Économie

[OCCITANIE] - Marie Meunier-Polge, élue régionale à l'ESS : « Si l’Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux ! »

Créé le : 28/06/2018

Marie Meunier-Polge est conseillère régionale d'Occitanie déléguée à l'Economie sociale et solidaire (ESS). Elle exposait  les nouveaux objectifs de la région en matière d’Economie sociale et solidaire, au Pôle d'entrepreneuriat social montpelliérain, Réalis, le 27 juin dernier. Sans Transition lui a posé quelques questions. Notamment à propos des dernière évolutions du secteur et de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui pourraient diminuer les différences entre les entreprises «classiques » et celles de l'ESS...

Qu’est-il ressorti de cette rencontre au pôle entrepreneuriat social REALIS à Montpellier ?

Il s’agissait de présenter le plan de l’Economie sociale et solidaire de la région pour les trois ans à venir. La principale nouveauté de  ce plan est la création d’un fonds dédié à l’ESS pour soutenir les entreprises qui souhaiteraient s'inscrire dans ce champs ou qui auraient besoin d'un appui financier. Le dispositif « Pass Occitanie », qui a pour objectif de soutenir le développement des petites entreprises de moins de 40 000 euros, donne une réponse rapide aux sociétés dans l’urgence pour financer un projet. On poursuit surtout ce que nous avons déjà mis en place , et on approfondit les dispositifs dans le cadre de la grande région d’Occitanie qui compte désormais 13 départements.

Quels enjeux découlent de la fusion de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées en matière d'ESS ?

Les politiques de l’Occitanie Est et Ouest n’étaient pas les mêmes. Dans l’ex Languedoc-Roussillon, nous étions déjà positionnés fortement dans l’innovation sociale :  la région a été la première à mettre l’Economie sociale et solidaire dans son schéma de développement économique dès 2005. Petit à petit, on a poussé les entreprises conventionnelles à revoir leurs modèles. Il s’agit donc surtout d’uniformiser les dispositifs en place dans l’une et l’autre anciennes régions, avec l’aide des têtes de réseaux qui connaissent mieux les besoins spécifiques des territoires et entreprises.

L'Occitanie est-elle une région particulièrement dynamique en matière d'ESS ?

Cette économie d’innovation sociale représente 12,6 % de l’économie globale de la région, ce qui est très important ! Et cette dynamique est perceptible à tous les niveaux. Mon rêve serait que le rectorat permette à toutes les étudiants en terminale ES d’avoir au moins un jour dédié à l’Economie sociale et solidaire, durant l'année scolaire. Il faut partir du principe que le temps où une entreprise s’implantait  dans la région  et créait 4000 emplois est révolu. La ressource doit désormais venir de notre territoire.

Actuellement, il y a un débat autour du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi « Pacte ». Certains acteurs craignent que  l'intégration d'objets sociaux ou environnementaux dans les statuts des sociétés gomme les différences entre entrepreneuriat classique et ESS...

Pour l'instant nous sommes dans une économie capitaliste ou l’actionnariat est fort. Si l’économie conventionnelle et les entreprises classiques s’emparent des problématiques sociales, environnementales , tant mieux ! On ne dépouillera personne. Ça n’empêchera pas ’Economie sociale solidaire de continuer son cheminement personnel et de défendre ces valeurs-là.  Et si l'Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux !

Que pensez-vous de l’action du gouvernement en matière d'ESS alors que le secrétariat d'Etat dédié à ce secteur a été supprimé ?

On a un Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire, Mr Christophe Itier, mais je regrette la disparition du Secrétariat d’État. De plus, la loi Hamon de 2014 avait donné un vrai coup d’accélérateur à ce secteur. Cette loi est notre ciment et on s’appuie énormément dessus. Désormais ce n’est plus vraiment le même marquage politique. Mais je crois que si les choses bougent, c’est parce que les acteurs de la société les font bouger.

 

 

Le réseau Biocoop en congrès à Saint-Malo

Créé le : 27/06/2018
Le congrès national Biocoop a eut lieu, du 23 au 25 juin à Saint-Malo - DR

Le congrès national Biocoop s'est tenu ce week-end, à Saint-Malo (35). Une grand messe appréciée par les représentants de ce réseau national de commerces d'alimentation biologique.

Le congrès national Biocoop a eut lieu, du 23 au 25 juin à Saint-Malo. Trois jours de conférences, tables-rondes et ateliers pratiques pour les gérants et salariés Biocoop afin de travailler sur l'avenir du réseau et de ses actions en faveur de la bio, de l'agriculture paysanne, de l'économie sociale et solidaire.

