Écologie

[REPORTAGE] Semer une graine pour lutter contre l’érosion des sols

Créé le : 22/03/2019

Par Marie Lyan

Dans les Hautes-Alpes, le Conservatoire botanique national alpin (CBNA) s’est saisi de la la lutte contre l’érosion des sols en montant un programme, baptisé Sem’les Alpes. L’objectif ? Végétaliser des espaces naturels fortement dégradés, en accompagnant le marché de semences locales.

Alors que la neige occupe une grande partie des massifs alpins, sonne l’heure du premier bilan pour les acteurs du projet Sem’les Alpes. Partout où ils sont passés, la végétation a repris le dessus. Il n’y a plus aucune trace de foin ou de restes de fond de grange sur les sentiers, vestiges d’un processus de revégétalisation. Ni dans les Hautes-Alpes, sur la piste de ski de la station Saint-Léger-les-Mélèzes, qui a retrouvé sa végétation de prairie, ni sur les terrains caillouteux du désert de Valjouffrey, en Isère. Expérimenté depuis 2016, ce projet européen, dirigé par le Conservatoire botanique national alpin (CBNA), l’Irstea et la Société d’économie alpestre de la Haute-Savoie (SEA 74), vise à réensemencer une dizaine de sites pilotes dégradés, en raison de la fréquentation humaine ou de travaux. Un premier test « grandeur nature », à l’échelle française, a été mené au sein de domaines skiables, de sentiers et prairies naturelles. « Chaque fois que l’on touche à une prairie de montagne, il s’agit d’un véritable trésor, qui est là depuis près de 10 000 ans », met en garde Antoine Rouillon, directeur de la SEA 74....

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Bretagne : une recherche-action pour adapter les fermes aux changements climatiques

Créé le : 19/03/2019
Crédit : Isa2886

Le climat évolue et impacte les pratiques des agriculteurs. La Bretagne n’échappe pas à ce processus. Face à ce constat, le réseau des Agriculteurs Biologiques de Bretagne, en partenariat avec le Groupe Yves Rocher, a débuté en 2018 un programme de recherche-action : "Adaptation des fermes aux aléas climatiques". Comment devenir plus résilient ?

Le niveau de la mer à Brest est monté de 30 cm depuis 1711 et le phénomène s’accélère. Les trois années les plus froides répertoriées à Rennes depuis 1959 ont eu lieu avant l’année 1990 alors que les années les plus chaudes ont eu lieu après 2010. La pluviométrie annuelle, bien que les années pluvieuses soient plus nombreuses depuis 1994, est également plus variable et le nombre de journées chaudes (températures maximales à plus de 25°C) augmente de 4 à 5 jours par décennie dans les terres bretonnes.

Les simulations réalisées en sud Ille-et-Vilaine sur la pousse de l’herbe dans les années futures (horizon 2050 – 2100) indiquent un décalage des périodes de croissance, accentué par un ralentissement d’été particulièrement marqué suivi par une repousse automnale très incertaine. Des cultures comme la luzerne ou le maïs, favorisées par l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique, présenteront également des rendements très hétérogènes en raison d’une pluviométrie variable et d’une accentuation du phénomène d’assèchement des sols. Le changement climatique est en marche et il se poursuivra dans les années à venir. Les prévisions du GIEC à l’échelle de la Bretagne présentent une évolution de la température moyenne annuelle allant de +1,5 à +4°C selon les estimations à l’horizon 2100. Le nombre de journées chaudes pourrait progresser sur la même période de +12 jours à +38 jours en fonction des politiques climatiques qui seront, ou non, mises en place.

Face à ce constat, les Producteurs des communautés de communes du Pays de Redon et de l’Oust à Brocéliande réagissent. Le programme CAP Climat a permis sur l’année 2018 de recenser les pratiques mises en place par les producteurs de ce territoire qui permettent de limiter les effets des aléas et du changement climatique sur leurs systèmes de production.


