Écologie

Glyphosate : Europe Écologie-Les Verts pousse le gouvernement à « préparer la sortie »

Créé le : 18/01/2019
Crédit : F.Delotte

Le tribunal administratif de Lyon a annulé, lundi 15 janvier, la mise sur le marché du Roundup Pro 360, un herbicide à base de glyphosate. Par un communiqué Europe Écologie-Les Verts saluent une « victoire en justice ».

 

« Cette décision établit la dangerosité potentielle des produits à base de glyphosate ». Voilà comment Europe Écologie-Les Verts commente, dans un communiqué, la décision du tribunal administratif de Lyon d'interdire la mise sur le marché du Roundup Pro 360. Le parti espère que cette décision « permet d'envisager la fin de l'usage des pesticides à base de glyphosate pour les professionnels ».

Les Verts appellent le gouvernement à « tirer les conséquences de cette décision » et à mettre en œuvre une sortie du glyphosate. Le communiqué conclut sur la nécessité d'accompagner les professionnels dans « la transition vers une agriculture moins dépendante des produits chimiques, plus rémunératrice, et plus extensive en emplois ».

 

Plus d'info : https://eelv.fr/glyphosate-victoire-en-justice-le-gouvernement-doit-en-tirer-les-conclusions-et-organiser-la-sortie/

[MARSEILLE] Action citoyenne contre l'huile de palme dans le diesel

Créé le : 18/01/2019

Une quinzaine de militants d'ANV-Cop21, des Amis de la Terre et Canopées forêts vivantes ont mené une action à la station-service Total située boulevard du Parc, à Marseille, le 12 janvier dernier,. Le but : informer les automobilistes sur la présence d'huiles de palme dans les carburants.

Les militants présents à Marseille ce jour-là ont diffusé une banderole et invité les automobilistes à signer une pétition qui réunit déjà 400 000 signataires en Europe. Cette pétition vise à interpeller la Commission européenne, qui doit prendre une décision dans les prochaines semaines sur l'avenir du biocarburant. En juin dernier, l’Union européenne a décidé de porter à 2030 l’interdiction de l’importation des agrocarburants de première génération, à base d’huile de palme, de colza et de soja.


Lire aussi : Quelles alterantives aux carburants fossiles ?


Les eurodéputés demandaient la fin des importations à 2021. « Mais il reste une condition : la Commission Européenne doit entériner cette volonté par un acte délégué, attendu pour le 1er février », précise les Amis de la Terre. Selon l'association, « les pays producteurs (Indonésie et Malaisie) et le groupe Total sont...

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Un vote pour préserver les hérissons à Rennes

Créé le : 18/01/2019
Crédit : Pixabay

Le projet « préserver la biodiversité ordinaire de nos quartiers » va être soumis au vote du budget participatif de la ville de Rennes, du 18 janvier au 10 février. L'action principale est centrée sur la préservation des hérissons en milieu urbain. 

Le budget participatif de la ville de Rennes au secours des hérissons ! Le projet consiste à financer des passages à micro-faunes et des gîtes pour ces petits mammifères. Le but est de mettre en avant l'importance de la préservation de la biodiversité ordinaire en milieu urbain.

L'expérience se déroulera dans le quartier de la La Courrouze et pourra être étendue au reste de la ville si elle est concluante. Elle se couplera avec un travail de sensibilisation du voisinage sur la présence du hérisson dans le secteur.

Une dimension sociale

Le projet porte aussi une dimension sociale en impliquant les associations localement engagées dans la préservation de la biodiversité. Par ailleurs les gîtes pourraient être construits par des ateliers d'insertion locaux.


 

Plus d'info : https://fabriquecitoyenne.rennes.fr/projects/budget-participatif-4-2/collect/depot-des-projets-3/proposals/preserver-la-biodiversite-ordinaire-de-nos-quartiers

[BRETAGNE] CHIFFRES CLÉS DE L'ENVIRONNEMENT : un exercice de "transparence"

Créé le : 17/01/2019

Thierry Burlot, vice-président à la Région Bretagne en charge de l'environnement.

A la fin de l'année dernière, l'Observatoire de l'environnement en Bretagne (OEB) a publié l'édition 2018 de ses chiffres clés, dans un document édité à 8000 exemplaires, qui sera distribué gratuitement dans les mairies, bibliothèques, collèges, lycées et établissements de l'enseignement supérieur. Thierry Burlot, vice-président du conseil régional à l'environnement, l'eau, la biodiversité et le climat, revient sur l'intérêt du document.

