écologie

[ MAKE FRANCE IMAGINATIVE AGAIN ! ] Le film de la tournée française de Rob Hopkins

Créé le : 05/09/2019

La transition est un formidable vecteur de progrès et de solidarité. Preuve fut faite en avril 2019, lors de la venue en France de Rob Hopkins. Cet événement fut organisé par l’association Souleù / la Vallée du Gapeau en transition, le magazine Sans transition ! et Actes Sud, qui ont souhaité avec ce film présenté aujourd’hui, retracer cette aventure humaine. « Make France imaginative again ! ».

Nous vivons indubitablement dans une époque charnière où les enjeux tant climatiques que sociaux sont considérables. Les études sur le climat, l’action des mouvements de la jeunesse et de désobéissance civile éveillent toujours plus de consciences dans le monde.
L’association La Vallée du Gapeau en transition, ainsi que la revue Sans transition !, tous deux des acteurs engagés, ont souhaité donner un écho à ces préoccupations. Quoi de plus engageant qu’une rencontre avec Rob Hopkins ? L’idée d’organiser un  tour de France de la transition semblait être la meilleure réponse à apporter, afin de proposer des alternatives sur les territoires.
L’initiateur du mouvement mondial des villes en transition a donc répondu à notre invitation. Du 14 au 19 avril 2019, dans plusieurs régions françaises, plus de 4 000 personnes sont venues l’écouter et dialoguer avec lui.
Parce que ce tour de France de la transition n’est que l’amorce d’une volonté commune d’œuvrer sans cesse en faveur des transitions, nous avons souhaité le matérialiser sous la forme d’un documentaire. Un film qui retrace cette semaine fantastique, qui témoigne du formidable engouement qu’a suscité cet événement et qui met à l’honneur tous les acteurs engagés sans qui ce projet n’aurait pas pu voir le jour (collectifs, associations, bénévoles, partenaires financiers). Et si les rênes de notre avenir n’appartenaient qu’à notre seule imagination collective ?

Visionnez le film :

Rob Hopkins reviendra en France le 28 septembre à Hanvec (29), à l’occasion de la grande conférence sur l’environnement organisée par le Conseil départemental du Finistère, ainsi qu’en début 2020 pour une nouvelle tournée exceptionnelle ! Plus d’infos à venir.

> Consulter le communiqué de presse :

 

[ LA SÉLECTION DES LIBRAIRES ] L'Humanité en péril, Fred Vargas

Créé le : 23/08/2019

Mais quelle mouche les a piqués ? Interloqués ou révoltés, pragmatiques ou rêveurs, lanceurs d’alerte, poètes ou romanciers, des auteurs, sélectionnés par des libraires qui diffusent Sans transition !, manient la plume et l’encre pour dire leurs convictions en termes d’écologie et d’humanisme. Des mots forts, percutants, qui tantôt interpellent, tantôt bousculent ou touchent, mais qui, jamais, ne laissent indifférents. Dans son dernier numéro, Sans Transition ! vous donne à lire ces extraits, en vous souhaitant un bel été.

L'Humanité en péril, virons de bord, toute !

Fred Vargas

Le mot du libraire

Un livre "coup de poing" sur l’avenir de la Terre et le vivant. Des thèmes aussi divers que la voiture, électrique ou non, la surexploitation des ressources naturelles, la déforestation en pas- sant par l’éolien sont abordés. Fred Vargas donne également des pistes pour améliorer la situation de notre planète. Un ouvrage rageur qui interpelle les consciences !

 
" Mais, hormis notre voix dans l’urne, nous aussi, comme je n’ai eu de cesse de le répéter, nous avons beaucoup à faire et sommes capables de peser lourdement sur l’indispensable chemin à venir. Et je commence par le secteur essentiel, on l’a vu, de l’élevage et de l’agriculture associée, qui ont atteint des proportions démesurées et destructrices. Pour rappel rapide, le couple élevage-agriculture génère 37 % du méthane, 65 % du protoxyde d’azote et 9 % du CO 2 du total des émissions de l’humanité, plus des gaz fluorés utilisés pour la chaîne du froid. Il est aussi le plus grand poste de la consommation de l’eau dans le monde (70 %), et la première cause de pollution de l’eau. Il est également responsable de la déforestation, de l’épuisement des sols, de celui du phosphore, et des pluies acides. Un bilan énorme et catastrophique, sur lequel nous pouvons agir vite et directement : en réduisant notre consommation de viande, de 90 % pour les pays développés en particulier, en bannissant la charcuterie nitritée cancérogène, en refusant les bio carburants.
Je l’ai déjà écrit: moi non plus cela ne m’amuse pas de me priver de viande ! Mais ce faisant – et nous devons le faire -, nous ferons basculer tout le système agroalimentaire du monde, nous réduirons ainsi de manière déterminante l’empreinte des gaz à ef fet de serre, l’épuisement de l’eau, la déforestation, la pollution des eaux, la destruction des sols, nous éviterons la fin du phosphore, nous mettrons fin aux pluies acides et nous rendrons aux populations les sols dont elles ont besoin pour se nourrir ou les reforester. Pensez, pour accroître votre courage dont je ne doute pas, aux conséquences très graves pour la santé de cette surconsommation folle de viande et de viande transformée (la charcuterie), de laitages et de fromages. Mais ne remplaçons pas inconsidérément la viande par trop de poisson (beaucoup sont menacés de disparition), chargé de métaux lourds, efforçons-nous de suivre les consommations hebdomadaires ou mensuelles que j’ai données au cours de ce petit texte."
 
