Écologie

Pierre Ickowicz : « L'abeille : sentinelle de l'environnement »

Créé le : 23/04/2018
Crédit : Pixabay

La création de l'Union de l’Apiculture de l’Europe et de la Méditerranée (UAEM) a été célébrée à Marseille, le 17 avril dernier. Objectif : réunir des experts de 42 pays méditerranéens pour proposer des mesures destinées à la protection de l'abeille. Retour sur sur les affronts que rencontre cet insecte pollinisateurs avec Pierre Ickowicz, co-président de l'UAEM. Il est également dirigeant de Icko, leader européen du matériel agricole, une entreprise basée à Bollène, dans le Vaucluse. 

Retrouvez notre grand dossier  "Agri et Api-culture : même combat !", dans le dernier numéro de Sans Transition !

Dans un climat bouleversé, les abeilles subissent au quotidien le manque de biodiversité…

En effet, le danger majeur pour les abeilles vient du manque de biodiversité. Les apiculteurs sont de plus en plus contraints à transhumer pour permettre aux abeilles de subvenir à leurs besoins. Mais parfois la transhumance n'est pas suffi santé. Au manque de biodiversité s'ajoute en effet un climat aride. Les périodes de disette sont de plus en plus longues, jusqu'à 2 à 3 mois, notamment dans les zones de garrigues qui sont les plus touchées. Lorsqu'il fait très chaud, les fleurs sèchent plus vite et la quantité de nectar est insuffisante. La production de miel devient alors impossible.

En quoi le changement climatique impacte-t-il dès à présent la production de miel ?

Pour produire du miel, il faut du nectar, donc un certain taux d'humidité et une amplitude de températures pour favoriser le développement des fleurs mellifères. Même s'il y a des fleurs, celles-ci sont parfois boudées par les abeilles. Cela a été le cas des lavandes cette année. En raison du climat, les fleurs des lavandes sont passées en un rien de temps du bleu au gris. Les fleurs ont été « brûlées » par la chaleur et la sécheresse, perdant tout attrait pour les pollinisateurs.Elles n'étaient utilisables que pour la distillation.

Les pesticides, comme les maladies ou acariens (varroa, pyrale…), ont aussi un impact majeur sur la santé des abeilles et ne facilitent en rien la production ?

Différents prédateurs mettent en danger l'abeille. Le varroa, qui est un acarien importé de Chine, se développe au sein du couvain et contamine les abeilles du virus qu'il porte. La pyrale du buis, elle, se loge dans les lavandes. Pendant la nuit, elle se nourrit du nectar des fleurs pour ne laisser aux abeilles que les restes. Conséquence : des rendements divisés de plus de la moitié ! La production française s'élève à 10 000 tonnes de miel par an. Or on en consomme 40 000 tonnes. Pour optimiser la production, l'apiculteur a été contraint de devenir un véritable éleveur et de se mettre à la sélection génétique. Pour pallier le manque de ressources, il se doit de sélectionner les abeilles les plus endurantes, les plus productives et les moins consommatrices de miel. On sélectionne, on remplace les reines, au final comme dans la majorité des activités agricoles. On aide une nature que l'on a abimée ou perturbée tout en restant très loin des rendements d'il y a 20 ans.

Dans ce contexte, quelles actions soutenez vous pour tenter de préserver la biodiversité ?

En juin dernier, nous avons participé à la journée des fleurs pour les abeilles. On a distribué 100 000 sachets de graines aux écoles, en partenariat avec des jardineries. Soit 1 milliard de fleurs ! Autre action : nous aidons le fonds de dotation des lavandiculteurs pour rechercher des solutions opérationnelles contre les maladies de la lavande. Nous avons aussi veillé à ce que le cahier des charges « villes et villages fleuris » impose un minimum de fleurs mellifères dans les communes. Notre nouveau combat, à travers l'Union des apiculteurs d'Europe et de Méditerranée, vise à faire en sorte que des essences comme l'acacia ou la renouée du japon, considérées comme invasives, soient regardées différemment, compte tenu de leur potentiel mellifère.

