Écologie

Conférence environnementale : ne participons pas à cette supercherie !

Créé le : 21/04/2016

Par Michèle Rivasi, députée européenne - mercredi 20 avril 2016

Dans ce communiqué, la députée européenne Vert /ALE Michèle Rivasi appelle à boycotter la prochaine Conférence environnementale, organisée par le gouvernement les 25 & 26 avril 2016. Un exercice qu'elle désigne comme un "ersatz de concertation annuelle".

"Le gouvernement n'en finit pas de trahir ses promesses et de tourner le dos à l'urgence écologique. Dernier exemple en date : le report de la loi de programmation pluriannuelle de l'énergie remise aux calendes grecques alors que la loi de transition énergétique, aurait du engendrer l'enclenchement de la fermeture de 5 à 8 réacteurs nucléaires d'ici 2018 et de 19 à 24 fermetures supplémentaires d'ici 2023. 

Encore une fois, après le bel accord diplomatique obtenu à Paris lors de la conférence climatique, le Président de la République continue de négliger la question environnementale et celle de la transition énergétique.Pendant ce temps, sur les places, avec Nuit Debout, un nouveau monde est en train de naître. Aveuglé par le court terme, le monde actuel et son gouvernement n'en finissent pas de mourir et de désespérer des citoyens en quête d'horizons nouveaux. Le développement des ZAD, d'Alternatiba, des AMAP ou des monnaies locales sont autant de contre pouvoirs mettant en place la transition écologique sur les territoires.  Cette politique fondée sur le commun, le convivialisme et le cosmopolitisme n'a aujourd'hui pas de représentation politique réelle.

Un ersatz de concertation

Ce n'est pas cet ersatz de concertation annuelle dans des formes dépassées qui va réconcilier les français et le peuple de l'écologie avec la politique. Nous en avons assez d'écouter de beaux discours mais de désespérer des actes qui ne suivent pas.

Nous ne voulons plus en tant qu'écologiste être les cautions de cette mascarade pseudo-démocratique. Les conférences environnementales ne servent à rien. Nous ne serons pas ceux qui applaudissent les dirigeants qui nous ont conduit au chaos écologique engendré par la crise climatique, la sixième extinction de la biodiversité, l'explosion des catastrophes industrielles et sanitaires (selon le dernier rapport de l'OMS, 23% des décès dans le monde sont dû à notre environnement), la raréfaction des ressources naturelles et de l'eau, le productivisme et l'extractivisme entraînent l'artificialisation des sols et l'accaparement des terres cultivables.

Un sursaut s'impose pour répondre à la crise écologique. Tout doit changer dans la politique gouvernementale actuelle : l'orientation, le fonctionnement, les pratiques démocratiques qui priorisent dans les décisions l'influence des lobbies au détriment de l'intérêt général, de la protection de notre environnement et de notre santé.

Travailler à un modèle alternatif de société

Plutôt que de participer à cette mascarade, je préfère travailler sur une plateforme commune  pour redéfinir avec tous les acteurs de l'écologie du quotidien une proposition d'un modèle alternatif de société autour de campagnes d'actions sur les thèmes :

•   - de la réappropriation et du contrôle citoyen des Biens communs contre la corruption, la collusion public-privé, les lobbies et pour la reconnaissance du statut de lanceur d'alerte.

• - du choix de la santé environnementale contre les produits toxiques, les pesticides et la pollution de l'air, la lutte contre le complexe militaro nucléaire et sécuritaro-numérique

- • de l'instauration d'un revenu garanti universel pour tous."

 

Plus d'infos :

www.michele-rivasi.eu

Balade aux jardins du Rayol

Créé le : 20/04/2016

Propriété du Conservatoire du littoral, le domaine du Rayol est un site naturel remarquable. Situé au pied du Massif des Maures et en face des Iles d'Hyères, dans le Var, cet ensemble de jardins regorge d'une riche biodiversité  et permet de découvrir les différentes végétations méditerranéennes. Interviews sonores du « jardinier en chef » et régisseur, Alain Menseau et d'Aurélia Leroux, coordinatrice pédagogique des jardins du Rayol. 

