écologie

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « Devant l’effondrement »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

Crédit : Pixabay

Dans cette nouvelle Chronique Littéraire, Sans Transition ! revient avec de nombreux ouvrages proposant une réflexion sur l'urgence climatique et la nécessaire transition écologique. Du guide de l'innovation frugale au sauvetage de la vie sur Terre en passant par l'effondrement... Bonne lecture !

La vie passionnante de Coline Serreau

Coline Serreau est une artiste totale et engagée, surtout connue comme réalisatrice de Trois hommes et un couffin, La crise, La Belle Verte ou Solutions locales pour un désordre global, ou comme autrice de pièces de théâtre inoubliables (et aux titres improbables comme Quisaitout et Grobêta ou Lapin Lapin). Également appréciée comme actrice, on sait moins qu'elle est aussi photographe, peintre ou directrice de chorale. Elle a abordé avant tout le monde des thèmes tels que la crise écologique, le droit des femmes, la santé, les travers du consumérisme et du libéralisme, etc. À 70 ans, elle livre pour la première fois une autobiographie originale en trois parties et vingt-trois hashtags. Elle raconte d'où elle vient et à qui elle doit ses influences, sa famille et ses ancêtres, son parcours artistique tous azimuts... Elle confie aussi ses pensées, ses réflexions sur notre société, le futur, les sujets qui la passionnent, révoltes et bonheurs. Une lecture passionnante !

#COLINESERREAU, Coline Serreau, Actes Sud, octobre 2019, 208 pages, 29 euros

 

Pendant le compte à rebours

L'homme politique, mathématicien et collapsologue Yves Cochet, expose ses théories et pratiques sur l'imminence de l'effondrement et comment s'y préparer. Il vit aujourd'hui dans une ferme expérimentale en Bretagne où il a déjà tout mis en place pour faire face au basculement dans les 30 prochaines années. Il examine les origines écologiques, économiques, financières et politiques de cet effondrement et, surtout, leurs relations systémiques. Les étapes de l’effondrement seront notamment une réduction importante de la population mondiale, une ruine des États incapables de gérer les questions de santé ou de sécurité, la fin des énergies fossiles et nucléaire, le passage obligé vers une alimentation plus végétale, plus locale, plus saisonnière ou l’avènement d’une mobilité low tech, sans voitures ni avions. Un dernier livre avant la fin d'un monde ?

 Devant l'effondrement, Essai de collapsologie, Yves Cochet, Les Liens qui Libèrent, septembre 2019, 256 pages, 18,50 euros

 

Une réponse à l'urgence sociale et écologique

Les auteurs, conseiller en innovation et professeur de marketing, montrent comment les entreprises peuvent répondre aux attentes des consommateurs en quête de sens et soucieux de l'environnement. Ce livre s'adresse plutôt aux dirigeants, décideurs et étudiants. Il propose de répondre aux objectifs de développement durable de l'ONU plus vite, mieux et pour moins cher ! Cette stratégie de croissance révolutionnaire vise à innover grâce à des produits durables, à l'impact positif sur la société et la planète. Ils s'appuient sur l'expérience de 50 entreprises pionnières, et néanmoins multinationales, et des exemples français. Les six principes fondamentaux sont des outils pour réussir dans ce sens. Une vision optimiste.

 Le guide de l'innovation frugale. Les 6 principes clés pour faire mieux avec moins, Navi Radjou et Jaideep Prabhu, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anaïs Bon, préface de Paul Polman, Diateino, 384 pages, 24 euros

 

Sauver la vie sur Terre

Qu'est-ce que le New Deal Vert ? Jérémy Rifkin expose son projet économique et sociétal basé sur une prise de conscience sur l'état de la planète. Il s’agit d’un véritable plan de transition globale pour un monde post-énergies fossiles qui permettrait de produire 100 % de l’électricité à partir de sources propres et renouvelables ; d’améliorer et d’augmenter l’efficacité du réseau énergétique, du réseau des transports ou du secteur du bâtiment ; d’investir dans la recherche et le développement de technologies vertes ou de proposer de nouveaux emplois nés de cette nouvelle économie. Les solutions existent et sont à notre portée. Aujourd’hui, les intérêts des dirigeants politiques, économiques et financiers convergent avec ceux des citoyens : c’est ce que démontre Jérémy Rifkin dans ce manuel documenté qui redonne de l’espoir et l’envie d’agir pour la planète.

 Le New Deal Vert Mondial, Pourquoi la civilisation fossile va s'effondrer d'ici 2028. Le plan économique pour sauver la vie sur Terre, Jérémy Rifkin, Les Liens qui Libèrent, octobre 2019, 304 pages, 21,80 euros

 

Changer la ville et… le Monde

Dans Tous acteurs de la Révolution verte. Changer la ville, changer le monde, le collectif « Merci Raymond » invite à repenser le modèle de nos villes afin de s'y sentir mieux.
Pour eux, la clé réside dans la réintroduction du végétal à laquelle chacun à son échelle peut participer. Par exemple, l'agriculture urbaine développée sur des espaces non exploités comme des parkings ou des terrains vagues permettrait de redonner à la ville sa fonction nourricière. Cette idée illustrée par la mise en fonction de jardins partagés montre qu'en plus de favoriser la sociabilisation, d'être source d'intégration pour certaines populations, elle offre des vertus thérapeutiques tout en permettant à nos petits citadins d'apprendre les bases du jardinage. Ces jardiniers urbains comme ils aiment se nommer, nous expliquent également comment il est possible de re-végétaliser nos cités grâce à une nouvelle vision verte de l'architecture. Pour eux, cette dernière doit devenir durable en visant le biomimétisme et la ville résiliente. Par exemple, il est possible comme certains l'ont déjà fait de développer l'apiculture sur les toits des immeubles. Très pragmatiques, 25 actions très simples sont détaillées avec des illustrations pour devenir acteur de la révolution verte. Voici un livre très instructif et positif redonnant espoir en l'avenir d'une vie urbaine. Ce livre permet de prendre conscience qu'il est possible de vivre mieux en ville en étant acteur du changement. Il ouvre également une voie possible vers tout un panel de nouveaux métiers qui sont en train de se développer : Agriculteurs dépollueurs, Designer végétal ou encore e-agriculteurs. Il donnerait presque envie de retourner vivre en ville pour répondre à ce défi !

