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[ AGRO-ALIMENTAIRE ] Les journalistes bretons marquent leurs premiers points dans la bataille pour la liberté d'expression

Créé le : 04/06/2020
Photo : Borko Manigoda / Pixabay

En Bretagne, un collectif de journalistes brise l'omerta liée à la difficulté d'informer sur la pollution provoquée par le secteur agro-industriel local1. Des engagements ont été pris par la Région, grâce aux actions entreprises par le collectif ces dernières semaines.

" Une chape de silence pèse sur l'information touchant le secteur agroalimentaire en Bretagne, et ce depuis des décennies. Nous venons d'y ouvrir une brèche, que nous allons continuer à creuser ". Le collectif de journalistes bretons Kelaouiñ se félicite ainsi des retombées positives et du nombre de soutiens recueillis ces derniers jours pour défendre la liberté d'expression face à l'agro-business breton.

Quatre représentant.e.s du collectif ont pu s’entretenir, le 29 mai dernier, avec Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, et Jean-Michel Le Boulanger, son vice-président à la culture et à la démocratie. Une avancée notable est à souligner : le président a proposé que la Région se désengagerait des entreprises et acteurs qui ne respecteraient pas les règles démocratiques, à commencer par la liberté d'informer. Le chantier d'un observatoire indépendant des libertés de la presse est également lancé en Bretagne.

> Lire le dossier de presse, le compte-rendu de la réunion et la lettre ouverte :

 

[ POLLUTION ] Des journalistes bretons s'unissent face à l'agro-industrie

Créé le : 26/05/2020
Prolifération d'algues vertes sur la plage du Valais à St Brieuc durant l'été 2017. En se décomposant, ces algues dégagent un gaz toxique appelé sulfure d'hydrogène. © Maxppp / Cyril Frionnet

En Bretagne, de nombreux journalistes ont décidé d’unir leur voix pour dénoncer la difficulté d’informer sur l’agroalimentaire local. En toile de fond : l'omerta qui règne autour de la question de la pollution issue du secteur, acteur économique local incontournable. France Inter a fait le point dans une émission parue ce lundi.

Présentation de l'émission parue lundi 25 mai dans l'Instant M sur France Inter :

L’affaire Inès Léraud prend de l’ampleur. Au départ, une enquête de longue haleine diffusée sur France Culture et France Inter, dénonçant à la fois le scandale des algues vertes et l’omerta sous lequel la Bretagne l’a enfoui. Puis, une BD publiée chez Delcourt. Succès, 46 000 exemplaires. Seulement voilà, un salon du livre des Côtes d’Armor annule la venue de l’auteur et une maison d’édition locale renonce à la traduction de son livre en breton. 

La coupe est pleine. Ces petits baillons, loin d’être insignifiants, s’ajoutent aux plaintes en diffamation, campagnes de dénigrement et autres actes d’intimidation. Début mai, paraît dans Libération une tribune portée par des avocats, des militants, des élus, etc… qui appellent à défendre le droit d’informer en Bretagne et le droit d’enquêter sur les pratiques des industriels de l’agroalimentaire.

La Bretagne, première région laitière, productrice de la moitié de la viande française. La Bretagne, tenue par des poids lourds comme les groupes Triskalia, Daucy, Doux ou encore Chéritel qui ont le bras long. Ils font vivre une partie de la population et leurs dépenses de communication, elles, font vivre les médias locaux.  

Une nouvelle génération de journalistes interpelle publiquement le président de la région Bretagne. Une lettre ouverte va lui être adressée aujourd’hui. Initiatives de jeunes consoeurs et confrères exerçant dans la région, directement victimes de pression ou régulièrement témoins d’entraves. Pour la première fois, ils se mettent en réseaux, les langues se délient. Un texte est rédigé demandant à ce qu’aucune subvention ne soit retirée auprès publication de cette lettre ouverte. Ils connaissent trop bien la mécanique des représailles. Ils veulent que les élus et les administrations cessent de se barricader lorsqu’un journaliste les interroge sur ces sujets. Ils veulent qu’un « Observatoire régional des libertés de la presse » soit créé, au même titre que les ministères de l'Intérieur et de l'Agriculture ont adoubé des observatoires de « l'agribashing ». Les journalistes, eux aussi, voudraient se sentir soutenus, en finir avec « le mur du silence » et l’auto-censure.  

