Bretagne

[ Un monde en mouvement ] Dans les cafés - librairies de Bretagne, du 31 octobre au 19 décembre

Créé le : 19/09/2019

Cette année, la manifestation automnale "Libres en littérature" : Un monde en mouvement, se déroule du 31 octobre au 19 décembre 2019 dans les cinq départements bretons. Au programme : débats, rencontres-lectures et projections qui mettent en mouvement ce monde tel qu'il est & tel qu'il pourrait être.

Il sera question de bouleversement climatique et de solutions concrètes à mettre en œuvre, d'exil et de femmes, de résistance et d'amour. Les lecteurs voyageront dans le monde entier en compagnie du géographe Emmanuel Ruben, du philosophe Philippe Simay, des globe-trotters du microcrédit Nicolas Auber et Matthieu Tordeur.
Ils cohabiteront avec une famille iranienne et feront l'éloge du métèque en présence d'Abnousse Shalmani.
La pollution - plastique, algues vertes - sera aussi en discussion en compagnie de Matthieu Combe et de la journaliste Inès Léraud.
L'agriculture biologique, la renaissance écologique, les peuples racines sont au rendez-vous en présence de Jacques Caplat, agronome, de Julien Dossier, spécialiste de la transition écologique & de Sabah Rahmani, anthropologue.
Littérature avec Joseph Ponthus autour de son remarquable premier roman A la ligne, avec Eric Pessan, auteur prolixe et talentueux avec lequel les lecteurs partageront notamment les aventures de Don Quichotte. Littérature toujours qui fait traverser la Méditerranée sur un rafiot de fortune avec Louis-Philippe Dalembert dont le roman Mur Méditerranée est en lice pour le Prix Goncourt et le Prix Goncourt des Lycéens. Il y est question de femmes, d'exil et d'espoir.
Les femmes, la résistance et l'espoir sont aussi à l'affiche du roman Ces femmes-là et du film Mélancolie ouvrière de Gérard Mordillat, cinéaste, essayiste, romancier.

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[ LE FINISTERE S'ENGAGE POUR L'ENVIRONNEMENT ] La parole à Nathalie Sarrabezolles

Créé le : 11/09/2019
Samedi 28 septembre, à l’occasion de l’Année de l’environnement et des 50 ans du Parc naturel régional d’Armorique, le Conseil départemental du Finistère organise une grande conférence sur le thème « Le Finistère s’engage pour l’environnement ». Sans transition ! Bretagne s’associe à l’événement en travaillant au contenu et à l’animation de la journée. La parole à Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil départemental du Finistère.
 

Le 28 septembre s’annonce une journée importante pour le Finistère avec la participation debeaucoup d’acteurs, tant publics que privés, à la Conférence de l’environnement. Quels sont vos objectifs pour cette journée ?

Je souhaite surtout faire passer un message de mobilisation pour la nécessaire préservation de l’environnement. Nous avons, dans le Finistère, une longue tradition de préoccupation environnementale, qui a été marquée dans l’histoire à la fois par des oppositions et des propositions. Cette préoccupation a été traduite par exemple au Conseil départemental par une politique engagée sur le sujet : acquisitions d’espaces naturels sensibles, préservation de la ressource en eau, développement du réseau de transports collectifs et de covoiturage... Une valorisation positive du travail collectif e ffectué est souhaitable, même si, je le concède, il reste des défis à relever. Nous avons besoin de ces encouragements pour mieux œuvrer, ensemble, à la protection de l’environnement. Et si nous voulons qu’il y ait un élan général – qui est essentiel pour changer de trajectoire -, nous devons toucher l’ensemble des champs sur lesquels nous pouvons être acteurs. Et l’ensemble des personnes, de l’individu au collectif, dans toutes ses composantes. Ces préoccupations doivent imprégner tout le monde, tout le temps.