 Tous acteurs de la révolution verte. Changer la ville, transformer le monde. Merci Raymond (collectifs de jardiniers urbains), Marabout ed., 175 pages, 14,90 euros

 

Cocooner dans sa maison écolo

Dans Ecocooning, une maison écolo, c'est confortable, Elise Rousseau nous livre une BD pleine d'humour qui met du baume au cœur. Grâce à une poule bio très inspirante qui débarque inopinément dans son jardin, la narratrice devenue très récemment hyper allergique va revoir entièrement sa façon de vivre. Ainsi, tout va passer au crible: ses produits d'entretien, de salle de bain, ses matériaux de construction, l’intérieur de ses placards, sa façon de cuisiner, son jardin. Rien n'est oublié! Sans professer une leçon moraliste, cette gallinacée prénommée Cocotte donne des clés afin de se sentir davantage en adéquation avec ce dont nous avons réellement besoin tout en faisant du bien à soi-même et à la planète. Sortir de la société de surconsommation, repenser son intérieur tout autant que son extérieur vont encourager l’héroïne à se créer une vraie maison douillette et écologique avec tout ce que cela revêt. Sans tomber dans le minimalisme extrême, elle exhorte par exemple à réfléchir à ses vrais besoins. En ce sens, des exercices pratiques personnels: « le cahier pratique de Cocotte» jalonnent toute la BD en officiant presque comme un guide de développement personnel pour revenir au principe de « sobriété heureuse ». Tout cela avec beaucoup de légèreté.
Voici donc une BD très drôle qui invite finalement à réfléchir en profondeur sur sa façon de vivre. De façon sous-jacente elle touche à une question essentielle de notre existence: comment être heureux ?

Ecocooning, Une maison écolo, c'est confortable ! Elise Rousseau, Delachaux et Niestlé  ed.Paris, 2019, 125 pages, 15,90 euros

 

Comment renverser les multinationales

Vandana Shiva, la militante et féministe indienne, démontre de façon saisissante le pouvoir destructeur des multinationales et des milliardaires. Ces ultra-riches (dont Bill Gates, Warren Buffett, Mark Zuckerberg) représentent 1 % des habitants de la Terre et ont conduit les autres 7 milliards à des inégalités sociales exacerbées, à la pauvreté et la malnutrition, aux crises migratoires... Leurs fondations et fausses œuvres humanitaires ne sont qu'une façon d'échapper au contrôle des structures démocratiques pour accroître leur pouvoir et multiplier leurs profits. Ils supervisent l'alimentation, l'information, la finance, l'énergie... Vandana Shiva propose des pistes pour renverser la balance, sauver la démocratie, renouer avec la nature et l'identité humaine.

 1 % : reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches, Vandana Shiva, Rue de l'échiquier, août 2019, 184 pages, 19 euros

 

Nous voulons des produits sains

L'auteur de Nous voulons des coquelicots, Fabrice Nicolino, livre une enquête choc sur le scandale sanitaire des fongicides SDHI (Succinate DeHydrogenase Inhibitor : inhibiteurs de la succinate deshydrogénase) qui servent à détruire les champignons et moisissures des récoltes. Ils sont présents dans 80 % des surfaces de blé, sur l’orge, les arbres fruitiers, les tomates, les semences, les pommes de terre, les terrains de sport, etc. Or, ils s’attaquent à la fonction respi­ratoire des êtres vivants (la SDH) et entraînent chez l'homme des maladies neurologiques et des cancers. Des scientifiques du CNRS, de l’Inserm et de l’Inra ont alerté en 2018 les autorités, mais les lobbies de l'industrie agro-chimique nient tout problème de santé publique. L'auteur dénonce les liens étroits entre ces lobbies et les institutions publiques de veille sanitaire, dont l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), d'où des conflits d’intérêts graves pour notre santé.

Le crime est presque parfait, Fabrice Nicolino, Les liens qui libèrent, septembre 2019, 224 pages, 20 euros

 

Pour un cerveau éclairé

Stéphanie Brillant a réalisé le film documentaire Le cerveau des enfants, un potentiel infini (2017) et consacre désormais son travail à l’éducation éclairée. Dans cet ouvrage, elle explique comment assurer aux enfants un meilleur équilibre psychique et physique, ainsi qu'un plus grand épanouissement social et professionnel, avant la naissance et pendant les premières années. Elle ouvre des pistes de réflexion originales pour comprendre le fonctionnement du cerveau et aborde divers sujets liés entre eux : émotions, croyances, fonctionnement de la mémoire, hygiène de la pensée, importance de l’engagement physique et social. L’essentiel est dans la qualité de la relation qu'on entretient avec eux, de la façon la plus positive possible. Avec des exemples concrets, des exercices pratiques et des jeux faciles à expérimenter au quotidien.

 Guide du cerveau pour parents éclairés, Stéphanie Brillant, Actes Sud, septembre 2019, 304 pages, 22 euros

 

La Terre nous écrit pour la sauver

Geneviève Azam, économiste, spécialiste du climat et altermondialiste, écrit un essai sous la forme originale d'une lettre à la Terre, une déclaration d'amour face au désastre écologique, aux dérèglements climatiques (et humains) et au mirage d'un capitalisme vert. Elle propose, aux Terriens « déterrestrés » que nous sommes devenus, un rapport plus sensible et direct à la Terre, un lien à renouer. L'autrice a également imaginé la réponse de la planète qui est d'accord avec les alliances, mais pas n'importe lesquelles ni avec n'importe qui, quitte à détruire des projets contre-Nature. La Terre nous demande de nous soulever avec elle pour répondre à l'immense défi pour la sauver, car ce sont nous, humains, qui gardons l'action politique. Geneviève Azam lance un appel à la désobéissance, à la résistance et à la lutte contre ce qui menace la vie.

 Lettre à la Terre. Et la Terre répond, Geneviève Azam, Seuil, septembre 2019, 192 pages, 17 euros

 

Rester (ou devenir) vegan et convivial

Annie Nichols est anglaise et ses talents culinaires sont internationaux. Elle dirige un « super club » végétalien et sait faciliter la vie des végans avec une cuisine rapide et goûteuse pour tous. Le véganisme comptent des millions d'adeptes avec des approches multiples : choix éthique, environnemental, politique ou simplement gustatif pour qui préfère les aliments d'origine végétale. Mais parfois, les habitudes alimentaires des végans sont restrictives et difficilement compatibles avec celles des autres. Du petit déjeuner en passant par l'apéro et le souper, voilà une foultitude d'idées, d'astuces et de conseils, et 65 recettes pour continuer à partager de bons repas avec ses amis. Pour que plaisirs et convivialité s'invitent à toutes les tables !

Comment manger végan et garder ses amis ? Annie Nichols, Ulmer, septembre 2019, 160 pages, 16,90 euros

 

Mode d'emploi positif pour la transition

Grégory Derville est maître de conférences en science politique et a participé à Beauvais en transition. Déjà auteur d'un livre sur la permaculture, il crée un écolieu à la campagne pour mettre en œuvre concrètement ses travaux. Avec ce livre pratique sur la transition écologique, il explique, en expert et praticien, comment transformer en profondeur le territoire : quartiers, villages, villes. Lucide face à la situation écologique, il propose cependant une vision positive et stimulante du futur pour la construction d'une autre société, en unissant les forces et compétences (famille, amis, voisins, associations, élus locaux...). Voilà un véritable mode d'emploi pour savoir comment s'y prendre et quelles actions mener, s'appuyant sur 9 types d'initiatives détaillées et des exemples précis déjà existants.

