Écologie

[ENQUÊTE] - Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ?

Créé le : 05/06/2018
La société toulousaine Naïo conçoit des robots électriques désherbeurs à destination des agriculteurs. Une alternative « high-tech » à l’utilisation de pesticides. © Tien Tran / Naïo

Les consommateurs désirent une alimentation sans pesticides. Et même la FNSEA commence à changer son fusil d’épaule en promettant de mettre en œuvre des « solutions » pour diminuer les doses de produits phytosanitaires. Mais l’agriculture conventionnelle peut-elle vraiment rompre sa dépendance à la chimie ?

Par François Delotte


PRODUITS PHYTO : PAR ICI LA SORTIE !

Nouvelles technologies ou agroécologie. Plusieurs pistes sont aujourd’hui débattues pour sortir des pesticides.


Pour Cécile Claveirole, référente agriculture de France Nature Environnement, une moindre utilisation de pesticides passe par la restauration des haies et un retour à des cultures diversifiées. Ici, un paysage de bocage près de Chinon (37). © Pixabay

Diminuer de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires d’ici 2025. C’est la proposition faite par la FNSEA dans son « contrat de solutions » présenté à l’occasion du dernier Salon de l’agriculture, fin février 2018. Le premier syndicat agricole français serait-il enfin conscient des effets délétères de l’agrochimie sur l’environnement et la santé ? Pas si sûr…« Nous pensons que les peurs sont exagérées concernant l’usage de ces produits. Le consommateur estime que ces peurs sont justifiées. Or, nous devons être en phase avec la demande », concède Éric Thirouin, secrétaire général adjoint de la commission Environnement de la FNSEA.Cependant, « Le zéro phyto n’est pas atteignable », annonce d’emblée Éric Thirouin avant de tempérer : « Mais on peut s’en approcher ».Àquel horizon ?«Je refuse de répondre à cette question. Ce qui m’intéresse, c’est surtout de progresser dans les filières où il y a encore peu d’alternatives », indique ce producteur d’oléagineux dans le Loiret.

Parmi les « 292 solutions » listées par Éric Thirouin, plusieurs concernent les nouvelles technologies. Le syndicat mise notamment sur le développement de l’automatisation. La diminution de l’utilisation de pesticides passerait-elle par une agriculture « high-tech » ?

VERS UNE TECHNO AGRICULTURE ?

La société toulousaine Naïo Technologies y croit.Elle a mis au point des robots désherbeurs. « Ils fonctionnent avec un outil de binage qui passe à 3 cm de profondeur dans le sol et détruit les mauvaises herbes », explique Julien Laffont, chargé du développement marketing de Naïo.« Oz » (pour les petites exploitations) et « Dino » (pour les surfaces supérieures à 10 hectares) s’adressent au maraîchage et à la viticulture.Ils sont entièrement électriques. Ils se repèrent dans les champs via un système de guidage GPS. Selon l’entreprise, les robots éliminent jusqu’à 80 % les végétaux indésirables. Leur prix ?« Entre 20 et 25 000 euros pour Oz et entre 80 et 100 000 euros pour Dino », annonce Julien Laffont.Un tarif qui, pour le représentant de Naïo, ne dissuade pas les acheteurs.«Depuis 2014, nous avons doublé notre chiffre d’affaires tous les ans.La demande commence aussi à se développer en Europe de l’Ouest et nous cherchons à nous implanter aux États-Unis et au Japon », assure-t-il.

D’autres, comme le Rennais Jean-Pierre Barre et sa société Oeliatec, misent sur l’eau bouillante.Après avoir vendu des pesticides pendant vingt ans, l’entrepreneur a changé son fusil d’épaule.« Mais je n’ai pas inventé l’eau chaude, j’applique une méthode qu’utilisaient mes grands-parents pour désherber », plaisante-t-il.Le liquide est chauffé à 120 °C puis est pulvérisé sur les « mauvaises herbes ». Après avoir proposé sa technologie aux collectivités, Oeliatec s’adresse désormais aux agriculteurs.Ses machines, fixées à l’arrière d’un tracteur coûtent entre 15 000 et 100 000 euros. « Le marché agricole se développe très bien. Les agriculteurs peuvent acheter nos produits seuls ou via des groupements et des coopératives », détaille Jean-Pierre Barre, dont la société revendique un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2017. 


La société rennaise Oeliatec propose des machines qui neutralisent les « mauvaises herbes » avec de l’eau portée à 120 °C. © Oeliatec

Le marché de ces nouvelles machines agricoles est en pleine expansion.Cependant, l’achat de ces engins coûteux risquent d’augmenter les taux d’endettement de professionnels dont beaucoup sont déjà pris à la gorge. Mais, pour l’heure, il ne permet pas de répondre aux besoins de tous les secteurs. Et il n’existe pas encore de solutions similaires véritablement adaptées aux grandes cultures céréalières et oléagineuses. Par ailleurs, ces technologies ne permettent pas non plus de répondre à tous les enjeux qu’impose la diminution d’utilisation des produits phyto.Notamment pour ce qui concerne la lutte contre les insectes ravageurs ou autres maladies des cultures.  

Dans ce domaine, la FNSEA parie sur le développement du « biocontrôle », méthodes naturelles destinées à protéger les cultures.Ainsi, Éric Thirouin assure utiliser depuis « quinze ans des trichogrammes », une petite mouche, pour lutter contre la pyrale du maïs.Les larves de trichogramme se développent dans les œufs du parasite et empêchent leur développement.La méthode semble efficace, puisque Éric Thirouin dit ne plus avoir recours aux insecticides.Ces procédés sont pratiqués depuis longtemps dans l’agriculture biologique, aussi bien sous la forme de macro-organismes (lâchers des coccinelles qui dévorent les pucerons) ou de micro-organismes (virus ou champignons qui s’attaquent aux parasites). Certaines entreprises vont encore plus loin dans la recherche de solutions de biocontrôle. C’est par exemple le cas de la société bretonne Goëmar qui a conçu un produit à base d’algues pour stimuler le système de protection naturel des plantes et les aider à mieux résister aux agressions (champignons, maladies…). 

