Écologie

Frédéric Vanpoulle : « Je veux aller plus loin que le bio »

Créé le : 02/05/2016
© Frédéric Vanpoulle
A l'occasion de la tenue du salon Ille et Bio, à Guichen (35), les 8 et 9 octobre, nous republions notre interview de Frédéric Vanpoulle, co-président de cet événement phare de l'agriculture responsable et des transitions.
 
Retrouvez nous à Ille et Bio, en direct sur Radio laser, samedi à 11h, aux côtés de Nicolas Hulot. Et dimanche, toujours à 11h, avec Frédéric Vampoulle et Anne Mommousseau, de l'Université Terre et Mer

 

Frédéric Vanpoulle est ingénieur agronome et agriculteur.  Ce militant engagé dans les transitions écologiques vit à Guichen, en Bretagne. Il est également co-président de l’association Culture bio et co-fondateur du salon Ille et bio.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans les transitions écologiques, humaines et économiques ?

Mes parents étaient concernés par l’écologie. Les livres de René Dumont, agronome français, trainaient sur la table familiale. Mon engagement s’est basé sur l’alimentation. A défaut d’exercer mon service militaire, je suis devenu objecteur de conscience pendant deux ans. Engagé dans une association pour un développement international d’agriculture solidaire, je suis devenu syndicaliste, puis arboriculteur en pommes bio.

Quels sont vos engagements aujourd’hui ?

Je suis co-président du salon Ille et bio et espère être remplacé pour qu’il y ait du sang neuf. Je resterai toujours impliqué. Aujourd’hui, mon nouvel objectif est de diversifier ma production sur mon terrain personnel. Ne plus travailler seul. Aller plus loin que le bio et le développement durable qui ont fait leur temps, vers une réelle transition écologique et sociale. Nous disposons déjà d’une maison hospitalière, afin d’accueillir des groupes. Mon concept est plus offensif. Il est basé sur la coopération et la communication avec la nature.

Quels rôles peuvent jouer la société civile et la culture dans ces transitions ?

Il y a trois sphères d’activités principales. Sociale, l’économie qui répond aux besoins des individus. Politique, avec le vivre ensemble. Et la culture, nos mentalités, nos valeurs, nos compétences et libertés. La fraternité doit être la valeur principale. Nous travaillons pour les autres au sein de l’économie. Je ne cultive pas de pommes pour moi. La société a encore une mentalité autarcique.  La culture nous connecte à nous-même, aux autres et à la nature.

 

Plus d’infos sur :

www.illeetbio.org/culture-bio/

Roundup : toxique pour la terre même à une très faible dose

Créé le : 29/04/2016

Une étude prouve que le roundup et ses adjuvants sont mortels pour un champignon, même avec une dose 100% moins importante que celle utilisée actuellement dans les pesticides. L’Aspergillus nidulans est utilisé un champignon comme marqueur de la santé des sols agricoles. L’étude a été publiée par l’équipe de Christian Vélot, enseignant-chercheur en génétique moléculaire, dans la revue internationale Environmental Science and Pollution Research, ce qui vient renforcer les craintes formulées par de nombreux scientifiques et par la société civile. 

Les microorganismes du sol sont grandement exposés aux pesticides et en particulier au Roundup, herbicide le plus utilisé au monde. Dans le cadre d’un Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l'innovation (PICRI)2, une équipe de chercheurs pilotée par Christian Vélot, enseignant-chercheur en génétique moléculaire, a étudié les effets de la formulation commerciale de Roundup grande culture "GT Plus", contenant 450 g/L de glyphosate (son principe actif déclaré), chez un champignon filamenteux du sol, Aspergillus nidulans, utilisé ici comme un marqueur de la santé des sols agricoles.