Ce week-end, les signatures ont spontanément afflué au bas de cette lettre. L’un des jeunes instigateurs me confiait hier ne pas avoir « osé solliciter certains de ses aînés, des plumes bien connues en Bretagne, des journalistes qui ont été en première ligne, qui en ont pris plein les dents et qui n’aspiraient qu’à une chose, qu’on leur foute la paix ». Vous savez quoi ? Leurs noms sont sur la liste.

> Réécouter l'émission

[ BIOPLASTIQUES ] La grande embrouille !

Créé le : 27/11/2019
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, complétée par la loi EGAlim, interdit la mise à disposition d’objets plastique comme la vaisselle je-table, saladiers, pots à glace à partir de 2020 … sauf si ceux-ci sont compostables à domicile, et tout ou en partie biosourcés.(crédit : Pixabay)

Une infime partie des plastiques produits chaque année affiche l’appellation « bioplastiques ». Alors que certains finissent leur vie incinérés et que d’autres mobilisent de précieuses terres agricoles, l’ombre du greenwashing plane sur ces plastiques supposés verts. Des chercheurs de nos régions le réinventent dans une logique d’économie circulaire et de moindre impact sur l’environnement.

 

Par Anaïs Maréchal

On le retrouve dans les sacs destinés aux fruits et légumes, certaines bouteilles de soda ou pots de yaourts : le bioplastique. Appellation complexe, « bioplastique » désigne les plastiques biosourcés issus de végétaux, mais aussi les plastiques biodégradables. Et ceux pouvant se targuer d’être à la fois biodégradables et biosourcés sont minoritaires … Le grand écart écologique est bien trop important pour justifier d’une terminologie commune. De fait, la confusion règne. Et l’argument marketing tend à prendre le dessus au détriment d’une réelle avancée écologique.

« La guerre à la pollution plastique est déclarée », annonçait cet été la secrétaire d’état Brune Poirson en lançant son plan de lutte contre la pollution plastique. Depuis quelques années, les industriels se sont déjà engouffrés dans ces effets d'annonce grâce un nouveau produit : le bioplastique. Mais qu’ils soient biosourcés ou biodégradables (voir encadré), les emballages en bioplastique - comme les sacs pour les fruits et légumes - seraient-ils LA solution alternative ?

Les bioplastiques ne sont qu’une aiguille dans une botte de foin. Moins d’1 % des 335 millions de tonnes de plastique produites dans le monde en 2018 étaient des bioplastiques ([1]). Pourtant peut-être, sans le remarquer, avez-vous déjà tenu du bioplastique entre vos mains. Dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance, tous les sacs plastiques à usage unique ont été interdits en France au 1er janvier 2017. Sauf les sacs à la fois biosourcés et compostables, les fameux bioplastiques, qui sont depuis mis à disposition dans nos rayons fruits et légumes. Et la vaisselle jetable s’apprête à subir le même sort en 2020. « Les sacs à la fois biosourcés et compostables représentent 20 000 tonnes sur le marché français, détaille Marie Plancke, déléguée générale du Club bioplastiques, association regroupant l’ensemble des acteurs français de la filière. Ce sont principalement les sacs fruits et légumes, et de façon encore marginale des gobelets ou couverts en plastique. » Au rayon boissons, bouteilles de Coca, Vittel ou Volvic sont aussi en bioplastique, et les pots de yaourt Danone devraient bientôt subir le même sort.

Compostable, biodégradable, biosourcé… les mots ne sont pas simples et le marketing s'en amuse (en abuse?). Le terme « bioplastique » est en fait employé pour deux types de plastiques : biosourcé (c'est-à-dire composé au minimum à 40% de matière d'origine biologique, le reste étant issu de la pétrochimie comme les plastiques conventionnels) et biodégradable (voir encadré). Or « biosourcé » renvoie à la composition, alors que « biodégradable » renvoie à la fin de vie du produit. Deux notions qui ne sont pas liées ! Attention donc à ne pas s’y méprendre : tous les plastiques biosourcés ne sont pas biodégradables, et inversement. 57 % des bioplastiques produits en 2018 n’étaient d’ailleurs pas biodégradables (voir infographie). Les bouteilles de Coca-Cola, composées en partie de canne à sucre, font partie de ces produits non biodégradables, qui seront recyclés ou incinérés comme les plastiques traditionnels. Les sacs pour les fruits et légumes respectent eux, la réglementation : ils sont biosourcés ET biodégradables… ou plus précisément compostables, à domicile.

