Débat

Notre-Dame-Des-Landes : Un référendum illégitime

Créé le : 25/03/2016

Par France Nature Environnement 

Jeudi après-midi, a été présenté un projet d’ordonnance exposant les modalités de consultation concernant le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) lors de la réunion du Conseil national de la transition écologique (CNTE). Ce projet fait suite aux annonces du président de la République sur la tenue d’un tel référendum et du Premier ministre apportant quelques précisions sur son organisation. Réactions du collège associatif du CNTE.

Ce projet d’ordonnance est soumis au CNTE alors qu’il s’est déjà prononcé, il y a cinq semaines, sur un projet d’ordonnance concernant la démocratisation du dialogue environnemental concluant une année de réflexions d’une commission présidée par le sénateur Alain Richard sur la démocratisation du dialogue environnemental. 

Cette nouvelle ordonnance, rédigée dans l’urgence pour essayer de s’adapter au projet d’aéroport à NDDL va à l’encontre des préconisations de cette commission sur deux points :

- le périmètre, qui ne correspond pas, dans le nouveau texte soumis au CNTE, à l’aire des impacts écologiques et économiques du projet,

- le droit à l’information complète du public consulté, tant sur les conséquences du projet que sur ses alternatives possibles, que rien ne garantit ici. Le projet d’ordonnance apparait, de plus, en régression sur plusieurs points par rapport à celui soumis au CNTE le 16 février dernier.

Enfin, des informations essentielles à la justification du projet sont manquantes. Dans ce contexte, nous, Les Amis de la Terre,FNE, FNH, H&B, LPO, Réseau Action Climat, Surfrider, WWF, adressons le courrier ci-joint au Premier ministre pour lui demander d’une part de revenir sur ce projet d’ordonnance et, de l’autre, de fournir les informations essentielles censées justifier un tel projet. Le sursaut démocratique en matière d’environnement promis par le chef de l’Etat au lendemain du drame de Sivens, mérite mieux que cela.

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

Pour ou contre la consommation de viande?

Créé le : 09/02/2016

Mal-être animal, violence de l’abattage, production de viande de médiocre qualité et élevage intensif néfaste à l’environnement : autant d’éléments pointés par les médias qui interrogent nos habitudes alimentaires. Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) datant de 2012, notre consommation de viande a diminué de 15 % entre 2003 et 2010. Une baisse qui s’est confirmée depuis. Si celle-ci est en partie imputable au prix des produits, elle est aussi à mettre en relation avec les questionnements éthiques et nutritionnels des consommateurs. 2 à 3 % des Français auraient fait le choix du végétarisme. D’autres préfèrent manger moins de viande et se tourner vers des produits de meilleure qualité.

POUR

Franck Ribière

Réalisateur du film Steak (R)évolution. Dans ce documentaire sorti l’année dernière, il fait le tour du monde en compagnie du boucher Yves-Marie Le Bourdonnec, à la recherche du meilleur steak du monde. Une ode à la bonne viande que le cinéaste considère comme un mets d’exception.

 

« La viande doit être un produit d’exception »

« Il faut continuer à consommer de la viande si cela apporte du plaisir. Mais en responsabilisant le consommateur. Cela passe par la mise en valeur du savoir-faire des acteurs de la filière. Parmi eux, le boucher possède un rôle-clef : il connaît son fermier, les différentes races et est à même de prodiguer des conseils à ses clients. La connaissance et l’apprentissage sont aussi fondamentaux. Il faut dispenser des formations autour du goût, dès l’école : les enfants ne savent plus faire la différence entre le sucré, le salé, l’amer... Nous avons perdu notre goût... Mais l’élevage intensif n’a pas d’utilité car nous ne nourrirons pas la planète avec de la viande. Nous n’avons pas besoin de manger de la viande pour vivre. En consommer doit être le fruit d’une envie. La viande doit devenir un produit d’exception réservé à des moments de partage et de convivialité. Depuis l’après Seconde Guerre m ondiale, nous mangeons de la viande quasiment tous les jours. Or, nous pouvons trouver des protéines dans d’autres produits, et notamment dans des végétaux. Nous devons avoir une réflexion globale sur la nourriture. Mais ça n’est pas le fait d’arrêter de consommer de la viande qui va changer les choses. Il faut surtout arrêter d’exporter ce qui n’est pas exportable. Et offrir aux éleveurs de meilleurs revenus en leur donnant les moyens de produire mieux, localement et de vendre leurs productions sans intermédiaire. Il faut aussi relancer les races locales et traditionnelles, adaptées à leur territoire d’origine. »

 

CONTRE

Dr Jane Goodall

À plus de 80 ans, la célèbre primatologue jane Goodall continue de mener son combat pour la défense de la biodiversité, notamment au travers de sa fondation créée en 1977. Son végétarisme est une façon de s’opposer aux méfaits environnementaux de l’agro-industrie. En ce sens, il émane directement de son engagement écologiste.

