Débat

Ronan Dantec : "Pour NDDL, il y a un compromis à trouver"

Créé le : 27/06/2016
La ZAD de NDDL - Crédit Photo : Magali Chouvion

Le 26 juin, la consultation sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes s'est close sur une victoire du « oui » à 55,17 % avec 51,08 % de participation. Une consultation nationale en ligne avait elle récolté 98% de « non » sur près de 90 000 votants, et un récent sondage Opinion Way pour France Nature Environnement déclarait 60% de français défavorables au nouvel aéroport. Ronan Dantec, sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, nous a donné son interprétation des résultats du vote du weekend dernier.

 

 

Le oui au nouvel aéroport l'emporte sans ambiguïté, mais les communes les plus concernées ont voté non au projet d'aéroport... Qu'est-ce que cela révèle, selon vous ?

 

On constate, et ce malgré le oui significatif, que les deux communes les plus concernées par le projet, c'est-à-dire celle de l'actuel aéroport Nantes Atlantique et le territoire de Notre-Dame-Des-Landes ne sont pas favorable au nouvel aéroport. Cette consultation révèle donc la photographie étonnante d'un projet qui n'est pas désiré par les plus impactés. Ce qui fait basculer le oui, c'est un vote politique des territoires de droite et notamment des territoires en souffrance du nord du département qui voient dans le projet une aubaine économique. Les résultats doivent donc être observés avec attention, on ne peut pas parler d'un oui massif et homogène, ce n'est pas le cas. Nous avons affaire à une consultation biaisée, à la fois de part le choix du périmètre mais aussi le manque d'informations : le coût réel du réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantiques n'étant pas connu. La consultation de ce week-end n'est pas à prendre comme autre chose qu'une simple consultation : elle ne règle pas le problème et ne démobilise pas les opposants.

 

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement quant au projet de Notre-Dame-Des-Landes ?

 

Il faut maintenant respecter les recours juridiques. Il n'y a toujours pas eu de réponse quant au contentieux européen ni quant à la loi sur l'eau. Il reste de même la question du projet en lui-même : il a été demandé un projet plus réduit, cette option est à explorer pour trouver un compromis environnemental. Pour cela, il faudra examiner le rapport qui a été remis à Ségolène Royal.

 

 

Vous dites que le résultat ne démobilise pas les opposants, que reste-t-il alors comme moyens d'action après la consultation ?

 

Il reste l'action politique, il s'agit de ramener ce projet sur le terrain politique. C'est la mobilisation à droite qui a permis le succès. On voit que le débat divise profondément la gauche. C'est désormais dans les urnes qu'il reste à s'exprimer, puisque c'est le terrain central de la démocratie. Je ne remets pas en cause le résultat, plus de la moitié de la population s'est déplacé. Cela montre tout de même que le projet reste très clivant. Il y a une solution à trouver pour arriver à un compromis et c'est notre responsabilité à tous.

Amaëlle OLIVIER

Plus d'infos :

Pour le Projet d'aéroport : www.desailespourlouest.fr/

Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

nddl-debatpublic.fr/

Rémy Pech : « Occitanie mérite de s’inscrire sur la carte »

Créé le : 27/06/2016
© Rémy Pech

Le 24 juin, les conseillers de la région ont voté en Assemblée plénière le nouveau nom de la région Languedoc-Rousillon-Midi-Pyrénées. Lors de la consultation citoyenne du 9 et 10 juin, "Occitanie" était arrivé en tête et c'est ce même nom, complété du sous-titre "Pyrénées-Méditerrannée" qui a été choisi.  Par la suite, un décret en Conseil d’Etat devra le valider avant le 1er octobre 2016. Rémy Pech est membre du « Comité du Nom de la région ». Originaire de l’Aude, cet ancien président de l’Université du Toulouse-Le Mirail est historien. Rencontre. 

