Écologie

[ VIVRE AVEC LA TERRE ] Entretien avec Charles Hervé-Gruyer

Créé le : 15/11/2019

Le 21 octobre dernier, nous avons eu la chance de rencontrer Charles Hervé-Gruyer à l'occasion de la conférence organisée en partenariat avec Actes Sud. Le fondateur de la ferme mondialement connue du Bec Hellouin définit l'écoculture comme étant un " véritable art de vivre avec la terre ", qui prend la nature comme modèle. Entretien.

Charles Hervé-Gruyer est d'abord spécialiste en permaculture. Une pratique qu'il définit comme étant une manière d'habiter durablement la planète à travers une culture permanente. Au fur et à mesure de l'avancée de ses travaux communs avec son épouse, Perrine, il a introduit un nouveau vocable : l'écoculture. L'écoculture est quant à elle, une agriculture qui selon lui, prend la nature comme modèle, tout en intégrant toutes les autres formes d'agricultures naturelles (permaculture, agroécologie...). C'est un véritable " art de vivre avec la terre ".

Il était en conférence à la banque éthique La Nef de Vaulx-en-Velin, le 21 octobre dernier, à l’initiative de Sans transition ! magazine.

Son dernier ouvrage, Vivre avec la terre, est paru cette année chez Actes Sud.

[ MONTPELLIER ] Une campagne pour soutenir un projet de livraison de repas zéro déchet

Créé le : 12/11/2019

La startup LoopEat et les Coursiers Montpelliérains ont un objectif : révolutionner la livraison de repas et allier gourmandise, gain de temps et écologie ! Ils ont créé un projet de livraison de repas zéro déchet, dont le financement participatif prend fin dans trois jours. On aime et on en parle !

LoopEat est une startup de l'Économie Sociale et Solidaire créée par deux entrepreneuses adeptes du zéro déchet, tandis que les Coursiers Montpelliérains visent à lutter contre le manque d’éthique des plateformes traditionnelles de livraison de repas. Tous deux ont un projet : révolutionner la livraison de repas et allier gourmandise, gain de temps et écologie !

Des livreurs à vélo décemment payés vous proposent de vous livrer des repas écologiques dans des emballages réutilisables et consignés.

Pour finaliser leur projet, ils ont lancé un financement participatif qui prend fin dans trois jours.

> Soutenez-les !

[ JARDINS REMARQUABLES ] Balade aux jardins du Rayol

Créé le : 11/11/2019

Propriété du Conservatoire du littoral, le domaine du Rayol est un site naturel remarquable. Situé au pied du Massif des Maures et en face des Iles d'Hyères, dans le Var, cet ensemble de jardins regorge d'une riche biodiversité et permet de découvrir les différentes végétations méditerranéennes. Gilles Clément, jardinier-paysagiste de renommée internationale y a conçut le Jardin des Méditérranées. Il sera en conférence ce soir à la Boiserie de Mazan, à l'initiative de Sans transition !.

Interviews sonores du « jardinier en chef » et régisseur, Alain Menseau et d'Aurélia Leroux, coordinatrice pédagogique des jardins du Rayol.

Plus d'infos :

www.domainedurayol.org

Photo : Domaine du Rayol

[ ZÉRO DÉCHET ] Jérémie Pichon, " Le plastique est un fléau " !

Créé le : 08/11/2019

Il est le papa de la Famille Zéro déchet. Jérémie Pichon donnait une conférence hier, animée par Sans transition !, au Palais des arts de Vannes (56), dans le cadre des 30 ans de Bio Golfe.

Chaque seconde, 200 kg de déchets se retrouvent dans les océans. Ce sont les chiffres de la Surfrider Foundation pour laquelle Jérémie Pichon milite depuis 20 ans. Il y a quelques années, il a décidé de " passer à l'acte " et de calculer le bilan carbone d'une famille en prenant la sienne pour exemple.

Pari réussi ! Sachant qu'une famille produit en moyenne 390 kg de déchets par an, la Famille zéro déchet, elle n'en produit que ... 25 kg.

" S'engager dans la transition vers le zéro déchet implique un changement complet de mode de vie et une responsabilisation ". Les résultats sont effectivement très positifs pour la famille et plus nombreux qu'attendus. Les gains concernent tous nos modes de vie. " Le Zéro déchet préserve notre santé, l'environnement et réoriente l'économie vers le local. C'est un cercle vertueux qui a pour fondement les circuits courts ".

