Écologie

De l’agroécologie pour sauver le plateau de Valensole

Créé le : 21/12/2018
Crédit photo : Perrine Puyberthier

Par Hélène Saveuse

Derrière la carte postale du plateau de Valensole se cache une autre réalité : les plants de lavandins se meurent à cause d’une maladie véhiculée par un parasite, les sols fatiguent et les masses d’eau souterraine se dégradent. Des acteurs locaux se sont rassemblés autour du projet Regain, afin de mener à des « pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ».

Sur la table en formica de sa cuisine, Jacky Piatti, agriculteur et lavandiculteur installé à Puimoisson (Alpes-de-Haute-Provence), et Perrine Puyberthier, animatrice du projet Regain pour le Parc naturel régional du Verdon, font le point sur la saison passée.

« Quel taux de dépérissement des lavandins (*) en 2017 ? Quelle technique pour contrecarrer la prolifération de la bactérie tueuse de lavandin, le phytoplasme du Stolbur ? », s’interrogent-ils. Les deux partenaires dessinent et planifient une expérimentation de couverts végétaux dans les champs de lavandins. Ils évaluent les progrès, les risques et surveillent les rendements. Dans quelques jours, ils présenteront aux agriculteurs inclus dans le dispositif Regain les résultats de leurs expérimentations sur les parcelles de Jacky. « Le projet Regain existe pour que la ruralité reste dynamique sur ce territoire. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre viabilité économique, valeurs environnementales et sociales », explique Perrine Puyberthier.

 

Jusqu’à 50 % des lavandins contaminés

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[ COMMUNIQUÉ ] - L'Assemblée nationale met fin à l'avantage fiscal dont bénéficiait l'huile de palme

Créé le : 21/12/2018

Dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 décembre, l’Assemblée nationale a voté au Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2019 – comme ce fut le cas en première lecture – un amendement mettant fin à un avantage fiscal dont bénéficiait jusqu’alors l’huile de palme.

Par l’adoption d’un amendement que je portais avec plus de soixante-dix collègues issus de la majorité et de l’opposition, et grâce à des voix venues de tous les bancs de l’hémicycle, l’huile de palme ne pourra dorénavant plus être considérée comme un biocarburant.
Par cette décision, la France confirme son engagement dans la transition écologique du pays et envoie un message fort à destination de ses partenaires européens.
L’huile de palme, de par son empreinte carbone considérable et ses effets désastreux sur la déforestation et la biodiversité, est encore plus polluante que l’essence ou le diesel. Supprimer l’avantage fiscal dont bénéficiait ces faux biocarburants permet d’être cohérent avec les objectifs affichés par le Gouvernement sur la fiscalité écologique.
Cette mesure permet également de donner une plus grande crédibilité à la filière des biocarburants en France, et de renforcer l’ensemble des producteurs français qui utilisent des alternatives à l’huile de palme.

> Consulter l'amendement

Fongicides : du petit lait pour remplacer le cuivre ?

Créé le : 20/12/2018
Crédit photo : Guilaume Bernard. Ferme du Vernou

Par Guillaume Bernard.

Ajouter du petit lait pour enlever du cuivre dans sa solution fongicide, c’est le pari écologique d’un pomiculteur bio ariégeois. Si son initiative demeure expérimentale, elle exprime néanmoins le besoin de renouveau de la filière, dans une période où l’Union européenne prévoit de réduire l’usage du cuivre.

Au milieu du verger de la ferme du Vernou, les pommes bio que ramassent patiemment Audrey Tremouroux et Amélie Astoury, pomicultrices, affichent une santé éclatante. Cette année, la récolte de la petite exploitation ariégeoise a échappé à l’une des maladies les plus redoutées par la profession : la tavelure. Alex Franc, propriétaire de l’exploitation, rayonne : « Je ne m’attendais pas à de tels résultats. »

Depuis le printemps 2016, cet ancien ingénieur agronome teste un nouveau mélange à base de petit lait pour affronter le champignon responsable de l’apparition de tâches et de crevasses sur le fruit. « Il y a deux ans, j’en avais mis sur une seule rangée et j’avais l’impression que l’expérience était fructueuse. Je l’ai donc généralisée en 2018 », explique l’agriculteur. La tavelure, capable de ruiner toute une récolte, n’aura pratiquement pas atteint ses sept hectares de pommiers. Un succès, pour un pomiculteur qui travaille en bio, tant par conviction que par nécessité.

