environnement

[ PESTICIDES ] 96% de personnes soutiennent l’idée d’interdire les pesticides à 150 mètres des habitations !

Créé le : 22/08/2019

Paris/Rennes, le 20 août 2019 : Le maire de Langouët, Daniel Cueff est convoqué, jeudi 22 août 2019 à 9h, par la préfète d’Ille et Vilaine devant le tribunal administratif de Rennes pour avoir signé un arrêté municipal visant à interdire les pesticides de synthèse « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel. »

Dans un sondage IFOP* exclusif commandé par Agir pour l’Environnement, 96% des personnes interrogées soutiennent l’idée d’une interdiction des pesticides à 150 mètres des habitations. Pour Agir pour l’Environnement, cette quasi-unanimité apporte la preuve que la décision prise par le maire de Langouët est non seulement juste du point de vue sanitaire mais qu’elle est également plébiscitée par l’opinion publique.

La démarche contentieuse engagée par la préfète d’Ille et Vilaine est révélatrice d’une vision rétrograde de l’agriculture, usant et abusant du droit pour tenter de museler un débat nécessaire et légitime autour de l’utilisation irraisonnée des pesticides de synthèse.
 
Un rassemblement de soutien au maire de Langouët est organisé jeudi 22 août 2019 à 9h devant le tribunal administratif de Rennes. A cette occasion, Jacques Caplat, secrétaire général d’Agir pour l’Environnement, remettra officiellement au maire de Langouët les 42.519 messages de soutien que l’association a rassemblés.

* Lien vers le détail du sondage mené les 08 et 09 août 2019 auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
 

[ MAZAN ] Succès pour la conférence des Bourguignon !

Créé le : 15/03/2019

La salle de la Boiserie de Mazan (84) était comble mardi 12 mars, au soir. Le public ne s'était pas déplacé pour voir le dernier chanteur à succès, mais pour entendre parler de vers de terre et de racines. En effet, la commune du Vaucluse recevait les « médecins des sols », Claude et Lydia Bourguignon, à l'invitation du magazine Sans Transition ! Provence. 

Un engouement prouvant que cette thématique mobilise et intéresse vivement les citoyen-ne-s. Les Bourguignon, couple de microbiologistes, ont fondé le LAMS (Laboratoire Analyses Microbiologiques Sols), basé à Marey-sur-Tille (Côte d'Or). Ils se sont fait connaître pour leurs diagnostiques qu'ils posent sur l'état des sols et les solutions qu'ils proposent pour les « soigner ». Une activité par l’intermédiaire de laquelle ils ont parcouru le monde, récoltant une impressionnante banque d'échantillons de sols.

Rappeler les « lois du sol »

Durant la soirée de mardi dernier, tous deux ont rappelé les méfaits de l'agriculture productiviste qui, à force d'utilisation de pesticides de synthèse et d'engrais chimiques, ont « violé les lois du sol ».

Dans un passionnant exposé à deux voix, ils ont notamment insisté sur l'importance de favoriser la vie des sols, qui permet de les fertiliser naturellement, mais aussi de les drainer. Champignons, insectes, acariens et autre vers apparaissent alors comme des alliés précieux des paysans plutôt que comme des parasites qu'il faut éliminer.

Des éléments que vous retrouverez en condensé dans l'interview vidéo suivante.

 

La deuxième partie de la soirée a donnée la parole à des acteurs locaux de l'agriculture ou du jardinage durable, mais aussi au scientifique Bernard Seguin. Chacun a pu interroger les Bourguignon sur des thèmes qui leur tiennent à cœur : liens entre sols et réchauffement climatique, alternatives aux pesticides de synthèse...

Retrouvez ci-dessous les interviews sonores de ces différents intervenants ainsi que des entretiens avec Dominique Robin (Atmo Sud) Stéphane Hardouin (France Nature Environnement Paca , Atmo Sud) et Élisabeth Hansberger (Eovi-Mcd Mutuelle).

Blaise Leclerc : quid de l'interdiction des pesticides pour le jardinage ?

 

 

Bernard Seguin : quel stockage du carbone dans les sols ?

 

 

Julien Bourreli : comment réformer la Politique agricole commune (PAC) ?

 

 

Quelles adaptations de la viticulture méditerranéenne aux changements climatiques ?

