Économie

[SUPERMARCHÉ] Breizhicoop, l’épicerie coopérative à Rennes

Créé le : 19/03/2020
Breizhicoop Crédit Virginie Jourdan

Crédit photo : Virginie Jourdan. 

Par Virginie Jourdan

Dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris, des Rennais ont ouvert le premier supermarché participatif breton. Depuis mars 2019, les sociétaires de l'épicerie, située dans un quartier populaire de la capitale rennaise, gèrent leur propre commerce pour donner du sens à leurs achats.

 

Installée derrière une caisse-enregistreuse, Christine demande conseil à un de ses collègues bénévoles. « Hamid !, lance la femme depuis son poste, je viens d'entrer les nouveaux prix des fruits et légumes dans le logiciel, il faut que je redémarre la caisse ? » Au fond de l'épicerie, devant les réfrigérateurs destinés aux poissons fumés et à la viande, Chanterelle s’attelle à relever les températures de chaque colonne froide et les reporte sur un tableau de papier qu'elle classera ensuite dans les archives du magasin. Comme Jean-Pierre, Morgan et Hélène après elles, Christine et Chanterelle sont venues donner trois heures de leur temps à la boutique Breizhicoop, le premier supermarché participatif breton.

Pour répondre à toutes les questions, Hamid a pris le rôle de bénévole référent pour la journée. Ce jeune retraité de 63 ans vient dans ce quartier du sud de Rennes entre une à trois fois par semaine depuis Pleumeleuc (35), une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Rennes. Comme Alexis, également présent ce jour dans le magasin, il fait partie des membres fondateurs de cette épicerie pas comme les autres. Ce qui lui a plu ? « ...

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[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: « Un système qui n’exclue pas la dimension marchande »

Créé le : 19/03/2020
virginie jourdan Breizhicoop

Crédit photo Virginie Jourdan. Breizhicoop

Propos recueillis par Elodie Crézé

Bruno Claverie est enseignant en économie à l'Université Toulouse – Jean Jaurès, ISTHIA. Il estime que le supermarché coopératif est un modèle de consommation plus humain, qui s’inscrit dans une transformation sociale globale.

Comment pourrait-on définir le modèle du supermarché coopératif ?
Il s’agit d’un modèle plus humain, l’humanisme étant au fondement même de ces supermarchés coopératifs. C’est aussi un lieu, qu’on pourrait qualifier de tiers-lieu - d’après la définition du sociologue Ray Oldenburg – qui n’est ni un lieu de vie domestique, ni un lieu de travail ordinaire. Le consommateur y est un « consom’acteur »(1), au sens où il apprend, développe des compétences en logistique, vente, etc. Il est ainsi un employé, mais pas au sens traditionnel du terme. Et il s’investit dans le produit, qu’il connaît et choisit, et celui-ci ne disparaît pas derrière son seul usage.(2) Enfin, il est sociétaire, et de ce fait gouverne, prend des décisions. On se rapproche des visions solidaires du XIXe siècle, avec le grand mouvement des mutuelles et coopératives.

Il s’agit d’un modèle basé sur le bénévolat. Cela n’est-il pas sa principale limite ?
Ce n’est pas du bénévolat au sens philanthropique qu’on lui assigne habituellement, et pas tout à fait du volontariat d’après sa définition juridique non plus. Ici, même s’il n’y a pas de rémunération(3) les employés ne sont pas désintéressés. Les bénéfices psychologiques sont considérables, ils acquièrent une variété de compétences et jouent un rôle dans la transformation sociétale. Il s’agit d’une nouvelle forme d’économie du tiers-secteur, en pleine expérimentation. Bien que ne visant pas le profit, et s’inscrivant dans un système solidaire, le supermarché coopératif n’exclue pas la dimension marchande. Dans cette économie collaborative que l’on pourrait qualifier d’alternative, la relation marchande devient un catalyseur de lien humain.

Ce modèle, récent en France, a-t-il vocation à essaimer ?
Il tend à essaimer sur tout le territoire, même si pour l’instant il reste majoritairement lié à un cadre urbain. L’environnement dans lequel il s’implante et la volonté propre des sociétaires le fera peut-être évoluer différemment, davantage vers le périurbain, voire le rural. Pour l’heure, chaque supermarché coopératif est un laboratoire en soi.