" Faire son marché est le meilleur endroit pour faire du zéro déchet ! On y trouve du bio, du local et sans emballages ! ".

C'est bien une véritable révolution domestique et sociale qui s'est produite pour Jérémie, sa femme et leurs deux enfants. Tous les quatre vivent désormais loin de l'hyperconsommation ambiante, et cela pour leur plus grand bien, assure le papa. 

" Bob le bocal" est le contenant annuel de déchet de la famille.

" Chacun peut le faire ", assène le super papa et infatigable militant. "  Il faut se donner du temps, être indulgent avec soi-même et ne pas partir en croisade contre ceux qui ne pensent pas comme nous ".

Car oui, nous en sommes convaincus, la transition vers le zéro déchet se fera à l'image de Jérémie Pichon : avec passion et bonne humeur !
Son dernier ouvrage, illustré par Bénédicte Moret, " La Famille vers la transition écologique " est paru en mars 2019 chez Thierry Souccar.

Plus d'infos : www.famillezerodechet.com

Les 30 ans de Bio Golfe continuent ! Retrouvez François Veillerette, fondateur et porte-parole de Générations Futures, vendredi 15 novembre au Palais des Arts de Vannes !

[ ENVIRONNEMENT ] Des territoires bretons, modèles en matière de transition

Créé le : 07/11/2019

À l’occasion de l’Année de l’environnement et des 50 ans du Parc naturel régional d’Armorique, le Conseil départemental installait son grand rendez-vous annuel de l’environnement, le 28 septembre 2019, au domaine de Menez Meur à Hanvec.

Tables rondes, ateliers, conférences ... étaient au programme. Sans transition ! eu le plaisir d'animer un temps de réfléxion autour du thème des territoires en transition. La table ronde a été captée et diffusée par notre partenaire Tébéo !

Participaient à cette table ronde :

- Dominique DHERVÉ, Conservatoire botanique national de Brest

- Thibault THIERRY Directeur du développement au Parc Naturel Régional d’Armorique et une agricultrice engagée du territoire du Parc naturel régional d’Armorique

- Pierre PLOUZENNEC, Président de la Communauté de communes du Haut Pays Bigouden

 - Nathalie SARRABEZOLLES, Présidente du Conseil départemental du Finistère et membre du Conseil d’administration de l’AFB pour les Parcs Naturels marins.

 

> Visionner la table ronde

 

[ BIO ] Mention Nature&Progrès pour la cantine scolaire de Ventalon-en-Cévennes

Créé le : 04/11/2019
Photo : Marie-Pascale Vincent

Marie-Pascale Vincent.

Avec moins de 300 habitants, la jeune commune lozérienne de Ventalon-en-Cévennes  est parvenue à obtenir la mention Nature&Progrès en 2017, pour les efforts fournis par sa cantine scolaire. Une certification encore jamais accordée à une collectivité locale, qui vient récompenser un engagement en faveur d’une agriculture biologique et solidaire.

À Ventalon-en-Cévennes, en Lozère,  la cantine de l’école communale bénéficie depuis 2017 de la mention Nature&Progrès. Une première en France. Outre le fait de s’appuyer sur un approvisionnement bio et local, cette mention met en avant une démarche globale, y compris au niveau pédagogique.

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[ PESTICIDES ] Interdisons l’épandage de pesticides à côté des habitations !

Créé le : 31/10/2019

Par France Nature Environnement

Bientôt plus de 20 ans que le débat a lieu, 10 ans qu’une directive européenne oblige à prendre des dispositions nationales… et, enfin, on commence à voir poindre des mesures de protection pour tous les riverains des parcelles agricoles traitées. Pourtant, le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de ce véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi France Nature Environnement et 34 associations du mouvement se mobilisent pour une réelle protection de tous les habitants situés à proximité de parcelles agricoles.