Au cours de cette journée, 3 conférences tables- rondes seront organisées sur 3 thématiques : le changement climatique avec Laurent Bopp, l’érosion de la biodiversité avec Gilles Boeuf et la Transition avec Rob Hopkins. Pourquoi travailler sur ces 3 axes ?

Ces 3 thèmes sont étroitement liés. Il faut agir puissamment sur les 3 et en même temps pour conduire une politique efficace. La préoccupation est environnementale, mais le sujet est de savoir comment la planète va évoluer et avec quelles conséquences sur l’espèce humaine. Chacune de nos décisions a des conséquences. D ans cette préoccupation environnementale, la biodiversité est un sujet majeur. Elle contribue à un équilibre que nous devons préserver. Mais je pense également, à l’instar de beaucoup d’acteurs, que l’être humain et la question sociale/sociétale sont des problématiques essentielles que nous devons prendre en compte dans ce débat. Car au cœur des inégalités environnementales se retrouvent aussi des inégalités sociales.

Justement, Rob Hopkins exhorte aujourd’hui à travailler au pouvoir de l’imagination pour changer la société. Que pensez-vous de cette idée ?

J’aime bien ce concept d’imaginer. On a pendant longtemps, sur un certain nombre de sujets, essayé de compenser nos actions pour sortir des impasses. Or quand on se projette dans une pensée différente, on a plus d’ouverture et de possibilités. Et on peut associer la population plus facilement à nos projets. Le fait de se positionner différemment, de faire valoir l’imagination, peut permettre d’avancer. C’est ce que nous essayons de faire au Département, dans l’ensemble de nos politiques publiques, comme celle de la gestion des déplacements ou la lutte contre les précarités.

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[ LA RUÉE VERS L'ORGE ] Des bières bretonnes du champ à la cuve

Créé le : 09/08/2019
Photo : Virginie Jourdan

Les microbrasseries fleurissent sur tout l’hexagone. En Bretagne, une centaine est apparue en moins de 10 ans. Quelques-unes ont pris le parti de concilier artisanat, économie circulaire et développement durable. À l’instar de la microbrasserie Drao, située à Melesse, en Ille-et-Vilaine, productrice de sa propre orge.

À une dizaine de kilomètres de Rennes, au cœur des parcelles agricoles de Melesse, les bureaux en bois de la brasserie Drao jouxtent les hangars réservés au stockage des bouteilles et des fûts, et aux diverses cuves dédiées à la production et à l'embouteillage du breuvage malté. Depuis 2013, Rozenn Melle produit l'une des cent bières artisanales et locales que compte dorénavant la région. Contrairement à la majorité de ses collègues, Rozenn est paysanne-brasseuse. Passionnée par l'agriculture et les brassins, elle dispose de 20 hectares de terres et cultive elle-même l'orge brassicole qui est à la base des recettes de ses bières. Une démarche qui reste rare et dans laquelle seule une petite une poignée de bretons s'est lancée.

Une production locale et à faible impact

Pour réussir ses premiers semis, désherbages mécaniques et récoltes, Rozenn s'est appuyée sur la solidarité des agriculteurs voisins. De 15 000 litres en 2014, sa production de bière est passée à 65 000 litres cette année. « En 6 ans, j'ai doublé ma surface de production. Dorénavant, je suis autonome à 98% sur le malt issu de mon orge....

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[ NATURISME ] Bretagne : les fesses au grand air

Créé le : 28/07/2019
© Club Naturiste de Bretagne Sud

Par Stéphanie Biju

Bien au-delà d'un bronzage intégral, le naturisme affiche des valeurs de tolérance et de « vie vraie », qui semblent séduire de plus en plus, avec 11 millions de Français qui se disent « prêts » à tenter l’expérience. La Bretagne a ses adeptes. Rencontrés sur la plage, dans un camping ou sur un chemin de randonnée, tous évoquent une grande sensation de liberté, de bien-être et de lâcher-prise. Et invitent à tenter l'expérience. « Le naturisme, pour le comprendre, il faut le vivre ! ». Qu'on se le dise…

En ce mercredi printanier ensoleillé, et alors que les beaux jours peinent à s'installer en Bretagne, Liliane (1) a carrément tout enlevé ! La septuagénaire profite d'un bain de soleil sur la plage naturiste de Kerver, en presqu'île de Rhuys (56), où elle a ses habitudes depuis des années. « J'y venais avec mes fils. Maintenant, j'y emmène mes deux petites-filles, de 15 et 8ans, pendant leurs vacances. Elles ont toujours un temps d'hésitation mais… il ne leur faut généralement pas plus d'une journée pour se retrouver, elles aussi, les fesses à l'air !...