Plus d’infos : www.icko-apiculture.com

 

Marseille : un avant-goût de la Cité de l'Agriculture ce week-end

Créé le : 19/04/2018

En attendant l'ouverture officielle du local – peut-être fin mai si les astres sont alignés ("nous avons eu tellement de problèmes de travaux que je ne me prononce plus") – la Cité de l'Agriculture ouvrira exceptionnellement ses portes à l'occasion des 48 heures de l'Agriculture Urbaine qu'elle coordoone ce week-end à Marseille. Entretien avec Marion Schnorf, la directrice du projet. 

L'agriculture qui s'invite en centre-ville de Marseille, d'où vient l'idée ?

À la base, je suis issue du milieu agricole, puis j'ai suivi des études d'urbanisme et d'aménagement du territoire à Beyrouth pendant six ans. Je me suis intéressée à la dichotomie entre l'espace rural et l'espace urbain. Nous serons bientôt plus de 80 % de la population à vivre en ville. Nous grignotons les terres agricoles. Le constat était là et il me tiraillait, il s’agissait donc de proposer des solutions. En revenant, la morosité française m'a sauté aux yeux et j'ai voulu faire quelque chose de positif. L'agriculture et l'écologie sont des leviers géniaux parce qu'ils parlent à tout le monde et englobent plein de thématiques. Il s’est agi de jouer un rôle éducatif, sensibiliser les gens à ce qu'ils mangent, leur expliquer comment un producteur est payé, comment il voit sa marge se réduire... Plutôt que de s'installer en milieu rural et de prêcher des convaincus, je me suis dit qu'il serait plus intéressant de prendre le problème à la source et de changer le regard des citadins sur l'agriculture.


À quoi ressemblera la cité de l’agriculture ?

À la base, le rêve était d'avoir un espace de quatre hectares en centre-ville, créer une ville nourricière où il y aurait production, vente et transformation. Cette utopie a fédéré rapidement et beaucoup de gens ont nourri l'idée. Mais devant le manque d'espace disponible à Marseille, nos petites ressources financières et le temps qu'il faut pour convaincre les politiques publiques, on a finalement choisi de s'adapter aux contraintes. On a récemment trouvé un mini-local dans le premier arrondissement, sur le boulevard National, où l'on a nos bureaux. Huit personnes y travaillent. On a pré-inaugré cet espace en mars.

On va y développer une unité de production expérimentale qui pourrait répondre à la question « comment la ville peut produire ? ». On veut mettre en place une forme de souveraineté alimentaire. L'idée est de créer une cantine d'alimentation durable approvisionnée avec des aliments ultra-locaux que l’on produit, et donc de travailler sur la question du zéro kilomètre. 
On a d'abord lancé les plantations à Tarascon où l'on utilise un système hors-sol de 1000 m2. À terme, on aimerait produire sur le toit de notre local de Marseille ou sur un autre espace du centre-ville. On cherche du foncier. On n'utilise aucun produit chimique. Pour l’engrais, on utilise du fumier. Pour lutter contre les pucerons, on met des coccinelles... Côté rendement, on a largement de quoi approvisionner un restaurant, plus quelques paniers.

Notre but est aussi de fédérer un maximum le réseau marseillais. Lorsqu'on a lancé le projet il y a trois ans et demi, on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup d'acteurs investis dans la transition agroécologique et alimentaire à Marseille mais qu'il y avait peu de liens entre eux. Pour cela on propose des formations, des conférences, de l'accompagnement de projets et un centre de ressources avec 700 livres en libre accès.


Vous coordonnez les 48 heures de l'Agriculture Urbaine ce week-end à Marseille, vous pouvez nous présenter cet événement ?

C'est un événement national qui célébre l'agriculture urbaine à travers seize villes en France et c'est notre association qui coordonne le projet sur Marseille. Plus de 90 acteurs et structures locales seront présentes. On souhaite mettre en lumière la variété d'initiatives qui existent, jouer notre rôle de locomotive en fédérant ces acteurs sur deux jours afin de créer du lien et une émulation autour de la dynamique agricole et alimentaire.

Il y aura une ribambelle d'ateliers et des événements dans plusieurs quartiers. On va par exemple faire des balades, des ateliers de teinture végétale ou de jus, des constructions de jardinières partagées. Sur le boulevard National, auront lieu un banquet de produits marseillais, un marché de producteurs. L’événement est vraiment ouvert à tout-e-s.

