Écologie

BRETAGNE - des rencontres pro et bio

Créé le : 29/11/2018
Béatrice Rozé

Initiative Bio Bretagne (IBB) organisait, mardi 27 novembre à l'Hôtel de Rennes Métropole, la 5ème édition des Rencontres professionnelles des acteurs de la filière Bio en Bretagne.

Un évènement annuel s’adressant à tous ceux qui contribuent ou souhaitent contribuer au développement des produits Bio.
Rendez-vous d’affaires, conférence thématique, tables-ronde, expertises... pour contribuer au succès et au dynamisme de ce secteur en région Bretagne.

> Interview de Béatrice Rozé, administratrice IBB et dirigeante de Fagots et Froment, boulangerie biologique.

 

Plus d'infos

ww.bio-bretagne-ibb.fr

COLLAPSOLOGIE : DES TERRITOIRES EN TRANSITION

Créé le : 22/11/2018

Ancienne ville minière, Ungersheim (Haut-Rhin), s’est convertie à la transition sous l’impulsion de son maire, Jean-Claude Mensch © Florival fr/WikiMédia Commons
 

En France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, des villes développent des programmes pour se mettre au diapason de la transition énergétique. Fermes urbaines, production d'énergie locale... Ces territoires acquièrent au fil de leur développement des capacités de résiliences en cas de crise. 

 

Besson (03) cherche l’indépendance

« La viande à la boucherie, le pain à l’aubergiste. On va à nouveau se fournir chez l’épicier qui vient de rouvrir. Après, on complète avec des grandes surfaces. On voudrait aussi acheter des produits au maraîcher bio », indique au quotidien La Montagne Emilie Rogue, trésorière de l’association qui gère les achats de la cantine scolaire de Besson. Cette commune de l’Allier compte à peine 800 habitants, mais ne manque pas de volonté pour répondre au maximum à ses besoins avec des ressources locales. Une chaufferie à bois alimente les bâtiments publics. Un projet de méthanisation et un parc photovoltaïque sont à l’étude.

Puy–Saint-André (05), commune sobre

Atteindre l’autonomie énergétique est aujourd’hui difficile pour une commune car, comme les particuliers, celles-ci doivent se confronter aux...

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COLLAPSOLOGIE : L'EFFONDREMENT EN QUESTION

Créé le : 22/11/2018
Crédit : Pixabay

© Pierre Lacroix. Ci-dessus, un extrait du mémoire du paysagiste Pierre Lacroix, qui a imaginé un monde « post-effondrement », sans pétrole, dans le cadre de ses études en architecture du paysage à Gembloux Agro-Bio Tech. L'intégralité de la bande dessinée est à retrouver ici : urlz.fr/82hz

Par François Delotte

Pour certains, l’effondrement de nos sociétés reposant sur l’exploitation des énergies fossiles n’est qu’une question de temps. Il serait même souhaitable pour laisser la place à un autre monde dans lequel pourraient émerger des communautés « résilientes ». Une vision des choses loin de faire l’unanimité et qui pose de nombreuses questions.

« Pour que le réchauffement climatique n’excède pas 2 °C en moyenne, il faut que le pic d’émission de CO2 soit derrière nous en 2020 », affirme le climatologue Jean Jouzel, commentant le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), publié le 8 octobre dernier. Il poursuit : « Maîtriser le réchauffement est le seul moyen de permettre un développement harmonieux de notre civilisation. Sinon, nous risquons de voir se multiplier les conflits à l’échelle de la planète. Certains parlent d’effondrement. Je n’irai pas jusque là. » Il n’est pas le seul.



© Pierre Lacroix

« Je ne minimise pas les risques de destructions environnementales et sociales. Ce que je conteste, c’est que cela soit inévitable, comme semblent le dire les collapsologues », indique Daniel Tanuro. Cet ingénieur agronome belge se réclame de « l’écosocialisme », mouvance politique mêlant critique...

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COLLAPSOLOGIE : S'EFFONDRER POUR RENAÎTRE ?