(1)Le client possède le statut de coopérateur et achète une part du magasin quelques dizaines d’euros. Il doit accorder quelques heures de son temps par mois à faire tourner la boutique, environ 3 ou 4 heures.
(2) Les marges sont généralement fixes sur les produits, où la qualité, le bio et le local, sont privilégiés pour un moindre coût.
(3)On trouve tout de même un minimum de salariés pour certains postes, comme pour orchestrer la participation des coopérateurs.

Plus d’infos : https://forum.supermarches-cooperatifs.fr/

[ENTRETIEN] : « La smart city est autant un remède qu'un poison »

Créé le : 16/03/2020
CNES

Légende : En décembre, la métropole de Montpellier a officialisé sa collaboration avec le centre spatial le CNES pour cartographier la biodiversité végétale, les risques incendie en forêt, le potentiel agricole et l'évolution des constructions urbaines. Crédit photo : DR

Propos recueillis par Virginie Jourdan

Carlos Moreno est professeur des universités à Paris (1). Depuis près de 15 ans, il travaille sur la ville et son volet « intelligent ». Pour lui, l'enjeu actuel est de créer un environnement urbain à la fois durable et basé sur la proximité.

Faut-il avoir peur de la smart city ?

La smart city reste un concept très vague. Sans limites posées, c'est une manière de donner à la technologie le pouvoir de résoudre les problèmes et les questions qui émergent dans la ville. Or, l'enjeu véritable d'une ville est de savoir comment se partagent les espaces publics et les espaces privés. Et comment la vie quotidienne des citoyens est organisée pour leur assurer le bien-être. Nous sommes bien loin de ce que proposait Cisco ou IBM en 2008 (des villes qui sont gérées à partir d'un tableau central aspirant les données de la ville, NDLR). La smart city est autant un remède qu'un poison. Tout dépend de la façon dont elle est utilisée.

Pourquoi ajoutez-vous systématiquement le qualificatif « humaine » quand vous parlez de smart city ?

Parce que la multiplication des outils numériques, et donc la technologie,  a pu, à un moment donné, déresponsabiliser les décideurs politiques. Et cela a aussi eu une incidence sur le débat démocratique qui s'est révélé moins riche, notamment sur les questions de l'inclusion de toutes et tous ou « comment vivre ensemble ? ». Le cœur de la problématique de la ville, c'est l'humain. Et pour cela l'intelligence doit être du côté des élus et des décideurs, pas dans des machines comme le promet l'intelligence artificielle. Il faut sortir de la gestion de la ville en verticale avec d'un côté l'école, puis la voirie, le logement, la mobilité, etc. Tout est interdépendant et une vision par secteur ne permet pas de penser les usages des habitants.

Que peut la ville pour les citoyens ?

Il y a six fonctions sociales essentielles qu’une ville doit remplir pour accueillir correctement ses habitants. Comment se loger, comment travailler, s'approvisionner sur le plan alimentaire, prendre soin de soi sur le volet de la santé, comment apprendre et, enfin, comment s'épanouir. Et pour tout cela, il faut du temps. Le temps pour soi, ses proches, ses voisins, pour la planète aussi afin d'émettre moins de CO2. Avec la smart city, ou les projets tels que celui d'Elon Musk avec son tunnel sous-terrain dédié à des voitures propulsées à 200 kilomètres à l'heure, ce qui est proposé c'est aller plus vite, plus loin. Nos modes de consommation et de production ont encouragé une dissociation entre le temps et l'espace. Et cette dissociation épuise la planète.

Les villes sont-elles des nœuds dans la résolution de la crise climatique ?

Nous devons réduire nos émissions de CO2 par deux pour éviter la catastrophe climatique qui se prépare. Or les villes émettent 77% des émissions de CO2 du monde, elles consomment 70% de l'énergie, elles concentrent 80% de la création de richesse et 54% de la population mondiale. Tout cela sur seulement 2% de la surface planétaire. Alors oui, évidemment, il faut créer et inventer pour se remettre à aimer la politique, à aimer les villes, pour en prendre soin comme si c'était soi-même et en faire un lieu aimable. Il nous faut un urbanisme de la proximité.

Selon vous, une ville peut-elle devenir intelligente sans impacter sa gouvernance ?

