Écologie

[CUEILLETTE] : Les Écologistes de l’Euzière, l’aventure naturaliste

Créé le : 11/10/2020

Photo: Avec dextérité, Louis Mertens attrape les insectes pour les poser dans son bocal avec loupe intégrée afin que le groupe puisse les étudier avant de les relâcher. Crédit : C. Cammarata

Par Céline Cammarata

Fidèles aux principes de l’éducation populaire, depuis leur création en 1974, les Écologistes de l’Euzière, dans l’Hérault, partagent et disséminent, au gré, notamment, de balades naturalistes, leurs savoirs botaniques et zoologiques sur les paysages méditerranéens.

Chaque mardi, un immuable rendez-vous se déroule domaine de Restinclières, situé vers Prades-le-Lez, au nord de Montpellier. Adhérent.es des Écologistes de l’Euzière, dits les Écolos, comme curieuses et curieux du coin, personnes de passage, tout le monde trouve sa place. Ainsi Sandra, conseillère agricole en viticulture sur le massif de la Clape, venue se former dans le cadre du programme de l’association : « je profite de ma présence en formation la journée pour participer à cette soirée afin de nourrir ma soif d’apprendre les savoirs ancestraux, tout autant dans le domaine des plantes médicinales que comestibles ».

Durant l’hiver, ces rencontres prennent la forme de conférences suivies d’un dîner partagé. Mais dès les beaux jours, ces passionné.es de nature prennent la clef des champs. Il faut dire que leur terrain de jeu compte 240 hectares, bordés par le Lez et le Lirou. Durant tout l’été, les écologistes et leurs acolytes déambulent au gré de leurs découvertes au soleil déclinant, puis ensuite partagent un pique-nique dans la fraîcheur de la nuit tombante. Ce soir-là, Jean Burger, co-président, guidera la visite aux...

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« L’éducation populaire la plus efficace est celle qui place les gens dans la pratique »

Créé le : 11/10/2020

photo : DR

Propos recueillis par Elodie Crézé

Lionel Larqué est chercheur(1), délégué général de l’Alliance sciences sociétés(2) (ALLISS). Il prône une éducation populaire et citoyenne à l’environnement « pour de vrai », ancrée dans une pratique de transformation du monde.

Qu’entend-on par une éducation populaire et citoyenne à l’environnement ?
Déjà il faut distinguer différentes familles : d’abord, celle de la sensibilisation aux enjeux de l’environnement. Il s’agit de retisser un lien au niveau sensitif et affectif entre les gens et l’environnement. Mais il faut savoir que ces concepts, hérités des Lumières, sur lesquels on s’appuie encore aujourd’hui sont biaisés, car ils n’incluent pas l’homme dans la nature. Le monde de l’éducation populaire ne les a pas réajustés. Cette éducation nie tout lien organique, écosystémique entre l’humain et la nature et toute interdépendance. Dans cette famille de sensibilisation, on tente de retisser un lien entre l’homme et son environnement en organisant des balades, des cueillettes... Mais il ne suffit pas d’être en face de l’œuvre, ou d’y être sensible pour agir !  L’hypothèse qui consiste à penser que plus on est sensibilisé aux enjeux de l’environnement, plus on va agir en responsabilité, grâce à un éveil civique, est fausse.
Idem que celle, héritage également des Lumières - portée tant par l’éducation populaire que par l’éducation nationale -  qui consiste à croire que des citoyens éclairés vont agir de façon éclairée. Ça ne fonctionne pas : un collectif de personnes éclairées ne signifie pas que chacun des citoyens le composant le soit : on n’agit pas en groupe comme on agit individuellement. Il faut en fait agir à 2 niveaux : à l’échelle des individus, de leur famille, mais aussi à l’échelle des cantons, d’une ville, d’une association.

