Écologie

Vallée du Léguer : une reconquête au long cours

Créé le : 07/05/2018
La rivière du Léguer est labellisée Rivière sauvage sur une trentaine de kilomètres qui va de sa source située dans les tourbières du Trégor jusqu’à Trégrom, à 10 km au nord de Belle-Isle-en-Terre. © S. Jouon

La rivière des Côtes d’Armor est emblématique de la reconquête de la qualité de l’eau en Bretagne. Déformée par l’activité humaine, maintes fois polluée par l’industrie, une partie du Léguer vient d’être labellisée « Rivière sauvage ». Cette distinction couronne vingt ans d’efforts pour lui rendre un cours aussi naturel que possible. Mais ne la protège pas des risques nouveaux qui planent sur son lit.


Par Virginie Jourdan

En janvier dernier, un second plan de lutte contre les marées vertes a été officialisé à Rennes. Au total, huit baies bretonnes sont concernées, dont la baie de Lieue de Grève, située à une quinzaine de kilomètres de côte de Lannion. En ligne de mire : réduire les excédents d’azote issus des élevages hors-sols et intensifs et qui se retrouvent sous forme de nitrates dans les cours d’eau. Et le chemin s’annonce encore long. Vingt ans après les premiers plans « Bretagne Eau pure », seules 37 % des rivières bretonnes ont retrouvé une qualité d’eau satisfaisante. Pour les autres, les pollutions restent nombreuses. Notamment celles aux nitrates qui atteignent toujours 33 mg/ litre en moyenne annuelle, quand le bon état écologique sur ce critère se situe à 25.

UNE BATAILLE DE PLUS DE VINGT ANS

Sur le terrain, certains engagements commencent pourtant à porter leurs fruits. En octobre dernier, la rivière du Léguer, qui prend naissance dans les tourbières du Trégor costarmoricain et se jette dans...

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Que faire des friches urbaines ?

Créé le : 07/05/2018
Un petit troupeau de vaches nantaises, élevées pour leur viande, pâturent sur la friche et quelques champs alentours. © B. Vandestick

Pour lutter contre l’étalement urbain, des communes dépolluent les friches, ces anciens sites industriels, et y construisent logements et centres d’activités. Parfois, ce sont les citoyens qui se les approprient pour en faire des lieux d’expérimentation des transitions. Mais laisser quelques endroits sauvages a aussi son intérêt pour la biodiversité.

Par Benoît Vandestick


Dans la périphérie de Redon, des citoyens se sont emparés d’une friche industrielle pour en faire un espace de convivialité et d’expérimentations. Élevage, potager, apiculture, cuisine et aménagement du paysage sont autant d’ateliers pour entretenir et faire vivre l’ancien site industriel. Une règle : faire uniquement avec ce qu’il y a sur le lieu. Place à l’imagination.

Un arbre pousse au milieu d’un petit bâtiment en parpaing, découvert et bariolé de graffitis. À l’intérieur, de vieux racks rouillés remplis de déchets de toutes sortes. Morceaux de bitume, ferraille, plastique. « Cet endroit est un peu une poubelle, commente Alain Berhault. Nous y avons mis tout un tas de déchets ramassés sur le site dans les premières années où nous avons commencé à l’occuper. » Ce site, c’est une friche industrielle, située à Saint-Nicolas-de-Redon, dans une zone qui borde la Vilaine. Son nom : Le Transformateur. Alain est membre de l’association Les amis du Transformateur, qui gère et anime l’endroit depuis 2005, en collaboration avec le Conseil départemental de Loire-Atlantique, propriétaire du lieu. « Nous sommes une quarantaine de membres actifs à nous en occuper, rapporte ce jeune architecte-paysagiste convaincu par la permaculture. On se répartit en différents ateliers. Il y a l’apiculture, le potager, la cuisine, l’élevage et le paysage. » Lui travaille au paysage. « Puis, chaque premier samedi du mois, on se rejoint tous pour un chantier commun. »

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BREIZH COP : une ambition à affirmer et à partager

