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UNE OPÉRATION DE CROWDFUNDING POUR LANCER R-PUR, MASQUE ANTI-POLLUTION FABRIQUÉ A NANTES

Créé le : 03/07/2017
Matthieu et Flavien, les fondateurs de R-Pur. Crédits photo : R-Pur

R-Pur est un masque anti-particules performant assemblé à Nantes. Ses fondateurs, Matthieu Lecuyer et Flavien Hello, ont lancé un appel aux dons sur Kickstarter. Et il ne reste plus que trois jours pour participer à la campagne de financement participatif et obtenir un masque anti-pollution à moindre coût. Sa particularité ? Il filtre les particules jusqu'à 0,001 micron.

Ils ont déjà recueilli le triple du montant escompté, mais Matthieu Lecuyer et Flavien Hello, espèrent encore récolter des dons avant la fermeture de leur récolte de fonds sur Kickstarter, le 6 juillet prochain. Les 44 000 euros déjà rassemblés permettront à la start-up d’être propulsée sur le marché et d’entamer la confection des masques commandés par les donateurs.

« Quitte à faire un bon produit, autant le faire de la meilleure manière », lance Matthieu. Tout commence à Nantes, où les masques R-Pur sont fabriqués dans un atelier pour ensuite être conditionnés en région parisienne. « Les Nantais travaillent vite et très bien », précise le jeune entrepreneur tout en déclarant que leurs masques sont « fait par les Français pour les Français ».

Pollution atmosphérique, 3ème cause de mortalité en France

Matthieu Lecuyer et Flavien Hello ont effectué de nombreux voyages autour du monde. Ils ont été particulièrement frappés par les taux de pollution observés dans diverses villes du continent asiatique. A respectivement 27 et 28 ans, ces jeunes entrepreneurs se sont souvenus des populations prenant pour habitude de cacher leur visage sous des « masques de docteur » pour faire face à l’impureté atmosphérique. Aujourd’hui en France, la pollution de l’air est la troisième cause de mortalité et représente chaque année 48 000 décès, selon le rapport de Santé Publique France. Dix fois plus que le nombre d’accident de la route. « Après le tabac et l’alcool qui sont des plaisirs coupables, la pollution atmosphérique, elle, n’est pas un choix individuel », revendique Matthieu, agacé.

Une fois rentrés à Paris sur leurs scooters, ils sont confrontés à la dégradation de la qualité de l’air. Nez qui coule, gorge qui gratte, cela ne pouvait plus durer. Après avoir testé plusieurs masques anti-pollution inconfortables, douloureux et/ou inefficaces, Matthieu s’est exaspéré : « On est en 2015 et il n’y a pas un seul produit capable de répondre à nos attentes ». Ni une ni deux, les jeunes actifs se transforment en auto-entrepreneurs. Entourés d’amis compétents et bienveillants, ils conçoivent près de 200 prototypes avant de parvenir au produit final. La machine est lancée.

Un masque pour tous

A pieds, à vélo, en scooter ou en moto, le masque est conçu pour tous. Il s’adapte aux différents types de casques et peut même être utilisé pour la course à pieds. L’équipe de R-Pur affirme que « le filtre offre une résistance à l’inspiration 50% moins forte que les autres produits similaires actuellement sur le marché ». La filtration est capable de stopper les microparticules « PM 2.5 » et même les « PM 0,001 », 2 500 fois plus petites que la réglementation donc. La norme EN149-FFP3, la plus exigeante en Europe pour les masques de protection respiratoire, n’impose que 0,4 micromètre de filtration. Bactéries, allergènes, particules toxiques et microbes n’ont plus leur place dans les poumons des Français. Sachant qu’une « gastro est de l’ordre 3 à 5 microns, nous on filtre 0,001 microns », dévoile Matthieu. Tout est dit.

 

Le masque est composé de quatre couches filtrantes. En plus de sa technologie déperlante, le masque est lavable en machine. Une deuxième couche de filtration mécanique et électrostatique emprisonne 0,0001 microns. La troisième couche, composée de charbon actif, empêche les odeurs de passer mais aussi les particules toxiques (composés organiques volatils, dioxyde de soufre SO2, ozone 03, hexane C6H12, …). La dernière couche est en fibre et apporte un maintien constant au masque.

