écologie

Edgar Morin : « Tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique doit être mis en œuvre »

Créé le : 09/10/2018

Propos recueillis par François Delotte

Cinquante ans après Mai 68, le philosophe Edgar Morin voit une filiation indirecte entre ce mouvement et les actions des collectifs citoyens comme Alternatiba, les Jours heureux ou encore les Faucheurs de chaises. Du haut de ses 97 ans, il demeure un observateur averti de la vie politique. Cet ancien résistant, témoin du Front populaire, reste habité par la lutte pour les progrès sociaux et écologiques. Rencontre.

Vous avec été témoin ou acteur de plusieurs mouvements de lutte pour le progrès : 1936, la Résistance et 1968. Cette dernière étape était-elle dans la continuité des deux premières, ou était-ce une rupture ?

Je pense qu’il y a des éléments communs. Dans la Résistance, nous étions beaucoup de jeunes. Je faisais partie de la génération qui avait entre 20 et 23 ans, à l’époque. Et nos responsables avaient entre 28 et 30 ans. Il y avait des gens plus âgés, bien sûr. Mais une partie de la jeunesse — notamment la jeunesse maquisarde qui n’était pas partie en Allemagne — a joué un rôle important dans ce mouvement.

Concernant 1936, nous avions senti une aspiration profonde à une autre vie, qui s’est manifestée par ce « juin 1936 » de grèves, avec les gens qui se parlaient entre eux... Un peu comme la première semaine de Mai 68.  Avec un climat euphorique, qui dans un second temps a été condamné et réprimé.

J’appelle ces moments des « extases de l’Histoire ». Des moments qui ne peuvent pas durer longtemps, mais qui sont des épanouissements de poésie, de vie, de communion, de fraternité, de générosité.... Je pense que dans les périodes désertiques de la vie apparaissent souvent ces moments magnifiques. Il faut essayer d’en garder le souvenir et les renouveler.

Comme vous l’écriviez à l’époque, 1968 était une brèche dans laquelle les volontés d’émancipation se sont engouffrées. Mais celle-ci n’est-elle pas en train de se refermer, avec le retour d’un certain conservatisme ?

Beaucoup de gens croyaient que c’était un début de révolution — comme les maoïstes et les trotskystes — ou bien sa répétition générale. Moi, je voyais que c’était beaucoup plus un message qui allait s’enraciner dans l’Histoire et donner des produits divers. C’est ce que j’ai voulu dire en utilisant le mot de « brèche ». Dans l’immédiat, des soixante-huitards ont quitté le travail salarié pour aller élever des chèvres ou des moutons dans le Larzac ou ailleurs. D’autres sont allés travailler en usine pour partager le sort des ouvriers.

Dans un second temps, je crois que ce mouvement a contribué au déclin du Parti communiste et du Parti socialiste. Dès les années 1977, le message des dissidents soviétiques est arrivé, on a vu que le maoïsme était devenu grotesque, que le Vietnam n’était pas seulement émancipateur... Et c’est vrai que beaucoup de soixante-huitards, ceux qui avaient l’espérance d’un autre monde, d’une autre société, ont été rapidement déçus. Une bonne partie d’entre eux s’est adaptée ou résignée. C’est pourquoi, parmi les critiques de Mai 68, on entend dire que ce mouvement a contribué à la société de consommation. Mais il y a contribué par la déception provoquée par le retour de l’ordre ancien.

Cela dit, il existe aujourd’hui une floraison d’associations à caractère d’entraide, de solidarité, promouvant l’agroécologie ou le renouvellement de l’école... C’est le cas d’Alternatiba ou encore des Jours Heureux. Et, comme pour Mai 68, il y a deux branches dans cet ensemble : celle qui prépare concrètement dans des oasis de vie la nouvelle civilisation et la branche violente qui, en général, joue un rôle négatif, car elle empêche la branche pacifique de se développer. Il y a là un héritage indirect de Mai 68, mais renouvelé, régénéré d’une autre façon.


Voir aussi : Alternatiba : « Nettoyer la Société Générale de ses investissements sales »


Aujourd’hui, on peut avoir l’impression que la jeunesse est peu animée par un sentiment fraternel, que la majorité des jeunes luttent plutôt individuellement pour s’insérer dans la société et le marché de l’emploi. Les conditions ne sont-elles pas pourtant réunies pour inciter les jeunes à un engagement massif ?

Jusqu’aux grandes grèves de 1995, il existait un courant uni de rébellion massive de la jeunesse. On voit qu’aujourd’hui, une partie de cette jeunesse, non seulement se détourne des mouvements de solidarité, par exemple à l’égard des migrants, mais peut même se tourner vers les idées régressives du repli national, en manifestant contre le mariage pour tous ou en rejoignant le Rassemblement National... Pourquoi ? Parce que nous avons un dépérissement du peuple de gauche et de la culture de gauche.