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[ ENERGIES RENOUVELABLES ] Une hydrolienne innovante en test dans le Morbihan

Créé le : 07/03/2019
Mise à l'eau de l'hydrolienne Guinard Energies en ria d'EtelIfremer - Michel Répécaud

La PME Guinard Energies vient de mettre à l’eau un démonstrateur d’hydrolienne en Ria d’Etel (Morbihan) dans le cadre du projet MegaWattBlue. L’Ifremer participe pour caractériser les écoulements, le bruit rayonné et les bio-salissures.

La contribution de l’Ifremer permettra de décrire l’environnement physique par la caractérisation des écoulements amont et aval à proximité de la turbine durant des cycles de marée caractéristiques. Un ensemble de capteurs de courants est ainsi déployé en absence et en présence de l’hydrolienne. De même, le bruit ambiant à proximité de l’hydrolienne est mesuré en absence et en présence de la turbine afin de connaitre son impact acoustique. Concernant les bio-salissures, différentes peintures de protection sont testées et leurs efficacités sont analysées.

Enfin, une reconnaissance préalable par des plongeurs de l’Ifremer a permis de mieux connaître la nature des fonds sur le chemin du câble de raccordement.

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[INTERVIEW] - Bretagne : le réseau Bruded a une nouvelle co-présidente

Créé le : 11/06/2018
Valérie Poilâne-Tabart-crédit Bruded

Valérie Poilâne-Tabart, 44 ans est maire de Laurenan (22). Investie très tôt dans le milieu associatif de l’éducation populaire, elle est la nouvelle co-présidente du réseau Bruded  (Bretagne rurale et rurbaine pour un développement durable) qui rassemble plus de 140 communes de Bretagne et Loire-Atlantique engagées en faveur de la transition écologique et sociale.

Pourquoi avoir décidé de prendre part à la présidence du réseau Bruded ?

L’adhésion de la commune de Laurenan à Bruded est assez récente, elle date de janvier 2016, mais dès 2017 je suis entrée au sein du conseil d’administration de l'association. J’ai très vite eu envie de contribuer à la dynamique du réseau. Les projets liés au développement durable sont souvent complexes à mettre en œuvre, notamment dans les petites collectivités rurales. Il est donc très important de se sentir épaulé. Ce n’est pas facile de convaincre et d’embarquer tous les acteurs ! Bruded permet de partager des expériences, réussites ou écueils. C’est une association chaleureuse qui favorise l’entraide. Nous avons beaucoup reçu, j’ai donc souhaité donner en retour. N’oublions pas que la démarche est horizontale : Bruded, ce n’est pas un visage mais un collectif !

De quelle manière la commune de Laurenan a-t-elle bénéficié de l’expérience Bruded ?

Laurenan est une commune du centre Bretagne en perte d’habitants et d’attractivité. L’objectif est d’imaginer, en concertation avec les habitants, de nouvelles manières de vivre ensemble. Nous nous sommes appuyés sur les innovations de plusieurs collectivités pour concevoir notre projet de rénovation de la salle des fêtes avec des matériaux bio-sourcés. Muël, en Ille-et-Vilaine, nous a particulièrement inspiré en terme d’éco-construction avec l’usage des bottes de paille comme isolant.

Qu’a mis en place Laurenan en terme de développement durable ?