Quelle serait, alors, une éducation populaire et citoyenne efficace ?
Le moteur dans l’action citoyenne, c’est le faire. Vous avez beau avoir conscience que les oiseaux, les arbres, disparaissent, ce n’est pas cela qui va vous faire agir. Pour moi l’éducation populaire la plus efficace est celle qui place les gens dans la pratique. Il faut pratiquer l’écologie. Si vous éduquez des enfants à l’alimentation en leur faisant produire eux-mêmes des légumes, cela change tout ! L’enfant qui pratique la terre, va saisir des choses organiques et sensitives qu’aucun cours ou diffusion de connaissances théoriques ne lui permettra d’acquérir. On accède au sensible uniquement par le sensible. Cette éducation populaire « pour de vrai » a un réel effet transformateur individuel et collectif, car les gens acquièrent des savoirs et savoir-faire par la pratique. Une expérience ne se transmet pas, elle se vit. Or il va falloir se « coltiner » le monde et arrêter de regarder passer les trains.

Plus d’infos : www.injep.fr/publication/pratiques-ecologiques-et-education-populaire

  1. Ouvrage collectif : Pratiques écologistes et éducation populaire, Les cahiers de l’action, Lionel Larqué, Emmanuel Porte
  2. ALISS sciences société est un collectif qui a pour ambition de « renouveler le pacte qui lie la société civile avec les institutions d'enseignement supérieur et de recherche ».
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« Si les réglementations semencières s’assouplissent, les agriculteurs auront plus de liberté »

Créé le : 09/10/2020
tomates de Koal Kohz- manon Boquen

légende : espèce de tomate ancienne issue de semences paysannes de Koal Kozh. Crédit : Manon Boquen

Recueillis par Élodie Crézé

Frédéric Thomas est chercheur au CNRS en biologie évolutive. Pour lui, la question des semences paysannes est sur la bonne voie pour réussir à s’imposer davantage,  mais il reste du chemin à parcourir pour leur complète libération.

 

Quel est l’enjeu des semences paysannes, notamment leur impact sur l’alimentation, en particulier dans les pays du Sud ?

Dans les pays les plus pauvres ou émergents, la plupart des systèmes agraires vivriers sont dépendants d’une production de semences par les agriculteurs eux-mêmes. Le système marchand, lui, ne parvient pas à répondre aux besoins des paysans locaux : soit parce que les semences sont trop chères, soit parce que les zones sont reculées. Ajoutons que les réglementations semencières de ces pays ne protègent pas assez les variétés commerciales. Les réseaux marchands n’investissent pas ces régions jugées, au final, pas assez solvables. Dans ce contexte, interdire d’un seul coup les semences fermières produites par les agriculteurs serait un non-sens. Malheureusement, les lobbies industriels exercent une pression auprès des ministères des agricultures pour les inciter à suivre le système européen ou américain en interdisant la pratique des semences de ferme…

En quoi les semences paysannes remettent en question la dépendance des paysans aux grands groupes industriels ?

D’abord, s’il est vrai de dire qu’à l’échelle internationale, le marché des semences est tenu par un oligopole constitué de quelques grands groupes(1) qui détiennent près de 80% du marché mondial des semences, ce marché reste avant tout celui des échanges entre les États. Il n’inclut pas forcément les pratiques à l’intérieur d’un seul pays. Ainsi, le marché domestique des semences n’en demeure pas moins très important ! Précisons ensuite que si des paysans souhaitent se tourner vers l’agroécologie, d’autres, nombreux, préfèrent garder des variétés performantes, issues des grands groupes industriels. De leur côté, les lobbies industriels résistent au discours de l’agroécologie car ils savent que si les réglementations semencières(2) s’assouplissent, les agriculteurs auront plus de liberté pour aller vers d’autres systèmes. Mais la grande bataille des semences paysannes a commencé à devenir publique. Ses défenseurs marquent progressivement des points sur l’idée que les réglementations semencières sont trop industrielles(2) et pas assez inclusives de la diversité des acteurs pour réintégrer les problématiques de conservation de la biodiversité dans les champs. Une nécessité pourtant, pour une agriculture plus résiliente.