HORS-SOL ZÉRO-PHYTO

Haut niveau de technicité et biocontrôle :c’est ce sur quoi parient les Paysans de Rougeline pour remplacer les intrants chimiques. Cette SAS réunit des producteurs en Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence.Elle met en avant ses productions « zéro pesticide ». Et pour cela, développe la culture hors-sol sous serre. « Avec les nouvelles technologies, nous arrivons à produire avec un impact quasi-nul sur l’environnement. Les modèles intensifs sont inévitables si l’on veut arriver à nourrir une population qui augmente tout en faisant face à l’étalement urbain », défend Vincent Clément, producteur de tomates cerise et cocktail à Arles (13), avec son frère Davy, et membre des Paysans de Rougeline.


À Arles, Davy et Vincent Clément visent le zéro phyto en cultivant des tomates cerise et cocktail dans ce qu’ils appellent des . éco-serres. © Rougeline

Dans de vastes serres réparties sur 5 hectares, poussent des cultures suspendues.Les racines ne se développent pas en pleine terre, mais sont plongées dans un substrat organique ou de la sciure de coco. Elles sont alimentées en nutriments avec de l’eau qui circule en circuit fermé.Le liquide est recyclé sur place.Les serres sont chauffées grâce à une chaudière bois performante. Ce qui garantit 15 % d’économie d’énergie par rapport à une serre conventionnelle, affirment les exploitants. 

L’air extérieur est aussi filtré. Il passe par de fines mailles qui empêchent les insectes de rentrer dans les serres. Le climat est géré « au dixième de degré près.Ce qui permet d’éviter les pourritures fongiques (champignons – NDLR) et des maladies comme le mildiou.Par prévention, nous introduisons tout de même des prédateurs des éventuels ravageurs. Nous lâchons dans les serres des macrolophus, une punaise qui mesure 2-3 cm»1, détaille Vincent Clément.  

Nous serions donc face à des « éco-serres » qui produisent « 2000 tonnes de tomates par an » affirme Vincent Clément. Mais le système a ses limites. Il est plus aisé d’atteindre ces performances avec le climat ensoleillé des Bouches-du-Rhône qu’au nord de la Loire. Et si le dispositif est efficace pour produire des tomates cerise et éventuellement des salades et herbes aromatiques, il n’est pas applicable pour la production des céréales. Un autre aspect pose question : la provenance des engrais utilisés pour nourrir les plantes, comme le sulfate et le potassium venant d’Israël.Vincent Clément confie ne pas avoir d’informations sur ces produits. « Le souci, en hors-sol, c’est que certains engrais minéraux ne sont peut-être pas produits de façon durable. Les minéraux viennent souvent d’exploitations minières. Or, quand une ressource provient de la terre, un jour elle vient à manquer », commente Pierre-Frédérique Bouvet, ingénieur agronome et cofondateur de Cueillette Urbaine, société qui crée des potagers d’entreprise selon les principes de la permaculture. 

RENOUER AVEC LA POLYCULTURE

Pour Cécile Claveirole, pilote du projet « agriculture » de France Nature Environnement et membre du Conseil Économique, Social et Environnemental, « avant de vouloir produire à grande échelle en hors-sol, il faudrait réduire notre consommation d’espace et préserver les terres agricoles ». Pour elle, les propositions de la FNSEA axées sur les nouvelles technologies pour réduire l’utilisation de pesticides ne sont pas les plus pertinentes. « La démarche amorcée par la FNSEA avec ce contrat de solutions va globalement dans le bon sens. Mais des choses me gênent. Il faut que les agriculteurs diminuent leurs charges et leurs intrants, qu’ils deviennent plus autonomes. Or ils le seront moins s’ils se jettent dans la gueule des machinistes », argumente cette ingénieure agronome. Pour Cécile Claveirole, rendre autonome le paysan, c’est utiliser les pratiques de l’agroécologie : replanter des arbres et des haies pour favoriser les insectes « auxiliaires » qui s’attaquent aux parasites, mais aussi promouvoir la polyculture et les rotations qui contribuent à la qualité des sols. 

« Les rendements sont parfois plus importants en associant des plantes plutôt qu’en utilisant des pesticides », lance Pierre-Frédérique Bouvet. « Cultiver ensemble des céréales et des légumineuses (trèfle, luzerne…) qui enrichissent les sols permet une augmentation de rendement de 10 à 60 % par rapport à une monocultureAssocier tomates et laitues, c’est jusqu’à 61 % de production supplémentaire », poursuit-il. Mais cela nécessite de changer en profondeur le modèle agricole dominant. « Et pas forcément des investissements supplémentaires. Il faut orienter différemment les financements. Au lieu de disposer de conseillers agricoles qui expliquent aux professionnels comment utiliser les pesticides, les chambres d’agriculture pourraient engager des formateurs en agroécologie », évoque Cécile Claveirole.

Un avis partagé par la Confédération Paysanne qui, pour remplacer certains traitements chimiques, plaide pour l’utilisation des « Préparations Naturelles Peu Préoccupantes » (PNPP). Ces PNPP sont des substances naturelles stimulantes (purin d’orties…) ou protectrices pour les plantes (tisanes…).« Un décret de 2016 liste 148 plantes que l’on peut utiliser pour les cultures. Mais nous demandons que 800 végétaux et préparations supplémentaires puissent être évalués par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement) », revendique Jean Sabench, représentant de la « Conf ». 