L'Humanité en péril, virons de bord, toute !
Fred vargas
Ed. Flammarion
15 euros

SEVERN CULLIS-SUZUKI - "Au nom des générations futures"

Créé le : 14/03/2019
David Suzuki Foundation

A l'occasion de la mobilisation sans précédent menée depuis plusieurs semaines par les étudiants du monde entier contre l'inaction climatique des décideurs politiques et à l'aube des grandes manifestations climat des 15 et 16 mars prochains dans toute la France, nous avons choisi de republier une interview de Severn Cullis-Suzuki, parue en mai 2016 dans le dernier hors-série de Bretagne Durable. Cette canadienne prit la parole à l'âge de 12 ans, comme Greta Thunberg, mais lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, afin d'alerter les politiques sur l'état de la planète. Un combat qui n'a pas pris une ride, trente ans plus tard... Inaction vous avez dit ?

« Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés partout dans le monde et dont les cris ne sont plus entendus. J’ai peur de m’exposer au soleil à cause du trou dans la couche d’ozone. J’ai peur de respirer l’air car je ne sais pas quelles substances chimiques il contient... »

Ces paroles ont été prononcées lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par Severn Cullis-Suzuki, alors âgée de 12 ans et dotée d’un aplomb hors du commun. A 37 ans, cette canadienne poursuit son combat, en donnant des conférences et en sensibilisant le plus grand nombre grâce à sa visibilité dans les médias.

Severn, on a particulièrement entendu parler de vous en france à travers le film éponyme de Jean-paul Jaud, « severn, la voix de nos enfants » sorti en 2010. vous êtes connue pour votre engagement. Quelle est votre action principale aujourd’hui ?

Mon rôle le plus important est celui de mère. J’ai 2 petits garçons ; et non seulement cela m’a appris des choses sur moi-même, mais cela m’a également fait penser aux changements que nous affrontons chaque jour. Aux changements que nous demandons aux gens de faire et à quel point il est difficile de les mettre en oeuvre. Je dirais même que c’est presque impossible. Soyons franc. Qui prend les décisions sur la tenue d’une maison, sur les concessions quotidiennes que les humains font ? Ce sont les femmes, les mères. Or ces mêmes femmes, déjà tellement occupées et qui ont tellement de responsabilités à qui on demande de faire des efforts colossaux pour préserver la planète. C’est injuste. Je réfléchis à cette question fondamentale en lien avec le fait que les individus ont besoin d’aide, d’infrastructures, de changement systémique pour répondre favorablement aux enjeux environnementaux.

En tant que femme, mère, épouse tout en étant engagée pour défendre l’écologie, peut-on dire que vous êtes une « chercheuse d’équilibre » ?

Il est certain que je suis constamment en train de chercher un équilibre. Et pour le garder , je passe beaucoup de temps dans la nature. Mais dans le même temps, je ne pense pas que l’équilibre soit véritablement quelque chose qu’il est possible d’atteindre. Je fais partie de la génération des femmes du XXIe siècle. Ma génération suit celle des années 60 qui s’est battue pour l’égalité et les droits des femmes. Aujourd’hui, on attend de nous de tout faire, tout réussir. Or il y a moins de femmes dans la politique qu’il y a quelques temps. Pourtant le rôle des femmes dans ce champ maintient la société dans un certain équilibre. Je m’interroge.

Qu’est-ce qui a changé depuis vingt ans, depuis votre première prise de parole publique ?

Nous avons toujours une seule planète pour 7 milliards d’habitants. Et nous n’avons plus les capacités de continuer de la même manière. Nous sommes dans une nouvelle ère, dans laquelle nous devons nous inscrire dans une montée en puissance en matière de développement durable. Notre ingéniosité ne peut plus être une simple option. Encore faut-il que les décideurs aient la connaissance et la capacité d’avancer et d’intégrer une vision des ressources à long terme. Car nous continuons de traiter le climat par exemple avec une approche politique et une pensée linéaire, ce n’est pas suffisant. Aujourd’hui, nous sommes dans une crise de culture et nous devons être capables d’identifier les liens entre les crises énergétiques, économiques et environnementales. Nous vivons un moment historique.

