ESS

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

[OCCITANIE] - Marie Meunier-Polge, élue régionale à l'ESS : « Si l’Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux ! »

Créé le : 28/06/2018

Marie Meunier-Polge est conseillère régionale d'Occitanie déléguée à l'Economie sociale et solidaire (ESS). Elle exposait  les nouveaux objectifs de la région en matière d’Economie sociale et solidaire, au Pôle d'entrepreneuriat social montpelliérain, Réalis, le 27 juin dernier. Sans Transition lui a posé quelques questions. Notamment à propos des dernière évolutions du secteur et de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui pourraient diminuer les différences entre les entreprises «classiques » et celles de l'ESS...

Qu’est-il ressorti de cette rencontre au pôle entrepreneuriat social REALIS à Montpellier ?

Il s’agissait de présenter le plan de l’Economie sociale et solidaire de la région pour les trois ans à venir. La principale nouveauté de  ce plan est la création d’un fonds dédié à l’ESS pour soutenir les entreprises qui souhaiteraient s'inscrire dans ce champs ou qui auraient besoin d'un appui financier. Le dispositif « Pass Occitanie », qui a pour objectif de soutenir le développement des petites entreprises de moins de 40 000 euros, donne une réponse rapide aux sociétés dans l’urgence pour financer un projet. On poursuit surtout ce que nous avons déjà mis en place , et on approfondit les dispositifs dans le cadre de la grande région d’Occitanie qui compte désormais 13 départements.

Quels enjeux découlent de la fusion de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées en matière d'ESS ?

Les politiques de l’Occitanie Est et Ouest n’étaient pas les mêmes. Dans l’ex Languedoc-Roussillon, nous étions déjà positionnés fortement dans l’innovation sociale :  la région a été la première à mettre l’Economie sociale et solidaire dans son schéma de développement économique dès 2005. Petit à petit, on a poussé les entreprises conventionnelles à revoir leurs modèles. Il s’agit donc surtout d’uniformiser les dispositifs en place dans l’une et l’autre anciennes régions, avec l’aide des têtes de réseaux qui connaissent mieux les besoins spécifiques des territoires et entreprises.

L'Occitanie est-elle une région particulièrement dynamique en matière d'ESS ?

Cette économie d’innovation sociale représente 12,6 % de l’économie globale de la région, ce qui est très important ! Et cette dynamique est perceptible à tous les niveaux. Mon rêve serait que le rectorat permette à toutes les étudiants en terminale ES d’avoir au moins un jour dédié à l’Economie sociale et solidaire, durant l'année scolaire. Il faut partir du principe que le temps où une entreprise s’implantait  dans la région  et créait 4000 emplois est révolu. La ressource doit désormais venir de notre territoire.

Actuellement, il y a un débat autour du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi « Pacte ». Certains acteurs craignent que  l'intégration d'objets sociaux ou environnementaux dans les statuts des sociétés gomme les différences entre entrepreneuriat classique et ESS...

Pour l'instant nous sommes dans une économie capitaliste ou l’actionnariat est fort. Si l’économie conventionnelle et les entreprises classiques s’emparent des problématiques sociales, environnementales , tant mieux ! On ne dépouillera personne. Ça n’empêchera pas ’Economie sociale solidaire de continuer son cheminement personnel et de défendre ces valeurs-là.  Et si l'Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux !

Que pensez-vous de l’action du gouvernement en matière d'ESS alors que le secrétariat d'Etat dédié à ce secteur a été supprimé ?

On a un Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire, Mr Christophe Itier, mais je regrette la disparition du Secrétariat d’État. De plus, la loi Hamon de 2014 avait donné un vrai coup d’accélérateur à ce secteur. Cette loi est notre ciment et on s’appuie énormément dessus. Désormais ce n’est plus vraiment le même marquage politique. Mais je crois que si les choses bougent, c’est parce que les acteurs de la société les font bouger.

 

 

Sébastien Paule, Mouvement des entrepreneurs sociaux : « Une entreprise sociale peut grandir sans perdre son âme »

Créé le : 01/12/2017
issent leur esprit de départ ? C'est la question que nous avons abordé avec Sébastien Paule, administrateur du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Le Mouves) et membre de l'Union régionale des Sociétés coopératives de Languedoc Roussillon - JD / LMDP

Comment faire grandir les entreprises de l'économie sociale et solidaire sans qu'elles trahissent leur esprit de départ ? C'est la question que nous avons abordée avec Sébastien Paule, administrateur du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Le Mouves) et membre de l'Union régionale des Sociétés coopératives de Languedoc Roussillon, en marge des Rencontres internationales de l'innovation sociale à Montpellier, le 1er décembre 2017. Interview Sonore.

