Écologie

[ ENVIRONNEMENT ] Des territoires bretons, modèles en matière de transition

Créé le : 07/11/2019

À l’occasion de l’Année de l’environnement et des 50 ans du Parc naturel régional d’Armorique, le Conseil départemental installait son grand rendez-vous annuel de l’environnement, le 28 septembre 2019, au domaine de Menez Meur à Hanvec.

Tables rondes, ateliers, conférences ... étaient au programme. Sans transition ! eu le plaisir d'animer un temps de réfléxion autour du thème des territoires en transition. La table ronde a été captée et diffusée par notre partenaire Tébéo !

Participaient à cette table ronde :

- Dominique DHERVÉ, Conservatoire botanique national de Brest

- Thibault THIERRY Directeur du développement au Parc Naturel Régional d’Armorique et une agricultrice engagée du territoire du Parc naturel régional d’Armorique

- Pierre PLOUZENNEC, Président de la Communauté de communes du Haut Pays Bigouden

 - Nathalie SARRABEZOLLES, Présidente du Conseil départemental du Finistère et membre du Conseil d’administration de l’AFB pour les Parcs Naturels marins.

 

> Visionner la table ronde

 

[ BIO ] Mention Nature&Progrès pour la cantine scolaire de Ventalon-en-Cévennes

Créé le : 04/11/2019
Photo : Marie-Pascale Vincent

Marie-Pascale Vincent.

Avec moins de 300 habitants, la jeune commune lozérienne de Ventalon-en-Cévennes  est parvenue à obtenir la mention Nature&Progrès en 2017, pour les efforts fournis par sa cantine scolaire. Une certification encore jamais accordée à une collectivité locale, qui vient récompenser un engagement en faveur d’une agriculture biologique et solidaire.

À Ventalon-en-Cévennes, en Lozère,  la cantine de l’école communale bénéficie depuis 2017 de la mention Nature&Progrès. Une première en France. Outre le fait de s’appuyer sur un approvisionnement bio et local, cette mention met en avant une démarche globale, y compris au niveau pédagogique.

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[ PESTICIDES ] Interdisons l’épandage de pesticides à côté des habitations !

Créé le : 31/10/2019

Par France Nature Environnement

Bientôt plus de 20 ans que le débat a lieu, 10 ans qu’une directive européenne oblige à prendre des dispositions nationales… et, enfin, on commence à voir poindre des mesures de protection pour tous les riverains des parcelles agricoles traitées. Pourtant, le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de ce véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi France Nature Environnement et 34 associations du mouvement se mobilisent pour une réelle protection de tous les habitants situés à proximité de parcelles agricoles.

La sortie des pesticides passe en priorité par la protection des riverains

Voilà bientôt un an que le mouvement des Coquelicots est lancé et que la grogne monte dans les territoires, réclamant au plus vite la sortie des pesticides. Et ça tombe bien. La directive européenne 2009/128 impose aux Etats-membres de veiller à ce que l’utilisation des pesticides soit restreinte ou interdite vis-à-vis des personnes régulièrement exposées. L’Etat a également été enjoint d’agir par le Conseil d’Etat (saisi par l’association Eau et rivières de Bretagne, membre de France Nature Environnement) dans une récente décision, pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les riverains fortement exposés aux pesticides sur le long terme. L’impact des pesticides sur la santé des personnes vivant à proximité des champs agricoles n’est plus à prouver, il y a urgence !

Des protections des riverains et du dialogue au rabais

A propos des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, etc.), un rapport d’experts commandé par le ministère de l’Agriculture estime qu’a minima et sans attendre, des distances minimales de non-traitement doivent être fixées sur l’ensemble du territoire. Or, les riverains exposés sur le long terme aux pesticides sont aussi des personnes vulnérables. Les associations demandent l’interdiction de l’épandage de pesticides à proximité des habitations ; en respectant des distances d’au moins 10 mètres pour toutes les cultures, d’au moins 20 mètres pour la viticulture et d’au moins 50 mètres pour l’arboriculture.