 

 

La parole à quelques partenaires de la soirée 

Elisabeth Hansberger : santé des sols et santé humaine 

 

 

Dominique Robin (Atmo Sud) et Richard Hardouin (FNE Paca & Atmo Sud) : rendre de la matière organique au sol en évitant les brûlages

 

AGROLOGIE - Dégradation des sols : un phénomène « réversible »

Créé le : 12/03/2019
Claude et Lydia Bourguignon au Chili en 2017 - Crédit photo : LAMS

par Julien Dezécot

Lydia et Claude Bourguignon, spécialistes mondiaux des sols, seront à la boiserie de Mazan (Vaucluse), le 12 mars prochain, pour une conférence, à 19h, organisée par Sans transition !. A cette occasion, nous republions un entretien, paru dans le numéro 4 de Sans transition ! Bretagne, avec les fondateurs du laboratoire d’analyses microbiologiques des sols (LAMS).

Dans quel état sont les terres agricoles de l’Hexagone ?

Les sols agricoles sont relativement endommagés. Les techniques culturales actuelles ne sont pas adaptées aux sols, dans la mesure où elles ont fait disparaître en 50 ans la moitié de la teneur en matière organique des sols. Conséquence : le sol a perdu sa fertilité. Et les agriculteurs sont condamnés à utiliser des fertilisants pour atteindre d’importants rendements. Paradoxalement, alors que le potentiel génétique des céréales devrait permettre des rendements en blé avoisinant les 150 quintaux par hectare, nous ne dépassons que rarement les 80 quintaux aujourd’hui. Des chercheurs néo-zélandais ont montré que la cause résultait bel et bien de la baisse de fertilité du sol.

Comment évoluent les rendements en céréales ?

Ils s’effondrent dans tous les pays. En raison notamment de la déforestation, d’une trop forte irrigation, voire d’une salinisation des sols… Et la conséquence directe de la dégradation des terres arables, ce sont ces baisses de rendements avec, comme corollaire, le risque de malnutrition, de carences, voire de famines dans certaines contrées. En France, on grignote également de plus en plus les terres agricoles de qualité, on bétonne également ! Quant aux terres cultivées, la qualité et les rendements se dégradent eux-aussi.

Comment en est-on arrivé là ?

C’est d’abord l’arrivée massive, après la guerre, des engrais, pour augmenter les rendements. Cette utilisation importante des intrants a signé le début de la dégradation des sols. La spécialisation des cultures, les monocultures, en sont les causes majeures, ainsi que les engrais qui ont favorisé la perte de la matière organique et la minéralisation des sols. Ces engrais ont puisé dans le sol comme dans un garde-manger. Et comme les paysans n’ont pas toujours remis cette matière organique (car les bêtes ont souvent été déplacées hors des champs…), cela implique une chute drastique des rendements. De plus, on a utilisé des engins de plus en plus lourds. Ces derniers, en tassant les sols, ont diminué leur porosité, c’est-à-dire l’entrée de l’air dans les sols, autre facteur de dégradation. Puis on a utilisé les herbicides, l’irrigation à grande échelle, tout cela concourt à la dégradation des sols !

Infos événement.

[ COMMUNIQUÉ ] - Collectif Alternatives Territoriales Aix Marseille Provence - À un mois du vote annoncé du plan climat métropolitain, la société civile se mobilise !

Créé le : 04/03/2019

Des millitant.e.s ont organisé le 28 février une opération symbolique pour interpeller les élus sur leur action pour le climat. Face à une « haie d’honneur » de vélos des livrets de 300 propositions pour des actions ambitieuses, exemplaires, durables et solidaires leur ont été remis. Ils rappellent aux élus les attentes fortes de la société civile sur la question environnementale.

Les militants d'Alternatives Territoriales, auxquels se sont joints des représentants du Collectif Vélo en Ville (CVV), de Vélo Sapiens, de Greenpeace, de France Nature Environnement et d'ATTAC, ont accueilli avec une « haie d’honneur » de vélos les conseillers métropolitains qui se rendaient à la séance du Conseil de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence au Palais du Pharo à Marseille. C’est dans un concert de sonnettes qu’a été remis aux élus un livret de 300 propositions ambitieuses, exemplaires, durables et solidaires : "Pour une métropole à la hauteur des enjeux climatiques" préparé par le collectif Alternatives Territoriales qui travaille avec plus d’une vingtaine d’associations et de collectifs présents sur la métropole.

