Zéro Déchet

[ ZÉRO DÉCHET ] La consigne de verre s’implante en Ardèche

Créé le : 10/12/2019
La mireuse permet, lorsqu'une bouteille est passée dans la laveuse, de vérifier sa propreté et son état général (crédit : Élodie Horn)

Depuis l’été, la Drôme-Ardèche applique la consigne pour les bouteilles de verre usagées. Plus écologique que le recyclage, économique, la filière du réemploi semble avoir de beaux jours devant elle. À l’instar de « Ma bouteille s’appelle reviens », une startup qui tente d’entraîner les producteurs de la région dans cette démarche.

Par Élodie Horn

Écologique, économique, favorisant l'emploi localement, la consigne a tout pour s'inscrire dans l'ère du temps. La Drôme-Ardèche regorgeant de producteurs de bières, de jus et de vin local, a réintroduit ce dispositif depuis l'été, afin de réutiliser les bouteilles en verre usagées. En parallèle, la consigne des bouteilles en plastique, présentée comme une mesure phare du projet de loi pour une économie circulaire, a été rejetée par le Sénat, bien que défendue par Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition écologique.

Au centre de la boutique « Comme 3 pommes », une épicerie favorisant la vente de produits bios, locaux et de saison, quatre caissettes remplies de bouteilles de jus de fruits vides sont empilées. Estampillées du logo « Ma bouteille s'appelle reviens », ces casiers permettent de collecter les bouteilles consignées de la ferme Margerie. Cette dernière produit artisanalement, depuis plus de 35 ans dans le bâtiment jouxtant l'épicerie, des jus de fruits locaux à Portes-lès-Valence, dans la Drôme. Manuel Doucet et Vivien Lafite, les fondateurs de la Scop, connaissaient leurs produits et c'est tout...

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[ BIOPLASTIQUES ] La grande embrouille !

Créé le : 27/11/2019
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, complétée par la loi EGAlim, interdit la mise à disposition d’objets plastique comme la vaisselle je-table, saladiers, pots à glace à partir de 2020 … sauf si ceux-ci sont compostables à domicile, et tout ou en partie biosourcés.(crédit : Pixabay)

Une infime partie des plastiques produits chaque année affiche l’appellation « bioplastiques ». Alors que certains finissent leur vie incinérés et que d’autres mobilisent de précieuses terres agricoles, l’ombre du greenwashing plane sur ces plastiques supposés verts. Des chercheurs de nos régions le réinventent dans une logique d’économie circulaire et de moindre impact sur l’environnement.

 

Par Anaïs Maréchal

On le retrouve dans les sacs destinés aux fruits et légumes, certaines bouteilles de soda ou pots de yaourts : le bioplastique. Appellation complexe, « bioplastique » désigne les plastiques biosourcés issus de végétaux, mais aussi les plastiques biodégradables. Et ceux pouvant se targuer d’être à la fois biodégradables et biosourcés sont minoritaires … Le grand écart écologique est bien trop important pour justifier d’une terminologie commune. De fait, la confusion règne. Et l’argument marketing tend à prendre le dessus au détriment d’une réelle avancée écologique.

« La guerre à la pollution plastique est déclarée », annonçait cet été la secrétaire d’état Brune Poirson en lançant son plan de lutte contre la pollution plastique. Depuis quelques années, les industriels se sont déjà engouffrés dans ces effets d'annonce grâce un nouveau produit : le bioplastique. Mais qu’ils soient biosourcés ou biodégradables (voir encadré), les emballages en bioplastique - comme les sacs pour les fruits et légumes - seraient-ils LA solution alternative ?

Les bioplastiques ne sont qu’une aiguille dans une botte de foin. Moins d’1 % des 335 millions de tonnes de plastique produites dans le monde en 2018 étaient des bioplastiques ([1]). Pourtant peut-être, sans le remarquer, avez-vous déjà tenu du bioplastique entre vos mains. Dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance, tous les sacs plastiques à usage unique ont été interdits en France au 1er janvier 2017. Sauf les sacs à la fois biosourcés et compostables, les fameux bioplastiques, qui sont depuis mis à disposition dans nos rayons fruits et légumes. Et la vaisselle jetable s’apprête à subir le même sort en 2020. « Les sacs à la fois biosourcés et compostables représentent 20 000 tonnes sur le marché français, détaille Marie Plancke, déléguée générale du Club bioplastiques, association regroupant l’ensemble des acteurs français de la filière. Ce sont principalement les sacs fruits et légumes, et de façon encore marginale des gobelets ou couverts en plastique. » Au rayon boissons, bouteilles de Coca, Vittel ou Volvic sont aussi en bioplastique, et les pots de yaourt Danone devraient bientôt subir le même sort.