Initié en 2018 sur la base de financements issus de la marque Yves Rocher ainsi que de l’ADEME, le programme de recherche-action CAP Climat présente plusieurs objectifs en lien avec les attentes des producteurs :


- Identifier et caractériser des pratiques jugées favorables à la résilience des fermes face aux aléas climatiques en production animale ruminants
- Sélectionner des pratiques à tester/expérimenter in situ
- Instaurer une dynamique locale de changement des pratiques de l’ensemble des fermes du territoire

 

Climat et variabilité

Le climat aura une influence certaine sur les systèmes agricoles, notamment sur la variabilité des rendements, en lien avec une pluviométrie aléatoire et des périodes de stress hydriques plus ou moins intenses. Un facteur qui sera potentiellement très contraignant : variabilité de la pluviométrie, variabilité des températures, variabilité des rendements, variabilité inter-annuelle mais également variabilité intra-annuelle (décalage des saisons, modification de leurs durées, etc…). Variabilité impliquant une grande capacité d’adaptation et de réactivité des fermes d’une année à l’autre.

La majorité des producteurs enquêtés lors de cette première année CAP climat observent les conséquences du changement climatique directement sur leur ferme en faisant référence à un passé proche ou lointain, comme Sébastien :


"Quand on discute avec nos aînés, on se rend compte qu’aujourd’hui on a des phases de plus en plus longues : quand il pleut, il pleut longtemps, comme en mars dernier, et quand on entre dans des phases de sécheresse, cela dure longtemps également".


Des producteurs qui adaptent d'ores et déjà leurs pratiques face au changement et aux aléas climatiques.
 

Quelles suites pour CAP Climat ?

Les entretiens ont conduit à l’identification d’une importante multiplicité d’actions d’adaptations mises en place par les producteurs : croisements de races, modification des pratiques pâturantes, stratégie d’équilibrage stocks-pâture, introduction d’espèces/variétés résistantes aux aléas, mise en place de prairies à flore variée, implantation de cultures à double-fin etc…

Les temps collectifs construits avec les producteurs ont permis de prioriser les pratiques sur lesquelles il est important de communiquer. Le groupe de travail a également défini des indicateurs permettant que caractériser ces pratiques d’adaptation. L’année 2018 a favorisé le lancement de ce programme en créant une dynamique locale et en impliquant les producteurs du territoire. Ceux-ci ont mis en avant le besoin d’expérimenter la mise en place d’adaptations sur leurs fermes et de continuer à échanger en groupe sur le sujet. Les objectifs de CAP Climat vont donc évoluer de manière à intégrer l’expérimentation en plus du recensement des pratiques, et à maintenir, voire étendre cette dynamique collective sur ce sujet du changement climatique.

 

Plus d'infos : www.agrobio-bretagne.org

 

[ MAZAN ] Succès pour la conférence des Bourguignon !

Créé le : 15/03/2019

La salle de la Boiserie de Mazan (84) était comble mardi 12 mars, au soir. Le public ne s'était pas déplacé pour voir le dernier chanteur à succès, mais pour entendre parler de vers de terre et de racines. En effet, la commune du Vaucluse recevait les « médecins des sols », Claude et Lydia Bourguignon, à l'invitation du magazine Sans Transition ! Provence. 

Un engouement prouvant que cette thématique mobilise et intéresse vivement les citoyen-ne-s. Les Bourguignon, couple de microbiologistes, ont fondé le LAMS (Laboratoire Analyses Microbiologiques Sols), basé à Marey-sur-Tille (Côte d'Or). Ils se sont fait connaître pour leurs diagnostiques qu'ils posent sur l'état des sols et les solutions qu'ils proposent pour les « soigner ». Une activité par l’intermédiaire de laquelle ils ont parcouru le monde, récoltant une impressionnante banque d'échantillons de sols.

Rappeler les « lois du sol »

Durant la soirée de mardi dernier, tous deux ont rappelé les méfaits de l'agriculture productiviste qui, à force d'utilisation de pesticides de synthèse et d'engrais chimiques, ont « violé les lois du sol ».

Dans un passionnant exposé à deux voix, ils ont notamment insisté sur l'importance de favoriser la vie des sols, qui permet de les fertiliser naturellement, mais aussi de les drainer. Champignons, insectes, acariens et autre vers apparaissent alors comme des alliés précieux des paysans plutôt que comme des parasites qu'il faut éliminer.

Des éléments que vous retrouverez en condensé dans l'interview vidéo suivante.

 

La deuxième partie de la soirée a donnée la parole à des acteurs locaux de l'agriculture ou du jardinage durable, mais aussi au scientifique Bernard Seguin. Chacun a pu interroger les Bourguignon sur des thèmes qui leur tiennent à cœur : liens entre sols et réchauffement climatique, alternatives aux pesticides de synthèse...

