Économie

Les Jardins de Solène (84) lauréat de l'opération MaFondationMacif

Créé le : 03/07/2018
Solène Espitalié, directrice des Jardins de Solène
Solène Espitalié est directrice des Jardins de Solène (84) et lauréate du prix de l'innovation sociale 2017. Elle vient également de recevoir 174 000 coups de pouce distribués par près de 61 000 sociétaires, élus et salariés du groupe Macif pour l'opération MaFondation fin mai. Elle sera notre invitée le 6 juillet prochain pour une table-ronde engagée, lors du lancement de la délégation de la Chambre régionale d'Economie sociale et solidaire (CRESS) de Paca, en Vaucluse, à Avignon.

Daniel Ibanez, collectif des opposants au Lyon-Turin : « La question de l'utilité du projet devance celles des risques sanitaires et écologiques »

Créé le : 02/07/2018
Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie (73) : point de départ du tunnel de base franco-italien de 57 kilomètres

Daniel Ibanez est coordinateur du collectif des opposants au projet Lyon-Turin. Il était invité à s'exprimer devant les députés de la commission des transports du parlement européen, le 20 juin dernier. Il y a alors réaffirmé les arguments des détracteurs du grand projet, vieux de trente ans, jugé inutile et coûteux. Au début du mois, l'association Les Amis de la Terre et des riverains ont également saisi le Conseil d’État dans l’espoir de mettre un coup d’arrêt à la percée du tunnel transalpin.

Avec les Amis de la Terre, vous venez de saisir le Conseil d’État en vue de l’annulation du décret de décembre 2017 qui proroge les effets de la déclaration d’utilité publique (DUP) du tunnel Lyon-Turin. Expliquez-nous pourquoi.

Ce recours est identique au recours gracieux déposé en février 2018 mais, après plus de deux mois sans réponse de la part du Conseil d’État, les Amis de la Terre se retournent une nouvelle fois vers la plus haute juridiction de l’ordre administratif. Le premier décret validant la déclaration d’utilité publique du chantier date de 2007, or, depuis dix ans, les prédictions sur lesquelles s’appuyait la déclaration ne se sont pas vérifiées. Nous avons soulevé toutes les différences substantielles entre ce qui était prévu et ce qui s’est vraiment passé. Selon l’enquête d’utilité publique, la marchandise de 3, 772 millions de poids lourds devait circuler en 2017 sous les tunnels du Fréjus et du Mont-Blanc. Or, moins de la moitié a réellement circulé. En tonnage, on est passé d’une estimation à 75 millions de tonnes à la réalité de 25 millions. On nous disait que les voies, routes et rails, serraient saturées. Ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, l’utilité de ce mégaprojet est objectivement remise en question.

Quelles sont les alternatives à la construction de cette ligne à grande vitesse Lyon-Turin, sensée désengorger les routes, réduire la pollution issue du trafic routier et développer le fret ferroviaire ? 

La voie ferrée existante est sous-utilisée.  L’enquête estimait à 61 millions de tonnes la quantité de marchandises qui transiterait par l’actuelle voie, en 2017. En réalité, 22 millions de tonnes y sont passées : c’est-à-dire, le tiers ! On pourrait sortir des routes 1 million de camions rien qu’en utilisant les rails à la hauteur des prévisions ! De plus, les rénovations, les agrandissements de tunnels, les changements de ponts ferroviaires et les innovations technologiques de cette ligne ont coûté 1 milliard d’euros. Mais, si l’on ne sait pas se servir de cet aménagement à sa juste valeur, pourquoi aller jeter des milliards dans un autre projet dont on a pas besoin ?

La Cour des comptes européenne vient de publier un rapport dans lequel elle constate que les Lignes à Grande Vitesse (LGV) ne sont pas rentables.  Est-ce un argument allant dans le sens des opposant au Lyon-Turin ?