Un filtre interchangeable et recyclable

L’efficacité du filtre est garantie pour 400 kilomètres d’utilisation environ, soit une durée moyenne d'un mois à un mois et demi. Après, il faut le changer. Comptez entre 12 euros et 14 euros selon les revendeurs. Une application permettant de connaître le moment opportun pour changer de filtre est mise à disposition par l'entreprise. Soit la géolocalisation permet de calculer le nombre de kilomètres parcourus. Soit, un questionnaire est à remplir manuellement. Une fois le kilométrage atteint, l’application prévient l’utilisateur. Pour cela, la distance franchie est couplée avec les données de pollution de l’air disponibles en open source. Chaque filtre usagé peut être déposé en point de vente pour être recyclé et vivre une deuxième vie.

Un avenir à venir

La commercialisation débutera dès le mois d’octobre. L’étendue de la gamme, qui comprend trois coloris de base, sera développée dès que possible. Quant au financement participatif actuellement en cours, il permettra à la start-up d’élargir son champ d’actions à l’international et d’ouvrir, un jour peut-être, sa propre boutique.

Les deux amis embrayeront ensuite sur la création d’une ligne pour enfants. En effet – selon un rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) publié en mars 2017 – 570 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année d’infections respiratoires liées à la pollution de l’air dans le monde. Un chiffre qui s’explique par le changement climatique observé : les températures et les niveaux de dioxyde de carbone augmente, favorisant la production de pollen, associée à une augmentation des taux d’asthme chez l’enfant. Compte tenu de cette situation, Matthieu dit être « en train de travailler sur des modèles pour les plus vulnérables, les enfants et les personnes âgées, notamment ».

En attendant, la récolte de dons est toujours ouverte, et ce, jusqu’au 6 juillet. Un don pour la start-up vous permet en réalité d’obtenir un masque en pré-commande et à prix réduit. D’ailleurs, « les cent premiers masques au prix de 59€ sont partis en vingt minutes seulement », assure Matthieu.

Plus d'infos :
https://www.r-pur.com/

QUALITÉ DE L'AIR EN PACA : UN TIERS DES ÉMISSIONS DUES À LA COMBUSTION DE BIOMASSE

Créé le : 16/05/2017
Modélisation de la rue Paradis (Marseille) en légo pour faire le lien entre urbanisation et qualité de l’air. FabLab Air PACA « a LAB in the AIR » - Crédit : Air Paca

Par Eric Besatti

Air Paca, association agréée pour la surveillance de la qualité de l'air, publie ses résultats 2016. Présentation au sein du FabLab « A Lab in the Air » à Marseille, lieu d'expérimentation de nouveaux dispositifs de mesures, partenaire de l'association. 

Contextes national et régional 

Côté sanitaire, on estime qu'« en région Paca, 10 % de la mortalité évitable est due à la pollution de l'air, soit 4000 décès par an pour 48 000 au niveau national », relève Laurence Pascal, médecin épidémiologiste à Santé Publique France. Côté économique, le coût de la pollution de l'air extérieur est estimé en France entre 68 et 97 milliards d'euros par an, selon la commission d'enquête sénatoriale de 2015. Pour le président d'Air Paca, Pierre-Charles Maria, « l'impact de la pollution doit également être appréhendé du point de vue de l'activité touristique. Si demain la qualité de l'air se dégrade en Paca, l'attractivité de notre territoire se dégradera également. »

La population provençale exposée

En 2016, conformément à la tendance de ces 10 dernières années, le niveau de pollution est en baisse en Paca. Malgré cela, Selon la réglementation européenne – issue de la directive sur la qualité de l'air de 2008 – plus de 300 000 personnes résident dans un secteur où les normes limites ne sont pas respectées. Mais la proportion monte à 86% de la population selon le critère de l'OMS (un taux de particules maximum de 20 µg/m³ en moyenne annuelle), beaucoup plus sévère. Les grandes agglomérations et les axes routiers sont particulièrement concernés.

Les cheminées des particuliers très polluantes

En Paca, tout au long de l'année, « plus d'un tiers de la pollution aux particules est dû à la combustion biomasse », explique Dominique Robin, directeur d'Air Paca, soit des particules issues du chauffage au bois, des centrales bois énergie ou du brûlage de déchets végétaux. Durant les mois d'hiver, la proportion du chauffage au bois monte à 40 % de la pollution aux particules à Marseille et 50% pour la vallée de Gap. « Un résultat auquel on ne s'attendait pas », convient le directeur. L'association identifie donc un levier d'amélioration de la qualité de l'air par le remplacement des installations de chauffage à bois les plus vétustes. Elle estime à 147 300 le nombre de chauffages à bois à rendre plus performants dans la région.