Retrouvez ci-dessous les interviews sonores de ces différents intervenants ainsi que des entretiens avec Dominique Robin (Atmo Sud) Stéphane Hardouin (France Nature Environnement Paca , Atmo Sud) et Élisabeth Hansberger (Eovi-Mcd Mutuelle).

Blaise Leclerc : quid de l'interdiction des pesticides pour le jardinage ?

 

 

Bernard Seguin : quel stockage du carbone dans les sols ?

 

 

Julien Bourreli : comment réformer la Politique agricole commune (PAC) ?

 

 

Quelles adaptations de la viticulture méditerranéenne aux changements climatiques ?

 

 

La parole à quelques partenaires de la soirée 

Elisabeth Hansberger : santé des sols et santé humaine 

 

 

Dominique Robin (Atmo Sud) et Richard Hardouin (FNE Paca & Atmo Sud) : rendre de la matière organique au sol en évitant les brûlages

 

SEVERN CULLIS-SUZUKI - "Au nom des générations futures"

Créé le : 14/03/2019
David Suzuki Foundation

A l'occasion de la mobilisation sans précédent menée depuis plusieurs semaines par les étudiants du monde entier contre l'inaction climatique des décideurs politiques et à l'aube des grandes manifestations climat des 15 et 16 mars prochains dans toute la France, nous avons choisi de republier une interview de Severn Cullis-Suzuki, parue en mai 2016 dans le dernier hors-série de Bretagne Durable. Cette canadienne prit la parole à l'âge de 12 ans, comme Greta Thunberg, mais lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, afin d'alerter les politiques sur l'état de la planète. Un combat qui n'a pas pris une ride, trente ans plus tard... Inaction vous avez dit ?

« Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés partout dans le monde et dont les cris ne sont plus entendus. J’ai peur de m’exposer au soleil à cause du trou dans la couche d’ozone. J’ai peur de respirer l’air car je ne sais pas quelles substances chimiques il contient... »

Ces paroles ont été prononcées lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par Severn Cullis-Suzuki, alors âgée de 12 ans et dotée d’un aplomb hors du commun. A 37 ans, cette canadienne poursuit son combat, en donnant des conférences et en sensibilisant le plus grand nombre grâce à sa visibilité dans les médias.

Severn, on a particulièrement entendu parler de vous en france à travers le film éponyme de Jean-paul Jaud, « severn, la voix de nos enfants » sorti en 2010. vous êtes connue pour votre engagement. Quelle est votre action principale aujourd’hui ?

Mon rôle le plus important est celui de mère. J’ai 2 petits garçons ; et non seulement cela m’a appris des choses sur moi-même, mais cela m’a également fait penser aux changements que nous affrontons chaque jour. Aux changements que nous demandons aux gens de faire et à quel point il est difficile de les mettre en oeuvre. Je dirais même que c’est presque impossible. Soyons franc. Qui prend les décisions sur la tenue d’une maison, sur les concessions quotidiennes que les humains font ? Ce sont les femmes, les mères. Or ces mêmes femmes, déjà tellement occupées et qui ont tellement de responsabilités à qui on demande de faire des efforts colossaux pour préserver la planète. C’est injuste. Je réfléchis à cette question fondamentale en lien avec le fait que les individus ont besoin d’aide, d’infrastructures, de changement systémique pour répondre favorablement aux enjeux environnementaux.

En tant que femme, mère, épouse tout en étant engagée pour défendre l’écologie, peut-on dire que vous êtes une « chercheuse d’équilibre » ?

Il est certain que je suis constamment en train de chercher un équilibre. Et pour le garder , je passe beaucoup de temps dans la nature. Mais dans le même temps, je ne pense pas que l’équilibre soit véritablement quelque chose qu’il est possible d’atteindre. Je fais partie de la génération des femmes du XXIe siècle. Ma génération suit celle des années 60 qui s’est battue pour l’égalité et les droits des femmes. Aujourd’hui, on attend de nous de tout faire, tout réussir. Or il y a moins de femmes dans la politique qu’il y a quelques temps. Pourtant le rôle des femmes dans ce champ maintient la société dans un certain équilibre. Je m’interroge.

Qu’est-ce qui a changé depuis vingt ans, depuis votre première prise de parole publique ?