Depuis 2011, nous sommes en zéro-phyto. Nous sommes lauréat d’un appel à projet régional « dynamisme des bourgs ruraux » : dans ce cadre, nous nous efforçons de rendre les espaces publics plus conviviaux et de les végétaliser. Un bar associatif-épicerie est en projet. J'aimerais aussi que notre restauration collective passe un jour au 100% bio et local.

Quels sont les axes de travail de votre mandat comme co-présidente de Bruded ?

Depuis la création de Bruded, en 2005, l’ancrage est communal. Seules deux intercommunalités font partie de l’association : val d’Ille d’Aubigné et Brocéliande. Avec la loi NOTRe  (Nouvelle organisation territoriale de la République ) en 2017, cet échelon politique a pris beaucoup d’importance. Les enjeux de développement durable seront portés au niveau intercommunal. D’où l’effort que je fournirai pour susciter les adhésions des Établissements de Coopération Intercommunaux (EPCI). Les intercommunalités ont tout à gagner à faire partie du réseau !

Plus d'infos : www.bruded.fr

 

Breizh Cop : participez à la concertation

Créé le : 04/05/2018
Le Conseil Régional de Bretagne s'est réuni en session exceptionnelle, le 19 avril dernier, pour voter les grandes étapes de la Breizh Cop - Conseil Régional de Bretagne

Les grandes étapes de la Breizh Cop ont été votées par le Conseil Régional de Bretagne, réuni en session extraordinaire, le 19 avril dernier. Inspiré des Conférences des parties (COP) de l'Onu, le but de la Breizh Cop est l'aménagement du territoire de transition en associant citoyen-e-s, collectivités, associations et représentants du monde économique. Concrètement, la démarche doit aboutir à la définition du Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, document qui dessine les grandes lignes de l'avenir de la Bretagne à l'horizon 2030.

Dans cette perspective, la session du 19 avril a soumis trois documents au vote :

  • Un rapport d’étape sur les premières orientations qui constitueront le socle du projet de territoire ;

  • Une charte des valeurs et principes à laquelle tout citoyen peut adhérer ;

  • Les éléments de calendrier de la concertation.

A cette occasion a été ouvert le processus de concertation de la Breizh Cop. Les citoyen-e-s étant invités à s'exprimer via la mise en place d'une plateforme participative. Objectif : aboutir à la rédaction d'un document d'orientation et d'un cahier des engagements.

Pour en savoir plus, téléchargez gratuitement le document d'information réalisé par Sans Transition! Bretagne sur la Breizh Cop, en partenariat avec la région Bretagne :

 

Plus d'infos : www.bretagne.bzh/jcms/prod_422426/fr/la-session-sur-la-breizhcop-en-bref?preview=true


 

 

 

« Réunification » et «différenciation » abordées par le Conseil régional de Bretagne

Créé le : 20/02/2018
Le château des ducs de Bretagne, à Nantes. - Crédit : F.Delotte

Statut de la langue bretonne, davantage d'autonomie en matière économique... Après la Corse, le débat sur la « différenciation » territoriale touche la Bretagne. 

Emmanuel Macron s'est dit « favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Consitution », à Bastia, le 13 février dernier. Une déclaration qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd !

Droit à l'autonomie fiscale

Le président du Conseil régional, Loïg Chesnais-Girard a réagi le lendemain dans un communiqué :

« Le discours du Président de la République en Corse est une opportunité pour faire valoir nos convictions et nos propositions. J’en retiens des ouvertures sur le droit à la différenciation et l’autonomie fiscale qui correspondent à des souhaits déjà exprimés pour la Bretagne. La Bretagne a toujours œuvré pour que les régions soient reconnues, que la capacité à agir soit renforcée et que notre région puisse expérimenter de nouvelles compétences au service de ses territoires et de ses habitants. »

Un pas vers la « réunification »

Dès le 15 février, les élus du Conseil régional étaient amenés à plancher sur un groupe de travail portant sur la « différenciation » de la Bretagne.