La Confédération paysanne promeut l’utilisation de « Préparations Naturelles Peu Préoccupantes » pour remplacer les pesticides. Les orties, sous forme de purin, constituent par exemple un excellent amendement. © Pixabay

MÊMES RENDEMENTS SANS INSECTICIDES

Mais peut-on seulement nourrir les populations sans insecticides ? « Oui », répond Jean-Marc Bonmatin, chimiste et toxicologue au CNRS. Ce dernier a contribué à la rédaction d’un article publié en février 2018 dans le journal scientifiqueEnvironnemental Science and Pollution Research portant sur l’efficacité des néonicotinoïdes. « Nous nous sommes appuyés sur plus de 200 études.Nous nous sommes alors rendus compte que les rendements sont quasiment identiques, que l’on utilise ou non ces insecticides », explique le chercheur. Il préconise donc de mettre fin aux traitements dits « préventifs ». « C’est absurde de traiter 100 % des parcelles puisque le pourcentage des cultures concernées par les attaques de ravageurs ne concerne en moyenne que 4 %, pour le maïs par exemple », assure-t-il. Les scientifiques notent aussi que les ravageurs développent rapidement des résistances aux pesticides. Et que ces substances sont très nocives pour « les organismes utiles du sol et pour les insectes bénéfiques à l’agriculture ».


Un nouveau label, différent du bio, vient de faire son apparition dans les rayons fruits et légumes. Baptisé « Zéro résidu de pesticides », il garantit que les produits ne présentent pas plus de 0,01 mg de pesticide au kilo. Le concept est différent du bio. Les fruits et légumes ont le droit de pousser sur des substrats nutritifs, ce qui est interdit en agriculture bio. Une forme de bio « light » ?

L’article recense aussi des alternatives à l’utilisation de la chimie. Notamment un système d’« assurance mutuelle » utilisé par des agriculteurs du Frioul et de la Vénétie, en Italie. «53 000 hectares ne sont plus traités aux insecticides. Les agriculteurs adhèrent à une assurance tous risques qui rembourse aussi les dommages en cas d’attaque de ravageurs. Elle ne leur coûte que 3,5 euros par hectare contre environ 40 euros/hectare pour un traitement insecticide », précise Jean-Marc Bonmatin.

Cet ensemble d’éléments montre que la sortie des pesticides est possible. Mais Rome ne s’est pas faite en un jour… L’association Solagro propose un plan chiffré et progressif d’abandon des produits phytosanitaires, dans le cadre de son scénario « Afterres 2050 ». « Nous estimons qu’il est possible d’atteindre une diminution de 75 % d’utilisation de ces substances en 2050 »2, développe Philippe Pointereau du Pôle environnement de Solagro. Dans ce modèle, 50 % des exploitations agricoles seraient bio. Les projections d’Afterres se basent sur le développement de l’agroécologie et du biocontrôle. Mais aussi sur la nécessité « de réduirede 50 % notre consommation totale en protéines », et donc de viande, dit le rapport Afterres 2050. Ce qui permettrait de « maximiser les prairies naturelles et de diminuer le recours à l’ensilage composé de soja et de céréales venant souvent d’Amérique et traités au glyphosate », précise l’agronome. Il poursuit : « Nous avons aussi réalisé un scénario zéro-phyto en 2050. Il est techniquement tenable. Après, tout est question de politique et de moyens. Les leviers sont nombreux : taxe sur les phytosanitaires, taxe pollueur-payeur, conseil, formation, labellisation… ». On y va ?

Plus d’infos :
www.fnsea.fr/media/2711188/2-2017-11-13-Contrat-de-solutionsVF.pdf
www.fne.asso.fr
www.confederationpaysanne.fr/rp_article.php?id=6396
www.afterres2050.solagro.org

1. Cette petite punaise est un prédateur de l’aleurode, petit insecte qui s’attaque à des espèces végétales cultivées sous serres. 
2. Pour comparaison, le plan gouvernemental Éco-phyto II prévoit une diminution de l’utilisation des pesticides de 50 % d’ici 2025. C’est aussi ce que préconise la FNSEA dans son « contrat de solutions » .


OGM « insecticides » : une non-solution


Le maïs OGM "Bt" sécrète une protéine toxique pour les larves de la pyrale, "ravageur" qui s’attaque notamment au maïs. © Entomart

Une plante qui produit son propre insecticide.C’est la propriété du maïs dit « Bt », mis au point et commercialisé par Monsanto.Cette variété a été génétiquement modifiée afin qu’elle puisse elle-même générer une protéine toxique pour des insectes « nuisibles », notamment pour la pyrale.Des colza, soja ou encore coton « Bt » ont aussi été mis au point.Le procédé semble pour l’heure globalement efficace. Mais certaines résistances chez la pyrale ont déjà pu être observées, notamment en Amérique du Nord. L’utilisation de ce type d’OGM pose de nombreuses questions. D’abord parce que la toxine peut porter atteinte aux insectes pollinisateurs. « Pour les abeilles, une toxine Bt reste un insecticide »,rappelle ainsi Jean-Marc Bonmatin, toxicologue au CNRS. Le risque sanitaire lié à la présence de la toxine Bt dans des produits à base de maïs destinés à l’alimentation animale et humaine est sujet à débat.En 2011, une étude québécoise a mis en évidence la présence de toxines Bt dans le sang de femmes enceintes et de leur fœtus*.

* Maternal and fetal exposure to pesticides associated to genetically modified foods in Eastern Townships of Quebec, Canada, Aziz Aris et Samuel Leblanc, in Reproductive Toxicology,2011.


DELPHINE BATHO NE CAUTIONNE PAS LE RAPPORT PARLEMENTAIRE SUR LES PESTICIDES

Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l’Environnement, a quitté la vice-présidence de la mission d’information parlementaire sur les pesticides, le 29 mars dernier. Dans ce cadre, les élus travaillaient sur la rédaction de propositions adressées au gouvernement pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. « Je ne peux pas cautionner un certain nombre de formules qui sont dans les titres de ce rapport et qui relativisent l’impact des pesticides sur la santé ou sur la biodiversité dont l’évaluation resterait "délicate", "complexe", [...] le "lien de causalité qui ne serait pas établi", etc... Ces poncifs participent d’une fabrique du doute », a-t-elle justifiée en commission parlementaire, le 4 avril dernier, avant la remise du rapport, le lendemain.