 

 « Languedoc, Occitanie, Languedoc-Pyrénées, Occitanie-Pays catalan et Pyrénées-Méditerranée sont les différentes propositions. Définir quelle appellation conviendrait le mieux à cette nouvelle région n’est pas simple. Chacune possède sa légitimité. Certains estiment qu’« Occitanie » couvre une partie trop vaste du territoire. Néanmoins, cette appellation mérite de s’inscrire sur la carte. Cette région est la seule à pouvoir la revendiquer. Ce terme implique réellement tout le territoire. Ainsi, même les catalans sont inclut. Il y a une certaine cohérence naturelle. Pourtant, il est certain que le choix de « Languedoc » est intéressant. Toulouse est sa capitale historique. Si l’on considère que ce nom fait écho à la langue d’Oc, il devient pertinent. Mais de nombreux départements n’ayant jamais appartenu à cette ancienne région, ne se reconnaissent pas dans cette promesse. Le Lot, l’Ariège, le Tarn-et-Garonne, le Gers ou encore l’Aveyron. « Languedoc » apparaît comme trop restreint. S’il est certain qu’il ne faut pas laisser ce terme de côté, un choix doit être fait. Devons-nous associer un autre nom à ces deux appellations ? Languedoc-Pyrénées, Occitanie-Pays catalan ? En effet, je crois qu’il est légitime de tenir compte des catalans. Ils représentent une identité très forte. Même s’ils demeurent minoritaires dans la région, il paraît difficile de les éliminer. « Pyrénées-Méditerranée » possède également un sens. Il constitue le fief touristique par excellence et concerne des départements qui se situent en dehors du Languedoc. L’Ariège, les Hautes-Pyrénées ou encore les Pyrénées-Orientales sont concernés. Néanmoins, chacun a sa sensibilité et doit se prononcer. Par la suite, les élus arbitreront. »

 

Plus d'infos : 

http://www.regionlrmp.fr/Consultation-sur-le-Nom-de-la-Region-les-30-mem...

http://www.regionlrmp.fr/le-nom-de-ma-region 

http://framespa.univ-tlse2.fr/actualites/pratique/annuaire/pech-remy-244...

 

Caroline Sénécal

« Les Français disent NON à l’aéroport NDDL »

Créé le : 23/06/2016

Interrogée par OpinionWay à la demande de France Nature Environnement, une majorité de Français (60%) se déclarent défavorables à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Dans le détail, « toutes tranches d’âges confondues, 29% sont tout à fait opposés alors que seulement 11% y sont tout à fait favorables ». FNE a ainsi souhaité poser à l’ensemble des Français la question à laquelle devront répondre les habitants du département de Loire-Atlantique dimanche prochain. Tribune à France Nature Environnement. 

« Si nous avons posé la question à l’échelle nationale, c’est parce que nous nous apprêtons à détruire une partie de notre patrimoine naturel commun et les services gratuits qu’il nous rend. C’est aussi parce que ce projet implique des investissements publics. Enfin, rappelons que l’engagement de la France à la cop21 pour lutter contre le réchauffement climatique n’est pas compatible avec une priorité donnée au transport aérien.

Un mauvais outil pour dépasser les postures

Quoi qu’il en soit, si le référendum, qui est en fait une simple consultation, consiste à opposer une population à une autre, il ne peut pas être le bon outil de sortie de crise. Seule une remise à plat du projet, associant toutes les parties, pourra permettre de construire un réel projet de territoire qui satisfera aux besoins régionaux (limitation du bruit aéroportuaire, préservation de la zone humide et des activités agricoles…). Ce projet de territoire permettrait de dépasser les postures et les clivages.