L'occasion, notamment, de remettre sur la table la question de la « réunification » de Nantes et de la Loire-Atlantique avec l'actuelle région Bretagne. Le groupe d'opposition Droite, centre et régionalistes a proposé un amendement pour demander d'allouer 500 000 euros à des actions allant dans le sens de cette réunification.

 

L'amendement a été rejeté par la majorité. Mais le président du Conseil régional a proposé de financer une « mission commune » avec la région Pays-de-la-Loire.

« Je veux bien vous missionner pour aller négocier avec les Pays-de-la-Loire. Nous, on apporte 500.000 €, et eux aussi. Allons-y, avançons, et on se retrouve à la prochaine session ! », a indiqué Loïg Chesnais-Girard à la conseillère régionale d'opposition, Isabelle Le Bal.

ANNE-MARIE ROBIC, Société Protection Paysages et Esthétique de France : « LE PROJET DE PARC ÉOLIEN DANS LA FORET DE LANOUÉE (56) EST UN DÉSASTRE »

Créé le : 20/07/2017
Anne-Marie Robic, déléguée à la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France). Crédits photos : Sites et Monuments (SPPEF)

16 éoliennes de 186 mètres de haut érigées sur 331 hectares. Voici le plan prévu par la société canadienne Boralex sur la partie sud-est de la forêt de Lanouée (56), deuxième massif forestier breton. Des riverains (l'association Vent de Forêt) ainsi que des défenseurs de la biodiversité et des paysages (l'association Bretagne Vivante) mènent une lutte sans relâche depuis plusieurs années à l’encontre de ce projet. À l’image de Anne-Marie Robic, déléguée du Morbihan pour la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France) que nous avons interviewé.

Un engagement non sans résultat puisque le 11 juillet dernier, le tribunal administratif de Rennes a officiellement annulé ce projet de parc éolien industriel. Ce dernier avaitr été lancé en 2007 avec l’achat de parcelles par la société française Louis Dreyfus. Le chantier a ensuite été cédé à l'entreprise Boralex, en 2016. Depuis, plus d’une dizaine de socles éoliens ont été construits.

Pourquoi vous opposez-vous au projet de parc éolien au cœur de la forêt de Lanouée ?

Ce projet éolien a été initié au nom du développement durable. Mais c'est un désastre. On parle de machines de 186 mètres de haut, tout de même. Il a donc fallu créer des chemins pour les déplacer en abattant des quantités folles d’arbres. On était dans une ZNIEFF (Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, ndlr) en raison de sa richesse écologique. C’était un réservoir de biodiversité qui abritait 60 espèces protégées ! Et ces travaux ont un impact direct sur la vie animale du territoire. Toutes les grenouilles ont été décimées. Quand les camions sont arrivés, les oiseaux ont foutu le camp. Il y avait 16 espèces de chiroptères (chauves-souris, ndlr) dont 5 qui étaient inscrites à la Directive Européenne « Habitat-Faune-Flore ». C’est une richesse faunistique exceptionnelle. Mais avec les vibrations dans le sol causées par les machines, tous les animaux de terre se sont enfuis. C’est triste à voir. À terme, la forêt finira peut-être en désert animalier.

 

Sur 16 éoliennes, environ 13 socles ont déjà été installés. Comment se fait-il que les permis soient annulés alors que les travaux sont sérieusement engagés ?

C’est en partie la faute des constructeurs. Une fois que les permis de construire ont été délivrés en février 2014, on a immédiatement déposé des recours. Non pas un, mais six (autorisation d’exploitation, dérogation aux espèces protégées, défrichement, …). Tant que l’affaire n’est pas exemptée de tout recours, ils ont pris un gros risque en commençant les travaux. Un risque qui s’élève à 64 millions d’euros ! Sachant que le tribunal administratif de Rennes reconnaît que la nature, les sites et les paysages naturels sont d’intérêt public, Boralex n’aurait jamais dû y toucher. Il est vrai que l’affaire a un peu traîné … Du coup, quand la constitution des socles a commencée en 2017, on a lancé un référé. Ce jugement en urgence a validé la suppression des travaux. Par la suite, Boralex a annoncé sa volonté de faire appel. On part pour une bataille juridique qui peut encore durer trois ou quatre ans. Un long combat au bout duquel on demandera la remise en état du site avec reboisement et destruction des socles. Le juge a retenu plusieurs arguments en notre faveur dans chaque recours ! Donc on est très confiants sur la suite des opérations.

