écologie

[ PÉTITION ] Des associations et ONG appellent à préparer "le jour d'après"

Créé le : 07/04/2020
Photos : Orna Wachman/Pixabay

Jusqu'au mardi 7 avril, 15 associations et syndicats, dont la FSU, lancent une pétition pour un "Jour d'Après écologique, féministe et social". Cette pétition est issue de la tribune "Plus jamais ça, préparons le jour d'après".

Les 15 organisations* souhaitent faire entendre leur voix pour défendre des mesures sociales, environnementales et féministes dans le but de "construire le monde d'après". Selon elles, il est vital de repenser et reconstruire un système qui ne mène qu’à l’impasse, preuve en est aujourd'hui. Une impasse sanitaire, mais aussi sociale et climatique, contre laquelle ces associations et ONG luttent depuis des années.

Cette crise sanitaire représenterait pour elles une "opportunité historique", celle de remettre à plat d’un "système injuste, climaticide et sexiste".

 * Liste des associations : Action Non-Violente COP 21, Alternatiba, les Amis de la Terre France, Attac France, CCFD Terre Solidaire, Confédération paysanne, CGT, Convergence nationale des Services Publics, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Greenpeace France, Oxfam France, Reclaim Finance, Union syndicale Solidaires, 350.org

> Plus d'infos.

[ ÉCOLOGIE ] Un revenu universel pour sortir du productivisme ?

Créé le : 13/03/2020

Par Guillaume Bernard.

Produire moins permettrait de réduire la production de CO2. Mais comment faire pour que la baisse de la production n’appauvrisse pas davantage les plus pauvres ? À cette question certains répondent : « revenu universel ».

Il est bien difficile de savoir précisément de quoi on parle quand on évoque le « revenu universel ». Si le principe de base est toujours le même - on verse régulièrement une somme d’argent à toute une population -, les différentes modalités qui le conditionnent en changent fortement l’objectif. Il a d’ailleurs déjà été utilisé pour permettre à une population, non pas de réduire son activité économique, mais de la relancer. C’est le projet qu’a financé l’église protestante allemande en Namibie, son ancienne colonie. Pendant deux ans (2008-2009), 930 citoyens ont reçu l’équivalent de 12 dollars par mois. Un revenu conséquent quand 30 % de la population namibienne vit avec moins d’1 dollar par jour. Le rapport qui effectue le bilan de cette expérience conclut que les habitants ont réussi à augmenter leur revenu de 29 %, hors versement du revenu de base, et que le taux de chômage est passé de 60 % à 45 %.

En France, le gouvernement d’Emmanuel Macron envisage lui aussi d’instaurer un « revenu universel d’activité ». Si les modalités n’en sont pas encore fixées, puisque la concertation à son sujet doit s’achever en juin 2020, on sait d’ores et déjà qu’il consisterait en une fusion des différentes aides sociales : revenu de solidarité active, prime d’activité, aide personnalisée au logement etc. Cette nouvelle allocation n’aura fi nalement rien d’universel puisqu’elle dépendra des situations particulières de chacun et ne sera pas remise à tous. Dans ces différents cas, le revenu universel n’a aucunement pour but de se substituer à l‘emploi et n’a donc pas pour effet de réduire ou de réorienter l’activité économique.

Des revenus inconditionnels substituables au salaire

Il en va tout autrement du « revenu inconditionnel » proposé par Baptiste Mylondo et qu’il qualifie lui-même de « décroissant et de gauche ». Estimé à 1 000e mensuels, soit 60% du revenu médian, il serait versé à tous, pendant toute sa vie, sans condition et sans contrepartie. Il conserverait également la branche maladie de la sécurité sociale. C’est la proposition la plus proche de celle qui a fait le succès de Benoît Hamon lors des primaires de la gauche en 2017. Le candidat du Parti socialiste à la présidentielle proposait toutefois un revenu bien moins élevé puisqu’il le fixait à 600e. Pour Baptiste Mylondo, le « revenu inconditionnel » est une réponse écologique aux conséquences néfastes de la croissance sur les émissions de CO2 puisqu’il encourage à la sobriété volontaire. Il serait couplé avec l’instauration d’un salaire maximum, quatre fois supérieur au revenu inconditionnel et financé par une plus forte progressivité de l’impôt, par la fin des politiques de l’emploi et par la fusion de toutes les allocations sociales existantes inférieures aux 1 000e.

