[NEMO] Non à l’Eolien Marin à Oléron, un collectif engagé contre le projet éolien Sud-Atlantique

Publié le jeu 09/12/2021 - 10:12
© N.E.M.O.

Par Non à l’Eolien Marin à Oléron

L’éolien au sein d’un parc naturel marin et d’une zone Natura 2000 est-il écologique et pertinent ? A priori, pour toute personne sensée, la réponse est non. Et pourtant, le Ministère de la Transition écologique souhaite implanter jusqu’à 130 éoliennes, d’une hauteur de 260 mètres (soit 50 mètres de plus que la tour Montparnasse) à 10-12 km du rivage de l’île d’Oléron puis de l’île de Ré (Projet éolien Sud-Atlantique), en plein milieu du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis et d’une zone Natura 2000. Début décembre, la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat) vient de porter la zone d’implantation potentielle de 300 à 750 km², soit plus de 4 fois la superficie de l’île d’Oléron. Hérésie ou provocation ?

Le Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis est géré par l’Office français de la Biodiversité. Il est reconnu au niveau européen. Il y est mené de nombreuses études sur la biodiversité, particulièrement riche sur cette zone.
La zone impactée par le projet de construction va toucher de nombreuses espèces de poissons dans leur cycle de vie, notamment juvénile. Cela va aussi affecter des mammifères marins comme les dauphins et les marsouins, très présents sur ce secteur, ainsi que les tortues luth. Pour se rendre compte de l’importance de la vie marine sur ce secteur, il suffit de consulter le site du parc: https://www.parc-marin-gironde-pertuis.fr
Le collectif NEMO s’est constitué pour dénoncer cette incongruité. Ses membres au nombre de 700, de divers horizons, ont été rejoints par plus de 5300 pétitionnaires pour dénoncer une telle aberration.

Béton et biodiversité, incompatibilité absolue

Dans le plan de gestion du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, il est prévu que toute nouvelle activité économique sur ce dernier fasse l’objet d’une étude d’impact préalable. L’État, en l’occurrence, ne respecte pas ses propres règles puisqu’un de ses représentants annonce, lors d’une réunion publique, que l’étude d’impact aura lieu après la décision. Ubu roi !!

Ces éoliennes de 260 mètres de haut vont représenter un danger mortel pour des espèces d’oiseaux migrateurs qui se déplacent entre la mer et les vasières des 7 réserves naturelles nationales côtières comme celle de Moëze. A ce jour, aucune réponse quant à la conséquence du déversement de près de 85.000 tonnes de béton sur la biodiversité de ce fond marin.


La destruction annoncée de la pêche

Outre l’aspect écologique, c’est tout un pan de l’activité économique de l’île d’Oléron et du département de Charente-Maritime, voire de Vendée, qui va être impacté : la pêche. La mise en place des parcs éoliens signifierait une réduction drastique des espaces où travaillent les pêcheurs, de La Cotinière. Royan et La Rochelle. C’est donc la mise en péril d’un secteur fondamental de l’économie de notre département, la pêche, qui représente 3600 emplois.
Un autre secteur économique sera touché, et non des moindre : le tourisme.
Le saccage des paysages marins, vus du littoral, avec une visibilité des éoliennes de jour comme de nuit, ne sera pas sans conséquence pour les îles d’Oléron de Ré et le littoral, économiquement très dépendantes de la fréquentation touristique.

Le collectif NEMO espère que Ministère de la Transition écologique va revenir à la raison et mettre ce projet au fond du tiroir dont il n’aurait jamais dû sortir.

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