Pas si biodégradables...

Deuxième source de confusion : la notion de biodégradabilité. L’Ademe ([2]) précise qu’un matériau est dit biodégradable s’il peut être décomposé sous l’action de micro-organismes, comme des bactéries ou des champignons. Le matériau est entièrement détruit, converti en eau, dioxyde de carbone et méthane, pendant que la population de ces micro-organismes croit. « Le terme biodégradable ne veut rien dire si on ne précise pas les conditions dans lesquelles le matériau est capable de se dégrader !, souligne Anne-Fleur Hug, chargée de plaidoyer chez Zero Waste France. Cela rend tout très confus chez le consommateur, à juste titre. »  Des normes encadrent en effet la biodégradabilité des emballages plastiques, qui peuvent être garanties par des labels délivrés par des organismes de certification européens. Si le logo OK Compost Industrial figure sur votre emballage, alors celui-ci a été conçu pour se dégrader dans des composteurs industriels, installés dans les villes collectant les biodéchets ([3]) par exemple. C’est bien souvent le cas de la vaisselle jetable ou des barquettes alimentaires en bioplastique. Les plastiques labellisés OK Compost Home, comme les sacs fruits et légumes, peuvent quant à eux se dégrader dans des composteurs à domicile. Mais attention, comme dans ces petites installations la température est bien moins élevée que dans les composteurs industriels, un plastique OK Compost Industrial ne s’y dégrade pas ! D’où l’importance de vérifier les conditions de biodégradation du matériau grâce à ces labels.

Si les emballages alimentaires représentent presque 65 % du marché des bioplastiques, on les retrouve aussi chez les professionnels sous forme de film de paillage pour l’agriculture, de composants électroniques ou encore d’airbags dans nos voitures (crédit : pxhere).

Mais alors, que devient un sac biodégradable qui se retrouve dans la nature ? À l'instar d'un mouchoir en papier, disparaît-il au bout de quelques mois ? L’Ademe balaie toute ambiguïté en 2016 ([4]) : « Les plastiques biodégradables ne doivent en aucun cas être abandonnés dans la nature. En effet, la biodégradation se fait dans certaines conditions bien précises, qui ne sont pas nécessairement réunies en milieu naturel. » Valérie Massardier, chercheuse en éco-conception des matériaux polymères à l’INSA ([5]) Lyon, explique : « La dégradation d’un matériau dépend de la température, l’humidité et la qualité du microbiote du milieu dans lequel il se trouve. » Il est donc impossible de prédire la vitesse de dégradation d’un sac bioplastique dans la nature. « Il se dégrade probablement plus vite que les plastiques conventionnels, mais c’est très variable et dans tous les cas bien plus long qu’en composteur », détaille la chercheuse. Conçus uniquement pour être compostés, l’appellation « biodégradable » de ces plastiques entretient la confusion. « Les informations disponibles sont incohérentes ou trompeuses : les consommateurs pensent souvent que les plastiques biodégradables sont un meilleur choix pour l’environnement, relate Graham Forbes, chef de projet chez Greenpeace USA. Mais dans la nature, ils vont se fragmenter en petits morceaux, notamment des microplastiques, qui peuvent être ingérés par les animaux et pénétrer la chaîne alimentaire. »

Compostables, ils finissent pourtant à l'incinérateur

Exit donc les  barquettes, gobelets et autres bouteilles OK Compost Industrial du composteur au fond du jardin ! Ceux-ci doivent être collectés, avec les autres biodéchets, par les collectivités dans des bacs dédiés. Ils seront ensuite placés dans des composteurs industriels. Seul hic : aucune filière de valorisation auprès des particuliers n’existe pour les plastiques compostables industriellement, notamment les PLA qui représentent 10 % des bioplastiques du marché (voir infographie). Donc même si vous avez la chance de faire partie des 6% de ménages qui bénéficient d'une collecte de biodéchets dans votre commune, vos plastiques compostables industriellement n'y sont pas acceptés, faute de débouchés ! Résultat : ils finissent en décharge ou incinérés au milieu des déchets non valorisés. Un comble !

