Économie

[PLAN DE RELANCE] : les 43 milliards d'euros prioritaires pour le réseau action climat

Créé le : 31/07/2020
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Par Réseau action Climat

Aujourd’hui le Réseau Action Climat publie ses recommandations pour un Plan de relance vert et solidaire. S’appuyant sur 3 principes devant structurer l’allocation des fonds, il liste les domaines prioritaires et les montants nécessaires pour les deux prochaines années. Alors que les financements publics ont été majoritairement fléchés jusque là vers des secteurs polluants, sans réelle contrepartie demandée par l’Etat, il est temps pour le gouvernement de démontrer sa volonté d’un changement de cap.

Alors que Bruno Le Maire déclarait mardi à l’Assemblée nationale que "c'est tout le plan de relance qui visera la décarbonisation de l'économie", le Réseau Action Climat lui répond “Allons-y !”. Car ce plan doit répondre à trois principes : accélérer la baisse des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, allouer au moins 50 % des fonds à la transition écologique juste et appliquer le principe “do no harm”, c’est à dire exclure les secteurs néfastes pour le climat ou l’environnement.

Parmi les priorités, le Réseau Action Climat liste les domaines où des investissements publics supplémentaires sont nécessaires, et ceci à hauteur de 43,4 milliards d’euros pour les deux années à venir, sans couvrir la totalité du périmètre du Plan de relance. Parmi ces financements, 13,4 milliards pour les transports, 8 milliards pour la rénovation des bâtiments, 6 milliards pour les énergies renouvelables et 5 milliards pour l’industrie, mais aussi 15,8 milliards pour la transition juste. A côté des investissements indispensables pour la transition, le Réseau Action Climat ajoute des financements d'ingénierie pour augmenter les capacités humaines nécessaires dans les collectivités territoriales pour instruire les dossiers, mobiliser les acteurs des territoires et assurer la mise en oeuvre des politiques de la transition écologique l’échelle locale.

Le Réseau Action Climat appelle le gouvernement à mettre les enjeux de la transition écologique et juste au centre du Plan de relance pour enfin engager la France sur une trajectoire climatique ambitieuse, gage de créations d’emplois pérennes.

[Industrie automobile] : répondre à la crise en préparant la mobilité de demain

Créé le : 06/07/2020

Par négaWatt

Conséquence de la crise sanitaire et des difficultés rencontrées depuis une quinzaine d’années, le secteur automobile connaît une grave crise économique. En France, des dizaines de milliers d’emplois sont menacés. Le gouvernement a fait le choix d’un effort budgétaire massif pour stimuler la demande automobile, favoriser l’innovation et soutenir les acteurs industriels français. Si certaines mesures sont bienvenues, le plan proposé n’est clairement pas à la hauteur des engagements climatiques, ni des enjeux sociaux soulevés par le mouvement des gilets jaunes.

 

Face à des mesures centrées sur l’offre de court terme du secteur automobile français, l’association négaWatt soutient une stratégie industrielle des mobilités adaptée aux besoins de déplacement, en cohérence avec les enjeux économiques, sociaux et climatiques. Celle-ci vise tout d’abord à prioriser l’investissement public vers les modes de transports les moins polluants et garantissant un accès plus équitable à la mobilité, comme le ferroviaire et les transports en commun. Grand absent des mesures gouvernementales, un plan ferroviaire ambitieux[1] est par exemple primordial.

Cette stratégie consiste également à engager dès à présent l’évolution de la filière automobile vers un modèle plus soutenable. Cela passe d’une part par le développement de la filière électrique au-delà de la seule voiture individuelle, en intégrant également les micro-cars et les deux-roues. Il s’agit d’autre part de construire une filière bioGNV (voitures et poids-lourds alimentés au gaz renouvelable) plus adaptée aux déplacements longs. Cette filière, qui présente des atouts écologiques indéniables, peut s’appuyer sur des réseaux de distribution existants et suggère de nombreuses créations d’emplois. Elle permettrait en outre de proposer aux ménages des véhicules plus accessibles financièrement.

Ces propositions restent indissociables d’une réflexion en amont sur nos déplacements en lien avec l’approche de sobriété portée par notre association.

Créée en 2001, l’association négaWatt est animée par une vingtaine d'experts de l’énergie, bénéficiant d'une expérience de terrain et de compétences complémentaires. Ils ont notamment démontré, avec le scénario négaWatt, qu’une transition énergétique vers un avenir soutenable est techniquement possible. L’association est aujourd'hui soutenue par près de 1400 adhérents.