Priorité à des investissements d’avenir

Si 60% des Français sont convaincus qu’il ne faut pas construire cet aéroport, c’est sans doute parce qu’ils ont compris que c’était un projet nuisible parce qu’il va coûter très cher, parce qu’il va détruire un patrimoine exceptionnel et parce qu’une alternative reposant sur la modernisation de l’aéroport de Nantes Atlantique existe. A travers ce sondage, les Français expriment le besoin de voir l’Etat mettre la priorité sur les transports du quotidien pour mieux répondre aux préoccupations « ordinaires » : plus de gares, plus de trains, plus de tramways, plus de bus (propres), plus de circulation douce. Voilà ce à quoi semblent aspirer les Français du 21^e siècle plutôt que d’offrir à d’hypothétiques voyageurs américains la possibilité d’éviter un passage par Paris.

Denez L’Hostis, président de FNE : « Ce sondage témoigne du bon sens des Français qui ont compris qu’un aéroport conçu il y a 50 ans pour accueillir le concorde puisse ne pas répondre aux besoins contemporains d’une France qui doit se tourner vers une mobilité durable, décarbonée, la moins polluante possible et répondant à nos besoins quotidiens en matière de déplacement (majoritairement le déplacement domicile-travail). Il est plus que temps que la France remette à plat l’ensemble de sa politique de transport et de mobilité en faisant enfin la part belle aux transports en commun et aux transports fluviaux et maritimes. »

Plus d’infos :

www.civicrm.fne.asso.fr

www.fne.asso.fr 

"La question n'est plus de savoir si les pesticides sont dangereux mais comment en utiliser moins"

Créé le : 22/06/2016

Générations Futures, et son porte-parole François Veillerette, se battent depuis 20 ans contre les pesticides et leurs effets nocifs. Récemment, c'est contre les néonicotinoides, les fameux « tueurs d'abeilles » que s'est mobilisée l'association, recueillant près de 670 000 signatures sur une pétition remise le 16 juin à Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie. Le lendemain, François Veillerette participait avec nous à une conférence intitulée : « Pesticides, s’informer pour agir au bénéfice des générations futures ! ».

Retrouvez l'intégralité de cette conférence audio, ainsi que le débat avec François Veillerette et Denis Lairon, chercheur à l'Inserm, autour des pesticides et de l'alimentation bio.

 

"La question n'est plus de savoir si les pesticides sont dangereux mais comment en utiliser moins"

Créé le : 22/06/2016
Les participants de cette journée Excellence Bio, réunis. Crédit photo : Amaëlle Olivier

Le 17 juin, Provence Durable animait la journée Excellence Bio, à laquelle une centaine de personnes ont participé, en partenariat avec Aval Bio PACA et la ville de Manosque. Pour l'occasion, François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, donnait une conférence sur les pesticides. Une Table ronde avec Denis Lairon, directeur de recherche à l'Inserm et auteur du livre Manger bio c'est mieux, poursuivait la réflexion.

 

A l'honneur en ce 17 juin : réfléchir à « la vraie bio, celle qui va plus loin que le "SMIC" du label ». C'est ainsi que Luc Ronfard, président d'Aval Bio PACA a introduit cette journée de débats à Manosque, face à une centaine de participants venus assister à la conférence de François Veillerette, porte-parole de l'association Générations Futures. Il milite depuis de nombreuses années pour la fin des pesticides. D'emblée, ce dernier rappelle que la France est tout de même "le deuxième consommateur mondial de pesticides, juste derrière l'Espagne !", avant de mettre l'accent, tout au long de son intervention, sur l'épineuse question des perturbateurs endocriniens, dont font partie les pesticides. Pour mémoire, les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui miment, bloquent ou modifient l'action d'une hormone et perturbent le fonctionnement d'un organisme. "Ces substances sont encore plus dangereuses quand ce sont des jeunes enfants ou des fœtus qui y sont exposés", souligne François Veillerette en citant de nombreuses études. Des mesures ont donc été prises pour limiter l'exposition près des lieux sensibles, comme les écoles. Mais le porte-parole de Générations Futures explique, chiffre à l'appui : "Les femmes enceintes, particulièrement exposées, elles ne vivent pas à l'école, elles sont à la maison, dans la rue, elles vivent leur vie. Qu'est-ce qui les protègent alors des pesticides et autres perturbateurs endocriniens ?". Ceux-ci exposent tout de même à des problèmes de fertilité, d'obésité et de maladies neuro-dégénératives !