 

« Devenir végétarien pour le futur de la planète »

« Pour produire 1 kilo de soja, il faut 2 000 litres d’eau, un peu plus que les 1 900 litres nécessaires pour 1 kilo de riz. Il faut en revanche 3 500 litres pour 1 kilo de poulet et, pour ce qui est du bétail, 100 000 litres sont nécessaires pour 1 kilo de bœuf. En gardant ces chiffres à l’esprit, il me semble que la moindre des choses que nous puissions faire, si nous nous soucions du futur de la planète, est de devenir végétariens ou tout du moins de manger le moins de viande possible, et uniquement de la viande d’animaux élevés en plein air. L’ OMS, la FAO et d’autres organismes font d’ailleurs savoir qu’en vue d’une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement, il nous faudrait réduire sans tarder notre consommation de viande, en nous fixant pour but de manger 15 % de viande en moins d’ici à l’an 2020. La bonne nouvelle, c’est que la nourriture végétarienne ou végétalienne n’est pas seulement bonne pour l’environnement, le bien- être des animaux d’élevage ou notre santé, elle sait aussi être délicieuse si elle est cuisinée comme il se doit. J ’ai partagé tant de plats à vous faire saliver avec mes amis hindous en Tanzanie. Comme de plus en plus de personnes choisissent une alimentation végétarienne, les livres de recettes ne manquent pas. En plus, on ne vous regarde plus comme un drôle d’oiseau lorsque, dans un restaurant, vous demandez un plat sans viande. Tous les bons hôtels, restaurants et compagnies aériennes, proposent une variante végétarienne. »

>> Extrait du livre de j ane Goodall, Nous sommes ce que nous mangeons , éditions Actes Sud, février 2008, p.204-205

Plus d'infos

À voir : Steak (R)évolution, de Franck Ribière, avec Franck Ribière et Yves-Marie Le Bordonnec, novembre 2014, 2h10 min.

 

www.janegoodall.fr

POUR et CONTRE : le revenu de base

Créé le : 08/02/2016
L'ex-ministre Benoit Hamon propose l'instauration d'un revenu universel d'existence associé à une baisse du temps de travail

L'ex-ministre de l'Education nationale, Benoît Hamon, en se portant candidat à la primaire PS, s'est dit favorable à l'instauration d'un "revenu universel d'existence". Une prise de position supplémentaire qui vient alimenter le débat, de plus en plus fourni sur ce sujet. Pour certains, plus que d’endiguer la misère, l’instauration d’un revenu social garanti aurait pour but de libérer du temps pour le citoyen. Temps alors valorisable «autrement». D’autres craignent qu’une telle mesure ne se substitue aux autres versements sociaux et n’exclue davantage de personnes du travail, notamment les femmes. POUR et CONTRE. 

 

POUR

Antonella Corsani  est socio-économiste du travail à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent notamment sur les métamorphoses du travail et du Rapport Salarial. Elle est également membre fondateur de la revue d'érudition Multitudes dont elle a coordonnéplusieurs numéros.

« Le revenu inconditionnel d’existence : l’argent c’est du temps ? »

«Le temps, c’est de l’argent. C’est cette économie du temps que l’instauration d’un revenu social garanti est susceptible de bouleverser. Conçu comme un revenu suffisant (et non minimal), inconditionnel (sans conditions de revenu et sans contrepartie en travail) et comme un revenu primaire (comme tout revenu d’activité), ce revenu social garanti s’oppose point par point à l’allocation universelle dans sa conception libérale (un revenu minimal pour endiguer la misère) : il constitue un Revenu Inconditionnel d’Existence, et non de subsistance. L’instauration d’un Revenu Inconditionnel d’Existence (RIE) permettrait l’émergence de nouvelles formes de production et de valorisation. D’une part, en dissociant travail et revenu, le RIE ouvre le chemin d’une écologie du travail. De par l’affranchissement de la contrainte monétaire du revenu, le temps est libéré et l’activité humaine peut être investie dans la production d’autres valeurs (valeurs de solidarité, esthétiques, écologiques, etc.) au lieu d’être monopolisée dans la production de la valeur-argent. D’autre part, en bouleversant l’économie du temps, c’est-à-dire en faisant de l’argent un préalable au temps, le RIE est une condition nécessaire de la lenteur, et par là d’une écologie du temps. De par la réappropriation de la maîtrise du temps, une nouvelle qualité des rapports à soi, aux autres et à l’environnement serait possible, c’est-à-dire, une nouvelle qualité de la vie.» exergue « en dissociant travail et revenu, ce nouveau revenu ouvrirait le chemin d’une écologie du travail. D’autre part, en faisant de l’argent un préalable au temps, il est une condition nécessaire de la lenteur, et par là d’une écologie du temps.»

 

CONTRE

Stéphanie Treillet est économiste, membre de la Fondation Copernic, et militante féministe. Pour elle, l’instauration d’un «revenu d’existence» pourrait devenir un facteur supplémentaire d’exclusion du travail, notamment pour les femmes.

« Le revenu de base, facteur d’exclusion du travail »

«Le “revenu d’existence”, ou “allocation universelle”, n’est pas, en termes d’émancipation humaine, une bonne réponse au chômage de masse et à la précarité. Il dessine en effet la perspective d’une société duale, où les unes parviendraient à s’insérer dans le travail social collectif, tandis que d’autres en seraient exclus. En actant l’idée que le plein-emploi serait un objectif hors d’atteinte, il abandonne la lutte dans les entreprises et laisse le champ libre au patronat pour accroître encore la pression que subissent les salariées au travail. Enfin, comment financer un tel revenu, à hauteur suffisante pour qu’il ne soit pas une aumône? Certains prônent pour cela la suppression de toutes les prestations sociales, solution extrêmement dangereuse! D’autres s’en défendent mais n’ont pas de réponse concrète à la question.... Mais surtout, le point aveugle de ce projet reste la question de l’autonomie des femmes: le travail salarié, avec ses dimensions contradictoires, reste la condition de cette autonomie, par rapport à leur conjoint, à leur famille, à leur entourage, et de leur existence sociale. On peut craindre, alors que les femmes se voient toujours chargées de l’essentiel des tâches ménagères et parentales, qu’un revenu d’existence ne se transforme en “salaire maternel”, les renvoyant au foyer. Or la plupart des théories prônant un revenu d’existence ignorent cette question. En réponse à cette impasse dangereuse, il faut défendre une vraie réduction du temps de travail, pour toutes et tous, interdisant le temps partiel imposé et la flexibilité, à même de parvenir à un véritable plein-emploi.»