La sortie des pesticides passe en priorité par la protection des riverains

Voilà bientôt un an que le mouvement des Coquelicots est lancé et que la grogne monte dans les territoires, réclamant au plus vite la sortie des pesticides. Et ça tombe bien. La directive européenne 2009/128 impose aux Etats-membres de veiller à ce que l’utilisation des pesticides soit restreinte ou interdite vis-à-vis des personnes régulièrement exposées. L’Etat a également été enjoint d’agir par le Conseil d’Etat (saisi par l’association Eau et rivières de Bretagne, membre de France Nature Environnement) dans une récente décision, pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les riverains fortement exposés aux pesticides sur le long terme. L’impact des pesticides sur la santé des personnes vivant à proximité des champs agricoles n’est plus à prouver, il y a urgence !

Des protections des riverains et du dialogue au rabais

A propos des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, etc.), un rapport d’experts commandé par le ministère de l’Agriculture estime qu’a minima et sans attendre, des distances minimales de non-traitement doivent être fixées sur l’ensemble du territoire. Or, les riverains exposés sur le long terme aux pesticides sont aussi des personnes vulnérables. Les associations demandent l’interdiction de l’épandage de pesticides à proximité des habitations ; en respectant des distances d’au moins 10 mètres pour toutes les cultures, d’au moins 20 mètres pour la viticulture et d’au moins 50 mètres pour l’arboriculture.

En plus des mesures de protection, l’information des riverains avant les épandages et le dialogue territorial, avec l’organisation de réunions publiques, sont primordiaux pour apaiser les crispations et retisser du lien sur le terrain. Les engagements pris doivent être simples, clairs et compréhensibles pour tous, applicateurs comme riverains.

Craignant une énième consultation peu suivie d’effets, France Nature Environnement et ses associations ont lancé une pétition sur le site fne.asso.fr pour interdire l'épandage de pesticides à côté des habitations et appellent les citoyennes et citoyens à les rejoindre pour obliger le gouvernement à enfin se saisir de cet enjeu sanitaire et environnemental.

 

Pétition en ligne ici : https://www.fne.asso.fr/actualites/p%C3%A9tition-interdisons-l%C3%A9pandage-de-pesticides-%C3%A0-c%C3%B4t%C3%A9-des-habitations

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[ ÉCOLOGIE ] Doit-on encore faire des enfants ?

Créé le : 29/10/2019
Pierre-Laurent Durantin / Pixabay

Par Coralie Rabatel.

L’humanité, sans cesse grandissante, a déjà épuisé les ressources écologiques de la planète et contrarie ainsi les capacités de régénération des écosystèmes. Alors que nous vivons à crédit, certains préconisent, par militantisme ou simples convictions idéologiques, de ne plus faire d’enfants. La pilule pour sauver la planète ? Les dénatalistes en sont persuadés.

Nous sommes un peu plus de 7,7 milliards d’êtres humains sur Terre. 7 724 627 304 au moment d’écrire ces lignes. Sur le site de l’Institut national d’études démographiques (Ined), le compteur de la population mondiale ne cesse d’augmenter.  Les projections de l’Organisation des Nations unies annoncent 9,8 milliards d’individus en 2050 et 11,2 milliards en 2100. Un sérieux problème pour certains eu égard aux ressources finies qu'offre la planète.          

Ceux que l’on appelle les dénatalistes estiment que les humains sont déjà trop nombreux et que la planète ne peut tous les contenir. Leur solution ? Arrêter de faire des enfants. Ou en faire moins. Denis Garnier, président de l’association Démographie responsable, considère ainsi la nécessité de « plafonner à deux enfants par personne ». L’objectif est de tomber en dessous du seuil de renouvellement (situé à 2,1 enfants par femme dans les pays développés), pour faire en sorte que chaque génération soit moins nombreuse que la précédente.

« Je crois que le monde va devenir invivable »

De son côté, Laure Noualhat1, journaliste et réalisatrice, a pris la décision plus radicale de ne jamais enfanter. « Je préfère ne pas être responsable d'un être humain dans cette époque-là, explique-t-elle. Je crois que le monde va devenir invivable. » L’épuisement des ressources, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité : tous deux sont d’accord pour attribuer ces catastrophes à la « pression humaine ». Ils font référence à une étude2 menée par deux chercheurs de l’université de Lund, en Suède, et parue en 2017 dans la revue Environmental Research Letters. « Les auteurs ont conclu que faire un enfant de moins revenait à éviter 58,6 tonnes de CO2 par an », indique Laure Noualhat. Loin devant l’abandon de la voiture ou une alimentation végétarienne (respectivement 2,4 et environ 0,8 tonnes de CO2 évitées par an). « Mettre un enfant au monde, c'est vous garantir un bilan carbone infini puisque cet enfant va vivre, grandir, consommer, se reproduire, etc. »,développe la journaliste.