 Réussir la transition écologique. Outils pratiques pour agir ensemble, Grégory Derville, préface de Pablo Servigne, Terre Vivante, octobre 2019, 208 pages, 25 euros

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L'homme qui fait parler les plantes »

Créé le : 18/07/2020
Crédit: Pixabay

Crédit: Pixabay

Dans chaque magazine, Sans transition! chronique les dernières sorties des libraires, sur les sujets qui animent notre rédaction. Nous avons décidé de vous les redonner à lire ici. De l'homme qui fait parler les plantes à une traversée avec Sea Shepherd, faites votre choix. Bonne lecture !

L'homme qui fait parler les plantes

L'ethnobotaniste François Couplan, spécialiste des plantes sauvages et de leurs bienfaits, nous invite à une balade botanique comme il en a le secret. Un secret qu'il partage volontiers quand il raconte des histoires fabuleuses de plantes et l'histoire passionnante des hommes avec elles. C'est avec un réel talent de conteur qu'il nous emmène à la découverte des végétaux, de leur fonctionnement, leur classement et leur dénomination. Il y a celles qui guérissent, celles qui nourrissent, celles qui empoisonnent... L'auteur enrichit sa narration de souvenirs de voyages, de rencontres, d'aventures, de réflexions.  Il nous entraîne ensuite, à travers les époques, dans les rapports étroits des plantes et des hommes selon leurs cultures, leurs pays. François Couplan a beaucoup de choses à nous dire sur les plantes et le dit bien.

 Ce que les plantes ont à nous dire, François Couplan, Les Liens qui libèrent, mars 2020, 352 pages, 22 euros

 

Embarquez avec Sea Shepherd

Passionné de plongée sous-marine et du monde marin, Guillaume Mazurage rencontre le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, ONG de défense des océans. Il embarque alors à bord d'un navire de l'organisation écologiste pour une expédition de sauvetage du marsouin vaquita, en voie d’extinction, qui périt d'étouffement dans des filets qui ne lui sont pas destinés. De cette aventure et d'une enquête approfondie, il crée sa première bande dessinée, très réussie, guidé par des maîtres en la matière : le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières. L'album est donc le récit de la vie à bord de ces éco-pirates, qui jouent aussi le rôle de police des mers, et de leur combat quotidien et périlleux contre la mafia. Une BD captivante comme un documentaire et digne des grandes aventures à la Moby Dick.

 Sea Shepherd. Milagro, Guillaume Mazurage, éditions Robinson, juin 2020, 56 pages, 11,95 euros

 

Que les éco-anxieux se réjouissent !

Vous êtes lucide sur l'état de l'environnement et vous êtes désespéré ? C'est normal. Mais consolez-vous : Laure Noualhat a des remèdes à votre mélancolie. Cette spécialiste de l'environnement, ancienne journaliste de Libé qui écrit actuellement pour Yggdrasil et Siné, aurait pu intituler son livre Tchernobyl mon amour car elle a dépassé le burn-out écolo. S'appuyant sur les étapes psychologiques et successives du deuil, elle a une vision très réaliste de l'état du monde. Néanmoins, elle redonne espoir à tous les éco-anxieux en insufflant du sens à la vie, notamment par une véritable ode à la nature, à la méditation, etc. Elle imagine également un futur idéal où la loi défendrait mieux l'environnement. Son cheminement est passionnant, très documenté, et servi par un style vif et plein d'humour : un essai très agréable à lire et réjouissant !

 Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat, éditions Tana, mai 2020, 256 pages, 18,90 euros

 

Planter les graines d'un nouveau monde

« Renoncer à une part de nous pour aller vers l’inconnu, sans avoir la certitude de réussir, sans connaître notre état du lendemain... La définition même de l’aventure ! » C'est un véritable guide de l'aventure — avec carnet de bord, boussole, carte, couteau suisse... — que nous propose Vincent Dubail, militant d'Europe Écologie-les Verts, pour son voyage en utopie. L'utopie écologique nouvelle peut se réaliser, malgré les menaces, pour ne pas subir l'effondrement. Il cite volontiers Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Des alternatives engageantes, positives, solidaires et constructives tissent des liens de fraternité pour mobiliser et changer la société. La vraie vie est ailleurs, mais elle est aussi devant soi, et se sème dans l'imagination pour planter les graines de demain.

 Kit pour voyager en écotopie, Vincent Dubail, éditions Tana, juin 2020, 240 pages, 18,90 euros

 

Vivre dans son temps

Le couturier Azzedine Alaïa a convié, les dernières années de sa vie, avec son proche et auteur de ce recueil Donatien Grau, ses amis architectes, actrices, danseuses, chanteur d’opéra, écrivains, philosophes, légendes de mode, d’art, de design, de cinéma. Deux par deux, ils se sont prêtés au jeu de réfléchir et discuter de leur rapport au temps, au manque de temps, à leur idéal... Ces témoignages très variés, touchants, instructifs, surprenants, nous donnent à réfléchir. Parmi les invités : Jean Nouvel et Claude Parent ; Blanca Li et Rossy De Palma ; Jérôme Batout et Bettina Graziani ; Jean-Claude Carrière et Julian Schnabel ; Isabelle Huppert et Robert Wilson ; Michel Butor et Tristan Garcia ; Adonis et Alejandro Jodorowsky ; Emanuele Coccia et Carla Sozzani ; Charlotte Rampling et Olivier Saillard.

 Prendre le temps, Donatien Grau, mars 2020, 240 pages, 25 euros

Tous les bienfaits du véganisme

Pour ceux qui n'ont pas encore sauté le pas et se posent encore des questions : voilà qui va vous éclairer. Laurence Pieau est journaliste et raconte pourquoi et comment elle est devenue (tardivement) végan. Elle a notamment créé Alternatives Vegan pour parler d'autres voies possibles. Après un état des lieux du véganisme dans le monde et en France, comme autant d'arguments éthiques, elle donne quelques conseils sur la façon de procéder et présente les bienfaits pour la santé. Autrement dit, être végan est bon pour l'esprit, le cœur, le corps, et bien sûr cela préserve l'environnement ainsi que près de 200 animaux par an et par personne. Au passage, l'autrice déglingue quelques bobards sur le sujet, puis passe en revue le pourquoi des interdits du véganisme. Enfin, 20 recettes faciles d'Eva-Claire Pasquier pour se mettre en appétit.