Créé le : 22/11/2018

Ci-dessus, une image de la Michigan urban farming initiative, une ferme urbaine aménagée au coeur de la ville de Detroit (Etats-Unis). © MUFI

 
Par François Delotte

Un monde sans voitures, sans alimentation électrique permanente et basée sur des communautés « résilientes » pratiquant la permaculture. Voici à quoi pourrait ressembler notre société en 2050, selon les partisans de la collapsologie, une « science » qui prévoit l’effondrement de nos sociétés reposant sur les énergies fossiles. Et dont les analyses sont actuellement débattues tant par des militants altermondialistes que des politiques ou des chercheur-e-s.

« Si l’on poursuit cette trajectoire exponentielle de croissance, l’effondrement de nos sociétés adviendra dans la première moitié du XXIe siècle », déclare Pablo Servigne avec une sérénité confondante, devant un parterre de 300 personnes attentives. Des paroles prononcées durant une conférence que le chercheur « indépendant », spécialiste en collapsologie — ou science de l’effondrement de la civilisation industrielle reposant sur l’exploitation des énergies fossiles — donnait à l’école d’agronomie Montpellier SupAgro, en octobre dernier. « Qui a déjà entendu parler de collapsologie ? Qui est sensible à ce sujet ? », demande Servigne au début de son intervention, avant que les trois quarts de son auditoire — majoritairement composé d’étudiants — lèvent la main.

« Tout peut s’effondrer »

L’anecdote renvoie à l’intérêt que suscite actuellement la notion « d’effondrement ». Un concept qui fait l’objet de nombreux articles de presse dans les médias. Et qui touche les plus hautes sphères du pouvoir : on se souvient du Premier ministre Édouard Philippe et de son ex-ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, discutant le 3 juillet dernier, de Collapse (Effondrement), livre de l’écrivain américain Jared Diamond, paru en 2004. « Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », affirmait alors le Premier ministre.


Lire aussi : Paul Jorion : "La spéculation augmente le risque d'effondrement"


Car cette notion n’est pas nouvelle. Déjà, en 1972, un rapport commandé par le Club de Rome à des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) intitulé The Limits To Growth (« Les limites à la croissance ») était publié. Plus connu sous le nom de « Rapport Meadows », le document alertait alors sur les dangers que les croissances économiques et démographiques font peser sur la planète.

Pablo Servigne lors d'une conférence à Montpellier en octobre dernier.

Devant la succession des conclusions alarmantes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dont le dernier rapport date de début octobre, la notion de « collapse » (effondrement) a été actualisée. Notamment par l’ouvrage Comment tout peut s’effondrer, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, publié en 2015 au Seuil.

« L’effondrement, c’est le processus à l’issue duquel les besoins de bases (eau, alimentation, énergie...) ne sont plus assurés par des services encadrés par la loi », précise Pablo Servigne, reprenant lui-même la définition d’Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement de Lionel Jospin. Ce dernier a participé à populariser la collapsologie en France, dès les années 2010. Notamment au travers de la création de l’Institut Momentum, organisme qui se propose d’imaginer le monde de l’après-pétrole.


Lire aussi : l'effondrement remis en question


Pour Pablo Servigne, agronome et biologiste né en 1978, « nous ne pouvons plus éviter un effondrement systémique et généralisé sur la planète ». Pour lui, « plusieurs crises pourraient en être à l’origine et provoquer un effet domino, car nous vivons dans un monde complexe où tout est interdépendant ». Crise financière, conflit géopolitique, grève générale, rupture des approvisionnements sont cités pêle-mêle par l’auteur. « Certains effondrements sont déjà en cours : effondrement des populations d’oiseaux et d’insectes, effondrement de la calotte glaciaire », énumère Servigne. S’appuyant sur une récente étude internationale publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences1, Servigne prédit un possible « effondrement du système terre. Entre + 1 et +3 °C de réchauffement, la planète pourrait devenir une “planète-étuve”. Plusieurs boucles de rétroaction pourraient alors se mettre en place et provoquer des emballements climatiques », décrit Pablo Servigne.