Le Roundup plus toxique que le glyphosate seul

Résultats. L’étude réalisée démontre que ce Roundup est toxique pour ce champignon à des doses très inférieures à la dilution agricole. La dose qui provoque 50% de mortalité du champignon (LD50) correspond à un pourcentage de dilution 100 fois inférieur à celui utilisé en agriculture, cette mortalité étant de 100% pour une dose 50 fois inférieure à la dose d’application agricole. La formulation de Roundup s’est avérée être beaucoup plus toxique que le glyphosate seul, soulignant une fois de plus que les adjuvants ne sont pas inertes et la nécessité de les prendre en considération dans les processus d’évaluation. A la LD50 et des doses inférieures, les effets du Roundup sont multiples et incluent une altération de la croissance et de nombreuses perturbations cellulaires, en particulier au niveau du métabolisme énergétique et respiratoire. Ces analyses ont permis de mettre en évidence un nouveau mode d'action du Roundup sur le métabolisme énergétique, différent de celui observé jusqu’alors sur les cellules animales.

Des effets à très faibles doses

Les perturbations du métabolisme énergétique et respiratoire sont également détectées à une dose pour laquelle il n'y a pourtant aucun effet macroscopique. Ceci implique que les effets métaboliques des résidus de pesticides peuvent se produire à des doses d’exposition pour lesquelles il n’y a aucun effet toxique visible, telles que les doses agricoles pour les plantes génétiquement modifiées (GM) tolérantes aux herbicides. 

Plus d’informations sur :

www.generations-futures.fr/picri/roundup-toxique/

Philippe Domergue exposé à Malucène (84) : lorsque art rime avec illusion

Créé le : 29/04/2016

Située à Malaucène, dans le Vaucluse, la galerie Martagon fête ses 25 ans en 2016. Pour fêter l’événement, une exposition de Philippe Domergue a été installée. Ce visiteur d’espaces et de lieux, vole des images aux paysages. Photographies et collages constituent « Outrimage », un rendez-vous avec la magie esthétique, entre land-art et musée, à voir du 2 avril au 5 juin.

Prélever, ajouter, recouvrir… Philippe Domergue laisse ses traces. Ce photographe de 59 ans, à la fois plasticien et jardinier de l’équivoque, utilise des outils conceptuels de la photographie. Il intervient sur l’architecture et les paysages, par le biais de collages d’images photographiques. Actuellement, il expose « Outrimage » à la galerie Martagon de Malaucène, dans le Vaucluse. L’artiste propose un découpage de végétaux et de lieux, à la fois physique et optique. Il est attentif à tout ce qui l’entoure, afin de mettre en scène les images qu’il glane. « Tout part de la vue et y revient, […] une sorte de machination infernale bourrée de leurres, pour nous désillusionner » commente l’écrivain Jacques Quéralt, sur le travail de l’artiste.

Eco-citoyen avant tout

Engagé dans son art comme dans sa vie personnelle, Philippe a entièrement rénové son mas catalan de manière écologique. Selon lui, « le lieu mérite qu’un artiste s’en occupe ». Panneaux photovoltaïques de 50 m2 ou encore chauffage solaire thermique, associés à une excellente isolation, permettent au bâtiment de produire plus d'énergie qu'il n'en consomme. Un potager bio, dont une partie est un jardin pédagogique, accompagne les constructions. Sur la parcelle, l'atelier promeut le lien avec les rencontres d’artistes et d’autres individus. Son lieu de travail a influencé le travail artistique du plasticien : il intervient dans la nature et dans l’architecture. Philippe Domergue fait dialoguer la nature et la culture avec la poésie.


 Philippe Domergue en quelques dates clés

1957 : naissance de Philippe Domergue, à Clermont l’Hérault

1985-1990 : Ecole des Beaux-Arts, à Perpignan

1993 : prix culture et entreprise, à Aix-en-Provence

1996 : exposition personnelle à la galerie de Martagon, à Malaucène

2012 : maison de la Photo, « Futures Mémoires 1 » avec le collectif Perceptions Photographiques, à Toulon

2016 : « Outrimage », galerie Martagon, à Malaucène 


 

Climat : « Pour peser, la France doit être exemplaire… »

Créé le : 28/04/2016
Photographie de Benoît Hartmann en novembre 2015 lors de la COP 21

Au lendemain de cette nouvelle conférence environnementale qui s'est achevée mardi, près de 5 mois après la Cop 21, quel bilan de l'action française contre le changement climatique ? Entretien avec Benoît Hartmann, porte-parole du réseau France Nature environnement, fédération qui regroupe près de 3000 associations environnementales dans l'Hexagone.