 Tout le monde n’a pas la chance d’être vegan, Laurence Pieau, éditions Harper Collins, juin 2020, 240 pages, 19 euros

 

Cultiver le paradis sur Terre

La célèbre Vandana Shiva présente une synthèse de ses quelque 30 années d’expériences, de recherches et d’actions. Ce livre est également un manifeste en faveur de la transition mondiale. Pour l’activiste indienne, c’est l’agro-écologie, le sol vivant, la biodiversité, la localisation, les femmes, les petits exploitants qui nourrissent l’humanité à 70 %. Ils peuvent devenir la norme, à l’opposé de l’industrie agro-alimentaire qui n’a rien de logique ni de durable, en détruisant la planète et notre santé, et en marchandisant les moyens de subsistance. Vandana Shiva prône bien sûr la vraie nourriture de meilleure qualité, la liberté des semences, la polyculture, les vrais individus, la coopération entre producteurs et consommateurs... Un dernier chapitre indique la voie à suivre. « Utilisons notre énergie pour oeuvrer à la création d’un avenir alimentaire respectueux de la
planète. Lorsque nous travaillons main dans la main, en harmonie, nous pouvons cultiver le paradis sur Terre. »
Qui nourrit réellement l’humanité ? Vandana Shiva, Actes Sud, collection Domaine du possible, février 2020, 192 pages, 19 euros
 

La détox numérique pas à pas

La journaliste hyperconnectée, Laurence Bril, a pris conscience de sonaddiction à internet et aux réseaux sociaux et a décidé d’aller marcher. Elle raconte son cheminement à pas comptés, kilomètre après kilomètre,une façon de prendre de la distance avec le numérique, de revenir à soi, au rythme du monde, de la nature, de l’instant présent. Une manière devoir les choses de ses propres yeux, au grand air, et non à travers un écran et ses diktats de likes et de followers. Elle suit la voie des grands marcheurs, David Breton,Sylvain Tesson... et entame une désintoxication sur une année. Peu à peu, de nouvelles sensations s’offrent à elle. Elle se métamorphose physiquement et psychologiquement. Flâneries, balades, randonnées, courses, excursions, trails... Le temps et les distancess’allongent ; ses performances progressent. Après 3 600 km parcourus, elle revientlentement mais sûrement au numérique. Un itinéraire à suivre pour modérer sesconnexions.Passage piéton. 
 Récit d’une détox numérique par la marche, Laurence Bril, Rue de l’échiquier,février 2020, 136 pages, 12 euros
 
 
Le potager facile et bio
 
Vous aimeriez bien cultiver vos légumes mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Suivez le guide ! Blaise Leclerc est docteur en agronomie et jardinier depuis 40 ans, spécialiste des relations entre agriculture et environnement. Il n’en est pas à son premier livre didactique pour simplifier au maximum le jardinage. Il nous apprend à créer et cultiver simplement un potager en partant du b.a.-ba. Tout est expliqué en détails, même le vocabulaire : comment fonctionne une plante, les techniques de base pour préparer la terre, composter, utiliser des engrais verts, pailler, créer un équilibre écologique, réussir ses semis, ses plantations, son arrosage, etc. Avec photos, astuces, conseils et schémas à l’appui, plus d’excuses pour ne pas s’y mettre.
 Savoir tout faire au potager. Gestes et techniques de base, Blaise Leclerc, Terre vivante, mars 2020,120 pages, 14 euros
 

De l'Anthropocène au Symbiocène

Philosophe de l’environnement, Glenn Albrecht est le spécialiste mondial de l’étude des émotions ressenties envers la Terre, ces « réactions émotionnelles particulières que nous manifestons en réponse au rythme et à l’ampleur du changement environnemental et écologique ». Déjà inventeur du terme « solastalgie » qui traduit l’expérience vécue lors de changements environnementaux négatifs, il propose « une réflexion sur le sens de la vie humaine au temps de l’anthropocène ». En effet, face aux évolutions du monde, nous ressentons de l’anxiété, de la colère, de la nostalgie, de l’abattement : autant d’émotions négatives qui affectent notre santé mentale. Il nous invite à une nouvelle vision du monde pour sortir de la crise écologique : passer au symbiocène. Pour cela, l’auteur propose de nouveaux mots et concepts, c’est-à-dire des émotions et des sentiments positifs pour l’avenir : créativité, santé, harmonie avec la nature et sa beauté. Alors, place au symbiocène !
Les émotions de la terre, Des nouveaux mots pour un nouveau monde, Glenn Albrecht, Les Liens qui Libèrent, février 2020, 368 pages, 23 euros
 
 
Rêvons pour changer le monde 
Pouvons-nous changer le monde et le rendre meilleur ? Rob Hopkins en rêve et pense sérieusement que nous en avons les moyens. Il rejoint l’historien Yuval Noah Harari (Sapiens, une brève histoire de l’humanité) qui affirme que nos vies reposent sur des fictions auxquelles nous voulons bien adhérer. Et si nous refaisions l’histoire ? Ou plutôt : si nous racontions la suite autrement ? Des alternatives radicales, constructives, rapides et inattendues sont possibles dans notre quotidien personnel, professionnel, social. Certaines existent déjà. Il suffirait de mettre l’imagination au centre de nos réflexions. Son programme : prendre soin de sa santé, suivre l’exemple de la nature, nous réapproprier notre attention, développer l’imagination à l’école, et se poser les bonnes questions pour que ces hypothèses voient le jour. Et si le rêve devenait réalité ? Et si tout finissait bien ? Un livre enthousiasmant. Et si... ? 
Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, Rob Hopkins, préface de Cyril Dion, Actes Sud, avril 2020, 330 pages, 23 euros
 

La terre crue, matériau pour la Terre

Ce très beau livre, grand format, avec de superbes photos, reprend les projets finalistes du concours TERRA Award Sahel+ sur l’architecture en terre crue, matériau ancestral et d’avenir pour le BTP en Afrique et dans le monde entier. L’utilisation des savoir-faire traditionnels dans des projets actuels et modernes pour de nouveaux usages prouve scientifiquement tous ses avantages : matériau renouvelable, extraction facile et locale, utilisable pour l’auto construction mais aussi pour des constructions d’envergure, comme les équipements hôteliers, publics, professionnels... La terre crue est un matériau vivant, sain, qui absorbe odeurs et bruits, régule la température et l’humidité. Et en plus, sa palette de couleurs est magnifique : gris foncé, jaune, rose, rouge ocre de la latérite... Dans le marché du BTP, c’est une renaissance de l’architecture qui contribue à la transition écologique et sociétale. Un magnifique retour à la terre.
Construire en Terre au Sahel aujourd’hui, Odile Vandermeeren, Museo éditions, 130 pages, 25 euros

 

[INTERVIEW] : « Le BRF est un déclencheur de l’agriculture du vivant »

Créé le : 12/07/2020
Photo :  DR

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chapeau : Benoît Noël est ingénieur agronome à l’association internationale Jardinier du Monde et expert en agroécologie. Selon ses recherches, le bois raméal fragmenté (BRF) favorise l’agroforesterie et permet de reconstituer les sols.

