Économie

[ ÉCONOMIE ] Iés, la coopérative de financement solidaire soutient les entreprises

Créé le : 14/04/2020
 mohamed Hassan / Pixabay

En réponse à la crise liée au Covid-19, IéS, la coopérative régionale de financement solidaire, a décidé le 17 mars 2020 de suspendre l’ensemble des remboursements des encours financiers pour 3 mois (mars-avril-mai et intérêts compris) sur demande des entreprises, avec report en fin d’échéancier.

Cette mesure est une action de court-terme qui pourra être adaptée en fonction de l’évolution de la crise et de la situation de chaque entreprise.

Par ailleurs, IéS maintient l’ensemble de ces activités et missions d’accompagnement par :

  • un lien rapproché avec les entreprises en portefeuille et un recensement de leurs besoins et des premières conséquences de la crise.

  • un recueil des mesures mises en place par le gouvernement, les acteurs publics et les différents partenaires pour orienter au mieux les entreprises

  • une étude accélérée de demandes de financements exceptionnelles le cas échéant.

  • une poursuite de l’étude des demandes en cours de financement et le maintien des calendriers des comités d’engagement.

  • le partage régulier d’information sur les réseaux sociaux et la promotion des entreprises financées.

" Nous pensons que les conséquences économiques de cette crise déjà visibles seront réellement connues dans quelques semaines et quelques mois et avons donc décidé à ce stade de mesures à court terme qui seront certainement amenées à évoluer dans le temps. 

Comprendre le besoin des entreprises que nous suivons et l'impact de la crise sur l'économie en général et plus particulièrement l'ESS sera essentiel pour adapter le cas échéant nos offres et nos missions tout en ne déstabilisant pas nos capacités d'interventions et nos propres modèles économiques...". 

L'entreprise s'engage également à rester disponible pour les professionnels et joignable sur les réseaux sociaux.

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[ PÉTITION ] Pour un revenu universel d'urgence en Europe

Créé le : 10/04/2020
Photo : Maria Domnina / Pixabay

Des associations et organisations appellent l'Union européenne, et l'Eurogroupe en particulier, à créer un instrument financier dirigé par l'UE pour soutenir tous les États membres de l'UE dans l'introduction rapide d'un revenu de base inconditionnel en tant que mesure d'urgence pour apporter une aide rapide et non bureaucratique à tous ceux dont la sécurité économique est menacée par la crise du coronavirus en Europe.

[ BRETAGNE ] La Région lance une plate forme pour rapprocher producteurs et consommateurs

Créé le : 06/04/2020

Dans le contexte actuel, la Région Bretagne a souhaité accompagner producteurs et consommateurs dans leur quotidien.

La plate-forme d’échanges www.produits-locaux.bzh lancée ce lundi 6 avril, va permettre la mise en relation des uns et des autres sur l’ensemble du territoire, répondant ainsi aux attentes des agriculteurs, professionnels de la mer et artisans de bouche dont l’activité est mise à mal par le confinement, tout en proposant aux Breton.ne.s, en quête de produits frais et locaux, des solutions de proximité.

Pour le Président Loïg Chesnais-Girard : « l’enjeu du bien-manger pour tous est plus que jamais d’actualité, de même que celui des solidarités locales entre Bretonnes et Bretons, autour de l’alimentation ». 

Avis aux producteurs de la terre et de la mer : ils sont invités, à compter de ce lundi, à s’inscrire en ligne sur www.produits-locaux.bzh, la plateforme publique et solidaire mise à leur disposition. Quelques minutes leur suffiront pour s’identifier et décrire les produits qu’ils peuvent mettre en vente via internet : fruits et légumes, boissons, pains et pâtisseries, produits de la mer et d’eau douce, viandes, produits laitiers, miel…

La plate-forme sera accessible aux consommateurs et aux petits commerces alimentaires de proximité le jeudi 9 avril. Afin que chacun identifie et localise les producteurs les plus proches de son domicile, une carte de Bretagne recense l’ensemble des participants. Les informations en ligne permettront d’en savoir plus sur les produits de saison disponibles ainsi que sur les lieux, jours, heures et modes de livraison : à domicile ou dans un commerce alimentaire de proximité, drive ou retrait à la ferme, dans le respect des règles sanitaires et des déclarations des captures dans le cas des produits de la pêche. 

