemplaire en la matière. Ces substances vont programmer l’état de santé de nos générations futures. »

Plus d'infos :

www.generations-futures.fr

Une démarche qui s'enracine !

Créé le : 01/11/2015

Grâce à son équipe enseignante particulièrement active, le collège Racine s'est inscrit dans une démarche volontaire de sensibilisation au développement durable. Les élèves ont eu la chance d'assister en juin dernier à une conférence avec le climatologue Jean Jouzel, en lien avec la conférence mondiale sur le climat. 

Dans le brouhaha du self, une pléiade de jeunes Briochines débattent autour des aliments bio et locaux. Une fois le repas terminé au collège Racine, ces adolescentes trieront leurs déchets. Avant de participer à des ateliers de compostage organisé par les enseignants. « 12 % des aliments proposés aux jeunes sont bio et locaux. Nous souhaitons dès que possible atteindre les 20 % et montrer aux élèves que le développement durable se vit au quotidien », souligne Émilie Lagrue, gestionnaire de ce collège, où une démarche volontaire a été impulsée. Pour Jeanne, élève de 3e , venue assister la conférence avec Jean Jouzel en fin d'année: « Le développement durable à l'école, ça s'apprend tout au long de l'année !  Dans nos cours de technologie et sciences de la vie, nous avons ainsi été particulièrement sensibilisés ».

Un dialogue avec les familles

L'un des agents de l'établissement est même passé maître dans l'art du compostage. Il gère tout le suivi du compost utilisé par les enseignants de sciences de la vie qui montrent ainsi aux jeunes comment les déchets se transforme 9 mois plus tard en support de plantation(SVT). « C'est un véritable cercle vertueux, poursuit Emilie Lagrue, pour qui il est très important que les élève sachent ce que reflète concrètement le développement durable ! »
Cette démarche de sensibilisation va même jusqu'à instaurer un dialogue avec les familles des collégiens. Que ce soit Marlène, Louise, Agathe ou Anaïs, la plupart de ces jeunes élèves de 3e constatent que ce travail permet « d'instaurer un dialogue avec les parents, d'en discuter un peu à la maison ». Et de permettre à moyen terme un changement des pratiques au sein des familles.

Gwenaëlle Arzur, parent d'élève au collège Racine, y voit une démarche très positive. «  J'apprécie beaucoup que le collège soit moteur dans cette dynamique à l'échelle du département. Ces jeunes participent ainsi à changer leurs manière de faire au quotidien ». Espérons que leurs parents, qui auront pu assister à la conférence du climatologue Jean Jouzel (le jour du reportage), pourront eux aussi participer au changement des comportements...

Photo : La récente réforme des collèges devrait permettre aux établissements de proposer davantage d'enseignements transversaux, en lien avec le développement durable © JD / LMDP

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