écologie

[ AGROÉCOLOGIE & SEMENCES PAYSANNES ] La parole aux acteurs engagés

Créé le : 09/12/2019
Photo : Sans transition !

Le 18 octobre dernier, le magazine Sans transition !, ainsi que Biobreizh et Kaol Kozh, les coopératives de fruits et légumes bio, recevaient à Rennes, Marc Dufumier, pour une conférence dédiée à l'agroécologie et aux semences paysannes. La soirée s'est poursuivie autour d'une table ronde avec les acteurs locaux. Nous avons souhaité donner la parole à nos partenaires engagés, sans qui l'événement n'aurait pas pu avoir lieu.

Jean-Luc Poder est le fondateur et directeur de la société Poder :
Cyriaque Crosnier-Mangeat est le président d'Agrosemens :
Fabrice Rault est le directeur du site grand ouest de Pronatura Bretagne :
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[ L'AGROÉCOLOGIE PEUT NOUS SAUVER ! ] Entretien avec Marc Dufumier

Créé le : 29/11/2019

Marc Dufumier est ingénieur agronome, docteur en géographie et professeur honoraire d’agriculture comparée à AgroParisTech, est aussi président de Commerce équitable France. Il a réalisé de nombreuses missions d’appui à la conception et à la mise en œuvre de projets de développement agricole dans les pays du Sud et plaide aujourd’hui pour une agriculture paysanne inspirée de l’agroécologie. Nous avons eu la chance de le rencontrer à Rennes lors de la conférence gratuite organisée par Sans transition ! magazine, Biobreizh et Kaol Kozh.

Pour Marc Dufumier, l’agriculture doit tenir compte du fonctionnement de l’écosystème dans sa globalité. Son dernier ouvrage, L’agroécologie peut nous sauver, vient de paraître chez Actes Sud.

Entretien.

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[ FINANCE SOLIDAIRE ] Créer des paradis locaux

Créé le : 08/11/2019
crédit : Pixabay

Dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire organisée par Finansol, la coopérative de financement Initiatives pour une économie solidaire (IES) organisait jeudi 7 novembre une table ronde à Montpellier sur le thème « Créons des paradis locaux par la finance solidaire ».

Différents acteurs de cet écosystème – Terre de liens, Énergie partagée, la Nef, Habitat et humanisme – étaient réunis pour présenter la finance solidaire à des citoyens curieux : son fonctionnement, le devenir de l’épargne, sa stabilité ou encore l’intérêt pour les citoyens.

À cette occasion, Carine Blanc, directrice opérationnelle salariée d’IES, nous explique comment la finance solidaire peut modifier le monde de la finance, en créant une économie éthique tournée vers la justice sociale et environnementale.

 

[ENVIRONNEMENT] Les lobbies, du local au global

Créé le : 06/11/2019
Salle comble pour la table ronde consacrée aux lobbies de l'environnement (crédit : Magali Chouvin / Sans Transition).

Oui, l’environnement aussi a ses lobbies, souvent portés par le soutien des citoyens dans les territoires. Un sujet brûlant, décortiqué mardi 5 novembre lors d’une table-ronde organisée par Sans Transition ! et le Salon de l’écologie à Montpellier. Salle comble : plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour échanger avec les spécialistes du sujet qui ont répondu à l’appel : Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom ; Édouard Bouin, administrateur du Pacte finance-climat ; et Benoît Prévost, chercheur en économie à l’Université de Montpellier. Retour sur les temps forts de cette soirée.

À Bruxelles, environ 12 000 lobbyistes déclarent exercer des activités à la Commission et au Parlement Européen d’après le registre commun de transparence. Seulement un quart d’entre eux sont des ONG. Frédéric Le Manach le rappelle : « Il existe deux types de lobbying : celui d’intérêt privé, et celui d’intérêt commun. C’est là où se placent les associations environnementales. » Chez Bloom par exemple, on cherche à faire bouger les lignes du monde de la pêche, à l’image de la bataille gagnée sur la pêche profonde contre Intermarché. 