Nous avons toujours une seule planète pour 7 milliards d’habitants. Et nous n’avons plus les capacités de continuer de la même manière. Nous sommes dans une nouvelle ère, dans laquelle nous devons nous inscrire dans une montée en puissance en matière de développement durable. Notre ingéniosité ne peut plus être une simple option. Encore faut-il que les décideurs aient la connaissance et la capacité d’avancer et d’intégrer une vision des ressources à long terme. Car nous continuons de traiter le climat par exemple avec une approche politique et une pensée linéaire, ce n’est pas suffisant. Aujourd’hui, nous sommes dans une crise de culture et nous devons être capables d’identifier les liens entre les crises énergétiques, économiques et environnementales. Nous vivons un moment historique.

 

Redécouvrez son discours de 1992 à Rio de Janeiro :

AGROLOGIE - Dégradation des sols : un phénomène « réversible »

Créé le : 12/03/2019
Claude et Lydia Bourguignon au Chili en 2017 - Crédit photo : LAMS

par Julien Dezécot

Lydia et Claude Bourguignon, spécialistes mondiaux des sols, seront à la boiserie de Mazan (Vaucluse), le 12 mars prochain, pour une conférence, à 19h, organisée par Sans transition !. A cette occasion, nous republions un entretien, paru dans le numéro 4 de Sans transition ! Bretagne, avec les fondateurs du laboratoire d’analyses microbiologiques des sols (LAMS).

Dans quel état sont les terres agricoles de l’Hexagone ?

Les sols agricoles sont relativement endommagés. Les techniques culturales actuelles ne sont pas adaptées aux sols, dans la mesure où elles ont fait disparaître en 50 ans la moitié de la teneur en matière organique des sols. Conséquence : le sol a perdu sa fertilité. Et les agriculteurs sont condamnés à utiliser des fertilisants pour atteindre d’importants rendements. Paradoxalement, alors que le potentiel génétique des céréales devrait permettre des rendements en blé avoisinant les 150 quintaux par hectare, nous ne dépassons que rarement les 80 quintaux aujourd’hui. Des chercheurs néo-zélandais ont montré que la cause résultait bel et bien de la baisse de fertilité du sol.

Comment évoluent les rendements en céréales ?

Ils s’effondrent dans tous les pays. En raison notamment de la déforestation, d’une trop forte irrigation, voire d’une salinisation des sols… Et la conséquence directe de la dégradation des terres arables, ce sont ces baisses de rendements avec, comme corollaire, le risque de malnutrition, de carences, voire de famines dans certaines contrées. En France, on grignote également de plus en plus les terres agricoles de qualité, on bétonne également ! Quant aux terres cultivées, la qualité et les rendements se dégradent eux-aussi.

Comment en est-on arrivé là ?

C’est d’abord l’arrivée massive, après la guerre, des engrais, pour augmenter les rendements. Cette utilisation importante des intrants a signé le début de la dégradation des sols. La spécialisation des cultures, les monocultures, en sont les causes majeures, ainsi que les engrais qui ont favorisé la perte de la matière organique et la minéralisation des sols. Ces engrais ont puisé dans le sol comme dans un garde-manger. Et comme les paysans n’ont pas toujours remis cette matière organique (car les bêtes ont souvent été déplacées hors des champs…), cela implique une chute drastique des rendements. De plus, on a utilisé des engins de plus en plus lourds. Ces derniers, en tassant les sols, ont diminué leur porosité, c’est-à-dire l’entrée de l’air dans les sols, autre facteur de dégradation. Puis on a utilisé les herbicides, l’irrigation à grande échelle, tout cela concourt à la dégradation des sols !

Infos événement.

[ PROVENCE ] - Semer une graine pour lutter contre l’érosion des sols

Créé le : 08/03/2019
Un suivi post-revégétalisation a été réalisé au col Agnel dans le cadre de Sem’Les Alpes, afin de mesurer le taux de recouvrement de la végétation. © S. Huc

Par Marie Lyan           

Dans les Hautes-Alpes, le Conservatoire botanique national alpin (CBNA) s’est saisi de la la lutte contre l’érosion des sols en montant un programme, baptisé Sem’les Alpes. L’objectif ? Végétaliser des espaces naturels fortement dégradés, en accompagnant le marché de semences locales.