 

Redécouvrez son discours de 1992 à Rio de Janeiro :

[VIDEOS] - André Bucher : « Mon roman parle d'un combat pour la sauvegarde d'un lieu »

Créé le : 16/10/2018
André Bucher présente son nouveau roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste) - DR

Il se présente comme un écrivain-paysan. Nous avons rencontré André Bucher, durant la dernière foire bio de Montfroc (26), les 6 et 7 octobre derniers. Dans une série de trois interviews vidéos, l'homme de la vallée du Jabron nous a parlé de son dernier roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste). Roman dans lequel l'évocation du projet de méga-centrale à bois de Gardanne (13) et ses potentiels impacts dévastateurs sur la forêt ne serait que fortuite...

Retrouvez-ci dessous la chronique d'Un court instant de grâce parue dans le dernier numéro de sans Transition !


A lire : BOIS ET ENERGIE : VERS UNE GESTION RESPONSABLE DES RESSOURCES FORESTIÈRES ?


 

       

 

 

 


Chronique - LA BATAILLE DU BOIS
 
Émilie vit sur les pentes de la montagne de Palle. Depuis la mort de son compagnon, elle cultive seule ses terres, avec force et détermination. Son existence est bousculée par un projet de centrale à biomasse qui menace la forêt. Mais aussi par Victor, ami (amour ?) d’enfance, qui revient vers elle, sans crier gare... Avec ce neuvième roman, André Bucher fait référence à la controversée centrale électrique de Gardanne, dans les Bouchesdu- Rhône (lire Sans Transition ! N° 5). Loin des images d’Épinal, l’auteur décrit, avec réalisme et sensibilité, le combat, les joies et les peines de celles et ceux qui vivent au quotidien une certaine ruralité. De la résistance à la complaisance, il donne à voir le petit théâtre de la vie d’une vallée, confrontée aux impacts de ce que d’aucuns qualifient de « grand projet inutile ». Le tout sous le regard d’une nature imposante, qui semble n’en penser pas moins...
 
Un court instant de Grâce, André Bucher, Le Mot et le reste, septembre 2018, 208 pages, 19 euros

[CONFERENCE] - Les effets sur notre santé des pesticides et des Perturbateurs endocriniens – François Veillerette (Générations Futures)

Créé le : 10/10/2018
François Veillerette, directeur de Générations Futures - Crédit : Générations Futures

François Veillerette, Directeur de l'association Générations Futures, donnera une conférence exceptionnelle sur le thème « Pesticides, Perturbateurs endocriniens, quels effets sur notre santé ? » , jeudi 11 octobre à 19 heures à la Maison de l’Environnement de Lyon, 14 avenue Tony Garnier, Lyon 7ième. Un événement auquel Sans Transition ! Auvergne-Rhône-Alpes est partenaire. 

Comment nous protéger ?

François Veillerette décrira les graves effets nocifs de ces produits dangereux et surtout nous donnera des clefs pour nous protéger et protéger nos enfants. Il est est une voix forte en Europe sur le sujet et auteur de nombreux ouvrages, notamment Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, coécrit avec Marine Jobert aux éditions Buchet – Chastel (2015). Plus récemment, il a écrit avec Fabrice Nicolino le manifeste Nous voulons des coquelicots, (Les Liens qui Libèrent, 2018) en lien avec la pétition du même nom demandant l'interdiction des pesticides de synthèse.

A lire : notre enquête, Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ? 

Entrée libre.

Plus d'infos : www.facebook.com/events/179310989615389/

Edgar Morin : « Tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique doit être mis en œuvre »

Créé le : 09/10/2018

Propos recueillis par François Delotte

Cinquante ans après Mai 68, le philosophe Edgar Morin voit une filiation indirecte entre ce mouvement et les actions des collectifs citoyens comme Alternatiba, les Jours heureux ou encore les Faucheurs de chaises. Du haut de ses 97 ans, il demeure un observateur averti de la vie politique. Cet ancien résistant, témoin du Front populaire, reste habité par la lutte pour les progrès sociaux et écologiques. Rencontre.

Vous avec été témoin ou acteur de plusieurs mouvements de lutte pour le progrès : 1936, la Résistance et 1968. Cette dernière étape était-elle dans la continuité des deux premières, ou était-ce une rupture ?

Je pense qu’il y a des éléments communs. Dans la Résistance, nous étions beaucoup de jeunes. Je faisais partie de la génération qui avait entre 20 et 23 ans, à l’époque. Et nos responsables avaient entre 28 et 30 ans. Il y avait des gens plus âgés, bien sûr. Mais une partie de la jeunesse — notamment la jeunesse maquisarde qui n’était pas partie en Allemagne — a joué un rôle important dans ce mouvement.