À cette occasion, on va aussi distribuer la première version de notre annuaire des agricultures et de l'alimentation durable à Marseille. On a identifié 333 structures rien qu'à l'échelle de la commune ! On l'a donc renommé l'annuaire « plantureux et tentaculaire ». Un second volume à l'échelle de la métropole est à venir.

Plus d'infos :
Les 48 heures de l'Agriculture Urbaine à Marseille

http://www.cite-agri.fr/

Crédits photo
DR La Cité de l'Agriculture
 

[Communiqué] Vigil'Oust et Attention Mines contre les permis de recherche minière exclusifs accordés à Variscan Mines en Bretagne

Créé le : 17/04/2018

Les associations Attention Mines et Vigil'Oust Merléac s'indignent des permis de recherche minière exclusifs (PERMS) accordés dans des conditions bien particulières à Variscan Mines en Bretagne . Rachat de filial, investisseur principal basé dans un paradis fiscal, absence d'information... Tous les détails dans le communiqué ci-dessous.

 
Par Attention Mines et Vigil'Oust Merléac

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Maires, adjoints et conseillers communaux, Présidents et conseillers communautaires, départementaux et régionaux, Députés et Sénateurs, Présidents et membres de CLEs de SAGEs bretons,

Mesdames, Messieurs,

Conscients des impacts économiques, sanitaires et environnementaux des permis exclusifs de recherche minière accordés à Variscan Mines SAS en Bretagne, vous avez exprimé votre opposition à ces PERMS et demandé leur abrogation, sans réponse à ce jour du Ministère de l’Industrie en charge du dossier. Il nous semble important aujourd’hui d’attirer votre attention sur les récents rebondissements concernant la propriété de ces permis.

Variscan Mines Ltd (Australie) a annoncé le 8 mars dernier la vente de sa filiale française Variscan Mines SAS et du PERM de Couflens à une autre société australienne : Apollo Minerals Ltd. Les 6 permis du Grand-Ouest dont les 3 bretons
(Loc Envel, Silfiac et Merléac en Bretagne, Tennie, Saint-Pierre et Beaulieu en Pays de La Loire) seraient transférés à une nouvelle filiale anglaise, Variscan Mines Europe Ltd dotée d’un capital de 1 livre sterling et déclarée comme société dormante.

En pratique, les 3 permis bretons vont d'abord être transférés vers Apollo. L’article 43 du décret 2006-648 sur les titres miniers le prévoit impliquant seulement d’informer l’Etat de la cession de la société, suite à quoi l’Etat a deux mois pour se prononcer (la non réponse valant accord). La décision sera vraisemblablement prise d’ici au 28 avril prochain, la demande de cession ayant été déposée le 28 février dernier.

Dans un second temps, Variscan demanderait la mutation des permis vers sa nouvelle filiale suivant la procédure classique au titre des articles 143-1 et suite du code minier. Ceci induit une instruction du dossier similaire à celle d’une demande de permis et prend 15 mois environ.

Outre les interrogations soulevées par l’absence totale d’information des élus et de la population des territoires concernés, le profil d’Apollo Minerals Ltd interroge. Cette société australienne spécialisée dans le tungstène intervient déjà en France via le rachat par étapes du permis de Couflens. Autre acteur majeur, le fond d’investissement Juniper Capital Partners Ltd 5 apporte les 25 millions d’Euros nécessaires au financement des travaux de recherche sur ce PERM. Cet actionnaire principal d’Apollo Minerals Ltd est basé aux Îles Vierges Britanniques, déclarées paradis fiscal par la France jusqu’en décembre 2015 et encore sur la liste grise de l’Union européenne.

A compter de la fin avril 2018 et dans l’attente d’une éventuelle future mutation, les 3 permis bretons appartiendront à Apollo Minerals Ltd et donc à Juniper Capital Partners Ltd basé dans un paradis fiscal. 
Apollo Minerals Ltd est essentiellement intéressée par le permis de Couflens et son tungstène. En dépit du soutien financier de Juniper Capital, elle a éprouvé le besoin de lever cette semaine 6 millions de dollars australiens auprès d’investisseurs européens. Elle avait déjà vendu en novembre dernier un de ses 3 actifs miniers en Australie, pour 1 million de dollars australiens. Une fois propriétaire des permis, Apollo ne risque t-elle pas de chercher à se procurer des capitaux frais en vendant les 6 PERMs du Grand Ouest à des investisseurs mal informés et / ou pas trop regardants qui, réalisant leur faible intérêt minéralogique et les oppositions locales, les revendront à leur tour, etc...