 

 

Pour ou contre l'état d'urgence

Créé le : 01/02/2016

Suite aux attentats de Paris, le parlement a adopté, à la quasi-unanimité, la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, le 20 novembre dernier. Quelque 3000 perquisitions plus tard (dont une chez des maraîchers bios de Dordogne), le débat est vif autour de ce régime qui permet aux préfets de décider des assignations à résidence, des interdictions de séjour ou encore des couvre-feux. Si certains invoquent la nécessité de faire face à la menace terroriste par des mesures d’exception, d’aucuns soulignent les atteintes qui pèsent sur les libertés. La controverse est d’autant plus vive que le gouvernement souhaite renforcer les prérogatives des préfets via le projet de loi antiterroriste. Sécurité ou privation de libertés publiques : la prolongation de l’état d’urgence fait débat.

POUR

PHILIPPE CAPON

Secrétaire général d’UNSA Police, l’une des organisations syndicales les mieux représentées parmi les gardiens de la paix.

 

« la vigilance doit être maintenue »

« Après les attentats du 13 novembre, l’état d’urgence nous a permis d’effectuer des procédures et des vérifications sur des personnes connues des services de police. Et pour lesquelles ces vérifications n’étaient pas toujours réalisable par le passé. Cela nous a notamment permis de découvrir, via des perquisitions, des armes liées à la délinquance mais aussi au terrorisme. Car les liens entre terrorisme et délinquance sont étroits. Nous sommes aussi favorables à l’assignation à résidence, qui est utile pour contrôler des personnes radicalisées. Mais à condition que celle-ci soit encadrée et ne sorte pas du cadre de la lutte contre le terrorisme. Je tiens d’ailleurs à souligner que nous travaillons en étroite collaboration avec la Justice. Lorsque nous trouvons des éléments probants, ceux-ci se retrouvent ensuite entre les mains des magistrats. N’oublions pas que des événements comme ceux de janvier et de novembre étaient inconnus en France jusqu’alors. Nous faisons face à des personnes qui sont prêtes à aller jusqu’à la mort. Il faut avoir les moyens d’intervenir face à cela. Et la vigilance doit être maintenue : nous avons des alertes régulières. L’attaque du commissariat du XVIIIe arrondissement, le 7 janvier dernier, en témoigne. Il nous faut un système permettant dent contre ce risque. Et des moyens pour la police : l’état d’urgence engendre des contraintes pour les policiers, de la fatigue, des heures supplémentaires non-récupérées, des formations professionnelles non-suivies... L’état d’urgence ne peut pas être maintenu éternellement. Mais sa sortie doit être accompagnée par de nouvelles dispositions matérielles et juridiques pour lutter contre le terrorisme.»

 

CONTRE

HENRI LECLERC

Avocat depuis près de 60 ans. Il intervient dans plusieurs domaines dont celui des libertés publiques. Il a aussi été Président de la ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen de 1995 à 2000.

 

« Une telle solution ne doit pas être permanente »

« L’état d’urgence était peut-être nécessaire pour une durée courte, mais la prolongation est peut-être excessive. On peut sacrifier des libertés publiques momentanément pour la sécurité, mais une telle solution ne doit pas être permanente. L’application de l’état d’urgence donne lieu à des dérapages et les résultats ne sont pas concluants. D’abord, cette situation prive de nombreuses libertés, en interdisant les réunions de nature à provoquer ou à entre-tenir le désordre comme les manifestations ou les spectacles. Ces derniers ne sont pas interdits, si l’organisation a prévu un dispositif de sécurité renforcé. Et je ne parle pas des personnes qui sont assignés à résidence et qui ne peuvent plus sortir de chez elles. La limitation de libertés est donc importante et il ne faut pas l’oublier, peut frapper tout le monde. On a pu s’en rendre compte lors de la manifestation qui a eu lieu pour l’ouverture de la COP21, le 29 novembre dernier. Certes, le gouvernement avait interdit de manifester pour le climat à Paris et dans toutes les villes de France, mais il y a eu certaines dérives des forces de l’ordre. L’état d’urgence n’est pas en lui-même de nature à écarter le danger. Il sert surtout à rassurer les citoyens, à montrer que l’on agit. Mais je ne crois pas à son efficacité supérieure. En effet, ce n’est pas ainsi que l’on pourra lutter contre l’islam radical. Ce n’est pas ainsi qu’il faut s’y prendre : il faut s’attaquer aux causes de la radicalisation ».

Pour ou contre la valorisation des algues vertes ?

Créé le : 25/01/2016

En 2015, 19 000 tonnes d’algues vertes ont été ramassé rien que dans les Côte-d’Armor, département le plus touché. La quantité ramassée serait en hausse de 30 % par rapport à l’an passé. En cause : l’alternance de soleil et de pluie. C’est pour faire face à cette pollution que depuis 4 ans, un projet de valorisation des algues vertes a été mis en place : le projet Ulvans. Mené par cinq entreprises bretonnes et deux centres de recherches, il a trois objectifs : innover sur des produits en alimentation et santé animale respectueux de l’environnement, créer une filière industrielle importante sur la pointe bretonne et... réduire les algues vertes sur les plages. Autant d’arguments qui ont permis aux porteurs de projet l’obtention de crédits publics de recherche et d’investissement.

«Fumisterie !» s’insurgent les associations de protection de l’environnement qui dénoncent des politiques publiques qui financent à la fois la limitation des algues vertes à la source et leur valorisation. Mais aussi des projets de valorisation à l’impact non négligeable sur l’environnement.