Il n’y a pas que les écologistes qui râlent, les hauts fonctionnaires n’ont de cesse de rappeler que ces projets coûtent trop cher et qu’on ne pourra jamais les rembourser. Le Conseil général des ponts et chaussées dès 1998, la Cour des comptes française en 2012, le Conseil d’orientation des infrastructures en 2018… Aujourd’hui, la Cour de comptes européenne indique, qu’en moyenne, un kilomètre de LGV coûte 25 millions d’euros. Savez-vous à combien s’élève un km de la ligne Lyon-Turin ? 150 millions ! Si la Cour estime que, dès 25 millions, un projet n’arrive pas à l’équilibre, comment une ligne six fois plus chère peut-elle y arriver ? On n’a pas le droit de dépenser l’argent public pour rien en faire. C’est aussi simple que cela.

 

Tracé de la ligne Lyon-Turin- crédit Transalpine

 

Les partisans de la LGV Lyon-Turin évoquent les contraintes de l’actuelle ligne ferroviaire qui passe en montagne…

Les lobbyistes ont deux formules magiques : « La montagne rend difficile l’utilisation de la ligne existante » et « Il y a des problèmes de sécurité ». D’une part, je leur réponds que les Suisses et les Autrichiens font passer 65 % des marchandises sur leurs rails à 1175 et 1370 mètres d’altitude. En France, on est à 9 % de fret ferroviaire. Le problème ce n’est pas la montagne, car dans les plaines il y a encore moins de circulation de trains de marchandise, la route étant moins chère. D’autre part, au sujet de la « sécurité », ils ne donnent pas de statistiques. Quand est-ce qu’il y a eu un accident dans le tunnel ferroviaire du Fréjus ? Jamais. Leur argumentaire n’est pas étayé.

Au-delà de l’aspect économique, le creusement du tunnel est aussi controversé au vu des problématiques écologiques et sanitaires. Que pensez-vous de ces réticences ?

Il existe des risques de roches radioactives, c’est vrai, mais ce n’est pas le cœur du problème. Tout comme la disparition des terres agricoles. On peut très bien décider de fusiller 30 hectares de terres si la santé publique est en jeu. Il y a un arbitrage à faire. Concernant le Lyon-Turin, la question de l'utilité du projet devance celles des risques sanitaires et écologiques. A-t-on besoin de cet investissement ? La ligne existante est capable d’éliminer 1 million de poids lourds, soit 75 % du trafic routier.  En utilisant 60 % de la ligne existante, il est possible d’attendre l’objectif du livre blanc de l’union européenne qui préconise 50% de part ferroviaire pour le transport de marchandises d’ici à 2050.  Qui peut prendre la responsabilité de jeter de l’argent public pour rien ?

[COMMUNIQUE] - 36 personnes ont contribué au renouvellement des nouveaux billets du Sol Violette. C'est un fort soutien : merci !

Créé le : 29/06/2018
DR

Il reste encore 8 jours pour soutenir le Sol Violette. La monnaie citoyenne toulousaine, le Sol Violette, a 7 ans et renouvelle ses billets. De nouveaux billets tout beaux, sécurisés et illustrés grâce à un concours photo local 100 % citoyen.

Pour cela, l'association a besoin de soutien financier et a lancé depuis 1 mois un financement participatif sur la plateforme responsable ZESTE. Il reste encore 8 jours pour soutenir cette opération.

Contre-parties éthiques toulousaines au RDV !

- > nichoirs, repas dans un restaurant local, apéro partagé dans un bar toulousain, adhésions à l'association, ateliers de fabrication de chocolat, visites "rallyes urbains" de Toulouse...Il y a même une Tombola :)

Soirée finale au bar l'Autruche, le mercredi 4 juillet (cf Facebook),

avec remise des lots et Tombola, soirée ouverte à tous !