Créé le : 02/05/2018
Des membres du collectif pour une transition écologique et solidaire : de gauche à droite Julian Pondaven, directeur du réseau Cohérence, Jean-Luc Toulec, Président de la Fédération Bretonne Nature Environnement, Philippe Nicol de la ferme de La Ferme de Traon Bihan, Carole Le Bechec, co-présidente du réseau Cohérence et Marie-Pascale Deleume administratrice d'Eau et Rivières de Bretagne - DR

Par le Collectif pour une transition écologique et solidaire 

Le collectif pour une transition écologique et solidaire souhaite une vraie mobilisation pour l’avenir de la Bretagne. Notre collectif pour la transition écologique et solidaire soutient l’initiative régionale Breizh COP, ses enjeux et ses ambitions. Mais nous constatons que le document d’orientation présenté aujourd’hui aux élus reste trop timoré et ne transcrit pas suffisamment les ambitions affichées.

Ce jeudi 19 avril, les élus de la Région Bretagne sont réunis à Brest pour une session extraordinaire du Conseilrégional sur la Breizh Cop, déclinaison bretonne de la COP 21. Ils vont débattre, à partir d’un document « point d’étape » présenté par le Président, d’une charte des valeurs et des principes ainsi que des trois
premières orientations de ce rapport.
 

De bonnes ambitions sont affichées :

 
Dans le document « Pont d’étape », le président de la Région écrit : « le changement climatique constitue l’un des enjeux, sinon l’enjeu majeur, requérant des transformations profondes de nos modes de penser
et de faire ».
 
Deux ambitions complémentaires guident cette Breizh Cop :
 
- développer une vision pour la société bretonne de 2040, et définir un véritable engagement dans la transition.
 
- mobiliser tous les bretons, citoyens, collectivités, entreprises pour s’engager ensemble avec la Région dans cette transition, en considérant que la principale valeur ajoutée sera d’être transversale et de croiser les approches jusque-là trop segmentées et cloisonnées.
 

Mais le document d’orientation n’est pas à la hauteur des ambitions affichées :

 
- Ce document ne s’appuie pas sur un diagnostic partagé. Le réchauffement climatique est déjà là, les atteintes graves à la biodiversité aussi. Pour mobiliser largement, il faut d’abord présenter et expliquer les enjeux et les impacts sur la vie et l’activité économique des bretons.
 
- Les orientations ne proposent pas d’objectifs ou même de pistes d’objectifs chiffrés qui puissent montrer son ambition d’impulser réellement de fortes transitions. En matière par exemple de réduction d’émission de gaz à effet de serre, de déploiement des énergies renouvelables, d’ambition pour le bio etc…
 
- Ce document ne rompt pas avec « nos modes de penser et de faire ». L’idée d’une « transformation profonde » que le Président appelle de ses voeux, disparaît progressivement à sa lecture alors que réapparaît
le productivisme quantitatif. Il continue, de manière dramatiquement classique, à exclure l’environnement du champ de l’économie et du social.
 
- la démarche de mobilisation et de concertation n’est pas suffisamment claire et soutenue. Nous attendons les contributions par exemple du comité scientifique sur la méthode de participation. Aucun moyen financier budgétaire spécifique n’est alloué à la nécessaire participation des citoyens, ni aux futures transitions. Pour notre collectif, l’enjeu de cette COP est de réunir (enfin !) les conditions de la transversalité et de la mixité entre l’économie, l’environnement, la qualité de vie. Il ne peut pas y avoir d’économie, d’agriculture, de santé durable en Bretagne dans un environnement de mauvaise qualité.
 