Quel bilan tirez-vous de l'action française en matière de lutte contre le changement climatique, 5 mois après l'accord de Paris ?

J'ai retenu de cette conférence un grand élan climatique tant national qu'international, visant à faire de la France un leader pour la lutte contre le changement climatique. Et la signature récente par les chefs d’États de l'Accord de Paris, avant sa ratification par chaque pays, montre l'ampleur de cette dynamique historique. En outre, quelques bonnes nouvelles ont été affirmées dans cette grande messe de l'écologie, comme par exemple un véritable plan pluriannuel de l'énergie, qui intégrerait tant les énergies renouvelables que la programmation du nucléaire. Et donc la fermeture potentielles de centrales nucléaires, en parallèle d'un développement des renouvelables, comme envisagé dans le cadre de la loi de Transition énergétique. Autre point positif : la France continue en ce moment de soutenir un prix du carbone élevé et affirme une position allante sur les positions climatiques. Mais dans le même temps, paradoxalement, on oublie qu'il faudrait faire d'abord faire des économies d'énergies. Car la France en consomme bien trop… Ce sujet passe au second plan des discussions. Pour la Cop 21 comme pour chaque conférence environnementale, nous avons eu l'impression que le Président de la République avait intégré les enjeux climatiques mais que les actes ont du mal à suivre.

Car regardons les faits post-COP21 : le budget de l'Ecologie n'a fait que baisser depuis le début de la mandature, la taxe carbone prônée par Nicolas Hulot n'a pas été réalisée, les économies d'énergie restent peu effectives comparé à nos voisins européens. Or si l'on considère que l'écologie est un investissement, alors il convient d'y mettre les moyens. Pour l'instant, nous avons l'impression que c'est toujours un coût qu'il convient de réduire. 

Néanmoins, le succès de la COP21 n'a-t-il pas permis d'impulser une nouvelle dynamique ?

L'ambition affichée est très bonne mais la France ne pèse que 3 % des émissions mondiales. Le seul moyen de faire la différence c'est d'accompagner le mouvement à l'échelle européenne… Pour peser dans les négociations, la France doit être exemplaire… Elle ne l'est pa en faisant l'aéroport de Notre-Dame-Des-Lande ou en poursuivant la défiscalisation sur les hydrocarbures utilisés par les transporteurs... De plus, le retard français s'accumule sur les économies d'énergie dans l'habitat, dans les transports en commun, les renouvelables... Le climat fut pourtant le sujet de l’année 2015, avec la COP 21 à Paris en décembre dernier. Ce fut un succès diplomatique incontestable. Mais la France est-elle réellement exemplaire ? La loi de transition énergétique, promise lors de la première Conférence environnementale (2012), a fixé de bons objectifs. Mais sa mise en œuvre s’avère laborieuse, notamment sur le volet nucléaire. Les décrets d’application de son volet « rénovation des bâtiments », pourtant le plus ambitieux, se révèlent également décevants, faute d’avoir fixé le niveau de performance de rénovation à atteindre. L'Etat a récemment recapitaliser d'EDF, suite aux aléas d'Areva. Mais il n'est pas en mesure de trouver des fonds pour mettre en placeun grand plan en faveur des énergies renouvelables… Bien au contraire. L'investissement d'EDFdans ce domaine reste epsilon comparé à celui lié au nucléaire. Et le futur coût du démantèlement des centrales risque de grever encore un peu plus ce budget. Malgré ce contexte, tous les opérateurs ont encore une d'énormes économies d'énergie à mettre en œuvre, à la fois dans les renouvelables, le bâtiment ou dans les transports. C'est un véritable levier d'espoir. Car cette politique passéiste de l'offre a bel et bien ses limites, à l'heure où les autres pays européens baissent significativement leur consommation… Dernier point, non des moindres : la production d'électricité en continu nous contraint de disposer d'une énergie abondante le jour, revendu peu cher à nos voisins, mais d'en manquer aux heures de pointe. En conséquence, nous achetons de l'électricité à prix d'or à nos voisins qui investissent dans le stockage d'énergie que nous produisons... 