Concernant 1936, nous avions senti une aspiration profonde à une autre vie, qui s’est manifestée par ce « juin 1936 » de grèves, avec les gens qui se parlaient entre eux... Un peu comme la première semaine de Mai 68.  Avec un climat euphorique, qui dans un second temps a été condamné et réprimé.

J’appelle ces moments des « extases de l’Histoire ». Des moments qui ne peuvent pas durer longtemps, mais qui sont des épanouissements de poésie, de vie, de communion, de fraternité, de générosité.... Je pense que dans les périodes désertiques de la vie apparaissent souvent ces moments magnifiques. Il faut essayer d’en garder le souvenir et les renouveler.

Comme vous l’écriviez à l’époque, 1968 était une brèche dans laquelle les volontés d’émancipation se sont engouffrées. Mais celle-ci n’est-elle pas en train de se refermer, avec le retour d’un certain conservatisme ?

Beaucoup de gens croyaient que c’était un début de révolution — comme les maoïstes et les trotskystes — ou bien sa répétition générale. Moi, je voyais que c’était beaucoup plus un message qui allait s’enraciner dans l’Histoire et donner des produits divers. C’est ce que j’ai voulu dire en utilisant le mot de « brèche ». Dans l’immédiat, des soixante-huitards ont quitté le travail salarié pour aller élever des chèvres ou des moutons dans le Larzac ou ailleurs. D’autres sont allés travailler en usine pour partager le sort des ouvriers.

Dans un second temps, je crois que ce mouvement a contribué au déclin du Parti communiste et du Parti socialiste. Dès les années 1977, le message des dissidents soviétiques est arrivé, on a vu que le maoïsme était devenu grotesque, que le Vietnam n’était pas seulement émancipateur... Et c’est vrai que beaucoup de soixante-huitards, ceux qui avaient l’espérance d’un autre monde, d’une autre société, ont été rapidement déçus. Une bonne partie d’entre eux s’est adaptée ou résignée. C’est pourquoi, parmi les critiques de Mai 68, on entend dire que ce mouvement a contribué à la société de consommation. Mais il y a contribué par la déception provoquée par le retour de l’ordre ancien.

Cela dit, il existe aujourd’hui une floraison d’associations à caractère d’entraide, de solidarité, promouvant l’agroécologie ou le renouvellement de l’école... C’est le cas d’Alternatiba ou encore des Jours Heureux. Et, comme pour Mai 68, il y a deux branches dans cet ensemble : celle qui prépare concrètement dans des oasis de vie la nouvelle civilisation et la branche violente qui, en général, joue un rôle négatif, car elle empêche la branche pacifique de se développer. Il y a là un héritage indirect de Mai 68, mais renouvelé, régénéré d’une autre façon.


Voir aussi : Alternatiba : « Nettoyer la Société Générale de ses investissements sales »


Aujourd’hui, on peut avoir l’impression que la jeunesse est peu animée par un sentiment fraternel, que la majorité des jeunes luttent plutôt individuellement pour s’insérer dans la société et le marché de l’emploi. Les conditions ne sont-elles pas pourtant réunies pour inciter les jeunes à un engagement massif ?

Jusqu’aux grandes grèves de 1995, il existait un courant uni de rébellion massive de la jeunesse. On voit qu’aujourd’hui, une partie de cette jeunesse, non seulement se détourne des mouvements de solidarité, par exemple à l’égard des migrants, mais peut même se tourner vers les idées régressives du repli national, en manifestant contre le mariage pour tous ou en rejoignant le Rassemblement National... Pourquoi ? Parce que nous avons un dépérissement du peuple de gauche et de la culture de gauche.

Au début du XXe siècle, les instituteurs apportaient dans les campagnes et les villes les idées du progrès. Les partis politiques étaient des pépinières dans lesquelles on se formait une conscience internationaliste, dans un mouvement de solidarité avec les travailleurs au niveau mondial. Pendant longtemps, le Parti communiste, en dépit de son stalinisme, formait à cet humanisme marxiste. Aujourd’hui, le PC est mort, le PS est mort, les gens de ma génération sont morts. Il faut essayer de repenser, de retravailler la gauche, et c’est cela le plus difficile. Lorsque je fais des conférences sur la refondation politique, il n’y a aucun homme ou femme politique présents. Aucun politique ne s’intéresse à ces choses-là. C’est un changement de structures économiques, sociales, mentales qu’il faut mettre en place. Le paradoxe, c’est que le gouvernement actuel ne jure que par le changement, mais ne change que ce qu’il faut pour ne rien changer.

Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’enjeux : dérèglement climatique, accroissement des inégalités, chômage... Comment mobiliser les gens, les amener à fraterniser et à agir ensemble ?