La transformation des PERMs en simples actifs boursiers soumis à la spéculation internationale reste-t-elle cohérente avec l’objectif de l'Etat de garantir l’autonomie d’approvisionnement de l’industrie française via la relance de l’activité minière sur le territoire national ?

Pouvons-nous rester passifs face à cette évolution qui fait peser de lourdes incertitudes sur l’aménagement à moyen et long terme de nos territoires ?

Est-il tolérable que les élus des territoires concernés restent dans l’ignorance de ces développement ?


A vous qui avez pris la mesure des impacts inhérents aux travaux de recherche et d’exploitation minière sur l’approvisionnement en eau de notre région, ses filières économiques, et la santé publique, nous demandons d’exiger de l’Etat français qu’il mette un terme à cette situation ubuesque et qu’il retire les PERMs accordés à Variscan Mines, comme le code minier l’y autorise.

Contact :

attentionmines@riseup.net
 

 

A Vannes, rencontre publique Clim'actions Bretagne Sud

Créé le : 09/04/2018

La rencontre mensuelle publique de Clim'actions Bretagne Sud aura lieu le lundi 16 avril, au Palais des Arts de Vannes de 18h30 à 20h30.

Les habitants peuvent-ils agir pour le climat ? Et si oui, comment ? Pour répondre à ces questions, 3 experts viendront échanger avec vous :

- Michel Briand acteur des réseaux coopératifs et des communs (Bretagne créative, élu au numérique à Brest 1995-2014) : coopérer en partage, les outils numériques et le pouvoir d’agir

- Bernard Menguy, Architecte bioclimatique en Bretagne Associer pour améliorer : la participation des habitants dans les projets d’habitat

- Dominique Pirio, Présidente de Cim’actions Bretagne Sud et formatrice forestière : comment passer à l’acte : projets collaboratifs des habitants en lien avec le climat.

Avec la projection des deux derniers petits films de Clim’actions Bretagne Sud (réalisation la Télé d’ici – Sylvain Huet) « Eco cité du pré vert  de Saint-Nolff» et « Forêt - climat un projet de territoire ».

Une table ronde sera animée par Raphaël Souchier, consultant européen en économies locales soutenables, auteur de « made in local : emploi, croissance, durabilité : et si la solution était locale ? »

Cet évènement annoncera le lancement officiel du réseau des habitants sentinelles.

 

Plus d'infos sur : climactions-bretagnesud.bzh

Fêtez le Printemps du Développement Durable

Créé le : 30/03/2018

Saint‐Brieuc Armor Agglomération et les 32 communes qui la composent, vous invitent à fêter le Printemps du Développement Durable.

Les communes unissent leurs forces et proposent 4 journées sur le thème de la biodiversité. Randonnées pédestres, sorties nocturnes, rencontres, visites, jeux... de nombreuses animations sont proposées sur tout le territoire les 7,8, 14 et 21 avril.

Enfilez vos bottes et partez à la pêche à l’épuisette. Dénichez des invertébrés et des larves d’amphibiens, après la pêche, séance de présentation, identification et biologie des espèces capturées. Vous en saurez plus sur le fonctionnement et l’utilité des zones humides, des mares temporaires ou encore des espaces en permanence en eau.

Partez à l’aventure lors d'une sortie semi‐nocturne. Écoutez et identifiez, à l’aide d’une « batbox », les mammifères volants en chasse, avec une présentation des différentes espèces visibles sur le territoire.

Marchez, écoutez, observez et apprenez à reconnaitre 5 à 10 oiseaux communs, leurs chants, leurs comportements au cours d'une randonnée accompagnée par le Groupe d’Etude Ornithologique des Côtes d’Armor.

Apprenez des techniques de jardinage pour un potager naturel, découvrez la biodiversité du jardin (radis et râteaux). Profitez d’un stand d’échange de graines et de plants.