À un mois de la date initialement prévue pour le vote par les élus du plan climat air et énergie métropolitain (PCAEM) les militants espèrent à travers cette action inciter les élus à s’engager dans un plan ambitieux. Avec la présence des vélos ils rappellent l’importance d’agir sur les formes de mobilité, levier clé de réduction des gaz à effet de serre au sein de la métropole. Ils plaident également pour une répartition juste de cet accès à la mobilité.

"Nous sommes bien conscients qu'il faut une action coup de poing pour que nos élus prennent la mesure de leur responsabilité sur la question climatique" explique Charlène Fleury, membre du collectif. "Quand on sait que 50 à 70% des solutions pour le climat se trouvent à l'échelle locale, on comprend tout l'enjeu de ce plan climat métropolitain" renchérit Estelle Moulard, coordinatrice du groupe. "Par la présence de nombreux militants à vélo et la remise en mains propres du livret, nous voulons leur signifier que l'ensemble des citoyens d'Aix-Marseille Provence les regarde. Il est de la responsabilité des élus de prendre des mesures fortes face au dérèglement climatique."

Attendu par un dispositif de sécurité plus conséquent que d’habitude, les membres d’Alternatives Territoriales ont dû faire face au mépris d’un certain nombre d’élus. Cette démarche a cependant permis d’ouvrir le dialogue avec certains d’entre eux, ce qui a encouragé le travail effectué par le collectif. "Il faut que l’on soit nombreux à soutenir les propositions, car ça commence à devenir dangereux", a confié Madame Josette Furace, conseillère de la Métropole. De son côté, Pascale Morbelli, adjointe au Maire de Vitrolles, a encouragé le collectif : "Merci pour votre travail, il est important pour que l’on avance". Mais, pour clôturer l’ensemble, les militants, qui agissaient en vue du vote du 28 mars viennent d’apprendre que ce vote, déjà bien en retard par rapport à l’agenda national, a encore été décalé en juin. "Comment croire que des objectifs ambitieux vont être portés quand on observe encore une prise de retard dans le vote du PCAEM ? Nous espérons cependant que ce délai servira à la prise en compte de nos propositions." remarque Capucine Claudet, membre d’Alternatives Territoriales.

Cette action aura permis enfin de rappeler que la société civile demande à être intégrée dans la prise de décision. Le collectif espère de ce fait qu’un comité de suivi citoyen du plan climat soit mis en place pendant les 6 ans de son déroulement.

 

Lien pour télécharger le livret > http://alternatiba.eu/marseille/livret-de-propositions-alternatives-territoriales-amp/

Page Facebook Alternatives Territoriales AMP > https://www.facebook.com/AlternativesTerritorialesAMP/

 

Contact presse :

alterterri@alternatibaioli.org

Nicolas Nace : 06.19.85.58.42 // Capucine Claudet : 06.33.79.36.40.

De l’agroécologie pour sauver le plateau de Valensole

Créé le : 21/12/2018
Crédit photo : Perrine Puyberthier

Par Hélène Saveuse

Derrière la carte postale du plateau de Valensole se cache une autre réalité : les plants de lavandins se meurent à cause d’une maladie véhiculée par un parasite, les sols fatiguent et les masses d’eau souterraine se dégradent. Des acteurs locaux se sont rassemblés autour du projet Regain, afin de mener à des « pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ».

Sur la table en formica de sa cuisine, Jacky Piatti, agriculteur et lavandiculteur installé à Puimoisson (Alpes-de-Haute-Provence), et Perrine Puyberthier, animatrice du projet Regain pour le Parc naturel régional du Verdon, font le point sur la saison passée.

« Quel taux de dépérissement des lavandins (*) en 2017 ? Quelle technique pour contrecarrer la prolifération de la bactérie tueuse de lavandin, le phytoplasme du Stolbur ? », s’interrogent-ils. Les deux partenaires dessinent et planifient une expérimentation de couverts végétaux dans les champs de lavandins. Ils évaluent les progrès, les risques et surveillent les rendements. Dans quelques jours, ils présenteront aux agriculteurs inclus dans le dispositif Regain les résultats de leurs expérimentations sur les parcelles de Jacky. « Le projet Regain existe pour que la ruralité reste dynamique sur ce territoire. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre viabilité économique, valeurs environnementales et sociales », explique Perrine Puyberthier.

 

Jusqu’à 50 % des lavandins contaminés

...
La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

Fongicides : du petit lait pour remplacer le cuivre ?