Quant à l'avancée du traité de Paris, lors de la Cop21, êtes-vous optimiste pour la ratification par les États de cet accord ?

198 pays ont participé. Jamais une COP n'a réuni autant de pays. Certes, la ratification pays par pays va prendre du temps. Mais je pense que d'ici la fin de l'année, tout au plus, la majorité l'aura signé. Si c'était le cas, jamais un accord n'aurait été si vite signé. Souvenez-vous de celui de Nagoya, sur la biodiversité, qui a mis 10 ans à être ratifié. Pour que ce texte soit validé, 55 pays représentant 55 % des émissions globales doivent le signer.  Mais ce qui nous inquiète, c'est que la France se retrouve en queue de peloton. Au niveau mondial, c'est bien l'UE qui négocie et non la France. L'Europe reste malgré tout exemplaire. Allemagne, Espagne, pays du Nord sont déjà bien en avance. Et cette nouvelle conférence environnementale risque malheureusement de ne pas changer la donne. On attend que l'ambition se transforme en actes, notamment dans le prochain budget, pour une écologie d'investissements à venir ! 

 


A lire : 

S'engager pour un monde meilleur, 10 propositions à votre portée. Publié en avril dernier chez Flammarion, ce livre a été rédigé par le journaliste Frederic Denhez suite à ses échanges avec les bénévoles et salariés de France Nature Environnement. L'ouvrage comprend une préface de Jean Jouzel, glaciologue et prix Nobel de la Paix et une postface de Denez L'Hostis, président de France Nature Environnement. 12€, dont 2.40€ reversés à France Nature Environnement lors des achats en ligne. 


 

Conférence environnementale : ne participons pas à cette supercherie !

Créé le : 21/04/2016

Par Michèle Rivasi, députée européenne - mercredi 20 avril 2016

Dans ce communiqué, la députée européenne Vert /ALE Michèle Rivasi appelle à boycotter la prochaine Conférence environnementale, organisée par le gouvernement les 25 & 26 avril 2016. Un exercice qu'elle désigne comme un "ersatz de concertation annuelle".

"Le gouvernement n'en finit pas de trahir ses promesses et de tourner le dos à l'urgence écologique. Dernier exemple en date : le report de la loi de programmation pluriannuelle de l'énergie remise aux calendes grecques alors que la loi de transition énergétique, aurait du engendrer l'enclenchement de la fermeture de 5 à 8 réacteurs nucléaires d'ici 2018 et de 19 à 24 fermetures supplémentaires d'ici 2023. 

Encore une fois, après le bel accord diplomatique obtenu à Paris lors de la conférence climatique, le Président de la République continue de négliger la question environnementale et celle de la transition énergétique.Pendant ce temps, sur les places, avec Nuit Debout, un nouveau monde est en train de naître. Aveuglé par le court terme, le monde actuel et son gouvernement n'en finissent pas de mourir et de désespérer des citoyens en quête d'horizons nouveaux. Le développement des ZAD, d'Alternatiba, des AMAP ou des monnaies locales sont autant de contre pouvoirs mettant en place la transition écologique sur les territoires.  Cette politique fondée sur le commun, le convivialisme et le cosmopolitisme n'a aujourd'hui pas de représentation politique réelle.

Un ersatz de concertation

Ce n'est pas cet ersatz de concertation annuelle dans des formes dépassées qui va réconcilier les français et le peuple de l'écologie avec la politique. Nous en avons assez d'écouter de beaux discours mais de désespérer des actes qui ne suivent pas.

Nous ne voulons plus en tant qu'écologiste être les cautions de cette mascarade pseudo-démocratique. Les conférences environnementales ne servent à rien. Nous ne serons pas ceux qui applaudissent les dirigeants qui nous ont conduit au chaos écologique engendré par la crise climatique, la sixième extinction de la biodiversité, l'explosion des catastrophes industrielles et sanitaires (selon le dernier rapport de l'OMS, 23% des décès dans le monde sont dû à notre environnement), la raréfaction des ressources naturelles et de l'eau, le productivisme et l'extractivisme entraînent l'artificialisation des sols et l'accaparement des terres cultivables.

