transition

[TRANSITION] Un observatoire pour les objectifs régionaux en matière de climat

Créé le : 11/01/2021
pixabay

Crédit photo : Pixabay

Par Sans transition!

L’Observatoire des objectifs régionaux climat énergie, outil développé par le Réseau Action Climat France pour la transition écologique et énergétique des territoires, a été lancé il y a 5 mois. L'occasion de rappeler sa fonction en conférence de presse, avec les acteurs membres, tels que l'Ademe, l'association négaWatt ou encore le Cler.

Année après année, le but de l'observatoire sera de rendre transparentes, pour le citoyen, les politiques des territoires choisies en vue de la transition, et ce dans les différents secteurs (bâtiment, transports, déchets, energies renouvelables, etc.). Il permettra d'analyser les évolutions réalisées vis-à-vis des objectifs fixés dans les politiques régionales et de visualiser les écarts entre objectifs affichés et réalisations effectives des régions.

En d'autres termes, selon Hervé Lefebvre, chef du Pôle trajectoires bas carbone pour l'Ademe, "l'observatoire permettra de constater si la région satisfait ou non ses engagements pris". Les objectifs de chaque région sont définis dans les SRADDET, les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires créés en 2015 par la loi NOTRe, et autres documents de planification.

Pour Adrien Jacob, chargé de projet à Négawatt, 3 indicateurs principaux, qui figurent normalement dans les objectifs que se fixent les régions, seront ainsi régulièrement passés au crible par l'observatoire : les émissions de gaz à effet de serre totales de chacune des 13 régions, la consommation finale d'énergie et la production d'énergie renouvelable. En revanche, l'observatoire n'a pas vocation à comparer les régions entre elles, ni même de comparer les politiques régionales menées par rapport aux objectifs nationaux fixés en faveur de la transition.

Zoé Lavocat, responsable Climat et territoires au Réseau Action Climat, a précisé qu'une mise à jour régulière des données récoltées auraient lieu, en fonction notamment des éventuelles modifications opérées sur les Sraddet, mis en oeuvre depuis 2020. "Nous souhaitons rendre cet outil pédagogique pour qu'il soit accessible à tous", a-t-elle ajouté. À suivre donc.

Plus d'infos : Observatoire des objectifs régionaux climat-énergie – Où en sont les régions dans la transition ? | Réseau Action Climat (reseauactionclimat.org)

[5G] : Le Sénat prend acte du rapport du HCC sur l'impact carbone de la 5G

Créé le : 18/12/2020

Crédit : pixabay

Par Sans transition!

Alors que le gouvernement souhaite déployer la 5G début 2021, ce 18 décembre, le Sénat s’est fendu d’un communiqué pour exprimer ses doutes sur ce déploiement. Et pour cause : le Haut conseil pour le climat (HCC), saisi en mars dernier par le président du Sénat Gérard Larcher, a publié ce jour un rapport inédit d’évaluation de l’impact environnemental de la 5G.

Le résultat de l’analyse du HCC est sans appel : l’impact carbone du déploiement de cette nouvelle technologie mobile est considérable, la 5G contribuera bien à une augmentation de l’impact environnental causé par le numérique.

Le Sénat constate également que les orientations du HCC « confortent la proposition de loi sénatoriale visant à réduire l’impact environnemental du numérique: limitation du renouvellement des terminaux par une lutte contre l’obsolescence programmée ; fixation d’objectifs de réduction des impacts des réseaux sous le contrôle du régulateur, l’Arcep ; inscription d’engagements environnementaux minimaux dans les futures attributions de fréquences mobiles. »

Prenant acte, le Sénat explique qu’ il examinera la proposition de loi du 12 janvier « sans attendre l’annonce de la feuille de route du gouvernement sur le sujet, dont le Haut conseil pour le climat relève lui-même qu’elle n’apporte pas "pour le moment de garantie que la somme de [ses] mesures se traduise par moins d’émissions" ». Et de rappeler : « cette démarche doit engager structurellement la France sur le chemin de la neutralité carbone ». Un beau camouflet pour le gouvernement.

Reste à savoir, si en se montrant aussi réservés sur la 5G, les sénateurs rejoindront ainsi, aux yeux du président Macron, le camp des « Amish ».