Créé le : 20/12/2018
Crédit photo : Guilaume Bernard. Ferme du Vernou

Par Guillaume Bernard.

Ajouter du petit lait pour enlever du cuivre dans sa solution fongicide, c’est le pari écologique d’un pomiculteur bio ariégeois. Si son initiative demeure expérimentale, elle exprime néanmoins le besoin de renouveau de la filière, dans une période où l’Union européenne prévoit de réduire l’usage du cuivre.

Au milieu du verger de la ferme du Vernou, les pommes bio que ramassent patiemment Audrey Tremouroux et Amélie Astoury, pomicultrices, affichent une santé éclatante. Cette année, la récolte de la petite exploitation ariégeoise a échappé à l’une des maladies les plus redoutées par la profession : la tavelure. Alex Franc, propriétaire de l’exploitation, rayonne : « Je ne m’attendais pas à de tels résultats. »

Depuis le printemps 2016, cet ancien ingénieur agronome teste un nouveau mélange à base de petit lait pour affronter le champignon responsable de l’apparition de tâches et de crevasses sur le fruit. « Il y a deux ans, j’en avais mis sur une seule rangée et j’avais l’impression que l’expérience était fructueuse. Je l’ai donc généralisée en 2018 », explique l’agriculteur. La tavelure, capable de ruiner toute une récolte, n’aura pratiquement pas atteint ses sept hectares de pommiers. Un succès, pour un pomiculteur qui travaille en bio, tant par conviction que par nécessité.

« L’agriculture conventionnelle, ce n’était plus possible. Mon père ne pouvait plus toucher à un produit phytosanitaire. On pense qu’il a développé de grosses allergies à force d’y être exposé », témoigne l’Ariégeois. Lorsqu’Alex Franc récupère le verger familial en 2010, celui-ci est déjà cultivé en bio depuis dix ans, un choix qui n’a pourtant rien d’évident dans la filière. La pomme, fruit préféré des Français avec une consommation moyenne de 18 kg par an et par foyer, est aussi l’un des plus traités. Une étude de 2015, menée par Greenpeace, révèle qu’elles reçoivent en moyenne 35 traitements par an en agriculture conventionnelle.

Du bio dopé au cuivre

Cultiver en bio et refuser la douche de pesticides pour ses récoltes, c’est évidemment s’exposer davantage aux maladies du verger. Pour s’en prémunir, il reste néanmoins une solution aux agriculteurs bio : la bouillie bordelaise, un mélange bleuté à base de cuivre.

Or, ce métal lourd a des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes. Elle a aussi un impact sur les communautés microbiennes et la faune des sols, nuisant ainsi à leur durabilité.

Un rapport de l’EFSA (Autorité européenne pour la santé alimentaire), publié en janvier 2018, soutient qu’il est également nocif pour la santé des agriculteurs, lorsqu’il est employé à haute dose. Car même s’il n’est pas classé comme cancérogène, une surexposition peut entraîner une accumulation dans les organes, des irritations oculaires… « Face à ces problèmes, je me suis mis à chercher une alternative. C’est là que des collègues qui travaillent en biodynamie m’ont parlé du petit lait », raconte Alex Franc.

Si les propriétés fongicides du lactosérum sont connues depuis longtemps, il aura fallu attendre 2009 pour qu’il soit autorisé en agriculture biologique. Et pratiquement dix ans de plus pour que l’Ariégeois tente l’expérience. « J’étais prêt à le faire, mais je n’avais pas le principal : le petit lait lui-même », raconte l’agriculteur. Avec un besoin d’environ 15 litres pour 500 litres de mélange, il lui manquait quelqu’un capable de le fournir en grande quantité.

Heureux hasard de la géographie : le précieux lactosérum encombrait justement la station d’épuration d’une laiterie bio située à une quinzaine de kilomètres de la ferme du Vernou. Alex Franc avait trouvé son fournisseur ! Grâce à lui, il a réduit par cinq son utilisation de cuivre et réussi à éloigner la tavelure, malgré un printemps très humide, propice au développement de la maladie.

Alex Franc et l'atomiseur avec lequel il répand sa solution fongicide. Crédit photo : Guillaume Bernard

Le petit lait, solution miracle ?

Cette association locale entre laitier et pomiculteur a permis à Alex Franc de devenir un précurseur dans la lutte contre la maladie dans la région. Son expérience intrigue d’ailleurs les chambres d’agriculture des départements voisins, notamment celle du Tarn-et-Garonne, plus gros verger du Sud-Ouest.