Profitez d'un parcours sur les sites des carrières de la Croix Gibat à Trégueux et de Bon Abri à Hillion  et découvrez leurs histoires et caractéristiques. L’une en exploitation, l’autre réhabilitée en espace protégé, observez la faune et la flore présente sur ces sites.

Partagez les animations qu'ont préparées les équipes de la Réserve Naturelle pour fêter leur 20 ans : rencontres, expositions, sorties nature…

Inaugurations, projections, conférences, expositions, visites... tout le programme, date, horaires et lieux est visible sur www.saintbrieuc‐armor‐agglo.fr

Habitats Insolites : écologiques, autonomes, nomades ou fixes

Créé le : 24/03/2018

Une nouvelle SCOP vient de naître en Ariège. Habitats Insolites est spécialisée dans la conception et la fabrication 100% française d’habitats alternatifs et d’habitats légers de loisirs.

De plus en plus de personnes font le choix de vivre dans un habitat alternatif pour plus de liberté, d’indépendance mais aussi par souhait d’entreprendre une démarche d’éco-responsabilité. C’est pour répondre à toutes ces nouvelles attentes qu’Habitats Insolites propose aujourd’hui une offre variée de modules : tiny house, roulottes, chalets ronds et cabanes réalisés à partir de matériaux sains, des bois issus de filières locales et apportant tout le confort nécessaire.


« Nos produits s’adressent aussi bien aux particuliers pour leur habitation permanente, aux professionnels du tourisme pour de l’hébergement original et insolite ou encore aux bailleurs sociaux pour de l’hébergement d’urgence ; tout est envisageable », souligne Julien Schira, gérant de la Scop. « Côté tarif, pour un module, il faudra compter entre 15 000 et 70 000 euros selon le format et la superficie. »
 

Une histoire de passionnés


C’est l’histoire de quatre personnes dont les chemins se sont croisés au sein d’une association. Après 10 années passées en tant qu’artisans ou encadrants techniques de chantiers école et chantiers collectifs, proposés par l’association à destination des jeunes, ils ont souhaité se lancer dans une nouvelle aventure et entrer dans une démarche plus entrepreneuriale. Leur passion commune : l’écoconstruction et l’habitat alternatif. Grâce à leurs diverses compétences tournées autour de la conception, l’aménagement, mais aussi l’électricité, la plomberie ou encore le photovoltaïque, les quatre entrepreneurs ont créé leur coopérative : Habitats Insolites.


Pour les entrepreneurs, le statut Scop évoque une dimension humaine et collective, une volonté de partager équitablement les richesses créées et un ancrage territorial fort. « Face à un marché très concurrentiel, nous souhaitons rester une petite structure aux valeurs humaines et faire appel uniquement aux filières locales pour nos réalisations », souligne Pierre Régnier, salarié-associé de la Scop, responsable de la conception.
À partir de septembre 2018, l’équipe envisage de recruter deux apprentis, jeunes mineurs isolés étrangers, sur contrat d’apprentissage, et ainsi contribuer à leur formation et à leur insertion sociale.

Leur premier client ne va pas tarder à découvrir son module de 25m², le chantier a démarré en décembre...

 

Plus d'infos sur www.habitatsinsolites.com

JOURNEE MONDIALE DE L'EAU - Un tiers de la planète boit de l'eau dangereuse

Créé le : 21/03/2018

Par Solidarités International 

De nos jours encore, quelque 2,6 millions d'hommes, de femmes, d'enfants, d'invisibles meurent chaque année de maladies liées à l'eau et à un environnement insalubre. Plus d'un tiers de la planète boit toujours une eau dangereuse pour la santé. 2,6 milliards de personnes manquent toujours d'un assainissement adéquat. Résultat, l'eau reste la principale cause de mortalité au monde, notamment chez les enfants. 

Le manque d'accès à l'eau, un fléau invisible

A l'occasion de la Journée Mondiale de l'Eau, le 22 mars, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL lance la 4e édition de son Baromètre de l'eau. Une publication qui dresse un nouvel état des lieux de notre ressource vitale commune, décrypte les causes et les conséquences du manque d'eau potable, souligne les actions mises en œuvre pour concourir à l'accès universel à l'eau et à l'assainissement, inspecte les avancées des Etats, dénonce le manque de volonté, de financements, pointe les incohérences. Sans oublier de mettre en valeur et d'apporter son lot de solutions, des plus locales au plus globales… Et de donner la parole aux milliards d'invisibles pour qui le droit à l'eau potable, déclaré droit de l'homme en 2010 par les Nations Unies, n'est toujours pas respecté.