 

 

 

 

 

 

 

« Que mangent nos enfants ? »

Après une bonne demi-heure de démonstration sur la nocivité des pesticides, François Veillerette s'interroge. "A mon sens, désormais la question n'est plus de savoir s'ils sont dangeureux, mais comment en utiliser moins", insiste-t-il. "Car dans une journée, on ingère en moyenne 36 pesticides", poursuit François Veillerette, dans la deuxième partie de cette journée, lors du débat animé par Provence Durable et auquel participait également Denis Lairon, directeur de recherche à l'Inserm et auteur du livre Manger bio c'est mieux.

"L'Inserm a publié en 2013 un bilan des études internationales sur le lien entre l’exposition aux pesticides et les risques pour la santé, souligne Denis Lairon. Chez l'homme, il y a d'ores et déjà un consensus international sur la très haute association entre exposition aux pesticides et développement de certaines maladies (dont plusieurs cancers, l'obésité, le diabète de type 2, les allergies...). C'est aussi le cas chez les enfants. Les résidus de produits de traitement se retrouvent dans 45 % des produits habituellement consommés (rapport Efsa- 2010), dont 50 % environ sur les fruits et légumes. Pour être en bonne santé, poursuit le chercheur, il est important de privilégier des aliments ayant une bonne densité nutritionnelle, surtout chez l'enfant, pour générer suffisamment d'énergie sans prise de poids, tout en offrant les apports en nutriments essentiels. Or, de nombreuses études internationales montrent que les teneurs en magnésium, en vitamine C, en anti-antioxydants, en acides gras polyinsaturés (oméga 3), sont supérieures dans les aliments bio..." Autant de raisons de privilégier l'alimentation Bio !

 

 

 

Le Prix de l'Excellence Bio

 

Luc Ronfard, président du réseau régional des entreprises bio Aval Bio PACA, a également remis le trophée Excellence Bio. Pour la première année, ce prix décerne l'excellence à une entreprise engagée dans une démarche biologique de longue date. Pour cette première édition,c'est l'entreprise Bleu-vert, spécialisé en cosmétiques bio, qui a été récompensée « pour la qualité de sa démarche globale en faveur de la bio et de la responsabilité sociale et environnementale ». Saveurs des truques, basée à Forcalquier, étaient finalistes, en reconnaissance également de la qualité de leur travail.

 

Retrouvez ici le contenu de la conférence de François Veillerette ainsi que celui de la Table Ronde avec Denis Lairon

Vous pourrez retrouver dans les prochains jours les interviews des deux lauréats sur le site de Sans Transition !

 

 

Plus d'infos :

www.generations-futures.fr/

www.avalbiopaca.com/

www.boutiquebleuvert.fr/

www.saveursdestruques.com/

 

Petit manuel de la transition : un espoir pour un autre monde ?

Créé le : 21/06/2016
crédit : Attac

Avec le petit manuel de la transition, Attac propose une stratégie pour ceux qui se demandent si l’espoir est encore permis. L’association est partenaire de la revue Sans Transition. Sortie en librairies depuis le mercredi 8 juin, aux éditions Les Liens qui Libèrent. La parole à Attac France qui « considère que si les mouvements sociaux ne parviennent pas à travailler ensemble, nous serons emportés par les désastres qui s’annoncent. »

« Pour toutes celles et ceux qui aimeraient qu’un autre monde soit possible, nous mettons en débat une multitude de propositions pour changer de modèle. Voici le manifeste d’Attac - en édition augmentée et mis à jour - pour changer notre modèle économique et politique. L’Europe est au bord du gouffre et la planète ne va pas mieux. Licenciements, chômage, austérité, spéculation, pollutions, dérèglement du climat… le néolibéralisme va de crises en catastrophes. Il est grand temps de bifurquer ! De rompre résolument avec ce capitalisme débridé, intrinsèquement inégalitaire et productiviste et de remettre la démocratie au poste de commande.