Nous demandons que les élus :

 
- écoutent l’appel des 15000 : il y a URGENCE pour le climat, l’environnement et l’Homme ;
 
- écoutent les citoyens et la société civile bretonne, par exemple le CESER (Conseil Économique, Social et
 
Environnemental de la Région) dont nous soutenons l’avis, voté à l’unanimité des représentants :
 
« Dans son rôle de stratège et de fédérateur, c’est au Conseil régional de Bretagne d’impulser, de se donner les moyens, avec ses partenaires, de mettre en oeuvre le grand projet régional, de créer les conditions de sa réussite. Des orientations fortes auraient ainsi pu être soumises à la concertation et au débat telles que : la Bretagne en 2040 : territoire zéro carbone, territoire zéro chômeur, territoire à énergie positive ? » - mettent en place des modalités et des moyens suffisants pour informer, sensibiliser et mobiliser les bretonnes et les bretons autour de ces enjeux qui engagent l’avenir de notre région La voie est loin d’être toute tracée, c’est certain, mais de nombreux projets et actions existent déjà en Bretagne, qui doivent permettre de s’engager dans cette expérimentation, cette transition dans les
territoires, dans les entreprises, dans les associations, dans les collectivités territoriales.
 
Notre collectif est, pour reprendre là encore les mots du Président, le symbole même « du volontarisme, de la responsabilité et de l’engagement ». C’est pourquoi le collectif appelle tous les acteurs à se mobiliser et à contribuer. Nous appelons tous les citoyens, les collectivités et entreprises à nous faire part de leurs idées, leurs réflexions, leurs actions pour continuer d’alimenter les expertises et expérimentations que nous avons déjà recensées depuis de longues années. Nous présenterons avant l’été nos 10 priorités partagées pour une BRETAGNE A VIVRE ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE.
 
Rejoignez nous !
@collectiftransition

Triballat : une belle histoire de chanvre

Créé le : 26/04/2018

Triballat Noyal inaugurait le 13 avril dernier le premier bâtiment tertiaire de grande superficie en béton de chanvre.

C'est depuis Noyal sur Vilaine, à quelques encablures de Rennes, que la société Triballat encourage la consommation de produits sains à travers ses marques (Sojasun, Vrai, Sojade...). Elle lançait dès 2014 une gamme à base de chanvre, culture historique en Ille et Vilaine, avec Sojade So Chanvre. L'entreprise pousse un peu plus loin la démarche avec un nouveau bâtiment destiné à accueillir ses services informatiques et RSE, construit en matériaux biosourcés, dont du chanvre issu de la filière locale.

Ce bâtiment de 1 000 m2 est réalisé à partir de panneaux préfabriqués composés de bois pour l’ossature et de béton de chanvre en remplissage, panneaux réalisés et posés par l'entreprise de Bédée LB Eco Habitat, pour un temps de pose record. Une première sur une structure de cette taille et des coûts optimisés grâce à cette pré-fabrication. Triballat s'est adjoint, pour la conception, les services d'un jeune ingénieur architecte passionné, Quentin Pichon, de l'agence nantaise CAN-ia.

 

Passif et bioclimatique 

Le bâtiment qui vise un fonctionnement en passif, comprend tous les avantages d'une structure bioclimatique : impact environnemental faible, confort sanitaire pour les ouvriers et les usagers, confort acoustique et thermique et qualité de l'air intérieur. Isolés par des vitres triple vitrage, ces bureaux seront chauffés par l'apport électrique d'une centrale photovoltaïque posée en toiture, en auto-consommation. Le béton de chanvre, qui absorbe 95% des variations de températures et régule l'humidité, servira de climatisation naturelle. Des brises soleil sont intégrés au bâtiment pour protéger les usagers de la chaleur estivale. Finitions intérieures en enduit chaux/chanvre permettant de limiter les phénomènes de réverbération et peintures intérieures fabriquées en Bretagne sur la base d'algues et résines végétales.

Triballat Noyal prouve aussi ici que la comparaison, à résistance thermique équivalente, entre bâtiment biosourcé et traditionnel, même de grande superficie, n'est pas en défaveur de la solution écologique, avec un écart de coût tout à fait marginal (l'étude effectuée abouti à un écart de 1,1%).