« L’agriculture conventionnelle, ce n’était plus possible. Mon père ne pouvait plus toucher à un produit phytosanitaire. On pense qu’il a développé de grosses allergies à force d’y être exposé », témoigne l’Ariégeois. Lorsqu’Alex Franc récupère le verger familial en 2010, celui-ci est déjà cultivé en bio depuis dix ans, un choix qui n’a pourtant rien d’évident dans la filière. La pomme, fruit préféré des Français avec une consommation moyenne de 18 kg par an et par foyer, est aussi l’un des plus traités. Une étude de 2015, menée par Greenpeace, révèle qu’elles reçoivent en moyenne 35 traitements par an en agriculture conventionnelle.

Du bio dopé au cuivre

Cultiver en bio et refuser la douche de pesticides pour ses récoltes, c’est évidemment s’exposer davantage aux maladies du verger. Pour s’en prémunir, il reste néanmoins une solution aux agriculteurs bio : la bouillie bordelaise, un mélange bleuté à base de cuivre.

Or, ce métal lourd a des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes. Elle a aussi un impact sur les communautés microbiennes et la faune des sols, nuisant ainsi à leur durabilité.

Un rapport de l’EFSA (Autorité européenne pour la santé alimentaire), publié en janvier 2018, soutient qu’il est également nocif pour la santé des agriculteurs, lorsqu’il est employé à haute dose. Car même s’il n’est pas classé comme cancérogène, une surexposition peut entraîner une accumulation dans les organes, des irritations oculaires… « Face à ces problèmes, je me suis mis à chercher une alternative. C’est là que des collègues qui travaillent en biodynamie m’ont parlé du petit lait », raconte Alex Franc.

Si les propriétés fongicides du lactosérum sont connues depuis longtemps, il aura fallu attendre 2009 pour qu’il soit autorisé en agriculture biologique. Et pratiquement dix ans de plus pour que l’Ariégeois tente l’expérience. « J’étais prêt à le faire, mais je n’avais pas le principal : le petit lait lui-même », raconte l’agriculteur. Avec un besoin d’environ 15 litres pour 500 litres de mélange, il lui manquait quelqu’un capable de le fournir en grande quantité.

Heureux hasard de la géographie : le précieux lactosérum encombrait justement la station d’épuration d’une laiterie bio située à une quinzaine de kilomètres de la ferme du Vernou. Alex Franc avait trouvé son fournisseur ! Grâce à lui, il a réduit par cinq son utilisation de cuivre et réussi à éloigner la tavelure, malgré un printemps très humide, propice au développement de la maladie.

Alex Franc et l'atomiseur avec lequel il répand sa solution fongicide. Crédit photo : Guillaume Bernard

Le petit lait, solution miracle ?

Cette association locale entre laitier et pomiculteur a permis à Alex Franc de devenir un précurseur dans la lutte contre la maladie dans la région. Son expérience intrigue d’ailleurs les chambres d’agriculture des départements voisins, notamment celle du Tarn-et-Garonne, plus gros verger du Sud-Ouest.

« Le lactosérum est surtout utilisé comme fongicide en viticulture, mais pas en pomiculture. On peut supposer que ce sont les mêmes molécules qui agissent contre l’oïdium (une maladie fongique, NLDR) pour préserver les raisins et contre la tavelure pour les pommes », décrypte Jean-François Larrieu, conseiller en arboriculture fruitière à la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne. L’expérience concluante d’Alex Franc n’atteste toutefois pas à elle seule des propriétés du petit lait. Car ce dernier utilise toujours un peu de cuivre. « Pour connaître son efficacité réelle contre la tavelure, il faudrait répéter l’expérience avec une solution qui en serait totalement dépourvue », précise Jean-François Larrieu.

En attendant, l’expert doute que sous un climat propice au développement du champignon, les pomiculteurs puissent se passer totalement du métal. Alex Franc le regrette : « Après le succès de cette année, j’aurais envie de ne plus en utiliser du tout... Mais c’est risquer ma récolte et je ne peux pas me le permettre. » Jean François Larrieu rappelle que, si l’efficacité du lactosérum en tant que fongicide n’est pas encore avérée, celui-ci présente au moins l’avantage de ne pas être toxique.