« La totalité des fruits de notre travail, aussi appelée plus-value, serait prélevée sous forme de cotisation et mise en commun dans différentes caisses », Baptiste Pagnier, militant du Réseau Salariat

Dans ce système, les personnes qui voudraient gagner plus de 1 000e par mois gardent la possibilité d’aller s’employer sur le marché. C’est ce qui différencie profondément la proposition de Baptiste Mylondo de celle du Réseau Salariat, qui en prévoit la suppression.

À elle seule, l’activité numérique représente 5% des émissions de gaz à effet de serre. Photo : Pixabay

Estimé entre 1 500e et 6 000e mensuels selon la qualification, le « salaire à vie », et non plus « revenu universel », serait la seule source de revenu possible dans le modèle promu par l’économiste Bernard Friot, dont s’inspire le Réseau Salariat. Il consiste à étendre à tous, le statut qui est actuellement celui des fonctionnaires. « La totalité des fruits de notre travail, aussi appelée plus-value, serait prélevée sous forme de cotisation et mise en commun dans différentes caisses », explique Baptiste Pagnier, sociologue. « Une caisse serait  chargée de redistribuer ces cotisations sous forme de salaire à vie, une autre d’investir dans les secteurs de la production que, collectivement, nous aurons jugé bon de développer », continue le militant du Réseau Salariat. C’est par la gestion collective de ces caisses, à la tête desquelles le Réseau Salariat entend mettre des salariés, qu’elle apporte une réponse aux problèmes écologiques posés par la surproduction. Cette fois, il ne s’agit plus forcément de réduire la production mais d’en reprendre le contrôle. « Nous pensons qu’en donnant aux producteurs la possibilité de répondre à la question : “qu’est-il est bon de produire et en quelle quantité ?”, les excès propres à la recherche infinie de la croissance et du profit disparaîtront », conclut Baptiste Pagnier. Et donc que la planète s’en portera d’autant mieux !

[ ÉCOLOGIE ] Travailler moins pour sauver la planète ?

Créé le : 13/03/2020
lecture. Crédit pixabay

Par Guillaume Bernard.

Réduire son temps de travail, seul salut pour la planète ? La question est sérieusement posée par des chercheurs qui soulignent la corrélation entre croissance économique et destruction de la planète. Et pour y parvenir, peut-on envisager un revenu universel pour sortir de la logique productiviste de nos sociétés, et ainsi, faire baisser nos émissions de CO2 ? Analyse.

Alors que les courbes de la croissance économique et des émissions de CO2 augmentent parallèlement, plusieurs chemins s’offrent à nous : renouveler l’outil de production pour le rendre moins polluant ou produire et travailler moins ?

Savez-vous quelle est la dernière fois que nos émissions mondiales de CO2 sur une année ont été plus basses que celles de l’année précédente ? Pas besoin d’aller chercher une réponse au paléolithique ou au Moyen-âge, cette date est récente : 2009. À l’époque, le monde vient de vivre deux années de crise économique majeure et les pays les plus riches affichent une croissance négative : aux États-Unis et en France le produit intérieur chute de 2,5%. Si économiquement tout va mal, il y a néanmoins une grande gagnante à la crise des subprimes : la planète. Dans les pays riches, l’émission de CO2, principale cause identifiée du changement climatique, a drastiquement baissé en 2009 : - 5,2 % en France, - 6,9 % aux États-Unis, - 8,6 % au Royaume-Uni, - % en Allemagne et jusqu’à - 11,8 % au Japon. Même si, à l’échelle mondiale, cette réduction est presque entièrement compensée par la croissance...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[MUNICIPALES] : À Saint-Martin d’Uriage, des citoyens préparent la transition

Créé le : 11/03/2020
@Marie Lyan : Collectif saint martin d'Uriage

Le collectif SMU 2020 a organisé une série de plusieurs réunions, au cours des dernières semaines, sur des thématiques telles que la mobilité, l’habitat, ou la participation citoyenne. Crédit photo : Marie Lyan

Par Marie Lyan

Sur l’ensemble de l’hexagone, des collectifs de citoyens s’engagent sur les pas de Rob Hopkins pour conduire leur ville ou leur territoire vers la transition. À l’approche des municipales, certains font le choix de peser de l’extérieur des arcanes de la politique, comme vigies du respect des engagements en faveur de la transition. D’autres s’engagent en présentant leur propre liste. D’une manière ou d’une autre, les défenseurs des villes en transition entendent bien peser sur les débats

Ils sont issus de différents univers, mais tous habitent la commune. Novices en politique, ils se sont retrouvés à la suite d’un appel, lancé par la municipalité sortante, pour porter des mesures en lien avec le Pacte pour la Transition. Une partie d’entre eux ont choisi de s’engager sur une liste, tandis que l’autre moitié continuera de se réunir sous la forme d’un collectif citoyen indépendant.