Compostable, biodégradable, biosourcé… les mots ne sont pas simples et le marketing s'en amuse (en abuse?). Le terme « bioplastique » est en fait employé pour deux types de plastiques : biosourcé (c'est-à-dire composé au minimum à 40% de matière d'origine biologique, le reste étant issu de la pétrochimie comme les plastiques conventionnels) et biodégradable (voir encadré). Or « biosourcé » renvoie à la composition, alors que « biodégradable » renvoie à la fin de vie du produit. Deux notions qui ne sont pas liées ! Attention donc à ne pas s’y méprendre : tous les plastiques biosourcés ne sont pas biodégradables, et inversement. 57 % des bioplastiques produits en 2018 n’étaient d’ailleurs pas biodégradables (voir infographie). Les bouteilles de Coca-Cola, composées en partie de canne à sucre, font partie de ces produits non biodégradables, qui seront recyclés ou incinérés comme les plastiques traditionnels. Les sacs pour les fruits et légumes respectent eux, la réglementation : ils sont biosourcés ET biodégradables… ou plus précisément compostables, à domicile.

Pas si biodégradables...

Deuxième source de confusion : la notion de biodégradabilité. L’Ademe ([2]) précise qu’un matériau est dit biodégradable s’il peut être décomposé sous l’action de micro-organismes, comme des bactéries ou des champignons. Le matériau est entièrement détruit, converti en eau, dioxyde de carbone et méthane, pendant que la population de ces micro-organismes croit. « Le terme biodégradable ne veut rien dire si on ne précise pas les conditions dans lesquelles le matériau est capable de se dégrader !, souligne Anne-Fleur Hug, chargée de plaidoyer chez Zero Waste France. Cela rend tout très confus chez le consommateur, à juste titre. »  Des normes encadrent en effet la biodégradabilité des emballages plastiques, qui peuvent être garanties par des labels délivrés par des organismes de certification européens. Si le logo OK Compost Industrial figure sur votre emballage, alors celui-ci a été conçu pour se dégrader dans des composteurs industriels, installés dans les villes collectant les biodéchets ([3]) par exemple. C’est bien souvent le cas de la vaisselle jetable ou des barquettes alimentaires en bioplastique. Les plastiques labellisés OK Compost Home, comme les sacs fruits et légumes, peuvent quant à eux se dégrader dans des composteurs à domicile. Mais attention, comme dans ces petites installations la température est bien moins élevée que dans les composteurs industriels, un plastique OK Compost Industrial ne s’y dégrade pas ! D’où l’importance de vérifier les conditions de biodégradation du matériau grâce à ces labels.

Si les emballages alimentaires représentent presque 65 % du marché des bioplastiques, on les retrouve aussi chez les professionnels sous forme de film de paillage pour l’agriculture, de composants électroniques ou encore d’airbags dans nos voitures (crédit : pxhere).

Mais alors, que devient un sac biodégradable qui se retrouve dans la nature ? À l'instar d'un mouchoir en papier, disparaît-il au bout de quelques mois ? L’Ademe balaie toute ambiguïté en 2016 ([4]) : « Les plastiques biodégradables ne doivent en aucun cas être abandonnés dans la nature. En effet, la biodégradation se fait dans certaines conditions bien précises, qui ne sont pas nécessairement réunies en milieu naturel. » Valérie Massardier, chercheuse en éco-conception des matériaux polymères à l’INSA ([5]) Lyon, explique : « La dégradation d’un matériau dépend de la température, l’humidité et la qualité du microbiote du milieu dans lequel il se trouve. » Il est donc impossible de prédire la vitesse de dégradation d’un sac bioplastique dans la nature. « Il se dégrade probablement plus vite que les plastiques conventionnels, mais c’est très variable et dans tous les cas bien plus long qu’en composteur », détaille la chercheuse. Conçus uniquement pour être compostés, l’appellation « biodégradable » de ces plastiques entretient la confusion. « Les informations disponibles sont incohérentes ou trompeuses : les consommateurs pensent souvent que les plastiques biodégradables sont un meilleur choix pour l’environnement, relate Graham Forbes, chef de projet chez Greenpeace USA. Mais dans la nature, ils vont se fragmenter en petits morceaux, notamment des microplastiques, qui peuvent être ingérés par les animaux et pénétrer la chaîne alimentaire. »