En plus des mesures de protection, l’information des riverains avant les épandages et le dialogue territorial, avec l’organisation de réunions publiques, sont primordiaux pour apaiser les crispations et retisser du lien sur le terrain. Les engagements pris doivent être simples, clairs et compréhensibles pour tous, applicateurs comme riverains.

Craignant une énième consultation peu suivie d’effets, France Nature Environnement et ses associations ont lancé une pétition sur le site fne.asso.fr pour interdire l'épandage de pesticides à côté des habitations et appellent les citoyennes et citoyens à les rejoindre pour obliger le gouvernement à enfin se saisir de cet enjeu sanitaire et environnemental.

 

Pétition en ligne ici : https://www.fne.asso.fr/actualites/p%C3%A9tition-interdisons-l%C3%A9pandage-de-pesticides-%C3%A0-c%C3%B4t%C3%A9-des-habitations

Tags: 

[ ÉCOLOGIE ] Doit-on encore faire des enfants ?

Créé le : 29/10/2019
Pierre-Laurent Durantin / Pixabay

Par Coralie Rabatel.

L’humanité, sans cesse grandissante, a déjà épuisé les ressources écologiques de la planète et contrarie ainsi les capacités de régénération des écosystèmes. Alors que nous vivons à crédit, certains préconisent, par militantisme ou simples convictions idéologiques, de ne plus faire d’enfants. La pilule pour sauver la planète ? Les dénatalistes en sont persuadés.

Nous sommes un peu plus de 7,7 milliards d’êtres humains sur Terre. 7 724 627 304 au moment d’écrire ces lignes. Sur le site de l’Institut national d’études démographiques (Ined), le compteur de la population mondiale ne cesse d’augmenter.  Les projections de l’Organisation des Nations unies annoncent 9,8 milliards d’individus en 2050 et 11,2 milliards en 2100. Un sérieux problème pour certains eu égard aux ressources finies qu'offre la planète.          

Ceux que l’on appelle les dénatalistes estiment que les humains sont déjà trop nombreux et que la planète ne peut tous les contenir. Leur solution ? Arrêter de faire des enfants. Ou en faire moins. Denis Garnier, président de l’association Démographie responsable, considère ainsi la nécessité de « plafonner à deux enfants par personne ». L’objectif est de tomber en dessous du seuil de renouvellement (situé à 2,1 enfants par femme dans les pays développés), pour faire en sorte que chaque génération soit moins nombreuse que la précédente.

« Je crois que le monde va devenir invivable »

De son côté, Laure Noualhat1, journaliste et réalisatrice, a pris la décision plus radicale de ne jamais enfanter. « Je préfère ne pas être responsable d'un être humain dans cette époque-là, explique-t-elle. Je crois que le monde va devenir invivable. » L’épuisement des ressources, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité : tous deux sont d’accord pour attribuer ces catastrophes à la « pression humaine ». Ils font référence à une étude2 menée par deux chercheurs de l’université de Lund, en Suède, et parue en 2017 dans la revue Environmental Research Letters. « Les auteurs ont conclu que faire un enfant de moins revenait à éviter 58,6 tonnes de CO2 par an », indique Laure Noualhat. Loin devant l’abandon de la voiture ou une alimentation végétarienne (respectivement 2,4 et environ 0,8 tonnes de CO2 évitées par an). « Mettre un enfant au monde, c'est vous garantir un bilan carbone infini puisque cet enfant va vivre, grandir, consommer, se reproduire, etc. »,développe la journaliste.

Depuis, d'autres scientifiques ont alerté sur les menaces que représentait la surpopulation. Tel le manifeste3 signé par 15 364 scientifiques et paru dans la revue américaine Bioscienceen 2017. En octobre 2018, un nouveau collectif a aussi publié dans Le MondeUne tribune4 intitulée « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue ».

29 juillet : le jour du dépassement

« Cette publication vient de mon initiative, avec d’autres confrères, comme Philippe Waldteufel et Philippe Blime »,assure Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur en géophysique et planétologue. « Le jour du dépassement5 a eu lieu le 29 juillet. En 210 jours, on a consommé tout ce que la Terre peut produire en une année. Cela prouve bien qu’on est trop nombreux. »Le chercheur est convaincu que cette surpopulation va entraîner « des conflits épouvantables », dans un contexte imminent de migrations climatiques.