Témoignage d'Olivier CLANCHIN, PDG de Triballat Noyal 

Plus d'infos : www.triballat.fr

Apporter un « label positif au Ventoux » avec le Parc Naturel Régional

Créé le : 23/04/2018
Crédit : Pixabay

L'avant-projet de la charte du futur Parc Naturel régional du Ventoux, dans le Vaucluse, a été présenté dans la commune de Malaucène, mercredi 18 avril. Une étape fondamentale atteinte à l'issu de quatre ateliers de concertation ayant notamment réuni 39 communes du massif et le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

 

Rencontre avec Jacqueline Bouyac, conseillère régionale en charge des Parcs naturels régionaux auprès du Président de région, et Bénédicte Martin, également élue régionale et membre du Conseil municipal de Malaucène.

Un "label positif" pour le Ventoux

Toutes deux sont satisfaites du document produit qui, selon elles, oriente le projet vers des rapports équilibrés entre ses différentes parties prenantes. Pour ces élues de la majorité régionale, le PNR « apportera un label positif au Ventoux ».

Plus d'infos : www.smaemv.fr 

 

Pierre Ickowicz : « L'abeille : sentinelle de l'environnement »

Créé le : 23/04/2018
Crédit : Pixabay

La création de l'Union de l’Apiculture de l’Europe et de la Méditerranée (UAEM) a été célébrée à Marseille, le 17 avril dernier. Objectif : réunir des experts de 42 pays méditerranéens pour proposer des mesures destinées à la protection de l'abeille. Retour sur sur les affronts que rencontre cet insecte pollinisateurs avec Pierre Ickowicz, co-président de l'UAEM. Il est également dirigeant de Icko, leader européen du matériel agricole, une entreprise basée à Bollène, dans le Vaucluse. 

Retrouvez notre grand dossier  "Agri et Api-culture : même combat !", dans le dernier numéro de Sans Transition !

Dans un climat bouleversé, les abeilles subissent au quotidien le manque de biodiversité…

En effet, le danger majeur pour les abeilles vient du manque de biodiversité. Les apiculteurs sont de plus en plus contraints à transhumer pour permettre aux abeilles de subvenir à leurs besoins. Mais parfois la transhumance n'est pas suffi santé. Au manque de biodiversité s'ajoute en effet un climat aride. Les périodes de disette sont de plus en plus longues, jusqu'à 2 à 3 mois, notamment dans les zones de garrigues qui sont les plus touchées. Lorsqu'il fait très chaud, les fleurs sèchent plus vite et la quantité de nectar est insuffisante. La production de miel devient alors impossible.

En quoi le changement climatique impacte-t-il dès à présent la production de miel ?

Pour produire du miel, il faut du nectar, donc un certain taux d'humidité et une amplitude de températures pour favoriser le développement des fleurs mellifères. Même s'il y a des fleurs, celles-ci sont parfois boudées par les abeilles. Cela a été le cas des lavandes cette année. En raison du climat, les fleurs des lavandes sont passées en un rien de temps du bleu au gris. Les fleurs ont été « brûlées » par la chaleur et la sécheresse, perdant tout attrait pour les pollinisateurs.Elles n'étaient utilisables que pour la distillation.

Les pesticides, comme les maladies ou acariens (varroa, pyrale…), ont aussi un impact majeur sur la santé des abeilles et ne facilitent en rien la production ?

Différents prédateurs mettent en danger l'abeille. Le varroa, qui est un acarien importé de Chine, se développe au sein du couvain et contamine les abeilles du virus qu'il porte. La pyrale du buis, elle, se loge dans les lavandes. Pendant la nuit, elle se nourrit du nectar des fleurs pour ne laisser aux abeilles que les restes. Conséquence : des rendements divisés de plus de la moitié ! La production française s'élève à 10 000 tonnes de miel par an. Or on en consomme 40 000 tonnes. Pour optimiser la production, l'apiculteur a été contraint de devenir un véritable éleveur et de se mettre à la sélection génétique. Pour pallier le manque de ressources, il se doit de sélectionner les abeilles les plus endurantes, les plus productives et les moins consommatrices de miel. On sélectionne, on remplace les reines, au final comme dans la majorité des activités agricoles. On aide une nature que l'on a abimée ou perturbée tout en restant très loin des rendements d'il y a 20 ans.