Le bois raméal fragmenté (BRF), qu’est-ce-que c’est ?
Il s’agit de branches et de rameaux d’arbres broyés, de moins de 7 cm, incorporés au sol. Le procédé a été inventé par les Canadiens dans les années 70.

Si on compare le BRF avec le compost, quels en sont les avantages ?
Le compostage, procédé hors-sol, émet du CO2 dans l’atmosphère et produit moins d’humus. Au final, le BRF permet de produire 2 fois plus d’humus dans le sol que le compost. Cela signifie aussi que de l’énergie est perdue durant le compostage, alors que si on mélange le BRF directement au sol, l’énergie reste disponible pour la vie du sol. Elle représente l’équivalent de 4000 L de pétrole à vers de terre par ha et par an(1). Le BRF est donc un excellent moyen de refertiliser le sol.

Avec le BRF, nous sommes également capables de pomper les nitrates et de les stocker à un endroit où ils seront mobilisables pour les plantes quand elles en auront besoin. Notons que l’humus formé est 10 fois plus riche que le fumier en azote, ce qui permet, à terme, d’assurer des rendements élevés. Enfin, le BRF incite à développer l’agroforesterie pour le produire, ce qui est la méthode la plus efficiente : 20% de SAU (Surface agricole utile)  apporte alors ce qu’il faut en feuilles et radicelles,  pour alimenter le sol vivant.

Et d’un point de vue écologique, pourquoi l’agroforesterie est-elle intéressante ?
Les arbres entretiennent la biodiversité, mais aussi la fertilité du sol, limitent l’érosion et fixent le CO2. Ils ont une action positive contre la sécheresse, puisqu’ils aident à stocker l’eau et font même pleuvoir ! Le BRF lui-même et l’humus constitué sont des éponges. Grâce à l’activation de la vie du sol, une structure améliorée permet aussi à l’eau de s’infiltrer au lieu de ruisseler.

Le BRF favorise donc la durabilité de l’agriculture ?
Absolument. Il est un déclencheur de l’agriculture du vivant : il peut reconstituer des sols très vite. Et même, nous travaillons actuellement sur l’agriculture vegan qui est rendue possible par ce procédé permettant en quelque sorte de recréer l’écosystème des forêts, tout en produisant des aliments pour les hommes. En résumé, c’est un système très performant écologiquement, agro-écologique et aussi potentiellement vegan, puisqu’il créé de la fertilité avec une base végétale uniquement.

Plus d’infos 

www.jardinierdumonde.be

(1) « L'énergie disponible pour la vie du sol a pour représentant emblématique le vers de terre. On peut calculer que l’énergie présente dans la dose BRF recommandée pour nourrir la vie du sol (100 m3/ha.an) est de 40 000 kWh, soit en fait l'énergie fixée par la photosynthèse sur 1 ha. L'énergie contenue dans 1 litre de diesel mis dans le réservoir d’une voiture est d'environ 10 kWh/l. Ainsi lorsque l’on composte du bois broyé, on perd en chaleur dégagée dans le tas de compost une énergie qui pourrait servir à faire vivre la vie du sol, cette énergie, pour 100 m3 de BRF est de 40 000 kWh, soit l'équivalent de 4000 l de diesel. »

 

[PROVENCE] Le bois raméal fragmenté pour une agriculture durable

Créé le : 12/07/2020
Photo :L.-N.S. Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, est installé dans la plaine de Mane dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Par Hélène Saveuse

Souvent décrié pour l’utilisation de pesticides et autres produits issus de la chimie visant à augmenter les rendements, le secteur agricole pourrait pourtant participer à la diminution des gaz à effet de serre. L’une des pistes envisagées : l’intégration de bois raméal fragmenté dans les terres agricoles. Une pratique bénéfique tant pour le sol que pour l’agriculteur, ou encore pour atteindre de la neutralité carbone, l’un des futurs engagements de la France lors de la COP 21. Explications.

Depuis 15 ans, l’agriculteur Gérard Daumas, installé dans les Alpes-de-Haute-Provence, intègre à la terre des jeunes rameaux grossièrement broyés pour fertiliser le sol. Une pratique inspirée de l’humus forestier qui présente l’avantage de stocker le carbone dans la terre et d’en compenser en partie les émissions issues de l’activité humaine.

Dans sa ferme du Mas de l’Aurore, Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, cultive des légumes comme des salades, mais aussi des lentilles et des pois chiches. Si à première vue rien ne distingue son exploitation de celle des autres, c’est en plantant un coup de bêche dans le sol que l’on mesure toute la différence.

Entre une à deux fois par semaine, il actionne le broyeur qui se trouve à l’arrière de sa maison. À chaque session, l’agriculteur installé en bio depuis 1987 sur la plaine de Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, broie des branches et des rameaux d’arbres qu’il répand sur les 13 hectares de son exploitation. « La technique existe depuis longtemps au Canada », explique Gérard Daumas. Elle était pourtant tombée en désuétude, malgré des résultats...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[ JOURNÉE MONDIALE DE L'ÉOLIEN ] Et si on mettait fin aux idées reçues ?

Créé le : 15/06/2020

La journée mondiale de l'éolien se tiendra le 15 juin prochain : l'occasion pour France Nature Environnement de tordre le cou aux idées reçues sur cette énergie, incontournable pour la transition énergétique. Car si les anti-éoliens se font beaucoup entendre, la réalité est bien différente.

Malgré une visibilité accrue dans des médias, les opposants au développement de l’éolien ne sont pas aussi nombreux qu’ils veulent bien le laisser croire. D’après les sondages, le soutien à l'éolien se renforce même. En 2018, 73% des Français indiquaient en avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d'un parc éolien (Harris Interactive). En 2019, ils étaient 77% selon OpinionWay : la tendance est donc plutôt à un regard positif. Pourtant, des idées reçues ont la vie dure. Tour d’horizon :

Oui, les éoliennes font du bruit. C’est pour ça que leur implantation est interdite à moins de 500 m des zones d’habitation : à cette distance, ce bruit est peu perceptible, de l’ordre de 35 dB. Selon l’échelle du bruit de BruitParif, c’est l’équivalent d’une chambre à coucher. Et les progrès techniques ne cessent de réduire ce niveau.

Oui, les éoliennes modifient les paysages. Est-ce beau, ou moche ? La dimension paysagère doit être prise très en amont, par des modélisations photographiques rigoureuses. Elle peut même être intégrée à des schémas territoriaux. Après, à chacun d’en juger. Ces énergies nous libèrent d’une production d’électricité fossile et nucléaire, dont on a souvent tendance à oublier les impacts « moches » et réels, générés ici ou dans d'autres pays par leur utilisation, leur extraction et leur transport.