« Mettre un enfant au monde, c'est vous garantir un bilan carbone infini puisque cet enfant va vivre, grandir, consommer, se reproduire, etc. », Laure Noualhat, journaliste et réalisatrice

Denis Garnier fait partie de ceux qui estiment qu’en France, une intervention des pouvoirs publics est nécessaire. Notamment pour réformer les allocations familiales. « Il faudrait accorder une vraie aide pour le premier enfant, la même chose pour le deuxième, mais plus rien au-delà. » Le président de l'association se défend de mettre en péril les libertés individuelles : « Actuellement, le système français promeut la natalité avec une claire incitation aux familles. On demande juste plus de neutralité. La liberté, on la laisse totale. » Quant à l'impact de la suppression des allocations familiales sur les ménages les plus modestes ? « C’est une réalité, concède Denis Garnier. Mais la question écologique et environnementale est vraiment une priorité. »

Dans un pays où la famille est le pilier majeur de la société, l’Hexagone devrait donc modifier ses fondements politiques et économiques. Pour autant, la population française n'est pas dans une expansion folle ! D’après l’Insee, la fécondité diminue même naturellement en France depuis quatre ans, avec 1,87 enfant par femme en 2018, contre 2,00 en 2014. Sachant que l’Hexagone est toujours le pays le plus fécond de l’Union européenne. En fait, la plupart des pays développés ont achevé ce que les démographes appellent « la transition démographique » : le moment ou la fécondité et la mortalité, un temps élevées, baissent d’elles-mêmes jusqu’à s’équilibrer à un niveau moindre.

Miser sur l’éducation

Mais pour Denis Garnier, on ne peut pas compter sur cette transition démographique spontanée dans toutes les régions du monde. Notamment en Afrique (4,6 enfants par femme en 2017), dont les 1,3 milliard d’habitants pourraient quadrupler d’ici 2100, selon les projections. « En France, on a simplement doublé depuis Louis-Philippe (XIXe siècle), alors que la population africaine a été multipliée par cinq en 70 ans. La transition démographique est incroyablement plus lente sur ce continent ! », note le militant.

Pour endiguer le phénomène, les dénatalistes ont une solution : le développement du planning familial et l’éducation, notamment celle des filles. « Une jeune fille évite les grossesses précoces lorsqu’elle est à l’école, argumente le président d’association. Avec l’instruction, on résout presque tout le problème. » Reste que l’empreinte écologique d’une naissance en Afrique n’est rien comparée à celle d’un petit européen. « C’est vrai aujourd’hui, nuance Denis Garnier. Mais qu’en sera-t-il dans 30 ans ?Au temps de Mao, la population chinoise n’émettait aucun gaz à effet de serre, on ne s’inquiétait pas de son accroissement. Maintenant, la Chine est le pays qui émet et consomme le plus. On ne peut que souhaiter pour l’Afrique qu’elle se développe, mais alors les nombreuses naissances d’aujourd’hui auraient un fort impact ensuite ».Les arguments s'entendent, mais ont un goût amer.

Les Ginks, pour " Green Inclinations, No Kids " (Engagement vert, pas de gosses), sont des féministes écolo prêtes à renoncer à la maternité pour sauver la planète. Photo : Pexels / Pixabay

Pourtant, même son de cloche pour Jean-Loup Bertaux6. Sourd aux accusations de néocolonialisme, il pense lui-aussi qu’il faut intervenir en Afrique pour développer le planning familial. Le chercheur évoque notamment la charte signée par les présidents des Parlements des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en juillet 2017, à Ouagadougou. Dans ce texte, ils s’engagent à abaisser leur taux de fécondité à trois enfants par femme. « Il faut les y aider », plaide le planétologue, qui propose de financer cette aide grâce aux 100 milliards de dollars par an « que les pays les plus riches ont promis aux plus pauvres pour lutter contre le changement climatique lors de la COP 21. » Là encore, on comprend la logique, mais la teneur en bouche reste lourde.