Les citoyens doivent être au clair avec les enjeux écologiques, sociaux et économiques. Ils doivent être éduqués. Ils doivent savoir comment chaque euro dépensé dans la ville vient répondre à ces trois critères. Il faut que les citoyens et les élus municipaux eux-mêmes aient aussi le vrai pouvoir de prendre des décisions pour leurs villes en matière d'aménagement routier et sur tout ce qui influe sur l'air, l'eau, l'ombre, les espaces publics, le silence et le temps. Je prône une ville du quart d'heure. Une ville dans laquelle, chaque déplacement pour apprendre, se divertir, se nourrir ou prendre soin de sa santé, ne dépasse pas les 15 minutes. C'est ce que j'appelle la ville du quart d'heure et ce serait rendre la ville à ses citoyens.

(1) Carlos Moreno est directeur scientifique de la Chaire Entreprenariat Territoire Innovation, Université Paris 1 Panthéon, Sorbonne, et IAE Sorbonne Business School.

Plus d’infos : www.moreno-web.net

 

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[FAB CITY] : Ils veulent fabriquer la ville

Créé le : 16/03/2020
Virginie Jourdan Fab city

Légende photo : À Rennes, des habitants ont reproduit des machines dont les plans sont livrés en open source et qui permettent de fabriquer des objets en recyclant le plastique ramené par leurs soins.
Crédit photo : V. Jourdan

Par Virginie Jourdan

De Brest à Marseille, des citoyens et des associations veulent participer à la fabrication de leur ville. À la seule gestion utilitaire des ressources, ils veulent ajouter la mise en commun des connaissances. Leur objectif ? Développer l'autonomie de leur territoire. Un pari qui prend du temps.

« Nous avons lancé le Science hack day pour imaginer ensemble de nouveaux usages dans la ville et y améliorer les déplacements, l'inclusion de tous, le partage des connaissances mais aussi l'écologie », démarre Antony Le Goïx Auffret, attaché de direction aux Petits Débrouillards à Brest. En novembre, sa cinquième édition a rassemblé 120 personnes, étudiants, enfants, curieux ou experts. Au fil des années, des projets ont émergé : hébergeurs de données du web à proximité de chez soi,  avec un échantillonneur ADN à bas coût pour inventorier la biodiversité marine, fauteuil roulant à assistance électrique peu onéreux, etc. Créé en 2015, ce Science hack day est l'une des actions rattachées à la « fab city » de Brest. Née à Barcelone à la fin des années 2000, la fab city veut donner aux citadins les moyens de construire leur ville. Réponse à la « smart city », jugée arcboutée sur la technologie et excluante pour les habitants, elle a été officialisée en 2014 et rassemble aujourd'hui une trentaine de villes à travers de monde. De Saracoba au Brésil à Amsterdam au Pays-Bas ou encore Ekurhuleni en Afrique du Sud, toutes se sont donné l'objectif d'atteindre 50% d'autonomie en 2054 dans des domaines aussi variés que la fabrication de matériaux, d'objets ou l'alimentation via l'agriculture urbaine. En France, quatre villes et deux régions ont rejoint le mouvement depuis 5 ans. Toulouse, Paris, Brest, et récemment Rennes, mais aussi les régions Occitanie et Auvergne-Rhône Alpes. Dans chacun des territoires, les projets prennent des visages différents mais tous reposent sur un réseau fourni de laboratoires de fabrication numérique, les fablabs. « À Toulouse comme ailleurs, les projets peuvent paraître lents car il y un temps long d'appropriation des techniques et des outils numériques », explique Richard Didier, bénévole à Artilect, réseau de fablabs toulousains. Dans ces ateliers, l'autonomie signifie fabriquer des maisons avec du bois local ou apprendre la couture. À l'échelle de la municipalité toulousaine, elle s'incarne dans l'open data : « la ville veut harmoniser les données sur l'eau ou l'énergie pour les rendre facilement accessibles à tous : associations, citoyens ou entreprises plutôt que de confier leur gestion à des groupes privés », ajoute Richard.

De l'autonomie à l'inclusion sociale

À Saint-Etienne, des habitants ont co-designé les aires de jeux sur lesquelles jouent leurs enfants. À Rennes, des prototypes de véhicules open source sont testés, des capteurs de pollution de l'air sont améliorés pour ajouter la mesure du dioxyde d'azote à moindre coût. « Dans la smart city, les citoyens sont vus comme des producteurs de données. Avec la fab city, les projets les rendent acteurs de leur ville », ajoute Yves Quéré, responsable de l'Open lab Factory, l'un des hauts lieux de la mise en œuvre de la fab city brestoise.