Oui, il peut y avoir un impact sur la biodiversité, comme toute activité humaine. C’est pourquoi leur implantation doit être réfléchie avec l’ensemble des acteurs locaux et des citoyens, planifiée, en premier lieu, pour éviter les impacts sur la biodiversité, notamment pour les espèces patrimoniales1. Une fois construits, les parcs doivent être suivis, modifiés si des impacts sont identifiés. Il est parfaitement possible d'avoir des parcs qui par leur emplacement et leur gestion génèreront des impacts réduits.

Par ailleurs, les composants des éoliennes sont recyclables à 90% et ce recyclage sera obligatoire d’ici à 2023. La réglementation prévoit déjà une provision pour le démantèlement de chaque éolienne.

L'éolien, un pilier incontournable de la transition énergétique

La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une multiplication par 2,3 de l'éolien terrestre d'ici à 2028, objectif ambitieux de plus de 30 GW, nécessaire pour assurer la transition énergétique. Pour cause : la France est bien pourvue en vent, elle possède le premier gisement d’éolien terrestre en Europe et a déjà installé plus de 16 GW. Energie inépuisable, fiable et prévisible, mature technologiquement, dont les coûts ont baissé jusqu'en dessous de ceux du nucléaire, vertueuse du point de vue environnemental (faible empreinte carbone, recyclabilité forte), l’éolien est considéré dans tous les travaux prospectifs de référence comme l’une des principales sources d’électricité renouvelable.

L’éolien ouvre en outre la voie à une dynamisation des territoires d’implantation, tant en termes d’emplois (18 000 emplois existent déjà sur l’ensemble de la filière) que de retombées économiques locales. En pleine crise sanitaire, l’éolien a de plus montré toute sa résilience en continuant de fournir une électricité renouvelable quand d’autres moyens de production d’origine fossiles ou nucléaire étaient à l’arrêt.

Éoloscope terrestre : un outil au service du développement de projets éoliens exemplaires

Compte tenu de ses objectifs de développement et de la part significative que l’éolien devra prendre dans le futur mix électrique, l’exemplarité doit être l’objectif de tous les projets de parcs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il est indispensable que les projets intègrent rigoureusement la prise en compte de l’environnement, de la biodiversité, de l’implication et de la participation des collectivités et des citoyens, et qu’ils soient planifiés à différentes échelles territoriales. Des exemples réussis existent déjà, c'est sur eux qu'il faut s'aligner !

Pour apporter des éléments de réponse et faciliter la mise en place des meilleures pratiques, France Nature Environnement a créé en début d’année l’Eoloscope terrestre. A la fois outil de dialogue territorial, d’aide à l'évaluation à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux intégrer les enjeux environnementaux dans leurs démarches, l’Eoloscope terrestre répond de manière concrète à la question : que faire lorsqu’un projet émerge sur son territoire ?

Découvrir l’Eoloscope terrestre

En créant cet outil, France Nature Environnement entend favoriser l'implication de tous les acteurs pour un développement responsable et exemplaire de la filière, bâti sur le dialogue, ainsi qu'un processus d'amélioration continue des pratiques et des connaissances. La réussite de la transition énergétique est de la responsabilité de toutes et tous.

1 Espèces protégées, menacées, rares.

> Voir le communiqué en ligne

[ CE QUI DÉPEND DE NOUS ] Manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire

Créé le : 10/06/2020

Les militants d'Attac ont rédigé un manifeste pour encourager une relocalisation écologique et solidaire qui s'annonce urgente et nécessaire.

Présentation du manifeste par les militants d'Attac :

Le manifeste Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, constitue un bien commun à la disposition de toutes celles et ceux qui veulent empêcher le « retour à l’anormal » et construire un « monde d’après » solidaire et désirable.

  • Ce qui dépend de nous, c’est d’agir aux côtés des personnels hospitaliers, pour augmenter les salaires et les effectifs, pour préserver et étendre les organisations coopératives et horizontales du travail de soin qui ont sauvé tant de vies pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de désobéir à la gouvernance par les chiffres pour initier une refondation des services publics centrée sur le care, le soin des autres et de la nature, l’attention aux usager·es et aux élèves, à commencer par les plus fragiles.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’imposer par nos luttes un partage des richesses, un revenu garanti, un droit au logement et aux papiers pour les précaires et chômeurs victimes d’une crise sociale qui ne fait que commencer.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de poursuivre et d’amplifier les multiples réseaux de solidarité concrète que nous avons tissés pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’empêcher que repartent comme avant, soutenues par l’agent public, les activités insoutenables pour la vie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de décider, en nous réunissant sur nos lieux de travail et de vie, ce à quoi nous devons renoncer, ce que nous voulons transformer, ce que nous voulons inventer pour mieux vivre et respecter les limites de la planète.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de défendre bec et ongles nos libertés et nos droits contre d’illusoires promesses de sécurité et une surveillance électronique généralisée.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de sauvegarder les terres en installant des paysan·ne·s, de défendre la
    biodiversité en bloquant les projets de béton et d’extraction, de protéger l’eau contre les pollueurs et les traders.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de délégitimer et rejeter le pouvoir exorbitant des multinationales sur nos vies, pour que Big Oil&Gaz, Big Pharma, Big Data... laissent la place à l’économie solidaire et aux communs.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de déployer à grande échelle les expériences alternatives, inclusives et féministes, comme autant d’utopies réelles qui érodent le capitalisme.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de soumettre au principe démocratique nos mouvements et nos luttes, afin de n’y pas reproduire les dominations sociales, sexuées, racistes qui empoisonnent nos sociétés.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de construire un projet enthousiasmant de relocalisation écologique et solidaire, pour discréditer les simulacres néolibéraux, la régression nationaliste, et proclamer notre interdépendance avec les autres peuples et le vivant.

Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, aux éditions Les Liens qui Libèrent (96 pages - 10€), sortira en librairie le 24 juin.

> Plus d'infos

[ SOCIÉTÉ ] Les élus bretons appelés à agir pour une Bretagne résiliente

Créé le : 05/06/2020

Interpeller et impliquer les élus bretons pour orienter dès maintenant les aides publiques vers les enjeux climatiques, écologiques et sociaux. C’est le message de la lettre que vient d’adresser à tous les élus bretons le collectif pour une Bretagne résiliente, solidaire et vivante face aux crises.

Extrait du Télégramme, du 04 mai 2020 :

À l’origine de cette démarche commune, on trouve l’initiative de Fédération Bretagne Nature Environnement (FBNE), Réseau Bretagne Solidaire, Pacte Finance Climat Bretagne et le Réseau Cohérence, à laquelle se sont greffées plus de 200 personnalités, associations, entreprises, syndicats et citoyens1.