« Il est illusoire de vouloir changer les effectifs »

Car la nécessité de diminuer la population humaine pour sauver la planète ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique. Gilles Pison7, démographe, professeur au Museum national d’histoire naturelle et chercheur associé à l’Ined, affirme ainsi qu'il « est illusoire de vouloir changer les effectifs ».En cause ? L’inertie démographique. « Supposons que le nombre d’enfant par femme tombe subitement à 1,6 pour toute l’humanité, suggère-t-il. La population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies. Parce qu’on compte beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants. Même si chacun en a peu, ils sont nombreux ! »

D’ailleurs, insiste le démographe, le taux de fécondité est déjà en dessous du seuil de renouvellement « dans beaucoup de parties du monde. Et pourtant, il n'en résulte pas immédiatement une diminution de la population ».Afin de préserver la planète, Gilles Pison estime qu’il faudrait plutôt se concentrer sur les habitudes de consommation que sur la question du nombre, pour laquelle « nous n’avons pas de levier d’action ».

Coordinatrice française du programme de recherche international Future earth hébergé par le CNRS, Sandrine Paillard travaille quant à elle sur les solutions de développement durable liées aux changements environnementaux globaux. Selon elle, c'est limpide : « les limites en termes de population sont plus sociales que naturelles ». En matière de sécurité alimentaire, par exemple, les études « montrent que l’offre à l’échelle mondiale est aujourd’hui largement suffisante pour nourrir la population actuelle et que la sous-alimentation est essentiellement un problème d’accès ».

L’agroécologie est une piste sérieuse

Lors de son travail au sein de la prospective Agrimonde de l’Inra et du Cirad en 2010, Sandrine Paillard et ses collègues ont même conclu que « de nombreuses options existent pour satisfaire la demande de biomasse pour les besoins alimentaires, industriels et énergétiques mondiaux ». Pour y parvenir, ils misent notamment sur l’agroécologie. Tout comme les experts du Giec dans leur dernier rapport, publié en août 2019. Il est question d’une agriculture où la consommation d’eau est réduite, avec peu ou pas d’intrants chimiques. On augmente les éléments naturels du paysage (mares, haies, zones enherbées…) et on valorise le travail de l’agriculteur. L’élevage est réduit, afin de conserver la plus grande part des cultures pour l’alimentation humaine.

« Ça ne veut pas dire que tout le monde doit devenir végétarien, anticipe Sandrine Paillard. Mais ce serait déjà bien de respecter les conseils nutritionnels en mangeant de la viande deux fois par semaine. » Il s'agirait finalement d'un nouveau paradigme à mettre en place. L’économiste énumère : il faudrait changer la Politique agricole commune (Pac), travailler sur l’aménagement du territoire et les réglementations sur l’usage des pesticides ; mais aussi développer la recherche pour une agroécologie à la pénibilité et aux pertes de rendement réduites. Le chantier semble conséquent mais Sandrine Paillard l’assure : « l’objectif est complètement atteignable ».En attendant, le compteur de l’Ined poursuit sa course : 7 725 078 900.

1 Laure Noualhat,  Lettre ouverte à celles qui n’ont pas (encore) d’enfant, Plon Essais, 2018.

2 The climate mitigation gap: education and government recommendations miss the most effective individual actions, Seth Wynes and Kimberly A. Nicholas, Environmental Research Letters,12 , 2017.

3 World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice, Ripple et al., BioScience, 67, 2017.

4 « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue », Bertaux et al., Le Monde, 10/10/2018.

5 Le jour du dépassement est la date à partir de laquelle l’empreinte écologique dépasse la biocapacité de la planète. La biocapacité, c’est l’offre de la nature ; l’empreinte écologique, la demande humaine. Le calcul de ce jour est régulièrement controversé.

6 Jean-Loup Bertaux,  Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence, éditions Fauves, 2017.

 

[ SEMENCES PAYSANNES ] " Le nouveau pari coopératif "

Créé le : 14/10/2019

Ce week-end, se déroulait le salon Ille et Bio à Guichen (35), organisé par l'association Culture Bio. Au cours des deux journées, un grand nombre d'animations, de conférences ou encore d'ateliers ont eu lieu. Sans transition ! a eu le plaisir d'y participer.

