Économie

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

Évasion fiscale : on arrête quand ?

Créé le : 11/05/2018
© Pixabay

Après tous les scandales révélés par les LuxLeaks, SwissLeaks, Panama Papers et Paradise Papers, quelques mesures ont été prises par le gouvernement français. Mais on est encore très loin du résultat attendu par tous les citoyens pour faire cesser les inégalités face à l’impôt.

Par Magali Chouvion, Julien Dezécot et Virginie Jourdan


LUTTE ANTI-ÉVASION : LA LENTE MACHINE

Chaque année, les montants de l’évasion fiscale atteignent avec certitude des dizaines de milliards d’euros. Si les récents scandales ont mis en lumière ses rouages, les moyens de la combattre tardent à être mis en œuvre. Enquête.

Par VJ

La combattre, sûrement. La supprimer, c’est une autre question. En mars dernier, le gouvernement français a présenté ses mesures pour lutter contre la fraude fiscale. Création d’une police spécialisée chargée de débusquer les grands fraudeurs, publication des noms des entreprises condamnées (« name and shame »), le projet entend aussi s’attaquer à l’évasion fiscale de grandes fortunes et de multinationales en ciblant les cabinets de conseils qui se chargent de l’organiser via des montages juridiques complexes. Un nouveau pas jugé sérieux. « L’affaire Cahuzac et les Panama Papers ont agi comme un détonateur. Les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer la prise de conscience générale du coût de la fraude et de l’évasion »,juge Anne Guyot-Welke, porte-parole du syndicat Solidaires-Finances publiques. En attendant de jauger l’efficacité réelle des mesures, les pratiques se poursuivent. Ironie de contexte, un procès en correctionnel touchant à l’évasion fiscale est prévu le 7 juin prochain à Carpentras, dans le Vaucluse. Il ne sera pas directement celui de fraudeurs, mais celui d’une militante, Nicole Briend, proviseure de...

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Des watts en circuit court

Créé le : 11/05/2018
Les Colibres, à Forcalquier, est un habitat participatif groupé construit en ossature bois avec isolation en panneaux de chanvre local. En brise-soleil, 96 m² de panneaux photovoltaïques permettent aux habitants d’autoconsommer l’électricité produite. © Atelier OSTRAKA

Consommer plutôt que vendre l'électricité que l’on produit dans son habitation. Un décret publié il y a un an a mis en place une aide pour les installations d’autoconsommation électrique. La mesure a incité de nombreux foyers à utiliser directement une partie de l’énergie produite par leurs propres panneaux photovoltaïques. Un investissement intéressant.

Par François Delotte


AUTOCONSOMMER OU REVENDRE : IL FAUT CHOISIR !

Entre autoconsommation et revente intégrale de son électricité au réseau, il faut se décider au moment de l’installation de ses panneaux photovoltaïques car les conséquences techniques diffèrent. En effet, dans le cas d’une volonté d’autoconsommation, une demande de raccordement spécifique est nécessaire pour revendre son surplus éventuel d’électricité au réseau (qui sera vendu à un tarif plus bas que pour de la revente totale). Par ailleurs, pour de la revente totale de sa production électrique, 2 compteurs sont obligatoires : un pour sa propre consommation et un pour comptabiliser la revente.



40 % des foyers s’.quipant de panneaux le font dans l’objectif.d’autoconsommer leur électricité. © Pixabay

« Notre propre production d’électricité a...

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YÁNIS VAROUFÁKIS : « Les mouvements, comme les acteurs politiques, devraient avoir une date d’expiration »

Créé le : 07/05/2018
© Neal McQueen

Figure de l’anti-austérité, l’ancien ministre des Finances grec a lancé fin mars son nouveau parti baptisé MeRA25. Il est également à l’initiative du mouvement transeuropéen Diem25, dont l’objectif est de rallier à sa cause des partis nationaux, comme Génération-s de Benoît Hamon, pour présenter un programme commun aux élections européennes de 2019. Ambition : relancer une Europe écologique, transparente et solidaire.

Propos recueillis par Magali Chouvion, traduction Lisa Clisson O'Beirne

Depuis des années, vous vous battez contre la politique d’austérité européenne. Pourriez-vous nous expliquer de quoi, selon vous, cette austérité est responsable ? 