Dans ce contexte, quelles actions soutenez vous pour tenter de préserver la biodiversité ?

En juin dernier, nous avons participé à la journée des fleurs pour les abeilles. On a distribué 100 000 sachets de graines aux écoles, en partenariat avec des jardineries. Soit 1 milliard de fleurs ! Autre action : nous aidons le fonds de dotation des lavandiculteurs pour rechercher des solutions opérationnelles contre les maladies de la lavande. Nous avons aussi veillé à ce que le cahier des charges « villes et villages fleuris » impose un minimum de fleurs mellifères dans les communes. Notre nouveau combat, à travers l'Union des apiculteurs d'Europe et de Méditerranée, vise à faire en sorte que des essences comme l'acacia ou la renouée du japon, considérées comme invasives, soient regardées différemment, compte tenu de leur potentiel mellifère.

Plus d’infos : www.icko-apiculture.com

 

Marseille : un avant-goût de la Cité de l'Agriculture ce week-end

Créé le : 19/04/2018

En attendant l'ouverture officielle du local – peut-être fin mai si les astres sont alignés ("nous avons eu tellement de problèmes de travaux que je ne me prononce plus") – la Cité de l'Agriculture ouvrira exceptionnellement ses portes à l'occasion des 48 heures de l'Agriculture Urbaine qu'elle coordoone ce week-end à Marseille. Entretien avec Marion Schnorf, la directrice du projet. 

L'agriculture qui s'invite en centre-ville de Marseille, d'où vient l'idée ?

À la base, je suis issue du milieu agricole, puis j'ai suivi des études d'urbanisme et d'aménagement du territoire à Beyrouth pendant six ans. Je me suis intéressée à la dichotomie entre l'espace rural et l'espace urbain. Nous serons bientôt plus de 80 % de la population à vivre en ville. Nous grignotons les terres agricoles. Le constat était là et il me tiraillait, il s’agissait donc de proposer des solutions. En revenant, la morosité française m'a sauté aux yeux et j'ai voulu faire quelque chose de positif. L'agriculture et l'écologie sont des leviers géniaux parce qu'ils parlent à tout le monde et englobent plein de thématiques. Il s’est agi de jouer un rôle éducatif, sensibiliser les gens à ce qu'ils mangent, leur expliquer comment un producteur est payé, comment il voit sa marge se réduire... Plutôt que de s'installer en milieu rural et de prêcher des convaincus, je me suis dit qu'il serait plus intéressant de prendre le problème à la source et de changer le regard des citadins sur l'agriculture.


À quoi ressemblera la cité de l’agriculture ?

À la base, le rêve était d'avoir un espace de quatre hectares en centre-ville, créer une ville nourricière où il y aurait production, vente et transformation. Cette utopie a fédéré rapidement et beaucoup de gens ont nourri l'idée. Mais devant le manque d'espace disponible à Marseille, nos petites ressources financières et le temps qu'il faut pour convaincre les politiques publiques, on a finalement choisi de s'adapter aux contraintes. On a récemment trouvé un mini-local dans le premier arrondissement, sur le boulevard National, où l'on a nos bureaux. Huit personnes y travaillent. On a pré-inaugré cet espace en mars.

On va y développer une unité de production expérimentale qui pourrait répondre à la question « comment la ville peut produire ? ». On veut mettre en place une forme de souveraineté alimentaire. L'idée est de créer une cantine d'alimentation durable approvisionnée avec des aliments ultra-locaux que l’on produit, et donc de travailler sur la question du zéro kilomètre. 
On a d'abord lancé les plantations à Tarascon où l'on utilise un système hors-sol de 1000 m2. À terme, on aimerait produire sur le toit de notre local de Marseille ou sur un autre espace du centre-ville. On cherche du foncier. On n'utilise aucun produit chimique. Pour l’engrais, on utilise du fumier. Pour lutter contre les pucerons, on met des coccinelles... Côté rendement, on a largement de quoi approvisionner un restaurant, plus quelques paniers.