« L’interdiction du cuivre finira par arriver, c’est sûr »

Alex Franc, pomiculteur

Passer au zéro cuivre demeure néanmoins difficile. Dans une étude publiée en janvier 2018, l’Inra (Institut national de recherche en agronomie) recense les différentes manières de réduire son utilisation, mais concède que sa suppression totale du jour au lendemain serait très compliquée pour la filière bio. Parmi les nombreuses alternatives envisagées par le rapport, il n’est jamais fait mention du petit lait. « Nous nous sommes basés sur la littérature scientifique existante et nulle part on ne parle du lactosérum », explique Didier Andrivon, pilote scientifique de l’étude.

Le cuivre dans le viseur de l’UE

Les chercheurs pourraient pourtant être bien inspirés de tourner la tête vers la petite exploitation ariégeoise, puisque la nécessité de trouver une alternative au métal lourd se fait pressante au sein de l’Union européenne : son autorisation en agriculture prend fin le 31 janvier 2019. Son renouvellement, qui doit être voté par les États membres au cours de l’automne 2018 est, comme l’a été le glyphosate avant lui, largement sujet à débat.

« Certains pays du Nord de l’Europe sont pour une interdiction totale du cuivre en agriculture, mais après le vote de cet automne, on devrait passer d’une autorisation de 6 kg par hectare, lissé sur cinq ans, à 4 kg », pronostique Jean-François Larrieu. C’est d’ailleurs cette position qui sera défendue par le ministère de l’Agriculture français, à la Commission européenne. À l’inverse, le Danemark et les Pays-Bas ont déjà interdit l’utilisation du métal à l’intérieur de leurs frontières.

Pour notre pomiculteur ariégeois, « l’interdiction finira par arriver, c’est sûr ». En attendant, il se prépare en cultivant des variétés de pommes plus résistantes à la tavelure et ajoute du soufre à sa solution fongicide pour en améliorer l’efficacité. Le lactosérum s’avère selon lui un levier, parmi d’autres, dans la lutte contre l’utilisation du métal. Mais il reste dans l’angle mort de la recherche actuelle. Peut-être plus pour longtemps : Jean-François Larrieu évoque la possibilité de reproduire ce test au sein de sa chambre d’agriculture en 2019. Chiche ?

Thierry Burlot : « Le droit à l'eau, c'est aussi le droit au développement ! »

Créé le : 18/12/2018
T. Burlot / Crédit photo : E. Pain

Thierry Burlot, vice-président de la Bretagne en charge de l'environnement, l'eau, la biodiversité et le climat. Il est également président du comité de bassin Loire-Bretagne pour l'Agence de l'eau. A l'occasion des 20 ans du Carrefour de l'eau, qui se déroule les 30 et 31 janvier à Rennes, il revient sur les grands enjeux de la politique de l'eau en région.

 

« Toute l'eau qui coule en Bretagne, s'infiltre et se jette ici. C'est une spécificité du massif Armoricain. 80 % de l'eau en région provient des rivières et 20 % des eaux souterraines, alors qu'ailleurs en France, c'est l'inverse. De fait, si l'eau se dégrade, c'est bien l'aménagement du territoire et le développement économique de nos bassins versants qui sont en cause. Désormais, la Bretagne en a pris la mesure et met en œuvre une politique de l'eau ambitieuse. Avec la Breizh Cop, nous embarquons l'ensemble des acteurs de l'eau : associations, entreprises, agriculteurs, collectivités et citoyens !

Il y a 30 ans, nous faisions le choix d'une production agricole quantitative. Puis on s'est rendu compte que les sols n'en pouvaient plus. Les Côtes d'Armor et le Finistère étaient particulièrement touchés. Nous étions la région avec la plus mauvaise qualité de l'eau. Sous l'impulsion des associations, nous avons décidé d'engager des plans de reconquête, avec Bretagne Eau pure notamment.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Désormais, 40 % des masses d'eau sont conformes, contre seules 10 % il y a 30 ans !
Dans le Finistère, 80 % y sont conformes, 60 % en Côtes d'Armor. Quant aux autres départements, nous y observons une moindre pression historique : on est par exemple à 11 % des masses d'eau conformes en Ille-et-Vilaine. Les Plans algues vertes ont montré des résultats positifs. Depuis 5 ans, on a réduit en moyenne de 15 à 20 mg par litre les nitrates. Une ONG vient même de classer le Léguer « rivière sauvage ». Le Scorff doit l'être en 2019. Mais nous devons poursuivre nos efforts, comme à St Michel-en-grève, où nous avons divisé par 10 les quantités d'algues vertes ramassés l'an passé.