 Impulser un mouvement pour la transition sociale, écologique et démocratique. Telle était l’ambition du Pacte pour la transition, rédigé par une cinquantaine d'organisations à l’automne dernier, et repris par des élus sortants de Saint-Martin d’Uriage (38). Dans cette commune de 5512 âmes, qui compte près de 20 hameaux, nichés sur le flanc du massif de Belledonne, l’heure semble à l’accélération d’une prise de conscience environnementale et citoyenne.

Car si le maire sortant, Gérald Giraud, était déjà familier des enjeux écologiques en tant qu’ancien chercheur de Météo France et président de l’Ageden*, celui-ci a souhaité faire un pas supplémentaire lors de son appel pour les municipales de 2020.

Car contrairement à d’autres communes, où des listes citoyennes ont émergé du réseau associatif, Saint-Martin d’Uriage a fait la démarche en sens inverse. « L’objectif était de construire une équipe renouvelée et rajeunie afin de préparer l’avenir, tout en redonnant du sens à l’action municipale. Nous souhaitions aussi nous appuyer sur des notions de démocratie participative et de transition écologique», indique Gérald Giraud, qui se dit attentif aux initiatives engagées, à quelques kilomètres de là, par l’élu EELV de Grenoble, Eric Piolle. À ses côtés, l’une de ses adjointes, Cécile Conry, a joué le rôle de cheville ouvrière pour rassembler les citoyens : « Dans le précédent mandat, il existait déjà cette volonté. Mais nous n’avions pas trouvé les dispositifs pour faire participer davantage les citoyens », ajoute-t-elle. C’est désormais chose faite avec ce nouveau collectif, nommé selon les initiales de la commune (SMU 2020), qui rassemble désormais une quarantaine de citoyens (chercheurs, enseignants, aides-soignants, infirmiers, mère de familles, etc).

Parmi eux, Pauline Joppe, une citoyenne déjà engagée dans la création d’un SEL (système d’échange local sur la commune) ainsi que d’un club de découverte à l’environnement destiné aux enfants. Ou encore, des membres du Rucher collectif, tels que Ludovic Mermillod-Blondin et Brigitte Bouret, sympathisante du Mouvement des Coquelicots. « Il semble plus facile de créer ce type de collectif à l’échelle d’une petite commune, où les gens se connaissent », résume Brigitte Bouret. Avec, un engagement non plus basé sur une doctrine politique, mais sur l’ambition d’évoquer les transitions à venir.

Une logique participative

Depuis l’automne dernier, le collectif a planché sur des thématiques telles que la mobilité, l’habitat, ou la participation citoyenne. Il a été accompagné par des intervenants comme la chercheuse au laboratoire Pacte de l’Université Grenoble Alpes, Kirsten Koop, ou la rédactrice en chef de la revue Les quatre saisons, éditée par Terre Vivante, Marie Arnould. Le collectif s’est aussi inspiré d’initiatives d’autres communes comme la ville de Saillans (Drôme), qui a construit son propre schéma de gouvernance en 2015.

 «Le pacte pour la transition sert de colonne vertébrale à notre réflexion, avec la volonté de former tout le monde à la transition, qu’il s’agisse des élus, des agents municipaux ou des citoyens », explique Arnaud Callec, ingénieur écologue et futur candidat sur la liste.

Au fil des réunions, le collectif est parvenu à une centaine de propositions, qui seront ensuite classées, triées et reprises au sein d’une future liste de candidature. Avec, au programme, l’engagement de rendre des terres à l’agriculture, d’augmenter la part du bio dans la cuisine centrale ou encore de doper la participation citoyenne à travers des budgets participatifs et conseils citoyens.

« Nous nous sommes aperçus que nous avions déjà mis en place, à travers ce mandat, une vingtaine de mesures, parfois au niveau 1, 2 ou 3. Mais l’un de nos points faibles était les questions de démocratie participative, qu’il demeurait difficile d’insuffler », analyse le maire sortant.

Vers l’émergence d’un collectif indépendant

Très vite, l’ambition de monter deux entités séparées a émergé : d’un côté, une liste candidate aux élections, et de l’autre, un collectif qui aurait la mission de demeurer indépendant.