Un sursaut s'impose pour répondre à la crise écologique. Tout doit changer dans la politique gouvernementale actuelle : l'orientation, le fonctionnement, les pratiques démocratiques qui priorisent dans les décisions l'influence des lobbies au détriment de l'intérêt général, de la protection de notre environnement et de notre santé.

Travailler à un modèle alternatif de société

Plutôt que de participer à cette mascarade, je préfère travailler sur une plateforme commune  pour redéfinir avec tous les acteurs de l'écologie du quotidien une proposition d'un modèle alternatif de société autour de campagnes d'actions sur les thèmes :

•   - de la réappropriation et du contrôle citoyen des Biens communs contre la corruption, la collusion public-privé, les lobbies et pour la reconnaissance du statut de lanceur d'alerte.

• - du choix de la santé environnementale contre les produits toxiques, les pesticides et la pollution de l'air, la lutte contre le complexe militaro nucléaire et sécuritaro-numérique

- • de l'instauration d'un revenu garanti universel pour tous."

 

Plus d'infos :

www.michele-rivasi.eu

Chronique - Nucléaire : déconstruire la vérité officielle

Créé le : 18/04/2016

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, le tableau officiel de l’énergie atomique ne semble pas avoir été retouché. Particulièrement en France, où la majeure partie de l’électricité produite est d’origine nucléaire.

Dans cet ouvrage, Yves Lenoir, ingénieur de formation et président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, analyse les éléments qui ont construit le système international de normes relatif au nucléaire. Système à l’origine du rapport culturel entretenu par nos sociétés vis-à-vis de l’atome. Au travers d’une enquête historique, l’auteur revient sur le prosélytisme effectué dès le début du XXe siècle pour promouvoir l’atome. Et sur les campagnes de publicité qui, dans les années 1950, présentent cette énergie comme un produit miracle. Yves Lenoir s’intéresse surtout à la façon dont les référentiels de protection des populations en cas d’accident ont été définis. Sa conclusion : ils ont été créés en dehors de tout processus démocratique en minorant les effets délétères de la radioactivité sur la santé et l’environnement.

La comédie atomique - L’histoire occultée des dangers des radiations, Y. Lenoir, La Découverte, 2016, 320 pages, 22 euros

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Nouveaux OGM : 7 associations de la société civile claquent la porte du haut conseil des biotechnologies

Créé le : 15/04/2016

Par France Nature EnvironnementLes Amis de la TerreLa Confédération PaysanneFédération Nationale d'Agriculture Biologique,GreenpeaceRéseau Semences PaysannesUnion Nationale de l'Apiculture Française

Le sujet des nouveaux OGM mérite un réel débat sociétal et scientifique, impossible au sein du Haut Conseil des Biotechnologies. C’est pourquoi aujourd’hui, nos sept organisations de la société civile (Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, France Nature Environnement, Greenpeace, le Réseau Semences Paysannes et l’Union Nationale de l’Apiculture Française) démissionnent conjointement de cette instance, aux mains des lobbyistes de l’agrochimie et des OGM.

Après plusieurs mois de travaux, nos organisations font le constat amer que tout débat sur la question des nouveaux OGM est forcément tronqué au sein du HCB. Malgré de nombreux dysfonctionnements, nous avons de nombreuses fois tenté de porter la voix de la société civile en son sein. Peine perdue puisqu’aujourd’hui le HCB, avec la complicité du gouvernement français, méprise tout avis contradictoire aux intérêts de l'industrie des OGM.

Censure du HCB et complicité du gouvernement

La censure par le HCB d’un avis scientifique divergent pointant les risques des nouveaux OGM en février dernier a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nos organisations avaient alors suspendu leurs travaux, attendant que cet avis rédigé par Yves Bertheau, directeur de recherche à l’INRA, soit enfin rendu public et transmis aux autorités françaises et européennes par le HCB. Deux mois plus tard, ce n’est toujours pas le cas et le HCB s’acharne à dissimuler toutes les données scientifiques qui remettent en cause les nouvelles techniques de modification génétique. Résultat : le gouvernement français se base sur un vrai-faux avis scientifique totalement partial, drapé d'une consultation de la société civile qui n'a jamais été menée à son terme. Ce vrai-faux avis est également sur la table de la Commission Européenne en tant que référence française.