Alors que la neige occupe une grande partie des massifs alpins, sonne l’heure du premier bilan pour les acteurs du projet Sem’les Alpes. Partout où ils sont passés, la végétation a repris le dessus. Il n’y a plus aucune trace de foin ou de restes de fond de grange sur les sentiers, vestiges d’un processus de revégétalisation. Ni dans les Hautes-Alpes, sur la piste de ski de la station Saint-Léger-les-Mélèzes, qui a retrouvé sa végétation de prairie, ni sur les terrains caillouteux du désert de Valjouffrey, en Isère. Expérimenté depuis 2016, ce projet européen, dirigé par le Conservatoire botanique national alpin (CBNA), l’Irstea et la Société d’économie alpestre de la Haute-Savoie (SEA 74), vise à réensemencer une dizaine de sites pilotes dégradés, en raison de la fréquentation humaine ou de travaux. Un premier test « grandeur nature », à l’échelle française, a été mené au sein de domaines skiables, de sentiers et prairies naturelles. « Chaque fois que l’on touche à une prairie de montagne, il s’agit d’un véritable trésor, qui est là depuis près de 10 000 ans », met en garde Antoine Rouillon, directeur de la...
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[ ÉVÉNEMENT ] GREENPEACE FRANCE - Marche du siècle - 16 mars

Créé le : 08/03/2019

Greenpeace soutient la grève des jeunes entamée le vendredi 15 février dernier et encourage les autres, dans toutes les villes de France, à les rejoindre le plus vite possible, avec un point culminant les 15 et 16 mars. Le ton est donné ! En Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse, mais aussi au Japon, en Australie, aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays encore, le mouvement prend la forme de grèves scolaires pour le climat.

Tout a commencé aux Pays-Bas avec Greta Thunberg, cette suédoise de 16 ans figure désormais emblématique du mouvement climatique. Remarquée lors de la COP24 au cours de laquelle elle a pris la parole, elle faisait grève chaque vendredi depuis plusieurs mois pour demander aux responsables politiques des actions concrètes pour le climat. Elle appelle les jeunes à se mettre « en colère » contre les pays qui n’en font pas assez pour éviter le dérèglement climatique.

Son initiative a été entendue et répliquée aux quatre coins du monde autour d’un même mot d’ordre : “Fridays For Future” (les vendredis pour le climat).

Les mouvements de jeunesse pour le climat commencent à s’organiser. Ils se sont structurés autour de Youth for Climate France (YFC). Près d’une centaine de villes ont déjà répondu à l’appel et des groupes YFC se développent un peu partout en France. Ces groupes ont vocation à construire ce lien entre la jeunesse française et les revendications climatiques. Ils ont lancé un appel intitulé “Pourquoi devrions-nous travailler sur notre avenir s’il n’y a pas d’avenir ?”.

De nombreuses organisations de jeunesse et syndicats étudiants et lycéens ont eux aussi souhaité apporter leur soutien à ce mouvement sans précédent.

La percée a d’abord été particulièrement visible dans le milieu étudiant parisien. Une première grève a eu lieu vendredi 15 février devant le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. La semaine suivante, vendredi 22 février, le milieu lycéen est entré en scène. Une deuxième grève a ainsi réuni plusieurs milliers de lycéen.ne.s et étudiant.e.s qui ont marché entre la place de l’Opéra et la place de la République.

Le principe est simple : tant qu’ils ne seront pas entendus, les étudiantes et étudiants poursuivront la grève chaque vendredi avec des “devoirs” à faire par le gouvernement pour la semaine suivante. Leur slogan : “Zéro degré ou zéro pointé !”

Face à l’inaction des adultes aujourd’hui aux responsabilités économiques et politiques, les jeunes ont plus que jamais raison d’élever la voix. La France pèche sur tous les aspects de l’action climatique : développement des énergies renouvelables, efficacité énergétique et réduction des émissions des gaz à effets de serre.

Si ce gouvernement était crédible, il investirait massivement dans les transports en commun et les mobilités alternatives pour réduire drastiquement l’usage de la voiture individuelle, il lancerait une grande politique de rénovation énergétique du logement, il en finirait avec le modèle agricole industriel porté à bout de bras par des subventions publiques. Il taxerait fortement les industries polluantes et sortirait des traités de libre-échange qui ne respectent pas l’environnement. Il arrêterait de favoriser les multinationales responsables du changement climatique en défendant leurs projets climaticides, comme les forages de Total en Guyane, ou sa bioraffinerie à l’huile de palme à la Mède. Il faut un changement de modèle : plus d’égalité sociale et de démocratie pour faire face aux industriels et à leurs lobbies.