Les lobbies jouent également sur le terrain de la finance, comme le détaille Édouard Bouin : « Avec le Pacte finance-climat, nous avons fait du lobbying, du plaidoyer. Quasiment toutes les listes ont repris nos idées aux dernières élections européennes : le milieu de la finance s’interroge désormais. Les banques travaillent sur la finance verte, elles savent que les aléas climatiques vont coûter des fortunes. »

L'information comme bien commun

Pourtant, dans une société où les intérêts économiques sont prédominants, l’ombre du greenwashing plane sur cette « verdisation » de l’économie. « La première bataille à mener est celle de l’information comme bien commun », explique Benoît Prévost. Et la transparence n’est pas la réponse, elle n’est qu’un outil. Pour le chercheur, l’interpénétration du monde industriel et scientifique dans la politique est une véritable catastrophe. L’association Bloom tente elle de lutter pour une information fiable en employant des chercheurs et en disséminant l’information.

Tous s’accordaient hier sur le rôle fondamental des citoyens pour changer les décisions au sein de l’Union Européenne. Et quoi de mieux que l’accès à l’information pour faire réagir ? Frédéric Le Manach l’observe : « Lorsqu’ils sont sensibilisés à un sujet, les citoyens peuvent adhérer à nos actions. Et avoir l’adhésion du public, c’est un rouleau compresseur à Bruxelles. » Si le lobby se joue dans les hautes sphères politiques, les actions locales sont donc elles aussi fondamentales ! Clothilde Ollier, candidate EELV pour les élections municipales à Montpellier, en témoigne également : « Le poids des associations et des militants est important, les politiques en ont besoin, cela nous porte. » La lutte pour l’environnement se jouera du local au global.

Sans Transition ! remercie ses partenaires : le Salon de l'écologie, la Fondation Macif, Biocoop, Oyas environnement, RCF et l’Université de Montpellier.

Retrouvez très bientôt l'intégralité de la soirée en podcast sur le site de la radio RCF.

[ ÉCOLOGIE ] Doit-on encore faire des enfants ?

Créé le : 29/10/2019
Pierre-Laurent Durantin / Pixabay

Par Coralie Rabatel.

L’humanité, sans cesse grandissante, a déjà épuisé les ressources écologiques de la planète et contrarie ainsi les capacités de régénération des écosystèmes. Alors que nous vivons à crédit, certains préconisent, par militantisme ou simples convictions idéologiques, de ne plus faire d’enfants. La pilule pour sauver la planète ? Les dénatalistes en sont persuadés.

Nous sommes un peu plus de 7,7 milliards d’êtres humains sur Terre. 7 724 627 304 au moment d’écrire ces lignes. Sur le site de l’Institut national d’études démographiques (Ined), le compteur de la population mondiale ne cesse d’augmenter.  Les projections de l’Organisation des Nations unies annoncent 9,8 milliards d’individus en 2050 et 11,2 milliards en 2100. Un sérieux problème pour certains eu égard aux ressources finies qu'offre la planète.          

Ceux que l’on appelle les dénatalistes estiment que les humains sont déjà trop nombreux et que la planète ne peut tous les contenir. Leur solution ? Arrêter de faire des enfants. Ou en faire moins. Denis Garnier, président de l’association Démographie responsable, considère ainsi la nécessité de « plafonner à deux enfants par personne ». L’objectif est de tomber en dessous du seuil de renouvellement (situé à 2,1 enfants par femme dans les pays développés), pour faire en sorte que chaque génération soit moins nombreuse que la précédente.

« Je crois que le monde va devenir invivable »

De son côté, Laure Noualhat1, journaliste et réalisatrice, a pris la décision plus radicale de ne jamais enfanter. « Je préfère ne pas être responsable d'un être humain dans cette époque-là, explique-t-elle. Je crois que le monde va devenir invivable. » L’épuisement des ressources, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité : tous deux sont d’accord pour attribuer ces catastrophes à la « pression humaine ». Ils font référence à une étude2 menée par deux chercheurs de l’université de Lund, en Suède, et parue en 2017 dans la revue Environmental Research Letters. « Les auteurs ont conclu que faire un enfant de moins revenait à éviter 58,6 tonnes de CO2 par an », indique Laure Noualhat. Loin devant l’abandon de la voiture ou une alimentation végétarienne (respectivement 2,4 et environ 0,8 tonnes de CO2 évitées par an). « Mettre un enfant au monde, c'est vous garantir un bilan carbone infini puisque cet enfant va vivre, grandir, consommer, se reproduire, etc. »,développe la journaliste.