La Grèce n’a pas subi un simple programme d’austérité. Le pays a subi la plus importante austérité dans l’histoire de l’Homme ! Une ‘grande dépression’ en résulte. Plus de 28 % des revenus réels ont été perdus, un tiers des emplois éradiqués, une famille sur deux survit sur une petite allocation. Dernier chiffre, et pas le moindre, le taux de suicides a augmenté de 45 %. En d’autres mots, la Grèce est le laboratoire vicieux d’un néolibéralisme devenu fou.

Dans une telle situation, selon vous, les solutions contre la pauvreté et les inégalités concernent nécessairement l’échelle européenne ou ces problèmes peuvent-ils être réglés au niveau national ?

Afin de combattre la pauvreté, nous devons agir sur tous les niveaux à la fois : localement, nationalement et au niveau de l’Union Européenne. DiEM25 pense que le fait de...

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Miscanthus : le nouvel or vert ?

Créé le : 07/05/2018
© G. Souchay

Encore peu connu, le miscanthus commence à séduire de plus en plus de producteurs par ses multiples usages : chauffage, paillage et peut-être demain d’autres fonctions encore dans les nouvelles filières de la bio économie. Reste la première étape : structurer un marché en pleine éclosion. Reportage en Ariège, dans la toute première exploitation de miscanthus du sud de la France.

Par Grégoire Souchay

Le printemps peut bien avoir officiellement commencé, le vent pénétrant et la neige poudrant encore les sommets pyrénéens voisins donnent un air hivernal au lieudit Pontaut. Située à dix kilomètres de Pamiers, au coeur de la plaine de l’Ariège, l’exploitation de Lise Girard n’a de prime abord pas grand-chose de particulier, si ce ne sont ces longues tiges jaunies et effeuillées dans les champs tout autour. « À l’automne, la plante produit une sorte de coton qui brille à la lueur du soleil »,poétise la propriétaire de cette première exploitation de miscanthus (miscanthus giganteus) en Occitanie. Variété la plus couramment cultivée aujourd’hui, cette espèce de graminée résulte d’un croisement naturel, ramenée du Japon par un horticulteur danois en 1935. Pouvant atteindre quatre mètres de haut, ses attraits ne sont pas seulement esthétiques. « Mon père a découvert cette culture en allant installer des panneaux solaires chez un céréalier qui en cultivait dans le Loiret », raconte la jeune femme, ingénieure agronome de formation, installée avec son compagnon en Ariège depuis 2010. « Je voulais développer une...

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Formation et emploi : surfer sur le web

Créé le : 07/05/2018
© J. Carnec

En 2015, le gouvernement lançait le dispositif Grande École du numérique. Aujourd’hui, plus de 400 formations existent sur le territoire pour « favoriser l’inclusion et répondre aux besoins des recruteurs en compétences numériques. » En Occitanie, 15 écoles ont formé 700 personnes en 2017 dans une démarche collaborative avec les entreprises locales. Reportage à Lunel.


BeWeb : tisser sa toile vers un nouvel emploi

À Lunel, rivés sur leurs écrans, une quinzaine de personnes relèvent la tête pour nous saluer. Belle luminosité, poutres apparentes : l’espace est chaleureux. L’odeur du café et le tintement des claviers habitent la pièce. Reportage dans l’antre lunelloise de BeWeb, centre de formation gratuit au développement numérique en juillet dernier.

Par Laurie Abadie et Justine Carnec

Accessible à tous, la formation est labellisée Grande École du Numérique et cofinancée par la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, la ville de Lunel, la Direction de la Cohésion Sociale et IBM, qui fournit les ordinateurs aux élèves le temps de l’apprentissage. BeWeb fait partie de la Scop Fondespierre, organisme de formation et d’accompagnement vers l’emploi. Les champs d’actions de cette structure sont larges. Elle dispense des formations en linguistique, service à la personne, en travaux paysagers, ou encore en développement web – par le biais de BeWeb.

VERS UNE CERTIFICATION À BAC+2

Ces formations pré-qualifiantes permettent aux apprenants de rebondir professionnellement. Soit parce qu’ils souhaitent changer de voie, soit parce qu’ils sont éloignés de l’emploi. Car, « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler ».C’est ce qu’a exprimé le candidat Emmanuel Macron lors de sa visite à BeWeb en mai 2016, en réponse à des personnes l’ayant interpelé...