Drôme : la Biovallée trace son sillon

Par FD


DR

Écoconstruction, protection de la biodiversité, mais aussi agriculture durable… La vallée de la Drôme (26) est très avancée en matière de transition. En 2009, quatre communautés de communes du cœur du département s’associent (communautés du Crestois, du Val de Drôme, de Saillans et du Diois) et sont désignées « Grand projet Rhône-Alpes » par l’ex-région Rhône-Alpes. 10 millions d’euros alloués sur six ans ont pour objectif de créer un territoire « laboratoire dans le domaine des éco-activités ». Le projet prend le nom de « Biovallée ». Les agriculteurs du territoire sont invités à y participer.

37 % de surfaces agricoles bio

« La région a subventionné les démarches de certification bio. Mais a aussi aidé les entreprises qui s’investissent dans la transformation des produits bio. Une pépinière d’agriculteurs bio a été mise en place », indique Didier Jouve, vice-président de l’association qui coordonne Biovallée. Une politique qui permet aujourd’hui d’atteindre le taux de 37 % de surfaces agricoles bio dans le territoire (contre 15 % en 2008, 29 % en 2012et 5,7 % au niveau national).Mais les agriculteurs conventionnels ne sont pas laissés de côté. « Nous les aidons à accéder à des subventions européennes pour acheter du matériel de désherbage mécanique. Le projet doit être inclusif », commente Didier Jouve. « 85 % des aides sont destinées au conventionnel », complète Serge Krier, viticulteur bio, maire de la commune de Suze et vice-président à l’agriculture à la Communauté de communes du Val de Drôme. Le Grand projet Rhône-Alpes a pris fin. Mais l’association continue sur sa lancée. « C’est une image de marque. Nous sommes devenus une référence au niveau national, voire européen », défend Serge Krier. Objectif : atteindre les 50 % de surfaces agricoles en bio en 2050. 

Plus d’infos : www.biovallee.fr


INTERVIEW

François Veillerette, Générations Futures : « Taxer l’agriculture polluante pour rendre accessible les produits sains »

L’association Générations Futures a publié en février 2018 un État des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France. Entretien avec son directeur, François Veillerette, pour qui l’alimentation sans pesticides devrait être démocratisée. 

Propos recueillis par FD


© Nadine Lauverjat

Comment avez-vous procédé pour réaliser votre État des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France »?

Nous avons utilisé des données collectées par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) dans le cadre de plans de surveillance des résidus de pesticides qu’elle a effectués de 2012 à 2016. Pour que les résultats soient significatifs, nous n’avons sélectionné que les denrées qui figuraient dans au moins quatre des cinq derniers plans de surveillance.19 fruits et 33 légumes ont été retenus. Nous avons indiqué les résidus de pesticides quantifiés et les limites maximales de résidus (LMR), soit les niveaux supérieurs de concentration de résidus autorisés dans – ou sur – les produits alimentaires. 

Quels sont les produits les plus concernés par ces résidus ?

Pour les fruits, ce sont les raisins (89 % des échantillons contiennent des résidus), les agrumes (qui sont trempées dans des fongicides avant transport), ou les fraises qui sont les plus exposés. Du côté des légumes, nous avons été surpris de trouver le céleri branche, par exemple, comme étant l’un des produits les plus concernés par les résidus. Les herbes fraîches, les endives et les salades comprennent aussi des traces importantes.

Peut-on produire du « zéro pesticide » accessible à tous ?

Le modèle agricole dominant est dépendant aux pesticides. Il ne permet d’ailleurs plus aujourd’hui à tous les agriculteurs de vivre dignement de leur travail. Par ailleurs, nous constatons que le bio est lui plus rémunérateur. Mais il est plus cher pour les consommateurs, c’est vrai. Or les personnes qui sont les premières concernées par les impacts négatifs des produits phytos sur la santé (maladies chroniques, obésité…) sont les plus modestes. Les produits de l’agriculture intensive sont peu chers à l’achat. Mais ils coûtent très cher en dépense de santé, en traitement des eaux… C’est au final le citoyen qui paye par l’intermédiaire de ses impôts. On pourrait imaginer un système de taxation de cette agriculture polluante pour aider les moins favorisés à acheter des produits sains. 

Télécharger l’État des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France sur : www.generations-futures.fr/publications/residus-pesticides/

 

Découverte - L'Oasis de Flaugergues, ferme urbaine participative de Montpellier

Créé le : 05/06/2018

Le premier potager collaboratif de Montpellier est sorti de terre le 21 avril dernier. Pensée pour les citadins en manque de nature et de nourriture saine, l’« Oasis » de Flaugergues est un lieu de vie où cohabitent cucurbitacées, jardiniers en herbe, poules et de précieux insectes. Reportage au cœur de cette ferme urbaine.

« J’adore manger des légumes, j’aimerais apprendre à tous les faire pousser », s’exclame Alexandre, 10 ans, tandis qu’il répand du paillage autour des blettes qu’il vient de planter. C’est la première fois qu’il vient, en famille, au potager agro-écologique du Château de Flaugergues de Montpellier, ce vendredi 1er juin. À peine arrivé, le garçon est déjà à la tâche, ravi. Max, ingénieur agronome, toujours un nom de plante à la bouche, donne les consignes générales : alterner les variétés de légumes pour éviter les contaminations, les planter « en quinconce », et casser délicatement la motte pour libérer les racines.

L’autre « jardin » du château

Dans cette parcelle de 4000 m2, couverte de vignes il y a encore deux mois, tout était à inventer. Le terrain, mis à disposition par la famille de Colbert qui souhaitait donner de la vie à son château, est situé entre le parc luxuriant et le vignoble.

C’est en empruntant un petit sentier dérobé que nous arrivons au potager. Ici, les plantes sont plutôt rases, mais les premiers radis sont déjà prêts à être croqués. Dans la paillote, fabriquée de toutes pièces à l’aide de matériaux recyclés et de feuilles de palmier séchées en guise de toit, les quatre animateurs de l’association Oasis Citadine accueillent les visiteurs.