Compostables, ils finissent pourtant à l'incinérateur

Exit donc les  barquettes, gobelets et autres bouteilles OK Compost Industrial du composteur au fond du jardin ! Ceux-ci doivent être collectés, avec les autres biodéchets, par les collectivités dans des bacs dédiés. Ils seront ensuite placés dans des composteurs industriels. Seul hic : aucune filière de valorisation auprès des particuliers n’existe pour les plastiques compostables industriellement, notamment les PLA qui représentent 10 % des bioplastiques du marché (voir infographie). Donc même si vous avez la chance de faire partie des 6% de ménages qui bénéficient d'une collecte de biodéchets dans votre commune, vos plastiques compostables industriellement n'y sont pas acceptés, faute de débouchés ! Résultat : ils finissent en décharge ou incinérés au milieu des déchets non valorisés. Un comble !

Si la collecte des biodéchets (déchets organiques – ndlr) va être généralisée d’ici 2025, la filière ne semble pas prête à s’ouvrir aux bioplastiques. « Intégrer les plastiques compostables rendrait plus complexe le geste de tri pour le consommateur, alors qu’il est déjà difficile de différencier les plastiques recyclables, explique Clothilde Pinet, chargée de mission valorisation biologique à la FNADE ([6]). Et il est pour nous essentiel de mener en amont une enquête sur l’impact de ces plastiques dans le compost final. » Les acteurs de la filière soulignent en effet le manque de connaissances sur le devenir des plastiques compostables, au milieu des autres biodéchets, à l'instar de ceux laissés en pleine nature. La start-up Les Alchimistes, qui composte les biodéchets des professionnels parisiens, intègre depuis un an les bouteilles en PLA du fabricant de jus Yumi dans leur processus de compostage. « Nous démontrons qu’ils peuvent être effectivement compostés dans un contexte habituel, témoigne Alexandre Guilluy, son co-fondateur. Le plastique a complètement disparu et l’analyse qualité de notre compost montre qu’il répond tout à fait à la réglementation ! » Un axe de travail encourageant.

Plastique ou maïs, il faut choisir

Dernier objet de polémique : comme pour les biocarburants, les végétaux cultivés pour fabriquer le plastique biosourcé – maïs, pomme de terre, canne à sucre, etc. – entrent en concurrence avec l’alimentation. Ceux-ci occupaient pourtant en 2018 moins de 0,02 % des terres arables ([7]). Déjà trop pour Graham Forbes de Greenpeace USA : « Une part croissante des terres agricoles est utilisée pour des cultures non-alimentaires, qui modifient les habitats naturels et déplacent les petits agriculteurs. Nous devons réduire la quantité de terres cultivées, et non l’augmenter. » Une partie de la filière des plastiques biosourcés semble cependant prendre conscience de ce problème et se tourne désormais vers des plastiques dits de seconde et troisième générations dans une logique d’économie circulaire. Micro-algues, bois ou encore déchets remplacent la canne à sucre ou le maïs pour produire les bioplastiques (voir article suivant). « L’industrie doit faire ses preuves sur ces formulations, rétorque Graham Forbes. Nous recommandons aux marques de privilégier la consigne. »

Greenwashing ou filière qui mériterait de se développer, le bioplastique ne doit pas se substituer aveuglément au plastique traditionnel. Un quotidien zéro déchet passe avant tout par une proscription des emballages à usage unique. « Le bioplastique est une solution pour des cas particuliers, où les emballages ne peuvent être évités, assène Anne-Fleur Hug de Zero Waste France. N’oublions pas de considérer l’emballage sur toute sa vie : un sac compostable nécessite une chaîne complète d’extraction de ressources, fabrication, transport… Beaucoup de ressources sont consommées en amont pour le produire ! » Le vrac et la consigne seront toujours des alternatives bien plus respectueuses de la planète.