 

 

Plus d'infos :

www.domainedurayol.org

Photo : Domaine du Rayol

Chronique - Nucléaire : déconstruire la vérité officielle

Créé le : 18/04/2016

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, le tableau officiel de l’énergie atomique ne semble pas avoir été retouché. Particulièrement en France, où la majeure partie de l’électricité produite est d’origine nucléaire.

Dans cet ouvrage, Yves Lenoir, ingénieur de formation et président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, analyse les éléments qui ont construit le système international de normes relatif au nucléaire. Système à l’origine du rapport culturel entretenu par nos sociétés vis-à-vis de l’atome. Au travers d’une enquête historique, l’auteur revient sur le prosélytisme effectué dès le début du XXe siècle pour promouvoir l’atome. Et sur les campagnes de publicité qui, dans les années 1950, présentent cette énergie comme un produit miracle. Yves Lenoir s’intéresse surtout à la façon dont les référentiels de protection des populations en cas d’accident ont été définis. Sa conclusion : ils ont été créés en dehors de tout processus démocratique en minorant les effets délétères de la radioactivité sur la santé et l’environnement.

La comédie atomique - L’histoire occultée des dangers des radiations, Y. Lenoir, La Découverte, 2016, 320 pages, 22 euros

Tags: 

Nouveaux OGM : 7 associations de la société civile claquent la porte du haut conseil des biotechnologies

Créé le : 15/04/2016

Par France Nature EnvironnementLes Amis de la TerreLa Confédération PaysanneFédération Nationale d'Agriculture Biologique,GreenpeaceRéseau Semences PaysannesUnion Nationale de l'Apiculture Française

Le sujet des nouveaux OGM mérite un réel débat sociétal et scientifique, impossible au sein du Haut Conseil des Biotechnologies. C’est pourquoi aujourd’hui, nos sept organisations de la société civile (Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, France Nature Environnement, Greenpeace, le Réseau Semences Paysannes et l’Union Nationale de l’Apiculture Française) démissionnent conjointement de cette instance, aux mains des lobbyistes de l’agrochimie et des OGM.

Après plusieurs mois de travaux, nos organisations font le constat amer que tout débat sur la question des nouveaux OGM est forcément tronqué au sein du HCB. Malgré de nombreux dysfonctionnements, nous avons de nombreuses fois tenté de porter la voix de la société civile en son sein. Peine perdue puisqu’aujourd’hui le HCB, avec la complicité du gouvernement français, méprise tout avis contradictoire aux intérêts de l'industrie des OGM.

Censure du HCB et complicité du gouvernement

La censure par le HCB d’un avis scientifique divergent pointant les risques des nouveaux OGM en février dernier a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nos organisations avaient alors suspendu leurs travaux, attendant que cet avis rédigé par Yves Bertheau, directeur de recherche à l’INRA, soit enfin rendu public et transmis aux autorités françaises et européennes par le HCB. Deux mois plus tard, ce n’est toujours pas le cas et le HCB s’acharne à dissimuler toutes les données scientifiques qui remettent en cause les nouvelles techniques de modification génétique. Résultat : le gouvernement français se base sur un vrai-faux avis scientifique totalement partial, drapé d'une consultation de la société civile qui n'a jamais été menée à son terme. Ce vrai-faux avis est également sur la table de la Commission Européenne en tant que référence française.

L’enjeu est absolument crucial puisque la Commission européenne, après 8 ans de controverses sur le statut de ces nouveaux OGM, publiera prochainement une interprétation juridique, en ayant le vrai-faux avis comme référence française. C’est sur cette base qu’elle décidera de l'exclusion ou non de la réglementation OGM (directive 2001-18) de ces  nouvelles techniques de modification génétique. Si elles en étaient exclues, les organismes issus de ces techniques pourraient être librement cultivés en échappant à toute évaluation, traçabilité et  étiquetage OGM en Europe, avec les risques pour la santé, l’environnement, les pratiques agricoles et la sécurité alimentaire que cela engendre. Elles faciliteraient par la même occasion la brevetabilité du vivant.