Sébastien Girault, fondateur de la structure, ainsi que deux agronomes et un jardinier paysagiste, proposent ce soir un atelier d’initiation à la permaculture. Sébastien explique : « Il s’agit de recréer un écosystème efficace, durable, et respectueux de la vie dans sa diversité. » Sous les tomates, des œillets d’Inde et du basilic remplacent les produits pesticides. « À cause de la monoculture, les sols sont morts, mais avec un écosystème en bonne santé, pas besoin de pesticides ! » Ainsi, les haies entourant la ferme abritent les oiseaux qui participent à la régulation des insectes, tout comme les batraciens dans les mares ou les coccinelles.

Le jeune homme de 26 ans, petit-fils d’agriculteur et diplômé d’une école de commerce, avoue ne pas s’être vraiment intéressé, étant enfant, au potager de ses parents. C’est après une expérience de woofing (vivre et apprendre dans des fermes biologiques, NDLR) en Espagne qu’il prend conscience de l’importance du travail de la terre et de ses enjeux. L’ouverture de la ferme urbaine de Montpellier marque le passage de la théorie à la pratique : « Il s’agit non seulement de faire la promotion d’alternatives durables mais de les mettre en marche, concrètement. » 


L'oasis de Flaugergues en images

Retour à la terre et lieu de partage

Les raisons de devenir « Oasien », c’est-à-dire copropriétaire de la ferme, sont variées. Julie, la maman d’Alexandre, regrette son ancien lopin de terre : « Avant, nous vivions dans une grande maison de campagne avec un potager, mais nous avons dû déménager dans un appartement. » Les tomates en pots de son balcon ne lui suffisent plus. Elle exerce la profession de tutrice légale au tribunal de Montpellier, un métier sous tension qu’en fin de semaine elle a besoin de mettre de côté en jardinant. Elle se dit prête à souscrire à l’abonnement de 40 euros mensuel qui lui permettra de venir quand elle veut à l’Oasis, profiter des formations et repartir chaque mois avec des paniers remplis de denrées.

Un peu plus loin, Gustavo, la trentaine, est un habitué du lieu depuis deux mois. Alors qu’il creuse des trous pour y glisser des plants de céleri, cet informaticien venu d’Argentine explique qu’il rencontre ici des gens avec lesquels il partage de nombreux points communs. Il apprécie aussi de pouvoir faire quelque chose de ses mains après des journées passées face à l’écran. 

Quand le soir tombe sur l’Oasis, les jardiniers se retrouvent autour des tables en palettes pour partager un repas. Alexandre s’enthousiasme pour le style « cabane en bambou » de la paillotte : « C’est presque comme Koh-Lanta ! » En attendant le jeu d’aventure, il lui faudra expérimenter pour la première fois les toilettes sèches. Au menu de ce soir, seule une carotte sauvage, que l’on découpe en petits morceaux, provient du potager. Mais bientôt, les récoltes donneront salades, aubergines, courgettes…  À nos pieds, les poules pondeuses « Blanchette » et « Gros yeux » nous tournent autour pour chiper à manger. La justification de Sébastien : « La poule, ça mange de tout, c'est l'emblème de la permaculture ! »

À terme, l’équipe de l’Oasis citadine aimerait s’entourer d’une quarantaine d’abonnés et d’une poignée de « sympathisants » qui viendraient donner des coups de main ponctuellement. Si le projet fait ses preuves, l’objectif sera de tisser « un réseau d’Oasis » dans plusieurs grandes villes. Et, semer toujours plus de graines entre les immeubles !

 

Plus d'infos :

www.oasiscitadine.fr

 

Lyon : des classes vertes dès la maternelle

Créé le : 04/06/2018
L'Atelier des saisons organise des ateliers de jardinage et de cuisine dans des écoles lyonnaises - Crédit : L'Atelier des saisons

L’Atelier des saisons propose des cours de jardinage et de cuisine dans les écoles maternelles et primaires du bassin lyonnais. Une initiative qui permet de replacer la nature au cœur de l’apprentissage : retour sur une année scolaire très écolo !

 

Juin, bientôt les vacances, les écoles vont fermer leurs portes. À Lyon, les enfants d’une quinzaine d’écoles de la métropole s’apprêtent à poser leurs arrosoirs et à dire au revoir à leurs potagers. Depuis octobre, ils apprennent ce que beaucoup d’entre nous oublient : travailler la terre, planter, patienter, récolter, préparer et déguster les fruits de la terre. C’est ce cycle immuable de la nature que l'entreprise L’Atelier des saisons enseigne depuis un an, de la maternelle au CM2, entre jardinage et cours de cuisine.

6000 enfants des écoles partenaires de l'opération ont semé des milliers de graines, cultivé 10 000 plantes, mais aussi confectionné des rouleaux de printemps ou des soupes aux orties. Certains ont même eu la chance de faire du pain et de presser du jus de pomme.

Transmettre le goût de la nature

Et si protéger l‘environnement passait d’abord par la connaissance de la nature et de ce qu'elle peut nous offrir ? C’est le pari de Paul-Yvan de Saint Léger, fondateur des ateliers. « Je suis parti d’un constat simple : aujourd’hui, tout le monde a conscience qu’il faut prendre soin de la planète, mais les écoles n’ont jamais été autant bétonnées et les enfants aussi coupés de la nature ! » Pour l’ancien banquier, qui a radicalement changé de vie il y a deux ans, apprendre à jardiner et à cuisiner devraient être des enseignements incontournables. Après onze années passées dans la finance, il décide d’entreprendre un CAP cuisine et de se faire la main auprès de maraîchers du bassin lyonnais.