Depuis, d'autres scientifiques ont alerté sur les menaces que représentait la surpopulation. Tel le manifeste3 signé par 15 364 scientifiques et paru dans la revue américaine Bioscienceen 2017. En octobre 2018, un nouveau collectif a aussi publié dans Le MondeUne tribune4 intitulée « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue ».

29 juillet : le jour du dépassement

« Cette publication vient de mon initiative, avec d’autres confrères, comme Philippe Waldteufel et Philippe Blime »,assure Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur en géophysique et planétologue. « Le jour du dépassement5 a eu lieu le 29 juillet. En 210 jours, on a consommé tout ce que la Terre peut produire en une année. Cela prouve bien qu’on est trop nombreux. »Le chercheur est convaincu que cette surpopulation va entraîner « des conflits épouvantables », dans un contexte imminent de migrations climatiques.

« Mettre un enfant au monde, c'est vous garantir un bilan carbone infini puisque cet enfant va vivre, grandir, consommer, se reproduire, etc. », Laure Noualhat, journaliste et réalisatrice

Denis Garnier fait partie de ceux qui estiment qu’en France, une intervention des pouvoirs publics est nécessaire. Notamment pour réformer les allocations familiales. « Il faudrait accorder une vraie aide pour le premier enfant, la même chose pour le deuxième, mais plus rien au-delà. » Le président de l'association se défend de mettre en péril les libertés individuelles : « Actuellement, le système français promeut la natalité avec une claire incitation aux familles. On demande juste plus de neutralité. La liberté, on la laisse totale. » Quant à l'impact de la suppression des allocations familiales sur les ménages les plus modestes ? « C’est une réalité, concède Denis Garnier. Mais la question écologique et environnementale est vraiment une priorité. »

Dans un pays où la famille est le pilier majeur de la société, l’Hexagone devrait donc modifier ses fondements politiques et économiques. Pour autant, la population française n'est pas dans une expansion folle ! D’après l’Insee, la fécondité diminue même naturellement en France depuis quatre ans, avec 1,87 enfant par femme en 2018, contre 2,00 en 2014. Sachant que l’Hexagone est toujours le pays le plus fécond de l’Union européenne. En fait, la plupart des pays développés ont achevé ce que les démographes appellent « la transition démographique » : le moment ou la fécondité et la mortalité, un temps élevées, baissent d’elles-mêmes jusqu’à s’équilibrer à un niveau moindre.

Miser sur l’éducation

Mais pour Denis Garnier, on ne peut pas compter sur cette transition démographique spontanée dans toutes les régions du monde. Notamment en Afrique (4,6 enfants par femme en 2017), dont les 1,3 milliard d’habitants pourraient quadrupler d’ici 2100, selon les projections. « En France, on a simplement doublé depuis Louis-Philippe (XIXe siècle), alors que la population africaine a été multipliée par cinq en 70 ans. La transition démographique est incroyablement plus lente sur ce continent ! », note le militant.

Pour endiguer le phénomène, les dénatalistes ont une solution : le développement du planning familial et l’éducation, notamment celle des filles. « Une jeune fille évite les grossesses précoces lorsqu’elle est à l’école, argumente le président d’association. Avec l’instruction, on résout presque tout le problème. » Reste que l’empreinte écologique d’une naissance en Afrique n’est rien comparée à celle d’un petit européen. « C’est vrai aujourd’hui, nuance Denis Garnier. Mais qu’en sera-t-il dans 30 ans ?Au temps de Mao, la population chinoise n’émettait aucun gaz à effet de serre, on ne s’inquiétait pas de son accroissement. Maintenant, la Chine est le pays qui émet et consomme le plus. On ne peut que souhaiter pour l’Afrique qu’elle se développe, mais alors les nombreuses naissances d’aujourd’hui auraient un fort impact ensuite ».Les arguments s'entendent, mais ont un goût amer.

Les Ginks, pour " Green Inclinations, No Kids " (Engagement vert, pas de gosses), sont des féministes écolo prêtes à renoncer à la maternité pour sauver la planète. Photo : Pexels / Pixabay

Pourtant, même son de cloche pour Jean-Loup Bertaux6. Sourd aux accusations de néocolonialisme, il pense lui-aussi qu’il faut intervenir en Afrique pour développer le planning familial. Le chercheur évoque notamment la charte signée par les présidents des Parlements des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en juillet 2017, à Ouagadougou. Dans ce texte, ils s’engagent à abaisser leur taux de fécondité à trois enfants par femme. « Il faut les y aider », plaide le planétologue, qui propose de financer cette aide grâce aux 100 milliards de dollars par an « que les pays les plus riches ont promis aux plus pauvres pour lutter contre le changement climatique lors de la COP 21. » Là encore, on comprend la logique, mais la teneur en bouche reste lourde.