Nous ne ferons pas partie de cette mascarade, qui veut nous faire croire à tous que ces nouvelles techniques de modifications génétiques ne sont que de simples mécanismes naturels de mutation. Nos organisations restent cependant prêtes à travailler dans un cadre réellement démocratique et transparent, où les décisions ne sont pas prises avant même que les débats ne soient entamés, où les positions divergentes puissent être entendues et retransmises.

La prise en compte des demandes de la société civile relève de décisions politiques. Nos organisations continueront à se mobiliser et à alerter l'opinion publique sur ce sujet.

Photo : Pixabay

Chronique - Tailler ses arbres en douceur

Créé le : 08/04/2016

Qui dit arbre mal taillé dit arbre abîmé. Car couper une simple branche peut provoquer d’importants déséquilibres chez ces végétaux qui prennent leur temps pour pousser. De fait, une mauvaise taille peut s’apparenter chez l’arbre à une blessure difficilement réparable. à l’inverse, une bonne taille peut aider au développement harmonieux des arbres. C’est ce qu’explique l’arboriste Alain Pontoppidan dans J’apprends à tailler mes arbres, fruitiers, arbustes... Dans cet ouvrage pratique et illustré par des dessins et des photos didactiques, l’auteur indique comment éclaircir et tailler en douceur ses arbres fruitiers ou d’ornements. Il passe ensuite en revue plusieurs essences et indique comment améliorer leur productivité et leur floraison. Plus qu’un guide pratique, ce livre est une invitation à mieux comprendre et respecter ses arbres. Ils vous le rendront bien !

J’apprends à tailler mes arbres, fruitiers, arbustes... A. Pontoppidan, Éditions Terre vivante, 2016, 120 pages, 14 euros

Photo : Pixabay

François Veillerette : « Des pesticides dans nos maisons »

Créé le : 06/04/2016

Une expertise de l’association Générations futures menée en juillet 2015 montre que de nombreux pesticides – dont certains interdits – se retrouvent dans les foyers de riverains de zones agricoles. Ce travail, ainsi que l’enquête de Cash investigation consacrée au même sujet diffusée sur France 2 en janvier, relancent le débat sur l’impact sanitaire des pesticides. Interview de François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Quels sont les principaux résultats et enseignements de l'expertise menée par Génération futures dans des foyers de riverains de zones agricoles ?

Nous trouvons des résidus de pesticides dans toutes les poussières prélevées chez les riverains de champs agricoles. La moyenne : 20 pesticides. Les chiffres varient selon les cultures : 14 résidus près des grandes cultures, 24 près des vergers et 26 près des vignes. Mais l’information importante reste que l’on retrouve un impact direct des substances dans les logements et pas seulement dans les jardins. Parmi les pesticides recherchés, 12 sont des perturbateurs endocriniens. Rapporté au volume total de produits utilisés, 98% des pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs. Ce qui pose des problèmes sanitaires importants, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Le succès de l’enquête de Cash-Investigation consacrée aux dangers des pesticides, récemment diffusée sur France 2, montre que le sujet préoccupe le public. Les mentalités sont-elles en train d’évoluer face à ce problème ?

Oui. Les gens savent qu’il y a un problème. Il réagissent. Notre enquête vient de là : plus de 400 personnes vivant en zone agricole nous ont appelés. Souvent, les témoignages proviennent de personnes ayant des avis modérés, non militantes, mais qui n’en peuvent plus.

Quelles réactions attendez-vous de la part du pouvoir politique dans ce dossier ?