Cette initiative est pilotée par la Région Bretagne, en relation étroite avec ses partenaires habituels des filières de production (Chambres d’agriculture, Chambre régionale des métiers et de l’artisanat, CCI régionale, Breizhmer, Produit en Bretagne, Agriculteurs de Bretagne, FRAB –agriculture biologique-, réseau CIVAM...) qui incitent actuellement leurs adhérents à rejoindre la plateforme d’échanges.

À noter que ce nouvel outil solidaire ne se substitue pas aux plateformes géolocalisées déjà existantes ou en cours de construction, portées par les professionnels des filières ou les réseaux constitués, ni aux sites de vente en ligne (www.produits-locaux.com n’intègre pas de transactions financières). Le site web nouvellement créé constitue une offre complémentaire de mise en relation et d’offre de services qui, à terme, pourra établir des ponts avec d’autres plateformes locales ou sectorielles déjà en place.

 

[ COVID19 & AGRICULTURE ] " Distribuer des produits frais en vente directe est encore possible "

Créé le : 26/03/2020

Faisant suite à une ordonnance du Conseil d'Etat du 22 mars, le Premier Ministre a annoncé lundi soir une restriction forte sur la possibilité de tenir des marchés de plein air pour des raisons sanitaires. La FNAB et la Confédération paysanne s'associent pour diffuser au maximum les alternatives fiables sur le plan sanitaire aux marchés de plein air et en font part dans un communiqué de presse commun.

Comment pouvons-nous maintenir, malgré une distanciation sociale demandée, le lien direct entre producteur et consommateur ? C'est la question que posent dans leur communiqué la FNAB et la Confédération paysanne. Ces modes de vente sont très présents en agriculture biologique et en agriculture paysanne, et sont au cœur d'un autre système agricole, celui dont on aura aussi besoin demain pour réinventer notre économie.
 
 Distribuer des produits frais en vente directe, est encore possible, selon les deux organisations.
 
« Cette crise nous ébranle et nous rappelle que la diversité est la clé, à la fois diversité dans les productions mais aussi dans les méthodes de commercialisation » explique Jean-Paul Gabillard, secrétaire national légumes à la FNAB.
 
Sur le web, des plateformes dédiées aux circuit court se sont créées ces dernières années pour faciliter les achats en direct à la ferme. « Nous allons mettre à disposition de tous les paysans et paysannes, sur nos sites web, la liste des outils que nous avons recensée sur lesquels ils peuvent organiser leurs ventes en ligne ainsi que le pré-paiement » explique Guillaume Riou, président de la FNAB.
 
De leurs côtés, les collectivités locales disposent de moyens logistiques comme les transports scolaires, ou des bâtiments publics vides qu'ils pourraient mettre à disposition de groupes de paysan-ne-s pour faciliter la livraison sur des points fixes ou carrément à domicile. Des mairies agissent déjà[1] « Nous appelons les acteurs publics de proximité à prendre le relai, qu'ils contribuent à maintenir ce lien social essentiel entre le monde agricole et leurs populations, ils ont des outils et un savoir-faire sur la logistique notamment qui doit pouvoir être mobilisé » conclut Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne.
 
La FNAB et la Confédération paysanne rappellent que des solutions existent pour les paysan-ne-s, consommateur-rice-s, ou acteur public de proximité :

  • Lien vers la liste de plateformes pour vendre et acheter en ligne (sans logistique de livraison) – outil non exhaustif et mis à jour régulièrement
  • Lien vers les initiatives locales et lien vers la newsletter Territoires Bio – mise à jour régulière

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[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: À la Chouette Coop, je distribue, tu distribues, ils distribuent

Créé le : 23/03/2020
Crédit : Natacha Scheidhauer

 Crédit photo : Natacha Scheidhauer

Par Natacha Scheidhauer

Popularisés dans la foulée de la crise économique de 2008, les supermarchés coopératifs fleurissent en France. Dans ces commerces, les clients gèrent leur magasin pour choisir leurs approvisionnements et trancher eux-mêmes la question des marges commerciales. Un choix engageant, comme à Toulouse, où la Chouette Coop ouvre ses portes.