>>Retrouvez notre dossier complet sur la 5G dans le Sans transition n°25 

 

Lien vers l’Essentiel de la proposition de loi : http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/commission/Developpement_durable/20201216_Essentiel_PPL_EEN.pdf

[LE WEB SONNE] Le replay de la conversation citoyenne avec Jean Jouzel

Créé le : 06/11/2020

Par Sans transition! 

Le troisième épisode du Web Sonne, l’émission en direct de Sans transition ! avait pour invité Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC. Vous êtes déjà près de 2 000 à avoir suivi cette émission en partenariat avec Harmonie Mutuelle sur nos différents réseaux. Alors mille merci !

 

Retrouvez le replay de cette émission avec Jean Jouzel !

[LE WEB SONNE] Le replay de la conversation citoyenne avec Jean-Louis Etienne

Créé le : 15/10/2020

Par Sans transition! 

Le deuxième épisode du Web sonne, l’émission en direct de Sans transition ! avec en invité le célèbre explorateur Jean-Louis Etienne, est passé. Pour ce second rendez-vous, vous êtes plusieurs milliers à avoir suivi cette émission en partenariat avec Harmonie Mutuelle sur nos réseaux. Alors mille merci !

Jean-Louis Etienne est le premier homme à avoir atteint le pôle Nord en 1986, en solitaire.

Retrouvez le replay de cette conversation citoyenne avec le célèbre explorateur français ci-dessous.

[INTERVIEW] Rob Hopkins : « Faire vivre cette autre vision du futur »

Créé le : 24/09/2020
conférence à Toulouse le 19/09/20

Photo : Conférence à toulouse le 19/09/2020. crédit Bénédicte bernard

Par Sans transition! 

Ce jeudi soir à Mazan (Vaucluse), s'achève notre cycle de conférences avec Rob Hopkins, enseignant en permaculture et initiateur du mouvement mondial des Villes en transition. A l'occasion de cette dernière soirée, Sans transition! vous livre un extrait de son interview, à retrouver en intégralité dans notre Hors-Série consacré à la transition. 

Propos recueillis par Julien Dezécot

Interprétariat : Rachelle Brévière et Xavier Combe

Comment s’est passé le confinement pour vous Rob ? En avez-vous profité pour faire travailler votre imagination ?

J’ai passé beaucoup de temps chez moi avec trois de mes quatre fils. C’était un moment privilégié en famille. Au début, c’était un peu comme un congé : j’ai jardiné, je me suis consacré à des tâches que j’avais remises à plus tard. J’ai beaucoup lu. Et puis j’ai pu dessiner. Dans ma vie, c’est par l’art que je m’exprime pour faire travailler mon imagination. À l’âge de 17 ans, je faisais de la litho-impression. Je n’ai pas eu l’occasion de faire ça depuis très longtemps mais la lumière de ce printemps était si merveilleuse que ça m’a relancé. Cette possibilité de regarder la nature, de me concentrer pendant quelques heures nourrit mon imagination, me donne de l’espace, du temps, et me permet de comprendre qu’il faut mieux lui prêter attention. Je crois que cette période était ce que l’on peut appeler d’extraordinaire. Un moment de pause et de réflexion. Et comme beaucoup de personnes, je me sens différent à l’issue du confinement. 

En quoi la transition, que vous racontez dans vos ouvrages, est-elle une réponse collective enthousiasmante pour un monde d’après, plus juste et solidaire ?

Les sondages que j'ai pu lire pendant le confinement montrent que beaucoup de gens se disent : « Nous ne voulons pas du monde d’avant, nous devons exploiter cette opportunité pour avancer, pour mettre en place quelque chose de différent et de meilleur ». À Milan, par exemple, 130 km de pistes cyclables vont être construites. Des zones piétonnes se sont étendues dans différentes villes. On regarde aussi l’alimentation de manière différente, avec de nouvelles opportunités, plus locales et biologiques. Les questions sur le monde d’après sont vraiment très présentes dans le mouvement de transition. Celles et ceux qui se posent des questions, mais qui ne connaissent pas le mouvement de la transition, regardent notre mouvement et se disent : « C’est peut-être là que se trouve l’espoir d'un monde plus juste et solidaire ». Et peut-être y aura-t-il, dans les mois à venir, une deuxième vague de pandémie. Peut-être, alors, y aura-t-il aussi une deuxième vague de transition.

Pouvez-vous nous dessiner, à l’échelle d’une ville ou d’un territoire, cette transition concrète construite avec les citoyens ?