- Pour soutenir la réappropriation citoyenne de la monnaie

- Pour soutenir une économie active et solidaire

- Pour réduire la capacité des marchés financiers à spéculer

- Pour soutenir une production écologique et participer au développement d'une économie de proximité à Toulouse et dans ses environs

C'est ici sur ZESTE !

[OCCITANIE] - Marie Meunier-Polge, élue régionale à l'ESS : « Si l’Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux ! »

Créé le : 28/06/2018

Marie Meunier-Polge est conseillère régionale d'Occitanie déléguée à l'Economie sociale et solidaire (ESS). Elle exposait  les nouveaux objectifs de la région en matière d’Economie sociale et solidaire, au Pôle d'entrepreneuriat social montpelliérain, Réalis, le 27 juin dernier. Sans Transition lui a posé quelques questions. Notamment à propos des dernière évolutions du secteur et de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui pourraient diminuer les différences entre les entreprises «classiques » et celles de l'ESS...

Qu’est-il ressorti de cette rencontre au pôle entrepreneuriat social REALIS à Montpellier ?

Il s’agissait de présenter le plan de l’Economie sociale et solidaire de la région pour les trois ans à venir. La principale nouveauté de  ce plan est la création d’un fonds dédié à l’ESS pour soutenir les entreprises qui souhaiteraient s'inscrire dans ce champs ou qui auraient besoin d'un appui financier. Le dispositif « Pass Occitanie », qui a pour objectif de soutenir le développement des petites entreprises de moins de 40 000 euros, donne une réponse rapide aux sociétés dans l’urgence pour financer un projet. On poursuit surtout ce que nous avons déjà mis en place , et on approfondit les dispositifs dans le cadre de la grande région d’Occitanie qui compte désormais 13 départements.

Quels enjeux découlent de la fusion de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées en matière d'ESS ?

Les politiques de l’Occitanie Est et Ouest n’étaient pas les mêmes. Dans l’ex Languedoc-Roussillon, nous étions déjà positionnés fortement dans l’innovation sociale :  la région a été la première à mettre l’Economie sociale et solidaire dans son schéma de développement économique dès 2005. Petit à petit, on a poussé les entreprises conventionnelles à revoir leurs modèles. Il s’agit donc surtout d’uniformiser les dispositifs en place dans l’une et l’autre anciennes régions, avec l’aide des têtes de réseaux qui connaissent mieux les besoins spécifiques des territoires et entreprises.

L'Occitanie est-elle une région particulièrement dynamique en matière d'ESS ?

Cette économie d’innovation sociale représente 12,6 % de l’économie globale de la région, ce qui est très important ! Et cette dynamique est perceptible à tous les niveaux. Mon rêve serait que le rectorat permette à toutes les étudiants en terminale ES d’avoir au moins un jour dédié à l’Economie sociale et solidaire, durant l'année scolaire. Il faut partir du principe que le temps où une entreprise s’implantait  dans la région  et créait 4000 emplois est révolu. La ressource doit désormais venir de notre territoire.

Actuellement, il y a un débat autour du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi « Pacte ». Certains acteurs craignent que  l'intégration d'objets sociaux ou environnementaux dans les statuts des sociétés gomme les différences entre entrepreneuriat classique et ESS...

Pour l'instant nous sommes dans une économie capitaliste ou l’actionnariat est fort. Si l’économie conventionnelle et les entreprises classiques s’emparent des problématiques sociales, environnementales , tant mieux ! On ne dépouillera personne. Ça n’empêchera pas ’Economie sociale solidaire de continuer son cheminement personnel et de défendre ces valeurs-là.  Et si l'Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux !

Que pensez-vous de l’action du gouvernement en matière d'ESS alors que le secrétariat d'Etat dédié à ce secteur a été supprimé ?

On a un Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire, Mr Christophe Itier, mais je regrette la disparition du Secrétariat d’État. De plus, la loi Hamon de 2014 avait donné un vrai coup d’accélérateur à ce secteur. Cette loi est notre ciment et on s’appuie énormément dessus. Désormais ce n’est plus vraiment le même marquage politique. Mais je crois que si les choses bougent, c’est parce que les acteurs de la société les font bouger.