Pour Thierry Burlot, vice-président du conseil régional à l'environnement, l'Observatoire de l'envionnement en Bretagne est d'abord là pour offrir de la "transparence", afin "d'éviter la suspicion" vis-à-vis des institutions sur le sujet du réchauffement climatique et des impacts en Bretagne : "Il n'y a rien à cacher, car c'est trop grave", souligne-t-il. Et cet exercice se poursuit, chaque année, avec la publication des chiffres clés de l'environnement, compilés avec les dernières connaissances scientifiques sur le sujet, dans la région.

Ce document serait aussi "essentiel pour bien progresser, à l'heure de la Breizh cop" et mettre en place des politiques publiques. Thierry Burlot rappelle que "en Bretagne aussi ça se réchauffe, on a gagné 1,5°C en 30 ans. Cela ne sera pas sans conséquence sur l'aménagement et le développement économique de notre territoire". De cette édition 2018 des chiffres clés de l'environnement,Thierry Burlot estime qu'il faut retenir comme grand enseignement la question du réchauffement climatique, traitée sous l'angle des émissions carbonée, dans le but de "réduire notre empreinte".

Par ailleurs, les 30 et 31 janvier, le Carrefour de l'eau aura lieu au Parc des Expo de Rennes : près de 500 exposants seront présents pour évoquer la question de la gestion locale de l'eau, avec plus de 70 conférences, des témoignages, des débats...


Télécharger le document en cliquant ici.

Plus d'infos : www.bretagne-environnement.org

Un rapport fait état d'un net recul de la biodiversité en France

Créé le : 17/01/2019

Plus d'un quart des espèces présentes sur le territoire métropolitain et en outre-mer sont menacées de disparition, selon un récent rapport réalisé par le Commissariat général au développement durable, l'Agence française pour la biodiversité et l'Observatoire national de la biodiversité. La France possède, avec ses territoires ultramarins,  près de 10% de la biodiversité de la planète.
 
Il ne fait pas bon être un animal ou un végétal en France. C'est ce qu'indique l'édition 2018 des « chiffres-clés des la biodiversité » publiée par le Commissariat général au développement durable, l'Agence française pour la biodiversité et l'Observatoire national de la biodiversité. La mise à jour de cette étude actualisée tous les ans montrent que la situation s'aggrave. 
 
Au total près d'un quart (26%) des espèces dites « à risques » pourraient, purement et simplement disparaître. Les chauves-souris sont un exemple marquant : elles ont perdues 38% de leur population en dix ans. La situation est encore plus critique en outre-mer ou près de 40% des espèces sont en danger d'extinction.   
 

La responsabilité de l'Homme

Le rapport montre que le déclin des espèces animales et de la biodiversité tient « principalement aux pressions exercées par les activités humaines ». Notamment par l'artificialisation des sols. Les constructions humaines ont grignotées 65 000 hectares par an, entre 2006 et 2015. 
Cette action de l'Homme se couple avec la progression des espèces envahissantes qui menacent la faune et la flore autochtone. 60% animaux ou plantes invasives ont été repérées en outre-mer, tel que l'iguane vert en Martinique. 
 

Des lueurs d'espoir

Tout n'est pourtant pas si noir et le rapport montre une hausse de la participation des citoyens dans les sciences participatives. Plus de 50 000 d'entre eux ont participé, en 2017, à un programme de collecte de données, soit un chiffre multiplié par 2,5 en six ans. L'association France Nature Environnement souhaite que la publication de ce rapport permette « d’accélérer la mise en œuvre des solutions connues et prévues pour préserver le monde vivant ».  
 
 

Quelles alternatives aux carburants fossiles ?

Créé le : 10/01/2019

La station Kargreen, à Locminé, distribue du bioGNV, un carburant à empreinte carbone nulle. © Liger


par Nicolas Troadec

Agrocarburant, bioGNV, hydrogène... Des alternatives à l’essence et au gazole existent déjà. Mais la faiblesse des réseaux de production et de distribution les cantonne encore à des flottes captives, pour les entreprises et les collectivités. Pour plusieurs spécialistes de l’énergie, c’est d’abord notre conception de la mobilité qu’il faut revoir.

Avec quel carburant allons-nous alimenter nos voitures demain ? En France, le secteur des transports représente environ 30 % des émissions de CO2, avec une écrasante majorité imputable au transport routier (93 %, selon des chiffres du ministère de l’Environnement datés de 2015). Les alternatives aux combustibles fossiles existent, encore faut-il que leur production et leur consommation soient pertinentes, tant au regard de la protection de l’environnement que de la santé, ou de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Jérémie Almosni est chef de service Transport et mobilité à l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Pour lui, « il n’y a pas de meilleure solution » parmi les alternatives aux carburants fossiles : « Il faut une approche d’ensemble » et prendre en considération toute la chaîne logistique, de la production à la consommation.