Depuis, d'autres scientifiques ont alerté sur les menaces que représentait la surpopulation. Tel le manifeste3 signé par 15 364 scientifiques et paru dans la revue américaine Bioscienceen 2017. En octobre 2018, un nouveau collectif a aussi publié dans Le MondeUne tribune4 intitulée « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue ».

29 juillet : le jour du dépassement

« Cette publication vient de mon initiative, avec d’autres confrères, comme Philippe Waldteufel et Philippe Blime »,assure Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur en géophysique et planétologue. « Le jour du dépassement5 a eu lieu le 29 juillet. En 210 jours, on a consommé tout ce que la Terre peut produire en une année. Cela prouve bien qu’on est trop nombreux. »Le chercheur est convaincu que cette surpopulation va entraîner « des conflits épouvantables », dans un contexte imminent de migrations climatiques.

« Mettre un enfant au monde, c'est vous garantir un bilan carbone infini puisque cet enfant va vivre, grandir, consommer, se reproduire, etc. », Laure Noualhat, journaliste et réalisatrice

Denis Garnier fait partie de ceux qui estiment qu’en France, une intervention des pouvoirs publics est nécessaire. Notamment pour réformer les allocations familiales. « Il faudrait accorder une vraie aide pour le premier enfant, la même chose pour le deuxième, mais plus rien au-delà. » Le président de l'association se défend de mettre en péril les libertés individuelles : « Actuellement, le système français promeut la natalité avec une claire incitation aux familles. On demande juste plus de neutralité. La liberté, on la laisse totale. » Quant à l'impact de la suppression des allocations familiales sur les ménages les plus modestes ? « C’est une réalité, concède Denis Garnier. Mais la question écologique et environnementale est vraiment une priorité. »

Dans un pays où la famille est le pilier majeur de la société, l’Hexagone devrait donc modifier ses fondements politiques et économiques. Pour autant, la population française n'est pas dans une expansion folle ! D’après l’Insee, la fécondité diminue même naturellement en France depuis quatre ans, avec 1,87 enfant par femme en 2018, contre 2,00 en 2014. Sachant que l’Hexagone est toujours le pays le plus fécond de l’Union européenne. En fait, la plupart des pays développés ont achevé ce que les démographes appellent « la transition démographique » : le moment ou la fécondité et la mortalité, un temps élevées, baissent d’elles-mêmes jusqu’à s’équilibrer à un niveau moindre.

Miser sur l’éducation

Mais pour Denis Garnier, on ne peut pas compter sur cette transition démographique spontanée dans toutes les régions du monde. Notamment en Afrique (4,6 enfants par femme en 2017), dont les 1,3 milliard d’habitants pourraient quadrupler d’ici 2100, selon les projections. « En France, on a simplement doublé depuis Louis-Philippe (XIXe siècle), alors que la population africaine a été multipliée par cinq en 70 ans. La transition démographique est incroyablement plus lente sur ce continent ! », note le militant.

Pour endiguer le phénomène, les dénatalistes ont une solution : le développement du planning familial et l’éducation, notamment celle des filles. « Une jeune fille évite les grossesses précoces lorsqu’elle est à l’école, argumente le président d’association. Avec l’instruction, on résout presque tout le problème. » Reste que l’empreinte écologique d’une naissance en Afrique n’est rien comparée à celle d’un petit européen. « C’est vrai aujourd’hui, nuance Denis Garnier. Mais qu’en sera-t-il dans 30 ans ?Au temps de Mao, la population chinoise n’émettait aucun gaz à effet de serre, on ne s’inquiétait pas de son accroissement. Maintenant, la Chine est le pays qui émet et consomme le plus. On ne peut que souhaiter pour l’Afrique qu’elle se développe, mais alors les nombreuses naissances d’aujourd’hui auraient un fort impact ensuite ».Les arguments s'entendent, mais ont un goût amer.