Épaulé par un architecte paysagiste et un étudiant en génie végétal, Paul-Yvan de Saint Léger intervient dans les classes pour sensibiliser les enfants aux phénomènes de la pollinisation, de la germination… « Au début, ils peinaient à citer trois plantes, désormais ils en connaissent une vingtaine, voire une trentaine », se félicite-t-il avant d’ajouter : « Nous avons surtout semé des souvenirs très positifs liés à la nature ! »

L’année prochaine, l’aventure continue. En plus des activités habituelles, de nouvelles idées voient le jour : lutte contre le gaspillage alimentaire ou, éventuellement, un système d’aquaponie pour réussir à cultiver des légumes en symbiose avec un élevage de poissons. De grands défis pour les plus jeunes ! 

Plus d'infos :

www.latelierdessaisons.fr

[Communiqué] - Projet de loi Agriculture et Alimentation: poudre de perlimpinpin!

Créé le : 30/05/2018
Pixabay

Communiqué commun: La Loi Agriculture et Alimentation adoptée aujourd’hui n’est pas à la hauteur de nos attentes! 

Ce mercredi 30 mai 2018 à partir de 15h, le tant attendu projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation est voté en première lecture à l’Assemblée Nationale.

De ce texte ne ressortent ni les engagements pris durant les ateliers des Etats Généraux de l’Alimentation, ni les engagements du Président Emmanuel Macron. Les représentants de la société civile ne décolèrent pas de voir une loi si faible adoptée par des députés qui suivent l’avis du gouvernement.

Un faible espoir réside-t-il dans le passage prochain au Sénat pour que nos représentants se saisissent des véritables enjeux? Dans le cas contraire, les représentants de la société civile que nous sommes se désolidariseront de cette loi.

Après près d’un an de travaux lancés dès l’annonce de l'organisation des Etats Généraux de l'Alimentation (EGA), les organisations de la société civile (1) désespèrent de voir un texte législatif aussi vide et contraire à l’esprit des EGA. C’est pourtant l’ensemble des acteurs agricoles, sociaux, économiques et environnementaux de la société française qui ont été mobilisés par le gouvernement. Alors que les consensus obtenus lors des ateliers sur les EGA à la fin 2017 promettaient de réelles avancées, quasiment aucune d’entre elles n’a été reprise dans ce projet de loi. A quoi bon ces 35 000 heures de mobilisation et de travaux pour accoucher d'une souris et ignorer les conclusions partagées par une majorité d'acteurs ? L’esprit des EGA semble bien loin ! Comment expliquer tous  ces renoncements face aux engagements pris par le Président de la République, que ce soit durant la campagne présidentielle ou face à l’ensemble des acteurs lors de son discours à Rungis ?

La Loi Agriculture et Alimentation adoptée aujourd’hui n’est pas à la hauteur de nos attentes et bien loin des enjeux de notre siècle. Elle ne permettra pas aux agriculteurs de mettre derrière eux les crises agricoles et de vivre dignement de leur travail. C’est une illusion de croire que cette loi permettra de rééquilibrer le rapport de force économique entre agriculteurs et distributeurs. Elle ne leur donnera pas non plus les outils économiques et législatifs nécessaires pour engager une véritable transition des modes de production. Le gouvernement et les députés ont ainsi raté l’opportunité de montrer que l’agroécologie permettrait de réconcilier économie et écologie.

Les organisations de la société civile rappellent que la loi ne pourra remplir son rôle que si l'ensemble des leviers déterminants et urgents pour la transition y sont intégrés de manière obligatoire. Le renvoi très fréquent par Stéphane Travert  lors des débats aux engagements volontaires des filières, des fabricants et distributeurs de produits alimentaires ou à d’éventuelles évolutions à l’échelon européen ressemble fort à une démission des législateurs et responsables politiques, alors que c’est au contraire leur rôle, pour protéger l’intérêt général, que d’ancrer des objectifs clairs dans la loi, et d’entériner des mesures qui s’appliquent à toutes et à tous.

Les représentants de la société civile appellent, au vu des enjeux sanitaires, environnementaux et économiques qui entourent cette loi, à un sursaut des parlementaires et du gouvernement pour lui donner corps et la muscler. Dans le cas contraire, nos organisations se désolidariseront de cette loi.

(1) Action contre la Faim / ActionAid France / Agir Pour l’Environnement / Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières / Amis de la Terre France / Association française des Diététiciens Nutritionnistes / Association Max Havelaar France / Attac France / BLOOM / CCFD-Terre Solidaire / Commerce Equitable France / CIWF France / CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) / Comité français pour la solidarité internationale / Coordination SUD / CRID / Criigen / Eau et Rivières de Bretagne / Fédération Artisans du Monde / Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (FADEAR) / Fédération Nationale d’Agriculture Biologique / Fermes d’Avenir / Filière Paysanne / Fondation pour la Nature et l’Homme / Foodwatch / France Nature Environnement / Générations Futures / Greenpeace France / Ingénieurs Sans Frontières AgriSTA (Agricultures et Souveraineté Alimentaire) / Justice Pesticides / LPO / Miramap / Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique / Nature et Progrès / OGM dangers / Oxfam France / Plateforme pour une petite pêche / REFEDD (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) / RENETA (Réseau National des Espaces-Test Agricoles) / Réseau Action Climat / Réseau CIVAM / Réseau Cocagne / Réseau Environnement Santé / RESOLIS / SOL / Syndicat National d’Apiculture / Terre & Humanisme / Terre de Liens / UFC que choisir / Union Nationale de l’Apiculture Française / WECF France / WWF France

Joël Labbé, sénateur du Morbihan : « Les promesses ne suffisent plus, le glyphosate doit être interdit »

Créé le : 30/05/2018
Joel Labbé, sénateur du Morbihan- crédit : DR

L'Assemblée nationale a refusé d'inscrire une date butoir pour l'interdiction de l'herbicide controversé, en première lecture de la loi Agriculture et Alimentation (ou loi « Travert »), le 28 mai dernier. Réaction de Joël Labbé, sénateur EELV du Morbihan et à l’origine de la loi dite « Labbé » qui réglemente l’usage des produits phytosanitaires.