Malgré des projets concrets, la fab city reste peu répandue. Mais les projets de fabrication collective, eux, font concrètement leur chemin. Comme à Marseille. Si la cité phocéenne n'est pas entrée dans une démarche de labellisation fab city, David Benaïm, co-fondateur du lieu de fabrication « Ici Marseille », reconnaît que « le concept trotte dans la tête de tout le monde ». D'abord dédié à la mutualisation de locaux et de machines pour les artisans qui fournissent, par exemple, du mobilier urbain, Ici Marseille a finalement ajouté l'inclusion sociale à ses activités. «Nous sommes d'abord là pour répondre aux problématiques de la société, pas à des marchés », explique le directeur. Actuellement, 20 jeunes décrocheurs scolaires y suivent une formation de 6 mois. « En plus de la menuiserie, ils apprennent les bases pour créer leur propre entreprise », précise David Benaïm. Une manière, pour lui, de promouvoir l'autonomie des citoyens sur leur territoire. Ce dernier en est d'ailleurs convaincu : « Une ville qui peut partager, c'est d'abord une ville autosuffisante et autonome. »

Plus d'infos:

Barcelone ou la réinvention du droit à la ville : https://frama.link/BarceloneFabCity

Mieux connaître la fab city : https://fab.city

[SMART CITY] : le cauchemar derrière les promesses ?

Créé le : 16/03/2020
melbourne

Par Virginie Jourdan

Débarquées après la crise financière de 2008, la « smart city » et ses promesses d'économie d'énergie progressent en France. À Angers, Dijon, Nice, des mairies optent pour des solutions clé en main pour assurer une partie grandissante de la gestion de leurs éclairages, déchets ou vidéo-surveillance. Entre la captation lancinante des données et des services publics par des groupes privés et la multiplication des outils de surveillance, les craintes émergent. Les alternatives aussi.

Objet marketing promu par de grands groupes américains après la crise financière de 2008 et dopé par les espoirs suscités par des outils numériques florissants, la ville intelligente ou smart city continue de poser ses jalons en France. Sur le terrain, son versant sécuritaire inquiète.

Une décade après son apparition dans le vocable de la révolution numérique, la « smart city », communément traduite par ville intelligente, progresse encore. De Singapour à Toronto, les applications et les plateformes numériques qui promettent d'apporter des réponses automatisées à des problèmes imprévus ou récurrents se multiplient. Leur carburant pour fonctionner ? La collecte de données, leur centralisation puis leur traitement. Avec elles, tout est passé au peigne-fin : consommations énergétiques, déplacements d'automobiles ou de piétons, consommations d'eau, etc. En France, ce concept fait aussi son bonhomme de chemin. Fin 2019, la ville d'Angers, dans le Maine-et-Loire, a dévoilé son modèle de « smart city ». Au programme : 50 000 capteurs devraient être installés dans les rues de la ville en 2020. Objectif ? Mesurer pour...

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[ ÉCOLOGIE ] Un revenu universel pour sortir du productivisme ?

Créé le : 13/03/2020

Par Guillaume Bernard.

Produire moins permettrait de réduire la production de CO2. Mais comment faire pour que la baisse de la production n’appauvrisse pas davantage les plus pauvres ? À cette question certains répondent : « revenu universel ».

Il est bien difficile de savoir précisément de quoi on parle quand on évoque le « revenu universel ». Si le principe de base est toujours le même - on verse régulièrement une somme d’argent à toute une population -, les différentes modalités qui le conditionnent en changent fortement l’objectif. Il a d’ailleurs déjà été utilisé pour permettre à une population, non pas de réduire son activité économique, mais de la relancer. C’est le projet qu’a financé l’église protestante allemande en Namibie, son ancienne colonie. Pendant deux ans (2008-2009), 930 citoyens ont reçu l’équivalent de 12 dollars par mois. Un revenu conséquent quand 30 % de la population namibienne vit avec moins d’1 dollar par jour. Le rapport qui effectue le bilan de cette expérience conclut que les habitants ont réussi à augmenter leur revenu de 29 %, hors versement du revenu de base, et que le taux de chômage est passé de 60 % à 45 %.

En France, le gouvernement d’Emmanuel Macron envisage lui aussi d’instaurer un « revenu universel d’activité ». Si les modalités n’en sont pas encore fixées, puisque la concertation à son sujet doit s’achever en juin 2020, on sait d’ores et déjà qu’il consisterait en une fusion des différentes aides sociales : revenu de solidarité active, prime d’activité, aide personnalisée au logement etc. Cette nouvelle allocation n’aura fi nalement rien d’universel puisqu’elle dépendra des situations particulières de chacun et ne sera pas remise à tous. Dans ces différents cas, le revenu universel n’a aucunement pour but de se substituer à l‘emploi et n’a donc pas pour effet de réduire ou de réorienter l’activité économique.