Au début du XXe siècle, les instituteurs apportaient dans les campagnes et les villes les idées du progrès. Les partis politiques étaient des pépinières dans lesquelles on se formait une conscience internationaliste, dans un mouvement de solidarité avec les travailleurs au niveau mondial. Pendant longtemps, le Parti communiste, en dépit de son stalinisme, formait à cet humanisme marxiste. Aujourd’hui, le PC est mort, le PS est mort, les gens de ma génération sont morts. Il faut essayer de repenser, de retravailler la gauche, et c’est cela le plus difficile. Lorsque je fais des conférences sur la refondation politique, il n’y a aucun homme ou femme politique présents. Aucun politique ne s’intéresse à ces choses-là. C’est un changement de structures économiques, sociales, mentales qu’il faut mettre en place. Le paradoxe, c’est que le gouvernement actuel ne jure que par le changement, mais ne change que ce qu’il faut pour ne rien changer.

Pourtant, il n’y a jamais eu autant d’enjeux : dérèglement climatique, accroissement des inégalités, chômage... Comment mobiliser les gens, les amener à fraterniser et à agir ensemble ?

C’est un problème pour lequel il n’existe pas de recette magique. Cela nécessite des prises de conscience, une propagation des idées. Mais, désormais, le gros de la presse est entre les mains de puissances économiques. Il y a beaucoup de résignation et d’apathie. Ces mouvements de solidarité que nous évoquions précédemment devraient s’associer et commencer à élaborer une pensée qui au début serait une pensée suprapolitique : avant de penser aux élections, il faut penser à être une force qui représente une voie. Il est nécessaire de prêcher, mais l’on prêche souvent dans le désert. Nous ne sommes malheureusement pas maîtres du temps. Et le temps travaille plus pour les forces régressives que pour les nôtres. Notamment parce que le système politique actuel consiste à réduire la politique à l’économie. C’est la croissance, c’est le PIB ! Gardons à l’esprit que les époques régressives existent. J’en ai vécu. Nous devons entretenir les îlots de résistance.


Voire la vidéo : Jean Jouzel : « Nous avons deux ans pour agir »


Est-ce que, justement, l’essor de ces mouvements citoyens autour de l’écologie, des questions fiscales ou des alternatives, est une façon de rouvrir la brèche ?

A mon avis, le sujet n’est pas seulement d’ouvrir une brèche, mais aussi d’inaugurer les prémices d’une nouvelle société. Nous en sommes à un point très préliminaire. Mais nous devons construire une pensée directrice, ce qui est un travail de longue haleine.

Vous avez vous-même pu prendre part à ce type de mouvement, en « fauchant » une chaise, en 2015, dans une banque de Bayonne, pour protester contre l’évasion fiscale...

Il me semblait que l’évasion fiscale devait être combattue, car c’est une perte de moyens considérable pour l’ensemble des citoyens. À mon sens, tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique qui domine partout, qui court dans les ministères, qui influence le gouvernement et qui empêche beaucoup de prises de conscience, doit être mis en œuvre.

Justement, que vous inspire la démission de Nicolas Hulot, qui illustre une sorte d’impasse face aux lobbies ? La politique au sens « classique » du terme est-elle devenue incapable de relever les grands défis de notre époque ?

Je pense que Nicolas Hulot s’est trouvé à vivre une contradiction, en se disant « peut-être que si je reste je peux faire quelques petits pas en avant. Et si je pars, j’abandonne ». Finalement, il a eu une révélation résumée par cette phrase : « J’en ai assez de me mentir à moi-même. » C’est ça qui est le plus important. Car il s’entretenait dans l’illusion de pouvoir changer les choses. Notamment par l’intermédiaire de la position de camaraderie dans laquelle l’entretenaient le Premier ministre et le Président. Maintenant, il peut devenir le porte-parole de la nouvelle voie politique écologiste qu’il connaît très bien. Il sait que les grands changements ne peuvent pas se faire dans le cadre actuel. Pas seulement dans le cadre national, mais dans le cadre mondial. Il sait très bien que cela nécessite une révolution des esprits et une transformation des mentalités. Même si cela est difficile, je pense qu’il doit assumer une nouvelle responsabilité de porte-voix qui s’offre à lui.

Permaculture : un retour à la nature ?

Créé le : 25/09/2018
Un espace de permaculture © Quentin Caffier

Par Cyprien Caddeo

Ne jouissant pas encore d’une reconnaissance universitaire et institutionnelle en France, les méthodes de permaculture se transmettent à l’occasion de cours certifiés de permaculture. Des stages aux faux airs de colonies de vacances, qui mettent l’accent sur l’écologie et plus largement sur le lien social et le collectif. Reportage à La Gaude, dans les hauteurs de Nice, aux côtés de l’association Permacultive.

C’est à la Seguinière, dans un domaine dévoré par la végétation sauvage, que se tenait, du 19 août au 2 septembre, un cours certifié de permaculture (CCP), sous la forme d’un stage de deux semaines. Le matin, avant le début des cours à 9 heures, le groupe se rassemble et forme un cercle. Tout le monde se tient par l’épaule. Une musique de méditation s’élève, mais l’esprit zen est rapidement contrecarré par des rires et des petites blagues. On se félicite brièvement de la démission de Nicolas Hulot, qui vient d’avoir lieu en direct à la radio. L’heure est à la convivialité, les chakras attendront. Certains prennent la parole, remercient le groupe pour « cette super belle énergie, ce sentiment d’unité ».