Nous attendons que Ségolène Royal fasse une démarche claire auprès du commissaire européen à la Santé sur ce dossier. Un règlement européen sur l’utilisation des pesticides existe depuis 2009. Mais il n’est pas appliqué car les produits à proscrire ne sont pas définis. Or une trentaine de produits pouvant avoir des effets néfastes sur la santé devraient être exclus. Au niveau national, il faut mettre en place un plan de protection de la santé publique face aux pesticides en zone rurale. Les champs en zone habitée doivent être convertis en bio, comme nous le faisons déjà pour les zones de captage d’eau. Mais cela concerne beaucoup d’hectares et ne se fera donc pas en un jour. Il faut intégrer ces zones tampons aux Plans Locaux d’Urbanisme. Le problème est difficile à résoudre mais les élus doivent le prendre en main.

Plus d’infos :

www.generations-futures.fr

Nouvelle condamnation de la Compagnie d'Aménagement des Côteaux de Gascogne (CACG) pour ses manquements au débits du Midour (32)

Créé le : 01/04/2016

 

Par France Nature Environnement Midi-Pyrénées 

Le tribunal d'instance de Tarbes vient de condamner la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) à réparer le préjudice moral de FNE Midi-Pyrénées à hauteur de 2000 euros. Il était reproché à la compagnie de ne pas respecter les débits minimums de la rivière Midour, située dans le département du Gers. Cette nouvelle condamnation s'ajoute à la récente décision du tribunal correctionnel du tribunal de Montauban. Explications de FNE Midi-Pyrénées.

 

 

 

Le non-respect réitéré des débits minimums du Midour

Le 3 août 2012, les inspecteurs de l'environnement constatent un débit anormalement bas du Midour, calculé à 9 litres par seconde. Pourtant, la CACG qui exploite les barrages en amont est tenu d'assurer un débit minimum fixé à 80 litre par seconde.

Après enquête, il sera démontré que la compagnie a déjà été verbalisée pour ces mêmes faits en 2005 et 2010. Pire, les débits moyens journaliers récupérés par FNE Midi-Pyrénées auprès de l'administration démontrent qu'elle a continué à violer ces débits en 2013, 2014 et 2015 (dont 33 jours étaient inférieurs à ce débit minimum).

Ces atteintes répétées à la rivière Midour ne permettront pas d'atteindre son bon état écologique en 2021, comme l'impose pourtant la directive cadre sur l'eau. Dans le dernier état des lieux réalisés avant l'adoption du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Adour-Garonne, il été pourtant noté une pression significative sur ce cours d'eau due aux prélèvements liés à l'irrigation. Les faits ici reprochés illustrent la détérioration de cette masse d'eau

Une condamnation de plus pour une société qui se vante d'exceller en matière de gestion quantitative de l'eau 

Le 5 janvier 2016, le tribunal correctionnel venait également condamner la société pour des faits similaires dans la rivière Gimone (82). Rappelons également qu'une plainte portée par nos associations est actuellement en cours d'enquête concernant des faits de destruction de zones humides et de déboisement sans autorisation sur le chantier de Sivens.

Pour Thierry de NOBLENS, Président de FNE Midi-Pyrénées :« Décidément, la Compagnie d'Aménagement des Coteaux de Gascogne s'illustre régulièrement par son comportement irresponsable envers la vie aquatique et l'environnement en général. Cette condamnation est tout à fait justifiée. Nous allons être encore plus vigilants à l'avenir envers cette société étrangement décomplexée. Les élus départementaux et régionaux membres de son Conseil d'Administration seraient bien inspirés de suivre notre exemple. »

Plus d'infos :

www.fne-midipyrenees.fr

 

Le Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées offre une ruche à Mme Batho, M. Chanteguet et M. Bapt !

Créé le : 18/03/2016
Le Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées offre une ruche à Mme Batho, M. Chanteguet et M. Bapt !

Communiqué du 17 mars 2016.

Interdiction des pesticides tueurs d'abeilles !

Le Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées offre une ruche à Mme Batho, M Chanteguet et M Bapt !

Si le Sénat le confirme, la France interdira les insecticides néonicotinoïdes.

« Lundi c'est le printemps ! Et les abeilles qui vont enfin se réveiller vont pouvoir découvrir qu'une fois de plus le pot de miel a gagné contre le pot de pesticides ! Nous tenons à remercier les députés de tous bords politiques nous ayant apportés leur soutien », déclare Olivier Fernandez, Président du Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées.

