ESS

[ ESS ] La coopération au service des territoires !

Créé le : 25/11/2019

A l’occasion de la matinale dédiée aux sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), organisée à Nice par l’Union régionale des sociétés coopératives (Urscop Paca-Corse) le 10 octobre dernier, ce modèle entrepreneurial a pu être mis en exergue au regard de sa valeur ajoutée : « un outil de développement des territoires et de transition écologique ». La parole à 2 entrepreneures italiennes - venues de Ligurie - et une chercheuse de l’université de Gênes, venues pour partager leur expériences dans le cadre du projet Me.Co. Un projet financé par le fonds européen de développement régional. Me.Co. est un projet transfrontalier impliquant 8 partenaires dont 3 français, telle l’Union régionale des sociétés coopératives Paca- Corse.

« Impluser un tourisme durable »

Paola Ferrari, salariée de la coopérative Brigi, basée à Mendatica :

« Nous sommes une coopérative de territoire, qui oeuvre dans le tourisme durable autour de Mendatica en Ligurie. Un parc aventures, de la randonnée, un refuge, des activités pour les enfants…, sont autant de champs explorés par notre entreprise. Nous participons au développement local en recrutant des personnes d’autres territoires (14 salariés), qui ensuite vont participer elles aussi à la renaissance d’activités économiques et sociales locales en milieu rural.»

Plus d’infos : Brigi sur Facebook

« Un projet festif d'innovation sociale »

Federica Scibetta, cofondatrice de la coopérative Il Cesto à Gênes :

« Notre coopérative propose d’abord un projet social. Nous offrons des services aux familles, aux mineurs, aux adolescents, aux sans-abris et aux migrants. Il Cesto travaille dans le centre historique de Gênes et organise des échanges festifs avec ces personnes. Les éducateurs avec lesquels nous travaillons participent à l’amélioration du vivre-ensemble en proposant un projet culturel, dans ce quartier qui était historiquement diffi cile et aux mains de la mafia italienne et qui a profondément changé

Plus d’infos : www.ilcesto.org

« Favoriser l'emploi local »

Cécile Sillig, chercheuse à l’université de Gênes, cheffe de file du projet Me.Co :

« Me.Co -‰Mentoring et communauté‰- est un projet transfrontalier franco-italien proposé par le programme Interreg Maritime, fi nancé par le fonds européen de développement régional. L’objectif du projet est de favoriser l’emploi local, en soutenant la création et le développement des coopératives de territoire en Italie, ainsi que les formes de coopératives
similaires que sont les Scic en France

Plus d’infos :
interreg-maritime.eu/fr/web/meco/projet
Et la page facebook : facebook.com/MeCoProject

Tags: 

[ECONOMIE] : Comment redonner du sens à l’ESS ?

Créé le : 21/11/2019
Menuiserie Baron © CG Scop – Stéphanie Tëtu / La Company.

Photo : Menuiserie Baron © CG Scop – Stéphanie Tëtu / La Company.

Par Guillaume Bernard

À l’occasion du mois de novembre, décrété mois de l’Économie sociale et solidaire, Sans transition !a souhaité faire le point sur le sens de cette appellation et (ré)interroger ce qu'elle implique, tandis qu'elle se transforme et s'ouvre désormais aux sociétés commerciales. Alors l'ESS, gage de véritables valeurs ou simple étendard porté par certaines structures ?

Alors que se développent de véritables start-up de l’ESS lorgnant, par exemple, sur les marchés juteux du bio et du « local », et quand l’objet social de l’entreprise est plus valorisé que sa structure juridique (scop, mutuelle, association…), ne risque-t-on pas de perdre ce qui faisait la spécificité de l'Économie Sociale et Solidaire ? À l’occasion du mois de l’ESS, Sans transition ! s’est penché sur la question.