« Jeunes pousses résilientes »

Face à ce futur catastrophique, les collapsologues souhaitent l’effondrement de nos sociétés « thermo-industrielles », pour offrir « une chance de sauver le système-terre » (Servigne). Ces derniers parient sur le fait que les ressources fossiles facilement accessibles se tarissent depuis 2006, date « à laquelle nous avons atteint le pic pétrolier. C’est-à-dire que nous puisons toujours moins de pétrole que la veille », explique Vincent Mignerot, l’un des animateurs de l’association de collapsollogues Adrastia. Au-delà de cette limite, l’extraction pétrolière serait de moins en moins rentable.

Même si nos sociétés industrielles s’effondrent, cela se fera dans la douleur, affirme Yves Cochet, étonnement précis dans ses prédictions. « L’effondrement est possible vers 2020. Il est certain vers 2030. On peut perdre la moitié de la population mondiale à cause de guerres, de famines et d’épidémies », annonce-t-il froidement. Pour lui, « il faut tirer un trait sur les avions et même sur le train ». L’ancien homme de gouvernement prévoit la possibilité que le monde de l’après-pétrole entraîne la fin des superstructures politiques. « Des États comme la Libye ou la Syrie sont déjà dans des situations d’effondrement », indique Pablo Servigne. Pour limiter les « dégâts » provoqués par l’anéantissement des États, les collapsologues souhaitent la mise en place « d’un communalisme résilient low-tech », selon les mots d’Yves Cochet.


Lire aussi : Des territoires en transition


Un aspect développé dans le dernier ouvrage2 de Servigne qui, très inspiré par le concept de « villes en transition » de Rob Hopkins, prévoit l’émergence de « jeunes pousses ». Une façon de désigner des communautés locales « laboratoire d’un autre monde », où règnent l’expérimentation et la coopération. Les collapsologues citent les expériences d’autonomie menées dans les ZAD ou dans certaines communes dites « en transition ». Dans ces communautés, plus ou peu d’accès permanents à l’électricité, mais une production intermittente avec de l’éolien ou du photovoltaïque « low-tech ». Reviennent souvent les exemples du village de Trémargat (22), en Bretagne, riche de ses nombreuses exploitations en agriculture biologique, ou encore d’Ungersheim, localité du Haut-Rhin de 2400 âmes. Cette commune se reconnaît dans le concept de résilience. « Je souscris à ce raisonnement. Notre approche consiste à se demander comment la collectivité pourrait devenir indépendante en prenant soin de son environnement, assure le maire (divers gauche), Jean-Claude Mensch. Nous avons créé une exploitation bio sous forme de chantier d’insertion, ainsi qu’une régie agricole municipale. Soit plus de 20 hectares. On sait que 6 à 8 hectares de maraîchage suffisent à nourrir 2400 habitants. L’idée, c’est de consommer des produits locaux. Mais aussi d’avoir cette réserve en cas de soucis », confie le premier magistrat. En cas d’effondrement ?


Plus d'infos :

www.collapsologie.fr

pabloservigne.com

www.institutmomentum.org

1 Publié le 6 août dernier dans la revue scientifique PNAS, l’étude Trajectories of the Earth System in the Anthropocene, évoque la possibilité que la terre se transforme en « planète-étuve » difficilement vivable si l’on ne maîtrise pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre.

2Une autre fin du monde est possible - Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre), Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle, Seuil, Octobre 2018, 320 pages

 

[ COMMUNIQUÉ ] - Réseau Action Climat - Fiscalité écologique

Créé le : 29/10/2018

Fiscalité écologique : les réponses que devrait apporter le gouvernement face à son augmentation

Le constat est clair : la hausse de la fiscalité des carburants, dans un monde sous contrainte climatique, est tout simplement indispensable. Elle participe à faire transiter nos déplacements actuels reposant essentiellement sur les énergies fossiles vers d'autres types de mobilités, moins émetteurs de gaz à effet de serre. Les transports restant dans notre pays le premier poste d'émissions de gaz à effet de serre, les mesures à prendre dans ce secteur constituent une priorité.