« Il est illusoire de vouloir changer les effectifs »

Car la nécessité de diminuer la population humaine pour sauver la planète ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique. Gilles Pison7, démographe, professeur au Museum national d’histoire naturelle et chercheur associé à l’Ined, affirme ainsi qu'il « est illusoire de vouloir changer les effectifs ».En cause ? L’inertie démographique. « Supposons que le nombre d’enfant par femme tombe subitement à 1,6 pour toute l’humanité, suggère-t-il. La population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies. Parce qu’on compte beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants. Même si chacun en a peu, ils sont nombreux ! »

D’ailleurs, insiste le démographe, le taux de fécondité est déjà en dessous du seuil de renouvellement « dans beaucoup de parties du monde. Et pourtant, il n'en résulte pas immédiatement une diminution de la population ».Afin de préserver la planète, Gilles Pison estime qu’il faudrait plutôt se concentrer sur les habitudes de consommation que sur la question du nombre, pour laquelle « nous n’avons pas de levier d’action ».

Coordinatrice française du programme de recherche international Future earth hébergé par le CNRS, Sandrine Paillard travaille quant à elle sur les solutions de développement durable liées aux changements environnementaux globaux. Selon elle, c'est limpide : « les limites en termes de population sont plus sociales que naturelles ». En matière de sécurité alimentaire, par exemple, les études « montrent que l’offre à l’échelle mondiale est aujourd’hui largement suffisante pour nourrir la population actuelle et que la sous-alimentation est essentiellement un problème d’accès ».

L’agroécologie est une piste sérieuse

Lors de son travail au sein de la prospective Agrimonde de l’Inra et du Cirad en 2010, Sandrine Paillard et ses collègues ont même conclu que « de nombreuses options existent pour satisfaire la demande de biomasse pour les besoins alimentaires, industriels et énergétiques mondiaux ». Pour y parvenir, ils misent notamment sur l’agroécologie. Tout comme les experts du Giec dans leur dernier rapport, publié en août 2019. Il est question d’une agriculture où la consommation d’eau est réduite, avec peu ou pas d’intrants chimiques. On augmente les éléments naturels du paysage (mares, haies, zones enherbées…) et on valorise le travail de l’agriculteur. L’élevage est réduit, afin de conserver la plus grande part des cultures pour l’alimentation humaine.

« Ça ne veut pas dire que tout le monde doit devenir végétarien, anticipe Sandrine Paillard. Mais ce serait déjà bien de respecter les conseils nutritionnels en mangeant de la viande deux fois par semaine. » Il s'agirait finalement d'un nouveau paradigme à mettre en place. L’économiste énumère : il faudrait changer la Politique agricole commune (Pac), travailler sur l’aménagement du territoire et les réglementations sur l’usage des pesticides ; mais aussi développer la recherche pour une agroécologie à la pénibilité et aux pertes de rendement réduites. Le chantier semble conséquent mais Sandrine Paillard l’assure : « l’objectif est complètement atteignable ».En attendant, le compteur de l’Ined poursuit sa course : 7 725 078 900.

1 Laure Noualhat,  Lettre ouverte à celles qui n’ont pas (encore) d’enfant, Plon Essais, 2018.

2 The climate mitigation gap: education and government recommendations miss the most effective individual actions, Seth Wynes and Kimberly A. Nicholas, Environmental Research Letters,12 , 2017.

3 World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice, Ripple et al., BioScience, 67, 2017.

4 « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue », Bertaux et al., Le Monde, 10/10/2018.

5 Le jour du dépassement est la date à partir de laquelle l’empreinte écologique dépasse la biocapacité de la planète. La biocapacité, c’est l’offre de la nature ; l’empreinte écologique, la demande humaine. Le calcul de ce jour est régulièrement controversé.