Des revenus inconditionnels substituables au salaire

Il en va tout autrement du « revenu inconditionnel » proposé par Baptiste Mylondo et qu’il qualifie lui-même de « décroissant et de gauche ». Estimé à 1 000e mensuels, soit 60% du revenu médian, il serait versé à tous, pendant toute sa vie, sans condition et sans contrepartie. Il conserverait également la branche maladie de la sécurité sociale. C’est la proposition la plus proche de celle qui a fait le succès de Benoît Hamon lors des primaires de la gauche en 2017. Le candidat du Parti socialiste à la présidentielle proposait toutefois un revenu bien moins élevé puisqu’il le fixait à 600e. Pour Baptiste Mylondo, le « revenu inconditionnel » est une réponse écologique aux conséquences néfastes de la croissance sur les émissions de CO2 puisqu’il encourage à la sobriété volontaire. Il serait couplé avec l’instauration d’un salaire maximum, quatre fois supérieur au revenu inconditionnel et financé par une plus forte progressivité de l’impôt, par la fin des politiques de l’emploi et par la fusion de toutes les allocations sociales existantes inférieures aux 1 000e.

« La totalité des fruits de notre travail, aussi appelée plus-value, serait prélevée sous forme de cotisation et mise en commun dans différentes caisses », Baptiste Pagnier, militant du Réseau Salariat

Dans ce système, les personnes qui voudraient gagner plus de 1 000e par mois gardent la possibilité d’aller s’employer sur le marché. C’est ce qui différencie profondément la proposition de Baptiste Mylondo de celle du Réseau Salariat, qui en prévoit la suppression.

À elle seule, l’activité numérique représente 5% des émissions de gaz à effet de serre. Photo : Pixabay

Estimé entre 1 500e et 6 000e mensuels selon la qualification, le « salaire à vie », et non plus « revenu universel », serait la seule source de revenu possible dans le modèle promu par l’économiste Bernard Friot, dont s’inspire le Réseau Salariat. Il consiste à étendre à tous, le statut qui est actuellement celui des fonctionnaires. « La totalité des fruits de notre travail, aussi appelée plus-value, serait prélevée sous forme de cotisation et mise en commun dans différentes caisses », explique Baptiste Pagnier, sociologue. « Une caisse serait  chargée de redistribuer ces cotisations sous forme de salaire à vie, une autre d’investir dans les secteurs de la production que, collectivement, nous aurons jugé bon de développer », continue le militant du Réseau Salariat. C’est par la gestion collective de ces caisses, à la tête desquelles le Réseau Salariat entend mettre des salariés, qu’elle apporte une réponse aux problèmes écologiques posés par la surproduction. Cette fois, il ne s’agit plus forcément de réduire la production mais d’en reprendre le contrôle. « Nous pensons qu’en donnant aux producteurs la possibilité de répondre à la question : “qu’est-il est bon de produire et en quelle quantité ?”, les excès propres à la recherche infinie de la croissance et du profit disparaîtront », conclut Baptiste Pagnier. Et donc que la planète s’en portera d’autant mieux !

[INFORMATIQUE] Logiciels libres : remettre de l’éthique dans le cloud

Créé le : 20/01/2020
Photos Pixabay

Photos Pixabay
Par Sandrine Lana

S’affranchir des grands groupes, utiliser des logiciels libres et devenir propriétaires de son propre centre de données, c’est l’objet d’une révolution numérique opérée par des collectivités et des particuliers, soucieux de remettre de l’éthique dans le cloud, et privilégier le local. Le circuit-court de l’informatique est en marche.

Dans toute la France, des collectivités utilisent des logiciels libres ou sont propriétaires de leur centre de données. Objectif : créer un écosystème numérique plus local, souverain et moins coûteux.
En matière d’alimentation, consommer local, favoriser les circuits courts, moins dépendre des grands groupes, ces principes ont le vent en poupe. Dans la même optique, les citoyens font des choix de plus en plus responsables et éthiques en matière d’habillement ou d’ameublement : on recycle, on donne, on partage. En matière informatique, ce mouvement de résilience n’est pas encore majoritaire mais il existe bel et bien.