Après un débat exceptionnellement long (près de 3h), et certains députés présentant les mêmes arguments que l'agrochimie, le vote en scrutin public a eu lieu dans une ambiance de suspens inédit. Par 30 voix Pour contre 28, l'Assemblée Nationale adopte ainsi une interdiction ferme et définitive des insecticides néonicotinoïdes à partir du 1° septembre 2018. Mais comme le dit Delphine Batho (ancienne Ministre de l'Environnement) « Quelle sera la volonté du pouvoir chargé de l'appliquer ? ».

   

C'est pour cette raison que le Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées reste plus que jamais mobilisé sur le dossier des néonicotinoïdes et suivra de très près le prochain passage au Sénat.

Nous invitons les citoyens à continuer à nous soutenir en signant LA pétition de demande d'interdiction des néonicotinoïdes.

Pétition en partenariat avec la Fondation Nicolas Hulot : https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/stop_pesticides/

PLUS D’INFOS : www.apiculteurs-midi-pyrenees.fr
Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées – Président : Olivier Fernandez
Adresse postale : 23 rue Bourdon, 31200 Toulouse
Tèl : 05.62.87.54.89 ou 06.37.20.27.46 / contact@apiculteurs-midi-pyrenees.fr

 


Les Bulldozers débarquent dans la Crau

Créé le : 18/03/2016
Les Bulldozers débarquent dans la Crau

A grand renfort de Bulldozers et de tronçonneuses, les engins sont arrivés cet après-midi sur le site dit du "Mas de Gouin" à Saint-Martin-de-Crau. Avec un objectif simple : faire place nette pour permettre les premiers travaux concernant une nouvelle plateforme logistique. Pourtant, les recours juridiques portés par les habitants du lieu n'ont pas encore tous été épuisés.
C'est donc en toute illégalité que cette opération est menée. Agir pour la Crau dénonce cette manœuvre.

PLUS d'INFOS : cliquez ici    /  Contact et information : Daniel SCHMITT 06.75.27.50.11

Vous pouvez soutenir les actions de "Agir pour la Crau" Association citoyenne indépendante de défense de l'environnement dans la Crau >> cliquez ici

 


A Lacq, une surmortalité liée à une pollution chimique

Créé le : 09/03/2016

Plus on s'approche de Lacq, plus la mortalité augmente. Ce sont les conclusions édifiantes d'un travail de l'Institut de faculté de médecine de Bordeaux (Isped), dans un rapport datant de 2002, qui a mis 14 ans à sortir des cartons. Plusieurs associations, élus et institutions ont demandé une étude épidémiologique au ministère de la Santé, comme le préconise l'étude, afin d'identifier les conséquences de cette pollution au dioxyde de souffre et à l'azote. Après une hausse significative des cancers et des maladies pulmonaires autour de Lacq (Pyrénées-Atlantique), une nouvelle étude serait enfin en cours. Mais les services de l'État ne semblent pas pressés d'en fournir les résultats...  

 

Par Julien Dezécot

L'Agence régionale de santé (ARS) refusait de divulguer le document dans son intégralité : quatorze ans plus tard, on peut enfin lire l'étude de l'Institut de faculté de médecine de Bordeaux (Isped), réalisée sur le bassin de Lacq, près d'Orthez, dans le Sud-Ouest. 

Ses conslusions sont d'un intérêt fondamental. Elle confirme une alerte de la Cour des comptes, lancée l'an dernier, qui signalait « une surmortalité de 14% chez les moins de 65 ans, dans la zone la plus proche des installations industrielles »

Michel Rodes, secrétaire régional de la fédération Sepanso, mobilisée au sein du réseau France nature environnement, explique ce que souligne l'étude :

« Une surmortalité de 136 personnes à proximité des sites chimiques du bassin de Lacq, sur la période 1968 - 1998. »

Pas d'étude épidémiologique ?