Le manque de données sur les particules ultrafines

Daniel Moutet, président de l'Association de défense et de protection du Golfe de Fos, alerte sur le manque de données sur les particules ultrafines. En effet, le cadre normatif européen imposé aux industriels est basé sur l'émission des particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm). Il cite une étude réalisée par l'Institut éco-citoyen pour la connaissance des polluants montrant « qu'en termes de particules fines, une zone pavillonnaire voisine des industries à Fos-sur-Mer est aussi polluée qu'un tunnel marseillais en heure de pointe ». Daniel Moutet, membre du bureau d'Air Paca, milite pour encadrer également les émissions de particules utrafines : « ce sont les plus dangereuses pour la santé car elle pénètrent le plus profondément dans l'arbre respiratoire ». Du côté d'Air Paca, l'association en est « à l'étape de l'exploration du territoire selon le critère des particules ultrafines », explique son directeur. Deux points de contrôles expérimentaux sont installés depuis des années à Port-de-Bouc et Marseille Cinq Avenues.

 

Information aux habitants

Au rayon innovation, après l'application smartphone d'information sur la qualité de l'air conçue en 2016, Air Paca va en développer une nouvelle destinée aux sportifs marseillais. Elle avisera les joggers et leur servira de guide vers des itinéraires de course moins pollués.

 

Modélisation de la rue Paradis (Marseille) en légo pour faire le lien entre urbanisation et qualité de l’air. FabLab Air PACA « a LAB in the AIR » - Crédit : Air Paca

Plus d'infos : www.airpaca.org

Les pesticides disparaissent des espaces verts mais pas dans l’air

Créé le : 17/01/2017
Crédits : Pixabay

Par Air Paca

La Loi Labbé s’applique depuis le premier janvier. Et les collectivités qui ont préparé l’échéance respirent mieux. En milieu agricole toutefois c’est vers une réduction des quantités émises que s’achemine la société. Du mieux pour la qualité de l’air ? Pour le savoir il faut mesurer… longtemps.

« Il faut accepter que les petites herbes puissent pousser… Après tout qu’est-ce que le beau ? » Nada Verrecchia, la directrice générale des services de la petite commune de Saint-Marc Jaumegarde, s’est étonnée que le Syndicat d’Aménagement du Bassin de l’Arc, au pied du mont Venturi, lui recommande de demander la labellisation « zéro phyto ».

« Planter intelligemment, en pensant limiter l’arrosage, et ne pas contribuer à gâcher le lombricompostage de la cantine scolaire, ça coulait juste de source ». Elle reconnaît à peine que, cette normalité de 2017… à son arrivée voici près de vingt ans, il fallait oser la vouloir.

Depuis le premier janvier 2017, la Loi Labbé est entrée en vigueur. Les collectivités locales ne peuvent plus, sauf conditions particulières très limitées, utiliser de pesticides pour leurs espaces verts.

Celles qui n’ont pas anticipé connaîtront sûrement des difficultés d’adaptation. Car si les fétuques et autres pissenlits en bord de trottoir ne font pas problème, les pratiques des employés communaux et la conception esthétique de nombre d’habitants elles, peuvent l’être !

Une opportunité de faire entrer le développement durable dans toutes les pratiques

Cyrille Casals, le directeur du Service Environnement de Miramas, nous le confirme : «  le maire, Frédéric Vigouroux, était demandeur, et la première préoccupation des élus était d’être en mesure d’expliquer les raisons aux habitants. Donc, l’enjeu était d’abord communicationnel. Avec un bon service com’ bien impliqué, ça se passe sans souci. »

Le personnel, trente personnes, a reçu toutes sortes de formations, et l’Agence de l’Eau finance à hauteur de 80 % l’achat de matériel désherbant alternatif. « C’est exceptionnel et garanti jusqu’en 2018 inclus. Ne pas en profiter c’est vraiment manquer une occasion ! »

Les 40 ha d’espaces verts miramasséens ne reçoivent donc plus de glyphosate et autres poisons pour nappes phréatiques depuis 2015. Cette politique s’accompagne d’une réflexion active sur les essences à planter dans les haies, et sur le rééquilibrage des espaces avec et sans gazon.