Notre but est aussi de fédérer un maximum le réseau marseillais. Lorsqu'on a lancé le projet il y a trois ans et demi, on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup d'acteurs investis dans la transition agroécologique et alimentaire à Marseille mais qu'il y avait peu de liens entre eux. Pour cela on propose des formations, des conférences, de l'accompagnement de projets et un centre de ressources avec 700 livres en libre accès.


Vous coordonnez les 48 heures de l'Agriculture Urbaine ce week-end à Marseille, vous pouvez nous présenter cet événement ?

C'est un événement national qui célébre l'agriculture urbaine à travers seize villes en France et c'est notre association qui coordonne le projet sur Marseille. Plus de 90 acteurs et structures locales seront présentes. On souhaite mettre en lumière la variété d'initiatives qui existent, jouer notre rôle de locomotive en fédérant ces acteurs sur deux jours afin de créer du lien et une émulation autour de la dynamique agricole et alimentaire.

Il y aura une ribambelle d'ateliers et des événements dans plusieurs quartiers. On va par exemple faire des balades, des ateliers de teinture végétale ou de jus, des constructions de jardinières partagées. Sur le boulevard National, auront lieu un banquet de produits marseillais, un marché de producteurs. L’événement est vraiment ouvert à tout-e-s.

À cette occasion, on va aussi distribuer la première version de notre annuaire des agricultures et de l'alimentation durable à Marseille. On a identifié 333 structures rien qu'à l'échelle de la commune ! On l'a donc renommé l'annuaire « plantureux et tentaculaire ». Un second volume à l'échelle de la métropole est à venir.

Plus d'infos :
Les 48 heures de l'Agriculture Urbaine à Marseille

http://www.cite-agri.fr/

Crédits photo
DR La Cité de l'Agriculture
 

[Communiqué] Vigil'Oust et Attention Mines contre les permis de recherche minière exclusifs accordés à Variscan Mines en Bretagne

Créé le : 17/04/2018

Les associations Attention Mines et Vigil'Oust Merléac s'indignent des permis de recherche minière exclusifs (PERMS) accordés dans des conditions bien particulières à Variscan Mines en Bretagne . Rachat de filial, investisseur principal basé dans un paradis fiscal, absence d'information... Tous les détails dans le communiqué ci-dessous.

 
Par Attention Mines et Vigil'Oust Merléac

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Maires, adjoints et conseillers communaux, Présidents et conseillers communautaires, départementaux et régionaux, Députés et Sénateurs, Présidents et membres de CLEs de SAGEs bretons,

Mesdames, Messieurs,

Conscients des impacts économiques, sanitaires et environnementaux des permis exclusifs de recherche minière accordés à Variscan Mines SAS en Bretagne, vous avez exprimé votre opposition à ces PERMS et demandé leur abrogation, sans réponse à ce jour du Ministère de l’Industrie en charge du dossier. Il nous semble important aujourd’hui d’attirer votre attention sur les récents rebondissements concernant la propriété de ces permis.

Variscan Mines Ltd (Australie) a annoncé le 8 mars dernier la vente de sa filiale française Variscan Mines SAS et du PERM de Couflens à une autre société australienne : Apollo Minerals Ltd. Les 6 permis du Grand-Ouest dont les 3 bretons
(Loc Envel, Silfiac et Merléac en Bretagne, Tennie, Saint-Pierre et Beaulieu en Pays de La Loire) seraient transférés à une nouvelle filiale anglaise, Variscan Mines Europe Ltd dotée d’un capital de 1 livre sterling et déclarée comme société dormante.

En pratique, les 3 permis bretons vont d'abord être transférés vers Apollo. L’article 43 du décret 2006-648 sur les titres miniers le prévoit impliquant seulement d’informer l’Etat de la cession de la société, suite à quoi l’Etat a deux mois pour se prononcer (la non réponse valant accord). La décision sera vraisemblablement prise d’ici au 28 avril prochain, la demande de cession ayant été déposée le 28 février dernier.