  1. Entre autres Bayer, Monsanto, Syngenta, DowDupont.
  2. « Les réglementations semencières ont été construites au cours des Trente Glorieuses, favorisant un système industriel de mécanisation des cultures, de rentabilité aujourd’hui à bout de souffle, pour des raisons sanitaires, de surproduction et d’écologie des sols qui sont épuisés ». F. Thomas

NB : Distinction à faire entre les semences de fermes, qui peuvent être produites à partir de n’importe quel type de variétés, aussi bien industrielles qu’anciennes (donc ne sont pas forcément synonymes de biodiversité) ; et les semences paysannes qui nourrissent la biodiversité en utilisant essentiellement des variétés anciennes.

 

Plus d’infos : www.youtube.com/channel/UCQktYBFFWHuzUqudgmjx93w

Chaîne Youtube de Frédéric Thomas Histoire politique des plantes et des forêts

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[AGRICULTURE] En Bretagne, Kaol Kozh produit ses propres semences paysannes

Créé le : 09/10/2020
kaol kozh - manon Boquen

Légende : Le potager de Kaol Kozh, qui promeut les semences paysannes, se trouve en creux d’habitations. Crédit : Manon Boquen. 

Par Manon Boquen

Tout part des graines. L’association Kaol Kozh, basée en Bretagne, en est persuadée. Depuis 2007, elle cherche à former jardiniers et maraîchers à la production de leurs propres semences paysannes. Un moyen de protéger la biodiversité tout en s’autonomisant.

« Au fait, tu as des 48 ? », questionne Isabelle, carré blond et sweat-shirt rose, sur la route pour sa ferme de légumes de Roscoff. René, au volant, coiffé de son béret l’accompagnant partout, acquiesce volontiers. Oui, il a ça chez lui, des « 48 ». Et non, le nombre n’a rien d’un code utilisé pour d’étranges opérations mais se veut simplement le nom, qu’entre eux, les paysans et maraîchers de l’association de défense des semences paysannes Kaol Kozh («vieux chou » en breton), ont donné à une variété de chou, justement. Plus précisément aux graines permettant d’obtenir ces choux.

Isabelle Kervellec, 54 ans et René Léa, 63, ne badinent pas sur le sujet. Depuis de longues années, tous deux produisent chez eux une partie de leurs semences pour en faire des légumes consommables et commercialisables. L’oignon de Roscoff, le chou de Ploujean ou de Lorient… Les variétés paysannes, adaptées à leur environnement et au terroir, ont retrouvé leur place dans leurs champs. Et il arrive de temps en temps qu’ils s’achètent des graines et en découvrent de nouvelles par le biais de Kaol Kozh.

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[LUTTE] Dans la Drôme, haro sur la carrière du Mont Vanille

Créé le : 07/10/2020

Par Jérémy Pain

À Saint-Nazaire-en-Royans (Drôme), un projet prévoit l’implantation d’une carrière sur le Mont Vanille. Informés tardivement, les habitants des communes environnantes s’opposent depuis à ce futur chantier et espèrent son abandon. Ils dénoncent notamment la détérioration de leur cadre de vie, de la biodiversité et le manque de démocratie locale. Une décision préfectorale sera rendue dans les prochaines semaines.

En ce samedi d’été ensoleillé, les berges de l’Isère à Saint-Nazaire-en-Royans offrent une vue imprenable sur les montagnes environnantes et l’aqueduc qui enjambe le village. L’entrée du parc régional du Vercors et des routes qui vont désormais serpenter dans les gorges. Des notes d’accordéon s’échappent d’une scène, pourtant les 200 personnes réunies ce jour n’ont pas la tête à la fête. Elles sont venues crier leur désaccord face à un projet qui menace ce paysage de carte postale. La crise de la Covid-19 a mis en sourdine leur colère pendant quelques semaines mais elle n’a pas mis longtemps à ressurgir. Début juin, la publication du rapport du commissaire-enquêteur (CE), favorable à l’ouverture d’une carrière, a fait bondir les habitants de Saint-Nazaire-en-Royans. Ce chantier sur le Mont Vanille, à 150 mètres des premières habitations du village de 800 habitants, ils n’en veulent pas.