''Témoigner de la réalité de toutes celles et de tous ceux
dont la santé, la vie et tout espoir de développement sont menacés par le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement. ''

Donner la parole aux invisibles

Les acteurs humanitaires que nous sommes mènent contre ce fléau indigne, injuste et mortel un combat quotidien sur le terrain des crises les plus sévères, mais aussi auprès des instances nationales et internationales afin de faire entendre la voix de celles et de ceux à qui nous venons en aide chaque : familles frappées par la guerre, habitants des bidonvilles, citoyens d'Etats faillis ou défaillants, agriculteurs et éleveurs face à la sécheresse, minorités… Toutes et tous bien souvent loin des radars des médias et des politiques. Invisibles.

C'est bien de la réalité de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants dont nous témoignons, chaque année, dans les pages de notre Baromètre de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement : des Congolais ou des Haïtiens sous la menace du choléra, des habitants de Dacca réclamant leur droit à l'eau, des Yéménites dans un pays déjà en manque d'eau avant la guerre, des Syriens, des Rohingyas, des populations sahéliennes… et de toutes celles et de tous ceux dont la santé, la vie et tout espoir de développement sont menacés par le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
 

‘'Parce que sans un engagement politique et financier massif des Etats, sans une volonté farouche des acteurs de terrain, l'accès à l'eau potable restera non seulement une urgence humanitaire, mais deviendra très vite une menace de plus en plus palpable pour l'humanité'' 

Alexandre Giraud, Directeur général de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

 Des experts connus et reconnus associés au baromètre de l'eau 2018

Pour commenter les avancées de l'accès à l'eau potable pour tous, ainsi que les défis et les obstacles qui restent à surmonter, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s'est entourée des plus grands spécialistes de l'eau : Jean Launay, président du Partenariat Français pour l'Eau au géographe David Blanchon, en passant par Gérard Payen, ancien conseiller pour l'eau du secrétaire général des Nations Unies, Sophie Durans de la London School of Hygiene & Tropical Medicine ou Franck Galland expert sur les questions sécuritaires liées à l'eau… Sans oublier ses experts humanitaires et ses partenaires (Think Tank, ONG, collectivités et agences de l'eau…).


Autant de parties prenantes dans notre combat pour l'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous, qui ont contribué à ce Baromètre de l'Eau de l'hygiène et de l'assainissement, afin que le grand public se sente concerné par ce grand enjeu source de vie et de développement mais aussi de conflits, de pauvreté, de maladies et de mortalité.


Retrouvez le Baromètre de l'eau 2018 sur notre site 

[Communiqué] - Nestlé Waters assèche les nappes de Vittel sur fond de conflit d'intérêt

Créé le : 21/03/2018
Pixabay

Par France Nature Environnement 

La Journée mondiale de l’eau, qui se tiendra le 22 mars, est l’occasion de rappeler que l’alimentation en eau potable est l’usage le plus essentiel de l’eau. Aujourd’hui, lorsque nous ouvrons les robinets, de l’eau de bonne qualité prélevée à proximité de nos habitations s’en écoule. Mais bientôt plus à Vittel. Non, à Vittel, l’eau qui s’écoulera des robinets sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres. France Nature Environnement tire la sonnette d’alarme : le géant international Nestlé Waters s’est approprié la ressource locale pour commercialiser de l’eau en bouteille, exportée en Allemagne. Au risque d’épuiser la nappe et au détriment des populations locales.

Epuiser une nappe phréatique pour vendre de l’eau en bouteille : scandale social et environnemental

Nestlé Waters, propriétaire de 10 marques d’eau en bouteille en France et en Belgique, surexploite sans vergogne une nappe d’eau souterraine au détriment des populations locales en France, à Vittel. Depuis près de 30 ans, la nappe dans laquelle prélève la multinationale présente un déficit chronique annuel d’environ 1 million de m3… Soit la quantité d’eau que Nestlé Waters est autorisé à prélever, par le Préfet. Et le niveau de la nappe a déjà baissé de 10 mètres. Il sera bien entendu très difficile de faire remonter le niveau de cette eau souterraine, compte-tenu des conditions géologiques locales, mais surtout de la non-volonté des pouvoirs publics de poser des limites à Nestlé Waters.