PLUS D’INFOS :

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/adm00013766_adm_attache1.pdf

https://www.zerowastefrance.org/publication/6851/


[1]Rapport European Bioplastics (2018) : « Bioplastics market data 2018 »

[2]Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[3] Déchets organiques comme les épluchures de légumes, restes alimentaires, déchets verts du jardin, papier …

[4]Fiche technique de l’Ademe (septembre 2016) : « Plastiques biodégradables »

[5]Institut national des sciences appliquées

[6]Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement

[7]Rapport European Bioplastics (2018) : « Bioplastics market data 2018 »

 

 

 

 

[ MONTPELLIER ] Une campagne pour soutenir un projet de livraison de repas zéro déchet

Créé le : 12/11/2019

La startup LoopEat et les Coursiers Montpelliérains ont un objectif : révolutionner la livraison de repas et allier gourmandise, gain de temps et écologie ! Ils ont créé un projet de livraison de repas zéro déchet, dont le financement participatif prend fin dans trois jours. On aime et on en parle !

LoopEat est une startup de l'Économie Sociale et Solidaire créée par deux entrepreneuses adeptes du zéro déchet, tandis que les Coursiers Montpelliérains visent à lutter contre le manque d’éthique des plateformes traditionnelles de livraison de repas. Tous deux ont un projet : révolutionner la livraison de repas et allier gourmandise, gain de temps et écologie !

Des livreurs à vélo décemment payés vous proposent de vous livrer des repas écologiques dans des emballages réutilisables et consignés.

Pour finaliser leur projet, ils ont lancé un financement participatif qui prend fin dans trois jours.

> Soutenez-les !

Zéro déchet : un premier « drive tout nu » va ouvrir à Toulouse

Créé le : 18/07/2018
bocal de granola- Crédit : Drive tout nu

Un service de retrait de course sans emballages jetables ouvrira en septembre 2018, à Toulouse. A la croisée de deux concepts innovants, le Drive tout nu allie la facilité des courses au respect de la planète.

C'est une première en France.  Drive tout nu, entreprise toulousaine proposera bientôt un service de retrait de course zéro déchet. Celui-ci sera opérationnel dès septembre 2018, au nord de la ville rose. Les clients pourront venir y récupérer bocaux et autres bidons remplis de denrées alimentaires.

 Le principe est celui d’un drive classique , à l’exception de la phase essentielle qui consiste à ramener ses contenants vides afin qu’ils soient lavés et réintégrés dans la boucle. Pierre Géraud-Liria, cofondateur de l’entreprise avec sa compagne Salomé, rappelle qu’un Français produit en moyenne « 590 kilos de déchets par an » dont la moitié provient des emballages. Et, alors que « le coût du traitement des déchets s’élève à 7 milliards d’euros par an », la réutilisation de bocaux, boites ou bouteilles consommerait 4 fois moins d’énergie que le recyclage.

Cet ingénieur agronome, passé par l’industrie agroalimentaire avant de se lancer dans l’économie circulaire, se tourne en 2017 vers l’entreprenariat pour « changer le monde à petite échelle ».  L’initiative du drive zéro déchet intègre d'ailleurs le parcours entrepreneur de Ticket for Change, association qui accompagne l’éclosion d’innovations sociales.

Bon pour l’environnement et le porte-monnaie

« Le zéro déchet nécessite du temps et une certaine organisation », concède le jeune homme de 31 ans pour qui le temps passé à faire ses courses, le transport avec ses bocaux et leur nettoyage apparaissent contraignants. C’est pour faciliter la vie des personnes qui s'inscrivent dans cette démarche que Pierre Géraud-Liria a créé Drive tout nu.

En plus d’une ambition zéro déchet, Drive tout nu s’efforce de privilégier les circuits courts. 60 % des produits ménagers, alimentaires, cosmétiques sont issus  de moins de 100 kilomètres à la ronde. Le Lauragais, plaine fertile qui s'étend à l'Est de l'agglomération toulousaine,  produit céréales, pois cassés, pois chiches ou encore des lentilles,. De quoi éviter des émissions de CO2 tout en rémunérant des agriculteurs locaux.

Le couple fondateur espère très vite dupliquer son idée ailleurs dans la métropole toulousaine, en Occitanie, voire dans la France entière. Ils travaillent également à adapter des produits plus délicats au zéro déchet, tels la viande et le poisson frais. L’idée étant qu’à terme Drive tout nu puisse couvrir tous les besoins d’une famille. 