Mais comment et avec qui imaginer la transition vers une société vi­vable ? Les réponses, multiples, foisonnent déjà sous nos yeux, dans les mouvements de la société. Résistances et actions de désobéissance créative contre les lois du Medef et des transnationales, occupations de places et d’espaces libérés, construction des com­muns dans l’alimentation, le logement, la monnaie, Internet...

Le Petit manuel de la transition veut ainsi permettre aux citoyens de s’engager pour faire de la politique autrement, sans carrières ni rivalités, au seul service du bien commun. »

 

Plus d’infos :

 

https://france.attac.org/nos-publications/livres/livres/petit-manuel-de-la-transition

https://france.attac.org/

Vers la fin de la République sanitaire ?

Créé le : 14/06/2016
Crédit : Pixabay

Le 2 juin dernier prenait place un débat du Conseil national de l’Ordre des médecins. Les questions principalement abordées portaient sur la désertification médicale qui tend à augmenter. D’après les Atlas régionaux publiés le 26 novembre 2015, la France métropolitaine comptait déjà 192 déserts médicaux dans lesquels vivent près de 2.5 millions de personnes. Le Collectif Interassociatif sur la Santé alerte ainsi sur ce manque de médecins et propose des solutions.

" Du congrès des maires de France à la publication des derniers chiffres du CNOM (Conseil national de l'Ordre des médecins) le 2 juin dernier pour son atlas annuel, en passant par les négociations conventionnelles, la démographie médicale de ville est de nouveau au cœur des débats. Elle va aussi peser sur les groupements hospitaliers de territoires en cours de constitution et qui doivent notamment tenir compte de l’organisation globale des soins sur le terrain."

Liberté, Egalité & Déserts !

Les départs à la retraite des médecins exerçant en ville progressent d’année en année, avec presque un doublement du nombre de médecins retraités (+87,7%) entre 2007 et 2016, et surtout il est de plus en plus difficile de leur trouver des remplaçants. Les médecins généralistes sont de moins en moins nombreux à exercer et cette chute devrait se poursuivre jusqu’en 2025. Elle pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025, souligne le CNOM. Résultat : selon les Atlas régionaux de la démographie médicale publiés le 26 novembre 2015 par le CNOM, la France métropolitaine comptait déjà 192 déserts médicaux dans lesquels vivent près de 2,5 millions de personnes. Constat qui revient comme un marronnier chaque année dans l’expression de ceux qui sont en responsabilité. Tout comme reviennent, à coups de tables-rondes policées, des échanges sur l’intérêt de l’exercice pluridisciplinaire ou regroupé, ou encore la régionalisation de la formation initiale, parmi les outils potentiels pour faire barrage à cette désertification. Constats et alertes infructueuses … Faut-il attendre les actions en justice des déboutés du droit aux soins pour agir véritablement ?

Fraternité & Dépassements !

Les déserts médicaux ne sont pas sans rapport avec les dépassements d’honoraires : le prix des soins variant de manière évidente en fonction des territoires. La superposition des cartes en atteste, c’est souvent là où les médecins sont les plus nombreux que les dépassements d’honoraires sont les plus élevés. Et ces mêmes dépassements s’imposent aujourd’hui aux patients avec une rare violence puisque les contrats de complémentaire santé plafonnent leur prise en charge lorsqu’ils sont facturés par des médecins non signataires du contrat de d’accès aux soins. Vous ne savez pas ce que c’est ? Dommage : c’est vous qui allez payer le reste à charge hors plafond de remboursement, directement de votre poche !