Les Ginks, pour " Green Inclinations, No Kids " (Engagement vert, pas de gosses), sont des féministes écolo prêtes à renoncer à la maternité pour sauver la planète. Photo : Pexels / Pixabay

Pourtant, même son de cloche pour Jean-Loup Bertaux6. Sourd aux accusations de néocolonialisme, il pense lui-aussi qu’il faut intervenir en Afrique pour développer le planning familial. Le chercheur évoque notamment la charte signée par les présidents des Parlements des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en juillet 2017, à Ouagadougou. Dans ce texte, ils s’engagent à abaisser leur taux de fécondité à trois enfants par femme. « Il faut les y aider », plaide le planétologue, qui propose de financer cette aide grâce aux 100 milliards de dollars par an « que les pays les plus riches ont promis aux plus pauvres pour lutter contre le changement climatique lors de la COP 21. » Là encore, on comprend la logique, mais la teneur en bouche reste lourde.

« Il est illusoire de vouloir changer les effectifs »

Car la nécessité de diminuer la population humaine pour sauver la planète ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique. Gilles Pison7, démographe, professeur au Museum national d’histoire naturelle et chercheur associé à l’Ined, affirme ainsi qu'il « est illusoire de vouloir changer les effectifs ».En cause ? L’inertie démographique. « Supposons que le nombre d’enfant par femme tombe subitement à 1,6 pour toute l’humanité, suggère-t-il. La population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies. Parce qu’on compte beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants. Même si chacun en a peu, ils sont nombreux ! »

D’ailleurs, insiste le démographe, le taux de fécondité est déjà en dessous du seuil de renouvellement « dans beaucoup de parties du monde. Et pourtant, il n'en résulte pas immédiatement une diminution de la population ».Afin de préserver la planète, Gilles Pison estime qu’il faudrait plutôt se concentrer sur les habitudes de consommation que sur la question du nombre, pour laquelle « nous n’avons pas de levier d’action ».

Coordinatrice française du programme de recherche international Future earth hébergé par le CNRS, Sandrine Paillard travaille quant à elle sur les solutions de développement durable liées aux changements environnementaux globaux. Selon elle, c'est limpide : « les limites en termes de population sont plus sociales que naturelles ». En matière de sécurité alimentaire, par exemple, les études « montrent que l’offre à l’échelle mondiale est aujourd’hui largement suffisante pour nourrir la population actuelle et que la sous-alimentation est essentiellement un problème d’accès ».

L’agroécologie est une piste sérieuse

Lors de son travail au sein de la prospective Agrimonde de l’Inra et du Cirad en 2010, Sandrine Paillard et ses collègues ont même conclu que « de nombreuses options existent pour satisfaire la demande de biomasse pour les besoins alimentaires, industriels et énergétiques mondiaux ». Pour y parvenir, ils misent notamment sur l’agroécologie. Tout comme les experts du Giec dans leur dernier rapport, publié en août 2019. Il est question d’une agriculture où la consommation d’eau est réduite, avec peu ou pas d’intrants chimiques. On augmente les éléments naturels du paysage (mares, haies, zones enherbées…) et on valorise le travail de l’agriculteur. L’élevage est réduit, afin de conserver la plus grande part des cultures pour l’alimentation humaine.

« Ça ne veut pas dire que tout le monde doit devenir végétarien, anticipe Sandrine Paillard. Mais ce serait déjà bien de respecter les conseils nutritionnels en mangeant de la viande deux fois par semaine. » Il s'agirait finalement d'un nouveau paradigme à mettre en place. L’économiste énumère : il faudrait changer la Politique agricole commune (Pac), travailler sur l’aménagement du territoire et les réglementations sur l’usage des pesticides ; mais aussi développer la recherche pour une agroécologie à la pénibilité et aux pertes de rendement réduites. Le chantier semble conséquent mais Sandrine Paillard l’assure : « l’objectif est complètement atteignable ».En attendant, le compteur de l’Ined poursuit sa course : 7 725 078 900.

1 Laure Noualhat,  Lettre ouverte à celles qui n’ont pas (encore) d’enfant, Plon Essais, 2018.

2 The climate mitigation gap: education and government recommendations miss the most effective individual actions, Seth Wynes and Kimberly A. Nicholas, Environmental Research Letters,12 , 2017.