« Le collectif va bientôt être déconnecté de la liste afin qu’il vive sa propre vie et devienne une force de propositions », annonce Arnaud Callec. Avec, du côté de la liste qui a été officialisée mi-février, des citoyens désireux d’aller plus loin et qui devraient même devenir majoritaires : car sur les 29 places à pourvoir, seuls 8 élus sortants devraient se positionner. Arnaud Callec est l’un des nouveaux entrants : « j’étais partant pour accompagner l’essor du collectif puis, peu à peu, ma réflexion a mûri. Je me suis dit qu’il y avait matière à m’impliquer davantage ». Même ambition pour Didier Bouvard, professeur d’université. « J’ai été régulièrement impliqué jusqu’ici à travers l’école de musique ou l’association des parents d’élèves et j’étais tenté d’aller plus loin». Lorsqu’on le questionne sur son engagement en faveur de la transition, il n’hésite pas à se décrire comme « le citoyen moyen, qui prend progressivement conscience des problématiques qui se posent et qui essaie d’adapter ses comportements ». Avec l’idée de « voir comment, à l’échelle d’une petite commune, il est possible non pas de sauver la planète, mais de mettre des choses en œuvre ».

Un constat où Brigitte Bouret le rejoint : « Saint-Martin d’Uriage pèse finalement peu sur le bilan carbone global, mais c’est en changeant l’état d’esprit dans les communes que nous pourrons agir. Le Pacte pour la Transition pourrait avoir un effet boule de neige ».

Didier Bouvard est également conscient des limites : « La commune peut impulser et faire du lobbying, même si en pratique, certains enjeux comme la mobilité seront dépendants de la communauté de communes ». Une intercommunalité où Saint-Martin d’Uriage ne disposera que de 3 élus sur 43... Ainsi, les membres du collectif SMU 2020 regardent d’ores et déjà vers l’extérieur afin de partager leur vision avec d’autres collectifs de leur bassin. Avec un objectif : peser, ensemble, lors de la constitution de la future intercommunalité.

*Association pour une Gestion Durable de l'ENergie

Plus d’infos

https://www.collectifsmu2020.fr/

https://www.pacte-transition.org/

[ PRÉPARER L'APRES PÉTROLE ] Entretien avec Guy Rey, président de la CoVe

Créé le : 18/02/2020

Sans transition ! a rencontré Guy Rey, président de la Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (CoVe), lors de la signature du premier contrat de transition écologique à Carpentras. Pour l'occasion, la secrétaire d'Etat à l'écologie, Brune Poirson, avait le déplacement en ce début de février.

Entretien avec Guy Rey :

[ REPLAY ] Grands chantiers écolos, vers la fin des petits pas ?

Créé le : 24/01/2020

Sans transition ! magazine était présent à Lyon pour Le Festival Quai du départ , un événement consacré aux films et livres voyageurs, pour lequel la revue a animé une table-ronde. Objectif : échanger tous ensemble sur les grands enjeux d'aujourd’hui, débattre sur les changements à venir et trouver des solutions !

Découvrez la table-ronde " Grands chantiers écolos, vers la fin des petits pas ? ", avec l'écrivain Julien Dossier, Emmanuel Goy de l'association NégaWatt et Alain Nathan du collectif Rhône du Pacte Finance-Climat :

[ AGROÉCOLOGIE & SEMENCES PAYSANNES ] La parole aux acteurs engagés

Créé le : 09/12/2019
Photo : Sans transition !

Le 18 octobre dernier, le magazine Sans transition !, ainsi que Biobreizh et Kaol Kozh, les coopératives de fruits et légumes bio, recevaient à Rennes, Marc Dufumier, pour une conférence dédiée à l'agroécologie et aux semences paysannes. La soirée s'est poursuivie autour d'une table ronde avec les acteurs locaux. Nous avons souhaité donner la parole à nos partenaires engagés, sans qui l'événement n'aurait pas pu avoir lieu.

Jean-Luc Poder est le fondateur et directeur de la société Poder :
Cyriaque Crosnier-Mangeat est le président d'Agrosemens :
Fabrice Rault est le directeur du site grand ouest de Pronatura Bretagne :
Et découvrez le replay de la table ronde grâce à notre partenaire Tébéo !

[ L'AGROÉCOLOGIE PEUT NOUS SAUVER ! ] Entretien avec Marc Dufumier

Créé le : 29/11/2019

Marc Dufumier est ingénieur agronome, docteur en géographie et professeur honoraire d’agriculture comparée à AgroParisTech, est aussi président de Commerce équitable France. Il a réalisé de nombreuses missions d’appui à la conception et à la mise en œuvre de projets de développement agricole dans les pays du Sud et plaide aujourd’hui pour une agriculture paysanne inspirée de l’agroécologie. Nous avons eu la chance de le rencontrer à Rennes lors de la conférence gratuite organisée par Sans transition ! magazine, Biobreizh et Kaol Kozh.