L’enjeu est absolument crucial puisque la Commission européenne, après 8 ans de controverses sur le statut de ces nouveaux OGM, publiera prochainement une interprétation juridique, en ayant le vrai-faux avis comme référence française. C’est sur cette base qu’elle décidera de l'exclusion ou non de la réglementation OGM (directive 2001-18) de ces  nouvelles techniques de modification génétique. Si elles en étaient exclues, les organismes issus de ces techniques pourraient être librement cultivés en échappant à toute évaluation, traçabilité et  étiquetage OGM en Europe, avec les risques pour la santé, l’environnement, les pratiques agricoles et la sécurité alimentaire que cela engendre. Elles faciliteraient par la même occasion la brevetabilité du vivant.

Nous ne ferons pas partie de cette mascarade, qui veut nous faire croire à tous que ces nouvelles techniques de modifications génétiques ne sont que de simples mécanismes naturels de mutation. Nos organisations restent cependant prêtes à travailler dans un cadre réellement démocratique et transparent, où les décisions ne sont pas prises avant même que les débats ne soient entamés, où les positions divergentes puissent être entendues et retransmises.

La prise en compte des demandes de la société civile relève de décisions politiques. Nos organisations continueront à se mobiliser et à alerter l'opinion publique sur ce sujet.

Photo : Pixabay

Chronique - Tailler ses arbres en douceur

Créé le : 08/04/2016

Qui dit arbre mal taillé dit arbre abîmé. Car couper une simple branche peut provoquer d’importants déséquilibres chez ces végétaux qui prennent leur temps pour pousser. De fait, une mauvaise taille peut s’apparenter chez l’arbre à une blessure difficilement réparable. à l’inverse, une bonne taille peut aider au développement harmonieux des arbres. C’est ce qu’explique l’arboriste Alain Pontoppidan dans J’apprends à tailler mes arbres, fruitiers, arbustes... Dans cet ouvrage pratique et illustré par des dessins et des photos didactiques, l’auteur indique comment éclaircir et tailler en douceur ses arbres fruitiers ou d’ornements. Il passe ensuite en revue plusieurs essences et indique comment améliorer leur productivité et leur floraison. Plus qu’un guide pratique, ce livre est une invitation à mieux comprendre et respecter ses arbres. Ils vous le rendront bien !

J’apprends à tailler mes arbres, fruitiers, arbustes... A. Pontoppidan, Éditions Terre vivante, 2016, 120 pages, 14 euros

Photo : Pixabay

François Veillerette : « Des pesticides dans nos maisons »

Créé le : 06/04/2016

Une expertise de l’association Générations futures menée en juillet 2015 montre que de nombreux pesticides – dont certains interdits – se retrouvent dans les foyers de riverains de zones agricoles. Ce travail, ainsi que l’enquête de Cash investigation consacrée au même sujet diffusée sur France 2 en janvier, relancent le débat sur l’impact sanitaire des pesticides. Interview de François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Quels sont les principaux résultats et enseignements de l'expertise menée par Génération futures dans des foyers de riverains de zones agricoles ?

Nous trouvons des résidus de pesticides dans toutes les poussières prélevées chez les riverains de champs agricoles. La moyenne : 20 pesticides. Les chiffres varient selon les cultures : 14 résidus près des grandes cultures, 24 près des vergers et 26 près des vignes. Mais l’information importante reste que l’on retrouve un impact direct des substances dans les logements et pas seulement dans les jardins. Parmi les pesticides recherchés, 12 sont des perturbateurs endocriniens. Rapporté au volume total de produits utilisés, 98% des pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs. Ce qui pose des problèmes sanitaires importants, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Le succès de l’enquête de Cash-Investigation consacrée aux dangers des pesticides, récemment diffusée sur France 2, montre que le sujet préoccupe le public. Les mentalités sont-elles en train d’évoluer face à ce problème ?