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Des citoyen-ne-s de la vallée du Gapeau (83) montent leur propre épicerie

Créé le : 03/05/2018

Acheter des produits locaux et sains dans un commerce qui appartient à ses clients. Ce sera bientôt possible dans la vallée du Gapeau, dans l'arrière-pays toulonnais. Le très actif collectif de la Vallée du Gapeau en transition (auquel nous avons consacré un reportage l'été dernier) a lancé une opération de crowdfunding pour financer son « épicerie coopérative ». La première du genre en secteur péri-urbain. 

Transition alimentaire

Le projet s'inscrit en réalité dans une action menée localement depuis longtemps autour de la transition alimentaire. Un groupement d'achat appelé La Cerise sur le Gapeau existe déjà. Il devrait donc évoluer dès septembre en épicerie. « Il sera possible d'y faire une bonne partie de ses courses. On y trouvera bien sûr des fruits et légumes. Mais aussi quelques produits d'hygiène », indique Julien Guimard, membre du collectif. « Le but est de faire réfléchir les gens à l'impact de notre alimentation, autour du bio et du local. Mais aussi en proposant des produits en vrac et en adoptant toute une démarche autour du zéro déchet. Il s'agit aussi de développer l'économie locale en rémunérant à un juste prix les agriculteurs du territoire », poursuit-il. Les participants devront être adhérents à l’association qui porte le projet et donner trois heures de leur temps par mois pour pouvoir faire des achats dans ce commerce.

Vers un magasin / café-culturel coopératif

L’opération de crowdfunding prendra fin le 20 mai. L'objectif affiché est de recueillir au moins 13 000 euros. Mais ce n'est qu'un premier palier, et le collectif aimerait voir la cagnotte atteindre 25 000 euros. Il s'agit de financer l'achat d'étagères, de rayonnages, d'une table à découper, de mobiliers réfrigérés ou encore de silos à vrac. Pour la Vallée du Gapeau en Transition, l'étape suivante sera la création d'un grand magasin/café-culturel participatif où l'on viendra faire ses courses et échanger autour des transitions en tout genre. Alléchant !

Pour contribuer à la Cerise sur le Gapeau : www.kisskissbankbank.com/fr/projects/la-cerise-sur-le-gapeau

Un magasin « anti-gaspi » et local ouvre à Rennes

Créé le : 27/04/2018
Le magasin Nous ouvrira ses porte le 4 mai prochain, à Melesse, près de Rennes - DR

Des légumes « moches » mais délicieux, des yaourts qui atteignent bientôt leur date limite de consommation mais qui sont tout à fait consommables ou encore des boites de conserve un peu cabossées. On trouve tout cela chez Nous, nouveau réseau de magasins « anti-gaspi » dont la première boutique ouvrira ses portes le 4 mai à Melesse, près de Rennes. 

Économe et éco-responsable

Autre particularité de ce commerce pas comme les autres : le local. « les produits (fruits et légumes, frais, surgelés, sec…) seront issus de filières anti-gaspillage, le plus souvent en direct des producteurs et donc en circuits courts », précisent les porteurs du projet, Charles Lottmann et Vincent Justin. Des denrées vendues peu chères. Selon les fondateurs, « Faire ses courses chez NOUS permet à une famille de 4 personnes d’économiser 150 à 200€ par mois en moyenne ». Bon pour la planète et le porte monnaie.

 

 

Plus d'infos : www.nousantigaspi.com

A Lorient, le citoyen au cœur de la transition alimentaire

Créé le : 17/04/2018
Les Assises de la transition alimentaire étaient organisées par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud - Crédit : Benoit Vandestick

Par Benoît Vandestick 

« De plus en plus de consommateurs ont peur de s’alimenter et de plus en plus d’agriculteurs ont peur dans l’exercice de leur métier », a fait remarquer René Louail (confédération paysanne), en clôture des assises de la transition alimentaire et agricole qui se déroulaient samedi 14 avril, à Lorient. L’événement a été organisé par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud. 

Le professionnel de santé a présenté la synthèse des échanges de la journée, sous forme de préconisations : développer les protéines végétales, taxer la pollution et les produits nuisant à la santé, impliquer les citoyens dans les pratiques agricoles, réformer les politiques foncières, créer un ministère de la pêche et féminiser les métiers de la mer. Le sénateur écologiste du Morbihan, Joel Labbé, s’est félicité des échanges et en a pris note. Il présentera prochainement, avec d’autres élus, 30 amendements à la loi sur la transition alimentaire.