Le projet, d’une emprise de 4,4 hectares à flanc de colline, prévoit à terme l’exploitation de 90 000 tonnes de roches par an sur une durée renouvelable de 30 ans. Porté par un entrepreneur local, il a été voté discrètement par l’ancienne municipalité...

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La proximité pour un Puy-de-Dôme écologique.

Créé le : 02/10/2020
Jean-Yves GOUTTEBEL, Président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, Vice-Président de l’Assemblée des Départements de France - copyright CD63

Depuis 2004, Jean-Yves GOUTTEBEL, Président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme a pour devise «la solidarité des HOMMES et des TERRITOIRES, et des GENERATIONS ». Parmi les projets emblématiques qu’il a porté pour le Département, nombre d’entre-eux sont en lien avec la transition écologique, dont il fait sa priorité, tels que la construction du train à crémaillère au puy de Dôme, l’inscription de la Chaîne des Puys au patrimoine mondial de l’UNESCO, la création du réseau Agrilocal favorisant les circuits courts et l’économie locale, le dispositif Cocon 63 pour épauler les collectivités dans leur effort de maîtrise énergétique, ou encore les Défis Collèges Nature pour sensibiliser les jeunes générations aux enjeux écologiques. Dans son dernier livre « Eloge de la proximité, au service des territoires » paru aux éditions Ramsay en 2020, il exprime sa vision, celle d’une proximité qui répond à un besoin, certes, mais qui est aussi un moyen pour contribuer à répondre aux grands enjeux du XXIe siècle  : la démocratie participative, l’engagement écologique fort, et la différenciation territoriale. Entretien en 3 questions.

Quelles prises de conscience - selon vous - suite à la crise Covid ?
La crise sanitaire et économique que nous traversons doit nous pousser à nous interroger encore plus sur nos modes de vie, sur les défis qui nous attendent et qu’il nous faut relever. La question très prégnante de la transition écologique doit être plus que jamais une priorité pour tous. Elle implique une transformation de notre société : consommer, travailler, produire, se déplacer, urbaniser AUTREMENT. S’il est primordiale que l’Europe soit indépendante sur le plan industriel, notamment dans les secteurs de la santé et pharmaceutique, cette pandémie a montré la capacité d’attraction de la ruralité et renforcé cette conviction que le modèle actuel doit lui aussi changer. Jamais la notion de proximité n’a été autant d’actualité. Jamais l’urgence d’agir ne s’est fait autant sentir.

Quelles conséquences  à l’échelle de votre Département ?
Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme avait déjà placé la transition écologique au cœur de la matrice départementale. J’ai décidé d’aller encore plus loin, et d’en faire le pivot de toutes nos politiques, dans une continuité méthodologique. Emmener un territoire sur la voie de la transition écologique est un voyage aux enjeux multiples et complémentaires : sens de la communauté, solidarité, accès aux soins pour tous, gestion de l’eau et consommation raisonnées, environnement préservé, atmosphère sans carbone, production relocalisée... Convaincu que le « local » et les territoires de proximité sont les échelons efficaces et pertinents pour réussir le changement de société, je souhaite associer dans cette aventure tout le territoire, collectivités, professionnels, associations, citoyens, sous la bannière commune « Notre Puy-de-Dôme écologique ».