Au-delà de l’épuisement de la ressource en eau, en totale contradiction avec l’image que souhaite se donner Nestlé Waters, la manière de faire est également choquante d’un point de vue social. En lien avec les services de l’Etat, la stratégie imaginée pour approvisionner en eau potable les populations locales de Vittel n’est autre qu’un transfert massif d’eau sur des dizaines de kilomètres de pipeline, pour un coût de 20 à 30 millions d’euros sur 20 ans. Ainsi, Nestlé pourra continuer son exploitation, pendant que les habitants de Vittel se verront répercuter le prix des travaux sur leur facture d’eau. Aller puiser l’eau chez les voisins avec des risques d’impacts environnementaux encore mal évalués, et ce dans un contexte de changement climatique qui affecte la ressource en eau, ne parait pas être une solution économiquement, socialement et écologiquement raisonnable.

L’eau souterraine de Vittel, bien public décrété propriété de Nestlé

C’est un réel monopole que s’octroie Nestlé sur une ressource en eau qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux d’alimentation en eau potable. La loi sur l’eau de 2006 mentionne clairement que l’usage prioritaire d’une ressource en eau en France est l’alimentation en eau potable. Les activités économiques ne sont pas prioritaires, et l’eau est un bien commun, non privé ou privatisable. La reconnaissance implicite de la priorité de prélèvement à Nestlé Waters, contraignant les collectivités locales à « aller boire ailleurs », est inacceptable.

Mais Nestlé n’est pas seul responsable de la situation. Car pour avoir le droit d’épuiser la ressource en eau de Vittel, une entente avec certains acteurs locaux et services de l’Etat a dû avoir lieu. Une entente qui n’est d’ailleurs pas sans conflit d’intérêt, et qui reflète une relation bien trouble entre la multinationale et certains acteurs publics[1]

France Nature Environnement dénonce les pratiques environnementales de Nestlé Waters

Planter des arbres en Amazonie tout en asséchant les nappes d’eau en France est écologiquement irresponsable. Cela s’appelle « faire du greenwashing », se donner bonne conscience. Quatre associations locales (Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, ASVPP[2], UFC Que Choisir 88) se battent depuis plus d’un an pour dénoncer ce choix dicté par le chantage économique. La fédération nationale soutient ouvertement et fermement cette dénonciation. Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « il est impossible d’accepter qu’un géant mondial de l’eau en bouteille assèche une nappe d’eau et oblige les populations locales à s’approvisionner en eau potable ailleurs. La situation à Vittel est la preuve d’une non-gestion en responsabilité de la ressource en eau locale disponible, pourtant suffisamment abondante pour satisfaire les besoins du territoire à condition que chacun prenne en compte les besoins des uns et des autres. »

 


[1] L’ancienne présidente de la Commission Locale de l’Eau, en charge du suivi du dossier et également maire adjointe de Vittel, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêt. Son mari, alors cadre international de Nestlé, est le président de la vigie de l’Eau, association chargée du portage du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de 2010 à 2016 (pour l’information, la communication, la maitrise d’œuvre des études, l’élaboration de la stratégie). Association financée à l’origine par Nestlé et qui est aujourd’hui dessaisie du dossier…

[2] Association de Sauvegarde des Vallées et de Prévention des Pollutions

 

CAMARGUE : la nécessaire adaptation face au changement climatique

Créé le : 20/03/2018
Étang et phare de la Gacholle. Le delta de la Camargue, dont 70 % est situé à moins d'un mètre d'altitude, voit déjà se produire les effets du changement climatique. © P. Isnard-Dupuy

Avec le réchauffement de la planète, la mer est promise à une élévation de 40 cm à un mètre d’ici 2100. La Camargue n’a pas d’autre choix que de s’adapter aux conséquences du changement climatique. Pour informer sur le rôle incontournable des zones humides dans ce défi, le Groupe Régional d’Experts sur le Climat en PACA y organisait une journée d’échanges cet hiver, à la Tour du Valat.