Déçus des Etats généraux de l'alimentation

L’idée de ces assises est née de la déception des Etats Généraux de l’Alimentation où, pour les organisateurs, « L’industrie agroalimentaire a été surreprésentée au détriment des consommateurs, personnels de santé et environnementalistes ». Au cours de la journée, les intervenants ont insisté sur l’engagement citoyen comme levier de la transition. « Il faut un engagement citoyen pour forcer le modèle durable, car en face, le système classique se maintient par l’absence de prise en compte des coûts environnementaux et sanitaires dans le prix de vente », a défendu Catherine Darrot, enseignante à l’Agrocampus Ouest. Le maire de Langouet, Daniel Cueff, a partagé ses astuces pour développer la bio dans les cantines : « On réduit les protéines animales, on compose les menus en fonction des saisons et on achète en circuit court ». Pour Sophia Lakdar, présidente de l’association Bioconsom’acteur, « Le choix de consommation est parfois limité par le manque d’offre. C’est pourquoi l’action collective est indispensable, pour créer des associations et coopératives afin d’organiser la production et la consommation de produits bio et locaux ».


INTERVIEW - Joël Labbé, sénateur du Morbihan, « Nous sommes déçus par les États généraux de l'alimentation »

Rencontré en marge des Assises de la transition alimentaire, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, évoque avec nous le bilan mitigé des États généraux de l’alimentation. Et la promotion du bio et local dans la restauration collective.


"Se nourrir demain"

Pour ouvrir les assises, vendredi 13 avril, à l’UBS, à Lorient, Claude Gruffat, président de Biocoop, a tenu la conférence « Se nourrir demain ». Il y a défendu une agriculture bio à taille humaine et de proximité, seule, selon lui, capable d’assurer une alimentation saine au consommateur et un revenu décent pour les producteurs. Une interview est à retrouver sur le site de la Biocoop Les 7 épis.

Coventis 2018 : l'innovation, c'est aussi dans l'ESS !

Créé le : 12/04/2018
Didier Martinet, de la coopérative héraultaise Forum TV - Crédit : FD / LMDP

L'innovation est actuellement sur toutes les lèvres des acteurs de l'Économie sociale et solidaire (ESS). Sans Transition ! était à Coventis, salon des affaires socialement responsables, à Montpellier, le 12 avril dernier. L'occasion de demander à des acteurs régionaux de l'ESS en quoi leur démarche s'inscrit dans une dynamique innovante. 

IN'ESS : le Grand Narbonne soutient l'innovation sociale 

Premier focus sur Innover dans l'Économie Sociale et Solidaire (IN'ESS), structure portée par la communauté d'agglomération du Grand Narbonne (11) et qui soutient les initiatives locales en mobilisant des outils d'innovations sociales.

 

 

Michel Coudrey, Aresat : « Les ESAT sont obligés d'innover dans de nouvelles activités »

Michel Coudrey est président de l'Association régionale des ESAT d'Occitanie (Aresat), structures qui regroupe les Établissements et services d'aide par le travail (ESAT) de la région. 

 

Arnaud Delebarre, Chorum : « Il est essentiel de prendre le virage numérique pour aider nos adhérents dans leurs démarches »

Arnaud Delebarre est délégué régional Languedo-Roussillon de Chorum, mutuelle de l'Economie sociale et solidaire.

 

Ludovic Hebrard, Culture et Liberté : « Nous puisions sur notre expérience pour innover »

Ludovic Hebrard est membre de l'antenne Occitanie de Culture est liberté, une association historique du développement de l'éducation populaire au niveau national.

 

Pascal Feydel, Libriciel SCOP: « les coopératives sont rares dans le secteur logiciel »

Pascale Feydel est fondateur de Libriciel SCOP, société coopérative de Montpellier qui propose des solutions de dématérialisation via les logiciels libres.

 

Feel Object : l'impression 3D au services des personnes déficientes visuelles

Sylvain Huin, est président de Feel Object, entreprise toulousaine spécialisée en impression 3D. Elle a développé un plan 3D interactif qui permet aux personnes déficientes visuelles de se déplacer en autonomie dans un bâtiment.

 

Didier Martinet : « Le numérique nous sert à travailler la confiance en soi »

Forum TV est une société coopérative de l’Hérault qui propose des formation autour de la communication et de la confiance en soi à partir d'une pratique de l'audiovisuel, dans un objectif d'insertion professionnelle.

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