Si la collecte des biodéchets (déchets organiques – ndlr) va être généralisée d’ici 2025, la filière ne semble pas prête à s’ouvrir aux bioplastiques. « Intégrer les plastiques compostables rendrait plus complexe le geste de tri pour le consommateur, alors qu’il est déjà difficile de différencier les plastiques recyclables, explique Clothilde Pinet, chargée de mission valorisation biologique à la FNADE ([6]). Et il est pour nous essentiel de mener en amont une enquête sur l’impact de ces plastiques dans le compost final. » Les acteurs de la filière soulignent en effet le manque de connaissances sur le devenir des plastiques compostables, au milieu des autres biodéchets, à l'instar de ceux laissés en pleine nature. La start-up Les Alchimistes, qui composte les biodéchets des professionnels parisiens, intègre depuis un an les bouteilles en PLA du fabricant de jus Yumi dans leur processus de compostage. « Nous démontrons qu’ils peuvent être effectivement compostés dans un contexte habituel, témoigne Alexandre Guilluy, son co-fondateur. Le plastique a complètement disparu et l’analyse qualité de notre compost montre qu’il répond tout à fait à la réglementation ! » Un axe de travail encourageant.

Plastique ou maïs, il faut choisir

Dernier objet de polémique : comme pour les biocarburants, les végétaux cultivés pour fabriquer le plastique biosourcé – maïs, pomme de terre, canne à sucre, etc. – entrent en concurrence avec l’alimentation. Ceux-ci occupaient pourtant en 2018 moins de 0,02 % des terres arables ([7]). Déjà trop pour Graham Forbes de Greenpeace USA : « Une part croissante des terres agricoles est utilisée pour des cultures non-alimentaires, qui modifient les habitats naturels et déplacent les petits agriculteurs. Nous devons réduire la quantité de terres cultivées, et non l’augmenter. » Une partie de la filière des plastiques biosourcés semble cependant prendre conscience de ce problème et se tourne désormais vers des plastiques dits de seconde et troisième générations dans une logique d’économie circulaire. Micro-algues, bois ou encore déchets remplacent la canne à sucre ou le maïs pour produire les bioplastiques (voir article suivant). « L’industrie doit faire ses preuves sur ces formulations, rétorque Graham Forbes. Nous recommandons aux marques de privilégier la consigne. »

Greenwashing ou filière qui mériterait de se développer, le bioplastique ne doit pas se substituer aveuglément au plastique traditionnel. Un quotidien zéro déchet passe avant tout par une proscription des emballages à usage unique. « Le bioplastique est une solution pour des cas particuliers, où les emballages ne peuvent être évités, assène Anne-Fleur Hug de Zero Waste France. N’oublions pas de considérer l’emballage sur toute sa vie : un sac compostable nécessite une chaîne complète d’extraction de ressources, fabrication, transport… Beaucoup de ressources sont consommées en amont pour le produire ! » Le vrac et la consigne seront toujours des alternatives bien plus respectueuses de la planète.

PLUS D’INFOS :

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/adm00013766_adm_attache1.pdf

https://www.zerowastefrance.org/publication/6851/


[1]Rapport European Bioplastics (2018) : « Bioplastics market data 2018 »

[2]Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[3] Déchets organiques comme les épluchures de légumes, restes alimentaires, déchets verts du jardin, papier …

[4]Fiche technique de l’Ademe (septembre 2016) : « Plastiques biodégradables »

[5]Institut national des sciences appliquées

[6]Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement

[7]Rapport European Bioplastics (2018) : « Bioplastics market data 2018 »

 

 

 

 

[ COMMUNIQUE ] - Pollution incessante dans l’Isère : une filiale de Lactalis enfin condamnée

Créé le : 10/04/2019

Quatre litres par seconde : c’est la quantité de substances polluantes déversée par la fromagerie Etoile du Vercors dans un cours d’eau, l’Isère, en continu depuis 1942. Une pollution colossale, pour laquelle cette filiale du premier groupe mondial laitier et fromager Lactalis vient enfin d’être condamnée à 100 000 € d’amende dont la moitié avec sursis. Un montant loin de compenser les dommages sanitaires et environnementaux pour France Nature Environnement et la FRAPNA Isère, qui rappellent qu’à ce jour, le rejet de ces substances toxiques n’a pas cessé.