3 World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice, Ripple et al., BioScience, 67, 2017.

4 « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue », Bertaux et al., Le Monde, 10/10/2018.

5 Le jour du dépassement est la date à partir de laquelle l’empreinte écologique dépasse la biocapacité de la planète. La biocapacité, c’est l’offre de la nature ; l’empreinte écologique, la demande humaine. Le calcul de ce jour est régulièrement controversé.

6 Jean-Loup Bertaux,  Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence, éditions Fauves, 2017.

 

[ SEMENCES PAYSANNES ] " Le nouveau pari coopératif "

Créé le : 14/10/2019

Ce week-end, se déroulait le salon Ille et Bio à Guichen (35), organisé par l'association Culture Bio. Au cours des deux journées, un grand nombre d'animations, de conférences ou encore d'ateliers ont eu lieu. Sans transition ! a eu le plaisir d'y participer.

Notre journaliste, Virginie Jourdan, animait sur Radio Laser une émission consacrée au sujet des semences paysannes. Ses invités étaient :

> Julie Bertrand, artisane du vivant installée à la Ferme de Carafray, à Molac, dans le Morbihan, et co-fondatrice de l'association Triptolème qui valorise les variétés anciennes de céréales et notamment de blés destinés à la boulange.
> Marc Sire, association Kaol Kozh qui favorise le déploiement de la biodiversité potagère grâce aux semences et notamment aux semences paysannes.
> Véronique Chable, chercheuse à l'INRA, coordinatrice de programmes de Recherche Participative.
> Jean-Martial Morel, maraîcher installé à Chavagne, au sud de Rennes.

(Ré) écoutez l'émission !

Rendez-vous vendredi 18 octobre à Rennes pour la conférence gratuite de l'agronome Marc Dufumier qui sera suivie d'une table ronde dédiée aux semences paysannes et à l'alimentation de qualité entre Marc Dufumier et les acteurs locaux.

[ CHRONIQUE LITTÉRAIRE ] Vivre avec la terre ! Charles Hervé-Gruyer

Créé le : 07/10/2019

Comment nourrir l’humanité de demain ? Il semble évident que notre modèle agricole actuel, dépendant des énergies fossiles, destructeur des terres et de la biodiversité, émetteur de gaz à effet de serre, ne pourra pas assurer cette tâche. La Ferme du Bec Hellouin en Normandie, initiée par Perrine et Charles Hervé-Gruyer, expérimente une nouvelle forme d’agriculture, en rupture profonde avec les modèles actuels : l’écoculture, qui se fonde sur l’imitation des écosystèmes naturels.

Cette démarche favorise l’autonomie des paysans et la sécurité alimentaire des communautés locales. De plus, la “miniaturisation” des cultures qu’elle préconise permet l’implantation de microfermes en tous lieux, y compris en milieu urbain, entraînant création d’emplois et résilience des territoires. Les recherches menées au Bec Hellouin inspirent déjà des agriculteurs du monde entier, mais aussi des politiques, des responsables de collectivités territoriales, l’enseignement agricole, l’Éducation nationale... Fruit de six années de travail, Vivre avec la terre est un projet littéraire et scientifique exceptionnel, qui donne aux lecteurs les moyens de s’engager dans cette démarche “bio-inspirée”. En apprenant à comprendre le fonctionnement des milieux naturels, ils découvrent de très nombreuses applications simples et efficaces, qui permettent de créer un jardin ou une ferme d’une haute performance écologique. L’ouvrage reflète l’expérience vécue au Bec Hellouin, mais il propose également une synthèse de milliers d’informations récentes sur la nature et les cultures vivrières, issues de la veille scientifique et technique menée à la ferme et jusqu’alors peu ou pas accessibles. Ce manuel, qui s’adresse à tous ceux qui désirent “vivre avec la terre” (jardiniers mais également professionnels de l’agriculture et chercheurs, ainsi que tous ceux qui aspirent à créer une microferme), accompagnera ses lecteurs des années durant.

 

 

 

 

 

Charles Hervé-Gruyer, devant la ferme du Bec-Hellouin en Normandie. Photo : Perrine Hervé-Gruyer

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