Concrètement, comment se traduit cet engagement ?
Le cap est fixé et les objectifs émergent des groupes de travail (élus, agents, partenaires...) qui ont été constitués autour de 6 thématiques identifiées : gestion durable des ressources en eau, agriculture durable et alimentation saine, solidarité et réduction des inégalités, mobilité durable et qualité de l’air, recours aux énergies renouvelables, environnement naturel exceptionnel et patrimoine. À l’automne, nous présenterons notre master plan de la transition écologique. Parallèlement, afin de tendre vers une véritable exemplarité, j’ai souhaité que le Département du Puy-de-Dôme ouvre ses débats, ainsi nous avons lancé début 2020, le 1er budget écologique citoyen, participatif, consacré à des projets 100 % citoyens favorisant la transition écologique, auquel nous consacrons plus de 2 millions d’euros. Les projets citoyens lauréats seront déployés dès cette fin d’année. Et puis, autre engagement important, en janvier 2021, le Département du Puy-de-Dôme devrait s'engager dans la Fabrique des Transitions, en tant que Département pilote, et ainsi rejoindre l’alliance qui s’est constituée au plan national, notamment autour de Jean-François Caron, maire de Loos en Gohelle, référence nationale en matière de transition réussie, qui accompagne activement le Département du Puy-de-Dôme dans sa transition écologique.

 



Plus d'infos
www.puy-de-dome.fr

[FNE] : Extension des aéroports en région, c’est NON !

Créé le : 02/10/2020

Par FNE PACA

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, des projets d’extension d’aéroports ressortent des cartons. Alors que la crise de la Covid-19 nous fait (re)prendre conscience de la nécessité de protéger notre planète, les intérêts privés semblent primer sur le bon sens en matière d’aviation.

A Marseille, le projet d’extension du terminal 1 prévoit la création d’un bâtiment supplémentaire de 20 000m² et vise à augmenter le trafic du terminal de 8 à 12 millions de passagers. L’autorité environnementale continue de demander une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, notamment sur la qualité de l’air, les nuisances sonores et la lutte contre l’imperméabilisation des sols. Sur ces sujets, elle constate que la séquence Eviter, Réduire, Compenser (ERC) n’a pas été mis en œuvre.

A Nice, c’est le projet d’extension du terminal 2 de l’aéroport porté par la société Aéroports de la Côte d’Azur qui est visé. L’étude d’impact du projet n’analyse aucunement les conséquences prévisibles de cette extension sur ces émissions futures de gaz à effet de serre. Rien n’est dit non plus quant à la préservation de la santé des populations qui subissent une qualité de l’air dégradée depuis des années.

A Tallard, la Chambre de Commerce et d’industrie des Hautes-Alpes et l’Union Pour les Entreprises des Hautes-Alpes prévoient de développer une ligne Gap-Paris pour les chefs d’entreprises (premier test en 2018) alors même que le train de nuit devrait rendre un bien meilleur service qu’aujourd’hui.

L’aéroport d’Avignon Provence quant à lui est un aéroport fantôme. D’une superficie de 1500m², il est complètement surdimensionné : prévu pour accueillir 200 000 passagers par an, il n’en accueille pas plus de 16 000 par an[1] et sa reconversion industrielle reste partielle.

[1] Chiffres issus des Résultats d’activité des aéroports français de 2018 : < https://www.aeroport.fr/uploads/Rapport%20d%27activit%C3%A9%20final.pdf

Des projets en contradiction avec les ambitions de lutte contre les changements climatiques

Ces projets d’extension ne cessent d’accroître le trafic aérien au détriment de l’urgence à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Au niveau mondial, le trafic aérien représente plus de 2% des émissions de gaz à effet de serre. S’il était un pays, il serait le 7e pays le plus émetteur de GES au monde, avec environ 700 millions de tonnes de CO2 émis (en 2012), soit l’équivalent d’un pays comme l’Allemagne[1].

Des impacts sur la qualité de l’air

En plus des différents gaz à effet de serre qu’il émet, le secteur aérien est également la source de polluants qui dégradent la qualité de l’air et la santé humaine comme le monoxyde de carbone (CO),  les oxydes d’azote (NOx) ou les particules fines (PM10 et PM2.5). Dans une région où 4 Plans de Protection de l’Atmosphère essaient de contribuer à respecter les normes européennes de qualité de l’air, une augmentation du trafic aérien ne ferait que saper les efforts mis en place par les autres secteurs. Mentionnons enfin les nuisances sonores, bien supérieures aux recommandations des organismes de santé par le survol quotidien d’avions, en particulier la nuit. L’autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires (ACNUSA) a recensé près de 800 manquements aux règles environnementales déterminées par arrêtés ministériels sur les principaux aéroports français ces cinq dernières années[2] pour un total de 19.6 millions d’euros d’amendes infligées.