Circuit court

Partout en France, des informaticien(ne)s de collectivités territoriales (mairies, départements, communautés de communes) développent des moyens de s'affranchir des géants du numérique. Depuis les années 2000, ils sont à l’origine de réseaux d’échanges, de centres de données (ou data center) publics et de logiciels informatiques gérés localement.
Au bord du Rhône ardéchois, le syndicat mixte Numérian gère ainsi un data center public qui héberge les données et...

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[ECONOMIE SOCIALE] À Trévoux, les habitants se paient une « Folle aventure »

Créé le : 16/01/2020
Photo Elodie Horn. L'ancienne pharmacie a entièrement été retapée par les bénévoles et s'articule désormais entre un espace d'exposition et la librairie.

Photo Elodie Horn. L'ancienne pharmacie a entièrement été retapée par les bénévoles et s'articule désormais entre un espace d'exposition et la librairie.

Par Elodie Horn

Alors que des communes rurales s’éteignent à petits feux, des irréductibles s’organisent pour leur donner un second souffle. À Trévoux, dans l’Ain, des habitants épaulés par Villages vivants, qui a pour mission d’acheter et de vendre des locaux afin d’y installer des entreprises d’innovation sociale, ont permis la réouverture d’une librairie, « La Folle aventure ».

 

Racheter, rénover puis louer à des prix justes et progressifs des boutiques vides, voici la mission entreprise par Villages Vivants. Cette société installée dans la Drôme souhaite rendre leur attractivité aux campagnes et accompagne des projets qui ont du sens, comme à Trévoux, où ils ont soutenu la réouverture d'une librairie en centre-bourg.

Dans les 100m2 tout juste rénovés de « La Folle aventure », le flux de visiteurs ne tarit pas ce samedi après-midi de septembre. Après tout, ce n'est pas tous les jours que les habitants de Trévoux, une commune de 6800 habitants située dans l'Ain, célèbrent l'inauguration d'un commerce. Articulé entre une librairie et une salle d'exposition, cet espace est avant tout un lieu de vie et de rencontres au cœur du bourg. De plus, ce dernier possède une autre particularité : c'est une entreprise coopérative. Les habitants n'en sont pas à leur coup d'essai puisqu'ils s'étaient déjà réunis, avec succès, pour créer un cinéma dans la cité, la Passerelle, mais aussi une recyclerie, en 2012. Forts de ces réussites coopératives, lorsque ferme « la Plume rouge », la dernière librairie du centre-bourg en 2016...

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[ PERSÉVÉRER POUR RÉUSSIR ] L'exemple de Jean-Louis Étienne

Créé le : 19/12/2019

Le grand explorateur français était l'invité d'Aesio et de Sans transition ! magazine le 02 octobre dernier, lors d'une conférence réservée aux professionnels organisée à l'Université catholique de Lyon. Au cours de cette conférence dédiée à la persévérance, celui qui fut le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, a expliqué comment, grâce à cette valeur positive, nous pouvons nous dépasser au quotidien.

Comment la persévérance peut-elle nous permettre de co-construire un management vertueux en faveur de notre responsabilité sociétale ? C'est ce à quoi le médecin spécialiste en biologie et en nutrition du sporten solitaire a répondu.

La conférence fut également pour lui l'occasion de revenir sur son parcours exemplaire engagé dans la transition environnementale. Jean-Louis Etienne prépare activement sa prochaine expédition, Polar Pod, une exploration de l'océan austral à bord d'une plateforme océanique habitée, spécialement conçue pour dériver autour de l'Antarctique dans les cinquantièmes hurlants.

Entretien :

Découvrez le reportage sur l'événement :

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[ MARSEILLE ] Journées de la Transition écologique et de l’économie circulaire

Créé le : 09/12/2019

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur annonce pousuivre son engagement en faveur de l'urgence climatique et organise les Journées de la Transition écologique et de l’économie circulaire les 16 et 17 décembre prochains.

Renaud Muselier, Président de la région Paca sera entouré pour l'occasion d'invités de renom : Maud Fontenoy, Vice-présidente déléguée au développement durable, à l’énergie et à la mer, Bernard Kleynhoff, Président de la commission Économie, industrie, innovation, nouvelles technologies et numérique, et en présence de Samuel Le Bihan, acteur et créateur de l’association Hearthwake.

Des ateliers, tables rondes et débats se succèderont pendant les deux journées.

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