6 Jean-Loup Bertaux,  Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence, éditions Fauves, 2017.

 

[ MAKE FRANCE IMAGINATIVE AGAIN ! ] Le film de la tournée française de Rob Hopkins

Créé le : 05/09/2019

La transition est un formidable vecteur de progrès et de solidarité. Preuve fut faite en avril 2019, lors de la venue en France de Rob Hopkins. Cet événement fut organisé par l’association Souleù / la Vallée du Gapeau en transition, le magazine Sans transition ! et Actes Sud, qui ont souhaité avec ce film présenté aujourd’hui, retracer cette aventure humaine. « Make France imaginative again ! ».

Nous vivons indubitablement dans une époque charnière où les enjeux tant climatiques que sociaux sont considérables. Les études sur le climat, l’action des mouvements de la jeunesse et de désobéissance civile éveillent toujours plus de consciences dans le monde.
L’association La Vallée du Gapeau en transition, ainsi que la revue Sans transition !, tous deux des acteurs engagés, ont souhaité donner un écho à ces préoccupations. Quoi de plus engageant qu’une rencontre avec Rob Hopkins ? L’idée d’organiser un  tour de France de la transition semblait être la meilleure réponse à apporter, afin de proposer des alternatives sur les territoires.
L’initiateur du mouvement mondial des villes en transition a donc répondu à notre invitation. Du 14 au 19 avril 2019, dans plusieurs régions françaises, plus de 4 000 personnes sont venues l’écouter et dialoguer avec lui.
Parce que ce tour de France de la transition n’est que l’amorce d’une volonté commune d’œuvrer sans cesse en faveur des transitions, nous avons souhaité le matérialiser sous la forme d’un documentaire. Un film qui retrace cette semaine fantastique, qui témoigne du formidable engouement qu’a suscité cet événement et qui met à l’honneur tous les acteurs engagés sans qui ce projet n’aurait pas pu voir le jour (collectifs, associations, bénévoles, partenaires financiers). Et si les rênes de notre avenir n’appartenaient qu’à notre seule imagination collective ?

Visionnez le film :

Rob Hopkins reviendra en France le 28 septembre à Hanvec (29), à l’occasion de la grande conférence sur l’environnement organisée par le Conseil départemental du Finistère, ainsi qu’en début 2020 pour une nouvelle tournée exceptionnelle ! Plus d’infos à venir.

> Consulter le communiqué de presse :

 

[ LA SÉLECTION DES LIBRAIRES ] L'Humanité en péril, Fred Vargas

Créé le : 23/08/2019

Mais quelle mouche les a piqués ? Interloqués ou révoltés, pragmatiques ou rêveurs, lanceurs d’alerte, poètes ou romanciers, des auteurs, sélectionnés par des libraires qui diffusent Sans transition !, manient la plume et l’encre pour dire leurs convictions en termes d’écologie et d’humanisme. Des mots forts, percutants, qui tantôt interpellent, tantôt bousculent ou touchent, mais qui, jamais, ne laissent indifférents. Dans son dernier numéro, Sans Transition ! vous donne à lire ces extraits, en vous souhaitant un bel été.

L'Humanité en péril, virons de bord, toute !

Fred Vargas

Le mot du libraire

Un livre "coup de poing" sur l’avenir de la Terre et le vivant. Des thèmes aussi divers que la voiture, électrique ou non, la surexploitation des ressources naturelles, la déforestation en pas- sant par l’éolien sont abordés. Fred Vargas donne également des pistes pour améliorer la situation de notre planète. Un ouvrage rageur qui interpelle les consciences !