À la pause de midi, le groupe se rassemble pour déjeuner. Au menu : lentilles, quinoa, briques au fromage de chèvre, mousse au chocolat. ...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

Lyon : des classes vertes dès la maternelle

Créé le : 04/06/2018
L'Atelier des saisons organise des ateliers de jardinage et de cuisine dans des écoles lyonnaises - Crédit : L'Atelier des saisons

L’Atelier des saisons propose des cours de jardinage et de cuisine dans les écoles maternelles et primaires du bassin lyonnais. Une initiative qui permet de replacer la nature au cœur de l’apprentissage : retour sur une année scolaire très écolo !

 

Juin, bientôt les vacances, les écoles vont fermer leurs portes. À Lyon, les enfants d’une quinzaine d’écoles de la métropole s’apprêtent à poser leurs arrosoirs et à dire au revoir à leurs potagers. Depuis octobre, ils apprennent ce que beaucoup d’entre nous oublient : travailler la terre, planter, patienter, récolter, préparer et déguster les fruits de la terre. C’est ce cycle immuable de la nature que l'entreprise L’Atelier des saisons enseigne depuis un an, de la maternelle au CM2, entre jardinage et cours de cuisine.

6000 enfants des écoles partenaires de l'opération ont semé des milliers de graines, cultivé 10 000 plantes, mais aussi confectionné des rouleaux de printemps ou des soupes aux orties. Certains ont même eu la chance de faire du pain et de presser du jus de pomme.

Transmettre le goût de la nature

Et si protéger l‘environnement passait d’abord par la connaissance de la nature et de ce qu'elle peut nous offrir ? C’est le pari de Paul-Yvan de Saint Léger, fondateur des ateliers. « Je suis parti d’un constat simple : aujourd’hui, tout le monde a conscience qu’il faut prendre soin de la planète, mais les écoles n’ont jamais été autant bétonnées et les enfants aussi coupés de la nature ! » Pour l’ancien banquier, qui a radicalement changé de vie il y a deux ans, apprendre à jardiner et à cuisiner devraient être des enseignements incontournables. Après onze années passées dans la finance, il décide d’entreprendre un CAP cuisine et de se faire la main auprès de maraîchers du bassin lyonnais.

Épaulé par un architecte paysagiste et un étudiant en génie végétal, Paul-Yvan de Saint Léger intervient dans les classes pour sensibiliser les enfants aux phénomènes de la pollinisation, de la germination… « Au début, ils peinaient à citer trois plantes, désormais ils en connaissent une vingtaine, voire une trentaine », se félicite-t-il avant d’ajouter : « Nous avons surtout semé des souvenirs très positifs liés à la nature ! »

L’année prochaine, l’aventure continue. En plus des activités habituelles, de nouvelles idées voient le jour : lutte contre le gaspillage alimentaire ou, éventuellement, un système d’aquaponie pour réussir à cultiver des légumes en symbiose avec un élevage de poissons. De grands défis pour les plus jeunes ! 

Plus d'infos :

www.latelierdessaisons.fr

[LIVRE] - Dix ans de tourisme durable

Créé le : 24/05/2018

Voyageons-Autrement.com, premier portail d’information sur le voyage responsable et durable, sort un livre pour fêter et compiler ses dix années d’activité.

Quatre cents pages. C’est le cadeau que s’est offert le site Voyageons-Autrement.com pour matérialiser une décennie de travail passée à informer et fédérer les internautes autour du voyage responsable et durable.

« Nous avons commencé par lancer Consom-acteur.com, un portail de commerce équitable qui permettait d’acheter moins cher et solidaire », explique le fondateur Romain Vallon. « On traitait de biens de consommation classiques mais pas de voyages. Or, je ressentais le besoin d’entrer en dynamique avec les gens qui sont en mouvement. » Ainsi Romain lance Voyageons-Autrement.com en 2008, en parallèle de son métier d’ostéopathe. « C’est aussi un désir d’équilibrer mes activités, motivé par un mélange de philosophie et de militantisme. »


Boîte à outils

Porté par une équipe technique et éditoriale – « un véritable collectif, même si le statut reste une SARL » –, Voyageons-Autrement.com s’est imposé comme l’agrégateur de contenus de référence autour du voyage responsable et durable. Le site fait le lien entre tous les acteurs du milieu : professionnels, grand public, associations, bloggueurs, journalistes…

Aujourd’hui, la plateforme compte plus de 4 000 articles. L’ouvrage intitulé « 10 ans de voyages autrement – le guide » rassemble les meilleurs contenus (travail d’enquête, de terrain, interviews, rencontres, chroniques, etc.) dans l’optique de retracer l’évolution du tourisme durable sur dix ans.

« Lorsqu’on me demande quelle est la définition du tourisme durable, plutôt que de donner une définition technique, je botte en touche. Les thématiques sont tellement transversales ! La preuve : au départ, le livre devait faire cent vingt pages. Il en fait finalement quatre cents ! » De quoi vous faire votre propre idée sur le sujet. Et vous inviter au voyage... Autrement !