 

[INTERVIEW SONORES] - Jacques Landriot, Confédération générale des SCOP : « L'innovation sociale est indispensable pour développer les coopératives »

Créé le : 01/12/2017

Nous nous sommes entretenus avec Jacques Landriot, président de la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives, à l'occasion des troisièmes Rencontres de l'Innovation sociale, le 1er décembre 2017, au Pôle Réalis de Montpellier. Cette figure de l'économie sociale et solidaire, ancien dirigeant du groupe Up (chèque déjeuner), a évoqué avec nous sa volonté de porter à 70 000 le nombre d'emplois coopératifs. 

LE CONCOURS « MON PROJET INNOVANT » LANCE DEUX APPELS A PROJETS

Créé le : 03/07/2017
Edition 2017 du concours Mon Projet Innovant

La Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire lance l'édition 2017 de son appel à projet « Mon projet innovant », destiné aux entreprises de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire). Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 juillet. Parallèlement, toutes les start-up intéressées sont incitées à participer au concours en postulant dès le 4 septembre.

431, c’est le nombre de projets qui ont été présentés depuis la création du concours en 2010. A cela s’ajoutent les 184 lauréats qui ont connu un encadrement et une accélération dans leur démarche innovante. Mon Projet Innovant est un concours qui accompagne et fait émerger les initiatives remarquables à fort caractère d’innovation économique, technologique ou sociale ayant un impact sur les territoires des régions Bretagne et Pays de la Loire.

Après l’emploi, le logement, l’autonomie, la jeunesse, la santé ou encore le bien-vieillir, le concours 2017 s’articule autour de la thématique suivante : « Initiative remarquable, innovons en Bretagne et Pays de la Loire ». Les domaines abordés cette année sont l’insertion, la culture, la santé, l’éducation, l’environnement, le logement, le handicap et le service à la personne.

Deux appels à projets

Grande nouveauté. Pour sa cinquième édition, le concours Mon Projet Innovant s’adresse bien-sûr aux projets de l'ESS, mais aussi aux start-up issues d’autres horizons. La première vague de candidatures concerne les postulants ESS et se clôture le 15 juillet. Une fois les lauréats sélectionnés le 10 novembre, il faudra attendre le 2 décembre pour connaître le vainqueur de cette catégorie. Le deuxième appel à candidatures, dédié aux start-up, débute le 4 septembre et s’achève le 28 octobre. Après la sélection des participants, le 9 novembre, les entreprises encore en lice devront prendre leur mal en patience jusqu’à la remise des prix en décembre.

Interview de Sophie Stephan, directrice du Développement Coopératif et Solidaire à la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de Loire, par Julien Dezécot, directeur de publication à Sans Transition

Des récompenses non négligeables

Les douze initiatives sélectionnées - six pour chaque appel à projets – se verront dotées de 10 000€ chacune. De quoi bien démarrer aux côtés de l’accompagnement technique de FONDES Pays de la Loire, Bretagne Active, la CRESS Pays de la Loire, la CRESS Bretagne et les EnchanTerresPartenaire du concours, Sans Transition ! Bretagne offrira un an d’abonnement au projet victorieux. Nous lui accorderons également la possibilité de participer à l’émission Sans Transition !, diffusée sur Tébéo, chaîne de télévision bretonne.

Plus d'infos : monprojetinnovant.org

Fatima Bellaredj, Urscop LR : « La loi initiée par Benoît Hamon a inscrit l’Économie Sociale et Solidaire dans l'économie »

Créé le : 01/02/2017
FD/LMDP

L'Union régionale des Scop (sociétés coopératives) de Languedoc-Roussilllon (Urscop LR) présentait ses vœux au cinéma Utopia de Montpellier, le 31 janvier dernier. L'occasion de parler innovation sociale avec Fatima Bellaredj, directrice de L'Urscop LR. Mais aussi de la fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ainsi que de Benoît Hamon et sa loi « Economie Sociale et Solidaire ». Interview sonore.

 

Plus d'infos :

www.scop-lr.coop

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Occitanie : découvrez les 30 innovations d’entrepreneuriat social de la YESS Académie #2016 !