Des solutions possibles ... avec courage

Qu’il n’y ait pas de solutions simples ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. Recentrer et renforcer les aides incitatives dans les zones sous denses en est une, même si on peine à y croire tant ces solutions, vivement critiquées pour leurs effets d’aubaine, ont déjà été utilisées. Formons le vœu que les nouvelles aides soient plus pertinentes en visant les primo-installés plutôt que les déjà installés. Mais, nous restons là dans l’art de la retouche tant que les mesures d’incitation ne seront pas accompagnées de dispositions déterminées en matière de régulation de l’installation de l’ensemble des professionnels de santé dont les médecins. Ainsi le CISS persiste à demander que les soins de ville soient organisés sur le plan géographique et tarifaire pour permettre une meilleure coopération des intervenants autant qu'une meilleure coordination des parcours, avec le même élan qui pousse aujourd’hui les pouvoirs publics à agir sur l’offre hospitalière. Car ces deux formes d’exercice sont complémentaires, l’une ne devant ni défavoriser ni déséquilibrer l’autre à son profit ou à son détriment. Les outils existent : ils sont dans des lois déjà adoptées.
A ne rien faire, nous marchons inexorablement vers la fin de la République sanitaire : pour compenser la désertification on déploiera alors dans les déserts médicaux des dispensaires hospitaliers (avec les excédents d’effectifs des restructurations hospitalières) et de la télémédecine (pour accéder à l’expertise réfugiée dans les grandes villes). L’autre France, celle qui va bien, aura des médecins + des hôpitaux + de la télémédecine. Autant dire la gradation des soins pour les riches, la dégradation des soins pour les pauvres ! "

 

Plus d'infos : 

https://www.conseil-national.medecin.fr/

Chut ... Les citoyens sont consultés !

Créé le : 09/06/2016
Crédits photos: Pixabay CC0 Public Domain hpgruesen

Le 26 juin aura lieu la consultation locale en Loire-Atlantique sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des Landes. France Nature Environnement appelle à la transparence du gouvernement pour avoir un avis éclairé sur la question. 

Mercredi 1er juin, la CNDP a adopté le document de synthèse censé présenter « de façon claire et objective » le projet d’aéroport à NDDL pour la consultation locale en Loire-Atlantique le 26 juin prochain. Avec cette consultation, le gouvernement prétend ainsi régler ce dossier en semblant jouer le jeu de la démocratie. Malheureusement, la première étape de la démocratie, c’est l’information. Or, bien des zones d’ombres subsistent sur ce dossier !

Un rapport officiel à la trappe

La ministre en charge de l’Environnement a commandité, à la mi-janvier dernier, au Conseil Général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) un rapport sur les avantages et inconvénients de différentes options concernant le développement des infrastructures aéroportuaires de la région nantaise et notamment le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL).Ce rapport, rendu public en avril dernier, concluait que « Le projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes apparaît surdimensionné. ». On pouvait donc légitimement s’attendre à ce que le gouvernement renonce au projet initial et approfondisse enfin les alternatives plus économes. En effet, quel est l’intérêt de demander à certains citoyens leur avis sur un projet s’il est jugé surdimensionné par une expertise ministérielle ? Et pourtant, la consultation locale est maintenue… et la question initiale aussi ! Le gouvernement a confirmé, lors d’une séance de question au Parlement, qu’il fera comme si ce rapport, officiel mais dérangeant, n’avait jamais existé. Le seul choix qu’auront les habitants de Loire-Atlantique le 26 juin sera de voter pour ou contre un projet surdimensionné, sans alternative possible.

Service minimum pour informer le citoyen

Le délai minimum de mise en ligne du document de la CNDP permettant aux citoyens d’avoir les informations nécessaires à un vote en connaissance de cause n’est que de quinze jours avant le vote ! Précisions qu’il sera uniquement disponible sur internet et dans les mairies. Les personnes n’ayant pas accès à internet et travaillant aux horaires « de bureau » n’auront donc pas accès à l’information. Nous sommes loin des délais raisonnables prévus normalement pour toute démarche d’information du public dans les dossiers environnementaux, comme le prévoit la Convention d’Aarhus.

La dissimulation : une tradition administrative ?