Un appel à la grève mondiale des jeunes pour le climat a été lancé pour le vendredi 15 mars. Greenpeace France encourage tous les lycéen-ne-s et tous les étudiant-e-s à participer à cette grève inédite qui marquera probablement l’histoire des revendications politiques pour le climat.

Retrouvez la carte des initiatives déjà prévues sur ce lien !

Greenpeace appelle également à participer massivement le lendemain, samedi 16 mars, à une grande journée de mobilisation aux quatre coins de la France dans la lignée des marches pour le climat et autres événements organisés depuis l’automne. Une journée qui donnera un écho tout particulier à ce mouvement de grève.

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Aix : trois heures de séminaires pour esquisser le futur de l'habitat

Créé le : 08/03/2019

Imaginer l'habitat de demain. Tel était le thème du second séminaire prospectif et participatif organisé, le 7 mars dernier, par l'Agence d'urbanisme du Pays d'Aix-Durance (Aupa) et la Ville d'Aix-en-Provence. Un séminaire qui, comme l'an dernier, était animé par le magazine Sans Transition ! Provence.

L'événement a rassemblé plus de 300 personnes venues écouter les experts invités et échanger avec eux durant plus de trois heures. 
 
Ce moment de réflexion et d'échange était structuré autour de deux grands axes : l'habitat intergénérationnel et l'habitat durable. 
 
Durant la première partie, le sociologue Guy Tapie, spécialiste de l'habitat intergénérationnel, professeur à l’École nationale d'architecture et du paysage de Bordeaux, a exposé les grands enjeux de l'habitat intergénérationnel contemporain. Il a présenté ce dernier comme une solution permettant de « réinsérer les seniors dans une société bienveillante ». 
 
L'architecte Rüdiger Krisch a ensuite présenté le projet d'habitat intergénérationnel de Tübingen, ville allemande jumelée avec Aix. Puis, une table-ronde a réuni Guy Tapie, Franck Le Huede, chef de projet senior au Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), et Agnès Filizetti, responsable de l'agence Paca de Recipro-Cité, structure qui met en place des actions autour de la mixité générationnelle dans les différents modes d'habitat.
 

Économie d'énergie 

 
Le séminaire s'est ensuite orienté vers l'habitat durable et les questions d'économie d'énergie. Une table-ronde a notamment réuni Thierry Salomon, fondateur du collectif négaWatt, qui propose un scénario de réduction de 50% des dépenses énergétiques dans le bâtiment, en France, d'ici 2050, Florence Rosa, présidente de l'association EnvirobatBDM, qui réunit les professionnels de la construction durable en Paca, et l'architecte et urbaniste Michel Chiappero. 
 
En conclusion, Thierry Salomon a tracé quelques priorités pour l'avenir : se concentrer sur l'habitat passif (qui consomme très peu de chauffage) et positif (qui produit plus d'énergie qu'il n'en consomme), sur la modularité des logements et développer des habitats connectés « intelligents ».
 
Le séminaire a par ailleurs fait l'objet de riches discussions avec le public. Des initiatives et des projets portés localement par des associations, citoyens et entreprises ont également été présentés. A Aix, le futur de l'habitat s'invente maintenant. 

[ ENERGIES RENOUVELABLES ] Une hydrolienne innovante en test dans le Morbihan

Créé le : 07/03/2019
Mise à l'eau de l'hydrolienne Guinard Energies en ria d'EtelIfremer - Michel Répécaud

La PME Guinard Energies vient de mettre à l’eau un démonstrateur d’hydrolienne en Ria d’Etel (Morbihan) dans le cadre du projet MegaWattBlue. L’Ifremer participe pour caractériser les écoulements, le bruit rayonné et les bio-salissures.

La contribution de l’Ifremer permettra de décrire l’environnement physique par la caractérisation des écoulements amont et aval à proximité de la turbine durant des cycles de marée caractéristiques. Un ensemble de capteurs de courants est ainsi déployé en absence et en présence de l’hydrolienne. De même, le bruit ambiant à proximité de l’hydrolienne est mesuré en absence et en présence de la turbine afin de connaitre son impact acoustique. Concernant les bio-salissures, différentes peintures de protection sont testées et leurs efficacités sont analysées.