Dans un second temps, Variscan demanderait la mutation des permis vers sa nouvelle filiale suivant la procédure classique au titre des articles 143-1 et suite du code minier. Ceci induit une instruction du dossier similaire à celle d’une demande de permis et prend 15 mois environ.

Outre les interrogations soulevées par l’absence totale d’information des élus et de la population des territoires concernés, le profil d’Apollo Minerals Ltd interroge. Cette société australienne spécialisée dans le tungstène intervient déjà en France via le rachat par étapes du permis de Couflens. Autre acteur majeur, le fond d’investissement Juniper Capital Partners Ltd 5 apporte les 25 millions d’Euros nécessaires au financement des travaux de recherche sur ce PERM. Cet actionnaire principal d’Apollo Minerals Ltd est basé aux Îles Vierges Britanniques, déclarées paradis fiscal par la France jusqu’en décembre 2015 et encore sur la liste grise de l’Union européenne.

A compter de la fin avril 2018 et dans l’attente d’une éventuelle future mutation, les 3 permis bretons appartiendront à Apollo Minerals Ltd et donc à Juniper Capital Partners Ltd basé dans un paradis fiscal. 
Apollo Minerals Ltd est essentiellement intéressée par le permis de Couflens et son tungstène. En dépit du soutien financier de Juniper Capital, elle a éprouvé le besoin de lever cette semaine 6 millions de dollars australiens auprès d’investisseurs européens. Elle avait déjà vendu en novembre dernier un de ses 3 actifs miniers en Australie, pour 1 million de dollars australiens. Une fois propriétaire des permis, Apollo ne risque t-elle pas de chercher à se procurer des capitaux frais en vendant les 6 PERMs du Grand Ouest à des investisseurs mal informés et / ou pas trop regardants qui, réalisant leur faible intérêt minéralogique et les oppositions locales, les revendront à leur tour, etc...

La transformation des PERMs en simples actifs boursiers soumis à la spéculation internationale reste-t-elle cohérente avec l’objectif de l'Etat de garantir l’autonomie d’approvisionnement de l’industrie française via la relance de l’activité minière sur le territoire national ?

Pouvons-nous rester passifs face à cette évolution qui fait peser de lourdes incertitudes sur l’aménagement à moyen et long terme de nos territoires ?

Est-il tolérable que les élus des territoires concernés restent dans l’ignorance de ces développement ?


A vous qui avez pris la mesure des impacts inhérents aux travaux de recherche et d’exploitation minière sur l’approvisionnement en eau de notre région, ses filières économiques, et la santé publique, nous demandons d’exiger de l’Etat français qu’il mette un terme à cette situation ubuesque et qu’il retire les PERMs accordés à Variscan Mines, comme le code minier l’y autorise.

Contact :

attentionmines@riseup.net
 

 

A Vannes, rencontre publique Clim'actions Bretagne Sud

Créé le : 09/04/2018

La rencontre mensuelle publique de Clim'actions Bretagne Sud aura lieu le lundi 16 avril, au Palais des Arts de Vannes de 18h30 à 20h30.

Les habitants peuvent-ils agir pour le climat ? Et si oui, comment ? Pour répondre à ces questions, 3 experts viendront échanger avec vous :

- Michel Briand acteur des réseaux coopératifs et des communs (Bretagne créative, élu au numérique à Brest 1995-2014) : coopérer en partage, les outils numériques et le pouvoir d’agir

- Bernard Menguy, Architecte bioclimatique en Bretagne Associer pour améliorer : la participation des habitants dans les projets d’habitat

- Dominique Pirio, Présidente de Cim’actions Bretagne Sud et formatrice forestière : comment passer à l’acte : projets collaboratifs des habitants en lien avec le climat.

Avec la projection des deux derniers petits films de Clim’actions Bretagne Sud (réalisation la Télé d’ici – Sylvain Huet) « Eco cité du pré vert  de Saint-Nolff» et « Forêt - climat un projet de territoire ».