 
" Mais, hormis notre voix dans l’urne, nous aussi, comme je n’ai eu de cesse de le répéter, nous avons beaucoup à faire et sommes capables de peser lourdement sur l’indispensable chemin à venir. Et je commence par le secteur essentiel, on l’a vu, de l’élevage et de l’agriculture associée, qui ont atteint des proportions démesurées et destructrices. Pour rappel rapide, le couple élevage-agriculture génère 37 % du méthane, 65 % du protoxyde d’azote et 9 % du CO 2 du total des émissions de l’humanité, plus des gaz fluorés utilisés pour la chaîne du froid. Il est aussi le plus grand poste de la consommation de l’eau dans le monde (70 %), et la première cause de pollution de l’eau. Il est également responsable de la déforestation, de l’épuisement des sols, de celui du phosphore, et des pluies acides. Un bilan énorme et catastrophique, sur lequel nous pouvons agir vite et directement : en réduisant notre consommation de viande, de 90 % pour les pays développés en particulier, en bannissant la charcuterie nitritée cancérogène, en refusant les bio carburants.
Je l’ai déjà écrit: moi non plus cela ne m’amuse pas de me priver de viande ! Mais ce faisant – et nous devons le faire -, nous ferons basculer tout le système agroalimentaire du monde, nous réduirons ainsi de manière déterminante l’empreinte des gaz à ef fet de serre, l’épuisement de l’eau, la déforestation, la pollution des eaux, la destruction des sols, nous éviterons la fin du phosphore, nous mettrons fin aux pluies acides et nous rendrons aux populations les sols dont elles ont besoin pour se nourrir ou les reforester. Pensez, pour accroître votre courage dont je ne doute pas, aux conséquences très graves pour la santé de cette surconsommation folle de viande et de viande transformée (la charcuterie), de laitages et de fromages. Mais ne remplaçons pas inconsidérément la viande par trop de poisson (beaucoup sont menacés de disparition), chargé de métaux lourds, efforçons-nous de suivre les consommations hebdomadaires ou mensuelles que j’ai données au cours de ce petit texte."
 
L'Humanité en péril, virons de bord, toute !
Fred vargas
Ed. Flammarion
15 euros

SEVERN CULLIS-SUZUKI - "Au nom des générations futures"

Créé le : 14/03/2019
David Suzuki Foundation

A l'occasion de la mobilisation sans précédent menée depuis plusieurs semaines par les étudiants du monde entier contre l'inaction climatique des décideurs politiques et à l'aube des grandes manifestations climat des 15 et 16 mars prochains dans toute la France, nous avons choisi de republier une interview de Severn Cullis-Suzuki, parue en mai 2016 dans le dernier hors-série de Bretagne Durable. Cette canadienne prit la parole à l'âge de 12 ans, comme Greta Thunberg, mais lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, afin d'alerter les politiques sur l'état de la planète. Un combat qui n'a pas pris une ride, trente ans plus tard... Inaction vous avez dit ?

« Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés partout dans le monde et dont les cris ne sont plus entendus. J’ai peur de m’exposer au soleil à cause du trou dans la couche d’ozone. J’ai peur de respirer l’air car je ne sais pas quelles substances chimiques il contient... »

Ces paroles ont été prononcées lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par Severn Cullis-Suzuki, alors âgée de 12 ans et dotée d’un aplomb hors du commun. A 37 ans, cette canadienne poursuit son combat, en donnant des conférences et en sensibilisant le plus grand nombre grâce à sa visibilité dans les médias.

Severn, on a particulièrement entendu parler de vous en france à travers le film éponyme de Jean-paul Jaud, « severn, la voix de nos enfants » sorti en 2010. vous êtes connue pour votre engagement. Quelle est votre action principale aujourd’hui ?

Mon rôle le plus important est celui de mère. J’ai 2 petits garçons ; et non seulement cela m’a appris des choses sur moi-même, mais cela m’a également fait penser aux changements que nous affrontons chaque jour. Aux changements que nous demandons aux gens de faire et à quel point il est difficile de les mettre en oeuvre. Je dirais même que c’est presque impossible. Soyons franc. Qui prend les décisions sur la tenue d’une maison, sur les concessions quotidiennes que les humains font ? Ce sont les femmes, les mères. Or ces mêmes femmes, déjà tellement occupées et qui ont tellement de responsabilités à qui on demande de faire des efforts colossaux pour préserver la planète. C’est injuste. Je réfléchis à cette question fondamentale en lien avec le fait que les individus ont besoin d’aide, d’infrastructures, de changement systémique pour répondre favorablement aux enjeux environnementaux.

En tant que femme, mère, épouse tout en étant engagée pour défendre l’écologie, peut-on dire que vous êtes une « chercheuse d’équilibre » ?

Il est certain que je suis constamment en train de chercher un équilibre. Et pour le garder , je passe beaucoup de temps dans la nature. Mais dans le même temps, je ne pense pas que l’équilibre soit véritablement quelque chose qu’il est possible d’atteindre. Je fais partie de la génération des femmes du XXIe siècle. Ma génération suit celle des années 60 qui s’est battue pour l’égalité et les droits des femmes. Aujourd’hui, on attend de nous de tout faire, tout réussir. Or il y a moins de femmes dans la politique qu’il y a quelques temps. Pourtant le rôle des femmes dans ce champ maintient la société dans un certain équilibre. Je m’interroge.