Que vous inspire le rejet de la proposition d’amendement sur l’interdiction du glyphosate par l’Assemblée nationale ?

C’est une grosse déception, notamment parce que le président de la République s’était engagé à interdire la substance au plus tard dans trois ans. Le délai est suffisant. Il est temps d’en finir avec le glyphosate. C’est un herbicide total qui a d’importantes répercussions sur l’environnement et induit une perte de biodiversité. La question de l’impact sur la santé humaine est également en jeu. Lorsqu’on parle « d’incertitudes scientifiques », on doit pouvoir s’en remettre au principe de de précaution1.

Les détracteurs de l’interdiction du glyphosate avancent qu’il faudrait pouvoir compter sur des alternatives…

Il existe déjà des alternatives de qualité de plus en plus efficaces en terme de rendement, comme l’agriculture biologique. Mais il s’agirait de faire évoluer le modèle agricole, avec des aides publiques via la PAC. Or, le poids des lobbies de l’industrie agroalimentaire et des pesticides est prépondérant. Derrière la position du gouvernement, on trouve celle de la FNSEA. L’autre argument évoqué pour empêcher l’abandon du glyphosate est celui de la concurrence déloyale des pays voisins. Mais l'on pourrait interdire l’importation des produits provenant d’États européens utilisant la substance. 

Pensez-vous que la sortie du glyphosate d’ici à 2021 est possible sans contrainte légale ? 

Ça fait longtemps que les promesses ne suffisent plus, nous avons besoin d’une interdiction. Les méfaits du glyphosate sont tels qu’il y a urgence ! Cette situation dépasse les clivages politiques. C’est aussi une question internationale : la position de la France est attendue au niveau de l’Europe.

Fin juin, le projet de loi sera étudié au Sénat. Quel est votre objectif ?

Conserver les avancées votées par l’Assemblée Nationale, comme l’ouverture des chambres d’agriculture aux ONG environnementales et l’objectif de 20 % de bio dans les cantines. Puis, il faudra rouvrir le débat sur le glyphosate afin d’aller plus loin que l’Assemblée. Et donc l'interdire une bonne fois pour toute !



1 Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a estimé le glyphosate « probablement cancérogène », ndlr.

 

 

Conférence avec François Veillerette et Gilles Nalbone : "les perturbateurs endocriniens, quels risques pour la santé ?"

Créé le : 28/05/2018
François Veillerette, porte-parole de Générations Futures - DR

On les trouve dans notre alimentation, dans les produits cosmétiques, dans les meubles et même dans nos vêtements. Les perturbateurs endocriniens ont envahi notre environnement. Quels dangers exactes représentent-ils pour notre santé ? Comment les éviter ? A l'occasion de la semaine du développement durable, Sans Transition ! Provence, l'associationPain et Liberté et la Biocoop Nature Eléments, invitent François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures pour une conférence sur les perturbateurs endocriniens le 30 mai à Vaison-la-Romaine (84).

François Veillerette sera accompagné de Gilles Nalbone, Directeur de recherche émérite àl'INSERM et correspondant local (Marseille) du Réseau Environnement Santé. Ainsi que de André Bucher, paysan bio et écrivain.

La conférence sera suivie d'un cocktail offert par la Biocoop Nature Elements de Vaison-la-Romaine et Pain et Liberté avec les produits Artisans du Monde.

- Mercredi 30 mai à 19h au centre culturel de Vaison La Romaine -

 


 

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Un perturbateur endocrinien est un agent chimique capable d’interférer dans le système hormonal d’un organisme. 

"Un perturbateur endocrinien qui se fixe sur le récepteur hormonal d’un organe ou d’un tissu peut alors créer un stimulus et modifier le comportement de celui-ci, même lorsque aucune hormone n’a été sécrétée. Les perturbateurs peuvent aussi bloquer l’action des hormones en se fixant en grand nombre sur les récepteurs que ces dernières doivent utiliser ".

Selon  Générations Futures, " 73,3 % pesticides le plus souvent décelés dans les eaux souterraines ou les cours d'eau seraient pour la plupart des perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques, qui perturbent le système hormonal et peuvent générer maladies et anomalies, ont été décelées à 53,3% dans les pesticides prélevés dans les eaux souterraines... et à 50% dans ceux existants dans l'eau du robinet."

François Veillerette est également président du réseau européen Pesticides Action Network, l’auteur de «Pesticides, le piège se referme» et coauteur de «Pesticides, révélations sur un scandale français»

Retrouvez l'interview de François Veillerette pour Sans Transition ! lors de sa venue pour une conférence sur les pesticides à Manosque (04)

Pour aller plus loin, retrouvez notre dossier Perturbateurs endocriniens : comment les éviter ?, dans le numéro 8 de Sans Transition !

 

[LIVRE] - Dix ans de tourisme durable

Créé le : 24/05/2018

Voyageons-Autrement.com, premier portail d’information sur le voyage responsable et durable, sort un livre pour fêter et compiler ses dix années d’activité.

Quatre cents pages. C’est le cadeau que s’est offert le site Voyageons-Autrement.com pour matérialiser une décennie de travail passée à informer et fédérer les internautes autour du voyage responsable et durable.

« Nous avons commencé par lancer Consom-acteur.com, un portail de commerce équitable qui permettait d’acheter moins cher et solidaire », explique le fondateur Romain Vallon. « On traitait de biens de consommation classiques mais pas de voyages. Or, je ressentais le besoin d’entrer en dynamique avec les gens qui sont en mouvement. » Ainsi Romain lance Voyageons-Autrement.com en 2008, en parallèle de son métier d’ostéopathe. « C’est aussi un désir d’équilibrer mes activités, motivé par un mélange de philosophie et de militantisme. »


Boîte à outils

Porté par une équipe technique et éditoriale – « un véritable collectif, même si le statut reste une SARL » –, Voyageons-Autrement.com s’est imposé comme l’agrégateur de contenus de référence autour du voyage responsable et durable. Le site fait le lien entre tous les acteurs du milieu : professionnels, grand public, associations, bloggueurs, journalistes…

Aujourd’hui, la plateforme compte plus de 4 000 articles. L’ouvrage intitulé « 10 ans de voyages autrement – le guide » rassemble les meilleurs contenus (travail d’enquête, de terrain, interviews, rencontres, chroniques, etc.) dans l’optique de retracer l’évolution du tourisme durable sur dix ans.