CONTRE

Gilles Huet

Délégué régional d’Eau et Rivières de Bretagne, association de protection de l’environnement très active dans la lutte contre les marées vertes.

 

« Limiter les algues vertes implique une cohérence dans l'action publique »

« Sur le fond, ce projet de valorisation des al - gues vertes pose le problème de la cohérence du développement régional. Comment peut-on imaginer en même temps dépenser 150 millions d’euros pour éradiquer les algues vertes, et bâtir une filière de valorisation d’une algue qu’il faut faire disparaître ? Arrêtons de faire croire que tirer partie des algues vertes est un progrès et qu’on peut s’accom - moder de cette catastrophe écologique ! La seule démarche qui assure un avenir durable à notre région au plan de la santé publique, de l’économie littorale et de l’environnement, c’est la disparition des algues vertes, et non leur transformation ! Une aberration économique La valorisation des algues vertes, via le projet Ulvans (ndlr, projet complexe de valorisation des algues vertes portée par 5 sociétés dont Olmix et deux centres de recherches) par exemple, ne résoudra pas les problèmes. Ce projet mise sur un ramassage d’algues sur certains sites précis et leur valorisation par de gros équipements industriels. C’est un gouffre énergétique, car il faut transporter sur plusieurs dizaines de km un produit composé à 90 % d’eau, doublé d’une aberration économique. Sous couvert d’innovation, ce projet ressemble fort à une immense pompe à argent public actionnée à grand renfort de campagnes de communication ! Comment la Banque publique d’investissement (BPI), qui finance ce projet via sa filiale Oséo, peut-elle cautionner cette fumisterie ? Comme tous les autres projets de valorisation des algues vertes avortés jusqu’à présent, Ulvans n’est pas économiquement viable ! Sauf à faire porter le chapeau par un impôt algues vertes. Un impact environnemental Par ailleurs, pour pouvoir être transformées, les algues ne sont pas ramassées sur les plages, mais dans le « rideau d’eau », c’est-à-dire à quelques dizaines de cm de profondeur. Les engins nécessaires à cette extraction sont très lourds et abîment l’estran – notamment sur des plages classées Natura 2000. Et les études menées par le Parc marin d’Iroise en Baie de Douarnenez montrent une baisse de 30 % des populations de tellines sur ces zones, et des mortalités de juvéniles de poissons. Ce ramassage conduit donc à des dégâts écologiques qui ont des conséquences économiques pour la pêche professionnelle côtière ! En finir avec les algues vertes La valorisation ne conduit qu’à s’accommoder de ce cancer vert qui ronge le littoral ! Si nous n’avons pas une stratégie claire de lutte contre ce fléau, les algues vertes continueront d’être à la fois une menace pour la santé publique, un danger environnemental et un fléau économique : 30 % de coûts de production supplémentaires pour les huîtres élevées dans les zones atteintes, l’activité touristique ou l’immobilier sinistrés dans certaines communes littorales, c’est cela le développement que l’on souhaite pour la Bretagne ? La fin des marées vertes exige une parfaite cohérence des politiques publiques. »

 

POUR

Hervé Balusson

PDG d’Olmix, une entreprise bretonne spécialisée dans la valorisation des algues, à l’initiative du projet Ulvans.

 

« Les marées vertes, ce n'est pas mon problème »

« Selon moi, le débat sur la pertinence de la valorisation des algues vertes est dépassé. Les excès de nitrates dans les rivières datent d’il y a 30 ou 40 ans. Depuis les agriculteurs ont fait de gros efforts et le problème est résolu. Tout est sous contrôle. La valorisation des algues vertes n’a rien à voir avec la question des marées vertes à proprement parler ! Quant à moi et à mes partenaires, nous sommes là pour créer de nouveaux produits dans lesquels on utilise de la chimie verte, c’est-à-dire sans pétrole. Désormais, c’est un sujet mondial. Ma problématique, c’est la connaissance et l’innovation – à partir d’algues - pour résoudre des problèmes de santé animale, végétale et bientôt humaine. Nous avons même espoir de développer des techniques pour soigner les cancers grâce aux algues et à leur patrimoine génétique. Ulvans participe à cela ! L’enjeu économique est majeur : Olmix est parmi les 4 entreprises françaises sélectionnées par France Biotech (ndlr, association française de biotechnologie) pour aller présenter tout cela sur les marchés américains. Ici ou ailleurs Que le sujet de la valorisation des algues vertes soit difficile à faire passer dans l’opinion publique, je le reconnais. Car il est complexe et novateur. De même, les questions relatives à l’éolien ou la méthanisation soulèvent de vives polémiques : dès que l’innovation avance, elle rencontre de la résistance. Mais il ne s’agit finalement que de quelques dogmatiques qui ont du mal à accepter le progrès. C’est un frein, mais nous devons faire avec. Je ne vais pas licencier mes chercheurs à cause d’eux ! Et puis de toute façon, si nous ne pouvons pas développer notre filière industrielle en Bretagne, nous irons le faire ailleurs ! Mais cela m’attristerait... Des légumes sans fongicide Nous ramassons aujourd’hui les algues en mer, pour éviter l’extraction de sable sur les plages, qui détruit le littoral. Et le jour où il n’y aura plus d’algues, nous ferons venir des concentrés du reste de l’Europe ; ou nous en ferons pousser sous serre. Ce n’est pas un problème pour nous. On m’a fait comprendre que j’étais associé à la Sica et aux agriculteurs productivistes, notamment sur notre site de Saint-Pol de Léon. Mais si cette association est réelle, l’objectif est tout autre : mon travail est justement d’apporter à la Sica la possibilité de cultiver des légumes sans fongicide grâce à mes molécules d’algues. Il faut savoir ce que l’on veut ! Suivant nos sondages, 80 à 90 % des gens sont pour cette valorisation. Et si nous argumentons sur le fait que nous créons de l’emploi et de nouvelles filières, nous obtiendrons 100 % de soutien. »

Plus d'infos

www.eau-et-rivieres.asso.fr

www.olmix.com

Pour ou contre la vaccination ?