Nos demandes

  • L’abandon de tout projet d’extension des installations aéroportuaires
  • L’arrêt de toute subvention aux aéroports régionaux (Avignon…) et de toute aide aux aérogares (MP2…) et compagnies aériennes
  • Une redevance régionales sur les atterrissages et les décollages
  • Le retour des trains de nuits et trains intercités et une meilleure complémentarité des dessertes TGV / TER

[1] Réseau Action Climat – Cinq mythe sur le rôle du transport aérien dans les changements climatiques 2015

[2] Rapport annuel 2019 de l’ACNUSA < https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/194000791.pdf >

>>Retrouvez notre dossier sur l'inutilité des petits aéroports régionaux, dans le Sans Transition! n°1 de juillet 2016. 

[ENTRETIEN] Gilles Bœuf : « Pour éviter le pire, il faut que l’électrochoc se fasse »

Créé le : 02/10/2020

crédit photo : DR

Propos recueillis par Elodie Crézé

L’éminent biologiste français Gilles Bœuf nous avertit : il y a urgence à changer nos modes de vie, arrêter de détruire et surexploiter les ressources de la planète. Sans quoi des pandémies bien plus dévastatrices que la Covid-19 se multiplieront.

Vous avez dit, « nous ne sommes pas en guerre contre un virus, mais contre nos propres manquements […]. Nous sommes notre propre ennemi ».(1) Pouvez-vous expliquer cela ?
Il y a toujours eu des virus, ils étaient là bien avant les humains. Ils sont extrêmement petits et incapables de se reproduire seuls. Ils cherchent donc un hôte. Ce sont des opportunistes, ils cherchent des failles pour contourner nos défenses. Et on fait tellement de bêtises qu’on leur en offre. La Covid-19 est un virus très récent, très infectieux, issu de chauve-souris. L’humain, par ses comportements irrationnels et irréfléchis, a permis à ce virus de changer, de devenir une chimère, en passant par un autre animal que l’on cherche encore. Puis de nous infecter. On a mis en contact des animaux qui n’auraient pas dû se rencontrer. Ensuite, l’épidémie aurait dû rester là-bas, à Wuhan. Mais elle a fait le tour du monde en quelques jours !

Vous pointez la responsabilité de l’homme dans l’irruption et la propagation de la Covid-19. Le problème n’est-il pas, plus largement, notre façon d’être au monde, de percevoir la nature...

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[Qualité de l’air ] : « Il est encore temps d’agir mais vite ! »

Créé le : 01/10/2020

Photo : pixabay

Par Margaux Legras-Maillet

2°C en plus d’ici 2030 ou 2050 par rapport à 1980 pour les scénarios les plus optimistes, et une qualité de l’air inquiétante. C’est ce qu’annoncent pour les prochaines décennies les résultats du Climaera dans le cadre du programme européen Alcotra 2014-2020*. Malgré des prévisions inquiétantes, les régions et localités ont un rôle de premier plan à jouer.

18 intervenants, 4 tables-rondes, plus de 150 personnes connectées. Après trois mois de décalage accordés par le programme européen ALCOTRA 2014-2020 en raison de la Covid, le Climaera a révélé ses résultats le 24 septembre dernier lors d’un colloque en ligne. Les travaux de recherche montrent que les températures pourraient augmenter de 2°C à 3°C d’ici 2030-2050 par rapport aux températures de 1980, selon les scénarios. Les études annoncent également une baisse du nombre de jours de gel, notamment en montagne, sur le plateau d’Aoste ou en Isère. De même qu’une augmentation des précipitations liquides avec des périodes de canicule plus longues dans le temps et plus systématiques.