L'étude précise qu'il y a eu « une surmortalité par cancer sur la période 1991-1998, de 39 % chez les moins de 65 ans, par rapport à la zone témoin la plus éloignée. » Ainsi qu'une hausse de « 56 % des maladies pulmonaires sur la dernière décennie d'étude, soit 1988-1998 », poursuit Michel Rodes.

Le document de l'Isped préconise la réalisation d'une étude épidémiologique complémentaire. Celle-ci viserait à connaître l'impact sanitaire, de 1998 à nos jours. L'Institut de veille sanitaire (INVS) a repris cette recommandation. Pourtant, la Cour des comptes constate qu'à ce jour : 

« Il n’a pas été réalisé d’étude épidémiologique complémentaire, contrairement aux préconisations, alors que les dispositions du plan national santé prévoient la possibilité d’échanges d’informations anonymes entre les services de la médecine du travail et les services de santé publique. »

Dernier enseignement de ce travail universitaire : à l’approche de Lacq, la surmortalité observée s’accroît, chaque décennie, sur la période 1968-1998… Michel Rodes résume : 

« Plus on s'approche de Lacq et plus on est touché ! »

Une pollution historique

En 1959, suite à la découverte de gaz, à Lacq, la plus importante usine de désulfuration de gaz naturel en Europe est construite. Ce gaz acide a été extrait par les entreprises SNPA, Elf, puis Total. Et une vingtaine d'usines de type Seveso (classées très dangereuses) s'y sont installées à proximité. Elles y sont encore, pour la plupart. 

Pour avoir un ordre d'idée des niveaux de pollutions qui ont touché les communes avoisinantes, on peut se référer à l'expertise de l'ARS, auditionnée en 2006 par la Haute autorité de santé. M. Noussitou, ingénieur, explique :

« A Lacq, il existe 250 points de rejet canalisés, dont certains multi-polluants, et 140 polluants. »

Des niveaux de pollution ont pu atteindre des pics de « 700 tonnes de dioxyde de souffre par jour, dans les années 70 », précise la Haute autorité. Pour quelque 20-25 tonnes en 2006. Des seuils très élevés, qui expliquent en partie les odeurs nauséabondes qui émanent régulièrement dans ces villages béarnais alentours, portant même jusqu'à Orthez.

Un risque de « briser la paix sociale... »

Pourquoi cette étude riche en enseignements n'a-t-elle pas été prise en considération par l'ARS depuis 15 ans ? Raison invoquée par le même ingénieur M. Noussitou : « Une population non significative » sur le territoire (alors que 22 000 personnes ont été touchées pendant un demi-siècle…). Mais aussi parce que, toujours selon l'ingénieur, la demande sociale vis à vis de l'environnement et des problèmes de santé « n'est pas très importante » et que cela risque de « briser la paix sociale... ».

Personne n'a aucune idée aujourd'hui de l'impact sanitaire réel de cette pollution, depuis 1998, notamment due à deux gaz toxiques (dioxyde de soufre et azote). Soit un blanc de 18 années, au cours desquelles les personnes classées à l'époque comme « moins de 65 ans », auront naturellement vieilli de près d'une génération...

Enfin une étude ? 

Voilà pourquoi le conseil presbytéral d'Orthez-Lagor, informé par la Sepanso64 de cette omerta inquiétante, s'est fendu d'une missive en mai 2015 auprès de la ministre de la Santé Marisol Touraine. L'objectif : demander une étude épidémiologique, au même titre que la Sepanso64, que l'INVS, que cinq élus locaux ou que la Cour des comptes. Réponse du chef de cabinet de Mme Touraine, en octobre 2015 : « Une étude d'évaluation des risques sanitaires » serait en cours et une sociologue diligentée sur la zone. 

Nouveau courrier cinglant en janvier 2016 de Mme Isenmann, présidente du conseil presbytéral :

« Nous vous demandons de mettre en œuvre une étude épidémiologique qui nous dise ce que sont devenus depuis 1998 les habitants de la zone impactée. »

Depuis, silence radio…

 

Image : Pixabay.com

Pages

S'abonner à Écologie