Gratin d’endives à la truite fumée, tourte au poulet et à la poire, le tout certifié bio et pour 10 à 20 minutes de préparation. Ni besoin de réfléchir à la recette ni même d’aller faire ses courses. Le nouveau concept innovant de l'entreprise Rutabago est à mi-chemin entre l'amap et la livraison de plats préparés à domicile : c’est le « panier prêt à cuisiner ». Fondée en 2016 par trois ingénieurs, l’entreprise, basée dans le 18e arrondissement parisien, livre ses paniers directement chez vous et ce partout en France. Si ses résultats sont pour l’instant modestes, ils ne devraient pas tarder à exploser. « Nous livrons actuellement 240 000 repas par an. Courant 2020, nous allons atteindre le million...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[ FINANCE SOLIDAIRE ] Créer des paradis locaux

Créé le : 08/11/2019
crédit : Pixabay

Dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire organisée par Finansol, la coopérative de financement Initiatives pour une économie solidaire (IES) organisait jeudi 7 novembre une table ronde à Montpellier sur le thème « Créons des paradis locaux par la finance solidaire ».

Différents acteurs de cet écosystème – Terre de liens, Énergie partagée, la Nef, Habitat et humanisme – étaient réunis pour présenter la finance solidaire à des citoyens curieux : son fonctionnement, le devenir de l’épargne, sa stabilité ou encore l’intérêt pour les citoyens.

À cette occasion, Carine Blanc, directrice opérationnelle salariée d’IES, nous explique comment la finance solidaire peut modifier le monde de la finance, en créant une économie éthique tournée vers la justice sociale et environnementale.

 

[MOIS DE L’ESS] Deuxième conférence régionale en Occitanie

Créé le : 06/11/2019

La deuxième conférence régionale de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Occitanie s’est tenue ce mardi 5 novembre à l’espace Capdeville à Montpellier.

Rendues obligatoires au moins tous les deux ans par la loi ESS, les conférences régionales sont l’occasion pour les différents acteurs du secteur de se réunir pour faire le bilan et réfléchir à une stratégie commune pour l’avenir de l’ESS en région. Un rendez-vous phare, car comme le rappelle André Ducournau, président de la Cress Occitanie, l’ESS représente 17 800 entreprises et 213 000 salariés en région Occitanie, soit 13 % de l’emploi.

Trois ans après la réforme territoriale qui redéfinissait les régions, l’ESS doit s’appuyer sur les territoires et leur diversité comme le rappelle Marie Meunier-Polge, conseillère régionale : « Les dispositifs ont été améliorés pour être au plus près de chaque territoire. Toutes les structures ESS bénéficient désormais des mêmes dispositifs que l’économie classique. » Malgré leurs bons résultats, certains dispositifs d’accompagnement sont pourtant actuellement méconnus.

Accroitre la visibilité auprès des professionnels et des jeunes

Sans parler du manque de visibilité de l’ESS auprès des accompagnateurs à la création d’entreprise, qui présentent pourtant une réelle appétence pour cette économie. Céline Combe, directrice de Réalis, la pépinière d’entreprises dédiées à l’ESS, témoigne : « Nous préparons un plan d’action qui permettra de détecter et mieux accompagner les entreprises qui pourraient s’inscrire dans l’ESS. »

Enfin, la région fait face à un réel enjeu de renouvellement générationnel. La moyenne d’âge de ces métiers, majoritairement du secteur sanitaire et médico-social, y est en effet plus élevée que dans le reste de l’économie. Pour le président de la Cress Occitanie, il y a une réelle nécessité de sensibiliser les jeunes à l’ESS, dès le collège : « Nous voulons développer l’alternance, l’apprentissage et les stages pour faire découvrir ce secteur économique porteur de valeurs, notamment dans l’environnement. » Le secteur semble avoir de beaux jours devant lui.

Retrouvez dans le prochain numéro de Sans Transition !, à paraitre mi-novembre durant le mois de l'ESS, notre dossier consacré à l'avenir de cette économie : Redorer le blason de l'ESS

[ MOIS DE L'ESS ] La sélection des incontournables

Créé le : 04/11/2019

Sans transition ! s’engage en faveur de l’innovation et la transition dans les territoires.