Il n'en reste pas moins que la transition énergétique (et écologique en général) implique un changement profond de nos modes de vie et de consommation qui, s'il n'est pas accompagné, est condamné à échouer. En plus de l'incitation fiscale, ces changements doivent bel et bien être accompagnés pour les citoyens vers de nouvelles solutions de mobilités : transports en commun, véhicules peu émetteurs et covoiturage, modes actifs, etc.

Les situations que vivent aujourd'hui les citoyens face à l'augmentation de la fiscalité, en particulier des carburants, méritent cependant d'être nuancées :

Il y a ceux qui peuvent faire autrement et la fiscalité est là pour les y inciter. A titre d'exemple, aujourd'hui, un déplacement sur deux effectué en ville en voiture fait moins de 3 km.

Et il y a ceux qui, aujourd'hui, ne peuvent pas faire autrement et ont de faibles ressources. Ceux-là ont donc besoin, face à l'augmentation de la fiscalité écologique, d'être aidés.

Nous sommes nombreux à avoir plaidé depuis plusieurs mois auprès du Gouvernement pour que ce dernier mette en place, parallèlement à l'augmentation nécessaire de la fiscalité écologique, des solutions, de court et de moyen à long terme. L'objectif étant qu'au final, personne ne soit laissé sur le carreau et que tout le monde puisse se déplacer et exercer ses activités, sans pour autant nuire au climat.

Et sur ce point, les mesures prises par le Gouvernement demeurent insuffisantes pour entrainer la France vers une transition écologique qui soit également juste socialement. A l'heure où le projet de loi de finances pour 2019 et les arbitrages sur la future loi mobilités sont en cours, nous appelons le Gouvernement à utiliser les recettes tirées de l'augmentation de la fiscalité écologique pour, entre autres, garantir une mobilité durable à tous en :

1.       Aidant réellement les français à sortir du piège du diesel et de l'essence dans lequel ils sont enfermés

Aujourd'hui, la prime à la conversion permet l'achat de véhicules qui continuent, pour l'essentiel, de fonctionner sur la base d'énergies fossiles (diesel, essence). Ainsi, seulement 7% des aides octroyées dans le cadre de la prime à la conversion ont servi à l'achat d'une voiture électrique. En recentrant les aides en vigueur sur des véhicules à très faibles émissions et plus sobres (par exemple en imposant des critères de taille ou de puissance du véhicule), les montants alloués pour changer de véhicules pourraient être beaucoup plus généreux pour les ménages les plus fragiles.

2.       Transformant la prime à la conversion, centrée sur l'automobile, en une prime à la mobilité ouverte, à tous les modes de transports

Pour sortir les français de leur dépendance aux énergies fossiles, la prime à l'abandon d'un vieux véhicule devrait être ouverte à d'autres formes de mobilités telles qu'une adhésion à un service d'autopartage ou de covoiturage, l'acquisition d'un vélo (dont électrique), un abonnement aux transports en commun, etc. Le Gouvernement devrait également renforcer son soutien financier au vélo pour permettre son utilisation combinée avec le train ou les transports en commun (stationnements sécurisés pour les vélos dans les pôles d’échanges multimodaux, possibilité de cumuler le forfait mobilité durable avec le remboursement des transports en commun, etc.).

3.       Réduisant les fractures territoriales en luttant contre l'étalement urbain et en renforçant le réseau de transports en commun

Les déplacements quotidiens des ménages périurbains et ruraux subissent les situations les plus critiques de précarité liée à la mobilité comparativement aux grandes agglomérations françaises. C'est le résultat d'une politique centrée sur la voiture. La lutte contre l'étalement urbain et la diversification des modes de transport dans tous les territoires est essentielle dans un contexte de hausse du prix de l'énergie. Le Gouvernement doit soutenir le réseau ferré en investissant dans sa régénération plus de 3 milliards d'euros chaque année afin de rendre le train attractif et accessible au plus grand nombre. Aujourd'hui, c'est pourtant l'inverse qui se déroule sous nos yeux avec près de 9000 km de petites lignes qui sont menacées de fermeture par un manque d'investissements dans la régénération du réseau.