Qu’est-ce qui a changé depuis vingt ans, depuis votre première prise de parole publique ?

Nous avons toujours une seule planète pour 7 milliards d’habitants. Et nous n’avons plus les capacités de continuer de la même manière. Nous sommes dans une nouvelle ère, dans laquelle nous devons nous inscrire dans une montée en puissance en matière de développement durable. Notre ingéniosité ne peut plus être une simple option. Encore faut-il que les décideurs aient la connaissance et la capacité d’avancer et d’intégrer une vision des ressources à long terme. Car nous continuons de traiter le climat par exemple avec une approche politique et une pensée linéaire, ce n’est pas suffisant. Aujourd’hui, nous sommes dans une crise de culture et nous devons être capables d’identifier les liens entre les crises énergétiques, économiques et environnementales. Nous vivons un moment historique.

 

Redécouvrez son discours de 1992 à Rio de Janeiro :

[VIDEOS] - André Bucher : « Mon roman parle d'un combat pour la sauvegarde d'un lieu »

Créé le : 16/10/2018
André Bucher présente son nouveau roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste) - DR

Il se présente comme un écrivain-paysan. Nous avons rencontré André Bucher, durant la dernière foire bio de Montfroc (26), les 6 et 7 octobre derniers. Dans une série de trois interviews vidéos, l'homme de la vallée du Jabron nous a parlé de son dernier roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste). Roman dans lequel l'évocation du projet de méga-centrale à bois de Gardanne (13) et ses potentiels impacts dévastateurs sur la forêt ne serait que fortuite...

Retrouvez-ci dessous la chronique d'Un court instant de grâce parue dans le dernier numéro de sans Transition !


A lire : BOIS ET ENERGIE : VERS UNE GESTION RESPONSABLE DES RESSOURCES FORESTIÈRES ?


 

       

 

 

 


Chronique - LA BATAILLE DU BOIS
 
Émilie vit sur les pentes de la montagne de Palle. Depuis la mort de son compagnon, elle cultive seule ses terres, avec force et détermination. Son existence est bousculée par un projet de centrale à biomasse qui menace la forêt. Mais aussi par Victor, ami (amour ?) d’enfance, qui revient vers elle, sans crier gare... Avec ce neuvième roman, André Bucher fait référence à la controversée centrale électrique de Gardanne, dans les Bouchesdu- Rhône (lire Sans Transition ! N° 5). Loin des images d’Épinal, l’auteur décrit, avec réalisme et sensibilité, le combat, les joies et les peines de celles et ceux qui vivent au quotidien une certaine ruralité. De la résistance à la complaisance, il donne à voir le petit théâtre de la vie d’une vallée, confrontée aux impacts de ce que d’aucuns qualifient de « grand projet inutile ». Le tout sous le regard d’une nature imposante, qui semble n’en penser pas moins...
 
Un court instant de Grâce, André Bucher, Le Mot et le reste, septembre 2018, 208 pages, 19 euros

[CONFERENCE] - Les effets sur notre santé des pesticides et des Perturbateurs endocriniens – François Veillerette (Générations Futures)

Créé le : 10/10/2018
François Veillerette, directeur de Générations Futures - Crédit : Générations Futures

François Veillerette, Directeur de l'association Générations Futures, donnera une conférence exceptionnelle sur le thème « Pesticides, Perturbateurs endocriniens, quels effets sur notre santé ? » , jeudi 11 octobre à 19 heures à la Maison de l’Environnement de Lyon, 14 avenue Tony Garnier, Lyon 7ième. Un événement auquel Sans Transition ! Auvergne-Rhône-Alpes est partenaire. 

Comment nous protéger ?

François Veillerette décrira les graves effets nocifs de ces produits dangereux et surtout nous donnera des clefs pour nous protéger et protéger nos enfants. Il est est une voix forte en Europe sur le sujet et auteur de nombreux ouvrages, notamment Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, coécrit avec Marine Jobert aux éditions Buchet – Chastel (2015). Plus récemment, il a écrit avec Fabrice Nicolino le manifeste Nous voulons des coquelicots, (Les Liens qui Libèrent, 2018) en lien avec la pétition du même nom demandant l'interdiction des pesticides de synthèse.

A lire : notre enquête, Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ? 

Entrée libre.

Plus d'infos : www.facebook.com/events/179310989615389/

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