Voici notre sélection des événements incontournables au programme de ce mois de novembre, dédié à l'économie sociale et solidaire, en partenariat avec les CRESS en région.

 

Auvergne Rhône-Alpes

- 05 novembre : Soirée des Trophées de l'ESS

> Lyon

- 07 novembre : Les Rencontres du Possible : L'entrepreneuriat social, un levier du développement rural ?

> Simandre sur Suran (01)

- 29 novembre : conférence avec Julien Dossier, dans le cadre du Festival Quai du départ

> Lyon

Occitanie

- 05 novembre : table ronde " Les lobbies et l'environnement "

> Faculté des sciences de Montpellier

- Jusqu'au 07 novembre : salon de l'écologie

> Faculté des sciences de Montpellier

- 22 et 23 novembre : Forum Régional de l’Économie Sociale et Solidaire

> Toulouse
 

Paca

- 05 novembre : #JeunESS40 : rencontres, réseautage et engagements dans l'ESS

> Marseille

- 12 novembre : " Jardiner la terre ! ", conférence de Gilles Clément

> La Boiserie de Mazan

- 29 novembre : Les rencontres de l'ESS

> Avignon

- 30 novembre : " L'agrologie peut nous sauver ", conférence de Marc Dufumier

> Vaison-la-Romaine

 

Bretagne


- Bio Golfe fête ses 30 ans ! Palais des arts de Vannes (56)

> 07 novembre : conférence avec Jérémie Pichon de la " Famille Zéro Déchet "

> 15 novembre : conférence avec François Veillerette, porte-porale de Générations Futures.

- 14 novembre : rencontre des acteurs de l'ESS
> Logonna-Daoulas (29)

 

> Plus d'infos

[MOIS DE L'ESS] À quoi ressemblera l'ESS de demain ?

Créé le : 04/11/2019

En ce mois de novembre, la douzième édition du mois de l’Économie sociale et solidaire sera l’opportunité pour de nombreuses structures engagées de faire rayonner cette économie à travers des évènements destinés au grand public ou aux professionnels.

À cette occasion, André Ducournau, président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Occitanie, revient sur la transformation en cours du monde de l’ESS, et les voies de transition de cette économie responsable. Une problématique à retrouver également dans le prochain numéro de Sans Transition !

 

[OCCITANIE] - Marie Meunier-Polge, élue régionale à l'ESS : « Si l’Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux ! »

Créé le : 28/06/2018

Marie Meunier-Polge est conseillère régionale d'Occitanie déléguée à l'Economie sociale et solidaire (ESS). Elle exposait  les nouveaux objectifs de la région en matière d’Economie sociale et solidaire, au Pôle d'entrepreneuriat social montpelliérain, Réalis, le 27 juin dernier. Sans Transition lui a posé quelques questions. Notamment à propos des dernière évolutions du secteur et de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui pourraient diminuer les différences entre les entreprises «classiques » et celles de l'ESS...

Qu’est-il ressorti de cette rencontre au pôle entrepreneuriat social REALIS à Montpellier ?

Il s’agissait de présenter le plan de l’Economie sociale et solidaire de la région pour les trois ans à venir. La principale nouveauté de  ce plan est la création d’un fonds dédié à l’ESS pour soutenir les entreprises qui souhaiteraient s'inscrire dans ce champs ou qui auraient besoin d'un appui financier. Le dispositif « Pass Occitanie », qui a pour objectif de soutenir le développement des petites entreprises de moins de 40 000 euros, donne une réponse rapide aux sociétés dans l’urgence pour financer un projet. On poursuit surtout ce que nous avons déjà mis en place , et on approfondit les dispositifs dans le cadre de la grande région d’Occitanie qui compte désormais 13 départements.