 

 

Le réseau Biocoop en congrès à Saint-Malo

Créé le : 27/06/2018
Le congrès national Biocoop a eut lieu, du 23 au 25 juin à Saint-Malo - DR

Le congrès national Biocoop s'est tenu ce week-end, à Saint-Malo (35). Une grand messe appréciée par les représentants de ce réseau national de commerces d'alimentation biologique.

Le congrès national Biocoop a eut lieu, du 23 au 25 juin à Saint-Malo. Trois jours de conférences, tables-rondes et ateliers pratiques pour les gérants et salariés Biocoop afin de travailler sur l'avenir du réseau et de ses actions en faveur de la bio, de l'agriculture paysanne, de l'économie sociale et solidaire.

Stratégique et festif

Après une ouverture de Nicolas Hulot, plénières et tables-rondes, animées par Sans Transition!, se sont enchaînées le samedi sur le thème de l'ESS ou la manière dont le réseau parlera à ses consommateurs de demain. Une réflexion soutenue par les lumières de Philippe Moati, Une réflexion soutenue par les lumières de Philippe Moati et Pascale Hebel, économistes spécialistes de la consommation à Professeur d'économie à l'Obsoco (Observatoire société et consommation) et au Credoc.Le dimanche fut consacré à la stratégie du réseau puis dédié à des ateliers destinés à envisager de nouvelles pratiques. Ceci avec l'aide de start-ups innovantes invitées à participer.
 
Ce grand rassemblement fut conclu par l'Assemblée générale du réseau, lundi matin. Des séances de travail appréciées des équipes Biocoop qui ont pu trouver des éclairages précieux sur leurs pratiques d'aujourd'hui et de demain. Un week-end bien entendu ponctué de moments festifs, musicaux et conviviaux, ouverts aux sociétaires consommateurs.



Interview d'Orion PORTA, Directeur Général de Biocoop

 

[VIDEO] Les acteur-ice-s qui font la transition en Auvergne-Rhône-Alpes

Créé le : 12/06/2018

Rencontre avec plusieurs partenaires acteur-ice-s du changement sur les territoires à l'occasion de la soirée de lancement de l'édition Auvergne-Rhône-Alpes de Sans Transition !
 

 « Coopérer pour avoir un partage des valeurs qui soit équitable  »

Céline Poncet (Biocoop Bourgoin-Jallieu), Mirabelle Jaoui (Biocoop Tassin-la-Demi-Lune) et Dominique Senecal (président Biocoop Auvergne-Rhône-Alpes) nous expliquent l'engagement de Biocoop - partenaire historique de la revue - dans la transition.
 

 « Garantir des partenariats solidaires qui s'inscrivent dans la durée avec les paysans »


 

Belledone est une société spécialisée dans la fabrique de pain/confiseries/biscuits bio et vrac. Céline Berthollet, responsable marketing, nous explique le rapport qu'entretient la marque avec les territoires.


« Relocaliser l'agriculture et renforcer les circuits de proximité »


Quelle est la politique de transition de Lyon, forte du label "ville équitable et durable" ? Dounia Besson (adjointe au maire de Lyon en charge de l'économie sociale et solidaire) et Bruno Charles (vice Président à l'agriculture et au développement durable à la métropole de Lyon) nous éclairent sur le sujet.

« Territorialiser l’énergie »



Jean Marc Denise (président de l'association Toits en Transition, projet d’énergie citoyenne sur la métropole) et Olivier Dècle (correspondant local Enercoop Rhône-Alpes et citoyen impliqué dans le projet Toits en Transition) nous présentent les enjeux et le fonctionnement des projets d'alternatives énergétiques dans lesquels ils sont tous deux engagés.
 