Pérenniser la mesure des pesticides dans l’air s’avère indispensable

Si l’eau et la qualité sanitaire de nos aliments vont en profiter, la qualité de l’air devrait aussi être améliorée. Sans doute, mais qu’en sait-on au fait ? « Nous mesurons, depuis 2012, le niveau de phytosanitaires dans l’air, à partir de cinq stations réparties en région Paca » souligne Alexandre Armengaud, ingénieur Air PACA en charge de la Coopération Scientifique et coordinateur de l’Observatoire Régional des Pesticides PACA.

Or, ces mesures ont déjà montré qu’à Cavaillon, en milieu typiquement agricole, les concentrations de l’insecticide chlorpyriphos-éthyl pouvaient être importantes. « Ici c’est bien la surveillance dans l’air de cette molécule depuis 2012 qui a permis d’informer les élus, les agriculteurs et la population. Un prélude à des actions nécessaires qui ont entrainé une baisse des concentrations de l’insecticide dans l’air ».

Après l’interdiction des pesticides dans les espaces verts, en verrons-nous réduire l’utilisation dans les terres agricoles ? « Dans leur utilisation raisonnée, il y a des progrès à faire. Là où trois épandages annuels sont réalisés, les experts agricoles s’aperçoivent qu’un seul peut suffire. L’enjeu c’est le porter à connaissance et la formation des utilisateurs » estime Alexandre Armengaud.

Or la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur vient de créer un dispositif qui pourrait y aider. Avec « Qualité de l’Air et Secteur Agricole Porté à Connaissance et Innovation dans le Cadre de l’Observatoire Régional des Pesticides », le Conseil Régional Paca financera à la fois l’animation professionnelle en milieu agricole et, pour partie, des mesures atmosphériques aussi onéreuses que nécessaires.

Actuellement Air PACA réalise chaque année environ 125 mesures et analyses de pesticides dans l’air. « Pour avoir une idée de l’évolution des concentrations, la pérennité du système est indispensable » reprend Alexandre Armengaud.

C’est la base même de tout réseau de mesure ; pouvoir comparer avec pertinence la situation sur de nombreuses années, afin de distinguer l’incident de la pollution de fond et d’évaluer l’impact des politiques publiques sur les niveaux de pollution.

Plus d'infos :

www.airpaca.org

Victor-Hugo Espinosa :"La pollution de l'air tue et rend malade l'homme et notre planète"

Créé le : 07/11/2016
Victor-Hugo Espinosa - FD / LMDP

Porté par l'assocaition Air Paca, le programme pédagogique de sensibilisation à la qualité de l'air « L'Air et moi », est présenté à Marrakech, à l'occasion de la COP22. A cette occasion, nous publions une tribune de son initiateur,Victor-Hugo Espinosa. Cet Ingénieur spécialiste en risques majeurs est aussi militant et coordinateur du réseau Ecoforum, à Marseille, depuis les années 2000. Ce texte est extrait du dernier numéro hors-série du magazine Provence Durable, désormais Sans Transition ! Provence.

Nous n’avons pas tout le ciel pour respirer

L’épaisseur de la couche respirable autour de notre planète est infime et, nous sommes en train de la polluer pas seulement durablement, mais aussi dangereusement pour l’Humanité. Pour mieux comprendre, dans une école, nous avons collé un morceau d’adhésif sur un globe terrestre, et en visualisant cet épaisseur, il est facile de comprendre que nous n’avons pas tout le ciel pour respirer.

Une croissance incroyable des sources de pollution

D’une part, le parc automobile mondial était en 1907 de 25 000 automobiles. En 2010, un siècle plus tard il dépasse le milliard. D’une autre part, la production mondiale de produits chimiques a explosé, passant d’un million de tonnes en 1930 à plus de 400 millions aujourd’hui. Or, on ne connaît l’impact toxicologique que de 3.000 substances sur les 100.000 commercialisées en Europe. On estime aujourd’hui, à 37 millions le nombre de substances chimiques utilisées par l’homme. Dans notre région, Air PACA, contrôle une quinzaine des polluants réglementés.

La pollution de l’air tue et rend malade l’homme et la terre

Selon l’Organisation Mondiale de la santé, la pollution atmosphérique cause en moyenne chaque année la mort prématurée de 7 millions de personnes dans le monde dont 600000 en Europe. (50.000 en France). La pollution de l’air est désormais le facteur environnemental le plus important affectant la santé. Selon une récente étude de l’OMS dans le monde, un décès sur 8 est lié à la pollution de l’air. Les femmes et les enfants pauvres paient un lourd tribut à la pollution de l’air intérieur, car ils passent plus de temps à la maison à respirer les fumées et la suie que dégagent les fourneaux à bois ou à charbon mal ventilés. Depuis juin 2012, les gaz d’échappement des moteurs diesel sont classés parmi les «cancérogènes certains » pour les humains par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), l'Agence contre le Cancer de l’Organisation mondiale de la santé.