Par Pierre Isnard-Dupuy

Sur la Digue à la mer, à proximité du phare de la Gacholle, entre les étangs et la mer au milieu de la côte camarguaise, le regard embrasse de longues étendues sableuses. Côté terre, il parcourt au loin les fumées industrielles noirâtres de Fos, jusqu’au Mont Ventoux et aux collines des Costières. Avec l’élévation de la mer, ce point de vue pourrait-il disparaître ?

C’est l’une des questions que se pose, ce 20 novembre, le Grec Paca (Groupe Régional d’Experts sur le Climat en Provence-Alpes-Côte-d’Azur), lors d’une journée dédiée aux « zones humides littorales face au changement climatique ». Un événement organisé avec la Tour du Valat, un centre d’étude, géré par une fondation. Il est spécialisé dans la recherche et la conservation des zones humides méditerranéennes et situé entre l’étang du Vaccarès et le village du Sambuc. « 70 % du territoire camarguais est à moins d’un mètre d’altitude », expose Jean Jalbert, le directeur du site. À une telle hauteur, le delta camarguais, coincé entre Petit et Grand Rhône, voit déjà se produire les effets des...

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Viticulture - Cécile Claveirole (France Nature Environnement) : « Des alternatives aux pesticides peuvent être rapidement mises en place »

Créé le : 19/03/2018
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C'est la semaine des alternatives aux pesticides, du 20 au 30 mars prochain. À cette occasion, Sans Transition ! Occitanie est partenaire d'un café-débat, organisé par France Nature Environnement Languedoc-Roussillon (FNE LR), sur les alternatives aux produits phyto dans la viticulture, jeudi 22 mars, au Gazette Café de Montpellier. Trois questions à Cécile Claveirole, référente agriculture pour FNE et intervenante dans la discussion de jeudi prochain. 

Pourquoi la viticulture est-elle emblématique des problématiques liées à l'usage des produits phyto ?

La vigne est une production emblématique du Languedoc. Mais c'est aussi une des productions sur lesquelles on utilise le plus de pesticides. Paradoxalement, la viticulture est aussi un secteur dans lequel des évolutions rapides sont possibles. C'est en viticulture que l'on rencontre le plus d’AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) et de producteurs bio.

Peut-on aujourd'hui aisément se passer de pesticides dans ce secteur ?

Cela est plus facile que pour les grandes cultures de céréales. Notamment parce que l'enherbement dans les rangs de vigne est facile à mettre en œuvre. Par ailleurs, la répartition de haies en bordure des parcelles peut en général se faire sans trop de difficultés. Ces dispositions permettent de diminuer l'utilisation des pesticides car elles facilitent le développement d'insectes dits « auxiliaires » qui s’attaquent aux parasites de la vigne.

Si les agriculteurs ne traitent plus, ils auront en général des rendement moins importants. Mais les viticulteurs bio s'en sortent néanmoins très bien. Les principaux risques dans la viticulture sont d'ailleurs davantage liés aux aléas météo (gel, grêle...) qu'aux maladies et parasites.

Quelles sont les principales alternatives aux pesticides en viticulture ?

Nous l'avons vu, il y a les insectes auxiliaires. En bio et même en conventionnel, le cuivre est utilisé comme alternative aux traitements chimiques, notamment pour lutter contre une maladie comme le mildiou. Mais le cuivre a tendance à trop s'accumuler dans les sols. Des expérimentations sont tentées, comme le mélange de cuivre et d'huiles essentielles ou de tisane de plantes, avec des résultats intéressants.

Mais l'utilisation de pesticides reste liée au rendement que l'on attend. Les GGP (Indication Géographique Protégée) et les AOP (Appellation d'Origine Protégée limitent les rendements. Ce qui permet par ailleurs une meilleure valorisation des produits. Et de diminuer les produits chimiques et engrais. Le raisin n'en est que meilleur, il a moins besoin d'eau et est plus concentré en sucre.

 



Pour aller plus loin 

Sans Transition ! organise une conférence sur les perturbateurs endocriniens en compagnie de François Veillerette, directeur de l'association Générations Futures, le mercredi 30 mai, à Vaison-la-Romaine (84). Ci-dessous, une interview vidéo de François Veillerette réalisée à l'occasion d'un débat animée par Sans Transition !, à Vannes (56), le 12 octobre dernier.

 

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