Pour Marc Dufumier, l’agriculture doit tenir compte du fonctionnement de l’écosystème dans sa globalité. Son dernier ouvrage, L’agroécologie peut nous sauver, vient de paraître chez Actes Sud.

Entretien.

Et découvrez le replay de la table ronde grâce à notre partenaire Tébéo !

[ FINANCE SOLIDAIRE ] Créer des paradis locaux

Créé le : 08/11/2019
crédit : Pixabay

Dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire organisée par Finansol, la coopérative de financement Initiatives pour une économie solidaire (IES) organisait jeudi 7 novembre une table ronde à Montpellier sur le thème « Créons des paradis locaux par la finance solidaire ».

Différents acteurs de cet écosystème – Terre de liens, Énergie partagée, la Nef, Habitat et humanisme – étaient réunis pour présenter la finance solidaire à des citoyens curieux : son fonctionnement, le devenir de l’épargne, sa stabilité ou encore l’intérêt pour les citoyens.

À cette occasion, Carine Blanc, directrice opérationnelle salariée d’IES, nous explique comment la finance solidaire peut modifier le monde de la finance, en créant une économie éthique tournée vers la justice sociale et environnementale.

 

[ENVIRONNEMENT] Les lobbies, du local au global

Créé le : 06/11/2019
Salle comble pour la table ronde consacrée aux lobbies de l'environnement (crédit : Magali Chouvin / Sans Transition).

Oui, l’environnement aussi a ses lobbies, souvent portés par le soutien des citoyens dans les territoires. Un sujet brûlant, décortiqué mardi 5 novembre lors d’une table-ronde organisée par Sans Transition ! et le Salon de l’écologie à Montpellier. Salle comble : plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour échanger avec les spécialistes du sujet qui ont répondu à l’appel : Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom ; Édouard Bouin, administrateur du Pacte finance-climat ; et Benoît Prévost, chercheur en économie à l’Université de Montpellier. Retour sur les temps forts de cette soirée.

À Bruxelles, environ 12 000 lobbyistes déclarent exercer des activités à la Commission et au Parlement Européen d’après le registre commun de transparence. Seulement un quart d’entre eux sont des ONG. Frédéric Le Manach le rappelle : « Il existe deux types de lobbying : celui d’intérêt privé, et celui d’intérêt commun. C’est là où se placent les associations environnementales. » Chez Bloom par exemple, on cherche à faire bouger les lignes du monde de la pêche, à l’image de la bataille gagnée sur la pêche profonde contre Intermarché. 

Les lobbies jouent également sur le terrain de la finance, comme le détaille Édouard Bouin : « Avec le Pacte finance-climat, nous avons fait du lobbying, du plaidoyer. Quasiment toutes les listes ont repris nos idées aux dernières élections européennes : le milieu de la finance s’interroge désormais. Les banques travaillent sur la finance verte, elles savent que les aléas climatiques vont coûter des fortunes. »

L'information comme bien commun

Pourtant, dans une société où les intérêts économiques sont prédominants, l’ombre du greenwashing plane sur cette « verdisation » de l’économie. « La première bataille à mener est celle de l’information comme bien commun », explique Benoît Prévost. Et la transparence n’est pas la réponse, elle n’est qu’un outil. Pour le chercheur, l’interpénétration du monde industriel et scientifique dans la politique est une véritable catastrophe. L’association Bloom tente elle de lutter pour une information fiable en employant des chercheurs et en disséminant l’information.

Tous s’accordaient hier sur le rôle fondamental des citoyens pour changer les décisions au sein de l’Union Européenne. Et quoi de mieux que l’accès à l’information pour faire réagir ? Frédéric Le Manach l’observe : « Lorsqu’ils sont sensibilisés à un sujet, les citoyens peuvent adhérer à nos actions. Et avoir l’adhésion du public, c’est un rouleau compresseur à Bruxelles. » Si le lobby se joue dans les hautes sphères politiques, les actions locales sont donc elles aussi fondamentales ! Clothilde Ollier, candidate EELV pour les élections municipales à Montpellier, en témoigne également : « Le poids des associations et des militants est important, les politiques en ont besoin, cela nous porte. » La lutte pour l’environnement se jouera du local au global.

Sans Transition ! remercie ses partenaires : le Salon de l'écologie, la Fondation Macif, Biocoop, Oyas environnement, RCF et l’Université de Montpellier.

Retrouvez très bientôt l'intégralité de la soirée en podcast sur le site de la radio RCF.

Pages

Partager

S'abonner à écologie