[INTERVIEW] Gilles Clément : « Nous appartenons à la nature et nous en dépendons »

Créé le : 27/01/2020
Photo : Vincent Brizard

Photo : Vincent Brizard. Gilles Clément se présente comme un jardiner car il donne une « préséance au vivant plutôt qu'à la construction dans l'espace »

Par Élodie Crézé et Julien Dezécot

Jardiner, paysagiste, entomologiste, biologiste : Gilles Clément plonge les mains dans la terre et nous livre son rapport sensible à la nature. Pour ce philosophe et artisan des jardins, il faut cesser de concevoir la nature comme une altérité, et accepter d’en faire intimement partie. Notre avenir en dépend !

Gilles Clément est jardinier, écrivain et paysagiste. Pour lui, l’homme entretient l’illusion de la maîtrise de la nature. Ce rapport de force et cette marchandisation de la nature nous précipitent vers le dérèglement climatique, alors que nous devrions nous atteler à en décrypter les innombrables mystères. Pour la survie de l’humanité.

Vous avez coutume de vous présenter comme un jardinier. Qu’est-ce que ce terme signifie pour vous ?
En effet, bien que paysagiste, je me présente plutôt comme jardinier car je mets les mains dans la terre. Je donne une préséance au vivant plutôt qu'à la construction dans l'espace, même si les deux sont importants. Je suis jardinier au sens où j’établis un dialogue avec le vivant, ce qui n'est pas du tout une obligation pour le paysagiste, qui peut faire un paysage avec du béton, des pierres et du fer. Pour ma part, je suis dans l'obligation de connaître le nom de la plante, comment elle vit, comment on fait pour s'en occuper, est-elle mangeable, dangereuse, à quoi elle sert dans l'écosystème, etc.

 

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