Plus d’infos : la note présentant les propositions de l'Association négaWatt pour renforcer le plan de relance du gouvernement. 

 

 [1] Tel que proposé dans le scénario 3 du Conseil d’orientation des infrastructures

 


 

[INTERVIEW] « Les gens auront faim en France ! »

Créé le : 06/07/2020
Photo : Virginie Jourdan

Crédit photo : Virginie Jourdan

Propos recueillis par Elodie Crézé

Ghislain Nicaise est biologiste à la retraite et secrétaire de Terre de Liens Paca. Pour lui, l’accaparement des terres agricoles posera inéluctablement un problème de sécurité alimentaire en France.

 

Pourquoi faut-il lutter contre ce phénomène ?
L’accaparement des terres agricoles par de grosses exploitations pose un problème d’équilibre écologique, de destruction des sols, notamment par les pesticides, et de celle de la biodiversité. L’agriculture industrielle utilise les sols comme s’il s’agissait d’un bien non renouvelable. Les conséquences sont massives : on assiste à une érosion continue avec la bonne terre qui ravine dans les fleuves et la mer. On assiste également à un problème d’artificialisation des terres agricoles. Exemple phare dans la basse vallée du Var, l’une des régions les plus fertiles d’Europe, on installe des grandes surfaces commerciales, des clubs hippiques ou des mini-golfs, on entasse des pneus... On détruit toute résilience alimentaire possible.

Quelles sont les conséquences sur l’alimentation des Français?
Elles sont dramatiques puisque de manière inéluctable, nous allons manquer de terres agricoles : les gens vont avoir faim en France ! Et nous allons devoir augmenter nos importations. Quant au réchauffement climatique, il suffirait que les sols puissent absorber 0,4 % de carbone en plus par an pour résorber le surplus résultant de l’utilisation des combustibles fossiles. Pour rattraper ce chiffre, il faudrait abandonner l’agriculture productiviste et stopper l’artificialisation des terres. Nous n’en prenons pas le chemin, d’après le ministère de l’Environnement, les espaces agricoles et naturels perdent actuellement 236 hectares par jour, ce qui correspond à la superficie d’un département français moyen (610 000 hectares) tous les sept ans.

Selon vous, les politiciens prennent-ils le problème au sérieux ?
Sur cette question, ils semblent incompétents. Exception faite des édiles de quelques communes, qui sont des îlots de résistance, comme Damien Carême, le maire de Grande-Synthe (59) ou Pierre Leroy, le maire de Puy-St-André (05). Pour accompagner l’effondrement probable à venir, il faudrait changer l’agriculture de fond en comble ! Les déclarations des politiques laissent croire à une prise de conscience, mais les faits ne suivent pas. Par exemple, les subventions de la PAC sont rapportées à la surface cultivée et soutiennent ainsi en majorité les grandes exploitations agro-industrielles. Depuis le lyrique « la Maison brûle » de Jacques Chirac, les déclarations vertueuses se sont succédé mais rien n’a vraiment été fait pour éteindre l’incendie.

 

Plus d’infos 

http://www.natura-sciences.com/environnement/lartificialisation-des-sols...

 

[ACCES A LA TERRE] Morbihan : la difficile relance de l’agriculture locale

Créé le : 06/07/2020
Photo : Virgine Jourdan. Dans plusieurs communes littorales, les lois Alur et littoral ont permis aux communes de sortir près de 1200 hectares des zones urbanisables à moyen ou long terme. Aujourd'hui classées naturelles ou agricoles, elles ne sont pas encore mobilisées pour une production nourricière.

Par Virginie Jourdan

Alors que, d’après le ministère de l’Environnement, les espaces agricoles et naturels perdent actuellement 236 hectares par jour en France, certaines communes font le choix, comme ici en Bretagne sud, de sanctuariser des terres agricoles pour faire revenir agriculteurs et éleveurs. Pourtant, face aux difficultés rencontrées, rares sont encore ceux qui parviennent à s’installer durablement.

Alors que l'artificialisation des sols ne faiblit pas en Bretagne et représente l'équivalent de 9 terrains de football chaque jour(1), une vingtaine de communes morbihannaises a réalisé l'impensable. En près de 10 ans, elle a réussi à regagner près de 1200 hectares de terres agricoles ou naturelles. Une gageure. Mais une fois passée la surprise liée à l'ampleur du chiffre, le constat change peu. Ici comme ailleurs, l'installation de nouveaux agriculteurs reste un défi.