C’est un problème pour lequel il n’existe pas de recette magique. Cela nécessite des prises de conscience, une propagation des idées. Mais, désormais, le gros de la presse est entre les mains de puissances économiques. Il y a beaucoup de résignation et d’apathie. Ces mouvements de solidarité que nous évoquions précédemment devraient s’associer et commencer à élaborer une pensée qui au début serait une pensée suprapolitique : avant de penser aux élections, il faut penser à être une force qui représente une voie. Il est nécessaire de prêcher, mais l’on prêche souvent dans le désert. Nous ne sommes malheureusement pas maîtres du temps. Et le temps travaille plus pour les forces régressives que pour les nôtres. Notamment parce que le système politique actuel consiste à réduire la politique à l’économie. C’est la croissance, c’est le PIB ! Gardons à l’esprit que les époques régressives existent. J’en ai vécu. Nous devons entretenir les îlots de résistance.


Voire la vidéo : Jean Jouzel : « Nous avons deux ans pour agir »


Est-ce que, justement, l’essor de ces mouvements citoyens autour de l’écologie, des questions fiscales ou des alternatives, est une façon de rouvrir la brèche ?

A mon avis, le sujet n’est pas seulement d’ouvrir une brèche, mais aussi d’inaugurer les prémices d’une nouvelle société. Nous en sommes à un point très préliminaire. Mais nous devons construire une pensée directrice, ce qui est un travail de longue haleine.

Vous avez vous-même pu prendre part à ce type de mouvement, en « fauchant » une chaise, en 2015, dans une banque de Bayonne, pour protester contre l’évasion fiscale...

Il me semblait que l’évasion fiscale devait être combattue, car c’est une perte de moyens considérable pour l’ensemble des citoyens. À mon sens, tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique qui domine partout, qui court dans les ministères, qui influence le gouvernement et qui empêche beaucoup de prises de conscience, doit être mis en œuvre.

Justement, que vous inspire la démission de Nicolas Hulot, qui illustre une sorte d’impasse face aux lobbies ? La politique au sens « classique » du terme est-elle devenue incapable de relever les grands défis de notre époque ?

Je pense que Nicolas Hulot s’est trouvé à vivre une contradiction, en se disant « peut-être que si je reste je peux faire quelques petits pas en avant. Et si je pars, j’abandonne ». Finalement, il a eu une révélation résumée par cette phrase : « J’en ai assez de me mentir à moi-même. » C’est ça qui est le plus important. Car il s’entretenait dans l’illusion de pouvoir changer les choses. Notamment par l’intermédiaire de la position de camaraderie dans laquelle l’entretenaient le Premier ministre et le Président. Maintenant, il peut devenir le porte-parole de la nouvelle voie politique écologiste qu’il connaît très bien. Il sait que les grands changements ne peuvent pas se faire dans le cadre actuel. Pas seulement dans le cadre national, mais dans le cadre mondial. Il sait très bien que cela nécessite une révolution des esprits et une transformation des mentalités. Même si cela est difficile, je pense qu’il doit assumer une nouvelle responsabilité de porte-voix qui s’offre à lui.

Permaculture : un retour à la nature ?

Créé le : 25/09/2018
Un espace de permaculture © Quentin Caffier

Par Cyprien Caddeo

Ne jouissant pas encore d’une reconnaissance universitaire et institutionnelle en France, les méthodes de permaculture se transmettent à l’occasion de cours certifiés de permaculture. Des stages aux faux airs de colonies de vacances, qui mettent l’accent sur l’écologie et plus largement sur le lien social et le collectif. Reportage à La Gaude, dans les hauteurs de Nice, aux côtés de l’association Permacultive.

C’est à la Seguinière, dans un domaine dévoré par la végétation sauvage, que se tenait, du 19 août au 2 septembre, un cours certifié de permaculture (CCP), sous la forme d’un stage de deux semaines. Le matin, avant le début des cours à 9 heures, le groupe se rassemble et forme un cercle. Tout le monde se tient par l’épaule. Une musique de méditation s’élève, mais l’esprit zen est rapidement contrecarré par des rires et des petites blagues. On se félicite brièvement de la démission de Nicolas Hulot, qui vient d’avoir lieu en direct à la radio. L’heure est à la convivialité, les chakras attendront. Certains prennent la parole, remercient le groupe pour « cette super belle énergie, ce sentiment d’unité ».

À la pause de midi, le groupe se rassemble pour déjeuner. Au menu : lentilles, quinoa, briques au fromage de chèvre, mousse au chocolat. ...