4.       Cofinançant, auprès des collectivités locales, le développement des transports plus propres

Le Gouvernement devrait consacrer sous le quinquennat 1 milliard d'euros en faveur des transports en commun, des bus plus propres et de la résolution des nœuds ferroviaires (afin, pour ce dernier point, de développer des réseaux de train rapides de type RER autour des métropoles françaises).

 

Le Réseau Action Climat fédère les assocations impliquées dans la lutte contre les changements climatiques.

 

Plus d'infos > https://bit.ly/2EPFSOG

 

À Toulouse, Citoy’enR met l’énergie en commun

Créé le : 26/10/2018

par Grégoire Souchay

La société coopérative Citoy’enR est parvenue à lever 100 000 € de fonds auprès des citoyens, ce qui a permis de mettre sur les rails un projet de construction de panneaux photovoltaïques sur 2000 m² de toiture appartenant à la Métropole.


L’énergie solaire débarque à l’Union

Après deux ans d’existence, la coopérative Citoy’enR vient d’inaugurer ses premiers panneaux photovoltaïques citoyens dans la périphérie toulousaine. Une première étape pour resserrer le lien distendu entre les habitants des villes et leur production d’énergie.

Parlez de l’Union, et vous aurez rapidement en tête deux images : les colonnes de voitures dans les bouchons et une paisible banlieue pavillonnaire aux abords de Toulouse. Cette ville-dortoir relativement aisée, située au nord-est de la métropole, manque un peu de vie et de lieux de convivialité. Pourtant, c’est peut-être elle qui sera demain à l’avant-garde de la transition énergétique. En ce début du mois d’août, nous y avons rendez-vous avec Citoy’enR.

Le programme du jour : inspecter les deux premiers parcs photovoltaïques de la toute jeune coopérative de production d’énergie renouvelable et citoyenne. Elle regroupe 280 sociétaires et elle est portée par un noyau dur d’une quinzaine de bénévoles actifs, parmi lesquels Maxime Gomez, un jeune chargé d’affaires thermiques. Ce genre de visite technique n’est pas dans ses habitudes : son engagement dans Citoy’enR était jusque là plutôt face au grand public.

 

« Accélérer la transition énergétique »

Si l’inauguration officielle des installations a déjà eu lieu en juin, il faut encore une série de vérifications avant la mise en service effective, fin septembre. La visite est menée par Eric Ehrmann, technicien chargé d’opérations à la mairie de l’Union, et se concentre sur l’une des deux installations, à l’école primaire Borde-d’Olivier, vide et désertée de son tumulte habituel. Les panneaux photovoltaïques, d’une puissance maximale de 9 kilowatts-crête (kWc) courent le long d’une toiture basse, mais ne sont pas encore fonctionnels, malgré les 36 °C extérieurs. « Ils ne produisent à pleine puissance qu’en dessous de 25 °C. Au-delà, ils s’échauffent et sont moins performants »,explique Eric Ehrmann. Il faudra revenir avec une nacelle pour inspecter l’autre projet de 200 m², installé sur la toiture du gymnase Georges-Beyney.

Si la coopérative a déjà réussi à lever près de 100 000 euros de fonds auprès de 280 citoyens de l’agglomération, c’est que son engagement dépasse largement la seule production d’énergies vertes. La structure ambitionne de rassembler « toutes celles et ceux qui souhaitent accélérer la transition énergétique sur l’ensemble du territoire de la métropole toulousaine ».

L’organisation est démocratique : chaque sociétaire ne dispose que d’une voix, quel que soit son nombre de parts. Ce principe est né dès la gestation du projet, au sein du groupe « énergie » de Toulouse en Transition, une association qui fait partie du réseau des Villes en transition. C’est là qu’Aurore Lopez, salariée d’un bureau d’études environnemental, s’est retrouvée « presque par hasard » comme force motrice de cette équipe de bénévoles. Soutenue au sein de l’incubateur d’innovation sociale Première Brique de Toulouse Métropole, Citoy’enR est devenue depuis un an une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif).