Notre journaliste, Virginie Jourdan, animait sur Radio Laser une émission consacrée au sujet des semences paysannes. Ses invités étaient :

> Julie Bertrand, artisane du vivant installée à la Ferme de Carafray, à Molac, dans le Morbihan, et co-fondatrice de l'association Triptolème qui valorise les variétés anciennes de céréales et notamment de blés destinés à la boulange.
> Marc Sire, association Kaol Kozh qui favorise le déploiement de la biodiversité potagère grâce aux semences et notamment aux semences paysannes.
> Véronique Chable, chercheuse à l'INRA, coordinatrice de programmes de Recherche Participative.
> Jean-Martial Morel, maraîcher installé à Chavagne, au sud de Rennes.

(Ré) écoutez l'émission !

Rendez-vous vendredi 18 octobre à Rennes pour la conférence gratuite de l'agronome Marc Dufumier qui sera suivie d'une table ronde dédiée aux semences paysannes et à l'alimentation de qualité entre Marc Dufumier et les acteurs locaux.

[ CHRONIQUE LITTÉRAIRE ] Vivre avec la terre ! Charles Hervé-Gruyer

Créé le : 07/10/2019

Comment nourrir l’humanité de demain ? Il semble évident que notre modèle agricole actuel, dépendant des énergies fossiles, destructeur des terres et de la biodiversité, émetteur de gaz à effet de serre, ne pourra pas assurer cette tâche. La Ferme du Bec Hellouin en Normandie, initiée par Perrine et Charles Hervé-Gruyer, expérimente une nouvelle forme d’agriculture, en rupture profonde avec les modèles actuels : l’écoculture, qui se fonde sur l’imitation des écosystèmes naturels.

Cette démarche favorise l’autonomie des paysans et la sécurité alimentaire des communautés locales. De plus, la “miniaturisation” des cultures qu’elle préconise permet l’implantation de microfermes en tous lieux, y compris en milieu urbain, entraînant création d’emplois et résilience des territoires. Les recherches menées au Bec Hellouin inspirent déjà des agriculteurs du monde entier, mais aussi des politiques, des responsables de collectivités territoriales, l’enseignement agricole, l’Éducation nationale... Fruit de six années de travail, Vivre avec la terre est un projet littéraire et scientifique exceptionnel, qui donne aux lecteurs les moyens de s’engager dans cette démarche “bio-inspirée”. En apprenant à comprendre le fonctionnement des milieux naturels, ils découvrent de très nombreuses applications simples et efficaces, qui permettent de créer un jardin ou une ferme d’une haute performance écologique. L’ouvrage reflète l’expérience vécue au Bec Hellouin, mais il propose également une synthèse de milliers d’informations récentes sur la nature et les cultures vivrières, issues de la veille scientifique et technique menée à la ferme et jusqu’alors peu ou pas accessibles. Ce manuel, qui s’adresse à tous ceux qui désirent “vivre avec la terre” (jardiniers mais également professionnels de l’agriculture et chercheurs, ainsi que tous ceux qui aspirent à créer une microferme), accompagnera ses lecteurs des années durant.

 

 

 

 

 

Charles Hervé-Gruyer, devant la ferme du Bec-Hellouin en Normandie. Photo : Perrine Hervé-Gruyer

[ SEMENCES PAYSANNES ] Préserver la biodiversité

Créé le : 04/10/2019
Photo : Léonore Virion

Jeudi 03 octobre, la maison des semences paysannes était inaugurée au Laber à Roscoff (29). Un travail de longue haleine, porté par l'association Kaol Kozh et qui a pour objectif de préserver la biodiversité.

Le site de la maison du Laber est loué à l'association Kaol Kozh par la communauté de communes du Haut-Léon. Les locaux sont composés d'un lieu d'accueil grand public, ainsi que d'un espace réservé aux maraîchers. L'association s'y installera à l'hoziron 2021. Son objectif est de collecter et sauver les variétés de semences paysannes.