Plus d'infos

www.voyageons-autrement.com/leguide/


 

Vandana Shiva à Marseille : du théâtre au jardin

Créé le : 16/03/2018
JD / LMDP

Par Eric Dehorter

Vandana Shiva était à Marseille, pour une conférence exceptionnelle organisée par Sant Transition !, au théâtre Toursky, le 21 février dernier. Le lendemain matin, elle se rendait dans des jardins collectifs des Quartiers Nord en compagnie de l'équipe de tournage de PrioriTerre, programme diffusé sur France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Récit par Eric Dehorter, journaliste de l'émission...

 

A Suzanne

 

Elle est là souriante, dans le salon de l'hôtel, à 8h30 du matin, enveloppée dans un grand duffle-coat bleu marine, qui recouvre son sari. Vandana aurait certainement préféré rester au lit à ne rien faire, c'est son activité préférée quand elle ne parcours pas le monde pour porter le message de l'agriculture paysanne qui doit se débarrasser de l'agrochimie. Mais son agenda lui laisse rarement ce loisir.

Hier elle a été acclamée au Théâtre Toursky dans une salle enthousiaste mais elle est presque rentrée à minuit. Et ce matin, elle sera accompagnée par une équipe de tournage de télévision pour le magazine PrioriTerre de France 3.

En plus, c'est probablement un des jours les plus froids de l'année à Marseille avec un vent qui ne donne absolument pas l'envie de faire des visites.

Mais elle attend avec bienveillance de rencontrer ces marseillais qui animent des jardins collectifs et partagés dans les quartiers nord de Marseille avant de repartir pour une autre conférence, à Montpellier cette fois.

Première rencontre avec Lucile et le collectif Chiendent, un jardin situé dans le quartier des Borels au domaine de l'Annonciade. A l’origine c’est Ambroise, fils de la propriétaire des lieux qui doit accueillir Vandana. Il a prévenu sa maman toute heureuse de la venue de Vandana à l’Annonciade. Suzanne est hospitalisée et doit revenir l’après-midi même finir ses jours dans la maison.

Comme si la visite de Vandana était déjà un hommage, on prévient Ambroise que Suzanne a choisi ce moment pour partir. Emotion dans le groupe, il doit partir pour l’hôpital, il reviendra plus tard. Lucile prend la relève

Au départ c'est Suzanne, la propriétaire des lieux où s’est montée autour d’elle une coopérative d'habitants, qui a accepté d'ouvrir son jardin aux habitants sans terre en mal de jardinage, à côté d'un morceau réservé aux résidents (même si ça se mélange parfois avec bonheur). On s'inspire des techniques de la permaculture, de l'agroécologie et même de l'agroforesterie puis qu'il y a un petit bois en devenir de forêt nourricière dans le terrain.

Vandana Shiva découvre des choux kale qui poussent en plein Marseille - JD / LMDP

Des graines 'Vandana Shiva » dans les Quartiers Nord

Les amandiers sont en fleurs, Vandana en profite pour évoquer l'amande de Californie qui domine le marché avec les trois quart de la production mondiale, au prix d'une industrialisation qui consomme 10% de l'eau de la Californie, importe des tas de ruches au moment de la pollinisation, pour un produit aux piètres qualités gustatives et nutritives. N'achetez pas d'amandes de Californie, vivent les bonnes amandes !

Elle découvre la blette rouge: "quelle merveille de dessin et de conception cette feuille !" Déguste une feuille de chou Kale de Florence: vous savez il y a deux choses qui ont conquises le monde ces derniers temps grâce à leur qualités nutritives: Le chou Kale et le curcuma d'Inde pour ses propriétés notamment anticancéreuses.

Le collectif Chiendent lui explique qu'ils travaillent sur les semences paysannes et regardent ce qui est le mieux adapté au terroir. Ils viennent deux fois par mois et utilisent la plupart du temps les légumes produits sur place pour des repas festifs de solidarité ou de soutien à des causes qui leur tient à coeur.

Par exemple, ils soutiennent le collectif migrants 13 "Al manba" (la source-sous entendu des solutions-en soudanais), ou l'association "Graines et Cinéma" qui apporte des graines paysannes dans des territoires en conflit du moyen orient comme la Syrie et reviennent ensuite avec des images de la vie là bas.

C'est ce qui explique que certains végétaux sont laissés monter en graine dans le jardin. On trouve d'ailleurs dans la réserve, des graines étiquetées "Vandana Shiva". Ce sont des graines sélectionnées au départ par l'association de Vandana, qui ont transitées par le collectif Longo Mai et qui se retrouve à l'Annonciade. Vandana retrouve ainsi au coeur des quartiers nord de Marseille un sachet de graines avec son nom dessus !

"Au fait, vous connaissez l'histoire du nom de mon association? Navdania, les neuf graines ?