Soleil de plomb sur la réserve des Marais de Séné. Au loin, quelques bateaux mouillent dans la rivière qui se jette dans la mer à quelques centaines de mètres. À l'ouest, la prairie a été fauchée. À l'est, espace naturel oblige, la parcelle voisine devra attendre plusieurs semaines avant que l'herbe ne soit autorisée à la coupe. Au milieu des champs, une cinquantaine de chèvres poitevines, à la robe foncée et aux cornes recourbées, broutent en troupeau. « Tout est très sec. L'hiver a été pluvieux, mais depuis plusieurs semaines, nous n'avons pas d'eau », constate Marion Chauveau. Depuis 2014, la jeune femme a rejoint la dizaine d'agriculteurs que compte la...

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[COOPÉRER] Les coopératives, inspiratrices de l'économie de demain

Créé le : 02/07/2020
scop aura

Au sortir de ces trois mois de crise sanitaire et économique, les entreprises coopératives d'Auvergne-Rhône-Alpes se sont montrées plus résilientes que la moyenne*. Humaniste, citoyenne, écologique et solidaire : l'économie « de demain » se pratique déjà aujourd'hui dans les Scop et les Scic, et fait leur force. Quelles solutions aux enjeux actuels les entreprises coopératives mettent-elles déjà en œuvre ?

Les réserves, un bien collectif
L’un des principes fondamentaux des entreprises coopératives est celui des réserves impartageables. Une part des résultats est mise en réserves chaque année. Un principe qui permet aux Scop et aux Scic de disposer de fonds propres plus conséquents, et donc de mieux faire face en cas de coup dur. Ces réserves, qui constituent un bien collectif, garantissent à l’entreprise coopérative de ni revendue, ni délocalisée. Des valeurs qui prennent tout leur sens dans le contexte actuel.
 
Relocaliser l’économie et favoriser l’intrapreneuriat : l’exemple du GRENADE (69)
L’ambition du groupement coopératif GRENADE est de bâtir une alternative écologique et coopérative au système économique actuel, en contribuant à relocaliser l’économie, et en permettant aux salarié·e·s de ses coopératives membres d’évoluer professionnellement et de trouver leur voie, grâce à son modèle autogestionnaire. « Nous favorisons ainsi l’intrapreneuriat, c’est-à-dire la création de nouvelles entreprises coopératives par nos salarié·e·s-associé·e·s. Deux dimensions sont essentielles au GRENADE : l’approvisionnement en circuits-courts et l’autogestion. Ces deux piliers permettent à nos membres d’apprendre un métier artisanal, de monter en compétences, puis de générer le désir d’entreprendre collectivement pour, à terme, réinventer leur parcours professionnel. . Je suis persuadé que c’est ce modèle de démocratie d’entreprise qui constitue l’une des clés pour construire une autre économie. C’est une immense force qui favorise la créativité, la réactivité, et la résilience », explique Marco Della Corte, l’un de ses fondateurs et co-gérant.
 
Favoriser la transition écologique : l’exemple d’Enercoop (38)
« Nous entendons souvent dire ces derniers temps que la transition énergétique doit commencer aujourd’hui. À Enercoop, nous pourrions préciser que nous fournissons déjà l’énergie du monde de demain depuis 2005 ! », rappelle Frédéric Marillier, directeur de la Scic Enercoop Auvergne-Rhône-Alpes. Implantée dans la région depuis 2010, la Scic compte aujourd’hui près de 18 000 consommateurs, 7 000 sociétaires, et 12 salarié·e·s à son siège, à Grenoble. Son ambition depuis sa création ? Favoriser la transition énergétique, grâce à une énergie 100 % renouvelable en circuit-court, une gouvernance coopérative, et une production locale, aux plus près des enjeux du territoire. « Aujourd’hui, en plus de notre métier initial, qui est de fournir de l’électricité, nous développons un autre aspect de notre activité, celui d’acteur local du développement de projets de production, dans une démarche citoyenne, en associant les habitants, collectivités ou bénéficiaires », poursuit Frédéric Marillier. « Nous accompagnons ces acteurs au passage au monde de demain ! Nous les appuyons à la fois sur le diagnostic et le conseil, mais aussi sur l’étude d’opportunités dans le cadre de projets d’autoconsommation, et enfin sur l’assistance à la maîtrise d’ouvrage. » Un enjeu plus que jamais d’actualité, avec la fin des tarifs réglementés fin 2020.
Solidarité, pérennité, force du collecti : les Scop et les Scic ont dans leur ADN les valeurs et les principes dont tout le monde semble se réclamer aujourd’hui, tant sur le plan humain, social, économique, qu’environnemental. Elles apportent des solutions aux enjeux actuels, et participent à la construction d’un modèle économique différent.
 