Stratégique et festif

Après une ouverture de Nicolas Hulot, plénières et tables-rondes, animées par Sans Transition!, se sont enchaînées le samedi sur le thème de l'ESS ou la manière dont le réseau parlera à ses consommateurs de demain. Une réflexion soutenue par les lumières de Philippe Moati, Une réflexion soutenue par les lumières de Philippe Moati et Pascale Hebel, économistes spécialistes de la consommation à Professeur d'économie à l'Obsoco (Observatoire société et consommation) et au Credoc.Le dimanche fut consacré à la stratégie du réseau puis dédié à des ateliers destinés à envisager de nouvelles pratiques. Ceci avec l'aide de start-ups innovantes invitées à participer.
 
Ce grand rassemblement fut conclu par l'Assemblée générale du réseau, lundi matin. Des séances de travail appréciées des équipes Biocoop qui ont pu trouver des éclairages précieux sur leurs pratiques d'aujourd'hui et de demain. Un week-end bien entendu ponctué de moments festifs, musicaux et conviviaux, ouverts aux sociétaires consommateurs.



Interview d'Orion PORTA, Directeur Général de Biocoop

 

[VIDEO] Les acteur-ice-s qui font la transition en Auvergne-Rhône-Alpes

Créé le : 12/06/2018

Rencontre avec plusieurs partenaires acteur-ice-s du changement sur les territoires à l'occasion de la soirée de lancement de l'édition Auvergne-Rhône-Alpes de Sans Transition !
 

 « Coopérer pour avoir un partage des valeurs qui soit équitable  »

Céline Poncet (Biocoop Bourgoin-Jallieu), Mirabelle Jaoui (Biocoop Tassin-la-Demi-Lune) et Dominique Senecal (président Biocoop Auvergne-Rhône-Alpes) nous expliquent l'engagement de Biocoop - partenaire historique de la revue - dans la transition.
 

 « Garantir des partenariats solidaires qui s'inscrivent dans la durée avec les paysans »


 

Belledone est une société spécialisée dans la fabrique de pain/confiseries/biscuits bio et vrac. Céline Berthollet, responsable marketing, nous explique le rapport qu'entretient la marque avec les territoires.


« Relocaliser l'agriculture et renforcer les circuits de proximité »


Quelle est la politique de transition de Lyon, forte du label "ville équitable et durable" ? Dounia Besson (adjointe au maire de Lyon en charge de l'économie sociale et solidaire) et Bruno Charles (vice Président à l'agriculture et au développement durable à la métropole de Lyon) nous éclairent sur le sujet.

« Territorialiser l’énergie »



Jean Marc Denise (président de l'association Toits en Transition, projet d’énergie citoyenne sur la métropole) et Olivier Dècle (correspondant local Enercoop Rhône-Alpes et citoyen impliqué dans le projet Toits en Transition) nous présentent les enjeux et le fonctionnement des projets d'alternatives énergétiques dans lesquels ils sont tous deux engagés.
 

« Représenter et fédérer les acteurs de l’ESS »

   

Les valeurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) exposées par Ophélie Demont, responsable communication de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (CRESS) Auvergne-Rhône-Alpes.

« Partager collectivement une vision de la construction »



Hervé Lafarge (secrétaire générale de la fédération Rhône-Alpes des SCOP du BTP) et Hugues Defrance (co-gérant de la SCOP Bois Logic en Ambérieux en Bugey) nous expliquent l’intérêt de fédérer les acteurs du BTP qui œuvrent en SCOP et la particularité de ce mode de fonctionnement.
 

Les coopératives d'Auvergne-Rhône-Alpes rassemblées en Assemblée générale

Créé le : 08/06/2018

Le 1er juin dernier, se tenait dernière Assemblée Générale de l'Union Régionale des Scop d'Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), à Cournon-d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand. Rencontres avec des acteurs du monde coopératif régional.

Léo Miranda, la Nef : « La Nef possède la clientèle la plus altruiste »

Créé le : 08/06/2018
© Pixabay

Léo Miranda est responsable de l'innovation à la Nouvelle Économie Fraternelle (Nef), banque éthique. Rencontré lors de la dernière assemblée générale de cette coopérative, à Vaulx-en-Velin (69), le 26 mai dernier, il évoque avec nous l'implication des sociétaires dans la vie de l'entreprise.

INTERVIEW - Nicole Briend : « Il faut arrêter l'évasion fiscale ! »

Créé le : 07/06/2018

Militante d'Attac, Nicole Briend est appelée à la barre ce jour au Tribunal de Carpentras. Elle va expliquer pourquoi elle et les autres militants d'Attac ont emprunté des chaises à l'Agence BNP de Carpentras en 2016 et pourquoi elle n'a pas accepté que la police relève ses empreintes. Interview d'une militante qui dénonce l'évasion fiscale, dossier de UNE de notre dernière revue !