Un jour j'étais dans une zone très reculée du Kerala en Inde et je découvre un champ avec neuf cultures! Neuf cultures, mais c'est génial, c'est comme ça que l'on doit provoquer des synergies entre les plantes pour renforcer leur système immunitaire et entre autre se passer des pesticides ! C'est super! "

Sur le côté, un paysan regarde intrigué son enthousiasme et utilise un nom de sa langue locale: "Evidemment! Navdania, les neufs graines: il y a neuf planètes dans notre système, alors je plante neuf cultures dans mon champ, ainsi je me préoccupe aussi bien du cosmos que de la diversité alimentaire nécessaire à la bonne nutrition de mon corps ! Navdania, neuf récoltes !

 

Devant cette démonstration pleine de bon sens et d'universalité, j'ai décidé d'appeler mon mouvement Navdania ! "

Vandana Shiva émerveillé par la beauté d'une feuille de blette rouge - JD / LMDP

Apprendre à « faire pousser de la nourriture »

Mais il est déjà l'heure de passer au jardin suivant, le jardin des Aures. Ici c'est Nidal qui lui explique que le site appartient à la paroisse protestante. On y accueille à la fois des cours de français pour étrangers, du soutien informatique ou des distributions des Restos du Coeur. On y trouve également une école à pédagogie alternative, « Bricabracs », type Freinet/ Korczak/ Freire/ Ecole du 3e type, et accessible à toutes les familles avec des cotisations très faibles. L'équilibre financier est difficile à atteindre et l'école, qui se présente plutôt comme un lieu d’espaces éducatifs, est toujours en recherche de soutiens financiers, les chiendents ont déjà prévu un repas de soutien pour la cause.

Justement les enfants sont comme chaque semaine en train de jardiner, de même que d'autres habitants du quartier qui ont eu vent de la visite de Vandana!

Les enfants sont en train d'établir une "lasagne", avec Lilian le jardinier, une technique de culture multicouches empruntée à la permaculture, alternant bois, compost, déchets végétaux frais et déchets de cuisine dans laquelle les plantes seront installées pour que les racines soient à l’aise avec beaucoup de matière organique.

" Vous savez, leur dit Vandana, ce que vous apprenez là, c'est probablement le cours le plus important, savoir faire pousser sa nourriture. Mais il ne faut pas simplement l'apprendre, plus tard il faudra le faire ! " On lui montre un poulailler. Au bout d'un moment Vandana interpelle Nidal.

" Vous savez, vous devriez faire une banque de graines ici, vous êtes bien installés pour ça. Partout il faut sélectionner les graines paysannes qui s'adaptent le mieux au terroir. Ça prend du temps mais au final on a des plantes qui ont beaucoup plus de qualité nutritives que les hybrides produites par les semenciers et qu'on ne peut pas reproduire.

Ici vous pouvez produire vos propres graines et les conserver, je vous mettrai en relation avec mes correspondants européens si vous voulez. Vous savez que nous faisons des formations pour apprendre aux gens à cultiver, conserver, sélectionner les meilleures semences paysannes pour leur terroir. C'est absolument le travail qu'il faut faire.

Les industriels veulent faire croire qu'ils peuvent produire une graine universelle qui peut aller partout mais en fait ils veulent surtout breveter le vivant et en avoir le monopole pour que ça leur rapporte de l'argent. Les petits paysans en Inde qui reproduisent les graines qu'ils ont sélectionnées depuis longtemps, ça ne leur rapporte rien !

Vous devez avoir des variétés adaptées à chez vous ! "

JD / LMDP

C'est déjà l'heure de déjeuner rapidement sur place. Un repas végétarien a été préparé, l'heure tourne, on échange les coordonnées avant le départ de la dame.

Ambroise est de retour, il s’excuse pour l’émotion qui le submerge, il parle de l’Inde et de la relation que sa maman entretenait avec cette culture sans y être jamais allée. Attentive, Vandana lui explique que sa maman a juste changée d’état mais qu’elle est toujours là et que ce qu’elle a semé grandit.

Au jardin des Aures on est content, à deux pas de la cité Kalisté où le collectif anime un autre jardin, eux qui ne voient jamais les édiles de la ville venir à leur rencontre ont reçu la représentante de l'agroécologie d'un des plus grands pays du monde, et malgré son emploi du temps contraint, elle s'est arrêtée pour y semer une nouvelle petite graine !

 


Retrouvez Vandana Shiva dans l'émission Prioriterre, sur France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur, les samedis 24 et 31 mars après le journal de 19h en Provence-Alpes et les dimanches 25 mars et 1er avril, après le journal de 19h, en Côte d'Azur.


Gérard Grec, membre du collectif "Chiendent" présente les activités de cette association de "jardiniers militants" à Marseille.

 

LES SURVOLTÉS D’AUBAIS (30) RECHERCHENT DES FINANCEMENTS POUR PASSER À L’ÉNERGIE SOLAIRE CITOYENNE

Créé le : 25/07/2017
L'association des Survoltés d'Aubais et Enercoop Languedoc-Roussillon. Crédits photo : Les survoltés d'Aubais.