Créé le : 06/12/2016

Encourager l’entrepreneuriat social en Occitanie : tel est l'objectif de la YESS Académie. Trente lauréats porteurs de projet ont été récompensés le 2 décembre dernier. 

Un accompagnement personnalisé

Les membres de la « promo » 2016 vont bénéficier d'un accompagnement de coaches et d'experts visant à accélérer leur développement. Et recevront tous un abonnement d'un an à Sans Transition Occitanie ! Parmi les projets sélectionnés figurent des initiatives innovantes concernant la transition énergétique, l'agriculture urbaine, la consommation en circuit court, l'économie circulaire ou encore l'aide à la personne. Découvrez la liste complète des lauréats sur le site de la YESS Académie.

La YESS Académie est un événement organisé par le pôle REALIS de la Région Occitanie (pépinière d'entreprises de l'ESS), en partenariat avec le Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) et Alter'Incub, incubateur d'innovation sociale.

Plus d'infos :

www.yessacademie.fr

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Muriel Nivert-Boudou, Cress Languedoc-Roussillon : "l'habitat est une des principales entrées de la lutte contre l'exclusion"

Créé le : 14/10/2016

De la précarité à l’efficacité énergétique : quelles sont les solutions apportées par l'Economie sociale et solidaire (ESS) ? Les 4èmes rencontres ESS - organisées par la Chambre régionale de l'Economie Sociale et Solidaire (Cress) de Languedoc-Roussillon, la Fondation Macif Provence-Méditerranée - auront lieu le mardi 18 octobre, au Pôle Réalis de Montpellier. L'habitat sera au coeur de cet événement dont Sans Transition ! est le partenaire. Présentation du programme avec Muriel Nivert-Boudou, Déléguée Générale de la Cress LR.

Les rencontres ESS logement et habitat sont cette année consacrées à la précarité énergétique. Pourquoi cette thématique ?

Nous organisons ces rencontres chaque année depuis 2013, avec la Fondation Macif Provence Méditerranée. L'idée est de montrer que l'Economie sociale et solidaire est présente dans quasiment tous les secteurs d'activité. Et qu'elle est particulièrement bien représentée dans celui de l'habitat et du logement. De nombreux acteurs de l'ESS travaillent sur l’efficacité énergétique et la lutte contre la précarité énergétique. Le besoin de se chauffer est un besoin fondamental auquel les acteurs de l'ESS se sont très précocement intéressés. L'action de structures comme la fondation Abbé Pierre ou encore les Compagnons bâtisseurs montrent aussi que l'habitat est une des principales entrées de la lutte contre l'exclusion.

Comment va se dérouler la demi-journée ?

Celle-ci se déroulera au Pôle Réalis, structure portée par le Conseil Régional d'Occitanie destinée à l'accompagnement d'entreprises de l'ESS. Le programme s'ouvrira par une table-ronde animée par Magali Chouvion, rédactrice en cheffe du magazine Sans Transition ! Occitanie. Il s’agira d'échanger autour des solutions pouvant être mises en place pour lutter contre la précarité énergétique. Les participants sont la directrice du Gefosat, organisme de conseil dans la maîtrise de l'énergie, le coordinateur régional de projets d'auto réhabilitation des Compagnons bâtisseurs et un représentant d'ATD Quart Monde. La fondation Macif Provence-Méditerranée présentera, elle, une étude qu'elle a coordonnée, sur la précarité énergétique (voir ci-dessous). Après cet échange, des rencontres flash seront organisées pour permettre aux personnes de faire plus ample connaissance et de faire émerger entre elles des opportunités de marchés ou de partenariats à l'échelle des territoires.

A quels publics s'adressent les rencontres ?

Elles s'adressent à tous les publics qui peuvent être intéressés par ces problématiques de la précarité et de l’efficacité énergétique. Mais elles concernent tout particulièrement des professionnels du logement et de l'habitat. L'idée est aussi d'ouvrir ce moment à des structures - publiques ou privées - extérieures au monde de l'ESS. Cela peut être l'opportunité pour les acteurs de l'économie sociale de développer des marchés avec d'autres structures, comme les offices HLM, par exemple.