La pollution de l’air est une aberration économique

Selon un rapport du sénat, la pollution de l’air en France coûte chaque année 101,3 milliards d’euros. Deux fois plus que le tabac (47 milliards d’euros). «La pollution atmosphérique n’est pas qu’une aberration sanitaire, c’est une aberration économique». Le coût de l’inaction est 12 fois plus cher qu’agir! Le coût pour la sécurité sociale atteindrait 1,82 milliard d’euros en 2010. Avec un nombre inquiétant de nouveaux casannuels : 1,40 million pour l’asthme, 1,07 millions de bronchites, 72 000 bronchopathies, 33.530 hospitalisation et 4.400 cancer de voies respiratoires.

La pollution de l’air menace et rend malade notre planète

En plus de conséquences sanitaires, la COP21 a bien montré, le lien de la pollution de l’air (GEs) avec le réchauffement et les dérèglements climatiques.»

Plus d’infos :

www.ecoforum.fr

www.lairetmoi.org

Rapport Senat 2015 : «pollution de l’air : le coût de l’inaction»

Le numérique au service de la qualité de l'air

Créé le : 18/10/2016
A LAB in the AIR, 167 rue Paradis, 13006 Marseille, ouvert au public les mardis et jeudis à partir de 18 h 30

À Marseille, Air Paca, l'association chargée des mesures de la qualité de l'air dans le sud-est de la France, veut mettre le numérique au service de la qualité de l'air. Les innovations de demain commencent dans son FabLab.

 

Des bijoux qui clignotent. Une cravate lumineuse qui passe du vert au rouge. Rien à voir avec la mode, ce sont des outils de prévention inventés par l'équipe du FabLab d'Air Paca, à Marseille. Les leds de ces habits connectés changent de couleur en fonction de la qualité de l'air. Connectés à une application et géolocalisés, les utilisateurs peuvent indiquer leurs activités : « S'ils font du sport et que la qualité de l'air est mauvaise, ils reçoivent une notification leur conseillant d'attendre que le pic soit passé », explique Jonathan Baudin, cofondateur du FabLab. Comme tout « laboratoire de fabrication », il met à disposition des inventeurs une série d'outils numériques, ainsi qu'une imprimante 3D. Baptisé « a LAB in the Air », c'est le premier à être dédié à la qualité de l'air en France.

Modéliser la pollution

Jonathan est en train de mettre au point une maquette en légo. L'objectif : modéliser la pollution dans une rue. Si cette invention est destinée à de la prévention dans les écoles, le FabLab est avant tout au service des entreprises partenaires d'Air Paca. « Nous sommes le lien entre les marchés publics et les entreprises privées, explique Anne Berlanco, cofondatrice du Fab Lab. C'est un endroit convivial où nos partenaires viennent développer leurs projets. » Telle Aria Technologies, qui développe avec Air Paca un projet de modélisation de la pollution, après un accident industriel. Le Fab lab est aussi ouvert à « tous les jeunes qui voudraient travailler en mode start-up sur un projet mêlant numérique et qualité de l'air » ajoute Anne Berlan. Geekez, respirez !

 

« Associer nos compétences ! » - La parole à Dominique Robin, Directeur général d'Air Paca.


« En tant qu'association agréée par les pouvoirs publics pour la surveillance de la qualité de l'air, nous collectons avant tout des données. Mais comment les mettre au service du grand public ? Grâce au numérique, nous souhaitons introduire le réflexe « air » dans le quotidien. Pour cela, nous avons besoin d'associer nos compétences : Air Paca comme association pourvoyeuse de données, associée à des entreprises qui savent traiter ces données. Nous venons par exemple de signer un partenariat avec Tera, qui lancera son application d'information sur la qualité de l'air Breathe Up, le 22 novembre prochain. »

 

 

Article écrit par margaïd Quioc

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CHRONIQUE : Respirer tue

Créé le : 28/09/2016
Crédit : Lemieux éditeur

92% de la population mondiale respire un air trop pollué : c'est la principale conclusion d'un rapport, intitulé Pollution de l'air ambiant : une évaluation globale de l'exposition de la charge de morbidité, publié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mardi 27 septembre. Ce livre de Gérard Bouvron, militant breton pour la protection de l'environnement, fait écho à cette situation alarmante. 