Lors de votre dernière comparution il y a 4 mois à la barre, le procès n'a pas pu avoir lieu, faute de suffisamment de juges présents (1 seul était présent alors qu'il en fallait 3 pour les chefs d'accusation qui vous sont reprochées, comme le refus de relevé d'empreintes digitales). Est-ce une nouvelle occasion pour vous et pour l'association Attac, de faire le procès de l'évasion fiscale ?

En effet, l'évasion fiscale se poursuit sous nos yeux. Nous l'avons récemment démontré avec Apple puisque dans notre récente action « Apple contre Attac », la justice a reconnu que notre action poursuivait des motivations « d'intérêt général ». Nous sommes dans ce même combat avec ces chaises que nous avons empruntées à l'agence BNP Paribas de Carpentras en 2016, pour signifier par une action de non violence, que cette banque (comme d'autres d'ailleurs), ne respectait pas toutes les règles du jeu et participait à cette dynamique de l'évasion fiscale.

Outre votre action d'intérêt général comme Apple, apportez-vous de nouveaux éléments dans ce procès de l'évasion fiscale ?

Le témoignage de la salariée de la BNP qui nous a ouvert les portes de la banque en 2016 sera un nouvel élément important de ce procès. Elle va pouvoir expliquer en quoi notre action était bel et bien non violente. Et aussi que ces chaises étaient promises… au rebus ! En quelle que sorte nous avons débarrassé la banque de ses déchets. Quant au témoignage de la porte-parole d'Attac, Aurélie Trouvé, il sera étayé de nouvelles jurisprudences, suite à l'action contre Apple notamment.

Qu'espérez-vous de ce procès ?

D'abord la relaxe, bien entendu. Mais également que la justice acte le « 2 poids / 2 mesures » dans lequel nous vivons. Avec d'un côté des citoyen-e-s comme moi qui s'ils sont « hors-la-loi » doivent se rendre à un procès. Et de l'autre, des entreprises « hors-la-loi », qui organisent l'évasion fiscale, un manque à gagner criand d'impôts pour l’État que les contribuables devront ensuite combler. Eux, peuvent négocier avec Bercy des arrangements, négocier des pénalités comme on le voit récemment avec la Société Générale qui va payer 1 milliard d'euros pour solder un « litige » sans même avoir besoin de plaider coupable, comme c'est le cas par ailleurs aux États-Unis.

"L'économie circulaire, levier de la transition"

Créé le : 04/06/2018
Entretien croisé avec Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS en Paca (CRESS) et Xavier Corval, président fondateur d’Eqosphere, entreprise sociale pionnière engagée en faveur de réduction du gaspillage et des déchets depuis 2012 et mandataire de la Cress sur la thématique « Économie Circulaire ».
 
A noter : la CRESS Paca inaugure une nouvelle délégation départementale dans les Alpes-maritimes, à Nice, jeudi 7 juin. Un événement animé par Sans Transition ! 

 

En quoi les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) participent-elles à la dynamique autour de ce qui est désormais qualifié d'économie circulaire ?

Denis Philippe : L’économie circulaire propose un modèle économique innovant. L’objectif : produire durablement des biens et services, en limitant la consommation et le gaspillage de ressources (matières premières, eau, énergie), ainsi que la production des déchets. Notre mouvement d’entreprises se préoccupe depuis toujours de sa contribution à la transformation sociale. A l’avenir, l’enjeu d’une transition écologique et sociale s’impose, vers un modèle de développement durable. Certes, les nombreuses initiatives de nos entreprises y participent d’ores et déjà. Mais je constate que nous n’avons pas assez communiqué sur cet axe, qui affirme notre capacité d’entrepreneurs responsables de premier plan, en faisant circuler la richesse localement.

 
Xavier Corval : L’économie circulaire et l’ESS ont en commun d’être portées par des modèles de développement favorisant l’intérêt général et la circulation et la déconcentration des richesses. Comme nombre d’acteurs de l’ESS, nous oeuvrons au sein d’Eqosphere en faveur de cette dynamique : l’entreprise conçoit et gère des dispositifs de réduction du gaspillage pour les acteurs professionnels. Elle structure par exemple des « réseaux smart » de l‘économie circulaire et de la revalorisation des produits invendus et surplus de ses clients, de la grande distribution aux hôpitaux, pour éviter de les retrouver dans les poubelles !
 

Pour Nicolas Hulot : « L’économie circulaire se place au coeur de la transition énergétique. Nous devons arrêter ce procédé infernal qui amène à épuiser nos ressources ». Comment l’ESS peut-elle apporter sa pierre à cet édifice ?