« L’impression d’avoir un deuxième boulot »

L’entreprise réalise presque tout : montage des projets et investissements, suivi du chantier d’installation jusqu’à la mise en service, maintenance et même vente de l’électricité. Pour l’heure, EDF va récupérer la production d’électricité, mais les coopérateurs espèrent nouer d’ici quelques mois un partenariat avec le fournisseur alternatif Enercoop. La coopérative va même réaliser des opérations de sensibilisation dans les écoles et les crèches, où des panneaux photovoltaïques auront été installés. Seule l’installation des panneaux est confiée à une entreprise locale, Courant Naturel, qui s’approvisionne auprès du fabricant Sunpower.

Ce montage économique a conduit la région Occitanie à compléter financièrement le projet à hauteur de l’engagement citoyen, avec près de 100 000 euros supplémentaires. De quoi apporter la trésorerie suffisante pour emprunter auprès de la NEF et ainsi financer les seize premiers projets, qui recouvriront en tout 2000 m² des toitures de la Métropole.

Mais avant cela, il faut déjà conclure les deux projets pionniers de l’Union. Chaque phase apporte son lot de procédures, normes et paperasse. Un travail fastidieux, qu’il faut réaliser le plus sérieusement possible. Il suffit de se rendre à une de leurs réunions techniques régulières pour que saute aux yeux le professionnalisme de l’équipe. Celle-ci est majoritairement composée d’ingénieurs. Le 26 juillet, quelques jours avant l’inspection à l’Union, ils étaient plus d’une dizaine, de tous âges, studieux et efficaces, à s’être déplacés à la maison des associations du centre de Toulouse pour faire le point sur les projets en cours. « On a parfois l’impression d’avoir un deuxième boulot »,lâche Aurore.

Toulouse en ligne de mire

L’attelage a en tout cas séduit la Ville de l’Union. « Nous avions des bâtiments disponibles et nous étions intéressés pour entrer au capital de la structure »,souligne le maire, Marc Péré. Une participation assez symbolique de 2000 euros (40 parts à 50 euros), mais qui permet de donner de la visibilité aux enjeux énergétiques pour lesquelles l’élu, ancien directeur du pôle de compétitivité Aerospace Valley, a une forte appétence. Tandis qu’il imagine déjà des projets beaucoup plus ambitieux au niveau de la Métropole, Frédéric Bamière, son adjoint au développement durable, sourit. Lui aussi est pleinement convaincu de l’importance de la question énergétique en ville : « Nous avons déjà diminué la consommation des bâtiments publics et réfléchissons à une extinction nocturne de l’éclairage. »Il sent bien que « les collectivités doivent avoir un rôle prépondérant sur la question énergétique dans leur territoire ».

À Citoy’enR ? On se réjouit de la mise en service des premiers panneaux, fin septembre, même si le rythme soutenu provoque une certaine fatigue. « On est à un virage pour que de nouvelles personnes s’impliquent »,souligne Aurore. Elle pense déjà aux futurs projets, qui pourraient voir le jour sein même de la ville de Toulouse. La complexité sera encore plus grande, puisqu’il faudra alors parvenir à s’insérer dans l’organisation d’une grande ville. Une nouvelle étape, difficile, mais essentielle, pour ne pas réserver cette transition énergétique aux multinationales, techniciennes du renouvelable.


 

Alenka Doulain : la production d’énergie, « absente de l’imaginaire » des habitants

Au côté de Citoy’enR, une multitude d’initiatives similaires se développent. Alenka Doulain, animatrice du réseau Énergies citoyennes locales et renouvelables (ECLR) Occitanie observe cette dynamique.

Quelles sont les particularités des projets urbains ?