Plus d'infos :

www.sans-transition-magazine.info/4emes-rencontres-ess-logement-et-habitat-0

 

 

Louis Lippi, coordinateur régional de l'Association des délégués de l'économie social (Adess) du groupe Macif, présente l'étude "Habiter mieux"

Habiter mieux est issu d'un projet national porté par la Macif qui fut décliné dans plusieurs régions - dont Provence-Méditerranée. Nous avons fait le choix de travailler sur la thématique de la précarité énergétique et de se doter d'un outil de connaissance de cette problématique. Le but : connaître les usages et pratiques de nos sociétaires en matière d'occupation de leur logement. Nous avons fait appel à un certain nombre de nos partenaires associatifs qui ont transmis à leurs adhérents des questionnaires, au cours de l'année 2015. Environ un millier nous sont revenus. Ils font ressortir le fait que tout le monde est conscient de l'importance de l'efficacité énergétique des logements. Ce problème concerne tout le monde. Mais plus les personnes ont de faibles ressources, plus elles ont du mal à y faire face. Les dépenses énergétiques sont un poste de dépenses plus important pour les personnes démunies que pour le reste de la population. Et il est donc d'autant plus compliqué pour elles de trouver les moyens de faire des travaux car une partie importante de leur budget passe déjà dans le chauffage. Il est donc nécessaire d'aider d'abord les personnes qui sont dans une situation de précarité économique. Plusieurs freins à la rénovation ont été identifiés : le manque de moyens, bien-sûr, mais aussi de temps, ou le manque de confiance aux artisans. Avec nos partenaires, nous avons donc proposé une série de solutions pour aider les personnes à faire face à ces situations".  

Plus d'info :

www.fondation-macif.org

Louis Rousseau, Attac Marseille : "chacun peut s'inscrire dans des alternatives"

Créé le : 21/09/2016
Crédits : Attac

Le commerce équitable avec Artisan du monde, les énergies renouvelables avec Enercoop et la banque éthique avec la Nef : dans le cadre de la semaine de la Transition citoyenne, Attac Marseille présentait, mardi soir, des alternatives concrètes dans lesquelles chacun peut s'engager. Rencontre avec Louis Rousseau, représentant de l'association dans la cité phocéenne.  

Artisans du monde, La Nef, Enercoop : Pourquoi avoir choisi de présenter ces "alternatives" à vos adhérents et au grand-public ?

Nous voulions faire connaitre des alternatives possibles qui existent, en lien avec le slogan du collectif national pour la transition : "la transition, je peux faire le premier pas". Il s'agit de montrer que chacun peut s'inscrire dans des pratiques et dans des projets qui permettent de changer de modèle économique, social et environnemental. Ces alternatives s'appliquent souvent à une petite échelle mais elles préfigurent ce que nous pourrions construire dans un cadre plus vaste.

Les transitions, cela passe par consommer différemment, changer de fournisseur d'électricité ou encore de banque ?

Absolument. Attac se positionne contre la marchandisation du monde et contre le monde de la finance. Nous militons pour que la société devienne la plus solidaire possible et pour que les citoyen-nes se réapproprient leur façon de consommer et d'échanger. Enercoop, La Nef, Artisans du monde : ces trois exemples montrent que l'on peut faire autrement.

Ces alternatives Renvoient d'ailleurs au "Petit manuel de la transition" que vient de republier Attac dans une éditions actualisée ?

Oui. Le livre présente des solutions concrètes et qui permettent de s'opposer à cette société menée par la finance. Une société contre laquelle Attac lutte au travers de ses différentes actions. Nous invitons d'ailleurs les citoyen-nes à venir assister aux soirées-débats ou aux apéros que nous organisons régulièrement à Marseille pour échanger et parler de tout cela à bâtons rompus !

 

Plus d'infos :

www.local.attac.org/13/marseille/

A lire : Petit manuel de la transition (nouvelle édition augmentée), Attac, Les Liens qui Libèrent, 2016, 100 p. 7,50 euros

Pierre Auriau, Urscop Languedoc-Roussillon : « l'emploi dans les coopératives est non-délocalisable »

Créé le : 22/08/2016
Union régionale des Scop Languedoc Roussillon

Introduire plus de démocratie dans l'entreprise ? Répartir plus équitablement les profits ? Réinjecter les bénéfices dans le projet ? Pierre Auriau, directeur adjoint de l'Union régionale des Scop de Languedoc-Roussillon nous explique pourquoi reprendre une entreprise en coopérative. Retrouvez notre dossier, « Reprendre en coopérative, une vrai bonne idée ? » dans le premier numéro de Sans Transition !

Plus d'infos :

www.scop-lr.coop

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