« Le lactosérum est surtout utilisé comme fongicide en viticulture, mais pas en pomiculture. On peut supposer que ce sont les mêmes molécules qui agissent contre l’oïdium (une maladie fongique, NLDR) pour préserver les raisins et contre la tavelure pour les pommes », décrypte Jean-François Larrieu, conseiller en arboriculture fruitière à la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne. L’expérience concluante d’Alex Franc n’atteste toutefois pas à elle seule des propriétés du petit lait. Car ce dernier utilise toujours un peu de cuivre. « Pour connaître son efficacité réelle contre la tavelure, il faudrait répéter l’expérience avec une solution qui en serait totalement dépourvue », précise Jean-François Larrieu.

En attendant, l’expert doute que sous un climat propice au développement du champignon, les pomiculteurs puissent se passer totalement du métal. Alex Franc le regrette : « Après le succès de cette année, j’aurais envie de ne plus en utiliser du tout... Mais c’est risquer ma récolte et je ne peux pas me le permettre. » Jean François Larrieu rappelle que, si l’efficacité du lactosérum en tant que fongicide n’est pas encore avérée, celui-ci présente au moins l’avantage de ne pas être toxique.

« L’interdiction du cuivre finira par arriver, c’est sûr »

Alex Franc, pomiculteur

Passer au zéro cuivre demeure néanmoins difficile. Dans une étude publiée en janvier 2018, l’Inra (Institut national de recherche en agronomie) recense les différentes manières de réduire son utilisation, mais concède que sa suppression totale du jour au lendemain serait très compliquée pour la filière bio. Parmi les nombreuses alternatives envisagées par le rapport, il n’est jamais fait mention du petit lait. « Nous nous sommes basés sur la littérature scientifique existante et nulle part on ne parle du lactosérum », explique Didier Andrivon, pilote scientifique de l’étude.

Le cuivre dans le viseur de l’UE

Les chercheurs pourraient pourtant être bien inspirés de tourner la tête vers la petite exploitation ariégeoise, puisque la nécessité de trouver une alternative au métal lourd se fait pressante au sein de l’Union européenne : son autorisation en agriculture prend fin le 31 janvier 2019. Son renouvellement, qui doit être voté par les États membres au cours de l’automne 2018 est, comme l’a été le glyphosate avant lui, largement sujet à débat.

« Certains pays du Nord de l’Europe sont pour une interdiction totale du cuivre en agriculture, mais après le vote de cet automne, on devrait passer d’une autorisation de 6 kg par hectare, lissé sur cinq ans, à 4 kg », pronostique Jean-François Larrieu. C’est d’ailleurs cette position qui sera défendue par le ministère de l’Agriculture français, à la Commission européenne. À l’inverse, le Danemark et les Pays-Bas ont déjà interdit l’utilisation du métal à l’intérieur de leurs frontières.

Pour notre pomiculteur ariégeois, « l’interdiction finira par arriver, c’est sûr ». En attendant, il se prépare en cultivant des variétés de pommes plus résistantes à la tavelure et ajoute du soufre à sa solution fongicide pour en améliorer l’efficacité. Le lactosérum s’avère selon lui un levier, parmi d’autres, dans la lutte contre l’utilisation du métal. Mais il reste dans l’angle mort de la recherche actuelle. Peut-être plus pour longtemps : Jean-François Larrieu évoque la possibilité de reproduire ce test au sein de sa chambre d’agriculture en 2019. Chiche ?

LE GROUPE THAI UNION S'ENGAGE CONTRE LA PÊCHE ILLÉGALE ET LA SURPÊCHE

Créé le : 13/07/2017
Pêche de thons. Crédits : Pixabay

Suite à de longues tractations de Greenpeace, Thai Union, géant mondial des produits de la mer et maison-mère de Petit Navire, accepte de limiter ses recours aux dispositifs de concentration de poissons (DCP) et d’améliorer les conditions de travail des salariés. 

La pêche industrielle du thon utilise les DCP car ils lui permettent de capturer 50% de ses quotas annuels en moyenne. Ce système de pêche intensive composé de radeaux déployant des dizaines de mètres de filets, piège aussi des espèces protégées (tortues, requins, raies, mammifères marins, …).