Créé le : 18/01/2016
Le 12 janvier dernier, Marisol Touraine, ministre de la santé, a ouvert une grande concertation citoyenne sur la politique vaccinale en France. Objectif : rétablir la confiance des Français vis-à-vis de la vaccination. En effet, les autorités s’inquiètent des mouvements de défiance qui semblent s’être installés à l’égard des vaccins depuis quelques années. Pourtant il est obligatoire de se faire vacciner contre 3 maladies: la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Quelques piqûres pour « se protéger soi-

Le 12 janvier dernier, Marisol Touraine, ministre de la santé, a ouvert une grande concertation citoyenne sur la politique vaccinale en France. Objectif : rétablir la confiance des Français vis-à-vis de la vaccination. En effet, les autorités s’inquiètent des mouvements de défiance qui semblent s’être installés à l’égard des vaccins depuis quelques années. Pourtant il est obligatoire de se faire vacciner contre 3 maladies: la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Quelques piqûres pour « se protéger soi-même mais aussi les autres », comme le mentionne le ministère de la Santé. La vaccination au sens large permettrait aussi « d’éradiquer des maladies qui pourraient réapparaître si la population n’est pas suffisamment vaccinée ». Face à cette responsabilité individuelle, mais aussi collective, certains font le choix de refuser la vaccination, pointant du doigt les risques encourus par d’éventuels effets indésirables.

POUR

Judith Mueller

Professeur en épidémiologie à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et directrice adjointe du Réseau doctoral en santé publique.

 

« Se vacciner est un acte responsable »

Je comprends que le caractère obligatoire de certains vaccins puisse poser problème. D’ailleurs, le Haut conseil de santé publique s’interroge sur la question: liberté individuelle, confusion entre vaccins obligatoires et recommandés, contexte international qui tend à une suppression des obligations... Enfin, pour la diphtérie ou le tétanos, il n’y a pas de caractère urgent ou menaçant en France qui pourrait justifier une obligation, bien que ceci fût le cas pour la rougeole, sans qu’une obligation n’ait été établie. Ainsi, la justification de l’obligation vaccinale s’effrite et la loi pourrait évoluer prochainement vers plus de modularité. Par ailleurs, l’accès aux vaccins recommandés mérite d’être facilité, par exemple par un remboursement à 100%, afin de ne pas créer des inégalités sociales et de renforcer la cohérence de la politique vaccinale. En outre, ce point ne doit pas éluder l’intérêt de la vaccination. Même si aucun vaccin n’est efficace à 100%, la proportion de personnes protégées après vaccination est bien supérieure (ndlr, 90% environ) à celle qui reste vulnérable à la maladie malgré vaccination*. De même, le risque d’un effet indésirable existe avec tous les vaccins. Pour s’assurer qu’un effet indésirable grave ne survienne que de façon extrêmement rare, une surveillance adéquate est importante après l’introduction d’un nouveau vaccin dans la population. Les vaccins actuellement recommandés ont tous un rapport risque-bénéfice très favorable, non seulement pour la population, mais notamment pour l’individu. L’émergence de la diphtérie après la chute de l’union soviétique et l’épidémie de rougeole en France 2008-2011, illustrent que ces maladies sont toujours bien présentes. Enfin, contribuer à la lutte contre une maladie est une action noble et responsable. Chacun doit comprendre le rôle qu’il peut jouer. Si moi et mes enfants sommes en bonne santé et que nous nous faisons vacciner, nous pouvons couper la transmission de plusieurs maladies et ainsi protéger les personnes plus vulnérables autour de nous, chez qui les vaccins sont moins effectifs ou contre-indiqués: les personnes avec une autre maladie ou âgées, les nourrissons en bas âge... C’est à chacun de choisir. Mais personnellement j’espère que dans la société à laquelle j’appartiens, les gens seront sensibles à ce genre d’argument. *Exception: le vaccin contre la grippe saisonnière, pour laquelle l’efficacité peut être seulement de 50%, en fonction des années et des fluctuations du pathogène.

 

CONTRE

Jean-Marie Mora

Président de la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations depuis une vingtaine d’années. Depuis 60 ans, cette association conteste les obligations et les abus des vaccinations.

 

«Vaccinations: l’abus de la solidarité »