Plus inquiétant encore, corrélée au réchauffement climatique, la qualité de l’air devrait se dégrader dans les prochaines décennies. « Concernant la qualité de l’air, on s’attend à une diminution des émissions de particules. Le problème c’est que le changement climatique annihile les efforts de tous les plans d’action mis en place pour réduire les émissions », s’inquiète Alexandre Armengaud, responsable de la coopération Climaera. Les fortes chaleurs facilitent par exemple la production d’ozone ou de pollution photochimique. Pour l’ingénieur, un seul mot d’ordre : « il faut réduire nos émissions »

Cibler les secteurs prioritaires

Pour y parvenir, en plus des plans déjà entrepris, le RIAT, un outil mis en place dans le cadre du Climaera permet de cibler les secteurs dans lesquels il est prioritaire d’agir. Sans surprise, les secteurs émettant le plus de particules polluantes sont le trafic routier et le chauffage domestique. L’outil propose également des domaines d’action au niveau local en fonction du coût, du retour sur investissement et des plans déjà mis en place par les régions. Dans la vallée d’Aoste par exemple, des locomotives fonctionnent encore au diesel, le RIAT préconise donc l’électrification des trains dans la région.

Pour Alexandre Armengaud ces solutions sont réalisables et permettraient en plus d’améliorer la qualité de l’air et de limiter le réchauffement climatique. « Ces solutions sont pensées à partir des plans de protection de l’atmosphère, plans locaux d’urbanisme (PLU), plans climat, plans de déplacements urbains (PDU), etc », explique-t-il. Des améliorations sont donc possibles, néanmoins pour l’ingénieur, les actions locales sont indispensables, les mesures nationales et européennes ne suffiront pas. « Il est très important que les collectivités et les citoyens puissent comprendre que leur engagement est essentiel », insiste Alexandre Armengaud. D’après les sondages du programme, si 82% des personnes sont prêtes à changer de comportement pour améliorer la qualité de l’air, 59% n’ont pas conscience des impacts de leurs comportements individuels. Pour remédier à cette méconnaissance, le Climaera a imaginé un outil numérique ludique et pédagogique sur la problématique de la qualité de l’air proposant notamment des solutions individuelles. Il sera en accès libre dès cette semaine sur le site du Climaera.

*ALCOTRA pour Alpes Latines Coopération TRAnsfrontalières. Programme européen de coopération transfrontalière européenne couvrant le territoire alpin entre la France et l’Italie. 2014-2020 représente la cinquième période de programmation ALCOTRA. Depuis 1990, le programme a cofinancé près de 600 projets pour environ 550 millions d’euros de subventions européennes. Le Climaera vise l’accompagnement de ses partenaires dans la mise en place de politiques sectorielles. Atmosud et Atmo AURA sont partenaires. www.climaera.eu

[INTERVIEW] Réapprendre à manger et dormir en s'inspirant des arbres, c'est possible

Créé le : 27/08/2020

Par Sans transition ! 

A l'occasion des rencontres Agir pour le vivant qui ont lieu à Arles jusqu'à ce dimanche 30 août, Sans Transition ! a retrouvé Ernst Zürcher, auteur notamment de l'ouvrage Les Arbres, entre visible et invisible à Actes sud. Interview. 

Nos arbres pourraient-ils être nos professeurs ? L'idée semble surprenante, pourtant pour Ernst Zürcher c'est loin d'être une lubie fantaisiste. Ingénieur forestier suisse et docteur en sciences naturelles, cet amoureux des arbres revient sur son livre Les Arbres, entre visible et invisible. Une ode aux forêts dans laquelle il rappelle l'importance de réimplanter ces végétaux dans nos espaces de vie. 

 

A lire : un dossier complet sur les arbres et la forêt à paraître dans le prochain Sans transition ! (n°25)

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