Glyphosate : Europe Écologie-Les Verts pousse le gouvernement à « préparer la sortie »

Créé le : 18/01/2019
Crédit : F.Delotte

Le tribunal administratif de Lyon a annulé, lundi 15 janvier, la mise sur le marché du Roundup Pro 360, un herbicide à base de glyphosate. Par un communiqué Europe Écologie-Les Verts saluent une « victoire en justice ».

 

« Cette décision établit la dangerosité potentielle des produits à base de glyphosate ». Voilà comment Europe Écologie-Les Verts commente, dans un communiqué, la décision du tribunal administratif de Lyon d'interdire la mise sur le marché du Roundup Pro 360. Le parti espère que cette décision « permet d'envisager la fin de l'usage des pesticides à base de glyphosate pour les professionnels ».

Les Verts appellent le gouvernement à « tirer les conséquences de cette décision » et à mettre en œuvre une sortie du glyphosate. Le communiqué conclut sur la nécessité d'accompagner les professionnels dans « la transition vers une agriculture moins dépendante des produits chimiques, plus rémunératrice, et plus extensive en emplois ».

 

Plus d'info : https://eelv.fr/glyphosate-victoire-en-justice-le-gouvernement-doit-en-tirer-les-conclusions-et-organiser-la-sortie/

De l’agroécologie pour sauver le plateau de Valensole

Créé le : 21/12/2018
Crédit photo : Perrine Puyberthier

Par Hélène Saveuse

Derrière la carte postale du plateau de Valensole se cache une autre réalité : les plants de lavandins se meurent à cause d’une maladie véhiculée par un parasite, les sols fatiguent et les masses d’eau souterraine se dégradent. Des acteurs locaux se sont rassemblés autour du projet Regain, afin de mener à des « pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ».

Sur la table en formica de sa cuisine, Jacky Piatti, agriculteur et lavandiculteur installé à Puimoisson (Alpes-de-Haute-Provence), et Perrine Puyberthier, animatrice du projet Regain pour le Parc naturel régional du Verdon, font le point sur la saison passée.

« Quel taux de dépérissement des lavandins (*) en 2017 ? Quelle technique pour contrecarrer la prolifération de la bactérie tueuse de lavandin, le phytoplasme du Stolbur ? », s’interrogent-ils. Les deux partenaires dessinent et planifient une expérimentation de couverts végétaux dans les champs de lavandins. Ils évaluent les progrès, les risques et surveillent les rendements. Dans quelques jours, ils présenteront aux agriculteurs inclus dans le dispositif Regain les résultats de leurs expérimentations sur les parcelles de Jacky. « Le projet Regain existe pour que la ruralité reste dynamique sur ce territoire. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre viabilité économique, valeurs environnementales et sociales », explique Perrine Puyberthier.

 

Jusqu’à 50 % des lavandins contaminés

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L’urbanisation à même les sols pollués

Créé le : 13/11/2018

Par Maître Duverneuil, avocat en droit public

Le 15 octobre 2018, l’ARS a publié la  synthèse d’une étude sanitaire portant sur les plaines d’Achères, Méry-sur-Oise et Pierrelaye, Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine, dans les départements des Yvelines et du Val-d’Oise. On y apprend qu’après avoir fait l’objet d’épandages massifs d’eaux usées brutes, entre 1895 et 1999, elles ont été en partie urbanisées. On y découvre ensuite que des établissements dits sensibles (écoles, crèches, collèges…), mais aussi des jardins potagers ouvriers, des parcs ou encore des maisons individuelles avec des jardins, ont été aménagés dans ces zones.