Plus que quelques semaines et Toulouse aura son premier supermarché coopératif et participatif. Une montée en puissance pour une alternative à la grande distribution, portée par l’association Les Amis de La Chouette Coop.

La barre des 350 est passée ! Au nombre de 333 Chouettos au début de la réunion d’accueil organisée ce dimanche matin (fin février, ndlr), les coopérateurs du supermarché La Chouette Coop comptent maintenant près d’une vingtaine de nouveaux membres. « On atteint régulièrement 65% d’inscription à l’issue de chaque réunion de présentation », explique Jérôme, l’animateur de la séance. Sans compter ceux qui reviennent s’inscrire à la séance suivante parce qu’ils ont pris le temps de réfléchir, ou le plus souvent parce qu’ils avaient oublié de se munir de leur carte d’identité ou de leur chéquier. » Il faut dire que la plupart des aspirants Chouettos arrivent déjà convaincus, comme Antoine, jeune informaticien de 34 ans : « Je m’étais déjà pas mal renseigné avant de venir, et comme je suis déjà investi dans la conso locale et solidaire, j’ai pu retrouver des valeurs communes. » Mais...

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[SUPERMARCHÉ COOPÉRATIF] : À Saint-Étienne, la Fourmilière la joue collectif

Créé le : 21/03/2020
crédit Niko Rodamel

Crédit photo : Niko Rodamel

Par Niko Rodamel

Popularisés dans la foulée de la crise économique de 2008, les supermarchés coopératifs fleurissent en France, dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris. Dans ces commerces, les clients gèrent leur magasin pour choisir leurs approvisionnements et trancher eux-mêmes la question des marges commerciales. Un choix engageant, comme ici à la Fourmilière de Saint-Étienne.

À Saint-Étienne, moins d’un an après l'ouverture du premier supermarché coopératif ligérien, la Fourmilière transforme l’essai en passant la barre des 600 collaborateurs. Le bilan humain est d'ores et déjà des plus positifs : un tissu de bonnes volontés s'est créé entre le collectif de « clients-propriétaires » et les producteurs locaux.

De sa gestation à ses tout premiers pas, la Fourmilière a bénéficié d'un incroyable alignement d'étoiles. Tout est parti d'une expérimentation menée en mars et avril 2017, à l'occasion de la 10ème biennale du design qui avait pour thème « les mutations du travail ». Un espace éphémère de consommation collaborative associe habitants et producteurs locaux, reposant sur un mode d’approvisionnement qui met en œuvre des véhicules doux. Deux mois plus tard, la projection du film Food Coop au cinéma Le Méliès enfonce le clou. Chez une poignée de Stéphanois, l'exemple du supermarché coopératif new-yorkais fait naître l'envie concrète de se retrousser les manches. En septembre 2018, forte de 75 souscripteurs, l'association originelle devient alors société coopérative à but non lucratif et se...

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[SUPERMARCHÉ] Breizhicoop, l’épicerie coopérative à Rennes

Créé le : 19/03/2020
Breizhicoop Crédit Virginie Jourdan

Crédit photo : Virginie Jourdan. 

Par Virginie Jourdan

Dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris, des Rennais ont ouvert le premier supermarché participatif breton. Depuis mars 2019, les sociétaires de l'épicerie, située dans un quartier populaire de la capitale rennaise, gèrent leur propre commerce pour donner du sens à leurs achats.

 

Installée derrière une caisse-enregistreuse, Christine demande conseil à un de ses collègues bénévoles. « Hamid !, lance la femme depuis son poste, je viens d'entrer les nouveaux prix des fruits et légumes dans le logiciel, il faut que je redémarre la caisse ? » Au fond de l'épicerie, devant les réfrigérateurs destinés aux poissons fumés et à la viande, Chanterelle s’attelle à relever les températures de chaque colonne froide et les reporte sur un tableau de papier qu'elle classera ensuite dans les archives du magasin. Comme Jean-Pierre, Morgan et Hélène après elles, Christine et Chanterelle sont venues donner trois heures de leur temps à la boutique Breizhicoop, le premier supermarché participatif breton.