Au mépris du consentement de l’individu préalablement à un acte médical le concernant (ou ses enfants), la France est l’un des rares pays à exiger des vaccinations (contre Diphtérie, Tétanos, Polio: DTP, pour ne parler que de la population générale), et ce, sans avantage sanitaire par rapport aux pays, notamment de l’union européenne, qui ignorent de telles obligations. L’acte médical relève chez nous de la formalité administrative. Pour s’opposer à une liberté individuelle fondamentale, les promoteurs des vaccinations soutiennent qu’on ne se vaccine pas seulement pour soi, mais aussi, voire d’abord, pour les autres.Cet argument est totalement déplacé pour une maladie non contagieuse comme le tétanos, ou des maladies inconnues en France depuis plus de 20ans, ce qui est la cas de la diphtérie et de la polio. C’est donc inutilement que l’obligation fait courir des risques à la majeure partie de la population.Les vaccins strictement DTP apportent une garantie de l’État pour les dommages causés aux vaccinés, du fait de leur caractère obligatoire. Mais on associe systématiquement au DTP d’autres valences (coqueluche, haemophilus influenza b, hépatite B) dont la présence fait perdre cette garantie. Autour de ces vaccinations obligatoires inutiles et déjà parasitées par d’autres valences, se développent un calendrier vaccinal régulièrement enrichi et des campagnes tapageuses (antigrippe notamment). Or, comme tout médicament, la vaccination comporte des risques et la multiplication de ces sollicitations du système immunitaire est inquiétante. Ainsi, la vaccination contre le papillomavirus (Gardasil®, Cervarix®), abusivement présentée comme une prévention du cancer du col de l’utérus, multiplie de par le monde des scléroses en plaques, des stérilités, etc. Certains adjuvants ou composants (aluminium, squalène, borax...) induisent des risques supplémentaires.Face à ces risques, le bénéfice attribué aux vaccins (antivariolique, BCG, antipolio...) est tout aussi exagéré que le sont les dangers des maladies contre lesquelles ils sont censés protéger la population. C’est pourquoi la Ligue Nationale pour la Liberté des vaccinations recommande la vigilance: «Pas de vaccination, sans réflexion !

 

Plus d'infos

www.inpes.sante.fr

www.hcsp.fr

www.infovaccin.fr

Pour ou contre les emplois aidés

Créé le : 11/01/2016

+0,4 % de hausse du chômage en décembre pour clôturer 2015. Le Gouvernement relance les contrats aidés en 2016. Il prévoit même un budget de 2,6 milliards d’euros uniquement pour ces emplois subventionnés par l’État ou les collectivités. Ils visent à la réinsertion sociale et professionnelle des personnes éloignées de l’emploi. Ils concernent le secteur non-marchand (collectivités, associations, services publics) et le secteur marchand. Largement utilisés par les politiques de droite comme de gauche depuis une trentaine d’années, ils sont une réponse au chômage pour certains, un non-sens pour d’autres.

CONTRE

Bertrand Martinot

Économiste, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy et ancien délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle.

 

« Les emplois aidés sont une spécialité française !

Nous sommes le pays de l’OCDE qui consacre la plus grande part de son budget « Emploi » aux aides : 3,6 milliards sur les 11 du budget total. Ces 33 % représentent en fait beaucoup plus : il s’agit de toute la marge de manœuvre du ministère ; le reste des dépenses étant très rigides, comme les allocations de fin de droit des chômeurs par exemple. Ces contrats aidés se font donc au détriment d’autres mesures qui seraient, selon moi, bien plus efficaces. Ainsi, dans le budget 2014, on a ratiboisé 550 millions d’aides à l’apprentissage pour financer les 50 000 emplois d’avenir complémentaires. En plus, ces emplois n’améliorent pas la trajectoire des bénéficiaires. Si l’on prend deux personnes qui ont les mêmes caractéristiques (ndlr, âge, sexe, niveau d’étude), l’un passe par un contrat aidé, l’autre non. Et bien sur 3 ou 4 ans, le taux d’emploi est le même ! Illustration : 60 % des bénéficiaires d’un emploi aidé dans le secteur non-marchand se retrouveront au chômage ou seront en inactivité au bout de 6 mois. Ils seront 30 % suite à un contrat aidé dans le secteur marchand. De par mon expérience, je sais que seuls des contrats aidés ciblés sur des personnes très éloignées de l’emploi pourraient être efficaces. S’ils sont assortis de mesures d’accompagnement, de formation, de suivi... Il s’agirait d’être intransigeant, à la fois sur le choix des bénéficiaires et sur celui des employeurs. Cela concernerait seulement 150 000 à 200 000 emplois. Mais aujourd’hui, nous sommes dans une politique du chiffre. Les 500 000 contrats aidés créés chaque année ne sont pas assez exigeants : plus il existe de contrats aidés non-marchands et plus les employeurs sont sélectifs. Résultats : ce ne sont souvent pas les personnes les plus éloignées de l’emploi qui entrent dans ces dispositifs. L’objectif est manqué ! Je pourrais néanmoins comprendre qu’en période de récession, l’État crée des emplois publics. Cette démarche keynésienne peut pallier une crise conjoncturelle. Mais cela fait 30 ans que l’on fait des emplois aidés : ils sont structurels ! Même ici, cet argument tombe ! Certaines associations ou collectivités ne vivent que de ces contrats, c’est un vrai problème. Mais ce n’est plus celui de l’emploi. Soit l’on croit à la décentralisation, et les collectivités se veulent autonomes financièrement. Soit on est jacobin et alors on laisse l’État gérer ses emplois. Mais en tout état de cause, qu’un employeur bénéficie d’une subvention à hauteur d’environ 80 % a quelque chose de déresponsabilisant. Alors oui, les contrats aidés permettent, dans un contexte où beaucoup de choses échappent à l’État, de donner au président la possibilité de créer des emplois. Le ministre du travail peut se dire la même chose. De même que les élus locaux. Cette vision n’est pas uniquement électoraliste : elle permet aussi de redonner un peu de confiance aux Français. Ralentir la progression du chômage d’environ 0,2 point, cela peut soutenir un peu le moral des ménages. Ce qui est bon pour la consommation... Mais il faut toujours mettre en regard le coût d’une mesure et ce que cela apporte réellement à l’économie.