 

Autre problème majeur : le changement climatique. Désormais, l'eau arrive en moindre quantité sur le Massif armoricain (2 fois moins), alors que les besoins s'accroissent...

Rennes doit chercher de l'eau de plus en plus loin, parfois hors de son bassin versant. Or ans eau, pas de nouvelle population, ni d'entreprises. Et c'est aussi s'assurer de la bonne santé de tous avec une eau de qualité. Le droit à l'eau, c'est aussi le droit au développement.

 

D'où la volonté de porter une politique de l'eau intégrée et solidaire ?

Le château d'eau de la Bretagne se situe au centre, il faut le protéger, alors que le développement économique s'accroît sur le littoral. Nous devons organiser une solidarité nécessaire entre l'amont et l'aval, entre le centre Bretagne et le littoral, entre l'est à l'ouest. Et intégrée, car la politique de l'eau c'est aussi la politique agricole, la politique économique, au carrefour des politiques publiques, dans une logique de concertation.

[ CONFÉRENCE ] Les Français et l'eau

Créé le : 18/12/2018

RÉSULTATS DU BAROMÈTRE DE L'OPINION CENTRE D'INFORMATION SUR L'EAU / TNS-SOFRES
 

Ce que les Français nous ont dit de l'eau et de son service...

 

Que pensent-ils de leur eau du robinet ? De sa gestion ? Du process de contrôle ? Des intervenants ?  Ont-il confiance ? Quelles sont leurs craintes vis-à-vis d’une éventuelle pénurie ? de la pollution ? Quelles sont leurs attentes en matière d’information ? Comment perçoivent-ils les risques liés au changement climatique ?…
 

Les résultats de l'enquête seront révélés lors de la conférence de presse du mardi18 décembre à 10:00, dans les locaux de l'UNAF.

Pour approndir le sujet, rendez-vous également les 30 et 31 janvier 2019 au Carrefour des Gestions Locales de l'eau au Parc des expositions de Rennes.

[ COMMUNIQUÉ ] Réseau Action Climat - COP24

Créé le : 17/12/2018

COP24 : FACE A L’URGENCE CLIMATIQUE, LES ÉTATS SE DÉROBENT DEVANT LEURS RESPONSABILITÉS

Communiqué de presse des ONG du Réseau Action Climat à l'issue de la COP24.

 

Après deux semaines de négociations et une journée de prolongation, les 196 pays réunis pour la COP24 sont enfin parvenus un accord. Mais le texte issu des discussions propose un manuel d’application de l’accord de Paris comportant des lacunes et pose des fondations fragiles pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C.

Consulter le communiqué de presse.

[ COMMUNIQUÉ ] Le 8 décembre, sonnons l’alarme climatique !

Créé le : 06/12/2018

Associations et syndicats s'engagent à rejoindre les mobilisations du 8 décembre et appellent à amplifier le réveil citoyen pour la justice sociale et écologique.

Il est encore temps d’agir pour engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste, à la hauteur de l’urgence climatique

En décembre 2015, alors que les chefs d’Etats célébraient la signature de l’Accord de Paris, le mouvement pour la justice climatique se mobilisait pour dresser des lignes rouges et pointer l’insuffisance des engagements des États pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C. Trois ans après, le compte n’y est toujours pas et nous n’avons pas le luxe d’attendre. Les conséquences dramatiques des dérèglements climatiques sont déjà là et les populations les plus vulnérables en sont les premières victimes, au Nord comme au Sud.

Le 8 décembre, en pleine COP 24, plus de 120 marches sont déjà prévues en France et l’étranger pour faire sonner l’alarme climatique. Cette mobilisation sera riche de la diversité des citoyen.ne.s, organisations, réseaux et mouvements qui s’y impliqueront. Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent notre constat à rejoindre les marches.

Plus d'infos

 

Réseau Action Climat

BRETAGNE - des rencontres pro et bio

Créé le : 29/11/2018
Béatrice Rozé

Initiative Bio Bretagne (IBB) organisait, mardi 27 novembre à l'Hôtel de Rennes Métropole, la 5ème édition des Rencontres professionnelles des acteurs de la filière Bio en Bretagne.

Un évènement annuel s’adressant à tous ceux qui contribuent ou souhaitent contribuer au développement des produits Bio.
Rendez-vous d’affaires, conférence thématique, tables-ronde, expertises... pour contribuer au succès et au dynamisme de ce secteur en région Bretagne.