Vidéo de Greenpeace diffusée le 25 avril 2016

Après deux années de campagne à l’encontre du grand groupe, Greenpeace, annonce avoir gagné une bataille contre Thai Union. La pétition que l’association de protection de l'environnement a lancée il y a maintenant deux ans, a récolté plus de 140 000 signatures. Suite à cette mobilisation, Thai Groupe assure prendre des mesures afin de fournir une plus grande quantité de thon pêché durablement.

Réduction de moitié de l’usage des DCP par les fournisseurs du groupe au niveau mondial, augmentation de 50 % de l’offre de thon pêché sans DCP sur tous les marchés approvisionnés, renforcement du système de traçabilité du thon, extension du moratoire sur le transbordement en mer … Ce sont les applications que Greenpeace déclare avoir obtenu de la part de l’entreprise thaïlandaise de pêche et de transformation de produits de la mer.

Greeanpeace demeure tout de même sur ses gardes : « Nous restons vigilants quant à la mise en œuvre de toutes ces mesures. Nous avons d’ailleurs établi un plan de suivi précis et daté pour évaluer l’atteinte des objectifs que Thai Union s’est fixés », indique l'ONG dans un communiqué.

Plus d’infos :
Résumé des engagements de Thai Union
http://www.thaiunion.com/
https://www.greenpeace.fr/

Vers un tourisme durable ?

Créé le : 30/05/2016

La Semaine européenne du développement durable se tient du 30 mai au 5 juin 2016. L’objectif ? Le rappel des bonnes pratiques et la découverte des initiatives en faveur du développement durable. Tout au long de cette semaine, Sans Transition ! vous propose de (re)découvrir les débats de la revue Bretagne Durable sur Tébéo-Tébésud. Le thème du jour est le tourisme durable.

Nouvel envol du gypaète barbu !

Créé le : 30/05/2016
© Pixabay

Le vendredi 3 juin, deux jeunes gypaètes barbus vont s’envoler en plein cœur du Parc naturel régional des Baronnies provençales, commune de Villeperdrix, dans la Drôme. Cette action est organisée par l’association Vautours en Baronnies, en partenariat avec la LPO France et le Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales. Le lâcher de jeunes oiseaux doit permettre de créer des noyaux de population favorisant les échanges entre Alpes et Pyrénées. 

Pourquoi réintroduire le Gypaète barbu ? Au cours du XXème siècle, cette espèce emblématique a disparu de la plupart des massifs montagneux du pourtour méditerranéen. Le Gypaète barbu a bénéficié de programmes de réintroduction sans précédent depuis 25 ans en Europe. En 2011, il ne subsistait que 175 couples en Europe et seulement 50 couples sur l’ensemble du territoire français. Grâce aux programmes de réintroduction entrepris, la population française de Gypaète barbu a tendance à s’accroître ces vingt dernières années mais l’équilibre reste fragile.


Aujourd’hui le projet de réintroduction du Gypaète barbu dans les Baronnies voit le jour, suite aux premiers lâchers effectués de 2010 à 2013, par le Parc Naturel Régional du Vercors. Il est mené par l’association Vautours en Baronnies, en partenariat avec la LPO France et le Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales. Pour la première fois, il fait l’objet d’un financement européen LIFE, couvrant un large territoire, des pré-Alpes aux contreforts Pyrénéens, et fait partie d’un programme multi-partenarial (cf dossier de presse). Il s’inscrit également dans le Plan National d’Action (PNA) en faveur de cette espèce, sous l’égide du ministère en charge de l’environnement.


L’objectif ? Renforcer la population française et européenne de gypaètes barbus. Pour ce faire, le lâcher de jeunes oiseaux dans le Massif central et les Préalpes doit permettre de créer des noyaux de population favorisant les échanges entre Alpes et Pyrénées. Pour les Préalpes, les lâchers s’effectuent sur le site de Léoux (26510, Villeperdrix) en 2016, 2018 et 2020 dans les Baronnies, ou sur le site de Tussac (26410, Treschenu-Creyers) en 2017, 2019 et 2021 dans le Vercors. Les deux oiseaux qui seront lâchées cette année proviennent des centres d’élevage de Guadalentin en Andalousie et d’Haringsee en Autriche. Ils seront déposés sur un site adapté, à flanc de falaise et devraient prendre leur envol dans quelques semaines.

Plus d’infos :

http://www.vautoursenbaronnies.com/

https://www.lpo.fr/

http://www.baronnies-provencales.fr/

Partager

S'abonner à environnement