nature

Permaculture : un retour à la nature ?

Créé le : 25/09/2018
Un espace de permaculture © Quentin Caffier

Par Cyprien Caddeo

Ne jouissant pas encore d’une reconnaissance universitaire et institutionnelle en France, les méthodes de permaculture se transmettent à l’occasion de cours certifiés de permaculture. Des stages aux faux airs de colonies de vacances, qui mettent l’accent sur l’écologie et plus largement sur le lien social et le collectif. Reportage à La Gaude, dans les hauteurs de Nice, aux côtés de l’association Permacultive.

C’est à la Seguinière, dans un domaine dévoré par la végétation sauvage, que se tenait, du 19 août au 2 septembre, un cours certifié de permaculture (CCP), sous la forme d’un stage de deux semaines. Le matin, avant le début des cours à 9 heures, le groupe se rassemble et forme un cercle. Tout le monde se tient par l’épaule. Une musique de méditation s’élève, mais l’esprit zen est rapidement contrecarré par des rires et des petites blagues. On se félicite brièvement de la démission de Nicolas Hulot, qui vient d’avoir lieu en direct à la radio. L’heure est à la convivialité, les chakras attendront. Certains prennent la parole, remercient le groupe pour « cette super belle énergie, ce sentiment d’unité ».

À la pause de midi, le groupe se rassemble pour déjeuner. Au menu : lentilles, quinoa, briques au fromage de chèvre, mousse au chocolat. ...

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ANNE-MARIE ROBIC, Société Protection Paysages et Esthétique de France : « LE PROJET DE PARC ÉOLIEN DANS LA FORET DE LANOUÉE (56) EST UN DÉSASTRE »

Créé le : 20/07/2017
Anne-Marie Robic, déléguée à la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France). Crédits photos : Sites et Monuments (SPPEF)

16 éoliennes de 186 mètres de haut érigées sur 331 hectares. Voici le plan prévu par la société canadienne Boralex sur la partie sud-est de la forêt de Lanouée (56), deuxième massif forestier breton. Des riverains (l'association Vent de Forêt) ainsi que des défenseurs de la biodiversité et des paysages (l'association Bretagne Vivante) mènent une lutte sans relâche depuis plusieurs années à l’encontre de ce projet. À l’image de Anne-Marie Robic, déléguée du Morbihan pour la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France) que nous avons interviewé.

Un engagement non sans résultat puisque le 11 juillet dernier, le tribunal administratif de Rennes a officiellement annulé ce projet de parc éolien industriel. Ce dernier avaitr été lancé en 2007 avec l’achat de parcelles par la société française Louis Dreyfus. Le chantier a ensuite été cédé à l'entreprise Boralex, en 2016. Depuis, plus d’une dizaine de socles éoliens ont été construits.

Pourquoi vous opposez-vous au projet de parc éolien au cœur de la forêt de Lanouée ?

Ce projet éolien a été initié au nom du développement durable. Mais c'est un désastre. On parle de machines de 186 mètres de haut, tout de même. Il a donc fallu créer des chemins pour les déplacer en abattant des quantités folles d’arbres. On était dans une ZNIEFF (Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, ndlr) en raison de sa richesse écologique. C’était un réservoir de biodiversité qui abritait 60 espèces protégées ! Et ces travaux ont un impact direct sur la vie animale du territoire. Toutes les grenouilles ont été décimées. Quand les camions sont arrivés, les oiseaux ont foutu le camp. Il y avait 16 espèces de chiroptères (chauves-souris, ndlr) dont 5 qui étaient inscrites à la Directive Européenne « Habitat-Faune-Flore ». C’est une richesse faunistique exceptionnelle. Mais avec les vibrations dans le sol causées par les machines, tous les animaux de terre se sont enfuis. C’est triste à voir. À terme, la forêt finira peut-être en désert animalier.

 

Sur 16 éoliennes, environ 13 socles ont déjà été installés. Comment se fait-il que les permis soient annulés alors que les travaux sont sérieusement engagés ?

C’est en partie la faute des constructeurs. Une fois que les permis de construire ont été délivrés en février 2014, on a immédiatement déposé des recours. Non pas un, mais six (autorisation d’exploitation, dérogation aux espèces protégées, défrichement, …). Tant que l’affaire n’est pas exemptée de tout recours, ils ont pris un gros risque en commençant les travaux. Un risque qui s’élève à 64 millions d’euros ! Sachant que le tribunal administratif de Rennes reconnaît que la nature, les sites et les paysages naturels sont d’intérêt public, Boralex n’aurait jamais dû y toucher. Il est vrai que l’affaire a un peu traîné … Du coup, quand la constitution des socles a commencée en 2017, on a lancé un référé. Ce jugement en urgence a validé la suppression des travaux. Par la suite, Boralex a annoncé sa volonté de faire appel. On part pour une bataille juridique qui peut encore durer trois ou quatre ans. Un long combat au bout duquel on demandera la remise en état du site avec reboisement et destruction des socles. Le juge a retenu plusieurs arguments en notre faveur dans chaque recours ! Donc on est très confiants sur la suite des opérations.