Les résultats d’investigation des sols superficiels [de ces constructions] sont sans appel : la teneur en plomb est à l’origine de « risques sanitaires inacceptables » pour les enfants. Comment se fait-il que les responsables politiques aient autorisé ces aménagements sans que des mesures de dépollution préalables adéquates aient été exigées et réalisées ? (...) Les citoyens des communes concernées ont le droit de connaître la vérité sur l’étendue de la pollution des sols et de ses impacts sur leur santé et sur celle de leurs enfants. (...) L’exercice de ce droit doit permettre aujourd’hui de déterminer l’étendue des responsabilités, des risques, et des préjudices, afin que les victimes actuelles et futures de cette pollution puissent engager des actions en justice.

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Dominique Robin (AtmoSud) - « Air24 explore le futur de la qualité de l'air »

Créé le : 18/09/2018
© DR

Dominique Robin, directeur de l'association d'observation de la qualité de l'air AtmoSud, nous présente Air24. Cet événement exceptionnel était organisé à Aix-en-Provence, sur le campus de thecamp, le 18 septembre 2018. Objectif : mettre en lumière les solutions digitales pouvant contribuer à améliorer la qualité de l'air dans les territoires.

Plus d'infos : www.air24.tech

Qualité de l'air : « Toulouse-Blagnac n'a pas d'impact problématique sur les populations »

Créé le : 16/02/2018
Vue de la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac - Crédit : Prasetyo Muhammad ECTOR / Wikimédia Commons

Atmo Occitanie, observatoire régional de la qualité de l'air, présentait mercredi 14 février les résultats du partenariat qui le lie à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Les mesures effectuées par l'association sont plutôt rassurantes. Entretien avec Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie.

Quelle est la nature du partenariat qui vous lie à l'aéroport de Toulouse Blagnac ?

Nous réalisons des mesures sur les pistes et les zones de parking depuis 2004. Nous mesurons trois polluants de l'air : l'oxyde d'azote et les particules fines – polluants qui sont réglementés – ainsi que le benzène. En 2014, nous sommes allés plus loin en utilisant des techniques de modélisation. Nous avons eu accès à toutes les sources potentielles de pollution : utilisation de véhicules, matériel de chargement des bagages, dispositifs de chauffage... Cela a permis de réaliser des cartographies des polluants. Nous avons eu également accès à l'ensemble des vols par l'intermédiaire de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Nous avons pu prendre en compte les émissions en phases de décolage et d'atterrissage.

Nous avons pu mettre en place un inventaire des sources de pollution en zone aéroportuaire. Notre méthodologie fait référence au niveau national.

Nous avons pu connaître la quantité de polluant émise à tel endroit sur la zone aéroportuaire à l'échelle d'une année. Nous avons renforcé tous nos dispositifs de mesure. Nous avons mis en évidence le fait que l'impact des activités aéroportuaires sur les populations n'est pas problématique en termes d'émissions d'oxyde d'azote et de particules fines.

Les activités aéroportuaires de Blagnac n'ont donc pas un impact considérable sur la qualité de l'air ?  

Concernant la qualité de l'air, nos mesures n'ont pas mis en évidence de problématiques particulières. Ce travail que nous continuons de mener va nous permettre de mettre à jour l'inventaire des émissions tous les deux ans et de refaire des modélisations régulièrement. Ce qui permet de visualiser la qualité de l'air aux alentours de la plateforme, sur une année.

Que représentent les émissions de l'aéroport à l'échelle métropolitaine ?

Nous avons pu mettre en évidence que l'aéroport émet environ 5% de l'oxyde d'azote émis dans l'ensemble de la métropole toulousaine. 85 à 86% de cette pollution provient des avions. Au niveau métropolitain, 67% des émissions d'oxyde d'azote proviennent du trafic routier.

Plus d'infos : www.atmo-occitanie.org

ALGUES VERTES – Yves-Marie Le Lay (Sauvegarde du Trégor) : "Il faut changer radicalement de modèle agricole"

Créé le : 17/07/2017
Yves-Marie Le Lay et Corinne Gravigny, respectivement président et vice-présidente de l'association Sauvegarde du Trégor. Dans l'estuaire du Gouessant, matériel de détection de gaz H2S à la main, ils arpentent les lieux où est mort un joggeur le 8 septembre 2016. Crédits photo : Sauvegarde du Trégor.