« Les crises s’enchevêtrent et se cumulent, il faut donc agir de manière transversale, dans un esprit de coopération des territoires », a résumé hier Carole Le Béchec, présidente du Réseau Cohérence, appelant les élus à accélérer les moteurs de transformation à l’occasion de la sortie de la crise sanitaire liée au Covid 19.

Jean Jouzel lors d'une de ses conférences. Photo : Sans transition !

Le climatologue Jean Jouzel en a profité pour rappeler l’urgence du contexte climatique à l’échelle mondiale. «2020 est une année charnière, si l’on veut avoir des chances de pouvoir respecter les objectifs de limitation du réchauffement climatique ». « Actuellement, nous émettons 54 milliards de tonnes d’équivalent CO2. Si on ne fait rien, on pourrait être confrontés à un réchauffement de 4 à 5 °C d’ici à la fin du siècle, expose-t-il. En France, pour respecter la loi climat énergie qui prévoit une réduction de 40 % de nos émissions, il faudrait ajouter 20 milliards d’euros supplémentaires chaque année d’ici à 2030. C’est précisément le montant des sommes qui sont actuellement engagées chaque semaine pour sortir de cette crise », a souligné le Prix Nobel de la paix.

1Pour une Bretagne résiliente, solidaire et vivante face aux crises, article paru sur www.sans-transition-magazine.info le 02.05.2020

[ SOCIÉTÉ ] Pour une Bretagne résiliente, solidaire et vivante face aux crises

Créé le : 02/06/2020

Cinq organisations ont réuni plus de 150 structures bretonnes, ainsi qu'une vingtaine de scientifiques et de personnalités pour appeler tous les élus bretons à agir pour leur territoire.

La Fédération Bretagne, Nature Environnement, Réseau Bretagne Solidaire, Pacte Finance Climat Bretagne, Réseau Cohérence, Bretagne Vivante ont pour objectif de "montrer que la société civile est prête et partage la vision d’une Bretagne résiliente, solidaire et vivante face aux crises".

Elles appellent à conditionnaliser les aides publiques aux enjeux d’écologie et de solidarités et à mener une véritable coopération dans les territoires .

Mercredi 3 juin, ces organisations adresseront une lettre aux élu.e.s de Bretagne, convainceus que c'est avec eux, qu'elles pourront "dessiner la Bretagne de demain, résiliente et riche des coopérations possibles dans les territoires".

La démarche sera présentée demain à 14h00 à l'occasion d'une visio conférence de presse.

[SENIORS] Médicaments : soigner sans surdose

Créé le : 19/05/2020
médocs. crédit pixabay

Par Clara Martot

En France, les personnes de plus de 65 ans avalent en moyenne sept médicaments par jour. Plusieurs études montrent que nombre d’entre eux sont superflus, ou pire, présentent des risques. Or, des alternatives permettent de ralentir la cadence. De quoi renforcer ses défenses immunitaires tout en préservant la planète.

Sept médicaments par jour (1). C’est ce que consomment, en moyenne, les séniors en France. De quoi faire la part belle à l’industrie pharmaceutique, pas spécialement connue pour ses vertus écologiques. Depuis 2018 et grâce à une étude canadienne, nous savons même que cette industrie produit plus de gaz à effet de serre que les usines automobiles (2). Pourtant, face à la surconsommation, réduire les doses est autant un enjeu écologique que de santé publique.

Et cela peut commencer par des gestes simples : « je me tiens à l’essentiel. Si j’ai un rhume, je me repose et je laisse passer » explique Jean, 77 ans. Ce retraité du tourisme s’est promis une chose : « ne jamais prendre de médicament pour le sommeil. Si on commence, on se crée des besoins. » Sans se dire écolo, Jean estime tout simplement « faire attention à l‘environnement ». Il ne prend donc que deux pilules par jour et elles sont essentielles à sa santé : des anti-coagulants.

Ordonnances à rallonge

Ce type de médicament est souvent prescrit aux personnes âgées. Tout comme les anti-diabétiques, les anti-hypertenseurs… En clair, des soins sur lesquels il est presque impossible de faire l’impasse quand on avance dans l’âge. Mais le haut du palmarès des médicaments prescrits aux séniors cache aussi des résultats plus étonnants : anti-dépresseurs, anxiolytiques, somnifères… Soit, des problèmes que l’on peut en majeure partie confier aux herboristes, naturopathes, réflexologues et autres professionnels de santé plus écolos.

D’autant que l’association de médecines douces, en plus de réduire l’empreinte carbone, pourrait sauver des vies. Selon une étude menée par deux associations en 2017, 7500 personnes âgées décèdent chaque année en France à cause d’une prise médicamenteuse (1). La solution, selon les auteurs : « réviser les ordonnances à rallonge ». Comment induire ces nouveaux comportements, chez les patients comme chez les médecins ? : « Il y a une contrainte claire, explique Serge Guérin, sociologue du vieillissement et auteur d’un livre sur les médecines alternatives (3). En vieillissant, on multiplie les soucis de santé, et souvent les médecins prescrivent sans trop laisser le choix. »

Écolo, bon pour le mental

Le chercheur se montre tout de même optimiste : « aujourd’hui les médecins prescrivent peu de médecine douce. Mais il y a 20 ans, ils ne disaient jamais aux séniors de faire de la marche, alors qu’aujourd’hui, ils le disent tous ! Il y a eu une prise de conscience. En fin de vie, on ne peut plus tout régler à base de pilules. L’objectif est d’entretenir sa forme physique. Aujourd’hui, le personnel médical prend le même chemin avec la méditation, l’hypnose et les plantes par exemple, qui sont introduites peu à peu en maisons de retraite. » L’avantage de ces méthodes écolos ? « Encourager l’autonomie et maintenir actif. »

C’est exactement le constat dressé par Françoise, professeure d’espagnol de 61 ans : « je suis l’écolo de la famille. Quand mon mari, plus âgé que moi, a eu un cancer, il a subi un traitement lourd. En complément et avec l’accord de ses médecins, je l’ai encouragé à prendre du ginseng, des oligo-éléments… Il y a peut-être un effet placebo mais ça fonctionne car face à la maladie, le moral est central. » Une manière d’allier écologie, médecine douce et ondes positives.

Plus d’infos :

https://theconversation.com/lindustrie-pharmaceutique-emet-plus-de-gaz-a-effet-de-serre-que-lindustrie-automobile-118251

https://www.60millions-mag.com/sites/default/files/asset/document/60millions-170921-polymedication_seniors.pdf

  1. « Réviser les ordonnances à rallonge chez les séniors pour limiter les risques », Open Health pour France Assos Santé et 60 Millions de consommateurs (décembre 2017)
  2. « Carbon footprint of the global pharmaceutical industry and relative impact of its major players », Lotfi Belhir & Ahmed Elmeligi, Journal of Cleaner Production (n° 214)
  1. Médecines Complémentaires et Alternatives. Pour et Contre ?, éd. Michalon (2019)

[ECOLOGIE] Sénior et écolo au quotidien, une question de volonté (publique) !