C’est là où l’on trouve la plus grande part des projets photovoltaïques, qui sont les moins difficiles à développer, par rapport à de l’éolien ou de la méthanisation. Le plus complexe, c’est de mobiliser les habitants, déconnectés des unités de productions d’énergies, souvent lointaines, voire absentes de leur imaginaire. Mais les villes offrent aussi des bassins d’épargne importants. C’est un peu à double tranchant.

Quel rôle y jouent les coopératives citoyennes ?

D’abord, elles permettent de sensibiliser à la problématique. Ensuite, les habitants disposant de toitures adaptées n’ont pas forcément l’argent nécessaire pour accueillir du photovoltaïque, et inversement. Tout le rôle des coopératives est de mettre en lien ces deux publics, en faisant appel à l’épargne de ceux qui souhaitent invertir leur argent dans des projets concrets et utiles.

 

Photos : G. Souchay / Citoy'enR

 

Agriculture biologique : les producteurs-rices s'expriment

Créé le : 26/10/2018

L'Assemblée générale de BioBreizh s'est tenue ce mois-ci. Les producteurs et productrices y ont évoqué leurs envies et leurs inquiétudes.

Virginie Jourdan, journaliste à Sans Transition ! est allée à leur rencontre.


Sandrine Le Feur, députée LREM du Finistère,  « je pense que le cahier des charges bio peut encore évoluer ».

A l'occasion de l'assemblée générale de BioBreizh, un groupement de producteurs bretons de légumes, la députée LREM Sandrine Le Feur, également agricultrice bio, a évoqué les limites qu'elle ne souhaite pas voir franchies en bio. Son souhait : voir le cahier des charges de l'agriculture biologique intégrer des objectifs énergétiques et sociaux.

> Ecoutez son interview

 

Luc Calvez, « nous refusons les biotechnologies dans les semences »

Luc Calvez est producteur de légumes dans le Finistère. Il a opté pour l'agriculture biologique en 2008 après une carrière dans le conventionnel. Lors de l'assemblée générale de BioBreizh, le président de ce groupement de producteurs a rappelé son opposition à l'extension des semences issues des biotechnologies.

> Ecoutez son interview

[VIDEOS] - André Bucher : « Mon roman parle d'un combat pour la sauvegarde d'un lieu »

Créé le : 16/10/2018
André Bucher présente son nouveau roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste) - DR

Il se présente comme un écrivain-paysan. Nous avons rencontré André Bucher, durant la dernière foire bio de Montfroc (26), les 6 et 7 octobre derniers. Dans une série de trois interviews vidéos, l'homme de la vallée du Jabron nous a parlé de son dernier roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste). Roman dans lequel l'évocation du projet de méga-centrale à bois de Gardanne (13) et ses potentiels impacts dévastateurs sur la forêt ne serait que fortuite...

Retrouvez-ci dessous la chronique d'Un court instant de grâce parue dans le dernier numéro de sans Transition !


A lire : BOIS ET ENERGIE : VERS UNE GESTION RESPONSABLE DES RESSOURCES FORESTIÈRES ?


 

       

 

 

 


Chronique - LA BATAILLE DU BOIS
 
Émilie vit sur les pentes de la montagne de Palle. Depuis la mort de son compagnon, elle cultive seule ses terres, avec force et détermination. Son existence est bousculée par un projet de centrale à biomasse qui menace la forêt. Mais aussi par Victor, ami (amour ?) d’enfance, qui revient vers elle, sans crier gare... Avec ce neuvième roman, André Bucher fait référence à la controversée centrale électrique de Gardanne, dans les Bouchesdu- Rhône (lire Sans Transition ! N° 5). Loin des images d’Épinal, l’auteur décrit, avec réalisme et sensibilité, le combat, les joies et les peines de celles et ceux qui vivent au quotidien une certaine ruralité. De la résistance à la complaisance, il donne à voir le petit théâtre de la vie d’une vallée, confrontée aux impacts de ce que d’aucuns qualifient de « grand projet inutile ». Le tout sous le regard d’une nature imposante, qui semble n’en penser pas moins...
 
Un court instant de Grâce, André Bucher, Le Mot et le reste, septembre 2018, 208 pages, 19 euros

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