Née du groupe Territoire en Transition Vidourle Vaunage, lui-même fondé à la suite d’une lutte anti gaz de schiste en 2011, l’association Les Survoltés d’Aubais (30) se lance dans le photovoltaïque. Un projet financé sans aucun emprunt bancaire puisqu’il fait appel à la générosité citoyenne. À ce propos, une erreur s’est glissée dans le dossier « Le solaire, enfin sur les rails ? » de notre dernier numéro, puisque nous y indiquions que la campagne de financement était bouclée, ce qui n'est pas le cas ... En effet, celle-ci a été lancée il y a cinq mois et se prolonge jusqu’en mars 2018. Christian Mercier, co-président de l’association Les Survoltés d’Aubais, nous explique la démarche de ce collectif qui ne manque pas d'énergie (renouvelable).

Vous avez décidé d’entrer dans l’ère de l’énergie solaire. Quel est votre projet ?

Nous voulons monter un parc photovoltaïque à la place de l’ancienne décharge publique du village. C’est un lieu symbolique, car on y accumulait des déchets pendant des années, rendant ce coin impropre à toute utilisation. Ces 4000 m² de terrain, dont 1800 m² de capteurs, nous permettront de produire l’énergie nécessaire pour alimenter 170 foyers du village, hors consommation liée au chauffage électrique. Il s'agit de  satisfaire les besoins domestiques (eau chaude, éclairage, informatique) d’un foyer uniquement, et non ses besoins annexes (climatisation, chauffage). Le projet pourra également approvisionner la zone artisanale qui se situe à proximité, ce qui limitera les coûts de transport. Mais la grande particularité de notre initiative est que nous ne faisons pas appel aux banques pour le financer. Il sera entièrement réaliser grâce aux fonds citoyens, associations et entreprises du secteur des énergies renouvelables. Nous estimons son coût total à 330 000€. Le fournisseur d'énergie renouvelable Enercoop, la structure de financement citoyen d'équipements d'énergie renouvelable Énergie partagée et investissement, ainsi que le constructeur photovoltaïque Luxel, en charge du projet d’Aubais, nous soutiennent déjà. Notre projet, élu « pilote » du développement d’énergies renouvelables citoyennes en 2014, a reçu 100 000€ de subventions régionales. Aujourd’hui, c’est une certitude : le parc pourra voir le jour. Mais nous avons encore besoin de collecter 60 000 € citoyens. La construction débutera en mars 2018, et sera opérationnelle au mois d’avril.

Maquette du parc photovoltaïque d'Aubais sur l'ancienne décharge publique. Crédits : Les survoltés d'Aubais

Qu’est ce qui a motivé votre projet de parc photovoltaïque ?

Nous avions envie de monter un projet de production d’énergie renouvelable. Ici sur le territoire, il existe déjà des projets d’installation collective, qui ont été réalisés depuis plusieurs années. La population d’Aubais voulait rendre palpable cette démarche de transition énergétique. À travers cet exemple concret de production d’énergie renouvelable, nous voulons montrer la voie aux citoyens pour qu’ils ne laissent pas leur énergie aux mains de gros industriels. Cela prouve que nous ne sommes pas obligés d’attendre que l’État mette en place des mesures de transition pour agir. L’éolien n’était pas envisageable car nous ne sommes pas dans une zone géographique qui y est favorable. La méthanisation est une opération très lourde sur le plan organisationnel, et difficile à mettre en œuvre pour un groupe citoyen comme le nôtre. Le photovoltaïque est beaucoup plus à notre portée. C’est un cheminement assez court qui se prévoit sur environ 5 ans alors que l’éolien ou l’hydraulique prennent facilement le double ou le triple de temps. Cela reste tout néanmoins des perspectives que nous gardons en tête pour l’avenir.

Quelles sont vos ambitions à long terme ?

Nous allons pouvoir tirer quelques bénéfices de cette production énergétique solaire. Nous ne cherchons pas une rentabilité, mais juste un revenu suffisant pour la survie de notre groupe. Cela permettra de rembourser les investisseurs. La logique est la suivante : la structure SAS (Société par Actions Simplifiée), le Watt Citoyen, va construire et exploiter le parc. Ensuite, elle va vendre à Enercoop l’énergie qu’elle produit. Une fois cet « argent » généré, elle se rémunère et nous verse les droits de conception et de développement. Voilà comment nous allons être en capacité de financer d’autres projets. L’idée est de populariser ce mouvement en initiant les personnes aux économies d’énergie. Mais nous avons d'autres perspectives. Nous avons prévu d’aider une association à monter un groupe d’achat alimentaire. Nous avons aussi l’envie de créer un local associatif collectif à Aubais pour que les associations aient une meilleure visibilité et crédibilité. Un de nos autres objectifs est de maintenir nos opérations d’éducation à l’environnement dans les écoles aux alentours d’Aubais. De l’initiation et de la prévention, c’est ce que nous aimerions faire. Continuer les actions que nous avons déjà en place comme projeter des films pour attirer l’attention sur la transition. Enfin, les idées, ce n’est pas ce qui nous manque !