L’imagination fleurit lorsqu’elle n’a pas de limite. Lorsqu’une ville ou une région facilite l’imagination de manière explicite et puis la convoque, le champ des possibles s’ouvre. Nous pouvons envisager un modèle économique nouveau, qui maximise le temps et les connexions à notre disposition. Mais nous devons absolument nous éloigner de ce modèle économique d’extraction (extractive top-down economy), en commençant pas nous extraire le plus possible des hydrocarbures pour décarboner nos villes. Pour cela, utilisons les institutions, les hôpitaux, les écoles, les institutions publiques pour mettre en place un modèle où le pouvoir de dépenser de l’argent sera transformé. Donc cette ville en transition, ou cette région, repenserait la démocratie avec des assemblées de citoyens, la mise en place de budgets participatifs, de nouveaux modèles démocratiques qui créeraient des bureaux de l’imagination civique, comme c’est déjà le cas à Bologne. Le but : faire revivre la démocratie et l’imagination, précieuses car vitales. À mesure que les choses se développent, les municipalités, les régions, réétudieraient l’école et la pédagogie : moins de sanctions, de notes et ainsi de suite ; plus d’acquisition de compétences, de culture de l’imagination, plus de rapport avec le lieu, le « local » où se trouve l’école. Je crois que le message principal est : toutes les choses dont nous avons besoin ou que nous pourrions faire pour changer le monde existent déjà, quelque part. Tout existe, tout est à notre disposition. Nous devons simplement utiliser les bonnes ressources à la bonne échelle pour aller de l’avant.

C’est le puzzle de la transition.

Oui. Et ce sera l’époque la plus extraordinaire de l’histoire. La promesse des élections municipales françaises va en ce sens. Dans votre pays les régions, les villes, seront désormais gérées à l’aune de l’urgence climatique. Cette dynamique montre aussi que, dans les années à venir, il faudra une révolution de l’imagination en France. Cette idée est tout à fait stimulante et passionnante.

Comment se construit et évolue le réseau des Villes en transition  que vous avez largement contribué à bâtir ?

La transition, ce n’est pas quelque chose qui fonctionne comme une franchise Coca-Cola. Ce n’est pas contrôlé à partir d’un noyau central. C’est un exemple tout à fait fascinant de comment une idée peut trouver son propre rythme dans le monde. Dans tous les endroits que je visite où la transition est en marche, il y a des choses qui me paraissent familières. J’entends par là, une certaine manière d’envisager le travail, de rêver ensemble, d’imaginer ensemble, de s’engager collectivement, de travailler sur le terrain de manière tangible. Ce qui est vraiment formidable, c’est que chaque endroit, chaque culture, crée sa propre version de la transition. Souvent sans financement, juste avec des bénévoles. 

Aujourd’hui, combien de villes sont en transition dans ce réseau mondial, ou se déclarent comme telles ?

C’est une question difficile. Dans la plupart des villes, la transition se met en place dans des quartiers. À Paris par exemple, il existe 15 ou 20 groupes en transition dans différents quartiers. À Londres, on en compte 45 ou 50. « Transition Londres » n’est qu’un réseau très informel. Le pouvoir de la transition, c’est qu’elle part du terrain. Elle naît à l’échelle d’un quartier, et parfois même à l’échelle d’une rue, d’une école, d’un immeuble. À Sao Paulo, au Brésil, les groupes en transition travaillent dans des quartiers de classes moyennes mais également dans des favelas. L’estimation de leur nombre est donc, de fait, très difficile. Et puis un groupe peut être très actif pendant une certaine période de temps, puis entrer en latence et un autre groupe prend le relais. Je crois qu’au Royaume-Uni, on a recensé quelque 400 groupes. La moitié d’entre eux travaillent en zone urbaine. À l'échelle mondiale, je dirais que plusieurs milliers de groupes sont actifs aujourd'hui.

 

Ce soir, Rob Hopkins donnera une dernière conférence après une tournée exceptionnelle dans toute la France, à 20h30 à la Boiserie de Mazan (route de Modène, Mazan). Plus d'informations sur http://www.sans-transition-magazine.info/rob-hopkins-mazan 

>>>>>Retrouvez nos entretiens vidéos de Rob Hopkins sur notre site Internet : www.sans-transition-magazine.info

>>>>>Commandez notre hors-série consacré à la transition sur http://www.sans-transition-magazine.info/kiosque

[ HORS-SÉRIE SANS TRANSITION ! ] Tous en transition / Et si Rob Hopkins avait raison ?