" C'est du patrimoine vivant " précise Marc Sire, animateur et secrétaire de l'association. " Ces variétés sont reproductibles, donc libres de droits et nous les transmettons ". Une démarche essentielle, car " 75% de la biodiversité cultuvée a disparu en 50 ans ".

Entretien. 

Le thème des semences paysannes sera à nouveau à l'honneur, le 18 octobre prochain à Rennes, lors d'une conférence donnée par l'agronome Marc Dufumier ! Un événement organisé par Sans transition !, Koal Zoh et Biobreizh.

 

[ CLAUDE & LYDIA BOURGUIGNON ] « Pour faire de l’agriculture durable, il faut rendre aux agriculteurs leurs connaissances des sols »

Créé le : 03/10/2019
Photo : Anaïs Maréchal

Ce mardi 1er octobre, l’amphithéâtre de la Toulouse Business School affichait salle comble. Près de 300 citoyens sont venus assister au débat citoyen organisé par Sans Transition ! et Actes Sud sur une agriculture durable et respectueuse des sols. Les stars du jour ? Claude et Lydia Bourguignon, spécialistes mondiaux des sols. « Certains sont fans de Johnny, moi je suis fan de vous ! », clame quelqu’un dans le public. À cette occasion, nous vous proposons de revenir sur les pistes évoquées par les microbiologistes pour améliorer la santé des sols.

Prenons d’abord un peu de recul : qu’est-ce qu’un sol en bonne santé ? La faune joue un rôle fondamental. Les animaux – les vers de terre par exemple – brassent le sol, permettant à l’eau d’y pénétrer plus facilement. « C’est bien plus efficace que le travail manuel des sols ! », rappelle Claude Bourguignon. Autres travailleurs importants : les micro-organismes. Bactéries, champignons et microbes régulent les cycles naturels et permettent d’apporter les éléments minéraux indispensables pour nourrir les plantes. « Le rôle des agriculteurs est de faire travailler ces organismes, pas de les remplacer », assène Claude. Pour les microbiologistes, un sol en bonne santé est un sol vivant.

Ces spécialistes ne sont pas en manque d’idées pour enclencher la transition. Lydia Bourguignon le martèle : « Il faut commencer par remettre de la connaissance chez nos agriculteurs ! On a vendu de la technique aux paysans, et on leur a volé leur savoir. » Intégrer la biologie des sols dans les cursus est un premier pas auquel participent les époux Bourguignon. Lydia, applaudie par le public, rappelle également qu’il faut soutenir les paysans plutôt que de taxer : « Il faut maintenir les aides, comme l’aide à l’agriculture biologique qui a pourtant été suspendue pendant trois ans … » Et quand un membre de l’association Toulouse en transition s’interroge sur les actions individuelles, Claude Bourguignon poursuit : « En tant que citoyen, nous devons accepter de mettre le prix pour des produits de qualité et une agriculture durable. Il faut boycotter les produits importés en hiver, et respecter les saisons. »

Pour rendre sa santé au sol, les époux Bourguignon préconisent de nombreuses pratiques agronomiques. « Lever l’interdiction de la commercialisation des semences paysannes permettrait de réutiliser des espèces adaptées au terroir, qui pousseraient mieux et nécessiteraient moins d’intervention sur le sol », détaille Lydia. Réparer les sols passera enfin par un apport de matière organique en surface, et moins de labourage ! Ils sont les fervents défenseurs du semis direct. Cette technique, que vous pourrez retrouver plus en détail dans le dernier numéro de Sans Transition, consiste à semer les cultures sur un couvert végétal précédemment écrasé. « C’est une technique complétement innovante qui permet de gagner du temps et d’utiliser moins de fioul », détaille Lydia.

Si l’agriculture intensive a presque tué les sols français, ceux que l’on appelle les « médecins du sol » parcourent la France et le monde pour identifier les solutions. Et la démonstration réalisée ce mardi démontre que nous avons tous les éléments pour mettre en place un nouveau modèle agricole.