Les agrocarburants, une « fausse bonne idée » ?

Depuis les années 2000, l’objectif en France est d’incorporer une part de biocarburants dans les...

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Energy Observer : nouveau défi pour le breton Jérôme Delafosse

Créé le : 09/01/2019
Le catamaran de la mission Energy Observer dans le port de saint-Malo - Crédit : Energy Observer

Grand reporter et passionné d'écologie, Jérôme Delafosse prend la tête de la mission Energy Observer qui se déroule sur le premier catamaran à hydrogène du monde. Partie de Saint-Malo le 26 juin 2017, l'expédition a terminé son tour de France. La durée de la mission est de six ans et prévoit des escales dans plus de 50 pays. 

« J'en avais marre de dénoncer, de me trouver face aux mêmes problématiques. » Voilà comment Jérôme Delafosse, photographe et écrivain, justifie son choix de rejoindre Energy Observer. Il dirige l'opération avec Victorien Erussard, qui a pensé l'architecture énergétique du navire. C'est toute l'originalité de l'expédition Energy Observer : prouver que les navires peuvent être écologiques et adaptés aux conditions extrêmes. 

Jérôme Delafosse et Victorien Erussard vont embarquer sur ce bateau à hydrogène, premier navire autonome en énergie et qui n'émet ni gaz à effet de serre ni particule fine lors de ses déplacements. Le catamaran est doté d'une propulsion électrique, alimentée par un mix énergétique : 130 m² de panneaux photovoltaïques et un système de production d'hydrogène décarboné provenant d'eau de mer.

Une passion intacte

Jérôme Delafosse est un habitué des actions en faveur de l'environnement et de la défense de la biodiversité. Après une jeunesse faite d'exploits maritimes, il est le plus jeune scaphandrier de France à l'âge de vingt ans en 1991, puis il devient animateur de l'émission de Canal + : Les Nouveaux explorateurs. Il réalise alors  des « films incarnés » traitant des « peuples de l'eau » qui entretiennent un lien particulier avec l'océan. Il a aussi travaillé sur des documentaires engagés, « mais pas militants », précise-t-il, notamment sur les espèces menacées de requins. À 47 ans, Jérôme Delafosse veut continuer le combat en faveur de la mer, « qui compose 99% de la biosphère terrestre et 70% de l'oxygène que l'on respire », rappelle-t-il. Pour sa prochaine étape, l'équipage mettra le cap sur l'Europe du Nord. *

Plus d'infos : www.energy-observer.org

 

De l’agroécologie pour sauver le plateau de Valensole

Créé le : 21/12/2018
Crédit photo : Perrine Puyberthier

Par Hélène Saveuse

Derrière la carte postale du plateau de Valensole se cache une autre réalité : les plants de lavandins se meurent à cause d’une maladie véhiculée par un parasite, les sols fatiguent et les masses d’eau souterraine se dégradent. Des acteurs locaux se sont rassemblés autour du projet Regain, afin de mener à des « pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ».

Sur la table en formica de sa cuisine, Jacky Piatti, agriculteur et lavandiculteur installé à Puimoisson (Alpes-de-Haute-Provence), et Perrine Puyberthier, animatrice du projet Regain pour le Parc naturel régional du Verdon, font le point sur la saison passée.

« Quel taux de dépérissement des lavandins (*) en 2017 ? Quelle technique pour contrecarrer la prolifération de la bactérie tueuse de lavandin, le phytoplasme du Stolbur ? », s’interrogent-ils. Les deux partenaires dessinent et planifient une expérimentation de couverts végétaux dans les champs de lavandins. Ils évaluent les progrès, les risques et surveillent les rendements. Dans quelques jours, ils présenteront aux agriculteurs inclus dans le dispositif Regain les résultats de leurs expérimentations sur les parcelles de Jacky. « Le projet Regain existe pour que la ruralité reste dynamique sur ce territoire. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre viabilité économique, valeurs environnementales et sociales », explique Perrine Puyberthier.

 

Jusqu’à 50 % des lavandins contaminés

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[ COMMUNIQUÉ ] - L'Assemblée nationale met fin à l'avantage fiscal dont bénéficiait l'huile de palme

Créé le : 21/12/2018

Dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 décembre, l’Assemblée nationale a voté au Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2019 – comme ce fut le cas en première lecture – un amendement mettant fin à un avantage fiscal dont bénéficiait jusqu’alors l’huile de palme.