Créé le : 16/07/2020
Hors-série Transition de Sans transition ! magazine

Dans le cadre de ses publications, Sans transition ! sort le 18 septembre son premier Hors-série dédié, justement, à la Transition. N’hésitez-pas à commander !

Tarif : 15 euros + 2€ de frais de port. Pour commander, rendez-vous sur cette page.

Vous souhaitez diffuser le Hors-série ou l’acheter en nombre pour vos collègues, clients… merci de nous adresser un mail à : garance-anne@sans-transition-magazine.info

Un numéro en partenariat avec le réseau Transition France

TITRE :
TOUS EN TRANSITION
Et si Rob Hopkins avait raison ?

SOMMAIRE :

Avant-propos
La Transition pour éviter l’effondrement

Rob Hopkins
Imaginer un futur désirable

Désobéir
Savoir dire NON pour pouvoir dire OUI ensuite

Imaginer
Se reconnecter avec ses idéaux

Construire
Le courage d'agir

Participer à la Transition
Toutes les adresses pour s’engager

Pour vous donner envie, jetez un coup d’œil à la maquette :

Attention, les textes et photos ne sont pas définitifs et vont évoluer au fur et à mesure de la rédaction.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES :

Hors-série de Sans transition! magazine
128 pages
Sortie septembre 2020
Prix de vente public : 15 euros

[TRIBUNE] : Sortir de la crise et engager la transition écologique

Créé le : 11/05/2020
logo asso negawatt

Par l'association NegaWatt

Face à la crise majeure que nous traversons, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une véritable prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux dans les mesures qui seront prises pour en sortir.

Depuis près de 20 ans, les experts de l'Association négaWatt réfléchissent à un avenir plus soutenable pour la France et aux moyens d'y parvenir.

Le scénario négaWatt dessine ainsi un chemin possible pour une transition énergétique et écologique. La trajectoire qu'il propose est une voie vers plus de résilience, porteuse d'une meilleure protection de l'environnement et de notre cadre de vie, mais aussi de justice sociale et de création d'emplois.

L'Association négaWatt se mobilise ainsi pour soutenir ces changements qu'il est de plus en plus urgent de mettre en œuvre. Après avoir publié une tribune sur Alternatives économiques, elle vient de signer, aux côtés de plus de 70 autres organisations, un appel commun à la reconstruction que nous vous invitons ci-dessous à signer et à relayer.

Appel commun à la reconstruction

Pandémies, dérèglement climatique, inégalités sociales… Notre société est vulnérable, et nous en avons plus que jamais conscience. Face à la crise actuelle, des mesures de relance vont être prises par les décideurs. Mais avons-nous vraiment envie de relancer ce système qui ne tourne pas rond ?

L'Association négaWatt s'est associée au lancement d'un grand Appel citoyen pour interpeller les décideurs et leur demander une  reconstruction réellement écologique, sociale et sanitaire.

Je soutiens l'appel : https://www.appel-commun-reconstruction.org/

 

[ LE TEMPS EST VENU ] L’appel de Nicolas Hulot

Créé le : 07/05/2020

L'ancien ministre de l'écologie Nicolas Hulot a rédigé mercredi une tribune. Son but : sortir de cette crise par le haut et préparer la société au monde qui vient, en multipliant les solidarités et en mettant fin à certains principes de l'économie de marché au niveau français et européen. Il énonce 100 principes "pour créer un élan collectif".

Les principes :

1. Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un nouveau monde.

2. Le temps est venu de transcender la peur en espoir.

3. Le temps est venu pour une nouvelle façon de penser.

4. Le temps est venu de la lucidité.

5. Le temps est venu de dresser un horizon commun.

6. Le temps est venu de ne plus sacrifier le futur au présent.

7. Le temps est venu de résister à la fatalité.

8. Le temps est venu de ne plus laisser l’avenir décider à notre place.

9. Le temps est venu de ne plus se mentir.

10. Le temps est venu de réanimer notre humanité.

11. Le temps est venu de la résilience.

12. Le temps est venu de prendre soin et de réparer la planète.

13. Le temps est venu de traiter les racines des crises.

14. Le temps est venu d’appréhender l’ensemble des crises écologiques, climatiques, sociales, économiques et sanitaires comme une seule et même crise : une crise de l’excès.