Créé le : 19/05/2020
seniors. Crédit Pixabay

Par Clara Martot

L’écologie est le problème de tous. Si les jeunes générations battent le pavé en réclamant que les dirigeants se bougent enfin pour sauver ce qu’il reste de la planète, les séniors, qui pour beaucoup ont connu la surconsommation et l’industrialisation de masse, consomment aujourd’hui globalement moins en France mais aussi de manière plus responsable. Certains font même le choix de s’installer, à plusieurs, dans les logements verts. Mais en termes d’engagement écologique, tous n’ont pas les mêmes capacités ni la même force de conviction.

C’est un fait. En France, les personnes âgées consomment moins, et mieux. Et la crise sanitaire actuelle, qui leur impose un isolement parfois douloureux, invite plus que jamais à s’interroger sur ce qui forge leurs quotidiens. Et à conclure qu’en matière d’écologie non plus, les séniors ne sont pas tous égaux.

Consommation minimale, sédentarité… En matière d’écologie, les personnes âgées apparaissent comme de bons élèves. Ces gestes sont-ils naturels ? Ou bien le signe d’une responsabilisation pour cette génération qui, de l’après-guerre aux trente glorieuses, a tant consommé ? « Avant, on ne prêtait pas autant d’attention aux papiers par terre, note Marie-Elisabeth, retraitée marseillaise de 84 ans. Aujourd’hui, ça me choque et c’est bien ! Donc je fais attention. » Des gestes écologiques que cette ancienne comptable impute surtout au vieillissement : « on change, on a moins envie de viande. Et les soucis de santé nous forcent à être responsables. Avec mon diabète, je ne peux pas acheter des plats transformés : il y a trop de sucre. »

Cette tendance est confirmée par plusieurs études. « Après le passage à la retraite, on voit moins de monde, on a donc moins besoin d’acheter de la nourriture, de s’habiller ou d’améliorer son intérieur » expliquent en 2012 des chercheurs du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) (1). Côté assiette, les retraités sont 90% à manger de saison contre 50% des milléniaux, révèle une étude de Biocoop, qui estime aussi que la démarche zéro déchet est « plus ancrée » chez nos aînés (2).

Jardin potager

Exemplaires, mais invisibles ? « En France, les personnes âgées n’ont pas forcément de conscience de groupe, contrairement aux plus jeunes », observe Mélissa Petit, sociologue spécialiste des enjeux du vieillissement. Pourtant, aux États-Unis, la lutte environnementale est portée par des féministes âgées autour de l’actrice Jane Fonda. En Belgique, des séniors ont créé une association : Grands-parents pour le climat. Pourquoi pas ici ? « Je rêve de voir émerger un collectif. La difficulté, c’est que dès qu’on parle de militantisme de personnes âgées, la société va les marginaliser. Or, l’écologie est un droit pour les séniors, voire même un devoir ! »

Et les initiatives individuelles ne manquent pas. Dans la région de Limoges, Noëlle, 86 ans, explique limiter sa consommation alimentaire par une pratique millénaire : le jardin potager. « Je pense à l’écologie. Même si avec ma petite surface, je n’arriverai pas à m’auto-suffire. » Un comportement typique selon Philippe Cardon, auteur de plusieurs études sur l’alimentation des séniors (3) : « on estime que 40% des retraités possèdent un potager. C’est énorme ! Mais c’est naturel : l’auto-consommation, c’est l’idéal des milieux populaires. On observe aussi des séniors aisés qui s’y mettent pour le loisir. Dans tous les cas, ces générations sont nées avec l’idée de consommer frais. »

Petites retraites

Question loisirs, Noëlle ne se prive pas non plus du grand air : « je fais de la randonnée avec un club. Près de chez moi, ça revient pas cher. Mais dans les grandes villes, beaucoup de personnes âgées n’ont pas les moyens de payer une adhésion annuelle ! »

Comme pour toutes les générations, l’écologie des séniors est aussi une question de porte-monnaie. « En ville, les séniors vont se tourner vers les petits commerces. Mais en périphérie et chez les ménages plus modestes, on privilégie l’hypermarché » note Philippe Cardon. Un défi donc financier, pour une population parfois tributaire de petites retraites : « je vote écolo depuis 1974, mais je renonce souvent au bio à cause des prix » regrette Philippe, 82 ans.  Ce parisien compense alors en n’utilisant « que les transports publics. Mais j’ai des bus au pied de mon immeuble. Je suis un privilégié », concède-t-il.

Une autre terre

En termes de mobilité, c’est la fracture territoriale qui détermine les comportements. Et il est souvent difficile de renoncer à la voiture. « D’une part, les retraités d’aujourd’hui ont grandi avec l’idée que la voiture, c’était la liberté, explique la psychosociologue Catherine Espinasse. D’autre part, la voiture est souvent investie comme le dernier outil permettant de rester autonome. Le deuil de l’objet-voiture ne peut s’opérer que si l’offre de transports publics est à la hauteur. »

À chacun ses moyens donc, mais Philippe est certain d’une chose : « ma génération est très consciente de l’écologie. Nous avons vu la détérioration des rivières, l’urbanisation sur les côtes… Nous avons connu une autre terre. » Ou la nostalgie sous forme de prise de conscience.

 

 Baby-boomers et surconsommation

En termes d’écologie, chaque génération s’illustre à sa manière. Pour le sociologue Philippe Cardon, il est crucial de différencier deux groupes. « Les personnes qui ont 85 ans aujourd’hui ne vont pas définir l’écologie. Elles ne vont pas changer leur comportement, que celui-ci soit bon ou mauvais. Mais globalement, elles ont toujours consommé responsable. En revanche, l’enjeu est différent pour les retraités baby-boomers. Ils ont grandi dans la surconsommation. »

La bonne nouvelle ? À l’aise avec les codes du marché, les jeunes séniors sont plus enclins à faire évoluer leurs comportements. Comme Isabelle, enseignante à la retraite de 72 ans : « avant, je trouvais que le bio, c’était de la surenchère donc j’allais au Leclerc et c’était réglé. Mais il y a quelques années, ma fille m’a offert un livre sur l’industrie agro-alimentaire. Ma conscience écologique est née. Depuis, j’ai basculé vers Biocoop ! »

Plus d’infos :

https://gpclimat.be/

  1. « Comment consomment les séniors ? » Crédoc n°296 (décembre 2012)
  1. Une étude quantitative sur les habitudes Zéro Déchet des Français, réalisée par Opinion Way pour Biocoop (octobre 2019)
  1. Regard sociologique sur les pratiques alimentaires des personnes âgées vivant à domicile, Philippe Cardon, Gérontologie et société (n° 134)

Pages

Partager

S'abonner à écologie