Les Jardins de Solène (84) lauréat de l'opération MaFondationMacif

Créé le : 03/07/2018
Solène Espitalié, directrice des Jardins de Solène
Solène Espitalié est directrice des Jardins de Solène (84) et lauréate du prix de l'innovation sociale 2017. Elle vient également de recevoir 174 000 coups de pouce distribués par près de 61 000 sociétaires, élus et salariés du groupe Macif pour l'opération MaFondation fin mai. Elle sera notre invitée le 6 juillet prochain pour une table-ronde engagée, lors du lancement de la délégation de la Chambre régionale d'Economie sociale et solidaire (CRESS) de Paca, en Vaucluse, à Avignon.

MONTPELLIER : CITYZEN MARKET "ÉLU MEILLEUR PROJET ÉTHIQUE DE L’ANNÉE"

Créé le : 20/06/2017
Alexandra et Valentina, créatrices de CityZen Market. Crédit photo : CityZen Market

L'épicerie montpelliéraine (34) « vrac et zéro déchet » a remporté, samedi dernier, le concours « Sème le changement ». L'événement était organisé à Montpellier par l'association Etika Mondo. Plusieurs structures du territoire étaient partenaires de la manifestation, dont Sans Transition ! Occitanie

Alors que l’association Etika Mondo n’attendait qu’une dizaine de candidatures, elle en a recueilli le double. Parmi elles, les dix projets sélectionnés par le public via Facebook ont concouru pour prétendre au titre de meilleur projet éthique de l’année.

Après une matinée de coaching pour les qualifiés au second tour, les lauréats ont foulé les planches de la scène pour présenter leurs démarches. « Encore peu de projets parviennent à concilier une pertinence à la fois éthique et de gestion », c’est le constat dressé par Boris Aubligine, fondateur de l’association Etika Mondo, organisatrice de l'événement. Et qui accompagne tout au long de l'année des projets « éthiques ».

Le bilan est néanmoins très positif. Toute l’équipe est « très heureuse de cette journée qui est allée au-delà de nos attentes car les initiatives présentées étaient toutes de qualité et responsable », souligne Boris Aubligine.

Une équipe victorieuse : CityZen Market

Valentina et Alexandra remportent le prix du projet éthique de l'année. Crédit Photo : CityZen Market

Ravie, l’association Montpelliéraine CityZen Market a remporté la première place du concours : « on est très contentes, c’est un vrai tremplin pour nous », déclarent les fondatrices du projet. C’est dans une démarche de consommation responsable qu’Alexandra et Valentina ont créées leur épicerie 100% vrac en avril 2016. Ayant fait preuve de la viabilité économique de leur projet depuis cette date, elles se sont distinguées car « c’est un des projets les plus aboutis portant une forte cohérence entre leur démarche et leurs actions », mentionne Boris Aubligine avant d’ajouter que « elles ne sont pas simplement une épicerie, elles organisent des ateliers et des événements dans en lien avec leur philosophie ». 

Leur objectif est de rendre le zéro déchet accessible à tous, en montrant qu'il est possible de consommer en générant peu ou pas de déchets. La boutique propose des produits alimentaires, des fruits et légumes frais de Clapiers, des cosmétiques, des produits ménagers ainsi que des produits consignés. Bons pour la planète, mais aussi pour le porte-monnaie, « les produits en vrac sont entre 10% et 40% moins chers que leurs équivalents emballés », assure Alexandra. Les trois premiers lauréats (Citizen Market, Oasis Citadine et Coworking Culinaire) devront se partager 12 500 euros. Grâce à cette somme, CityZen Market compte agrandir ses locaux et ouvrira un restaurant à Montpellier, entre la gare Saint-Roch et l’Observatoire d’ici fin juillet.

Etika Mondo a pour ambition de reconduire l’expérience à travers une deuxième édition du concours l’an prochain. D’ici là, Etika Mondo partira à la recherche de nouveaux projets lors du Fermes d’Avenir Tour à Montpellier, fin juillet. Festival ambulant de l'agroécologie dont nous vous avons récemment présenté le programme.

RÉDUCTION DES DÉCHETS : L'ESSAYER C'EST L'ADOPTER

Créé le : 14/06/2017
Aux rendez-vous des Biotonomes 2017, la réduction des déchets étaient à l'honneur ! Crédits : Justine Carnec

La réduction des déchets était cette année à l’honneur aux rendez-vous des Biotonomes, un événement organisé par Biocoop, qui se tenait le 10 juin partout en France. À Montpellier (34), place Paul Bec, une dizaine d’acteurs de la transition étaient présents pour aborder ce thème.