[ URGENCE CLIMATIQUE ] "Rallumer l'espoir", Jean-Louis Etienne

Créé le : 01/10/2019
Photo : Noel Bauza / Pixabay

Jean-Louis Étienne est médecin, spécialiste en nutrition et biologie du sport. Il a mené de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie. En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en chiens de traineaux. En 2010, il réussit la première traversée de l’Océan Arctique en ballon. Sans transition ! a l'immense privilège de le recevoir le 02 octobre prochain à Toulouse, pour une conférence dédiée à l'urgence climatique.

Quels rôles jouent les océans dans la régulation du climat ?

En lien avec l’atmosphère, l’Océan gouverne le climat. Il joue le rôle de tampon thermique, de régulateur. Il distribue également la chaleur et en absorbe de grandes quantités. Ainsi, 93 % de l’excès de chaleur est absorbé par l’Océan. Conséquences : la montée du niveau de la mer (3,2 mm par an), l’érosion des côtes ou la submersion des villes basses. C’est encore un formidable puits de carbone car le CO2 se dissout dans la mer et le phytoplancton (des algues microscopiques), par photosynthèse, absorbe ce CO2 . C’est le départ de la vie. Or un excès de CO2 dans l’eau conduit à l’acidification des océans. Ce phénomène menace la vie calcaire. Pour préserver le climat, il faut donc protéger l’Océan ! Dont la faune et la flore marines. En effet, l’homme a besoin de l’ensemble du vivant pour réussir cette tâche colossale. Autrement dit, l’homme doit organiser une co-évolution avec la nature, pour protéger la biodiversité marine.

" Pour préserver le climat, il faut donc protéger l’Océan ! "

À l’heure du dérèglement climatique, comment se porte l’Océan Arctique ?

À l’échelle planétaire, le constat est sans appel : + 0,8°C de hausse moyenne en 100 ans. Si cette hausse ne nous apparaît pas perceptible pour l’instant, elle est pourtant bien réelle, comme si la terre avait une légère fièvre. Les régions polaires – dont l’Arctique – en sont les premières affectées. Illustration : cette région est en train de changer de couleur. Avant, son Océan était recouvert par la glace durant la grande majorité du temps et se teintait de blanc. Désormais, la neige arrive plus tard, repart plus tôt. Par conséquent, la banquise se réduit. Il y a de plus en plus de zones sombres ; provoquant un moindre réfléchissement solaire. Quant au permafrost, ce terrain gelé, il est affecté lui aussi. Il fond de plus en plus, en libérant une grande quantité de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane, les fameux gaz à effet de serre. Là-bas, on assiste à une accélération du réchauffement climatique, avec une hausse moyenne qui a atteint jusqu’à 4°C en 60 ans ! C’est le phénomène d’emballement climatique.

Lors de vos conférences, vous dites : « Nous avons laissé la porte du frigo ouverte », est-ce bien decela dont il s’agit à présent ?

Oui ! Et cette quantité de froid va manquer à équilibrer la chaleur tropicale. En médecine, on commence maintenant à parler de complications dues à une fièvre chronique, en lien avec le dérèglement climatique. Et des conséquences bien visibles : plus de cyclones, davantage de pluies diluviennes, de phénomènes extrêmes… Plus ça chauffe sur l’Océan et plus il y a d’évaporation et de précipitations. D’une certaine manière, nous observons aussi une accélération du cycle de l’eau. Ainsi, une hausse de la température en mer, proportionnelle au réchauffement, conduit à plus de cyclones et de tempêtes tropicales, comme aux Antilles où ces derniers surviennent par la libération brutale et massive de cette chaleur accumulée à la surface de l’Océan.

Êtes-vous inquiet pour la planète, pour l’homme ?

