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[INTERVIEW] Gilles Clément : « Nous appartenons à la nature et nous en dépendons »

Créé le : 27/01/2020
Photo : Vincent Brizard

Photo : Vincent Brizard. Gilles Clément se présente comme un jardiner car il donne une « préséance au vivant plutôt qu'à la construction dans l'espace »

Par Élodie Crézé et Julien Dezécot

Jardiner, paysagiste, entomologiste, biologiste : Gilles Clément plonge les mains dans la terre et nous livre son rapport sensible à la nature. Pour ce philosophe et artisan des jardins, il faut cesser de concevoir la nature comme une altérité, et accepter d’en faire intimement partie. Notre avenir en dépend !

Gilles Clément est jardinier, écrivain et paysagiste. Pour lui, l’homme entretient l’illusion de la maîtrise de la nature. Ce rapport de force et cette marchandisation de la nature nous précipitent vers le dérèglement climatique, alors que nous devrions nous atteler à en décrypter les innombrables mystères. Pour la survie de l’humanité.

Vous avez coutume de vous présenter comme un jardinier. Qu’est-ce que ce terme signifie pour vous ?
En effet, bien que paysagiste, je me présente plutôt comme jardinier car je mets les mains dans la terre. Je donne une préséance au vivant plutôt qu'à la construction dans l'espace, même si les deux sont importants. Je suis jardinier au sens où j’établis un dialogue avec le vivant, ce qui n'est pas du tout une obligation pour le paysagiste, qui peut faire un paysage avec du béton, des pierres et du fer. Pour ma part, je suis dans l'obligation de connaître le nom de la plante, comment elle vit, comment on fait pour s'en occuper, est-elle mangeable, dangereuse, à quoi elle sert dans l'écosystème, etc.

 

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Lyon : des classes vertes dès la maternelle

Créé le : 04/06/2018
L'Atelier des saisons organise des ateliers de jardinage et de cuisine dans des écoles lyonnaises - Crédit : L'Atelier des saisons

L’Atelier des saisons propose des cours de jardinage et de cuisine dans les écoles maternelles et primaires du bassin lyonnais. Une initiative qui permet de replacer la nature au cœur de l’apprentissage : retour sur une année scolaire très écolo !

 

Juin, bientôt les vacances, les écoles vont fermer leurs portes. À Lyon, les enfants d’une quinzaine d’écoles de la métropole s’apprêtent à poser leurs arrosoirs et à dire au revoir à leurs potagers. Depuis octobre, ils apprennent ce que beaucoup d’entre nous oublient : travailler la terre, planter, patienter, récolter, préparer et déguster les fruits de la terre. C’est ce cycle immuable de la nature que l'entreprise L’Atelier des saisons enseigne depuis un an, de la maternelle au CM2, entre jardinage et cours de cuisine.

6000 enfants des écoles partenaires de l'opération ont semé des milliers de graines, cultivé 10 000 plantes, mais aussi confectionné des rouleaux de printemps ou des soupes aux orties. Certains ont même eu la chance de faire du pain et de presser du jus de pomme.

Transmettre le goût de la nature

Et si protéger l‘environnement passait d’abord par la connaissance de la nature et de ce qu'elle peut nous offrir ? C’est le pari de Paul-Yvan de Saint Léger, fondateur des ateliers. « Je suis parti d’un constat simple : aujourd’hui, tout le monde a conscience qu’il faut prendre soin de la planète, mais les écoles n’ont jamais été autant bétonnées et les enfants aussi coupés de la nature ! » Pour l’ancien banquier, qui a radicalement changé de vie il y a deux ans, apprendre à jardiner et à cuisiner devraient être des enseignements incontournables. Après onze années passées dans la finance, il décide d’entreprendre un CAP cuisine et de se faire la main auprès de maraîchers du bassin lyonnais.

Épaulé par un architecte paysagiste et un étudiant en génie végétal, Paul-Yvan de Saint Léger intervient dans les classes pour sensibiliser les enfants aux phénomènes de la pollinisation, de la germination… « Au début, ils peinaient à citer trois plantes, désormais ils en connaissent une vingtaine, voire une trentaine », se félicite-t-il avant d’ajouter : « Nous avons surtout semé des souvenirs très positifs liés à la nature ! »

L’année prochaine, l’aventure continue. En plus des activités habituelles, de nouvelles idées voient le jour : lutte contre le gaspillage alimentaire ou, éventuellement, un système d’aquaponie pour réussir à cultiver des légumes en symbiose avec un élevage de poissons. De grands défis pour les plus jeunes ! 

Plus d'infos :

www.latelierdessaisons.fr

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