Une table ronde sera animée par Raphaël Souchier, consultant européen en économies locales soutenables, auteur de « made in local : emploi, croissance, durabilité : et si la solution était locale ? »

Cet évènement annoncera le lancement officiel du réseau des habitants sentinelles.

 

Plus d'infos sur : climactions-bretagnesud.bzh

Assises nationales étudiantes du développement durable 2018 : « Donner au public l'envie d'agir »

Créé le : 02/04/2018

Ateliers, témoignages et remises de prix : les Assises nationales étudiantes du développement durable (ANEDD) auront lieu jeudi 5 avril, comme tous les ans, à la Toulouse Business School (TBS). Une douzième édition placée sous le signe des explorateurs. Présentation avec Chloé Thévenot, étudiante à la TBS et membre de l’organisation des ANEDD. 

Qui sont vos invités cette année ?

En 2017 nous avions fait venir Nicolas Hulot. Cette année, nous avons invité des explorateurs : Emmanuel Hussenet, Gaël Derive, Loïc Blaise (trois explorateurs de l'Arctique) et Théo Rohfritsch, jeune homme qui a fait le tour du monde à vélo et qui a exploré l’Antarctique. Ces personnes prendrons la parole en ouverture de la journée dans le cadre d'une conférence « prise de conscience ».

Le grand thème de la journée est « passer de la sensibilisation à l'action ». Nous avons pensé légitime de commencer la journée par ces témoignages.

Plus précisément, quel est le lien avec la thématique de cette édition ?

Ces gens sont allés voir directement les choses dans les zones polaires. Ils y ont constaté les effets du réchauffement climatique. Ce sont des témoins légitimes du développement durable. Nous avons préféré leur donner la parole plutôt que de laisser la place à un discours moralisateur. Il s'agit de donner au public l'envie d'agir.

Quelle sera la suite du programme ?

De 11h à 14h, seront organisés trente ateliers pratiques, sur la place située derrière notre école : un atelier « do it yourself » avec la confection de produits cosmétiques ou ménagers, une ressourcerie viendra faire une initiation au bricolage et à la réutilisation, il y aura des ateliers de permaculture ou encore de « watertag », publicité écologique et alternative à l'utilisation de papier... Nous avons impliqué nos partenaires comme GRDF qui proposera un quiz sur l'énergie ou Véolia qui encadrera un atelier sur les déchets et la méthanisation. Ecocert proposera aux étudiants de certifier un produit cosmétique bio.

Nous aurons aussi un village « bien être » où une association invitera les participants à faire leurs propres tisanes et à découvrir les vertus des plantes.

Dans le village « alimentation et agriculture » se tiendra un atelier « éco-paturage » avec la présence d'un troupeau de chèvres. Nous allons également faire descendre l'une des ruches installées sur le toit de l'école pour faire découvrir la conception du miel.

Enfin, un village social sera cette année centré sur une sensibilisation à la langue des signes.

En parallèle de tous ces ateliers est organisé un « écoforum ». Plus de quarante stands d'entreprises et d'associations de nombreux domaines d'activités seront présents : alimentation, textile, bien-être, culture...

Remises des éco-awards 2017 - DR

Vient ensuite le temps des concours, durant l'après-midi ?

Exactement. Les appels à candidature ont été lancés en début d'année, dans quatre catégories : « étudiant », « entreprise », « organisation d'utilité publique » (collectivités et associations) et « chercheur ». Il y a six candidats dans chaque catégorie. Tous vont présenter un projet devant un jury. Un prix « coup de cœur » des étudiants (500 euros) et le grand prix du jury (1000 euros) seront décernés dans chaque catégorie. Le prix « chercheur » sera lui doté d'un module de formation offert au lauréat par la Toulouse Business School. Ils repartiront aussi avec une vidéo de leur prestation.

La clôture de la journée est prévue pour 17h30-18h. La matinée est ouverte au grand public mais il est conseillé de s'inscrire sur un formulaire. À noter : les étudiants sont prioritaires !

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