Par l’adoption d’un amendement que je portais avec plus de soixante-dix collègues issus de la majorité et de l’opposition, et grâce à des voix venues de tous les bancs de l’hémicycle, l’huile de palme ne pourra dorénavant plus être considérée comme un biocarburant.
Par cette décision, la France confirme son engagement dans la transition écologique du pays et envoie un message fort à destination de ses partenaires européens.
L’huile de palme, de par son empreinte carbone considérable et ses effets désastreux sur la déforestation et la biodiversité, est encore plus polluante que l’essence ou le diesel. Supprimer l’avantage fiscal dont bénéficiait ces faux biocarburants permet d’être cohérent avec les objectifs affichés par le Gouvernement sur la fiscalité écologique.
Cette mesure permet également de donner une plus grande crédibilité à la filière des biocarburants en France, et de renforcer l’ensemble des producteurs français qui utilisent des alternatives à l’huile de palme.

> Consulter l'amendement

Fongicides : du petit lait pour remplacer le cuivre ?

Créé le : 20/12/2018
Crédit photo : Guilaume Bernard. Ferme du Vernou

Par Guillaume Bernard.

Ajouter du petit lait pour enlever du cuivre dans sa solution fongicide, c’est le pari écologique d’un pomiculteur bio ariégeois. Si son initiative demeure expérimentale, elle exprime néanmoins le besoin de renouveau de la filière, dans une période où l’Union européenne prévoit de réduire l’usage du cuivre.

Au milieu du verger de la ferme du Vernou, les pommes bio que ramassent patiemment Audrey Tremouroux et Amélie Astoury, pomicultrices, affichent une santé éclatante. Cette année, la récolte de la petite exploitation ariégeoise a échappé à l’une des maladies les plus redoutées par la profession : la tavelure. Alex Franc, propriétaire de l’exploitation, rayonne : « Je ne m’attendais pas à de tels résultats. »

Depuis le printemps 2016, cet ancien ingénieur agronome teste un nouveau mélange à base de petit lait pour affronter le champignon responsable de l’apparition de tâches et de crevasses sur le fruit. « Il y a deux ans, j’en avais mis sur une seule rangée et j’avais l’impression que l’expérience était fructueuse. Je l’ai donc généralisée en 2018 », explique l’agriculteur. La tavelure, capable de ruiner toute une récolte, n’aura pratiquement pas atteint ses sept hectares de pommiers. Un succès, pour un pomiculteur qui travaille en bio, tant par conviction que par nécessité.

« L’agriculture conventionnelle, ce n’était plus possible. Mon père ne pouvait plus toucher à un produit phytosanitaire. On pense qu’il a développé de grosses allergies à force d’y être exposé », témoigne l’Ariégeois. Lorsqu’Alex Franc récupère le verger familial en 2010, celui-ci est déjà cultivé en bio depuis dix ans, un choix qui n’a pourtant rien d’évident dans la filière. La pomme, fruit préféré des Français avec une consommation moyenne de 18 kg par an et par foyer, est aussi l’un des plus traités. Une étude de 2015, menée par Greenpeace, révèle qu’elles reçoivent en moyenne 35 traitements par an en agriculture conventionnelle.

Du bio dopé au cuivre

Cultiver en bio et refuser la douche de pesticides pour ses récoltes, c’est évidemment s’exposer davantage aux maladies du verger. Pour s’en prémunir, il reste néanmoins une solution aux agriculteurs bio : la bouillie bordelaise, un mélange bleuté à base de cuivre.

Or, ce métal lourd a des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes. Elle a aussi un impact sur les communautés microbiennes et la faune des sols, nuisant ainsi à leur durabilité.

Un rapport de l’EFSA (Autorité européenne pour la santé alimentaire), publié en janvier 2018, soutient qu’il est également nocif pour la santé des agriculteurs, lorsqu’il est employé à haute dose. Car même s’il n’est pas classé comme cancérogène, une surexposition peut entraîner une accumulation dans les organes, des irritations oculaires… « Face à ces problèmes, je me suis mis à chercher une alternative. C’est là que des collègues qui travaillent en biodynamie m’ont parlé du petit lait », raconte Alex Franc.