Pourquoi s’opposer à l’éolien alors que nous savons que la transition énergétique est aujourd’hui nécessaire ?

Je sais qu’on a encore du mal avec cette vision là. Et pourtant, ce n’est pas avec des engins d’une telle puissance que l’on va résoudre les problèmes qui ont été causés par l’industrialisation, les énergies fossiles, et autres. On ne résout pas des dégâts provoqués par des machines, par d’autres machines. C’est avec des moyens à échelle humaine que le problème va pouvoir être traité. Pas avec ces instruments éoliens géants ! L’éolien représente uniquement 4% de notre consommation énergétique totale. Ce n’est donc pas une énergie rentable. Je n’ai pas de recette miracle à apporter, je ne suis pas compétente à ce niveau-là. Mais je défends les paysages et je connais la loi qui les protège. Tout ce qui m’importe est la sauvegarde de notre biodiversité. Moi qui ai 66 ans, je ne verrai plus jamais la forêt comme elle l’a été. C’est un bouleversement.

Plus d’infos :
La SPEEF
L'association Vent de forêt
L'association Bretagne Vivante
La société Boralex
La société Louis Dreyfus

UNE OPÉRATION DE CROWDFUNDING POUR LANCER R-PUR, MASQUE ANTI-POLLUTION FABRIQUÉ A NANTES

Créé le : 03/07/2017
Matthieu et Flavien, les fondateurs de R-Pur. Crédits photo : R-Pur

R-Pur est un masque anti-particules performant assemblé à Nantes. Ses fondateurs, Matthieu Lecuyer et Flavien Hello, ont lancé un appel aux dons sur Kickstarter. Et il ne reste plus que trois jours pour participer à la campagne de financement participatif et obtenir un masque anti-pollution à moindre coût. Sa particularité ? Il filtre les particules jusqu'à 0,001 micron.

Ils ont déjà recueilli le triple du montant escompté, mais Matthieu Lecuyer et Flavien Hello, espèrent encore récolter des dons avant la fermeture de leur récolte de fonds sur Kickstarter, le 6 juillet prochain. Les 44 000 euros déjà rassemblés permettront à la start-up d’être propulsée sur le marché et d’entamer la confection des masques commandés par les donateurs.

« Quitte à faire un bon produit, autant le faire de la meilleure manière », lance Matthieu. Tout commence à Nantes, où les masques R-Pur sont fabriqués dans un atelier pour ensuite être conditionnés en région parisienne. « Les Nantais travaillent vite et très bien », précise le jeune entrepreneur tout en déclarant que leurs masques sont « fait par les Français pour les Français ».

Pollution atmosphérique, 3ème cause de mortalité en France

Matthieu Lecuyer et Flavien Hello ont effectué de nombreux voyages autour du monde. Ils ont été particulièrement frappés par les taux de pollution observés dans diverses villes du continent asiatique. A respectivement 27 et 28 ans, ces jeunes entrepreneurs se sont souvenus des populations prenant pour habitude de cacher leur visage sous des « masques de docteur » pour faire face à l’impureté atmosphérique. Aujourd’hui en France, la pollution de l’air est la troisième cause de mortalité et représente chaque année 48 000 décès, selon le rapport de Santé Publique France. Dix fois plus que le nombre d’accident de la route. « Après le tabac et l’alcool qui sont des plaisirs coupables, la pollution atmosphérique, elle, n’est pas un choix individuel », revendique Matthieu, agacé.