Quels enjeux découlent de la fusion de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées en matière d'ESS ?

Les politiques de l’Occitanie Est et Ouest n’étaient pas les mêmes. Dans l’ex Languedoc-Roussillon, nous étions déjà positionnés fortement dans l’innovation sociale :  la région a été la première à mettre l’Economie sociale et solidaire dans son schéma de développement économique dès 2005. Petit à petit, on a poussé les entreprises conventionnelles à revoir leurs modèles. Il s’agit donc surtout d’uniformiser les dispositifs en place dans l’une et l’autre anciennes régions, avec l’aide des têtes de réseaux qui connaissent mieux les besoins spécifiques des territoires et entreprises.

L'Occitanie est-elle une région particulièrement dynamique en matière d'ESS ?

Cette économie d’innovation sociale représente 12,6 % de l’économie globale de la région, ce qui est très important ! Et cette dynamique est perceptible à tous les niveaux. Mon rêve serait que le rectorat permette à toutes les étudiants en terminale ES d’avoir au moins un jour dédié à l’Economie sociale et solidaire, durant l'année scolaire. Il faut partir du principe que le temps où une entreprise s’implantait  dans la région  et créait 4000 emplois est révolu. La ressource doit désormais venir de notre territoire.

Actuellement, il y a un débat autour du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi « Pacte ». Certains acteurs craignent que  l'intégration d'objets sociaux ou environnementaux dans les statuts des sociétés gomme les différences entre entrepreneuriat classique et ESS...

Pour l'instant nous sommes dans une économie capitaliste ou l’actionnariat est fort. Si l’économie conventionnelle et les entreprises classiques s’emparent des problématiques sociales, environnementales , tant mieux ! On ne dépouillera personne. Ça n’empêchera pas ’Economie sociale solidaire de continuer son cheminement personnel et de défendre ces valeurs-là.  Et si l'Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux !

Que pensez-vous de l’action du gouvernement en matière d'ESS alors que le secrétariat d'Etat dédié à ce secteur a été supprimé ?

On a un Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire, Mr Christophe Itier, mais je regrette la disparition du Secrétariat d’État. De plus, la loi Hamon de 2014 avait donné un vrai coup d’accélérateur à ce secteur. Cette loi est notre ciment et on s’appuie énormément dessus. Désormais ce n’est plus vraiment le même marquage politique. Mais je crois que si les choses bougent, c’est parce que les acteurs de la société les font bouger.

 

 

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

Sébastien Paule, Mouvement des entrepreneurs sociaux : « Une entreprise sociale peut grandir sans perdre son âme »

Créé le : 01/12/2017
issent leur esprit de départ ? C'est la question que nous avons abordé avec Sébastien Paule, administrateur du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Le Mouves) et membre de l'Union régionale des Sociétés coopératives de Languedoc Roussillon - JD / LMDP

Comment faire grandir les entreprises de l'économie sociale et solidaire sans qu'elles trahissent leur esprit de départ ? C'est la question que nous avons abordée avec Sébastien Paule, administrateur du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Le Mouves) et membre de l'Union régionale des Sociétés coopératives de Languedoc Roussillon, en marge des Rencontres internationales de l'innovation sociale à Montpellier, le 1er décembre 2017. Interview Sonore.

 

[INTERVIEW SONORES] - Jacques Landriot, Confédération générale des SCOP : « L'innovation sociale est indispensable pour développer les coopératives »

Créé le : 01/12/2017

Nous nous sommes entretenus avec Jacques Landriot, président de la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives, à l'occasion des troisièmes Rencontres de l'Innovation sociale, le 1er décembre 2017, au Pôle Réalis de Montpellier. Cette figure de l'économie sociale et solidaire, ancien dirigeant du groupe Up (chèque déjeuner), a évoqué avec nous sa volonté de porter à 70 000 le nombre d'emplois coopératifs. 

Pages

Partager

S'abonner à ESS