*Fin mai, 30 % des entreprises coopératives en Auvergne-Rhône-Alpes se déclaraient en difficulté, dont 10% en grande difficulté, contre respectivement 43 %  et 6 % pour les entreprises de la région. Sources : Service Etudes de la Confédération Générale des Scop et Observatoire économique de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes
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Energie d’ici : en proximité

Créé le : 01/07/2020

Après trois ans d’activité et un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2019, Energie d’ici a réussi son pari : commercialiser l’électricité renouvelable de ses producteurs locaux à un juste prix, tout en étant économiquement pérenne.

En décembre 2018, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) avait qualifié l’offre d’Energie d’ici d’offre "premium", avec deux autres fournisseurs d’électricité verte. C'est également le seul fournisseur d’électricité renouvelable labelisé « Origine France Garantie » par l’association Pro France.

Antoine Garcier, Directeur général d’Energie d’ici

« Avec un portefeuille de 160 GWh, nous fournissons tout type de clients, du particulier à l’industriel en passant par l’artisan-commerçant, la PME ou la collectivité locale. Aujourd’hui, les professionnels représentent 90% de ces volumes », explique . En tant qu’Union des Producteurs Locaux d’Electricité, et après avoir accueilli de nouveaux producteurs associés en décembre 2019, nous souhaitons convaincre toujours plus de producteurs d’énergie renouvelable français de rejoindre notre mouvement en nous confiant la valorisation de leur production 100% locale et 100% renouvelable et, s’ils le souhaitent, en devenant associés du groupement pour de l’éolien, du solaire, de l’hydroélectricité et de la biomasse. »


Energie d’ici représente une des rares alternatives verte et viable pour les producteurs indépendants : une solution permettant d’assurer la pérennité de leur activité dans les meilleures conditions, tout en renouant le lien entre producteurs et consommateurs. La société regroupe avant tout de la production via des contrats directs (PPA) mais également via des contrats en complément de rémunération ou en obligation d’achat en tant qu’organisme agréé par le Ministère en charge de l’Energie.


« Nous sommes une boite à outils à la disposition des producteurs pour leur trouver des solutions qui garantissent la durabilité de leurs installations et le développement de leurs activités. Notre approche est de nous regrouper pour mutualiser les compétences et les risques et ainsi traiter avec équité l’ensemble des producteurs qui nous rejoignent. Nous abordons les producteurs avec une offre identique qui permet aux producteurs d’être rémunérés à leur juste valeur et au consommateur de payer le juste prix. »

 

Proximité et qualité


Energie d’ici a su rapidement faire ses preuves en termes de proximité avec ses adhérents, tant professionnels que particuliers, et de qualité de ses services, et s’inscrit aujourd’hui comme une valeur sûre dans le domaine des énergies renouvelables. Fort de son succès et de sa solidité financière, et avec une croissance en volume et en chiffre d’affaires de +50% par an, Energie d’ici cherche activement à coopérer avec de nouveaux producteurs indépendants, partageant les mêmes valeurs de proximité, de pérennité et d’attachement aux territoires afin d’assurer le développement de son action. En 2019 la société a atteint l’équilibre opérationnel.


« Notre approche du développement des énergies renouvelables est discrète et efficace. En tant que producteurs depuis parfois de longues années – 1894 pour la centrale la plus ancienne – nous assurons le développement de notre activité avec une vision sur du très long terme. Ainsi nous faisons le pari de tisser avec nos producteurs et nos consommateurs une relation durable et saine. »
 



Plus d'infos
www.energiedici.fr

[ INITIATIVE ] La coopérative Railcoop prépare la réouverture de la ligne Bordeaux-Lyon

Créé le : 11/06/2020
Photo : Pixabay

Par Railcoop 

Railcoop, première société coopérative d'intérêt collectif de France dédiée au ferroviaire, vient de déclarer à l’Autorité de Régulation des Transports son projet de faire de nouveau rouler des trains de voyageurs sur la ligne Bordeaux-Lyon. Cette notification constitue la première étape vers la mise en place du service prévue pour l’été 2022. Un reportage à lire dans Sans transition ! °24

" Alors que le monde des transports est en pleine mutation avec l’ouverture à la concurrence totale du transport ferroviaire de voyageurs à compter de décembre 2020 et avec l’interdiction programmée des vols intérieurs bénéficiant d’une alternative ferroviaire, la réouverture de la liaison ferroviaire transversale Bordeaux - Lyon qui traverse le Limousin et l’Auvergne constitue un premier pas vers le développement de nouvelles offres ferroviaires adaptées aux territoires.