Après le bio, le local et  « de saison », le zéro déchet vient compléter le quadrille de la consommation et des démarches éco-responsables. Les rendez-vous des Biotonomes 2017, en choisissant pour thématique la réduction des déchets, avaient pour objectif de mieux faire connaître ses enjeux. Zero Waste France, association qui a fait de ce sujet son combat, et dont l’antenne montpelliéraine était présente le 10 juin, affirme que chaque Français produit en moyenne 458 kg de déchets par an. Parmi ceux-ci, seuls 15% sont recyclés. Les autres sont, pour une moitié, jetés en décharge, et pour l’autre, incinérés. Un processus qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement. « En faisant du zéro déchet, on réduit l’impact environnemental. Mais cela pousse aussi à consommer des produits locaux et de meilleure qualité. C’est meilleur pour l’économie locale, pour la santé, et pour le porte-monnaie. C’est un cercle vertueux à tous les niveaux », explique Mathieu, bénévole chez Zero Waste Montpellier.

De plus en plus de citoyens adoptent cette démarche dans leur consommation, mais les associations et les entreprises ayant la fibre écolo ne sont pas en reste. Certains intègrent la réduction des déchets dans leurs valeurs et pratiques, et d’autres en font leur leitmotiv.

L’eau en bouteille plastique interdite à la vente chez Biocoop

« Chez Biocoop, la réduction des déchets est un engagement très ancien » rapporte Valérien Pitarch, gérant de la Biocoop de Lunel (34). « Nous avons depuis longtemps développé la vente en vrac, par exemple. Et, au dernier congrès, Biocoop a voté l’interdiction de la vente d’eau en bouteilles plastiques. Il s’agit du premier produit vendu en grande distribution, mais c’est aussi le plus polluant, de par sa méthode de fabrication et les déchets qu’il génère. C’est un engagement fort. » Biocoop n’est pas la seule entreprise à se lancer dans cette démarche. Philippe Chazee, commercial chez Bioviva édition, un fabricant montpelliérain de jeux de société en bois, l’explique : « Nous sommes dans une démarche d’éco-conception. Nous évitons le suremballage des boîtes, utilisons du carton plutôt que du plastique, et des encres végétales. Nous essayons d’optimiser le format de nos jeux pour réduire les pertes de papier. »

Réduire ses déchets, « ça rend heureux » !

À la journée des Biotonomes de Montpellier, son stand est voisin de celui de Gaëlle Martinez, fondatrice de Filao. Investie depuis plus de 4 ans dans la démarche zéro déchet, Gaëlle confectionne des essuies-tout, éponges, sacs à pain et à vrac, protections féminines et autres objets du quotidien dans leur version durable, lavable et réutilisable, qui viendront remplacer leurs homologues jetables sur les étagères des citoyens zéro-déchet.

Les acteurs présents au rendez-vous des Biotonomes de Montpellier, une dizaine, sont tous différents, mais leur objectif est commun : sensibiliser les citoyens à ce mode de vie plus éco-responsable. « On est là pour donner envie aux gens, pour montrer que réduire ses déchets, ce n’est pas que des contraintes » affirme Mathieu, de Zero Waste. Sa collègue Cécile approuve avec enthousiasme : « ça apporte beaucoup de satisfaction personnelle, ça rend heureux. ».

 


 
Portefolio : le rendez-vous des Biotonomes 2017 à Montpellier (34)
 
 

Être Happy, Bio, et Verts, ou comment promouvoir et mener un mode de vie éco-responsable

Montrer qu’il existe d’autres façons de faire, c’est l’objectif des Happy Bio Verts, présente aux rendez-vous des Biotonomes 2017, à Montpellier. Cette association familiale, créée en 2014 par Angélina et Xavier De Poorter à Grabels (34), a pour but de valoriser les initiatives alternatives locales. Organisation de conférences, de journées de sensibilisation, d’actions de récupération, tous les moyens sont bons pour promouvoir un mode de vie plus éco-responsable. Et ce mode de vie, les membres de la famille De Poorter l’ont entièrement adopté, en faisant des alternatives durables leur quotidien. « On veut montrer que beaucoup de choses sont possibles parce que, souvent, les gens ne sont pas au courant qu’on peut faire différemment », affirme Xavier. Angélina renchérit, évoquant leur présence aux Biotonomes : « Le but, c’est aussi de montrer qu’il y a plein d’initiatives locales, et que le fait de vouloir être autonomes n’est pas marginalisé. »

 

Zéro Déchet : Mode d'emploi

Créé le : 08/06/2016
Crédits photos : Amaëlle Olivier

Le 1 juin dernier, Béa Johnson livrait le ​mode d'emploi de son mode de vie zéro déchet lors d'une conférence au Palais des Arts de Vannes, organisée par Bretagne Durable et les magasins BioGolfe, en partenariat avec Vannes Agglo et la ville de Vannes. Morceaux choisis ! Retrouvez notre playlist ici !