Plus d’infos :
L'association Les Survoltés d'Aubais
L'association Territoire en Transition Vidourle Vaunage
La ville d'Aubais
La société coopérative Enercoop
L'association Energie Partagée et Investissement
La société Luxel

PESTICIDES - Joël Labbé, sénateur du Morbihan : « Il faut sanctionner les commerces qui enfreignent la loi »

Créé le : 12/07/2017
Joël Labbé sénateur écologiste du Morbihan - Crédit : DR

Une récente enquête de l'association Consommation Logement Cadre de Vie indique que 44% des enseignes qui vendent des pesticides aux particuliers ne respectent pas la réglementation. Trois questions à Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, auteur de la loi destinée à encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires, entrée en vigueur le 1er janvier 2017. 

Pourquoi certains commerces signalés dans l'enquête de la CLCV ne respectent-ils pas la loi ?

Parce que les pesticides chimiques, pour être vendus aux particuliers, doivent être placés sous vitrines. Ils doivent aussi être présentés au client par l'intermédiaire d'un vendeur qui a reçu une formation spécifique de conseil. Il faut rectifier le tir ! Les textes doivent être appliqués. Les choses seront plus simples à partir du 1er janvier 2019 car tous les pesticides chimiques seront interdits à la vente à cette date. Il convient néanmoins de sanctionner les enseignes qui enfreignent la réglementation actuelle. L'idée de Macron et d'En Marche c'est de donner aux entreprises un « droit à l'erreur ». Je propose de passer d'abord par un avertissement avec une mise en demeure d'un mois. Et, le cas échéant, d'adopter des amendes lourdes.

Faites-vous confiance au gouvernement pour faire exécuter la loi, en 2019 ?

La vente sera de fait interdite par la loi. Ce sera plus simple de faire appliquer les règles. Ce qui est en jeu, c'est la santé humaine, la qualité de l'eau et la biodiversité.

Quelles sont les alternatives disponibles aux pesticides chimiques ?

D'abord, il est possible de désherber mécaniquement avec du matériel spécifiquement conçu pour cela. Ensuite, les particuliers et surtout les communes peuvent laisser 15 cm de terre en pied de façade des immeubles, là où poussent habituellement les « mauvaises herbes ». Cela peut inciter les citoyens à se réapproprier l'espace public en y plantant des fleurs, par exemple.

Par ailleurs, il existe une liste de 800 préparations dites « naturelles peu préoccupantes », comme le purin d'orties ou le paillage par exemple. Celles-ci permettent de repousser les insectes indésirables et les parasites et de nourrir les plantes. Ces réponses sont déjà mises en œuvre par les maraîchers bio qui produisent fruits et légumes sans pesticides. Il suffit de les appliquer aux potagers et jardins domestiques.

 

Plus d'infos :

www.clcv.org/actualites/pesticides-vendus-en-magasins-44-des-enseignes-en-infraction.html

 

Des candidats interpellés sur la transition écologique

Créé le : 19/12/2016

Par Laure Salamon

Sollicités sur la transition écologique, plusieurs candidats à la primaire de la gauche ou à la présidentielle ont répondu jeudi dernier. Sans Transition ! a classé leurs prestations.

 

À l’occasion de la sortie du livre L’Âge de la transition : en route vers la reconversion écologique, le Collège d’études mondiales de la Fondation de la Maison des Sciences de l’homme et l’Institut Veblen organisaient, avec la Fondation de l’Écologie politique, l’Université Paris Dauphine et les éditions Les Petits Matins, une rencontre jeudi 15 décembre au Pavillon de l’Arsenal à Paris. But de l’opération : interpeler les candidats ou leurs représentants à la présidentielle 2017 ou à la primaire socialiste sur les enjeux écologiques et démocratiques. Les candidats devaient expliquer ce qu’ils souhaitent mettre en œuvre pour la transition écologique. Un exercice peu évident pour ces politiques puisque la forme adoptée était celle des speed-speaking.Chacun disposait d'un temps de parole très court, seulement huit minutes. Puis ils étaient relancés pendant sept minutes par Dominique Méda, économiste de l’université de Paris-Dauphine, Dominique Bourg, philosophe, et Aurore Lalucq, économiste et co-directrice de l’Institut Veblen, think tank pour des réformes économiques en lien avec l’écologie. L’exercice, loin des formes des discours politiques habituels, exigeait de la concision et imposait donc d’aller à l’essentiel. Bilan.

Les bons élèves de cet exercice :

Yannick Jadot, candidat EELV :Yannick Jadot a démontré – sans entrer dans les détails – que la transition énergétique passait par une réappropriation de cette question par les citoyens à l’échelle locale et qu’elle était au cœur d’une reconstruction démocratique. Il a ajouté que ce qu’il défendait sur l’énergie s’appliquait aussi à l’alimentation. Relancé sur le moyen de financer la sortie du nucléaire, il s’est énervé sur la question car, pour lui, ce qui coûte cher c’est de continuer à investir dans cette filière. Il a d’ailleurs dénoncé la destruction de 15000 emplois dans des PME engagées dans le photovoltaïque dont personne n’a parlé car ces petites entreprises ne sont pas représentées par des syndicats. Il a reconnu qu’il fallait absolument anticiper sur les reconversions d’emplois, sur les transports… Après un discours virulent, le candidat d’EELV a été très applaudi par le public.

Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste : très à l’aise dans l’exercice, le député des Yvelines a rappelé qu’il ne croyait plus au modèle de développement économique qui vise la croissance. « On a bien vu que ça ne marchait pas. » Il a partagé quatre convictions : repenser notre rapport au travail en intégrant de nouveaux indicateurs humains, instaurer un modèle économique moins inégalitaire (réduction du temps de travail) ainsi qu'un revenu universel sur la base d’un RSA revalorisé, notamment pour les jeunes. Enfin, concernant la transition écologique, il a défendu une sortie du nucléaire financée par la taxe carbone et remplacée par des unités de production autonome à l’échelle locale. Pour lui, la transition écologique est forcément liée au social.

Martine Billard (qui représentait Jean-Luc Mélenchon, en déplacement aux Antilles) : elle a présenté les points du programme de Jean-Luc Mélenchon, dont certains étaient déjà inscrits dans son programme de 2012 : protectionnisme solidaire, planification écologique, inscription dans la Constitution de la règle verte (c’est-à-dire ne pas lancer des projets qui prennent plus à la nature que ce qu'elle peut offrir ou reconstituer). Et de donner l’exemple de Notre-Dame-des-Landes qui ne pourrait être initié dans un tel contexte. Elle a proposé aussi la sortie des énergies carbone et du nucléaire, en s’appuyant sur le scénario de NégaWatt, financé par les 41 milliards du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et de faire de Fessenheim un site pilote de démantèlement.

Moyens ou mauvais élèves de cet exercice :

Vincent Peillon, candidat à la primaire socialiste : visiblement pris au dépourvu, l’ancien ministre de l’Éducation a préféré présenter le bilan de François Hollande sur cette question écologique, défendant que des choses avaient été faites. Il a rappelé ses engagements au sein de France Nature Environnement et a gentiment meublé les huit minutes. Relancé sur ses propositions concrètes, il a répondu qu’il les présenterait dans son programme début janvier. Il a conclu par : « La République, je la veux démocratique, sociale, laïque et écologique ». Mais on ne saura pas comment concrètement.

Serge Grouard, représentant de François Fillon et Les Républicains : seul homme de droite dans cet océan de gauche, il n’avait pas la tâche facile. Il a passé ses huit minutes à rappeler l’urgence climatique. Ce qui n’était pas la meilleure stratégie face à un parterre de militants écologistes déjà convaincus. Interrogé par Dominique Méda et Aurore Lalucq sur comment François Fillon comptait travailler la transition écologique, il a fini par dire qu’il était d’accord avec les autres sur l’importance d’économiser les énergies et de développer les énergies renouvelables, sauf sur le nucléaire. Il a aussi rappelé que François Fillon souhaitait faire des économies notamment pour épargner la dette.

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste : il a rappelé que l’écologie ne peut se faire sans les citoyens, sans un prix carbone, sans un changement de système financier. Il veut reprendre une proposition de Nicolas Hulot, notamment sur les investissements, et a souligné la pertinence de plusieurs propositions de Yannick Jadot.

Jean-Luc Benhamias, candidat à la primaire socialiste : il a commencé par rappeler son enthousiasme pour la lutte écologiste. Il a dénoncé la puissance du lobbying nucléaire en France et les deux morts dans les manifestations écologiques. Il a souligné l’intérêt de l’économie circulaire maisn’est pas allé au bout des huit minutes, n’ayant pas de propositions concrètes à présenter.

Gérard Filoche, candidat non validé à la primaire socialiste : il n’a pas parlé d’écologie, il n’a fait que dénoncer le système financier dans lequel nous vivons, expliquant que si on laissait Total ou Volkswagen se comporter comme ils le font, c’était inutile de parler d’écologie ou de transition.

 

Plus d'infos :

L’Âge de la transition : en route vers la reconversion écologique, sous la direction de Dominique Bourg, Alain Kaufmann et Dominique Méda, Éditions Les Petits Matins/Institut Veblen, 2016, 239 p., 23€.

 

Tags: 

Automnales de Thau et Éco-Dialogues du Vigan : en novembre, échangeons autour de l'écologie

Créé le : 08/11/2016

Conférences, débats, projections : en ce beau mois de novembre, les Automnales de Thau (34) et les Eco-Dialogues du Vigan (30) vous proposent une programmation riche en rencontres et en découvertes autour de l'écologie et des transitions.

  • Organisé par le Festival de jazz de Thau, en pointe sur les questions de développement durable, les Automnales de Thau se déroulent du 11 au 25 novembre. Au programme : économie sociale, économie (notamment avec Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques) et biodiversité. Interview d'Agnès Gerbe, assistante de communication et de production du Festival de Thau. Le programme ici. 

  • Co-organisé par la mairie du Vigan, les Éco-Dialogues ont lieu les 17, 18 et 19 novembre dans la cité cévenole. Thème de cette édition : « Médias, environnement, et nous ? ». Interview de Clémence Boisson, élue de la municipalité du Vigan, en charge des affaires sociales et des Éco-Dialogues.  Le programme ici

Tags: 

Pages

Partager

S'abonner à écologie