Je suis réaliste plus qu’inquiet. Le climat a une inertie colossale. Il faut donc agir tout de suite pour réduire l’impact du changement et ses conséquences. Si l’on suit les préconisations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), qui consistent à limiter au maximum à + 2°C en moyenne le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle, alors il convient de laisser 75% des ressources fossiles dans le sol. J’ai malheureusement bien peur que cela soit très compliqué à court terme. En Europe par exemple, la Pologne produit 93% de son électricité par le charbon… Leur dire d’arrêter net serait par ricochet couler le pays. D’où l’importance de la transition à mettre en oeuvre. Car chacun doit prendre sa part et se tourner vers les énergies renouvelables. Celles-ci ne représentent que 20% du mix énergétique dans le monde. Dès à présent, les économies d’énergie sont le gros levier d’action. Peu de gens ont conscience de l’importante quantité d’énergie qu’ils consomment au quotidien. J’ai fait de nombreuses expéditions durant lesquelles on rationalisait l’énergie… C’est lorsque nous n’avons plus d’énergie abondante que nous prenons conscience de l’importance de ne pas la gaspiller !

En somme, il faut « Persévérer » vers l’objectif, comme vous l’écrivez dans votre ouvrage paru en 2015 ?

Je suis issu d’une formation technique (tourneurfraiseur). J’avais une assurance-vie dans mes 10 doigts. Pourtant, j’ai choisi une autre voie, en persévérant. Il faut sans cesse remettre le rêve à la surface. Si on se laisse noyer par les difficultés, on n’y arrive pas. Il convient en permanence de se remobiliser, de rallumer l’espoir. Il faut persévérer pour nourrir ce feu car on ne construit pas sa vie sur des frustrations, ni sur des projets inachevés. Lors de mes expéditions, j’ai su résister aux tentations de l’abandon, j’ai persévéré, il ne faut pas attendre qu’on vienne nous chercher. Je suis comme tout le monde, je suis sans arrêt en train de faire avancer des projets. Parfois je suis découragé. Mais même si ça demande beaucoup d’énergie, il ne faut pas se démobiliser.

C’est ce que vous faites précisément avec Polar Pod, votre prochain projet d’exploration marine ?

Polar Pod est une plate-forme océanique abritée, spécialement conçue pour dériver autour de l’Antarctique, dans les cinquantièmes hurlants. Nous sommes en train de boucler le projet. Le plus difficile consiste à trouver des financements. Je lance des courriels tels des bouteilles à la mer, à la pêche aux financements. Je suis sans arrêt en train d’avancer. J’ai voulu construire un bateau de l’extrême… une expérience unique. Tout ça est en route, je suis toujours très excité à l’idée d’un nouveau départ. Trouver le chemin de ce que l’on sait faire et réussir à l’inscrire dans la marche du monde, voilà mon leitmotiv.

Le Polar Pod en position verticale. © Océan Polaire / JL Etienne.

Propos receuillis par Sans transition ! en 2015.

> Réservez vos places pour la prochaine conférence de Jean-Louis Etienne, le 02 octobre prochain à Toulouse !

Et retrouvez Jean-Louis Etienne dans le prochain numéro de Sans transition ! (n°19) !

[ AGROSEMENS ] Le savoir-faire ancestral des semences paysannes

Créé le : 24/09/2019
Photo : Elodie Crezé

À l'occasion de la semaine européenne des semences paysannes, Sans transition ! est allé aux portes ouvertes d'Agrosemens, entreprise familiale implantée à la ferme du petit Sambuc, à Aix-en-Provence. Nous y avons rencontré Cyriaque Crosnier Mangeat, chef d'exploitation et cofondateur de cette maison semencière potagériste, travaillant en biodynamie, à 100 % bio.

Interviewé au milieu d'un champ de courges, non loin des rutabagas, tomates anciennes et autres produits du terroir, l'entrepreneur décrit les valeurs d'Agrosemens, basées sur la cocréation de semences avec les paysans dans « le respect des savoir-faire ancestraux, respectueux des terroirs », et reposant sur « la maîtrise des techniques modernes ». Le résultat ? Deux gammes de graines de semences ; l'une dédiée aux maraîchers professionnels, l'autre aux jardiniers amateurs. Un défi que l'entreprise relève depuis 17 ans.

Cyriaque Crosnier Mangeat (à gauche), agronome spécialisé dans la recherche et le développement, et son frère Judicaël, ingénieur spécialisé dans la finance, sont tous deux dirigeants d'Agrosemens, créée en 2002.

Pages

S'abonner à Écologie