Pourquoi s’opposer à l’éolien alors que nous savons que la transition énergétique est aujourd’hui nécessaire ?

Je sais qu’on a encore du mal avec cette vision là. Et pourtant, ce n’est pas avec des engins d’une telle puissance que l’on va résoudre les problèmes qui ont été causés par l’industrialisation, les énergies fossiles, et autres. On ne résout pas des dégâts provoqués par des machines, par d’autres machines. C’est avec des moyens à échelle humaine que le problème va pouvoir être traité. Pas avec ces instruments éoliens géants ! L’éolien représente uniquement 4% de notre consommation énergétique totale. Ce n’est donc pas une énergie rentable. Je n’ai pas de recette miracle à apporter, je ne suis pas compétente à ce niveau-là. Mais je défends les paysages et je connais la loi qui les protège. Tout ce qui m’importe est la sauvegarde de notre biodiversité. Moi qui ai 66 ans, je ne verrai plus jamais la forêt comme elle l’a été. C’est un bouleversement.

Plus d’infos :
La SPEEF
L'association Vent de forêt
L'association Bretagne Vivante
La société Boralex
La société Louis Dreyfus

Serge Montfort : la BD nature, du crayon à l'édition

Créé le : 26/09/2016
Serge Montfort. Page de la Bande dessinnée "De mémoire de loup"

Serge Monfort milite à sa façon pour la défense de la nature : avec un crayon à la main. En dessinant les aventures du chien Toupoil cet auteur-dessinateur-éditeur de bandes dessinées souhaite sensibiliser les enfants aux dangers qui guettent la faune européenne.

 

L'histoire de Serge Monfort, ancien maquettiste publicitaire, c'est aussi celle de Toupoil et de la maison d'édition Crayon Vert.Passionné par la nature le dessinateur souhaite publier une bande dessinée pour faire découvrir aux enfants de 6 à 8 ans la faune et la flore européenne contemporaine. Mais aucune maison d'édition n'est intéressée par son projet : « La nature est le cadet de leurs soucis ! » tempête l'auteur. Avec sa femme ils décident alors de s'auto-publier en créer leur maison d'édition, Crayon vert. C'est ainsi que le premier tome « Toupoil, le chien loutre » paraît en 2010. Trois autres tomes ont été réalisés depuis. Ils racontent « l'histoire d'un chien libre, comme l'appelle mes lecteurs », précise Serge Montfort. Un cabot qui se promène dans la nature sauvage européenne et rencontre des animaux confrontés à la main mise de l'homme sur leur milieu.

Apprécié des enfants et des enseignants

L'auteur fait tout du début à la fin: scénarios, dessins et couleur, qu'il ajoute à l'aquarelle. Un travail d'orfèvre qui demande à cette artisan du crayon un à deux ans pour réaliser chaque ouvrage. Le résultat donne à lire des histoires captivantes et à regarder des dessins emprunts d’une grande douceur. A la fin de chaque exemplaire un dossier documentaire de 5 pages présente, d'une manière plus scientifique, l'animal dont parle l'album. Le dessinateur consulte des naturalistes, fait des photographies et réalise des cartes. À ce travail s'ajoute celui de la diffusion, qui n'est pas le plus simple. « Nous n'avons pas de gros budgets pour la communication et il est donc difficile d'avoir une bonne diffusion nationale ». Mais les aventures de Toupoil sont très appréciées par les enfants et les enseignants. Singulièrement en Bretagne, où réside l'auteur. Le prochain tome devrait traiter des blaireaux : «  Je voudrais dénoncer le déterrage de ces animaux par les chasseurs. La France est le dernier pays d'Europe à autoriser cette pratique! » Un ouvrage qui encore une fois alliera divertissement et sensibilisation à la défense de l'environnement.

Plus d'info :

www.toupoil.com

 

Deux jours pour parler du patrimoine naturel

Créé le : 14/09/2016
La LPO fait découvrir le "bénévolat nature" dans le cadre des journées du patrimoine - Crédits photos: Pixabay

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) vous accueille pour des activités dans toute le France lors des Journées Européennes du Patrimoine, les 17 et 18 septembre 2016. Invité par la Fondation Nicolas Hulot, la LPO souhaite ainsi pendant ces deux jours faire découvrir le « bénévolat nature » lié au thème « Patrimoine et citoyenneté » de cette édition. 

Les 17 et 18 septembre 2016 aura lieu la 33ème édition des Journées européennes du patrimoine. Cette année, l’accent sera mis sur le thème « Patrimoine et citoyenneté ». Tout en faisant découvrir les richesses culturelles et naturelles de la France au travers de nombreuses animations, la LPO donne la possibilité à chacun et chacune de s’impliquer à son niveau.