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Lyon : des classes vertes dès la maternelle

Créé le : 04/06/2018
L'Atelier des saisons organise des ateliers de jardinage et de cuisine dans des écoles lyonnaises - Crédit : L'Atelier des saisons

L’Atelier des saisons propose des cours de jardinage et de cuisine dans les écoles maternelles et primaires du bassin lyonnais. Une initiative qui permet de replacer la nature au cœur de l’apprentissage : retour sur une année scolaire très écolo !

 

Juin, bientôt les vacances, les écoles vont fermer leurs portes. À Lyon, les enfants d’une quinzaine d’écoles de la métropole s’apprêtent à poser leurs arrosoirs et à dire au revoir à leurs potagers. Depuis octobre, ils apprennent ce que beaucoup d’entre nous oublient : travailler la terre, planter, patienter, récolter, préparer et déguster les fruits de la terre. C’est ce cycle immuable de la nature que l'entreprise L’Atelier des saisons enseigne depuis un an, de la maternelle au CM2, entre jardinage et cours de cuisine.

6000 enfants des écoles partenaires de l'opération ont semé des milliers de graines, cultivé 10 000 plantes, mais aussi confectionné des rouleaux de printemps ou des soupes aux orties. Certains ont même eu la chance de faire du pain et de presser du jus de pomme.

Transmettre le goût de la nature

Et si protéger l‘environnement passait d’abord par la connaissance de la nature et de ce qu'elle peut nous offrir ? C’est le pari de Paul-Yvan de Saint Léger, fondateur des ateliers. « Je suis parti d’un constat simple : aujourd’hui, tout le monde a conscience qu’il faut prendre soin de la planète, mais les écoles n’ont jamais été autant bétonnées et les enfants aussi coupés de la nature ! » Pour l’ancien banquier, qui a radicalement changé de vie il y a deux ans, apprendre à jardiner et à cuisiner devraient être des enseignements incontournables. Après onze années passées dans la finance, il décide d’entreprendre un CAP cuisine et de se faire la main auprès de maraîchers du bassin lyonnais.

Épaulé par un architecte paysagiste et un étudiant en génie végétal, Paul-Yvan de Saint Léger intervient dans les classes pour sensibiliser les enfants aux phénomènes de la pollinisation, de la germination… « Au début, ils peinaient à citer trois plantes, désormais ils en connaissent une vingtaine, voire une trentaine », se félicite-t-il avant d’ajouter : « Nous avons surtout semé des souvenirs très positifs liés à la nature ! »

L’année prochaine, l’aventure continue. En plus des activités habituelles, de nouvelles idées voient le jour : lutte contre le gaspillage alimentaire ou, éventuellement, un système d’aquaponie pour réussir à cultiver des légumes en symbiose avec un élevage de poissons. De grands défis pour les plus jeunes ! 

Plus d'infos :

www.latelierdessaisons.fr

[LIVRE] - Dix ans de tourisme durable

Créé le : 24/05/2018

Voyageons-Autrement.com, premier portail d’information sur le voyage responsable et durable, sort un livre pour fêter et compiler ses dix années d’activité.

Quatre cents pages. C’est le cadeau que s’est offert le site Voyageons-Autrement.com pour matérialiser une décennie de travail passée à informer et fédérer les internautes autour du voyage responsable et durable.

« Nous avons commencé par lancer Consom-acteur.com, un portail de commerce équitable qui permettait d’acheter moins cher et solidaire », explique le fondateur Romain Vallon. « On traitait de biens de consommation classiques mais pas de voyages. Or, je ressentais le besoin d’entrer en dynamique avec les gens qui sont en mouvement. » Ainsi Romain lance Voyageons-Autrement.com en 2008, en parallèle de son métier d’ostéopathe. « C’est aussi un désir d’équilibrer mes activités, motivé par un mélange de philosophie et de militantisme. »


Boîte à outils

Porté par une équipe technique et éditoriale – « un véritable collectif, même si le statut reste une SARL » –, Voyageons-Autrement.com s’est imposé comme l’agrégateur de contenus de référence autour du voyage responsable et durable. Le site fait le lien entre tous les acteurs du milieu : professionnels, grand public, associations, bloggueurs, journalistes…

Aujourd’hui, la plateforme compte plus de 4 000 articles. L’ouvrage intitulé « 10 ans de voyages autrement – le guide » rassemble les meilleurs contenus (travail d’enquête, de terrain, interviews, rencontres, chroniques, etc.) dans l’optique de retracer l’évolution du tourisme durable sur dix ans.

« Lorsqu’on me demande quelle est la définition du tourisme durable, plutôt que de donner une définition technique, je botte en touche. Les thématiques sont tellement transversales ! La preuve : au départ, le livre devait faire cent vingt pages. Il en fait finalement quatre cents ! » De quoi vous faire votre propre idée sur le sujet. Et vous inviter au voyage... Autrement !