« Représenter et fédérer les acteurs de l’ESS »

   

Les valeurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) exposées par Ophélie Demont, responsable communication de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (CRESS) Auvergne-Rhône-Alpes.

« Partager collectivement une vision de la construction »



Hervé Lafarge (secrétaire générale de la fédération Rhône-Alpes des SCOP du BTP) et Hugues Defrance (co-gérant de la SCOP Bois Logic en Ambérieux en Bugey) nous expliquent l’intérêt de fédérer les acteurs du BTP qui œuvrent en SCOP et la particularité de ce mode de fonctionnement.
 

Les coopératives d'Auvergne-Rhône-Alpes rassemblées en Assemblée générale

Créé le : 08/06/2018

Le 1er juin dernier, se tenait dernière Assemblée Générale de l'Union Régionale des Scop d'Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), à Cournon-d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand. Rencontres avec des acteurs du monde coopératif régional.

Léo Miranda, la Nef : « La Nef possède la clientèle la plus altruiste »

Créé le : 08/06/2018
© Pixabay

Léo Miranda est responsable de l'innovation à la Nouvelle Économie Fraternelle (Nef), banque éthique. Rencontré lors de la dernière assemblée générale de cette coopérative, à Vaulx-en-Velin (69), le 26 mai dernier, il évoque avec nous l'implication des sociétaires dans la vie de l'entreprise.

INTERVIEW - Nicole Briend : « Il faut arrêter l'évasion fiscale ! »

Créé le : 07/06/2018

Militante d'Attac, Nicole Briend est appelée à la barre ce jour au Tribunal de Carpentras. Elle va expliquer pourquoi elle et les autres militants d'Attac ont emprunté des chaises à l'Agence BNP de Carpentras en 2016 et pourquoi elle n'a pas accepté que la police relève ses empreintes. Interview d'une militante qui dénonce l'évasion fiscale, dossier de UNE de notre dernière revue !

Lors de votre dernière comparution il y a 4 mois à la barre, le procès n'a pas pu avoir lieu, faute de suffisamment de juges présents (1 seul était présent alors qu'il en fallait 3 pour les chefs d'accusation qui vous sont reprochées, comme le refus de relevé d'empreintes digitales). Est-ce une nouvelle occasion pour vous et pour l'association Attac, de faire le procès de l'évasion fiscale ?

En effet, l'évasion fiscale se poursuit sous nos yeux. Nous l'avons récemment démontré avec Apple puisque dans notre récente action « Apple contre Attac », la justice a reconnu que notre action poursuivait des motivations « d'intérêt général ». Nous sommes dans ce même combat avec ces chaises que nous avons empruntées à l'agence BNP Paribas de Carpentras en 2016, pour signifier par une action de non violence, que cette banque (comme d'autres d'ailleurs), ne respectait pas toutes les règles du jeu et participait à cette dynamique de l'évasion fiscale.

Outre votre action d'intérêt général comme Apple, apportez-vous de nouveaux éléments dans ce procès de l'évasion fiscale ?

Le témoignage de la salariée de la BNP qui nous a ouvert les portes de la banque en 2016 sera un nouvel élément important de ce procès. Elle va pouvoir expliquer en quoi notre action était bel et bien non violente. Et aussi que ces chaises étaient promises… au rebus ! En quelle que sorte nous avons débarrassé la banque de ses déchets. Quant au témoignage de la porte-parole d'Attac, Aurélie Trouvé, il sera étayé de nouvelles jurisprudences, suite à l'action contre Apple notamment.

Qu'espérez-vous de ce procès ?