La Bretagne subit cette année d'importantes proliférations d'algues vertes sur ses côtes. Yves-Marie Le Lay, fondateur et président de l’association Sauvegarde du Trégor nous explique les causes de cet épisode et les solutions qu'il défend pour lutter contre ce phénomène. A 67 ans, cet ancien professeur de philosophie fait des marées vertes sa lutte quotidienne aux côtés des partisans de son association Haltes aux marées vertes.

Tout d'abord, rappelez nous, comment se forment les algues vertes ?

Pour qu’il y ait des marées vertes, il faut deux facteurs conjoints : de la lumière et du nitrate. Mais ce nitrate ne tombe pas du ciel. Il vient directement des excédents d’azote de l’agriculture intensive et des élevages de notre territoire. Dans les eaux calmes, protégées par les contours rocheux du littoral, le nitrate est répandu dans les baies sans être dispersé dans les eaux profondes. Une fois que l’on a compris ce système quasi mécanique, il suffit de reporter ces deux éléments clés au contexte météorologique de l’année. On part toujours d’un stock hivernal d’algues qui s’accumulent à côté du rivage, dans une cuvette. Dès que la lumière du printemps apparaît, les algues se développent.

Pourquoi y en a-t-il autant cette année ?

Si la mer est agitée en hiver, comme ce fut le cas en 2014, il n’y a pas d’algues au printemps. Et ce, même s’il y a du nitrate et de la lumière. Les algues, dispersées par les mouvements de la mer, vont donc mettre beaucoup de temps pour reconstituer leur stock. Or, cette année, on est parti d’un stock automnal de 2016 important qui n’a pas été perturbé par les tempêtes et a connu une abondance de lumière. Cela explique l’explosion que l’on voit aujourd’hui. Et le réchauffement climatique ne fait qu’accélérer le phénomène. Si on continue comme ça, il y en aura de plus en plus. Le discours officiel accuse la météo. Dans ce cas, je conseille vivement de faire des danses de la pluie ou d’aller brûler des cierges pour que la météo soit plus clémente ! On ne peut pas intervenir sur la construction naturelle des côtes ni sur la météo. Agissons donc sur ce robinet à nitrate issu de l'agriculture productiviste.

Pourtant, des « plans algues vertes » sont engagés par l’État … Cela n’est pas suffisant selon vous ?

J’éclate de rire quand j’entends ça. C’est aberrant parce que les faits sont là. Il y a eu cinq ans de « plans algues vertes » et rien n’a changé. Il n’y en a même jamais eu autant ! Cela prouve bien que ce qui a été engagé ne fonctionne pas. Et cela veut dire qu’il y a encore trop de nitrate sur notre territoire. Ces 70 millions d’euros d’investissement pour leurs plans « algues vertes », c’est 70 millions d’euros jetés à l’eau pour rien du tout. On pourrait quand même faire autre chose avec une telle somme. Ces « plans algues vertes » ne sont pas efficaces du tout. Cela ne sert à rien de continuer sur le même modèle, ça ne marchera pas plus.

Dans ce cas, que conseillez-vous d’instaurer pour remédier au problème ?

Vous avez raison de poser cette question car l’art de la critique ne vaut rien sans propositions. Il faut savoir que, selon la commission européenne, le seuil de potabilité de l’eau ne doit pas dépasser 49 milligrammes de nitrate. En revanche, les algues se développent dès 5 milligrammes. Tant qu’on aura des terrains d’exploitation ou d’élevages bovins à échelle industrielle, on aura des marées vertes. Il faut changer radicalement de culture ! Cette surface agricole « fabriquant des marées vertes » représente 7% de la totalité de la surface agricole en Bretagne. Est-ce si difficile de modifier ces 7% ? Il faudrait leur imposer le passage à une agriculture biologique pour que les bons élèves ne voient pas leur travail gâché par les mauvais. En produisant moins mais mieux, personne ne serait lésé puisque cela apporte une haute valeur ajoutée aux productions agricoles.

Plus d'infos :
http://www.alguesvertes.fr/

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