Pour répondre à toutes les questions, Hamid a pris le rôle de bénévole référent pour la journée. Ce jeune retraité de 63 ans vient dans ce quartier du sud de Rennes entre une à trois fois par semaine depuis Pleumeleuc (35), une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Rennes. Comme Alexis, également présent ce jour dans le magasin, il fait partie des membres fondateurs de cette épicerie pas comme les autres. Ce qui lui a plu ? « ...

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[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: « Un système qui n’exclue pas la dimension marchande »

Créé le : 19/03/2020
virginie jourdan Breizhicoop

Crédit photo Virginie Jourdan. Breizhicoop

Propos recueillis par Elodie Crézé

Bruno Claverie est enseignant en économie à l'Université Toulouse – Jean Jaurès, ISTHIA. Il estime que le supermarché coopératif est un modèle de consommation plus humain, qui s’inscrit dans une transformation sociale globale.

Comment pourrait-on définir le modèle du supermarché coopératif ?
Il s’agit d’un modèle plus humain, l’humanisme étant au fondement même de ces supermarchés coopératifs. C’est aussi un lieu, qu’on pourrait qualifier de tiers-lieu - d’après la définition du sociologue Ray Oldenburg – qui n’est ni un lieu de vie domestique, ni un lieu de travail ordinaire. Le consommateur y est un « consom’acteur »(1), au sens où il apprend, développe des compétences en logistique, vente, etc. Il est ainsi un employé, mais pas au sens traditionnel du terme. Et il s’investit dans le produit, qu’il connaît et choisit, et celui-ci ne disparaît pas derrière son seul usage.(2) Enfin, il est sociétaire, et de ce fait gouverne, prend des décisions. On se rapproche des visions solidaires du XIXe siècle, avec le grand mouvement des mutuelles et coopératives.

Il s’agit d’un modèle basé sur le bénévolat. Cela n’est-il pas sa principale limite ?
Ce n’est pas du bénévolat au sens philanthropique qu’on lui assigne habituellement, et pas tout à fait du volontariat d’après sa définition juridique non plus. Ici, même s’il n’y a pas de rémunération(3) les employés ne sont pas désintéressés. Les bénéfices psychologiques sont considérables, ils acquièrent une variété de compétences et jouent un rôle dans la transformation sociétale. Il s’agit d’une nouvelle forme d’économie du tiers-secteur, en pleine expérimentation. Bien que ne visant pas le profit, et s’inscrivant dans un système solidaire, le supermarché coopératif n’exclue pas la dimension marchande. Dans cette économie collaborative que l’on pourrait qualifier d’alternative, la relation marchande devient un catalyseur de lien humain.

Ce modèle, récent en France, a-t-il vocation à essaimer ?
Il tend à essaimer sur tout le territoire, même si pour l’instant il reste majoritairement lié à un cadre urbain. L’environnement dans lequel il s’implante et la volonté propre des sociétaires le fera peut-être évoluer différemment, davantage vers le périurbain, voire le rural. Pour l’heure, chaque supermarché coopératif est un laboratoire en soi.

(1)Le client possède le statut de coopérateur et achète une part du magasin quelques dizaines d’euros. Il doit accorder quelques heures de son temps par mois à faire tourner la boutique, environ 3 ou 4 heures.
(2) Les marges sont généralement fixes sur les produits, où la qualité, le bio et le local, sont privilégiés pour un moindre coût.
(3)On trouve tout de même un minimum de salariés pour certains postes, comme pour orchestrer la participation des coopérateurs.

Plus d’infos : https://forum.supermarches-cooperatifs.fr/

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[ENTRETIEN] : « La smart city est autant un remède qu'un poison »

Créé le : 16/03/2020
CNES

Légende : En décembre, la métropole de Montpellier a officialisé sa collaboration avec le centre spatial le CNES pour cartographier la biodiversité végétale, les risques incendie en forêt, le potentiel agricole et l'évolution des constructions urbaines. Crédit photo : DR

Propos recueillis par Virginie Jourdan

Carlos Moreno est professeur des universités à Paris (1). Depuis près de 15 ans, il travaille sur la ville et son volet « intelligent ». Pour lui, l'enjeu actuel est de créer un environnement urbain à la fois durable et basé sur la proximité.