 

POUR

Laurence Fortin

Conseillère régionale déléguée à l'économie sociale et solidaire et à la vie associative, présidente de la commission économie à la région

 

« Une passerelle vers l ’emploi »

« Évitons d’emblée les oppositions classiques entre une économie d’entreprises qui créeraient de l’emploi et celles qui bénéficieraient de subventions. La création d’emploi reste l’affaire de tous : les entreprises du privé, celles du public, les institutions et le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). C’est une responsabilité collective que l’on doit se partager, notamment grâce à la formation. Le contrat aidé est un marche-pied pour des personnes éloignées de l’emploi. Il offre un travail et redonne de l’espoir à des gens qui en ont souvent besoin. Je préfère un actif pourvu d’un emploi, qu’un chômeur inactif ! Ces emplois, même partiels, ont une dimension sociale très importante. Leur impact ne peut pas se mesurer uniquement en terme financier. Ils sont aussi un moyen pour sécuriser le système économique. À la Région, nous soutenons, par exemple, le secteur associatif comme les entreprises. Car ce tremplin est valable aussi bien pour le secteur marchand que non-marchand. Toutefois, c’est quand même le domaine agricole qui bénéficie le plus d’aides publiques. Au global, ces aides – principalement européennes – sont le résultat d’une volonté politique au départ de nourrir les hommes. À chaque moment sa priorité politique et donc son secteur à financer. Cette intervention publique est là pour soutenir l’activité, accompagner des initiatives. En se sens, un soutien à l’ESS, qui est une économie qui ne se limite pas au secteur marchand, créatrice d’innovation sociale, me paraît tout à fait d’actualité. Afin de développer l’emploi, il faut accompagner les structures dans leur développement. Si elles se développent, elles créeront de l’emploi. Nous devons donc veiller aussi au modèle économique des organisations qui bénéficient des emplois aidés et autres aides financières. Il s’agit d’impulser une dynamique et de former des personnes éloignées de l’emploi. Certainement pas de mettre des organisations sous perfusion ! Si le recours à un contrat aidé est systématique au sein d’une structure, c’est qu’il s’agit d’un problème financier. Dans ce cas, il existe d’autres dispositifs qui permettent une consolidation financière. Le contrat aidé n’est qu’une passerelle, pas un élément constitutif. Ces aides directes ne sont pas les seules. Nous disposons de divers dispositifs d’aides à l’investissement par exemple. Nous essayons aussi d’innover en proposant un accompagnement des jeunes au sein des Coopératives jeunesse de service. Enfin, la formation, l’éducation populaire... ne sont pas à négliger. Le rôle de la collectivité est de créer des conditions optimales au développement de l’activité. La collectivité a finalement un rôle d’accompagnement et de mobilisation sur son territoire. »

Plus d'infos

Chômage, inverser la courbe,B. Martinot, publié par l’Institut Montaigne aux éditions Les Belles Lettres, 2013, 19 euros.

 

www.bretagne.fr

Pour ou contre le jeûne ?

Créé le : 04/01/2016

Moyen efficace de «nettoyer» l’organisme des toxines pour les uns, dangereux pour les autres, le jeûne est une pratique controversée. Pourtant, il gagne chaque jour de nouveaux adeptes attirés par ses bienfaits supposés. À tel point que plusieurs structures proposent aujourd’hui de jeûner pendant plusieurs jours tout en pratiquant la randonnée.

POUR

Jean-Pascal David

Naturopathe, il a créé la Maison du jeûne il y a 6 ans, groupement d’organisateurs qui proposent des séjours de jeûne et randonnée en France et à l’étranger.

 

« Le jeûne permet de nettoyer l’organisme »

« Le jeûne consiste à restreindre les apports du corps en calories durant une période définie. Cela se traduit par l’abstinence de toute nourriture solide. Nous pratiquons le jeûne de façon préventive: il s’agit de mettre en repos le système digestif et de nettoyer l’organisme. Les personnes qui viennent effectuer un séjour chez nous doivent être en bonne santé et apporter un certificat médical. On ne rentre pas brutalement dans le jeûne, pour éviter les maux de têtes et les vomissements. Mais on pratique plutôt une “descente alimentaire” durant la semaine. On enlève progressivement e café, le tabac, les viandes pour terminer par les fruits et les légumes. L’activité physique permet d’entretenir la masse musculaire, de s’oxygéner. Mais aussi d’occuper à la fois le corps et l’esprit en alliant les bienfaits du jeûne avec un côté “vacances”. Les personnes qui participent à ces sessions restent, au minimum, une semaine. Il s’agit d’un moment de détente et de sérénité. Mais il peut y avoir des instants de doute: il faut que la physiologie de chacun prenne le temps de s’adapter au jeûne. Et certaines personnes traversent des passages émotionnels en se retrouvant face à elles-mêmes, sans nourriture. Des médecins commencent à parler du jeûne, les choses bougent, nous espérons que la médecine en France ira dans ce sens.»

 

CONTRE

Professeur Daniel Tomé

Professeur de nutrition humaine à AgroParisTech. Pour lui, jeûner n’est en rien bénéfique pour l’organisme. Au contraire, cette pratique peut porter atteinte aux masses musculaire et osseuses.

 

« Le jeûne peut être néfaste »

« Je ne suis pas favorable aux régimes visant à limiter drastiquement les apports caloriques pendant deux à trois semaines. Car ils imposent à l’organisme des restrictions énergétiques majeures. C’est encore pire de se mettre en jeûne complet car l’organisme va puiser dans ses réserves.Au bout d’un moment, les tissus se mettent en déficit. Le cerveau a besoin de glucides pour fonctionner convenablement. Le corps en fabrique habituellement à partir de protéines. Chez le jeûneur, le foie va transformer en glucides des acides aminés présents dans les muscles. La masse musculaire est atteinte mais aussi, au bout d’un moment, le squelette. Le métabolisme entre alors dans une phase négative. C’est surtout le fait de répéter l’expérience qui peut être néfaste, d’imposer à l’organisme des variations trop fortes. Car cela peut accentuer la perte osseuse et musculaire sur le long terme. Quant aux personnes qui associent le jeûne à la pratique de la randonnée, cette action ne peut être que pire car cela accentue la dépense énergétique et fait travailler les muscles. Par ailleurs, si certains jeûneurs ressentent une forme de bien-être, c’est que des médiateurs dans le cerveau travaillent afin que l’organisme, en attente de nutriment, reste en éveil. Au bout d’un moment, le corps se met en état de survie.»