15. Le temps est venu d’entendre la jeunesse et d’apprendre des anciens.

16. Le temps est venu de créer du lien.

17. Le temps est venu de miser sur l’entraide.

18. Le temps est venu d’applaudir la vie.

19. Le temps est venu d’honorer la beauté du monde.

20. Le temps est venu de se rappeler que la vie ne tient qu’à un fil. 

21. Le temps est venu de nous réconcilier avec la nature.

22. Le temps est venu de respecter la diversité et l’intégrité du vivant.

23. Le temps est venu de laisser de l’espace au monde sauvage.

24. Le temps est venu de traiter les animaux en respectant leurs intérêts propres.

25. Le temps est venu de reconnaître l’humanité plurielle.

26. Le temps est venu d’écouter les peuples premiers.

27. Le temps est venu de cultiver la différence.

28. Le temps est venu d’acter notre communauté de destin avec la famille humaine et tous les êtres vivants. 

29. Le temps est venu de reconnaître notre vulnérabilité.

30. Le temps et venu d’apprendre de nos erreurs.

31. Le temps est venu de l’inventaire de nos faiblesses et de nos vertus. 

32. Le temps est venu de nous concilier avec les limites planétaires.

33. Le temps est venu de changer de paradigme. 

34. Le temps est venu d’opérer la mue d’un système périmé.

35. Le temps est venu de redéfinir les fins et les moyens.

36. Le temps est venu de redonner du sens au progrès.

37. Le temps est venu de l’indulgence et de l’exigence. 

38. Le temps est venu de s’émanciper des dogmes.

39. Le temps est venu de l’intelligence collective. 

40. Le temps est venu d’une mondialisation qui partage, qui coopère et qui donne aux plus faibles.

41. Le temps est venu de préférer le juste échange au libre-échange.

42. Le temps est venu de globaliser ce qui est vertueux et de dé globaliser ce qui est néfaste.

43. Le temps est venu de définir, préserver et protéger les biens communs. 

44. Le temps est venu de la solidarité universelle.

45. Le temps est venu de la transparence et de la responsabilité.

46. Le temps est venu d‘une économie qui préserve et redistribue à chacun.

47. Le temps est venu de mettre un terme à la dérégulation à la spéculation et à l’évasion fiscale.

48. Le temps est venu d’effacer la dette des pays pauvres.

49. Le temps est venu de s’émanciper des politiques partisanes. 

50. Le temps est venu de s’extraire des idéologies stériles.

51. Le temps est venu des démocraties inclusives.

52. Le temps est venu de s’inspirer des citoyens.

53. Le temps est venu d’appliquer le principe de précaution.

54. Le temps est venu de graver dans le droit les principes d’une politique écologique, sociale et civilisationnelle. 

55. Le temps est venu de faire mentir le déterminisme social.

56. Le temps est venu de combler les inégalités de destin.

57. Le temps est venu de l’égalité absolue entre les femmes et les hommes.

58. Le temps est venu de tendre la main aux humbles et aux invisibles.

59. Le temps est venu d’exprimer plus qu’une juste gratitude à celles et ceux, souvent étrangers, qui dans nos pays hier et aujourd’hui exécutent des tâches ingrates. 

60. Le temps est venu de valoriser prioritairement les métiers qui permettent la vie.

61. Le temps est venu du travail qui épanouit.

62. Le temps est venu de l’avènement de l’économie sociale et solidaire.

63. Le temps est venu d’exonérer les services publics de la loi du rendement.

64. Le temps est venu de relocaliser des pans entiers de l’économie.

65. Le temps est venu de la cohérence et de réorienter nos activités et nos investissements vers l’utile et non le nuisible.

66. Le temps est venu d’éduquer nos enfants à l’être, au civisme, au vivre ensemble et de leur apprendre à habiter la terre.