Plus d'infos

www.voyageons-autrement.com/leguide/


 

Vandana Shiva à Marseille : du théâtre au jardin

Créé le : 16/03/2018
JD / LMDP

Par Eric Dehorter

Vandana Shiva était à Marseille, pour une conférence exceptionnelle organisée par Sant Transition !, au théâtre Toursky, le 21 février dernier. Le lendemain matin, elle se rendait dans des jardins collectifs des Quartiers Nord en compagnie de l'équipe de tournage de PrioriTerre, programme diffusé sur France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Récit par Eric Dehorter, journaliste de l'émission...

 

A Suzanne

 

Elle est là souriante, dans le salon de l'hôtel, à 8h30 du matin, enveloppée dans un grand duffle-coat bleu marine, qui recouvre son sari. Vandana aurait certainement préféré rester au lit à ne rien faire, c'est son activité préférée quand elle ne parcours pas le monde pour porter le message de l'agriculture paysanne qui doit se débarrasser de l'agrochimie. Mais son agenda lui laisse rarement ce loisir.

Hier elle a été acclamée au Théâtre Toursky dans une salle enthousiaste mais elle est presque rentrée à minuit. Et ce matin, elle sera accompagnée par une équipe de tournage de télévision pour le magazine PrioriTerre de France 3.

En plus, c'est probablement un des jours les plus froids de l'année à Marseille avec un vent qui ne donne absolument pas l'envie de faire des visites.

Mais elle attend avec bienveillance de rencontrer ces marseillais qui animent des jardins collectifs et partagés dans les quartiers nord de Marseille avant de repartir pour une autre conférence, à Montpellier cette fois.

Première rencontre avec Lucile et le collectif Chiendent, un jardin situé dans le quartier des Borels au domaine de l'Annonciade. A l’origine c’est Ambroise, fils de la propriétaire des lieux qui doit accueillir Vandana. Il a prévenu sa maman toute heureuse de la venue de Vandana à l’Annonciade. Suzanne est hospitalisée et doit revenir l’après-midi même finir ses jours dans la maison.

Comme si la visite de Vandana était déjà un hommage, on prévient Ambroise que Suzanne a choisi ce moment pour partir. Emotion dans le groupe, il doit partir pour l’hôpital, il reviendra plus tard. Lucile prend la relève

Au départ c'est Suzanne, la propriétaire des lieux où s’est montée autour d’elle une coopérative d'habitants, qui a accepté d'ouvrir son jardin aux habitants sans terre en mal de jardinage, à côté d'un morceau réservé aux résidents (même si ça se mélange parfois avec bonheur). On s'inspire des techniques de la permaculture, de l'agroécologie et même de l'agroforesterie puis qu'il y a un petit bois en devenir de forêt nourricière dans le terrain.

Vandana Shiva découvre des choux kale qui poussent en plein Marseille - JD / LMDP

Des graines 'Vandana Shiva » dans les Quartiers Nord

Les amandiers sont en fleurs, Vandana en profite pour évoquer l'amande de Californie qui domine le marché avec les trois quart de la production mondiale, au prix d'une industrialisation qui consomme 10% de l'eau de la Californie, importe des tas de ruches au moment de la pollinisation, pour un produit aux piètres qualités gustatives et nutritives. N'achetez pas d'amandes de Californie, vivent les bonnes amandes !

Elle découvre la blette rouge: "quelle merveille de dessin et de conception cette feuille !" Déguste une feuille de chou Kale de Florence: vous savez il y a deux choses qui ont conquises le monde ces derniers temps grâce à leur qualités nutritives: Le chou Kale et le curcuma d'Inde pour ses propriétés notamment anticancéreuses.

Le collectif Chiendent lui explique qu'ils travaillent sur les semences paysannes et regardent ce qui est le mieux adapté au terroir. Ils viennent deux fois par mois et utilisent la plupart du temps les légumes produits sur place pour des repas festifs de solidarité ou de soutien à des causes qui leur tient à coeur.

Par exemple, ils soutiennent le collectif migrants 13 "Al manba" (la source-sous entendu des solutions-en soudanais), ou l'association "Graines et Cinéma" qui apporte des graines paysannes dans des territoires en conflit du moyen orient comme la Syrie et reviennent ensuite avec des images de la vie là bas.

C'est ce qui explique que certains végétaux sont laissés monter en graine dans le jardin. On trouve d'ailleurs dans la réserve, des graines étiquetées "Vandana Shiva". Ce sont des graines sélectionnées au départ par l'association de Vandana, qui ont transitées par le collectif Longo Mai et qui se retrouve à l'Annonciade. Vandana retrouve ainsi au coeur des quartiers nord de Marseille un sachet de graines avec son nom dessus !

"Au fait, vous connaissez l'histoire du nom de mon association? Navdania, les neuf graines ?