« Lorsqu’on me demande quelle est la définition du tourisme durable, plutôt que de donner une définition technique, je botte en touche. Les thématiques sont tellement transversales ! La preuve : au départ, le livre devait faire cent vingt pages. Il en fait finalement quatre cents ! » De quoi vous faire votre propre idée sur le sujet. Et vous inviter au voyage... Autrement !

Plus d'infos

www.voyageons-autrement.com/leguide/


 

Plastic Attack : des consommateurs remontés contre le suremballage

Créé le : 22/05/2018
DR

Qui n'a jamais été interpellé par la vision absurde d'une banane emballée seule sur une barquette en polystyrène ? C'est pour lutter contre ce genre de pratique qu'a été lancée la Plastic Attack, dont la première édition a eu lieu le 1er mars dernier, à Bristol, en Angleterre. Et dont des répliques se dérouleront dans plusieurs villes et régions de France, le 2 juin prochain : à Quimper, Montaigu (Vendée), Strasbourg, Nouméa, Montpellier, Lyon, en Martinique et bien sûr à Paris

Les participants cibleront un supermarché dans lequel ils achèteront des produits jugés « suremballés » : fruits, légumes, viande, poisson... Les clients-activistes placeront leurs denrées dans des récipients réutilisables. Les emballages seront ensuite déposés dans des caddies à la sortie du magasin. À charge pour l'enseigne de se débarrasser des déchets.

Générer moins de déchets

« Nous cherchons aussi bien à interpeller les consommateurs, les distributeurs que les industriels pour que tous se dirigent vers des produits éco-responsables et à faire évoluer les pratiques », défend Fanny Vismara, organisatrice de Plastic Attack dans la capitale. À Paris comme dans d'autres villes, le supermarché qui fera l'objet de l'opération n'est pas encore choisi. D'où l'importance de suivre les groupes locaux pour en savoir plus et de s'inscrire comme participant à l'événement. « Cela nous permet d'évaluer quelle ampleur pourrait prendre l'opération. À Paris, nous estimons pouvoir remplir plus d'une centaine de caddies », avance Fanny Vismara. À vos chariots !

 

Les glaneurs de Provence

Créé le : 07/05/2018
Depuis mars 2017, plus de 300 personnes ont participé aux activités de Partage d'amour : récolte, transformation ou vente entre adhérents. © E. Besatti

Chaque saison, dans la région, fruits et légumes promis à la destruction car non conformes, arbres fruitiers, voire vergers entiers délaissés par leurs propriétaires, engendrent la perte de tonnes de denrées consommables. Pour lutter contre ce gâchis, des citoyens se rassemblent pour ramasser, redistribuer et valoriser ces ressources abandonnées. Reportage dans les Bouches-du-Rhône, où en un an, l’association Partage d’amour a sauvé quatre tonnes de fruits et légumes promis à l’abandon autour de Barbentane (13).

Par Éric Besatti

En ce début de printemps, l’assemblée générale des adhérents de Partage d’amour prépare l’avenir. Des enfants jouent autour des tables qui supportent les victuailles, des chiens se disputent un bout de bois et la petite trentaine de personnes assises en cercle discutent des prochaines actions à mener. Un maraîcher bio voisin a un problème avec ses épinards. Toute sa parcelle a le mildiou, un champignon qui donne des petites tâches jaunes sur les feuilles. En l’état, le paysan prévoit de tout arracher et de brûler la récolte. « L’idée est d’aller les ramasser bénévolement, ce qui évite du travail inutile au maraîcher pour ensuite les valoriser nous-mêmes : les partager ou les vendre à des prix justes »,explique Anthony Saint-Michel, 28 ans, initiateur du projet et président de l’association. Parce que si les épinards tachetés ne sont pas très présentables, leur qualité nutritive n’est pas remise en question. « C’est de la récup, sortir du système de vente actuel, éviter le gaspillage »,s’enthousiasme Amandine Chevalier, 39 ans, adhérente et déjà deux ateliers participatifs au compteur, l’un sur la fabrication de...

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Éco-construction : le gabion, une école engagée

Créé le : 07/05/2018
Chantier de la construction du plateau technique au centre de formation du Gabion, à Embrun. © Le Gabion

Le centre de formation en écoconstruction et restauration du patrimoine du Gabion, à Embrun (05), est une institution qui fait corps avec son environnement pour proposer des formations en adéquation avec les spécificités régionales. Reportage.

Par Nadia Ventre

Les étudiants en formation Ouvrier Professionnel en éco-construction sont en pleine préparation du dossier de stage qu’ils auront à présenter pour leur examen du mois de juin. Ce matin de mars, ils suivent un cours théorique sur la couverture en pisé – un procédé de construction en terre crue – dispensé par François Moreau, ouvrier spécialisé et formateur occasionnel. En début d’après-midi, avant de réintégrer la classe, ils notent des mesures de linéaires que relèvent deux élèves hissés sur le toit d’une structure pédagogique aux agencements et aux matériaux apparents.

UNE ÉCOLE PIONNIÈRE

L’école d’éco-construction du Gabion s’étend sur 18 hectares, en bordure de la Durance. Sur une terre noire jonchée de paille et gorgée d’eau, se dressent une ancienne filature, un vieux manoir ainsi qu’un bâtiment expérimental construit selon les techniques enseignées par cette école. Dans ces locaux à l’efficience thermique et phonique remarquable, le directeur, Pierre Sallé, nous éclaire sur les...

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