Organisées par le ministère de la Culture, les journées du patrimoine se déroulent chaque année depuis 1984, le troisième week-end de septembre. Forte de 42.000 adhérents et 5000 bénévoles, la LPO participe activement à ces journées.

« J’agis pour mon patrimoine naturel »

Cette année, la Fondation Nicolas Hulot a proposé à la LPO et à d’autres acteurs tels que Réserves naturelles de France (RNF) ou l’Union nationale des centres d’initiatives pour l’environnement (UNCPIE) de s’associer à l’opération « j’agis pour mon patrimoine naturel ». Cette action invite le grand public à découvrir son patrimoine naturel et à devenir acteur de sa protection. Comment ? En participant aux nombreuses animations proposées partout en France (visites libres ou guidées, conférences, ateliers, expositions…)

Le but étant d’aller vers une plus grande reconnaissance du « bénévolat nature » et du rôle primordial que les associations jouent dans la préservation du patrimoine naturel territorial.

« Patrimoine et citoyenneté »

Être citoyen c’est aussi une affaire d’engagement dans tous les domaines y compris celui de l’environnement et de la protection de la biodiversité. La nature fait entièrement partie de notre patrimoine, il ne tient qu’à nous de veiller à son futur. Pour ce faire, la LPO vous invite à découvrir et mieux comprendre notre patrimoine naturel pour savoir comment le protéger et le préserver :

Quelques animations proposé par la LPO :

La LPO Ile-de-France propose de vous faire découvrir les oiseaux des jardins et de vous initier aux sciences participatives au travers d’expositions et d’animations ouvertes aux plus grands et aux plus petits.

Rendez-vous de 10h à 17h au CESE (Conseil Economique Social et Environnemental) 9 place d’Iéna, Paris 16

Partez à la découverte du patrimoine naturel du parc des Monts d’Or à Albigny avec la LPO Rhône. Animée par Christian Naessens, tourneur sur bois et passionné des arbres, cette sortie sera bercée d’anecdotes, de devinettes et des récits de légendes.

Rendez-vous à Albigny sur Saône à partir de 10h.

La LPO Maison du Fier vous invite à observer et comprendre les enjeux naturels sur l’île de Ré à travers une exposition ludique et pédagogique.

Rendez-vous route du vieux port au Portes en Ré.

La LPO Anjou propose une sortie nature d’observation pour en savoir plus sur la richesse du patrimoine naturel local.

Rendez-vous place de la mairie à 14h à Puy Notre Dame.

La LPO vous guidera dans la réserve naturelle du Marais d’Yves (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes) pour découvrir la vie des oiseaux présents dans les marais. Rendez-vous à la Ferme de la belle espérance à Yves à 15h.

Et bien d’autres animations vous sont proposées sur le site des Journées européennes du patrimoine

 

Plus d'infos: 

En savoir plus sur les journées du patrimoine et les animations

Les journées du patrimoine avec la Fondation Nicolas Hulot

Pour trouver toutes les animations proches de chez vous

www.reserves-naturelles.org

www.cpie.fr

www.ile-de-france.lpo.fr

www.lpo-rhone.fr

www.lpo-anjou.org

www.lpoaquitaine.org

(Re)découvrir l’Europe Sauvage

Créé le : 25/05/2016
Crédit Photo : Pauline Merlaut

Voilà 20 000 ans que nous partageons le cycle des saisons avec la nature. C’est ce que rappelle ce beau livre qui accompagne la sortie du film Les Saisons, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud. 

Le documentaire et l’ouvrage proposent de redécouvrir l’Europe. Une Europe sauvage fascinante peuplée de loups, d’ours, d’oiseaux enchanteurs et de chênes robustes. Et qui vit au rythme cadencé du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver depuis la fin de l’aire glaciaire, il y a 80 000 ans. Les Saisons est d’abord un objet visuel : de magnifiques photos mettent en valeur cette faune et cette flore qui peuplent nos campagnes et notamment nos forêts. Forêts qui recouvraient la quasi-totalité du continent avant que l’Homme ne le défriche et l’aménage progressivement – via l’agriculture puis l’urbanisation. Car le livre s’intéresse aussi aux liens ténus existants entre trajectoires humaines et sauvages. Une façon de rappeler que notre avenir se joue avec et non contre la nature.

                Les Saisons, S. Durand et J. Perrin, Actes Sud, 2015, 280 pages, 36 euros.           

                Les Saisons, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, sortie le 27 janvier 2016. 

Plus d'infos sur :

www.lessaisons-lefilm.com

www.actes-sud.fr/catalogue/espaces-naturels-parcs-nationaux/les-saisons

 

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