 

De la Bretagne aux Antilles

Particules fines, résidus de pesticides ou encore composés benzéniques : Agir contre la pollution de l'air détaille les substance nocives qui passent, bien malgré-nous, dans nos poumons. Au travers des cas concrets antillais et bretons, le livre dresse l'incapacité des pouvoirs publics à agir efficacement pour lutter contre les pollutions, notamment issues de l'agriculture. Mais il ne manque pas aussi de souligner que des citoyens ou des villes ont su se mobiliser et obtenir des résultats positifs en matière d'amélioration de la qualité de l'air. Des résultats qui ne pourront être généraliser que si l'on change de modes de consommation. Et si l'on ouvre davantage la gestion des risques à la société civile.

A lire :

Respirer tue, Un livre pour s’informer et agir contre la pollution de l’air, Gérard Bouvron, 2016, Lemieux Editeur, 144 p. 12 euros

3 questions à Patrick Deixonne Expédition 7e Continent : « Tout le monde est concerné »

Créé le : 31/05/2016
© Pixabay

A l’occasion de ses 25 ans, NAUSICAA accueille l’Expédition 7e Continent pour une tournée en France, à partir du 12 mai. Du 4 au 5 juin pour la semaine du développement durable, ce déplacement pédagogique s’arrêtera à Toulouse. Leur objectif est d’alerter le public et les politiques sur la gravité de la pollution des océans avec la dispersion des déchets plastiques. Patrick Deixonne est chef de mission des Expéditions 7e Continent. Ce navigateur explorateur est aussi membre de la Société des Explorateurs Français.

Pouvez-vous expliquer votre projet de « déplastiquer » l’océan ?

Il y a un 7e continent constitué de nanoparticules. C’est la zone d’accumulation de plastiques. Il ne cesse d’augmenter. 80 % des déchets de l’océan proviennent de la terre ferme. Même les habitants de Strasbourg ou Toulouse peuvent agir. On estime que 35 millions de tonnes de plastiques polluent les océans. Notre projet consiste à ramener les échantillons de déchets aux scientifiques, afin qu’ils les examinent. A l’heure actuelle, nous n’avons pas d'autres solutions. La meilleure manière d’éradiquer le 7e continent est de sensibiliser les gens, afin de créer une chaîne de consciences. 

 

Quels sont les conséquences de cette pollution sur la faune et la flore ?

Il y a deux conséquences de la pollution des océans. La première est accidentelle. Il s’agit du sac plastique que la tortue ou la baleine avale. L’autre conséquence n’est pas scientifiquement prouvée. Ce que contient le plastique pourrait transiter dans la chaîne alimentaire. Nous nous demandons si ces métaux lourds peuvent se bio accumuler.

 

Quelles seront vos actions à Toulouse et quel est l’intérêt de votre collaboration avec Nausicaa dans cette ville ?

Toulouse a été choisie pour accueillir les rencontres européennes de la science,  ESOF (EuroScience Open Forum) en juillet 2018. Ainsi, cette ville sera la capitale européenne de la science. Notre base scientifique y est d’ailleurs située : le CNRS, le Centre national d’études spatiales ou encore Mercator océan. Du 4 au 5 juin, nous serons sur la place de l’Olivier pour accueillir le public, de 9h à 19h à Saint Cyprien, à Toulouse. Une conférence grand public sera également organisée, en soirée. Scolaires, industriels, scientifiques, mais aussi élus seront présents. Avec notre caravane pédagogique, notre objectif est de sensibiliser la population sur la dispersion des déchets plastiques dans la nature. Ils sont jetés sur le bas-côté de la route et se retrouvent dans nos océans. Nous désirons appliquer le programme et l’esprit de sensibilisation de ramassage à cette ville. Nausicaa se bat pour la protection des océans, le respect et les valeurs de la mer. Nous avons une complicité naturelle et une urgence partagée : comprendre et réduire la pollution plastique, pour une planète préservée.

 

 

Plus d’infos :

www.septiemecontinent.com/

www.nausicaa.fr/  

www.septiemecontinent.com/expedition-7e-continent-annonce-une-tournee-de-sensibilisation-en-france-entre-le-12-mai-le-15-juin-2016/

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