Depuis la suppression du service en 2014, il n’existe plus de liaison directe ferroviaire entre Lyon (deuxième plus grande métropole de France) et Bordeaux (cinquième métropole). “Le marché Province-Province en train classique reste largement inexploité en France. Pourtant, il y a une forte demande”, rappelle Dominique Guerrée, le Président de Railcoop. 

Avec un temps de parcours prévu de 6h47, le service sera plus lent que la connexion via Paris. Mais, pour Quentin Neurohr, sociétaire de Railcoop et dirigeant de COPOMO, un cabinet de conseil en mobilités, “il y a une vraie demande pour des services ferroviaires directs, confortables, sûrs, à un prix abordable et pour lesquels l’enjeu de vitesse est secondaire”. Avant de se lancer sur cette ligne, Railcoop a d’ailleurs fait valider le potentiel de marché par Systra, le leader de l’ingénierie et du conseil dans le monde ferroviaire.

Cette ligne, qui desservira Bordeaux, Libourne, Périgueux, Limoges, Saint-Sulpice-Laurière, Guéret, Montluçon, Gannat, Saint-Germain-des-Fossés, Roanne et Lyon, constitue un premier test pour Railcoop. S’il s’avérait concluant, Railcoop ouvrira d’autres liaisons en train classique avec comme objectif de mieux connecter les territoires aux services ferroviaires."

Un reportage à lire dans Sans transition ! °24

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[INTERVIEW] « Relocaliser des filières et une partie de l’alimentation à Belle-Île »

Créé le : 23/05/2020

Crédit Photo : Caroline Trouillet. 

Propos recueillis par Élodie Crézé

Victor Giguet-Chevalier est chargé de mission agriculture-alimentation pour le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Belle-Ile-en-mer. Celui-ci met en œuvre, depuis 2018, le Projet alimentaire territorial ( PAT)* de l’île, territoire insulaire du Morbihan, en vue d’en refonder toute la stratégie alimentaire et de relocaliser les filières.

Quel est le profil de Belle-Île, et l’objet du Pat dans ce contexte ?
Belle-Île s’inscrit dans un système de production agricole global conventionnel, avec le recours à des structures industrielles dimensionnées à l’échelle régionale comme la laiterie Lactalis de Pontivy ou l'abattoir Bigard de Quimperlé. L’idée du Pat est de restructurer, à l’échelle de ce territoire insulaire, l’articulation entre production et consommation, et d'en limiter la distanciation. Il y a forcément des intermédiaires, par exemple pour la transformation de la viande. L’idée n’est pas non plus de nier l'utilité de l’industrie agroalimentaire, mais plutôt de relocaliser ces outils industriels pour reprendre la main sur le devenir des filières et une partie de l’alimentation. Si nous recevons des enseignements du continent et d’autres territoires insulaires, la démarche atteint ici un stade de maturité élevé. Belle-Île est, de ce fait, un territoire pilote.

Quels exemples concrets de relocalisation de l’alimentation à Belle-Île pouvez-vous donner ?
Depuis une dizaine d’années, un abattoir local fonctionne sur l’île. Il y a aussi un camion de lait qui assure la collecte, financé, comme l’abattoir, par l’intercommunalité. Des producteurs se sont regroupés pour lancer un point de vente collectif, « Au coin des producteurs », qui permet d’écouler la production locale ; une fromagerie s’est montée et le projet d’une laiterie coopérative semi-industrielle est en voie d’aboutissement.

Comment le Pat intègre-t-il les enjeux de l’insularité ?
Le fait d’être un territoire insulaire constitue un élément pédagogique puissant : on remarque davantage l’aberration à faire faire des allers-retours à un produit entre l’île et le continent, notamment à des animaux destinés à la viande. D’autant plus que le coût du transport est plus important sur une île. En revanche, l’insularité présente un caractère particulier quand il s’agit de structurer une démarche collective : les agriculteurs sont davantage choisis par le territoire qu'ils ne se choisissent entre eux comme cela peut être le cas ailleurs, même si la solidarité insulaire est bien réelle.


*Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), prévus dans la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014 (Art 39), au sein de territoires urbains comme ruraux. Ils ont vocation à répondre aux enjeux tels que la souveraineté alimentaire des territoires, ou encore la construction commune d’un système alimentaire durable et responsable.

Article présent dans les magazines: 

[ ESS ] Le réseau des entreprises coopératives en AURA solidaire et résilient face à la crise

Créé le : 14/05/2020

Alors que la crise sanitaire impacte fortement l'activité économique des entreprises coopératives d'Auvergne-Rhône-Alpes, les valeurs qui fondent le réseau des Scop et des Scic (solidarité, pérennité, force du collectif...) résonnent avec encore davantage de force et de sens aujourd'hui. Plusieurs solutions inédites ont été rapidement mises en place et détaillées un communiqué de presse publié par le réseau.

Le PPES, un financement simple et rapide pour soutenir la trésorerie des coopératives

En réponse immédiate à la crise, le Mouvement coopératif, via sa holding financière Socoden, a mis en place un Prêt participatif d'entraide et solidaire (PPES). Ce financement simple et rapide a pour but de soutenir la trésorerie des coopératives le temps de la mise en place des reports de charges fiscales, sociales et bancaires, du chômage partiel et du prêt garanti par l'Etat. Déjà 2 millions d'euros ont été débloqués depuis le 13 mars, permettant à près de 90 entreprises de bénéficier d'un prêt moyen de 23 000 euros, accordé sous 48h et versé sous 7 jours.

Au fil des ans, la holding Socoden est devenue un véritable outil de solidarité, alimenté par les cotisations des Scop et des Scic du Mouvement. Aujourd'hui, après 50 ans d'existence, plus de 3 000 entreprises ont été financées, sous forme de prêts participatifs simples ou bonifiés. Un panel d'outils complémentaires nationaux et régionaux vient compléter ces aides, pour financer du haut de bilan notamment.
 

Un accompagnement renforcé avec une équipe sur le pont


En complément de ces mesures financières, l'Union régionale a renforcé ses équipes dédiées au suivi des coopératives, en augmentant ses effectifs de 42 %. Ainsi, 95 % des adhérents ont pu être contactés dès les quinze premiers jours du confinement. Des outils innovants ont été mis à la disposition des dirigeant·e·s, pour rompre leur isolement et leur apporter des solutions concrètes et rapides [...]

> Lire le communiqué de presse en intégralité.

[ BLOOM ] "Osons sauvegarder la petite pêche côtière !"

Créé le : 04/05/2020

390 petits pêcheurs côtiers, chefs, mareyeurs, scientifiques, élus locaux et nationaux, euro-députés, figures publiques et associations demandent au gouvernement français de sauvegarder la petite pêche française. Un appel signé et relayé par l'association Bloom.

La petite pêche côtière est en souffrance et son avenir est plus que jamais en danger en cette période de crise du COVID-19.

La tentation est grande d’attribuer ces problèmes aux conditions exceptionnelles que nous traversons. Mais la crise mondiale actuelle ne fait que mettre en lumière et amplifier des problèmes structurels déjà existants. En effet, depuis plus de 50 ans des politiques publiques défaillantes ont permis l’essor d’une pêche industrielle qui saccage notre bien commun, l’océan, à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Cet essor s’est fait au détriment d’une petite pêche côtière, la seule capable d’assurer la protection de l’océan en raison de son ancrage dans les territoires, sa connaissance des écosystèmes marins locaux et ses méthodes de pêche douces. 

Or l’océan est le poumon oublié de la planète : il produit 50% de l’oxygène que nous respirons, soit une respiration sur deux, et absorbe une grande partie du CO2 que nous rejetons. Il est essentiel à la lutte contre le changement climatique. Si la petite pêche côtière s’effondre, c’est donc notre avenir qui s’effondre avec elle.

Ce risque d’effondrement de la petite pêche côtière est de fait révélateur de notre impréparation face aux mutations écologique et sociale : la crise actuelle nous rappelle de manière brutale l’impérieuse nécessité de redéfinir et défendre les activités essentielles à notre avenir – les activités respectueuses et protectrices du bien commun, telle que la petite pêche côtière. Or pour cela nous devons oser, sans équivoque.

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