C’est la cinquième fois que les associations ont recours à la Commission d’accès aux documents administratifs pour que soient rendus publics des documents relatifs à NDDL (pour lire le dossier de FNE sur les dissimulations sur ce dossier, cliquez ici). La dernière fois, c’est uniquement suite à une fuite dans le Canard Enchaîné qu’une note de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) confirmant que le réaménagement de l’aéroport actuel serait bien moins destructeur que la construction du nouveau, contrairement à ce qu’affirmé par les supporters du projet. C’est aussi par une fuite dans ce journal qu’ont été rendues publiques des données montrant que le futur aéroport sera en fait bien moins fonctionnel et important que l’actuel aéroport de Nantes Atlantique.

Plus d’informations :

www.fne.asso.fr

www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=CFA0FC1C295C280735DA892ABFDA48B5.tpdila10v_1?cidTexte=JORFTEXT000032447327&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000032447114

 

La fin du glyphosate ?

Créé le : 07/06/2016
© Pixabay

La Commission européenne proposait aujourd’hui aux Etats membres une prolongation de l’autorisation du glyphosate pour une période de 12 à 18 mois. Aucune majorité qualifiée n’a été obtenue. Ce laps de temps supplémentaire devait permettre à l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de remettre un avis scientifique. La France s’était engagée à voter contre le glyphosate et s’est finalement abstenue. Pour foodwatch, Générations Futures et la Ligue contre le cancer, ce feuilleton à rebondissements doit cesser. La parole à ses trois acteurs qui considèrent que l’autorisation du glyphosate ne doit pas être renouvelée puisqu’il est considéré comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

« Le doute s’est enfin immiscé parmi les Etats membres qui ne sont pas parvenus aujourd’hui à une majorité qualifiée sur la prolongation du glyphosate en Europe, même pour quelques mois. Pour foodwatch, la Ligue contre le cancer et Générations Futures : « C’est un bon signe. Mais contenu des menaces pour la santé,  il ne s’agit plus de tergiverser. Il faut protéger la santé des citoyens et appliquer strictement le principe de précaution inscrit dans nos textes européens et donc ne pas renouveler l’autorisation ». Les trois organisations s’inquiètent de l’abstention de la France alors même que Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, s’était récemment engagée à voter « non ». Sept Etats membres se seraient abstenus aujourd’hui : la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, le Luxembourg, l’Autriche et le Portugal. Malte serait le seul pays à s’y être clairement opposé, tandis que tous les autres auraient voté favorablement. Le Commissaire européen, visé par une pétition des trois organisations qui a déjà rassemblé près de 155.000 signatures, devrait communiquer sur les prochaines étapes du processus dès demain. En l’absence de décision claire de la part des Etats membres, c’est vraisemblablement un comité d’appel présidé par la Commission qui tranchera d’ici le 20 juin. Alors que les lobbies de l’industrie chimique se lamentent de la politisation du débat, la Commission joue la montre en se réfugiant derrière un avis de l’ECHA. Pour foodwatch, Générations Futures et la Ligue contre le cancer, l’exécutif européen devrait tirer les conclusions de cette impossibilité de parvenir à une majorité qualifiée. Rappelons que l’autorisation du glyphosate, principale substance active déclarée du Roundup de Monsanto, expire le 30 juin prochain. Le glyphosate est le pesticide le plus vendu au monde. »

 

 « Pesticides, s’informer pour agir au bénéfice des générations futures »

Le 17 juin prochain, se tiendra la conférence « Pesticides, s’informer pour agir au bénéfice des générations futures » lors des rencontres Bio en Provence, à Manosque. Cet événement est co-organisé par Provence Durable magazine. Le Dr Denis Lairon, chercheur à l'Inserm, sera également présent pour la Table Ronde : " Que mangent nos enfants ? ". En partenariat avec Aval Bio PACA, association qui fédère les entreprises d’agricultures biologiques, la conférence sera animée par François Veillerette. Il est le porte-parole de l’association Générations Futures et ancien président de Greenpeace France.