Enfin, une reconnaissance préalable par des plongeurs de l’Ifremer a permis de mieux connaître la nature des fonds sur le chemin du câble de raccordement.

Plus d'infos.

[ COMMUNIQUÉ ] - Collectif Alternatives Territoriales Aix Marseille Provence - À un mois du vote annoncé du plan climat métropolitain, la société civile se mobilise !

Créé le : 04/03/2019

Des millitant.e.s ont organisé le 28 février une opération symbolique pour interpeller les élus sur leur action pour le climat. Face à une « haie d’honneur » de vélos des livrets de 300 propositions pour des actions ambitieuses, exemplaires, durables et solidaires leur ont été remis. Ils rappellent aux élus les attentes fortes de la société civile sur la question environnementale.

Les militants d'Alternatives Territoriales, auxquels se sont joints des représentants du Collectif Vélo en Ville (CVV), de Vélo Sapiens, de Greenpeace, de France Nature Environnement et d'ATTAC, ont accueilli avec une « haie d’honneur » de vélos les conseillers métropolitains qui se rendaient à la séance du Conseil de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence au Palais du Pharo à Marseille. C’est dans un concert de sonnettes qu’a été remis aux élus un livret de 300 propositions ambitieuses, exemplaires, durables et solidaires : "Pour une métropole à la hauteur des enjeux climatiques" préparé par le collectif Alternatives Territoriales qui travaille avec plus d’une vingtaine d’associations et de collectifs présents sur la métropole.

À un mois de la date initialement prévue pour le vote par les élus du plan climat air et énergie métropolitain (PCAEM) les militants espèrent à travers cette action inciter les élus à s’engager dans un plan ambitieux. Avec la présence des vélos ils rappellent l’importance d’agir sur les formes de mobilité, levier clé de réduction des gaz à effet de serre au sein de la métropole. Ils plaident également pour une répartition juste de cet accès à la mobilité.

"Nous sommes bien conscients qu'il faut une action coup de poing pour que nos élus prennent la mesure de leur responsabilité sur la question climatique" explique Charlène Fleury, membre du collectif. "Quand on sait que 50 à 70% des solutions pour le climat se trouvent à l'échelle locale, on comprend tout l'enjeu de ce plan climat métropolitain" renchérit Estelle Moulard, coordinatrice du groupe. "Par la présence de nombreux militants à vélo et la remise en mains propres du livret, nous voulons leur signifier que l'ensemble des citoyens d'Aix-Marseille Provence les regarde. Il est de la responsabilité des élus de prendre des mesures fortes face au dérèglement climatique."

Attendu par un dispositif de sécurité plus conséquent que d’habitude, les membres d’Alternatives Territoriales ont dû faire face au mépris d’un certain nombre d’élus. Cette démarche a cependant permis d’ouvrir le dialogue avec certains d’entre eux, ce qui a encouragé le travail effectué par le collectif. "Il faut que l’on soit nombreux à soutenir les propositions, car ça commence à devenir dangereux", a confié Madame Josette Furace, conseillère de la Métropole. De son côté, Pascale Morbelli, adjointe au Maire de Vitrolles, a encouragé le collectif : "Merci pour votre travail, il est important pour que l’on avance". Mais, pour clôturer l’ensemble, les militants, qui agissaient en vue du vote du 28 mars viennent d’apprendre que ce vote, déjà bien en retard par rapport à l’agenda national, a encore été décalé en juin. "Comment croire que des objectifs ambitieux vont être portés quand on observe encore une prise de retard dans le vote du PCAEM ? Nous espérons cependant que ce délai servira à la prise en compte de nos propositions." remarque Capucine Claudet, membre d’Alternatives Territoriales.

Cette action aura permis enfin de rappeler que la société civile demande à être intégrée dans la prise de décision. Le collectif espère de ce fait qu’un comité de suivi citoyen du plan climat soit mis en place pendant les 6 ans de son déroulement.

 

Lien pour télécharger le livret > http://alternatiba.eu/marseille/livret-de-propositions-alternatives-territoriales-amp/

Page Facebook Alternatives Territoriales AMP > https://www.facebook.com/AlternativesTerritorialesAMP/

 

Contact presse :

alterterri@alternatibaioli.org

Nicolas Nace : 06.19.85.58.42 // Capucine Claudet : 06.33.79.36.40.

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