« Nous voulions une vie basée sur le verbe être et non avoir ». C'est la raison qui a mené Béa Johnson à changer de mode de vie. Ce faisant, elle a inspiré des milliers de gens à travers le monde. Le 1 juin, elle donnait une conférence au Palais des Arts de Vannes devant plus de 600 personnes. L'objectif : faire partager au plus grand nombre le mode d'emploi de cette façon de vivre sans déchet. Aujourd'hui, leurs déchets annuels générés par sa famille de 4, elle, son marie et ses 2 enfants (sans compter Zizou, le chien zéro déchet !) sont contenus dans un bocal de 500 ml (1L en 2014) ! « Pour en arriver là, un long processus a été nécessaire. Il a fallu trouver un nouvel équilibre, désapprendre les habitudes et trouver des alternatives. Parfois ça marche très bien et parfois... Pas du tout ». C'est ce que nous explique Béa Johnson, avec humour, en nous racontant par exemple la réaction de son mari à une recette de shampoing alternative, nécessitant un rinçage au vinaigre de cidre : « J'en ai marre que tu sentes la vinaigrette ! » s'exclame-t-elle sur scène.

Plus qu'un challenge, un mode de vie !

La franco-américaine offre son témoignage comme un outil pour aider chacun à trouver son propre équilibre. « Le zéro déchet ne doit pas être un challenge de court terme mais un mode de vie à long terme ! », assume-t-elle. Pour s'y tenir, l'important serait selon elle donc de prendre son temps, « pour trouver ce qui convient à son style de vie ». Le point de départ ? « 5 règles primordiales à appliquer dans un ordre précis : Refuser (ce dont on a pas besoin), réduire (ce qui nous est nécessaire), réutiliser, recycler et enfin composter. » La clé ? Questionner sa consommation. « Ai-je vraiment besoin d'un épluche-légumes ? » donne-t-elle en exemple. Et étonnamment, sa réponse est non : sa famille consomme les légumes (bio) qui le peuvent avec leur peau, pour conserver les vitamines. A chacun donc, de questionner ses automatismes pour réévaluer ses besoins. Attention tout de même au piège de remplacer à l'identique les produits emballés ! « Il est préférable de se satisfaire de ce que l'on a à disposition », précise-t-elle, et de se laisser surprendre par de nouveaux produits.

40% d'économie !

Mais si c'est à chacun de définir ses besoins, il y a des objets auxquels l'ambassadrice du zéro déchet a déclaré la guerre : les produits à usage unique. « Acheter du jetable c'est littéralement investir dans la décharge, jeter son argent par les fenêtres ! ». En effet, puisque depuis qu'elle applique ce mode de vie zéro déchet, Béa Johnson a réduit de 40 % sa facture… « A ce moment-là, détaille-t-elle, j'ai réussi à convaincre Scott, mon mari », souffle-t-elle. Et elle en profite pour nous donner sa méthode pour bannir les déchets de sa vie : éviter les allées centrales des supermarchés pleines de produits suremballés. Préférer les pourtours du magasin, remplacer les sacs plastiques par des sacs en tissus, et même, remplacer les protections hygiéniques jetables par la coupe menstruelle, alternative durable ! A l'écouter, ça ne semble pas sorcier. Et quand on l'entend vanter le temps gagné , on ne regrette qu'une seule chose : Ne pas avoir essayé avant !


Le livre de Béa Johnson, « Zéro Déchet », traduit en 11 langues, connaît un succès retentissant. Il s'agit d'un guide pièce par pièce, étape par étape pour passer à une vie sans déchet. A lire, dès que possible ! 


Pour en savoir plus :

www.zerowastehome.com

Retrouvez ici l'interview de Béa Johnson, auteure du livre "Zéro déchet":

www.soundcloud.com/sans-transition-magazine/bea-johnson

Retrouvez notre playlist ici :

www.dailymotion.com/playlist/x4k9re_BD_info_zero-dechet-conference-de-be...