> Interview de Béatrice Rozé, administratrice IBB et dirigeante de Fagots et Froment, boulangerie biologique.

 

Plus d'infos

ww.bio-bretagne-ibb.fr

[ COLLAPSOLOGIE ] Des territoires en transition

Créé le : 22/11/2018

Ancienne ville minière, Ungersheim (Haut-Rhin), s’est convertie à la transition sous l’impulsion de son maire, Jean-Claude Mensch © Florival fr/WikiMédia Commons

Par François Delotte.

En France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, des villes développent des programmes pour se mettre au diapason de la transition énergétique. Fermes urbaines, production d'énergie locale... Ces territoires acquièrent au fil de leur développement des capacités de résiliences en cas de crise. 

 

Besson (03) cherche l’indépendance

« La viande à la boucherie, le pain à l’aubergiste. On va à nouveau se fournir chez l’épicier qui vient de rouvrir. Après, on complète avec des grandes surfaces. On voudrait aussi acheter des produits au maraîcher bio », indique au quotidien La Montagne Emilie Rogue, trésorière de l’association qui gère les achats de la cantine scolaire de Besson. Cette commune de l’Allier compte à peine 800 habitants, mais ne manque pas de volonté pour répondre au maximum à ses besoins avec des ressources locales. Une chaufferie à bois alimente les bâtiments publics. Un projet de méthanisation et un parc photovoltaïque sont à l’étude.

Puy–Saint-André (05), commune sobre

Atteindre l’autonomie énergétique est aujourd’hui difficile pour une commune car, comme les particuliers, celles-ci doivent se confronter aux limites techniques que représente le stockage de l’électricité d’origine renouvelable (lire dossier sur l’autoconsommation — Sans Transition ! N° 11). Dans les Hautes-Alpes, la municipalité de Puy Saint-André (466 habitants) planche sur le sujet. Sous son impulsion, plusieurs centrales solaires « villageoises » ont été créées sur des toitures du Pays du Grand Briançonnais. Inspiré par le scénario Négawatt, la collectivité a aussi réduit « de 30 % ses consommations publiques d’énergie » grâce à des travaux d’isolation et des actions de sobriété énergétique, selon le maire, Pierre Leroy.


Toitures photovoltaïques à Puy–Saint-André (05). © SEVE

Ungersheim  « potasse » sur la transition

Qu’est-ce qu’on attend ? C’est le nom du documentaire que la journaliste Marie-Monique Robin a consacré à la petite ville alsacienne d’Ungersheim. La commune de 2200 habitants n’a pas attendu que le ciel lui tombe sur la tête pour se mettre à la transition. Le terme lui est d’ailleurs particulièrement adapté, la localité ayant dû faire face à la fin de l’exploitation d’importantes mines de potasse, au tournant des années 2000. Depuis, Ungersheim est montée « en résilience ». « Nous cherchons à être le plus autonomes possible », expose le maire, Jean-Claude Mensh. Selon lui, il est produit suffisamment d’aliments bio à Ungersheim pour nourrir la population. La municipalité a aussi investi dans les énergies renouvelables : centrale solaire, panneaux photovoltaïques installés sur les ombrières d’un écomusée et sur des toitures, constructions d’une centrale sur un terril. Objectif, selon Jean-Claude Mensch : « Produire l’équivalent des besoins électriques, chauffage compris, de la commune d’ici 2021. »

Détroit : du moteur à l’agriculture urbaine

C’était l’une des villes symboles de la société « thermo-industrielle », pour reprendre la terminologie collapsologue. Détroit, ex-capitale américaine de l’automobile, a subi de plein fouet la désindustrialisation : fermeture d’usines, friches industrielles, perte de la moitié de sa population entre 1950 et 2010… En 2013, la ville demande une mise en faillite, fait rare pour une grande ville américaine. « Motor City » est aussi souvent citée comme un exemple de résilience. De nombreuses cultures maraîchères et fruitières ont été aménagées par des habitants sur des terrains laissés vacants. La Michigan Urban Farming Initiative (MUFI), ferme urbaine de 1,5 hectare portée par une organisation à but non lucratif, a notamment vu le jour en 2011. En partie animée par des habitants, elle distribue ses productions gratuitement à une partie de la population, en situation de difficultés économique et sociale.


Une exploitation de la Michigan Urban Farming de Detroit, en 2017 © Nadir Ali and or 3andathird

 

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