D'abord la relaxe, bien entendu. Mais également que la justice acte le « 2 poids / 2 mesures » dans lequel nous vivons. Avec d'un côté des citoyen-e-s comme moi qui s'ils sont « hors-la-loi » doivent se rendre à un procès. Et de l'autre, des entreprises « hors-la-loi », qui organisent l'évasion fiscale, un manque à gagner criand d'impôts pour l’État que les contribuables devront ensuite combler. Eux, peuvent négocier avec Bercy des arrangements, négocier des pénalités comme on le voit récemment avec la Société Générale qui va payer 1 milliard d'euros pour solder un « litige » sans même avoir besoin de plaider coupable, comme c'est le cas par ailleurs aux États-Unis.

"L'économie circulaire, levier de la transition"

Créé le : 04/06/2018
Entretien croisé avec Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS en Paca (CRESS) et Xavier Corval, président fondateur d’Eqosphere, entreprise sociale pionnière engagée en faveur de réduction du gaspillage et des déchets depuis 2012 et mandataire de la Cress sur la thématique « Économie Circulaire ».
 
A noter : la CRESS Paca inaugure une nouvelle délégation départementale dans les Alpes-maritimes, à Nice, jeudi 7 juin. Un événement animé par Sans Transition ! 

 

En quoi les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) participent-elles à la dynamique autour de ce qui est désormais qualifié d'économie circulaire ?

Denis Philippe : L’économie circulaire propose un modèle économique innovant. L’objectif : produire durablement des biens et services, en limitant la consommation et le gaspillage de ressources (matières premières, eau, énergie), ainsi que la production des déchets. Notre mouvement d’entreprises se préoccupe depuis toujours de sa contribution à la transformation sociale. A l’avenir, l’enjeu d’une transition écologique et sociale s’impose, vers un modèle de développement durable. Certes, les nombreuses initiatives de nos entreprises y participent d’ores et déjà. Mais je constate que nous n’avons pas assez communiqué sur cet axe, qui affirme notre capacité d’entrepreneurs responsables de premier plan, en faisant circuler la richesse localement.

 
Xavier Corval : L’économie circulaire et l’ESS ont en commun d’être portées par des modèles de développement favorisant l’intérêt général et la circulation et la déconcentration des richesses. Comme nombre d’acteurs de l’ESS, nous oeuvrons au sein d’Eqosphere en faveur de cette dynamique : l’entreprise conçoit et gère des dispositifs de réduction du gaspillage pour les acteurs professionnels. Elle structure par exemple des « réseaux smart » de l‘économie circulaire et de la revalorisation des produits invendus et surplus de ses clients, de la grande distribution aux hôpitaux, pour éviter de les retrouver dans les poubelles !
 

Pour Nicolas Hulot : « L’économie circulaire se place au coeur de la transition énergétique. Nous devons arrêter ce procédé infernal qui amène à épuiser nos ressources ». Comment l’ESS peut-elle apporter sa pierre à cet édifice ?

DP : Nous sommes en train de mobiliser les 300 entreprises de l’ESS adhérentes de la Chambre régionale, afi n de co-construire avec l’ensemble des acteurs - associations, coopératives, mutuelles, fondations, - des réponses collectives aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques que porte l’économie circulaire. Recyclage des déchets, lutte contre le gaspillage alimentaire, valorisation de la biomasse…, sont autant de directions vers lesquelles nous pouvons apporter notre expertise et nos solutions, pour proposer des emplois et des réalisations locales. Les entreprises de l’ESS contribuent à fournir à l’action politique des voies à suivre et des expériences réussies, afin d’avancer vers la transition écologique. Le plus souvent, elles sont par ailleurs pionnières en matière d’innovations radicales. C’est là l’enjeu du travail que nous engageons avec nos partenaires.

 
XC : Eqosphere s’est impliquée depuis 18 mois dans un grand défi aux côtés des collectivités locales en Région Paca. Car les sols seront saturés en termes de capacités d’enfouissement des déchets dès 2020. Voilà pourquoi il faut déployer rapidement des coopérations efficaces au sein des filières et entre les filières. La Cress a décidé de renforcer la mobilisation de ses expertises et capacités de coopération au service de l’économie circulaire.

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