67. Le temps est venu de nous fixer des limites dans ce qui blesse et aucune dans ce qui soigne.

68. Le temps est venu de la sobriété.

69. Le temps est venu d’apprendre à vivre plus simplement.

70. Le temps est venu de nous réapproprier le bonheur.

71. Le temps est venu de nous libérer de nos addictions consuméristes.

72. Le temps est venu de ralentir.

73. Le temps est venu de voyager près de chez nous.

74. Le temps est venu de nous défaire de nos conditionnements mentaux individuels et collectifs.

75. Le temps est venu de faire naître des désirs simples.

76. Le temps est venu de distinguer l’essentiel du superflu. 

77. Le temps est venu d’arbitrer dans les possibles.

78. Le temps est venu de renoncer à ce qui compromet l’avenir. 

79. Le temps est venu de la créativité et de l’impact positif.

80. Le temps est venu de lier notre je au nous.

81. Le temps est venu de croire en l’autre.

82. Le temps est venu de revisiter nos préjugés. 

83. Le temps est venu du discernement.

84. Le temps est devenu d’admettre la complexité.

85. Le temps est venu de synchroniser science et conscience.

86. Le temps est venu de l’unité.

87. Le temps est venu de l’humilité.

88. Le temps est venu de la bienveillance.

89. Le temps est venu de l’empathie.

90. Le temps est venu de la dignité pour tous.

91. Le temps est venu de déclarer que le racisme est la pire des pollutions mentales. 

92. Le temps est venu de la modestie et de l’audace.

93. Le temps est venu de combler le vide entre nos mots et nos actes et d’agir en grand.

94. Le temps est venu où chacun doit faire sa part et être l’artisan du monde de demain.

95. Le temps est venu de l’engagement. 

96. Le temps est venu de croire qu’un autre monde est possible.

97. Le temps est venu d’un élan effréné pour ouvrir de nouvelles voies.

98. Le temps est venu sur cette matrice de choisir, encourager et accompagner nos dirigeants ou représentants.

99. Le temps est venu pour chacun de faire vivre ce manifeste.

100. Le temps est venu de créer un lobby des consciences.

Celles et ceux qui se reconnaissent en ces phrases sont invités à les partager sur les réseaux sociaux ou à se les réapproprier en créant leur propre phrase « #LeTempsEstVenu ».

> Plus d'infos

[BORIS CYRULNIK] : « redonner du sens à la vie »

Créé le : 03/05/2020

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik a fait connaître en France le concept de résilience (renaître de sa souffrance). Un concept plus que d'actualité en cette période de crise, avec la pandémie de Covid-19. Avant de retrouver le psychiatre sur notre site pour une conversation avec Sans transition! le 15 mai prochain, nous republions cet entretien réalisé il y a trois ans, autour de la notion de « bien-être ».

Burn out, suicide, souffrance… Pourquoi de plus en plus de gens souffrent tant au travail ?

L’homme souffre d’abord psychologiquement au travail, bien que la souffrance physique se manifeste toujours dans certains métiers, notamment par la sédentarité que provoquent les machines. Par manque d’activité physique notamment dans leur travail, de nombreuses personnes sont touchées par le diabète, les maladies cardio-vasculaires la malbouffe et autres troubles de la sédentarisation. Avec Internet : d’aucuns peuvent même aller jusqu’à passer entièrement leur vie du fauteuil au lit… A contrario, quand j’étais gamin, le travail se caractérisait d’abord par une souffrance physique. Les paysans se levaient à l’aube, mangeaient à peine à midi. J’ai le souvenir de mon père croquant un quignon de pain au déjeuner. Les paysans et mineurs travaillaient à l’époque jusqu’à 15h par jour. Le labeur prenait alors la forme d’une souffrance avant tout physique. Désormais, la souffrance est provoquée par nos progrès technologiques. Nous faisons passer les machines avant les hommes. Certes, l’homme a fait de gros progrès technologiques, mais au prix d’une altération majeure des relations humaines au quotidien. Nous pouvons dire que ces relations humaines sont pour l’heure « déritualisées ».

Qu’appelez-vous la « déritualisation » sociale et en quoi ce phénomène nuit-il aux humains dans leur quotidien ?

Au travail, on se dit de moins en moins « bonjour », voire uniquement par l’intermédiaire d’écrans. Parallèlement, les entraides tendent à disparaître au quotidien. Lorsque j’étais étudiant en médecine, les jeunes étaient plus solidaires. Maintenant les étudiants cachent leurs cours car le copain est devenu un concurrent… C’est le sprint social, la compétition au détriment de la coopération, qui désolidarise les familles. Prenons l’exemple des agriculteurs, un métier dans lequel la solidarité a toujours eu une grande place. Aujourd’hui, les nouveaux paysans sont devenus des entrepreneurs de haut vol, des chimistes, des mécaniciens. Mais ils sont de plus en plus seuls sur leur tracteur. Le lien social disparaît. C’est d’ailleurs bien souvent pour cela qu’ils font face à d’importants risques psychosociaux, dont les suicides…

En quoi ces générations passées que vous évoquez tissaient-elles davantage de lien social ?