Un jour j'étais dans une zone très reculée du Kerala en Inde et je découvre un champ avec neuf cultures! Neuf cultures, mais c'est génial, c'est comme ça que l'on doit provoquer des synergies entre les plantes pour renforcer leur système immunitaire et entre autre se passer des pesticides ! C'est super! "

Sur le côté, un paysan regarde intrigué son enthousiasme et utilise un nom de sa langue locale: "Evidemment! Navdania, les neufs graines: il y a neuf planètes dans notre système, alors je plante neuf cultures dans mon champ, ainsi je me préoccupe aussi bien du cosmos que de la diversité alimentaire nécessaire à la bonne nutrition de mon corps ! Navdania, neuf récoltes !

 

Devant cette démonstration pleine de bon sens et d'universalité, j'ai décidé d'appeler mon mouvement Navdania ! "

Vandana Shiva émerveillé par la beauté d'une feuille de blette rouge - JD / LMDP

Apprendre à « faire pousser de la nourriture »

Mais il est déjà l'heure de passer au jardin suivant, le jardin des Aures. Ici c'est Nidal qui lui explique que le site appartient à la paroisse protestante. On y accueille à la fois des cours de français pour étrangers, du soutien informatique ou des distributions des Restos du Coeur. On y trouve également une école à pédagogie alternative, « Bricabracs », type Freinet/ Korczak/ Freire/ Ecole du 3e type, et accessible à toutes les familles avec des cotisations très faibles. L'équilibre financier est difficile à atteindre et l'école, qui se présente plutôt comme un lieu d’espaces éducatifs, est toujours en recherche de soutiens financiers, les chiendents ont déjà prévu un repas de soutien pour la cause.

Justement les enfants sont comme chaque semaine en train de jardiner, de même que d'autres habitants du quartier qui ont eu vent de la visite de Vandana!

Les enfants sont en train d'établir une "lasagne", avec Lilian le jardinier, une technique de culture multicouches empruntée à la permaculture, alternant bois, compost, déchets végétaux frais et déchets de cuisine dans laquelle les plantes seront installées pour que les racines soient à l’aise avec beaucoup de matière organique.

" Vous savez, leur dit Vandana, ce que vous apprenez là, c'est probablement le cours le plus important, savoir faire pousser sa nourriture. Mais il ne faut pas simplement l'apprendre, plus tard il faudra le faire ! " On lui montre un poulailler. Au bout d'un moment Vandana interpelle Nidal.

" Vous savez, vous devriez faire une banque de graines ici, vous êtes bien installés pour ça. Partout il faut sélectionner les graines paysannes qui s'adaptent le mieux au terroir. Ça prend du temps mais au final on a des plantes qui ont beaucoup plus de qualité nutritives que les hybrides produites par les semenciers et qu'on ne peut pas reproduire.

Ici vous pouvez produire vos propres graines et les conserver, je vous mettrai en relation avec mes correspondants européens si vous voulez. Vous savez que nous faisons des formations pour apprendre aux gens à cultiver, conserver, sélectionner les meilleures semences paysannes pour leur terroir. C'est absolument le travail qu'il faut faire.

Les industriels veulent faire croire qu'ils peuvent produire une graine universelle qui peut aller partout mais en fait ils veulent surtout breveter le vivant et en avoir le monopole pour que ça leur rapporte de l'argent. Les petits paysans en Inde qui reproduisent les graines qu'ils ont sélectionnées depuis longtemps, ça ne leur rapporte rien !

Vous devez avoir des variétés adaptées à chez vous ! "

JD / LMDP

C'est déjà l'heure de déjeuner rapidement sur place. Un repas végétarien a été préparé, l'heure tourne, on échange les coordonnées avant le départ de la dame.

Ambroise est de retour, il s’excuse pour l’émotion qui le submerge, il parle de l’Inde et de la relation que sa maman entretenait avec cette culture sans y être jamais allée. Attentive, Vandana lui explique que sa maman a juste changée d’état mais qu’elle est toujours là et que ce qu’elle a semé grandit.

Au jardin des Aures on est content, à deux pas de la cité Kalisté où le collectif anime un autre jardin, eux qui ne voient jamais les édiles de la ville venir à leur rencontre ont reçu la représentante de l'agroécologie d'un des plus grands pays du monde, et malgré son emploi du temps contraint, elle s'est arrêtée pour y semer une nouvelle petite graine !

 


Retrouvez Vandana Shiva dans l'émission Prioriterre, sur France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur, les samedis 24 et 31 mars après le journal de 19h en Provence-Alpes et les dimanches 25 mars et 1er avril, après le journal de 19h, en Côte d'Azur.


Gérard Grec, membre du collectif "Chiendent" présente les activités de cette association de "jardiniers militants" à Marseille.

 

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