Si les propriétés fongicides du lactosérum sont connues depuis longtemps, il aura fallu attendre 2009 pour qu’il soit autorisé en agriculture biologique. Et pratiquement dix ans de plus pour que l’Ariégeois tente l’expérience. « J’étais prêt à le faire, mais je n’avais pas le principal : le petit lait lui-même », raconte l’agriculteur. Avec un besoin d’environ 15 litres pour 500 litres de mélange, il lui manquait quelqu’un capable de le fournir en grande quantité.

Heureux hasard de la géographie : le précieux lactosérum encombrait justement la station d’épuration d’une laiterie bio située à une quinzaine de kilomètres de la ferme du Vernou. Alex Franc avait trouvé son fournisseur ! Grâce à lui, il a réduit par cinq son utilisation de cuivre et réussi à éloigner la tavelure, malgré un printemps très humide, propice au développement de la maladie.

Alex Franc et l'atomiseur avec lequel il répand sa solution fongicide. Crédit photo : Guillaume Bernard

Le petit lait, solution miracle ?

Cette association locale entre laitier et pomiculteur a permis à Alex Franc de devenir un précurseur dans la lutte contre la maladie dans la région. Son expérience intrigue d’ailleurs les chambres d’agriculture des départements voisins, notamment celle du Tarn-et-Garonne, plus gros verger du Sud-Ouest.

« Le lactosérum est surtout utilisé comme fongicide en viticulture, mais pas en pomiculture. On peut supposer que ce sont les mêmes molécules qui agissent contre l’oïdium (une maladie fongique, NLDR) pour préserver les raisins et contre la tavelure pour les pommes », décrypte Jean-François Larrieu, conseiller en arboriculture fruitière à la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne. L’expérience concluante d’Alex Franc n’atteste toutefois pas à elle seule des propriétés du petit lait. Car ce dernier utilise toujours un peu de cuivre. « Pour connaître son efficacité réelle contre la tavelure, il faudrait répéter l’expérience avec une solution qui en serait totalement dépourvue », précise Jean-François Larrieu.

En attendant, l’expert doute que sous un climat propice au développement du champignon, les pomiculteurs puissent se passer totalement du métal. Alex Franc le regrette : « Après le succès de cette année, j’aurais envie de ne plus en utiliser du tout... Mais c’est risquer ma récolte et je ne peux pas me le permettre. » Jean François Larrieu rappelle que, si l’efficacité du lactosérum en tant que fongicide n’est pas encore avérée, celui-ci présente au moins l’avantage de ne pas être toxique.

« L’interdiction du cuivre finira par arriver, c’est sûr »

Alex Franc, pomiculteur

Passer au zéro cuivre demeure néanmoins difficile. Dans une étude publiée en janvier 2018, l’Inra (Institut national de recherche en agronomie) recense les différentes manières de réduire son utilisation, mais concède que sa suppression totale du jour au lendemain serait très compliquée pour la filière bio. Parmi les nombreuses alternatives envisagées par le rapport, il n’est jamais fait mention du petit lait. « Nous nous sommes basés sur la littérature scientifique existante et nulle part on ne parle du lactosérum », explique Didier Andrivon, pilote scientifique de l’étude.

Le cuivre dans le viseur de l’UE

Les chercheurs pourraient pourtant être bien inspirés de tourner la tête vers la petite exploitation ariégeoise, puisque la nécessité de trouver une alternative au métal lourd se fait pressante au sein de l’Union européenne : son autorisation en agriculture prend fin le 31 janvier 2019. Son renouvellement, qui doit être voté par les États membres au cours de l’automne 2018 est, comme l’a été le glyphosate avant lui, largement sujet à débat.

« Certains pays du Nord de l’Europe sont pour une interdiction totale du cuivre en agriculture, mais après le vote de cet automne, on devrait passer d’une autorisation de 6 kg par hectare, lissé sur cinq ans, à 4 kg », pronostique Jean-François Larrieu. C’est d’ailleurs cette position qui sera défendue par le ministère de l’Agriculture français, à la Commission européenne. À l’inverse, le Danemark et les Pays-Bas ont déjà interdit l’utilisation du métal à l’intérieur de leurs frontières.

Pour notre pomiculteur ariégeois, « l’interdiction finira par arriver, c’est sûr ». En attendant, il se prépare en cultivant des variétés de pommes plus résistantes à la tavelure et ajoute du soufre à sa solution fongicide pour en améliorer l’efficacité. Le lactosérum s’avère selon lui un levier, parmi d’autres, dans la lutte contre l’utilisation du métal. Mais il reste dans l’angle mort de la recherche actuelle. Peut-être plus pour longtemps : Jean-François Larrieu évoque la possibilité de reproduire ce test au sein de sa chambre d’agriculture en 2019. Chiche ?

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