Oui. Les gens savent qu’il y a un problème. Il réagissent. Notre enquête vient de là : plus de 400 personnes vivant en zone agricole nous ont appelés. Souvent, les témoignages proviennent de personnes ayant des avis modérés, non militantes, mais qui n’en peuvent plus.

Quelles réactions attendez-vous de la part du pouvoir politique dans ce dossier ?

Nous attendons que Ségolène Royal fasse une démarche claire auprès du commissaire européen à la Santé sur ce dossier. Un règlement européen sur l’utilisation des pesticides existe depuis 2009. Mais il n’est pas appliqué car les produits à proscrire ne sont pas définis. Or une trentaine de produits pouvant avoir des effets néfastes sur la santé devraient être exclus. Au niveau national, il faut mettre en place un plan de protection de la santé publique face aux pesticides en zone rurale. Les champs en zone habitée doivent être convertis en bio, comme nous le faisons déjà pour les zones de captage d’eau. Mais cela concerne beaucoup d’hectares et ne se fera donc pas en un jour. Il faut intégrer ces zones tampons aux Plans Locaux d’Urbanisme. Le problème est difficile à résoudre mais les élus doivent le prendre en main.

Plus d’infos :

www.generations-futures.fr

Nouvelle condamnation de la Compagnie d'Aménagement des Côteaux de Gascogne (CACG) pour ses manquements au débits du Midour (32)

Créé le : 01/04/2016

 

Par France Nature Environnement Midi-Pyrénées 

Le tribunal d'instance de Tarbes vient de condamner la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) à réparer le préjudice moral de FNE Midi-Pyrénées à hauteur de 2000 euros. Il était reproché à la compagnie de ne pas respecter les débits minimums de la rivière Midour, située dans le département du Gers. Cette nouvelle condamnation s'ajoute à la récente décision du tribunal correctionnel du tribunal de Montauban. Explications de FNE Midi-Pyrénées.

 

 

 

Le non-respect réitéré des débits minimums du Midour

Le 3 août 2012, les inspecteurs de l'environnement constatent un débit anormalement bas du Midour, calculé à 9 litres par seconde. Pourtant, la CACG qui exploite les barrages en amont est tenu d'assurer un débit minimum fixé à 80 litre par seconde.

Après enquête, il sera démontré que la compagnie a déjà été verbalisée pour ces mêmes faits en 2005 et 2010. Pire, les débits moyens journaliers récupérés par FNE Midi-Pyrénées auprès de l'administration démontrent qu'elle a continué à violer ces débits en 2013, 2014 et 2015 (dont 33 jours étaient inférieurs à ce débit minimum).

Ces atteintes répétées à la rivière Midour ne permettront pas d'atteindre son bon état écologique en 2021, comme l'impose pourtant la directive cadre sur l'eau. Dans le dernier état des lieux réalisés avant l'adoption du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Adour-Garonne, il été pourtant noté une pression significative sur ce cours d'eau due aux prélèvements liés à l'irrigation. Les faits ici reprochés illustrent la détérioration de cette masse d'eau

Une condamnation de plus pour une société qui se vante d'exceller en matière de gestion quantitative de l'eau 

Le 5 janvier 2016, le tribunal correctionnel venait également condamner la société pour des faits similaires dans la rivière Gimone (82). Rappelons également qu'une plainte portée par nos associations est actuellement en cours d'enquête concernant des faits de destruction de zones humides et de déboisement sans autorisation sur le chantier de Sivens.

Pour Thierry de NOBLENS, Président de FNE Midi-Pyrénées :« Décidément, la Compagnie d'Aménagement des Coteaux de Gascogne s'illustre régulièrement par son comportement irresponsable envers la vie aquatique et l'environnement en général. Cette condamnation est tout à fait justifiée. Nous allons être encore plus vigilants à l'avenir envers cette société étrangement décomplexée. Les élus départementaux et régionaux membres de son Conseil d'Administration seraient bien inspirés de suivre notre exemple. »

Plus d'infos :

www.fne-midipyrenees.fr

 

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