Jadis, malgré l’épuisement physique, il y avait bien souvent davantage de convivialité (à l’instar des fêtes de village), associée à une véritable culture populaire. Des cars ramassaient les ouvriers d’Aubervilliers pour faire la fête, voir des opéras, du sport… J’habite à la Seyne-sur-Mer dans le Var et tous les week-ends les italiens et les polonais jouaient de la musique ensemble. C’était un délice relationnel malgré l’épuisement physique. Un vecteur de bien-être. Tout cela a disparu. Lors des fêtes d’entreprise, les gens n’éprouvent plus cette authenticité. Ces soirées sont elles-mêmes de grands spectacles commerciaux. Et la fête de la musique devient également un raout commercial, un boucan. Il faut du temps, pour transformer les rituels…

Comment en est-on arrivé à cette perte de repères et de liens ?

Pour comprendre, nous devons remonter le temps jusqu’à nos origines. Avec Homo Sapiens, notre espérance de vie était brève. Jusqu’au XIXe siècle et la révolution industrielle, l’espérance de vie des femmes avoisinait 36 ans. Au Congo, c’est 40 ans actuellement. Il y avait jadis la famine, le froid, et déjà la pollution des grandes villes avec la révolution industrielle. Les risques écologiques étaient déjà grands. Jusqu’en 1950, il fallait triompher de la nature, c’était notre ennemi. Triompher du tétanos, de la polio… Pour vivre mieux. Depuis 1960, la culture est devenue notre ennemie car la culture a modifié la nature, au risque de nous faire perdre la tête. C’est nous qui intoxiquons l’eau, l’air… c’est nous les humains qui avons dégradé l’environnement. Nous influons même notre climat planétaire : la sécheresse est en train de se développer à grande vitesse. Or sans eau notre espérance de vie est courte. Face à cet environnement chamboulé, beaucoup de repères ont été perdus. Résultat : la migration devient urgente à cause des catastrophes humaines et politiques. 60 millions de migrants arpentent la planète. On en attend 200 millions les prochaines années. Jusqu’à maintenant, les migrants participaient à la richesse d’un pays d’accueil or si 200 millions de gens sont obligés de partir de chez eux, il va y avoir un énorme bouleversement culturel. Je fais le pari que ça va être l’enjeu majeur des années à venir…

Dans ce contexte « déritualisé », peut-on vraiment envisager un état de bien-être collectif durable ?

Le bien-être est le résultat d’un rythme, d’une alternance entre la fatigue physique et le repos physique. Entre l’effort intellectuel et la décontraction intellectuelle. Si l’on perd ce rythme, alors on arrive à des situations difficiles, où les risques psychosociaux (RPS) deviennent prégnants. Où l’humain décroche. Ainsi, notre société invite au décrochage. Paradoxalement, alors que nous n’avons jamais été autant en bonne santé, on observe pourtant beaucoup de mal-être au quotidien. Pour envisager un bien-être collectif, nous devons remettre du sens dans le travail, dans nos vies. Pour retrouver le goût de l’effort et l’intensité qui précède le bien-être. Aujourd’hui on accumule, on consomme dans l’urgence. Cette consommation dans l’urgence n’a malheureusement plus aucun sens. Seule la drogue permet de jouir sans y mettre du sens.

Pourquoi certains ont-ils perdu le sens de la vie ?

Pour parler de sens, parlons de signification et de direction. Jusqu’ici, le rêve était de triompher de la nature, désormais seule une minorité rêve d’aventure sociale. Une majorité n’a plus accès au rêve. Pour nos grands-parents, ce sens leur était imposé. À présent, c’est à nous de le recréer. Or on ne peut créer du sens que par la réflexion. Mais tout le monde n’en est pas capable, alors que tout le monde était capable de participer au travail à la mine… On retrouve cette minorité clivée, qui court le monde. Et une majorité de largués pour lesquels la vie n’a plus aucun sens. Ces derniers n’arrivent pas à créer le sens nécessaire.

 

Sans transition ! convie Boris Cyrulnik pour une conversation citoyenne exceptionnelle ! Nous lançons avec lui un nouveau format en ligne : Le Web sonne.

> Rendez-vous en ligne le vendredi 15 mai à 17h30 !

> Inscriptions

Pages

Partager

S'abonner à transition