 

Plus d’infos :

www.generations-futures.fr/

http://bit.ly/1QJ8ALg

http://bit.ly/1WDPb5u

Quel avenir pour le projet de parc du Ventoux ?

Créé le : 07/06/2016

Le 8 juin prochain, les élus des 39 communes concernées devront se prononcer pour ou contre le projet de Parc National Régional (PNR) du Mont Ventoux dans le Vaucluse. Une consultation qui fait polémique. Nous avons interrogé à ce sujet Nicole Bernard, présidente de France Nature Environnement 84.

Vous défendez le projet de PNR du Ventoux pour lequel vous avez créé une pétition qui a recueilli plus de 6000 signatures, qu'est-ce que ce parc apporterait selon vous ?

D'abord, la reconnaissance d'un territoire emblématique. Mais aussi une cohérence dans la gestion permettant l'accès à des fonds européens, donc à une mise en valeur des productions du Ventoux. Enfin, il faciliterait la mise en œuvre des projets collectifs ou citoyens. Il serait aussi une « contrepartie » accordé aux habitants pour le soin apporté à ce territoire précieux, mais pas toujours facile à vivre.

 

Une première consultation avait déjà été effectuée quant à l'acceptation ou non du PNR du Ventoux. Que pensez-vous de cette nouvelle consultation ?

C'est une étrangeté. Des PNR ont vu le jour, comme au Lubéron, alors pourquoi le refuser au Ventoux ? Le Syndicat Mixte du Ventoux et 900 personnes de tous bords ont travaillé à élaborer une charte où tout le monde a pu s'exprimer. Elle est actuellement examinée par le ministère de l’Écologie et devait être soumise au vote des communes concernées en décembre 2016. Cette consultation régionale impose donc un vote anticipé et limité aux élus, avec un délai extrêmement court (4 semaines à peine), qui empêchera sûrement certaines communes de se prononcer alors que, contrairement à ce qui se fait habituellement, les communes qui ne se prononceront pas ou se prononceront hors-délai seront considérées comme contre le PNR. Les modalités sont peu démocratiques, d’autant plus les modalités du vote et de son interprétation n’ont pas été préalablement définies. Enfin, la documentation transmise aux communes choisit des exemples d'une manière qui n'est pas anodine, en mettant l'accent sur les contraintes dues à un parc. A mon sens, c'est une stratégie purement politique, qui prive le territoire d’une valorisation importante et des 28 millions prévus par l’UE pour le parc.

 

Comment envisagez-vous l'après 8 juin ?

Quel que soit le résultat, il n’empêche que le mode de consultation est plus que contestable. Il faut que quelque chose change dans la gestion de ce genre de projet qui concerne tous les citoyens. Je souhaite dire aux élus qu'on en a assez de cette gestion politicienne, on doit travailler tous ensemble pour ce territoire emblématique. Après le 8 juin, on continuera à se mobiliser pour lui !

 

Et du côté des “parco-sceptiques” ?

Du côté des « contre », qui se définissent plutôt comme des « parco-sceptiques », on craint les restrictions mais aussi le coût d'un parc ou encore le risque de « millefeuille » administratif, préférant au parc l'idée d'une « grande intercommunalité ». Parmi ceux-là, on retrouve le député du Vaucluse et vice-président délégué aux finances de la région PACA, Julien Aubert, ainsi que les maires de quelques communes. Dominique Bodon, édile de Malaucène, interrogé par nos confrères de France Bleu déclare que les maires des petites communes du Ventoux « ont surtout le sentiment de se faire enlever le pouvoir décisionnel. » Les communes a priori opposées au PNR sont surtout les communes situées sur le Ventoux, qui, en terme d'habitants ne sont pas majoritaires. Ce que déplore Julien Aubert : « Vous ne pouvez pas faire le parc du Ventoux sans le mont Ventoux » (propos recueillis par France Bleu).

 

Amaëlle OLIVIER

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