DP : Nous sommes en train de mobiliser les 300 entreprises de l’ESS adhérentes de la Chambre régionale, afi n de co-construire avec l’ensemble des acteurs - associations, coopératives, mutuelles, fondations, - des réponses collectives aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques que porte l’économie circulaire. Recyclage des déchets, lutte contre le gaspillage alimentaire, valorisation de la biomasse…, sont autant de directions vers lesquelles nous pouvons apporter notre expertise et nos solutions, pour proposer des emplois et des réalisations locales. Les entreprises de l’ESS contribuent à fournir à l’action politique des voies à suivre et des expériences réussies, afin d’avancer vers la transition écologique. Le plus souvent, elles sont par ailleurs pionnières en matière d’innovations radicales. C’est là l’enjeu du travail que nous engageons avec nos partenaires.

 
XC : Eqosphere s’est impliquée depuis 18 mois dans un grand défi aux côtés des collectivités locales en Région Paca. Car les sols seront saturés en termes de capacités d’enfouissement des déchets dès 2020. Voilà pourquoi il faut déployer rapidement des coopérations efficaces au sein des filières et entre les filières. La Cress a décidé de renforcer la mobilisation de ses expertises et capacités de coopération au service de l’économie circulaire.

Donnez un coup de pouce à vos projets préférés avec MaFondationMacif

Créé le : 29/05/2018

La participation est au cœur de l’Économie sociale et solidaire (ESS). C'est dans cet état d'esprit que la Fondation Macif mène l'opération MaFondationMacif. Le principe : proposer aux sociétaires, élus et salariés du groupe Macif de voter pour leurs projets associatifs « préférés ».

Sans Transition est partenaire média de l'opération MaFondationMacif.

13 projets sélectionnés

Pour voter, les participants doivent se rendre sur la plateforme en ligne www.mafondationmacif.fr et distribuer des « pouces » à l'un des 13 projets sélectionnés par la fondation. 50 000 euros de subvention sont à partager entre les associations en fonction du nombre de pouces reçus.

Retrouvez sur notre site un focus sur les Jardins de Solène, un des projets en lice cette année. Mais aussi d'autres initiatives soutenues par la Fondation Macif, comme ce reportage sur Bois & Cie, association de Haute-Garonne qui construit des maisons écologiques et en bois pour des personnes en situation de fragilité.

Plus d'informations à venir sur notre site !

 

Occitanie : Dénichez de « bonnes adresses » avec les 3 Grâces

Créé le : 17/05/2018

On croit souvent avoir fait le tour de l'endroit où l'on vit. Les Montpelliéraines Justine Baptista, Marion Arnau et Cécile Dubois ont voulu s'attaquer à cette idée reçue en lançant Les 3 Grâces. Ce webzine propose de découvrir de bonnes adresses, près de chez vous, en région Occitanie : commerces locaux et équitables, artisanat, gastronomie... Il y en a pour tous les goûts et toutes les envies. 

« Nous sommes les touristes de notre propre région. Le projet des 3 Grâces est né de la frustration que nous avions de mal connaître notre propre région », raconte Justine. Avec ses collègues Marion et Cécile, elles se sont donc lancées dans la recherche de boutiques, de producteurs ou d'activités d’exception à Montpellier et dans sa région. « Pour l'heure, la plupart de nos références se trouvent à Montpellier et Sète. Mais nous avons vocation à dénicher progressivement des adresses dans toute la région », assure Justine.

Produits sains et locaux

Le site met déjà en avant plus de 40 commerces et services d'exception. Car Les 3 Grâces ne mettent pas n'importe qui ou quoi en avant. Et c'est là sa valeur ajoutée. Les structures qui souhaitent figurer sur le site doivent payer une adhésion à l'association qui porte le projet. Mais aussi signer une charte qui garantit la qualité de leurs prestations et le respect d'une certaine éthique. « Il s'agit de valoriser des démarches responsables. Des produits sains, si possible bio, mais pas uniquement, et locaux », défend Justine.

Des bonnes adresses que Les 3 Grâces présentent dans le cadre de circuits qui s'adressent aux particuliers. Il s'agit de parcours thématiques proposant les visites de 4 à 8 lieux ou activités dans une ville du territoire. Par exemple, un tour gastronomique à Montpellier, au travers duquel on découvrira une épicerie fine, un caviste, avec un passage obligé par la case restaurant. La culture ou encore la mode peuvent être d'autres thèmes retenus... Le tarif : entre 15 et 35 euros, en fonction des circuits qui peuvent comprendre repas et dégustations. Visites que Les 3 Grâces comptent bientôt organiser en minibus afin de sortir des villes et encore plus des sentiers battus.

Découvrez dans chaque numéro de Sans Transition ! Occitanie une bonne adresse dénichée par Les 3 Grâces

Plus d'infos : www.les3graces.fr/webzine/

 

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

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