Amaëlle OLIVIER

Peut-on vraiment ne plus produire de déchets ?

Créé le : 06/06/2016
De gauche à droite, Alain Barbier pour Emmaüs, Cédric Hémery pour Sydéo, Julien Dézécot pour Bretagne Durable, Béa Johnson et Lucien Ménahes pour Vannes Agglo. Crédits : AO - BD

Ce mercredi 1 juin, Bretagne Durable et les magasins BioGolfe, en partenariat avec Vannes Agglo et la ville de Vannes, accueillaient au Palais des Arts une invitée de prestige : Béa Johnson, ambassadrice du mode de vie « zéro déchet ». Pour l'occasion, Bretagne Durable animait une table ronde où se sont rencontrés autour d'une question les acteurs locaux et l'auteure du livre « Zéro Déchet » : Comment construire ensemble, un avenir zéro déchet pour le territoire vannetais ? Une émission qui a été diffusée sur Tébéo et Tébésud. Lucien Ménahes, vice-président de Vannes Agglo, Alain Barbier d'Emmaüs Vannes et Cédric Hémery, co-fondateur de Sydéo, étaient donc réunis aux côtés de la franco-américaine, auteure du livre « Zéro Déchet ».

L'attrait pour la réduction des déchets n'est pas neuf

Pour initier la discussion, Béa Johnson n'hésite pas à souligner la diversité des initiatives zéro déchet françaises, et surtout bretonnes, mettant en avant la synergie à créer entre elles afin d'initier une dynamique positive de réduction des déchets. Cette synergie semble en cours de construction à Vannes puisque la ville, en plus de ses efforts de sensibilisation et de l'attention portée à la gestion des déchets (composteurs collectifs, location de gobelets réutilisables, etc) s'allie avec un acteur historique de la valorisation des déchets : Emmaüs, dont la mission de réemploi s'inscrit fermement dans la dynamique zéro déchet, comme le rappelle Béa Johnson.

Du sang neuf dans la dynamique zéro déchet vannetaise

De jeunes initiatives cherchent aussi à intégrer cette coopération. C'est de cette volonté dont témoigne la présence de Sydéo, puisque l'objectif premier de la start-up qui vient d'être créée par deux étudiants, Cédric et Julien de l'Institut Catholique des Arts et Métiers de Vannes est de créer le chaînon manquant entre les entreprises et les diverses initiatives de valorisation, dans le cas précis des déchets organiques. Il s'agit d'une bourse d'échange en ligne qui permettra aux producteurs de déchets de rencontrer de potentiels utilisateurs. Objectif : envoyer le moins de déchets possibles à la benne et miser sur l'économie circulaire. Mais c'est aussi par le soutien apporté au projet de Vannes Agglo en réponse à l'appel d'offre du Ministère de l’Écologie en juin 2015 par une vingtaines de structures que se reflète la volonté de créer ensemble un territoire zéro déchet. Pour l'heure, un habitant du Sud-Est Morbihan produit en moyenne 590kg de déchets par an selon le sySEM. Il reste encore beaucoup à faire afin de mettre en musique toutes ses solutions pour atteindre un mode de vie « zéro déchet ».

Retrouvez l'émission de Tébéo et Tébésud ainsi qu'une tribune sur la conférence de Béa Johnson la semaine prochaine, sur Bretagne Durable et Sans Transition !

Plus d'informations sur :

www.arenes.fr/livre/zero-dechet

www.zerowastehome.com

Retrouvez l'interview de Béa Johnson, auteure du livre "Zéro déchet":

www.soundcloud.com/sans-transition-magazine/bea-johnson

Retrouvez la conférence sur Tébéo et Tébésud ici:

www.tebesud.fr/?titre=bretagne-durable&mode=numEmission&crit1=300&id=104099

www.tebesud.fr/?titre=bretagne-durable&mode=numEmission&crit1=300&id=104099


Zoom sur un projet engagé: Les Cuisiners Solidaires !

Après collecte des aliments voués à être jetés par les producteurs, restaurateurs et même les particuliers, les cuisiniers solidaires se déplacent dans les quartiers défavorisés et invitent les habitants à en faire des repas à partager. Une belle initiative qui réduit les déchets tout en créant du lien !

Plus d'infos à retrouver sur leur site :

www.les-cuisiniers-solidaires.fr

 


 Amaëlle OLIVIER

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