Faut-il avoir peur de la smart city ?

La smart city reste un concept très vague. Sans limites posées, c'est une manière de donner à la technologie le pouvoir de résoudre les problèmes et les questions qui émergent dans la ville. Or, l'enjeu véritable d'une ville est de savoir comment se partagent les espaces publics et les espaces privés. Et comment la vie quotidienne des citoyens est organisée pour leur assurer le bien-être. Nous sommes bien loin de ce que proposait Cisco ou IBM en 2008 (des villes qui sont gérées à partir d'un tableau central aspirant les données de la ville, NDLR). La smart city est autant un remède qu'un poison. Tout dépend de la façon dont elle est utilisée.

Pourquoi ajoutez-vous systématiquement le qualificatif « humaine » quand vous parlez de smart city ?

Parce que la multiplication des outils numériques, et donc la technologie,  a pu, à un moment donné, déresponsabiliser les décideurs politiques. Et cela a aussi eu une incidence sur le débat démocratique qui s'est révélé moins riche, notamment sur les questions de l'inclusion de toutes et tous ou « comment vivre ensemble ? ». Le cœur de la problématique de la ville, c'est l'humain. Et pour cela l'intelligence doit être du côté des élus et des décideurs, pas dans des machines comme le promet l'intelligence artificielle. Il faut sortir de la gestion de la ville en verticale avec d'un côté l'école, puis la voirie, le logement, la mobilité, etc. Tout est interdépendant et une vision par secteur ne permet pas de penser les usages des habitants.

Que peut la ville pour les citoyens ?

Il y a six fonctions sociales essentielles qu’une ville doit remplir pour accueillir correctement ses habitants. Comment se loger, comment travailler, s'approvisionner sur le plan alimentaire, prendre soin de soi sur le volet de la santé, comment apprendre et, enfin, comment s'épanouir. Et pour tout cela, il faut du temps. Le temps pour soi, ses proches, ses voisins, pour la planète aussi afin d'émettre moins de CO2. Avec la smart city, ou les projets tels que celui d'Elon Musk avec son tunnel sous-terrain dédié à des voitures propulsées à 200 kilomètres à l'heure, ce qui est proposé c'est aller plus vite, plus loin. Nos modes de consommation et de production ont encouragé une dissociation entre le temps et l'espace. Et cette dissociation épuise la planète.

Les villes sont-elles des nœuds dans la résolution de la crise climatique ?

Nous devons réduire nos émissions de CO2 par deux pour éviter la catastrophe climatique qui se prépare. Or les villes émettent 77% des émissions de CO2 du monde, elles consomment 70% de l'énergie, elles concentrent 80% de la création de richesse et 54% de la population mondiale. Tout cela sur seulement 2% de la surface planétaire. Alors oui, évidemment, il faut créer et inventer pour se remettre à aimer la politique, à aimer les villes, pour en prendre soin comme si c'était soi-même et en faire un lieu aimable. Il nous faut un urbanisme de la proximité.

Selon vous, une ville peut-elle devenir intelligente sans impacter sa gouvernance ?

Les citoyens doivent être au clair avec les enjeux écologiques, sociaux et économiques. Ils doivent être éduqués. Ils doivent savoir comment chaque euro dépensé dans la ville vient répondre à ces trois critères. Il faut que les citoyens et les élus municipaux eux-mêmes aient aussi le vrai pouvoir de prendre des décisions pour leurs villes en matière d'aménagement routier et sur tout ce qui influe sur l'air, l'eau, l'ombre, les espaces publics, le silence et le temps. Je prône une ville du quart d'heure. Une ville dans laquelle, chaque déplacement pour apprendre, se divertir, se nourrir ou prendre soin de sa santé, ne dépasse pas les 15 minutes. C'est ce que j'appelle la ville du quart d'heure et ce serait rendre la ville à ses citoyens.

(1) Carlos Moreno est directeur scientifique de la Chaire Entreprenariat Territoire Innovation, Université Paris 1 Panthéon, Sorbonne, et IAE Sorbonne Business School.

Plus d’infos : www.moreno-web.net

 

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