Plus d'infos:

www.lamaisondujeune.com

www.agroparistech.fr/Sciences-de-la-Vie-et-Sante

Pour ou contre la chasse récréative ?

Créé le : 12/10/2015

Alors que la saison de chasse est lancée, la question de sa moralité peut se poser. Si les plus écologistes souhaitent une non-intervention totale de l’homme sur la faune et une auto-régulation de la nature, il est difficile de nier le rôle de service public des chasseurs pour réguler certaines espèces. Mais la chasse récréative, pratiquée comme un loisir, est-elle vraiment « morale » ? Est-elle utile ? é léments de réponse avec deux acteurs majeurs de l’environnement.

POUR

Pierre de Boisguilbert

Porte-parole de la Fédération nationale des chasseurs Français

 

« L’homme chasse par plaisir »

La chasse n’a pas vocation à être utile. L’homme chasse par plaisir. Historiquement, il a d’abord chassé pour se défendre des bêtes sauvages et pour se nourrir. Mais dès le milieu du néolithique -et donc bien avant notre ère- sont apparus la domestication des animaux et le début de l’agriculture. À partir de ce moment, on n’a plus chassé par nécessité, mais par plaisir. Pour moi, la question de l’utilité de la chasse ne se pose pas plus que de savoir à quoi sert Mozart !La chasse est un loisir que pratiquent 1 250 000 personnes en France, ce qui en fait le deuxième loisir, en terme du nombre de licenciés après le football ! que la chasse ne soit pas bien vue par certains est une question idéologique, rien d’autre. c’est l’urbanisation de notre mode de vie qui nous a fait perdre le contact avec la nature et la réalité du cycle naturel. voilà pourquoi la chasse est plus controversée qu’il y a une cinquantaine d’années. Dans le cycle de la vie, il y a la mort. Et notre société a de plus en plus tendance à vouloir la cacher, l’aseptiser, l’enfermer dans des hôpitaux et la médicaliser. Dans les cours des fermes, on égorgeait les cochons et maintenant les gens trouvent ça monstrueux. ils n’en ont plus l’habitude. oui, en tant que chasseur, je donne la mort au terme d’une action de quête, qui est l’essentielle de mon plaisir. je suis effectivement prêt à confronter la mort en prenant la responsabilité de l’enlever. Le gibier a eu une vie agréable, il a vécu en liberté dans son milieu naturel. Et j’essaye de le tuer le plus rapidement et dignement possible. cette mort là est plus douce que celle des abattoirs. c’est toute l’hypocrisie des gens qui mangent de la viande mais qui ne veulent ni savoir d’où elle vient, ni comment elle a été obtenue. Dans les territoires ruraux, la chasse ne pose pas de problème à la population. Et les sociétés de chasse sont les derniers lieux de convivialité, lorsque ont disparu l’épicerie ou le bistro. La chasse crée du lien. c’est l’une de ses valeurs ajoutées.

 

CONTRE

Allain Bougrain-Dubourg

Président de la Ligue pour la protection des oiseaux

 

« C’est éthiquement inacceptable »

Autant le dire, je ne peux concevoir que l’on retire la vie pour le seul plaisir. Le fait que la chasse induit notamment le lâcher de gibier d’élevage (près de 20 millions d’animaux par an!), dans l’espoir de satisfaire la gâchette, me paraît éthiquement inacceptable. j’ai, du reste, publiquement exprimé ce point de vue lors de colloques organisés par le monde cynégétique. Mais j’ai ajouté que nos différences fondamentales ne devaient pas effacer le potentiel de collaboration, dans l’intérêt de la nature. En Angleterre, par exemple, les protecteurs de la nature conjuguent leurs compétences avec les chasseurs, dans des opérations visant à préserver les milieux naturels. En France, ce type de démarche, trop rarement réalisée avec des fédérations ou associations cynégétiques locales, sont inenvisageables au plan national. Pourquoi? Parce que la Fédération nationale des chasseurs, et certaines fédérations régionales, ont tout intérêt à enfermer les protecteurs dans une mage d’ « anti-chasse primaires», en espérant ainsi mobiliser «leurs troupes ». De leur côté, les protecteurs (la LPO en tête) ne peuvent admettre qu’aucun effort ne soit entrepris pour limiter le nombre d’espèces chassables, dont certaines connaissent un très mauvais statut de conservation - la France bat le record des espèces chassables avec 90, contre 54 pour l’Allemagne, 45 pour la Belgique, 36 pour le Luxembourg, etc...). Par ailleurs, les braconnages dénoncés par la LPO mais «institutionnalisés», du type tourterelles dans le Médoc hier, ou ortolans et pinsons dans les Landes aujourd’hui, ne peuvent qu’entretenir les conflits. Le respect du droit s’impose avant que ne s’envisage la confiance! Enfin, on ne peut passer sous silence le mépris, voire la violence, que certains porteurs de fusils manifestent à l’égard des autres usagers de la nature (cavaliers, randonneurs, etc...). À l’évidence, la cohabitation n’est pas au rendez-vous ! Le monde de la chasse est manifestement en déclin. ceci explique peut-être cela...

Plus d'infos

www.chasseurdefrance.com

www.lpo.fr

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