Une fois rentrés à Paris sur leurs scooters, ils sont confrontés à la dégradation de la qualité de l’air. Nez qui coule, gorge qui gratte, cela ne pouvait plus durer. Après avoir testé plusieurs masques anti-pollution inconfortables, douloureux et/ou inefficaces, Matthieu s’est exaspéré : « On est en 2015 et il n’y a pas un seul produit capable de répondre à nos attentes ». Ni une ni deux, les jeunes actifs se transforment en auto-entrepreneurs. Entourés d’amis compétents et bienveillants, ils conçoivent près de 200 prototypes avant de parvenir au produit final. La machine est lancée.

Un masque pour tous

A pieds, à vélo, en scooter ou en moto, le masque est conçu pour tous. Il s’adapte aux différents types de casques et peut même être utilisé pour la course à pieds. L’équipe de R-Pur affirme que « le filtre offre une résistance à l’inspiration 50% moins forte que les autres produits similaires actuellement sur le marché ». La filtration est capable de stopper les microparticules « PM 2.5 » et même les « PM 0,001 », 2 500 fois plus petites que la réglementation donc. La norme EN149-FFP3, la plus exigeante en Europe pour les masques de protection respiratoire, n’impose que 0,4 micromètre de filtration. Bactéries, allergènes, particules toxiques et microbes n’ont plus leur place dans les poumons des Français. Sachant qu’une « gastro est de l’ordre 3 à 5 microns, nous on filtre 0,001 microns », dévoile Matthieu. Tout est dit.

 

Le masque est composé de quatre couches filtrantes. En plus de sa technologie déperlante, le masque est lavable en machine. Une deuxième couche de filtration mécanique et électrostatique emprisonne 0,0001 microns. La troisième couche, composée de charbon actif, empêche les odeurs de passer mais aussi les particules toxiques (composés organiques volatils, dioxyde de soufre SO2, ozone 03, hexane C6H12, …). La dernière couche est en fibre et apporte un maintien constant au masque.

Un filtre interchangeable et recyclable

L’efficacité du filtre est garantie pour 400 kilomètres d’utilisation environ, soit une durée moyenne d'un mois à un mois et demi. Après, il faut le changer. Comptez entre 12 euros et 14 euros selon les revendeurs. Une application permettant de connaître le moment opportun pour changer de filtre est mise à disposition par l'entreprise. Soit la géolocalisation permet de calculer le nombre de kilomètres parcourus. Soit, un questionnaire est à remplir manuellement. Une fois le kilométrage atteint, l’application prévient l’utilisateur. Pour cela, la distance franchie est couplée avec les données de pollution de l’air disponibles en open source. Chaque filtre usagé peut être déposé en point de vente pour être recyclé et vivre une deuxième vie.

Un avenir à venir

La commercialisation débutera dès le mois d’octobre. L’étendue de la gamme, qui comprend trois coloris de base, sera développée dès que possible. Quant au financement participatif actuellement en cours, il permettra à la start-up d’élargir son champ d’actions à l’international et d’ouvrir, un jour peut-être, sa propre boutique.

Les deux amis embrayeront ensuite sur la création d’une ligne pour enfants. En effet – selon un rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) publié en mars 2017 – 570 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année d’infections respiratoires liées à la pollution de l’air dans le monde. Un chiffre qui s’explique par le changement climatique observé : les températures et les niveaux de dioxyde de carbone augmente, favorisant la production de pollen, associée à une augmentation des taux d’asthme chez l’enfant. Compte tenu de cette situation, Matthieu dit être « en train de travailler sur des modèles pour les plus vulnérables, les enfants et les personnes âgées, notamment ».

En attendant, la récolte de dons est toujours ouverte, et ce, jusqu’au 6 juillet. Un don pour la start-up vous permet en réalité d’obtenir un masque en pré-commande et à prix réduit. D’ailleurs, « les cent premiers masques au prix de 59€ sont partis en vingt minutes seulement », assure Matthieu.

Plus d'infos :
https://www.r-pur.com/

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